Boulevard Raymond Splingard

Quartier : ZAC – Centre
Sous-quartier : non
Date de l’arrêté de dénomination : 8 novembre 1997
Ancienne dénomination : Boulevard des Acacias
Début de la voie : Chemin de Gravois
Fin de la voie : Rue André Pantigny
Nombre d’adresses sur la rue : 54
Position : 50,6967 N – 1,5832 E
Lien avec Outreau : oui

Origine du nom

Raymond Splingard (Hirson, 26 janvier 1912 – 14 juin 1995) vient au monde à Hirson, dans l’Aisne. Comptable dans une fabrique de céramique à Boulogne-sur-Mer, il adhère à la SFIO (puis PS) à dix-huit ans, puis ouvre à Outreau un commerce de combustibles : un négoce de charbon.

Ajoint au maire à partir de 1945, il est élu maire le 4 octobre 1952 et le restera jusqu’en mars 1983 : trente années, le plus long mandat parmi les maires d’Outreau recensés depuis 1907, et il joue un rôle majeur dans la reconstruction d’une ville détruite à 90 %[1, 2].

Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale[2], il est déjà, comme adjoint aux finances de l’immédiat après-guerre, à l’origine d’une décision qui marqua durablement la ville : la municipalité bâtit sous son impulsion plusieurs centaines de baraquements provisoires — la cité d’urgence du hameau de La Salle (50 logements en 1954), puis les cités des Cheminots, du Biez, Jules Michelet, Paul Bert, de la Verte Voie, Roger Salengro, de l’Égalité, Auguste Comte et la Cité République[3]. En 1980, c’est lui encore qui fait renommer la rue d’Equihen en rue André Pantigny, en hommage au résistant mort à Gross-Rosen[4] — la rue même où s’achève aujourd’hui son boulevard.

Il est également conseiller général du canton de Samer de 1958 à 1982, désigné pour siéger au sein du conseil régional de 1974 à 1979 (après avoir été suppléant de Jeannil Dumortier de 1962 à 1973).

Dans le cadre des élections sénatoriales de 1974, il est présent sur la liste de Bernard Chochoy, mais n’est pas élu ; en 1981, lors de l’entrée de Marcel Wacheux à l’Assemblée Nationale, il lui succède au siège de sénateur. Il siège au Sénat du 22 juin 1981 au 2 octobre 1983[1] où il rejoint la commission des affaires culturelles puis celle des affaires économiques. En 1983, à 71 ans, il ne se représente pas dans le cadre des élections sénatoriales et se retire donc de la vie politique.

Raymond Splingard, portrait officiel de sénateur (1981-1983). Source : Sénat — tous droits réservés.
Le robinier faux-acacia en fleur : jusqu’en 1997, le boulevard s’appelait « boulevard des Acacias », au milieu des voies de la ZAC baptisées d’arbres (place des Acacias, rue des Tilleuls, allée des Ormeaux…). Photo Ввласенко ; CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Éléments notables de la rue

Le boulevard descend du nord-est (n° 2, à l’angle de la rue André Pantigny) vers le sud-ouest et le Mont-Soleil (n° 250).

Ancienneté du bâti (1910-2014)

Le boulevard mêle des maisons anciennes et des constructions très récentes : le n° 2 date de 1910, les n° 4 et 6 de 1926, le n° 9 de 1960 et le n° 3 de 2014[5]. C’est la marque d’une voie ancienne, longtemps bordée de fermes et de maisons, que la ZAC est venue prolonger et densifier.

Le calvaire de la Croix Madame

Une petite croix de pierre se dressait sur la voie d’Outreau à Equihen, au lieu-dit la Croix Madame. En 1860, la famille Dupont, agriculteurs à La Salle, en offre une nouvelle, plantée sur son terrain ; le 8 octobre 1862, le curé d’Outreau Jules Létendart la bénit devant neuf mille personnes. Bombardé pendant la Seconde Guerre mondiale, le calvaire est restauré le 15 août 1950 : un cortège de cavaliers et de groupes escorte le char portant le nouveau Christ depuis l’église d’Outreau jusqu’au calvaire, par la rue de l’Égalité et la route d’Equihen, parées pour l’occasion de filets de pêche piqués de fleurs. Il sera de nouveau restauré après la tempête de janvier 1990[3].

