Je m’appelle Michaël Rochoy, je suis né en 1986. J’ai vécu toute mon enfance à la résidence Beethoven, à Outreau, jusque début 2009. J’ai fait ma scolarité à l’école maternelle du Biez (Saint-Exupéry), l’école élémentaire Jean Jaurès, le collège Albert Camus, puis le lycée Mariette de Boulogne-sur-Mer, avant de partir à la faculté de médecine de Lille. Entre 2004 et fin 2017, j’ai partagé mon temps entre Lille et Outreau.
En parallèle, j’ai intégré l’école municipale de musique en 1992 et l’harmonie en 2001, sans jamais les quitter — y compris lors des études à Lille, puisque je pouvais être présent les vendredis soirs pour les répétitions !
Sitôt les études finies fin 2014, je me suis installé pour exercer la médecine générale dans la rue André Pantigny… à Outreau (y compris avec un poste universitaire à Lille pendant les 3 premières années). C’est donc peu dire que je suis attaché à cette ville !
« Les paradoxes abondaient à Outreau, et s’ils nuisaient à son quotidien, ils lui évitaient cependant de tomber dans l’immobilisme. (…) On vivait bien à Outreau, ses habitants l’avaient dit et répété tout au long de la soirée. Leur ville, ils y étaient attachés. Ils l’aimaient, un point c’est tout. »
— Thierry Maricourt, Revenir d’Outreau (Les Editions de Juillet, 2012).
Intérêt sur l’histoire locale
L’histoire locale s’intrique avec l’histoire familiale : il était (et est) parfois question de baraquements, de kiosque dynamité sur le jardin public, Cité République, de courses cyclistes, des A.P.O. où ont travaillé grand-père et oncle, de l’ancienne mairie, de commerces disparus… Par exemple, pour un enfant du milieu des années 80, il semble étrange d’apprendre un jour qu’il a existé une vie à Capécure par exemple — et quand on repasse ensuite dans le quartier, les toitures de maison au-dessus des hangars sautent aux yeux comme une évidence.
Chaque année depuis juin 2001 également, en défilant avec l’harmonie, j’entends au 8 mai, au 22 septembre et au 11 novembre les discours des différents maires (Jean-Marie François, Thérèse Guilbert, Sébastien Chochois) sur la destruction quasi totale de la ville lors de la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction impulsée par Raymond Splingard…
Je trouvais dommage qu’on ne puisse pas se promener dans Outreau et comprendre l’histoire de la ville – trop souvent résumée à l’affaire judiciaire qui a défrayé les chroniques de 2001 à 2005.
En 2020, j’ai donc proposé pour le budget participatif la création d’un parcours historique. Mon idée initiale était de réunir des historiens locaux d’Outreau – notamment l’Atelier de Mémoire Populaire – pour créer plusieurs parcours évoquant différentes époques (bribes d’histoire antique et médiévale, époque napoléonienne, Belle Époque, et surtout le XXème siècle à Outreau reconstruit après-guerre avec les baraquements, les cinémas, les commerces, etc.)
Dans l’attente, j’ai commencé à améliorer la présence d’Outreau sur Wikipedia (la page Outreau d’abord, puis en créant les pages de personnalités locales : Antonin Clerc, Hippolyte Adam). En février 2021, le projet de parcours historique a été retenu parmi les 5 lauréats 2020 ; il s’agissait plutôt de créer un parcours limité au centre de la ville, avec d’éventuelles extensions ultérieures. Le projet est resté en pause ; j’ai proposé de le reprendre en main en mars 2022, et au fil des mois, j’ai écrit (lentement) quelques fiches, en essayant de documenter de façon aussi précise que possible, en partant de zéro. Deux ans plus tard, une dizaine de « panneaux » étaient enfin prêts, mais n’ont pas eu le temps d’être soumis à la mairie, puisque le travail avait été fait en parallèle début 2024 par le service Archives nouvellement créé, à l’occasion des 80 ans de la Libération d’Outreau.
J’avais accumulé quelques recherches, dans les ouvrages d’histoire locale, sur Gallica, Geneanet, contacté M. Pascal Bernard (auteur de sites remarquables sur la ville !), M. Joseph Bourgain (descendant du dernier propriétaire du château Lonquéty)… et tout ça m’a donné envie de développer plus en avant le projet. L’idée de poursuivre un parcours historique, plus large et plus détaillé continuait de germer, par quartier… voire par rue ?
En 2024, j’ai découvert par hasard (et une certaine synchronicité) le livre « Au fil des rues, les voies publiques de Boulogne-sur-mer » de Daniel Tintillier, illustré par Cyril, édité par l’association « Mémoire Boulonnaise »… Cela m’a donc incité à proposer un projet similaire pour Outreau, sous forme de livre ou de site web.
A l’heure de la rédaction, il y a 225 odonymes répertoriés (boulevards, rues, résidences, allées, squares, impasses, places…) à Outreau. Bonne lecture, et bonne promenade dans la ville !