Boulevard de la Liberté

Quartier : Fraternité
Sous-quartier :
Date de l’arrêté de dénomination : vers 1954
Ancienne dénomination :
Début de la voie : Allée Maurice Chevalier
Fin de la voie : Avenue du Général San Martin
Nombre d’adresses sur la rue : 121
Position : 50,7066 N – 1,5854 E
Lien avec Outreau : non

Origine du nom

La liberté est la première des trois valeurs de la devise de la République française : « Liberté, Égalité, Fraternité ». À Outreau, les trois se retrouvent dans l’odonymie : la rue de l’Égalité, le boulevard de la Liberté et le square de la Fraternité, dans une ville « qui ne cache pas ses valeurs » selon l’auteur Thierry Maricourt, invité en résidence d’auteur en 2011-2012 [1].

Le boulevard s’inscrit dans un ensemble de voies d’Outreau baptisées, après la Libération, du nom des idéaux républicains et de la paix retrouvée : la rue de la Concorde et la rue de la Paix, toutes deux inaugurées en février 1947[2], la rue et la Cité de l’Égalité, ou encore le quartier de la Fraternité auquel le boulevard appartient.

Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple (1830), musée du Louvre ; domaine public. Les résidences du boulevard portent son nom (HLM Delacroix). Source : Wikimedia Commons.

Éléments notables de la rue

Ancienneté du bâti et Cité République (années 1950-1960)

Les constructions du boulevard datent pour l’essentiel des années 1954 à 1967[3].

Ce secteur s’est élevé sur une partie de l’ancienne Cité République, une cité provisoire d’après-guerre (préfabriqués de type UK100 et baraquements en bois) inaugurée en juin 1951 et traversée par les rues de la Paix et de la Concorde.

Après sa démolition, le quartier fut reconstruit en dur : les grands immeubles HLM Delacroix et Renoir, l’école maternelle Jacques Prévert, le centre Jacques Brel et, à proximité, la place Mendès France (inaugurée le 22 octobre 1988)[6].

Une ancienne ligne de tramway : Le Portel-Bonningues et la « Petite Gare »

Le boulevard reprend le tracé de l’ancienne ligne de tramway Le Portel-Bonningues. Venant du Portel, la ligne « montait » le boulevard de la Liberté et traversait le hameau de l’Ave Maria, où se trouvait son premier arrêt : un café a longtemps gardé le nom de cette halte, dite « La Petite Gare »[4]. C’est ce même lieu-dit qui verra s’élever, au début des années 1950, le cinéma du boulevard.

Le Crédit Agricole et les anciens cabinets médicaux (n° 23 et n° 39)

Le quartier Fraternité fut longtemps un pôle médical, et le boulevard en garde la trace. Au n° 23, le Dr André Bois exerçait avec son fils, le Dr Jean-Philippe Bois (associé vers 1983) ; à la retraite du père, en 1989, le Dr Denis Deleplanque rachète le cabinet, y exerce jusqu’en 2000, puis le revend à l’agence du Crédit Agricole Nord de France, qui s’y trouve toujours (depuis 2002). Le Dr Deleplanque s’installe alors au n° 39 (2000-2011), local racheté en 2012 par une pizzeria (Domino’s Pizza)[7]. Depuis le milieu des années 2010, le boulevard ne compte plus de médecin en activité.

L’école primaire privée Sainte-Marie (n° 32)

L’école privée Sainte-Marie (n° 32) ouvre en 1962[6]. Elle occupe un site chargé d’histoire : c’est là qu’avait été implanté, en 1925, le baraquement en tôle de la nouvelle paroisse Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus (avec, à l’arrière, l’école Sainte-Thérèse), en attendant la construction de l’église bénie en 1931[4].

Le cinéma Jean-Bart (n° 37, 1953-1968)

Sur un terrain vague, au lieu-dit « La Petite Gare », le cinéma Jean-Bart ouvre le 17 octobre 1953 — il tient son nom du célèbre corsaire dunkerquois. La veille, l’inauguration a réuni les spectateurs autour d’un documentaire sur la pêche du hareng au Dogger-Bank, suivi du film L’Homme tranquille, avec John Wayne et Maureen O’Hara[5].

La salle appartenait à M. et Mme Gérard Rault, également propriétaires de la salle Boër (devenue Cyrano) rue Jean Jaurès. Décorée d’œuvres des peintres Gil Franco et Brenet, elle comptait sept cents fauteuils et un bar tenu par Mme Ringot. À son arrêt, en janvier 1968, le Jean-Bart avait accueilli 1 447 927 spectateurs[5]. Le bâtiment fut ensuite repris par une supérette, puis partagé entre un café (le Jean Bart) et des cabinets de kinésithérapie (dont celui de Kevin Durez, au n° 37) jusqu’en 2023, aujourd’hui un prothésiste dentaire[9].