Les services techniques, dans l’ancienne ferme de La Salle

En face de la maison médicale, à deux pas du calvaire, les services techniques municipaux et les serres de la ville occupent les bâtiments d’une ancienne ferme.

Le lieu vient de loin : reconstruite après les bombardements des 8 et 9 septembre 1943 qui ravagèrent le manoir de La Salle, la ferme fut exploitée par la famille Chivet, puis, au début du XXe siècle, par les familles Fayeulle et Delattre-Fayeulle[6].

En 1997, la veuve d’Edmond Sauvage — descendante des frères Dupont, ceux-là mêmes qui avaient offert la croix du calvaire — s’en sépare au profit de la ville d’Outreau, qui exerce son droit de préemption ; les bâtiments deviennent entrepôt, serres et services techniques[3].

N°21 – Maison médicale du Mont-Soleil

Une des premières maison de santé pluridisciplinaire (MSP) de la région, ouverte le 1er octobre 2011, sous l’impulsion des Drs. Benoit Tavernier, Denis Deleplanque, Frédéric Leclercq[7].

N°130 – Du grand P.G. à Supeco

Le n° 130 est le centre commercial du Mont-Soleil, et son histoire est celle d’une longue succession d’enseignes.

Rue Jules Michelet, le « Prix Gros » ouvre en 1966 ; il deviendra le petit P.G. le jour où le grand P.G. et sa galerie marchande ouvriront au quartier du Mont-Soleil[2].

Le magasin passe ensuite sous enseigne Champion jusqu’à la fin des années 2000[8], puis sous celle de Carrefour Market (« Outreau Soleil »), avant de devenir le Supeco d’aujourd’hui, exploité par la société Nathys[8]. La galerie abrite notamment une boucherie et un salon de coiffure.

N°250 – Alprech Filets

Au bout du boulevard, Alprech Filets — qui doit son nom au cap d’Alprech voisin — est une maison d’articles de pêche fondée en 1982, d’abord installée rue Saint-Michel[8]. Le Outreau Mag annonçait en son temps son installation chemin de Ningles, « sur un terrain qu’elle a pu racheter au CAT » — l’actuel ESAT, quelques centaines de mètres plus haut sur ce même boulevard. Aux filets de pêche, l’entreprise avait ajouté les filets brise-vue et brise-vent, vendus « à partir de 9 F le m² »[9]. Devenue Société Nouvelle Alprech Filets en 2001, elle est établie au n° 250 depuis janvier 2025 et dispose aussi d’un site à Capécure[8].

Le parc du Mont-Soleil

Le haut du boulevard donne sur le Mont-Soleil, le grand parc d’Outreau : dix-sept hectares d’aires de jeux, d’animaux, de courts de tennis et un mini-golf[2].

Le lieu porte pourtant une mémoire lourde. En 1944, la hauteur était un point d’appui allemand (Stp 256, « Wegerich »), ceinturée de mines et de barbelés, armée de six canons lourds de DCA, et marquait le sud de l’objectif « Buttercup » des plans canadiens[2].

Le parc s’étend toujours sur des bombes et des blockhaus[2] : le 20 avril 1954, malgré les barbelés et les panneaux « accès interdit », l’éclatement d’un obus y tua un enfant et en blessa trois autres[10].

Institut Médico-Educatif (IME) Mont-Soleil

Créé en 1975, l’IME Mont-Soleil accueille des enfants et adolescents de 6 à 21 ans, avec une déficience mentale, avec ou sans trouble associé. Il propose un accompagnement éducatif, pédagogique et thérapeutique pour les enfants (6-11 ans), les adolescents (12-15 ans) et les jeunes (16-20 ans) qui ont des immersions quotidiennes en ESAT.

Certains élèves bénéficient d’immersion dans des unités d’enseignements externalisées (école primaire Jean Macé, lycée Clerc). En 2023, l’IME accueille 69 enfants et 12 éducateurs spécialisés.

Etablissement et Services d’Aide par le Travail (ESAT, ex-CAT)

L’ESAT d’Outreau est ouvert depuis 1984. Il est l’un des 6 établissements à proximité avec l’ESAT du Boulonnais (sur le Bd de la Liane depuis 1962), les Ateliers Maurice Dehay d’Etaples (depuis 1966), L’Arche les Trois Fontaines à Ambleteuse (depuis 1972), La Vie Active de Parenty (depuis 1985) et l’APCO de Wimille (depuis 1996).

