Quartier : ZAC Sous-quartier : Alprech Date de l’arrêté de dénomination : Ancienne dénomination : Début de la voie : Fin de la voie : Nombre d’adresses sur la rue : Position : Lien avec Outreau : non
Origine du nom
Eléments notables de la rue
Plan (adresse.data.gouv.fr)
Une erreur, une suggestion ? N’hésitez pas à le signaler dans les commentaires ou sur la page de Contacts.
Quartier : ZAC Sous-quartier : Alprech Date de l’arrêté de dénomination : Ancienne dénomination : Début de la voie : Fin de la voie : Nombre d’adresses sur la rue : Position : Lien avec Outreau : non
Origine du nom
Eléments notables de la rue
Plan (adresse.data.gouv.fr)
Une erreur, une suggestion ? N’hésitez pas à le signaler dans les commentaires ou sur la page de Contacts.
Quartier : ZAC Sous-quartier : Date de l’arrêté de dénomination : vers 1965 Ancienne dénomination : Début de la voie : Chemin du Centre Radio Maritime Fin de la voie : en impasse Nombre d’adresses sur la rue : 4 Position : 50,6990 N – 1,5714 E Lien avec Outreau : oui
Origine du nom
La voie doit son nom au Centre radio maritime d’Alprech, aussi appelée Boulogne Radio, indicatif F.F.B., la station qui, sur le plateau d’Alprech, veilla pendant près d’un demi-siècle sur les navires de la Manche et de la mer du Nord.
La station se trouvait à la limite des deux communes Outreau et Le Portel : si le bâtiment principal d’exploitation était bien portelois, un bâtiment annexe, les logements des opérateurs et le champ d’antennes étaient, eux, sur le territoire d’Outreau[1, 2]. Ces quatre maisons sont précisément les pavillons construits pour loger les opérateurs[1].
Le phare d’Alprech en 1986 : la station Boulogne Radio était installée juste à côté, et fonctionnait encore. Photo Ghirardi ; CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Éléments notables de la rue
Ancienneté du bâti (1965) : les pavillons des opérateurs
Les quatre maisons datent de 1965[3]. Elles furent bâties, avec l’agrandissement du bâtiment d’exploitation, pour loger les opérateurs de la station[1]. On vivait ici en cercle assez fermé, « assez loin de tout » : les agents touchaient même une (petite) prime d’isolement[1].
Boulogne Radio, de 1908 à 1998
La France a longtemps tergiversé avant d’autoriser, par un décret du président Émile Loubet du 28 septembre 1904, « l’échange des télégrammes privés entre les navires en mer et les stations radiotélégraphiques situées sur le littoral ». La première station ouvre à Ouessant le 10 octobre 1904 ; Boulogne Radio naît en 1908, mais pas à Alprech : émetteur et récepteur sont alors regroupés à Ostrohove, et l’on n’y travaille qu’en morse[1].
Les Allemands s’emparent des stations françaises, toutes plus ou moins détruites en 1944. Une station provisoire est rouverte à Boulogne dès 1946. La radiotéléphonie gagne alors les navires de pêche et de commerce ; or émetteurs et récepteurs ne peuvent plus cohabiter sans se brouiller ! L’émetteur reste donc à Ostrohove, et c’est le site d’Alprech, près du phare, qui est choisi pour la réception et l’exploitation. Les deux sites sont d’abord reliés par un câble… laissé par les Allemands pour commander leurs batteries côtières[1].
La station est construite sur le site actuel en 1952.
En 1964, la hausse du trafic impose d’agrandir le bâtiment d’exploitation et de bâtir les pavillons des opérateurs ; le centre est modernisé en 1966 (salle d’exploitation de 120 m²), puis en 1973 avec le passage de la radiotéléphonie en bande latérale unique. Un centre récepteur est alors installé à Escalles (au mont Hubert), télécommandé depuis Alprech pour mieux entendre les navires en mer du Nord ; la liaison filaire vers Ostrohove cède la place à un faisceau hertzien[1].
