Quartier : ZAC – Centre
Sous-quartier : non
Date de l’arrêté de dénomination : 8 novembre 1997
Ancienne dénomination : Boulevard des Acacias
Début de la voie : Chemin de Gravois
Fin de la voie : Rue André Pantigny
Nombre d’adresses sur la rue : 54
Position : 50,6967 N – 1,5832 E
Lien avec Outreau : oui
Origine du nom
Raymond Splingard (Hirson, 26 janvier 1912 – 14 juin 1995) vient au monde à Hirson, dans l’Aisne. Comptable dans une fabrique de céramique à Boulogne-sur-Mer, il adhère à la SFIO (puis PS) à dix-huit ans, puis ouvre à Outreau un commerce de combustibles : un négoce de charbon.
Ajoint au maire à partir de 1945, il est élu maire le 4 octobre 1952 et le restera jusqu’en mars 1983 : trente années, le plus long mandat parmi les maires d’Outreau recensés depuis 1907, et il joue un rôle majeur dans la reconstruction d’une ville détruite à 90 %[1, 2].
Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale[2], il est déjà, comme adjoint aux finances de l’immédiat après-guerre, à l’origine d’une décision qui marqua durablement la ville : la municipalité bâtit sous son impulsion plusieurs centaines de baraquements provisoires — la cité d’urgence du hameau de La Salle (50 logements en 1954), puis les cités des Cheminots, du Biez, Jules Michelet, Paul Bert, de la Verte Voie, Roger Salengro, de l’Égalité, Auguste Comte et la Cité République[3]. En 1980, c’est lui encore qui fait renommer la rue d’Equihen en rue André Pantigny, en hommage au résistant mort à Gross-Rosen[4] — la rue même où s’achève aujourd’hui son boulevard.
Il est également conseiller général du canton de Samer de 1958 à 1982, désigné pour siéger au sein du conseil régional de 1974 à 1979 (après avoir été suppléant de Jeannil Dumortier de 1962 à 1973).
Dans le cadre des élections sénatoriales de 1974, il est présent sur la liste de Bernard Chochoy, mais n’est pas élu ; en 1981, lors de l’entrée de Marcel Wacheux à l’Assemblée Nationale, il lui succède au siège de sénateur. Il siège au Sénat du 22 juin 1981 au 2 octobre 1983[1] où il rejoint la commission des affaires culturelles puis celle des affaires économiques. En 1983, à 71 ans, il ne se représente pas dans le cadre des élections sénatoriales et se retire donc de la vie politique.


Éléments notables de la rue
Le boulevard descend du nord-est (n° 2, à l’angle de la rue André Pantigny) vers le sud-ouest et le Mont-Soleil (n° 250).
Ancienneté du bâti (1910-2014)
Le boulevard mêle des maisons anciennes et des constructions très récentes : le n° 2 date de 1910, les n° 4 et 6 de 1926, le n° 9 de 1960 et le n° 3 de 2014[5]. C’est la marque d’une voie ancienne, longtemps bordée de fermes et de maisons, que la ZAC est venue prolonger et densifier.
Le calvaire de la Croix Madame
Une petite croix de pierre se dressait sur la voie d’Outreau à Equihen, au lieu-dit la Croix Madame. En 1860, la famille Dupont, agriculteurs à La Salle, en offre une nouvelle, plantée sur son terrain ; le 8 octobre 1862, le curé d’Outreau Jules Létendart la bénit devant neuf mille personnes. Bombardé pendant la Seconde Guerre mondiale, le calvaire est restauré le 15 août 1950 : un cortège de cavaliers et de groupes escorte le char portant le nouveau Christ depuis l’église d’Outreau jusqu’au calvaire, par la rue de l’Égalité et la route d’Equihen, parées pour l’occasion de filets de pêche piqués de fleurs. Il sera de nouveau restauré après la tempête de janvier 1990[3].
Les services techniques, dans l’ancienne ferme de La Salle
En face de la maison médicale, à deux pas du calvaire, les services techniques municipaux et les serres de la ville occupent les bâtiments d’une ancienne ferme.
Le lieu vient de loin : reconstruite après les bombardements des 8 et 9 septembre 1943 qui ravagèrent le manoir de La Salle, la ferme fut exploitée par la famille Chivet, puis, au début du XXe siècle, par les familles Fayeulle et Delattre-Fayeulle[6].
En 1997, la veuve d’Edmond Sauvage — descendante des frères Dupont, ceux-là mêmes qui avaient offert la croix du calvaire — s’en sépare au profit de la ville d’Outreau, qui exerce son droit de préemption ; les bâtiments deviennent entrepôt, serres et services techniques[3].
N°21 – Maison médicale du Mont-Soleil
Une des premières maison de santé pluridisciplinaire (MSP) de la région, ouverte le 1er octobre 2011, sous l’impulsion des Drs. Benoit Tavernier, Denis Deleplanque, Frédéric Leclercq[7].
N°130 – Du grand P.G. à Supeco
Le n° 130 est le centre commercial du Mont-Soleil, et son histoire est celle d’une longue succession d’enseignes.
Rue Jules Michelet, le « Prix Gros » ouvre en 1966 ; il deviendra le petit P.G. le jour où le grand P.G. et sa galerie marchande ouvriront au quartier du Mont-Soleil[2].
Le magasin passe ensuite sous enseigne Champion jusqu’à la fin des années 2000[8], puis sous celle de Carrefour Market (« Outreau Soleil »), avant de devenir le Supeco d’aujourd’hui, exploité par la société Nathys[8]. La galerie abrite notamment une boucherie et un salon de coiffure.