En 2023, l’ESAT d’Outreau accueille 112 travailleurs en situation de handicap : conditionnement, logistique et transport (étiquetage, collage, pliage, mise sous film, conditionnement, colisage), espaces verts et paysagers (entretien), impression, reprographie et marquage (brochage, encartage, façonnage).

Commerces, équipements et associations

  • au n° 2, le cabinet du Dr Mathilde Carré, installée en mai 2026 : la première pédiatre libérale de la ville[11] ;
  • au n° 16, une chirurgienne-dentiste (Cecilia Caux, 2021)[8] ;
  • au n° 21, à la maison médicale, le siège de la CPTS Opale Sud (communauté professionnelle territoriale de santé, 2020) et une sage-femme (Camille Diers-Marie, depuis 2014) ;
  • au n° 22, une chirurgienne-dentiste (Pauline Valcke, 2014) ;
  • au n° 68, un cabinet dentaire (Raphaël Fautrad, 2024) ;
  • au n° 120, un garage automobile (ABZ Francis, 2014) ;
  • au n° 130, dans la galerie du centre commercial, la boucherie Enzodrey (2023, qui a succédé aux Boucheries J’M), un salon de coiffure (Kell’Coiffure, 2020) et Les Maisons des enfants de la Côte d’Opale (2011) ;
  • au n° 200, un cabinet paramédical (Caroline Kolb, 2020) ;
  • au n° 210, un centre de contrôle technique (Dekra – Auto Bilan France), après le Contrôle automobile du Boulonnais (2005) ;
  • et, le long du boulevard, le logement-foyer et foyer-restaurant pour personnes âgées du CCAS (depuis 1984) et un ancien centre de construction des lignes d’Orange (1991)[8].

Plan (OpenStreetMap)

Références

  1. Guide d’Outreau d’hier à aujourd’hui (Centre culturel et social Jacques Brel) — liste des maires d’Outreau (Raymond Splingard, négociant en charbon, SFIO puis PS, maire d’octobre 1952 à mars 1983) ; les résistants outrelois.
  2. Jean-Marc Détré, Outreau – Le Portel – Equihen-Plage par l’image (2024) — les baraquements provisoires bâtis sous l’impulsion de Raymond Splingard, adjoint aux finances ; le calvaire de la Croix Madame.
  3. Sébastien Chochois, Le blog d’un jeune militant et élu d’Outreau (62) — la rue d’Equihen renommée rue André Pantigny par Raymond Splingard en 1980.
  4. Base de données nationale des bâtiments (BDNB / GoRenove) — gorenove.fr/adresse.
  5. La Voix du Nord, 1er octobre 2016 — la maison de santé pluridisciplinaire du Mont-Soleil.
  6. Michaël Rochoy, « Les médecins à Outreau », Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 30 (2026).
  7. Insee, répertoire Sirene, établissements du boulevard Raymond Splingard à Outreau — Annuaire des entreprises.

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Boulevard Industriel (Zone industrielle de la Liane)

Quartier : Zone d’activités d’Outreau
Sous-quartier :
Date de l’arrêté de dénomination : 20 juin 1958 (Boulevard de la Liane à Boulogne le 5 septembre 1969)
Ancienne dénomination :
Début de la voie : Boulevard Chanzy
Fin de la voie : Boulevard de la Liane
Nombre d’adresses sur la rue : 19
Position : 50,7050 N – 1,6077 E
Lien avec Outreau : non

Origine du nom

Boulevard qui longe la Liane, où sont implantés des entreprises, commerces et sociétés artisanes.

La Z.I. de la Liane tire évidemment son nom de la Liane, rivière côtière de 38,24 km qui prend sa source à Quesques à 90 mètres, est rejointe par 35 affluents, traverse notamment Wirwignes, Carly, Hesdin-l’Abbé, Baincthun, Saint-Léonard, Outreau (en limite communale) avant de se jeter dans la Manche à Boulogne-sur-Mer (SANDRE)[1]. Elle a structuré dans le Boulonnais l’implantation humaine, les activités agricoles, industrielles et portuaires.