La boutique « Germaine » (n° 57)

Au n° 57, la « Germaine Boutique » (vêtements) est un commerce familier du boulevard, encore en activité[9].

L’étude notariale (n° 77)

Le boulevard a de longue date accueilli une étude notariale. Elle fut d’abord tenue par Maître Salet, puis par Maître Michel Tramecourt (devenu ensuite agent immobilier) ; au n° 77, Maître Gilles Pannier (parti en retraite fin 2024) a précédé Maître Justine Bally, qui lui a succédé[9].

Le Centre Jacques Brel (n° 77 B)

Le Centre Jacques Brel (n° 77 B), centre culturel et social ouvert en 1982, est l’un des grands équipements du boulevard[8]. Il abrite notamment l’Atelier de mémoire populaire et d’histoire locale d’Outreau. À proximité, la résidence Manet (groupe Ramsès) accueille la Maison départementale des solidarités du Pas-de-Calais, et la résidence Delacroix des services du Centre communal d’action sociale (CCAS) : foyer-restaurant pour personnes âgées, aide ménagère[8].

La pharmacie Jougleux-Laurent (n° 80-84)

La pharmacie Jougleux-Laurent est présente sur le boulevard depuis 1999 (aux n° 80 et 84)[8]. Les pharmaciens Xavier et Nathalie Jougleux y ont aménagé, à la place de l’ancien bar « le Diabolo », un cabinet médical (« Medicalis 84 »), resté sans médecin locataire depuis 2014[7].

La Société Générale (n° 85, centre commercial Ramsès)

La Société Générale est installée au n° 85, dans le centre commercial Ramsès, depuis 1986[8].

L’école élémentaire Jean Macé (n° 113)

L’école publique Jean Macé (élémentaire, n° 113) est créée en 1976[6]. Elle forme aujourd’hui, avec l’école maternelle voisine, le groupe scolaire Kergomard-Macé[8].

L’école maternelle Pauline Kergomard (n° 115)

L’école maternelle Pauline Kergomard (n° 115) ouvre également en 1976[6]. Elle porte le nom de la pédagogue qui fut l’une des fondatrices de l’école maternelle française.

La boucherie Blaizel (n° 142)

La boucherie Blaizel, au n° 142, est un commerce de longue date du boulevard ; son établissement n’a été ré-immatriculé au répertoire Sirene qu’en 2024, mais l’enseigne lui est bien antérieure[8].

L’école maternelle Jacques Prévert

L’école maternelle Jacques Prévert, ouverte en 1982[6], fait partie du quartier reconstruit sur l’ancienne Cité République[3].

Autres commerces, services et associations

  • au n° 35, l’une des plus anciennes adresses du boulevard (JF et C Rault, dès 1954 ; la famille Rault possédait le cinéma Jean-Bart) ;
  • au n° 136, l’étude Pannier et Brajou (depuis 1993) et un ancien cabinet dentaire ;
  • le Comité local de développement d’Outreau (CLDO, association, 1985) et diverses domiciliations (SCI, agences) le long de la voie[8].

Plan (OpenStreetMap)

Références

  1. Thierry Maricourt, Revenir d’Outreau (2012) — la rue de l’Égalité, le boulevard de la Liberté, le square de la Fraternité (propos de Nadine Fontan, adjointe à la culture).
  2. Base de données nationale des bâtiments (BDNB / GoRenove) — gorenove.fr/adresse.
  3. Pascal Bernard, Site consacré à la ville d’Outreau (Cité République, HLM Delacroix / Renoir / Manet, place Mendès France).
  4. Jean-Marc Détré, Outreau – Le Portel – Equihen-Plage par l’image (2024) — ligne de tramway Le Portel-Bonningues, « La Petite Gare », paroisse et école Sainte-Thérèse / Sainte-Marie.
  5. Daniel Tintillier, Les salles obscures. Histoire du cinéma à Boulogne-sur-Mer et dans son arrondissement (2001) — le cinéma Jean-Bart.
  6. Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 1 (les lieux d’enseignement scolaire à Outreau), p. 10.
  7. Michaël Rochoy et al., « Les médecins à Outreau », Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 30 (2026).
  8. Insee, répertoire Sirene, établissements du boulevard de la Liberté à Outreau — Annuaire des entreprises.
  9. Guide d’Outreau d’hier à aujourd’hui (Centre culturel et social Jacques Brel) — succession de l’étude notariale, droguerie Germaine, devenir du cinéma Jean-Bart.

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