N°250 – Alprech Filets
Au bout du boulevard, Alprech Filets — qui doit son nom au cap d’Alprech voisin — est une maison d’articles de pêche fondée en 1982, d’abord installée rue Saint-Michel[8]. Le Outreau Mag annonçait en son temps son installation chemin de Ningles, « sur un terrain qu’elle a pu racheter au CAT » — l’actuel ESAT, quelques centaines de mètres plus haut sur ce même boulevard. Aux filets de pêche, l’entreprise avait ajouté les filets brise-vue et brise-vent, vendus « à partir de 9 F le m² »[9]. Devenue Société Nouvelle Alprech Filets en 2001, elle est établie au n° 250 depuis janvier 2025 et dispose aussi d’un site à Capécure[8].
Le parc du Mont-Soleil
Le haut du boulevard donne sur le Mont-Soleil, le grand parc d’Outreau : dix-sept hectares d’aires de jeux, d’animaux, de courts de tennis et un mini-golf[2].
Le lieu porte pourtant une mémoire lourde. En 1944, la hauteur était un point d’appui allemand (Stp 256, « Wegerich »), ceinturée de mines et de barbelés, armée de six canons lourds de DCA, et marquait le sud de l’objectif « Buttercup » des plans canadiens[2].
Le parc s’étend toujours sur des bombes et des blockhaus[2] : le 20 avril 1954, malgré les barbelés et les panneaux « accès interdit », l’éclatement d’un obus y tua un enfant et en blessa trois autres[10].
Institut Médico-Educatif (IME) Mont-Soleil
Créé en 1975, l’IME Mont-Soleil accueille des enfants et adolescents de 6 à 21 ans, avec une déficience mentale, avec ou sans trouble associé. Il propose un accompagnement éducatif, pédagogique et thérapeutique pour les enfants (6-11 ans), les adolescents (12-15 ans) et les jeunes (16-20 ans) qui ont des immersions quotidiennes en ESAT.
Certains élèves bénéficient d’immersion dans des unités d’enseignements externalisées (école primaire Jean Macé, lycée Clerc). En 2023, l’IME accueille 69 enfants et 12 éducateurs spécialisés.
Etablissement et Services d’Aide par le Travail (ESAT, ex-CAT)
L’ESAT d’Outreau est ouvert depuis 1984. Il est l’un des 6 établissements à proximité avec l’ESAT du Boulonnais (sur le Bd de la Liane depuis 1962), les Ateliers Maurice Dehay d’Etaples (depuis 1966), L’Arche les Trois Fontaines à Ambleteuse (depuis 1972), La Vie Active de Parenty (depuis 1985) et l’APCO de Wimille (depuis 1996).
En 2023, l’ESAT d’Outreau accueille 112 travailleurs en situation de handicap : conditionnement, logistique et transport (étiquetage, collage, pliage, mise sous film, conditionnement, colisage), espaces verts et paysagers (entretien), impression, reprographie et marquage (brochage, encartage, façonnage).
Commerces, équipements et associations
- au n° 2, le cabinet du Dr Mathilde Carré, installée en mai 2026 : la première pédiatre libérale de la ville[11] ;
- au n° 16, une chirurgienne-dentiste (Cecilia Caux, 2021)[8] ;
- au n° 21, à la maison médicale, le siège de la CPTS Opale Sud (communauté professionnelle territoriale de santé, 2020) et une sage-femme (Camille Diers-Marie, depuis 2014) ;
- au n° 22, une chirurgienne-dentiste (Pauline Valcke, 2014) ;
- au n° 68, un cabinet dentaire (Raphaël Fautrad, 2024) ;
- au n° 120, un garage automobile (ABZ Francis, 2014) ;
- au n° 130, dans la galerie du centre commercial, la boucherie Enzodrey (2023, qui a succédé aux Boucheries J’M), un salon de coiffure (Kell’Coiffure, 2020) et Les Maisons des enfants de la Côte d’Opale (2011) ;
- au n° 200, un cabinet paramédical (Caroline Kolb, 2020) ;
- au n° 210, un centre de contrôle technique (Dekra – Auto Bilan France), après le Contrôle automobile du Boulonnais (2005) ;
- et, le long du boulevard, le logement-foyer et foyer-restaurant pour personnes âgées du CCAS (depuis 1984) et un ancien centre de construction des lignes d’Orange (1991)[8].
Plan (OpenStreetMap)
Références
- Guide d’Outreau d’hier à aujourd’hui (Centre culturel et social Jacques Brel) — liste des maires d’Outreau (Raymond Splingard, négociant en charbon, SFIO puis PS, maire d’octobre 1952 à mars 1983) ; les résistants outrelois.
- Jean-Marc Détré, Outreau – Le Portel – Equihen-Plage par l’image (2024) — les baraquements provisoires bâtis sous l’impulsion de Raymond Splingard, adjoint aux finances ; le calvaire de la Croix Madame.
- Sébastien Chochois, Le blog d’un jeune militant et élu d’Outreau (62) — la rue d’Equihen renommée rue André Pantigny par Raymond Splingard en 1980.
- Base de données nationale des bâtiments (BDNB / GoRenove) — gorenove.fr/adresse.
- La Voix du Nord, 1er octobre 2016 — la maison de santé pluridisciplinaire du Mont-Soleil.
- Michaël Rochoy, « Les médecins à Outreau », Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 30 (2026).
- Insee, répertoire Sirene, établissements du boulevard Raymond Splingard à Outreau — Annuaire des entreprises.
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