La Liane

Éléments notables de la rue

Ancienneté du bâti

Le bâti du boulevard est récent — le n° 4 date de 2005[6] —, à l’image d’une zone qui s’est reconstruite par vagues successives sur d’anciennes friches industrielles.

La « Sugar Factory » : la zone industrielle dans la bataille de Boulogne (septembre 1944)

En préparant l’opération Wellhit — l’assaut sur Boulogne —, les Canadiens dressèrent deux cartes des défenses allemandes, le 9 puis le 12 septembre 1944. La zone industrielle d’Outreau y porte le nom de « Sugar Factory » : c’est un objectif, atteint par les Canadiens dans la journée du 19 septembre 1944, désigné « Belgium » comme objectif d’artillerie. Un pont de bois, construit par les Allemands, la reliait au prolongement de la rue Ampère, côté Boulogne ; sa destruction est envisagée sur la carte du 12 septembre, sans être confirmée. Le bras du méandre de la Liane, au sud de l’actuel Leclerc, était protégé par des mitrailleuses[2]. Outreau sera libérée le 22 septembre 1944[2].

Carnaud-Métal-Box et les boîtes de conserve (1959)

En 1959, Carnaud-Métal-Box Alimentaire (CMB) construit à Outreau, dans un angle délimité d’un côté par la voie SNCF et de l’autre par le boulevard industriel, sur un terrain de 47 000 m², une fabrique de boîtes de conserve dotée en plus d’une unité d’imprimerie sur métal — les feuilles étaient imprimées par presses rotatives en offset lithographique, séchées en étuve, puis vernies[3]. Le boulevard abrite toujours une usine d’emballages métalliques légers, Sonoco Metal Packaging France, dans la zone industrielle de la Liane[7].

Résurgat I : la zone d’entreprises née de la crise (1985)

En 1978, les A.P.O. licencient 2 000 personnes, dont 1 050 sur la région boulonnaise : il n’y a désormais plus de hauts fourneaux à Outreau. D’autres sociétés outreloises connaîtront le même sort — la Société Générale de Fonderie, l’atelier de maintenance SNCF[4] ; entre les fermetures des A.P.O. (1978) et de la S.G.F. (1984), 1 500 emplois disparaissent[5].

Pour pallier la fermeture de la S.G.F., Jean-Marie François et la municipalité décident la création de Résurgat I, boulevard industriel : 28 entreprises et 300 emplois en trois ans. Le site est inauguré en 1985, suivi de Résurgat II en 1990 et de Résurgat III en 1994[4]. Les friches industrielles laissent ainsi place à un village d’entreprises qui fera vivre quelque 1 200 emplois[5]. Le nom n’est pas anodin : « Resurgat » — « Qu’elle se relève » — est la devise d’Outreau, celle du phénix de ses armoiries, adoptée après une ville détruite à 90 % par la guerre[2].

Le centre commercial E. Leclerc (1988)

Le centre commercial E. Leclerc s’implante sur le boulevard à la fin des années 1980, trois ans après l’inauguration de Résurgat I. Les premiers commerces de sa galerie marchande y sont immatriculés dès l’automne 1988 — la SARL SPBN le 1er octobre, le café La Chope d’Or le 2 novembre —, suivis d’un magasin de photo en janvier 1989[7]. L’hypermarché est exploité par la société Lianoudis, immatriculée boulevard industriel depuis janvier 1995[7].

La galerie s’étoffe au fil des décennies : le McDonald’s s’installe sur le parking en juin 1991, puis viennent les Chaussures Eram (futur Gémo) et Mi-Temps en mai 1993, la Foir’Fouille en août 1993, Sportgate et Liane Optique en 1995, un Flunch en 2008, le KFC (n° 132) en 2015. On y trouve aussi Gifi (2006), Celtat (2008), Pauline (2013), Cache Cache et Magellan (2016), Haut de Chauss (2018), un comptoir à sushis (Hana Group, 2021), Cigusto (2022) et une boutique Orange (2025). D’autres enseignes y ont fermé : Espace Photo (1996), une agence du CIC (2001), Vetura (2005), MIM (2009)[7]. Le centre déborde du boulevard : plusieurs de ses cellules sont adressées rue Camille Desmoulins ou boulevard de la Liane[7].