Les satellites sonneront le glas des stations côtières. Le morse est arrêté le 1er février 1997 et Boulogne Radio ferme définitivement fin 1998. Ses émetteurs et récepteurs resteront quelques mois en service, télécommandés depuis Brest Le Conquet Radio, jusqu’à la fermeture de celle-ci, le 6 mai 2000 : depuis ce jour-là, il n’y a plus une seule station radio maritime en France[1].
Veiller la détresse, 24 heures sur 24
Le rôle premier de la station était la sauvegarde de la vie humaine, par la veille permanente des fréquences de détresse : 500 kHz en morse, 2182 kHz en téléphonie. À la réception d’un appel, Boulogne Radio le répercutait sur le CROSSMA du Cap Gris-Nez, qui organisait les secours, et sur tous les navires susceptibles de porter assistance[1].
La station diffusait aussi la météo deux fois par jour, de la Manche ouest à la mer de Norvège, les bulletins météo spéciaux annonçant coups de vent et tempêtes, les avis urgents aux navigateurs (bouées à la dérive ou éteintes, troncs d’arbres ou conteneurs à la mer, épaves…) et assurait un service radio médical mettant les navires en contact avec le médecin du SAMU de l’hôpital Purpan, à Toulouse[1]. Sa zone s’étendait du cap de la Hague au large de la Norvège — et, par bonne propagation nocturne, jusqu’en Méditerranée[1].
« En pêche, bonjour aux familles »
Boulogne étant le premier port de pêche de France, la position « pêche » était la plus vivante de la station. Deux fois par jour, en vacation, l’opérateur appelait chaque chalutier : il y avait des vacations pour les Étaplois, pour les flottilles de Dieppe, de Port-en-Bessin, de Grandcamp et de Cherbourg…
Les navires répondaient le plus souvent : « en pêche, bonjour aux familles », ou annonçaient leur heure de rentrée et le tonnage à bord. Ces messages étaient très écoutés : certaines familles avaient un récepteur calé sur la fréquence de Boulogne Radio[1].
Le soir venait l’heure des communications avec les familles. Où qu’ils fussent, les chalutiers boulonnais passaient par Boulogne Radio, dédaignant des stations étrangères pourtant plus proches. Quand la liaison était mauvaise, l’opérateur se faisait relais, répétant à l’un ce que disait l’autre. « Nous étions les messagers des bonnes mais, aussi, parfois des mauvaises nouvelles », écrit l’un d’eux : « difficile de transmettre un message pour annoncer le décès d’un proche »[1].
Paul Dufour, du poste d’opérateur au conseil municipal
Muté au Centre radio-maritime d’Alprech en 1965, Paul Dufour y fait toute sa carrière : promu en 1980 inspecteur responsable du Centre radio-maritime Nord, il reçoit le 4 juin 1994, des mains de l’administrateur en chef des affaires maritimes, la croix de chevalier de l’ordre du Mérite maritime.
Entré en politique en 1977 aux côtés de Raymond Splingard, il siégera au conseil municipal d’Outreau, sera président de l’harmonie d’Outreau, avant Nadine Fontan. Son épouse Éliane enseignait les travaux manuels au collège Albert Camus[4].
L’Agence nationale des fréquences (depuis 1997)
Le site n’a pas été rendu au silence total ! Dès sa création, le 1er janvier 1997, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) s’est installée dans le bâtiment annexe, celui qui se trouve sur le territoire d’Outreau.
Établissement public de l’État, l’ANFR planifie, gère et contrôle l’usage du domaine public des fréquences radioélectriques ; son antenne d’Outreau dépend de la direction régionale de Villejuif, compétente pour la région parisienne et le nord de la France[2]. Après un siècle d’écoute des ondes, le plateau d’Alprech surveille donc toujours le spectre radio.
Plan (OpenStreetMap)
Références
Atelier de mémoire populaire et d’histoire locale d’Outreau, Bulletin n° 12, « Boulogne Radio F.F.B. », p. 25-30 — récit de première main d’un opérateur de la station, muté à Alprech en janvier 1974.
Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 4, « L’Agence nationale des fréquences », p. 17-20.
Base de données nationale des bâtiments (BDNB / GoRenove) — gorenove.fr/adresse.
Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 24 (la famille Dufour).
Une erreur, une suggestion ? N’hésitez pas à le signaler dans les commentaires ou sur la page de Contacts.