Caserne des pompiers (2026)

La nouvelle caserne des pompiers s’implante en 2026 dans la zone Résurgat 1, en bordure de Liane, face au centre commercial E. Leclerc.

Le terrain de 12 000 m2 comporte 3 467 m2 de locaux, 6276 m2 d’équipements extérieurs (16M€). Le concours d’architecte lancé en 2022 a été suivi d’une étude de mise au point en 2023, appel d’offres et désignation des entreprises en 2024.

« Jean-Marie François, ancien maire d’Outreau et président du SDIS aurait été fier de cette annonce et de cette implantation et je ne peux que moi-même m’en réjouir », en dit le maire Sébastien Chochois en 2022.

Commerces, équipements et associations

  • au n° 5, un négociant de pneumatiques (Allopneus, dès 1983, radié) ;
  • au n° 42, un loueur de matériel (Régis Location, 1991, radié) ;
  • au n° 64 — l’adresse de Résurgat 1 — un négoce de produits isolants (Ouest Isol, lot 105), un négoce d’acier (KDI), un transporteur (Sarl Méry / Artdem, lot 12) et la Société de transport industriel boulonnais, tous radiés ;
  • toujours en Résurgat 1, un prestataire de santé à domicile (Pharma Dom / Orkyn’, lot 108, 1995) et un centre de formation transport (1994), radiés ;
  • et, dans la zone industrielle de la Liane, Sonoco Metal Packaging France, emballages métalliques légers[7].

Plan (OpenStreetMap)

Références

  1. Sandre, fiche cours d’eau la Liane — sandre.eaufrance.fr.
  2. Guide d’Outreau d’hier à aujourd’hui (Centre culturel et social Jacques Brel) — cartes canadiennes des défenses allemandes (9 et 12 septembre 1944) et opération Wellhit, libération d’Outreau le 22 septembre 1944, armoiries et devise « Resurgat », les quatre boulevards d’Outreau.
  3. Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 4 (la boîte de conserve ; Carnaud-Métal-Box à Outreau, 1959).
  4. Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 1 (chronologie d’Outreau : A.P.O. 1978, création de Résurgat I, inauguration 1985, Résurgat II en 1990 et III en 1994).
  5. Jean-Marc Détré, Outreau – Le Portel – Equihen-Plage par l’image (2024) — fermetures des A.P.O. (1978) et de la Société Générale de Fonderie (1984), les friches devenues village d’entreprises (zones de Résurgat, 1 200 emplois).
  6. Base de données nationale des bâtiments (BDNB / GoRenove) — gorenove.fr/adresse.
  7. Insee, répertoire Sirene, établissements du boulevard industriel à Outreau — Annuaire des entreprises.

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Boulevard du 8 Mai

Quartier : Manihen-Salengro – Centre
Sous-quartier : non
Date de l’arrêté de dénomination : 6 avril 1976
Ancienne dénomination :
Début de la voie : Rue Jules Lonquéty
Fin de la voie : Rue Robert Delattre
Nombre d’adresses sur la rue : 59
Position : 50,7070 N – 1,5980 E
Lien avec Outreau : non

Origine du nom

Le 8 mai 1945 marque la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe (à noter que ce n’est pas un armistice comme l’est le 11 novembre 1918 – c’est-à-dire une suspension des combats sans mettre fin juridiquement à la guerre). Elle a été signée une première fois à Reims le 7 mai puis ratifiée le 8 mai à Berlin, à la demande de l’URSS.

En France, cette date symbolise la victoire des Alliés, la libération du territoire et le retour à la paix après près de six années de conflit. Le 8 mai est devenu une journée nationale de commémoration, dédiée à la mémoire des combattants, des victimes civiles et de la Résistance.

Le maréchal Wilhelm Keitel signe la ratification de la capitulation allemande à Berlin-Karlshorst, le 8 mai 1945. Photo du lieutenant Moore (U.S. Army) ; domaine public. Source : National Archives (111-SC-206292), via Wikimedia Commons.

Éléments notables de la rue

Ancienneté du bâti (1880-1969) — mais un boulevard récent

Les constructions du boulevard s’échelonnent de 1880 à 1969[1]. Le boulevard, lui, est bien plus récent : il n’existait pas encore avant la Seconde Guerre mondiale[2]. Les maisons les plus anciennes, notamment le n° 4 (1880) et le n° 8 (1895)[1], lui sont donc antérieures : la voie a été ouverte à travers un secteur déjà bâti. Le boulevard du 8 Mai est l’un des quatre boulevards d’Outreau, avec le boulevard de la Liberté, le boulevard Raymond Splingard et le boulevard industriel ; il borde le quartier du Centre à l’est[5].

La cité Salengro, ses baraquements et la « grimpette »

Le boulevard longeait la cité Salengro (impasse de la Verte Voie), l’une des cités provisoires édifiées à Outreau après la Seconde Guerre mondiale. Ses baraquements étaient faits de panneaux de fibrociment assemblés ; les locataires disposaient de grands terrains, où beaucoup avaient bâti garages et cabanons, planté des arbres et des lilas mauves et blancs. Une « grimpette » (un raidillon) relie le boulevard du 8 Mai à l’impasse de la Verte Voie et à la rue Roger Salengro. Laissée à l’abandon, la cité a été photographiée jusqu’à ses derniers jours : par mesure de sécurité, les baraquements ont été détruits à l’automne 2005[2].

L’école maternelle Roger Salengro

L’école publique Roger Salengro, ouverte en 1972[3], est adressée rue Roger Salengro, mais sa cour donne sur le boulevard du 8 Mai, face à l’ancienne cité[2].

Le garage automobile (n° 158 B)

Le n° 158 B abrite un garage automobile depuis au moins 1994 : d’abord la SARL Christian Salmon (1994), puis Phil-Auto (2010) et aujourd’hui Philauto (depuis 2019)[4].

Commerces, équipements et associations

  • au n° 8, un négoce (Lionel Feutry, 2004, radié) ;
  • au n° 95, une entreprise du bâtiment (Franck Beauvois, 2011, puis Franck Renov, 2015) et une société de nettoyage (Florence Beauvois, 2017), toutes radiées ;
  • au n° 98, un électricien (Claudelec, Claude Poiret, 2015, radié) ;
  • au n° 101, Zumba Tonic, club de danse fitness (depuis 2012) ;
  • au n° 104, un commerce de détail (Amar Arbanne, 1991) puis un service administratif (Ludovic Delattaignant, 2014), radiés ;
  • au n° 114, un cabinet dentaire (Justine Burkel, 2023, radié) ;
  • au n° 116, les Biblocque (assurance puis immobilier) et un commerce ambulant (Graziella Ghueldre, 2014), radiés ;
  • au n° 118, un plâtrier (Lebon Plâtrerie, 2013, radié) ;
  • au n° 172, une activité de mécanique (SARL Mistral, 1997, radiée) ;
  • et, aux n° 118 et 182, plusieurs sociétés civiles immobilières (S.C.E.K. 1990, La Menendelle 1994, Les Masurettes, Thirom)[4].

Plan (OpenStreetMap)

Références

  1. Base de données nationale des bâtiments (BDNB / GoRenove) — gorenove.fr/adresse.
  2. Pascal Bernard, Site consacré à la ville d’Outreau (cité Salengro de l’impasse de la Verte Voie, la « grimpette », destruction des baraquements à l’automne 2005, cour de l’école maternelle Salengro côté boulevard).
  3. Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 1 (les lieux d’enseignement scolaire à Outreau), p. 10.
  4. Insee, répertoire Sirene, établissements du boulevard du 8 Mai à Outreau — Annuaire des entreprises.
  5. Guide d’Outreau d’hier à aujourd’hui (Centre culturel et social Jacques Brel) — les quatre boulevards d’Outreau, limites du quartier Centre.

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Boulevard de la Liberté

Quartier : Fraternité
Sous-quartier :
Date de l’arrêté de dénomination : vers 1954
Ancienne dénomination :
Début de la voie : Allée Maurice Chevalier
Fin de la voie : Avenue du Général San Martin
Nombre d’adresses sur la rue : 121
Position : 50,7066 N – 1,5854 E
Lien avec Outreau : non

Origine du nom

La liberté est la première des trois valeurs de la devise de la République française : « Liberté, Égalité, Fraternité ». À Outreau, les trois se retrouvent dans l’odonymie : la rue de l’Égalité, le boulevard de la Liberté et le square de la Fraternité, dans une ville « qui ne cache pas ses valeurs » selon l’auteur Thierry Maricourt, invité en résidence d’auteur en 2011-2012 [1].

Le boulevard s’inscrit dans un ensemble de voies d’Outreau baptisées, après la Libération, du nom des idéaux républicains et de la paix retrouvée : la rue de la Concorde et la rue de la Paix, toutes deux inaugurées en février 1947[2], la rue et la Cité de l’Égalité, ou encore le quartier de la Fraternité auquel le boulevard appartient.

Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple (1830), musée du Louvre ; domaine public. Les résidences du boulevard portent son nom (HLM Delacroix). Source : Wikimedia Commons.

Éléments notables de la rue

Ancienneté du bâti et Cité République (années 1950-1960)

Les constructions du boulevard datent pour l’essentiel des années 1954 à 1967[3].

Ce secteur s’est élevé sur une partie de l’ancienne Cité République, une cité provisoire d’après-guerre (préfabriqués de type UK100 et baraquements en bois) inaugurée en juin 1951 et traversée par les rues de la Paix et de la Concorde.

Après sa démolition, le quartier fut reconstruit en dur : les grands immeubles HLM Delacroix et Renoir, l’école maternelle Jacques Prévert, le centre Jacques Brel et, à proximité, la place Mendès France (inaugurée le 22 octobre 1988)[6].

Une ancienne ligne de tramway : Le Portel-Bonningues et la « Petite Gare »

Le boulevard reprend le tracé de l’ancienne ligne de tramway Le Portel-Bonningues. Venant du Portel, la ligne « montait » le boulevard de la Liberté et traversait le hameau de l’Ave Maria, où se trouvait son premier arrêt : un café a longtemps gardé le nom de cette halte, dite « La Petite Gare »[4]. C’est ce même lieu-dit qui verra s’élever, au début des années 1950, le cinéma du boulevard.

Le Crédit Agricole et les anciens cabinets médicaux (n° 23 et n° 39)

Le quartier Fraternité fut longtemps un pôle médical, et le boulevard en garde la trace. Au n° 23, le Dr André Bois exerçait avec son fils, le Dr Jean-Philippe Bois (associé vers 1983) ; à la retraite du père, en 1989, le Dr Denis Deleplanque rachète le cabinet, y exerce jusqu’en 2000, puis le revend à l’agence du Crédit Agricole Nord de France, qui s’y trouve toujours (depuis 2002). Le Dr Deleplanque s’installe alors au n° 39 (2000-2011), local racheté en 2012 par une pizzeria (Domino’s Pizza)[7]. Depuis le milieu des années 2010, le boulevard ne compte plus de médecin en activité.

L’école primaire privée Sainte-Marie (n° 32)

L’école privée Sainte-Marie (n° 32) ouvre en 1962[6]. Elle occupe un site chargé d’histoire : c’est là qu’avait été implanté, en 1925, le baraquement en tôle de la nouvelle paroisse Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus (avec, à l’arrière, l’école Sainte-Thérèse), en attendant la construction de l’église bénie en 1931[4].

Le cinéma Jean-Bart (n° 37, 1953-1968)

Sur un terrain vague, au lieu-dit « La Petite Gare », le cinéma Jean-Bart ouvre le 17 octobre 1953 — il tient son nom du célèbre corsaire dunkerquois. La veille, l’inauguration a réuni les spectateurs autour d’un documentaire sur la pêche du hareng au Dogger-Bank, suivi du film L’Homme tranquille, avec John Wayne et Maureen O’Hara[5].

La salle appartenait à M. et Mme Gérard Rault, également propriétaires de la salle Boër (devenue Cyrano) rue Jean Jaurès. Décorée d’œuvres des peintres Gil Franco et Brenet, elle comptait sept cents fauteuils et un bar tenu par Mme Ringot. À son arrêt, en janvier 1968, le Jean-Bart avait accueilli 1 447 927 spectateurs[5]. Le bâtiment fut ensuite repris par une supérette, puis partagé entre un café (le Jean Bart) et des cabinets de kinésithérapie (dont celui de Kevin Durez, au n° 37) jusqu’en 2023, aujourd’hui un prothésiste dentaire[9].

La boutique « Germaine » (n° 57)

Au n° 57, la « Germaine Boutique » (vêtements) est un commerce familier du boulevard, encore en activité[9].

L’étude notariale (n° 77)

Le boulevard a de longue date accueilli une étude notariale. Elle fut d’abord tenue par Maître Salet, puis par Maître Michel Tramecourt (devenu ensuite agent immobilier) ; au n° 77, Maître Gilles Pannier (parti en retraite fin 2024) a précédé Maître Justine Bally, qui lui a succédé[9].

Le Centre Jacques Brel (n° 77 B)

Le Centre Jacques Brel (n° 77 B), centre culturel et social ouvert en 1982, est l’un des grands équipements du boulevard[8]. Il abrite notamment l’Atelier de mémoire populaire et d’histoire locale d’Outreau. À proximité, la résidence Manet (groupe Ramsès) accueille la Maison départementale des solidarités du Pas-de-Calais, et la résidence Delacroix des services du Centre communal d’action sociale (CCAS) : foyer-restaurant pour personnes âgées, aide ménagère[8].

La pharmacie Jougleux-Laurent (n° 80-84)

La pharmacie Jougleux-Laurent est présente sur le boulevard depuis 1999 (aux n° 80 et 84)[8]. Les pharmaciens Xavier et Nathalie Jougleux y ont aménagé, à la place de l’ancien bar « le Diabolo », un cabinet médical (« Medicalis 84 »), resté sans médecin locataire depuis 2014[7].

La Société Générale (n° 85, centre commercial Ramsès)

La Société Générale est installée au n° 85, dans le centre commercial Ramsès, depuis 1986[8].

L’école élémentaire Jean Macé (n° 113)

L’école publique Jean Macé (élémentaire, n° 113) est créée en 1976[6]. Elle forme aujourd’hui, avec l’école maternelle voisine, le groupe scolaire Kergomard-Macé[8].

L’école maternelle Pauline Kergomard (n° 115)

L’école maternelle Pauline Kergomard (n° 115) ouvre également en 1976[6]. Elle porte le nom de la pédagogue qui fut l’une des fondatrices de l’école maternelle française.

La boucherie Blaizel (n° 142)

La boucherie Blaizel, au n° 142, est un commerce de longue date du boulevard ; son établissement n’a été ré-immatriculé au répertoire Sirene qu’en 2024, mais l’enseigne lui est bien antérieure[8].

L’école maternelle Jacques Prévert

L’école maternelle Jacques Prévert, ouverte en 1982[6], fait partie du quartier reconstruit sur l’ancienne Cité République[3].

Autres commerces, services et associations

  • au n° 35, l’une des plus anciennes adresses du boulevard (JF et C Rault, dès 1954 ; la famille Rault possédait le cinéma Jean-Bart) ;
  • au n° 136, l’étude Pannier et Brajou (depuis 1993) et un ancien cabinet dentaire ;
  • le Comité local de développement d’Outreau (CLDO, association, 1985) et diverses domiciliations (SCI, agences) le long de la voie[8].

Plan (OpenStreetMap)

Références

  1. Thierry Maricourt, Revenir d’Outreau (2012) — la rue de l’Égalité, le boulevard de la Liberté, le square de la Fraternité (propos de Nadine Fontan, adjointe à la culture).
  2. Base de données nationale des bâtiments (BDNB / GoRenove) — gorenove.fr/adresse.
  3. Pascal Bernard, Site consacré à la ville d’Outreau (Cité République, HLM Delacroix / Renoir / Manet, place Mendès France).
  4. Jean-Marc Détré, Outreau – Le Portel – Equihen-Plage par l’image (2024) — ligne de tramway Le Portel-Bonningues, « La Petite Gare », paroisse et école Sainte-Thérèse / Sainte-Marie.
  5. Daniel Tintillier, Les salles obscures. Histoire du cinéma à Boulogne-sur-Mer et dans son arrondissement (2001) — le cinéma Jean-Bart.
  6. Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 1 (les lieux d’enseignement scolaire à Outreau), p. 10.
  7. Michaël Rochoy et al., « Les médecins à Outreau », Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 30 (2026).
  8. Insee, répertoire Sirene, établissements du boulevard de la Liberté à Outreau — Annuaire des entreprises.
  9. Guide d’Outreau d’hier à aujourd’hui (Centre culturel et social Jacques Brel) — succession de l’étude notariale, droguerie Germaine, devenir du cinéma Jean-Bart.

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