Quartier : Zone d’activités d’Outreau
Sous-quartier :
Date de l’arrêté de dénomination : 20 juin 1958 (Boulevard de la Liane à Boulogne le 5 septembre 1969)
Ancienne dénomination :
Début de la voie : Boulevard Chanzy
Fin de la voie : Boulevard de la Liane
Nombre d’adresses sur la rue : 19
Position : 50,7050 N – 1,6077 E
Lien avec Outreau : non
Origine du nom
Boulevard qui longe la Liane, où sont implantés des entreprises, commerces et sociétés artisanes.
La Z.I. de la Liane tire évidemment son nom de la Liane, rivière côtière de 38,24 km qui prend sa source à Quesques à 90 mètres, est rejointe par 35 affluents, traverse notamment Wirwignes, Carly, Hesdin-l’Abbé, Baincthun, Saint-Léonard, Outreau (en limite communale) avant de se jeter dans la Manche à Boulogne-sur-Mer (SANDRE)[1]. Elle a structuré dans le Boulonnais l’implantation humaine, les activités agricoles, industrielles et portuaires.

Éléments notables de la rue
Ancienneté du bâti
Le bâti du boulevard est récent — le n° 4 date de 2005[6] —, à l’image d’une zone qui s’est reconstruite par vagues successives sur d’anciennes friches industrielles.
La « Sugar Factory » : la zone industrielle dans la bataille de Boulogne (septembre 1944)
En préparant l’opération Wellhit — l’assaut sur Boulogne —, les Canadiens dressèrent deux cartes des défenses allemandes, le 9 puis le 12 septembre 1944. La zone industrielle d’Outreau y porte le nom de « Sugar Factory » : c’est un objectif, atteint par les Canadiens dans la journée du 19 septembre 1944, désigné « Belgium » comme objectif d’artillerie. Un pont de bois, construit par les Allemands, la reliait au prolongement de la rue Ampère, côté Boulogne ; sa destruction est envisagée sur la carte du 12 septembre, sans être confirmée. Le bras du méandre de la Liane, au sud de l’actuel Leclerc, était protégé par des mitrailleuses[2]. Outreau sera libérée le 22 septembre 1944[2].
Carnaud-Métal-Box et les boîtes de conserve (1959)
En 1959, Carnaud-Métal-Box Alimentaire (CMB) construit à Outreau, dans un angle délimité d’un côté par la voie SNCF et de l’autre par le boulevard industriel, sur un terrain de 47 000 m², une fabrique de boîtes de conserve dotée en plus d’une unité d’imprimerie sur métal — les feuilles étaient imprimées par presses rotatives en offset lithographique, séchées en étuve, puis vernies[3]. Le boulevard abrite toujours une usine d’emballages métalliques légers, Sonoco Metal Packaging France, dans la zone industrielle de la Liane[7].
Résurgat I : la zone d’entreprises née de la crise (1985)
En 1978, les A.P.O. licencient 2 000 personnes, dont 1 050 sur la région boulonnaise : il n’y a désormais plus de hauts fourneaux à Outreau. D’autres sociétés outreloises connaîtront le même sort — la Société Générale de Fonderie, l’atelier de maintenance SNCF[4] ; entre les fermetures des A.P.O. (1978) et de la S.G.F. (1984), 1 500 emplois disparaissent[5].
Pour pallier la fermeture de la S.G.F., Jean-Marie François et la municipalité décident la création de Résurgat I, boulevard industriel : 28 entreprises et 300 emplois en trois ans. Le site est inauguré en 1985, suivi de Résurgat II en 1990 et de Résurgat III en 1994[4]. Les friches industrielles laissent ainsi place à un village d’entreprises qui fera vivre quelque 1 200 emplois[5]. Le nom n’est pas anodin : « Resurgat » — « Qu’elle se relève » — est la devise d’Outreau, celle du phénix de ses armoiries, adoptée après une ville détruite à 90 % par la guerre[2].
Le centre commercial E. Leclerc (1988)
Le centre commercial E. Leclerc s’implante sur le boulevard à la fin des années 1980, trois ans après l’inauguration de Résurgat I. Les premiers commerces de sa galerie marchande y sont immatriculés dès l’automne 1988 — la SARL SPBN le 1er octobre, le café La Chope d’Or le 2 novembre —, suivis d’un magasin de photo en janvier 1989[7]. L’hypermarché est exploité par la société Lianoudis, immatriculée boulevard industriel depuis janvier 1995[7].
La galerie s’étoffe au fil des décennies : le McDonald’s s’installe sur le parking en juin 1991, puis viennent les Chaussures Eram (futur Gémo) et Mi-Temps en mai 1993, la Foir’Fouille en août 1993, Sportgate et Liane Optique en 1995, un Flunch en 2008, le KFC (n° 132) en 2015. On y trouve aussi Gifi (2006), Celtat (2008), Pauline (2013), Cache Cache et Magellan (2016), Haut de Chauss (2018), un comptoir à sushis (Hana Group, 2021), Cigusto (2022) et une boutique Orange (2025). D’autres enseignes y ont fermé : Espace Photo (1996), une agence du CIC (2001), Vetura (2005), MIM (2009)[7]. Le centre déborde du boulevard : plusieurs de ses cellules sont adressées rue Camille Desmoulins ou boulevard de la Liane[7].
Caserne des pompiers (2026)
La nouvelle caserne des pompiers s’implante en 2026 dans la zone Résurgat 1, en bordure de Liane, face au centre commercial E. Leclerc.
Le terrain de 12 000 m2 comporte 3 467 m2 de locaux, 6276 m2 d’équipements extérieurs (16M€). Le concours d’architecte lancé en 2022 a été suivi d’une étude de mise au point en 2023, appel d’offres et désignation des entreprises en 2024.
« Jean-Marie François, ancien maire d’Outreau et président du SDIS aurait été fier de cette annonce et de cette implantation et je ne peux que moi-même m’en réjouir », en dit le maire Sébastien Chochois en 2022.
Commerces, équipements et associations
- au n° 5, un négociant de pneumatiques (Allopneus, dès 1983, radié) ;
- au n° 42, un loueur de matériel (Régis Location, 1991, radié) ;
- au n° 64 — l’adresse de Résurgat 1 — un négoce de produits isolants (Ouest Isol, lot 105), un négoce d’acier (KDI), un transporteur (Sarl Méry / Artdem, lot 12) et la Société de transport industriel boulonnais, tous radiés ;
- toujours en Résurgat 1, un prestataire de santé à domicile (Pharma Dom / Orkyn’, lot 108, 1995) et un centre de formation transport (1994), radiés ;
- et, dans la zone industrielle de la Liane, Sonoco Metal Packaging France, emballages métalliques légers[7].
Plan (OpenStreetMap)
Références
- Sandre, fiche cours d’eau la Liane — sandre.eaufrance.fr.
- Guide d’Outreau d’hier à aujourd’hui (Centre culturel et social Jacques Brel) — cartes canadiennes des défenses allemandes (9 et 12 septembre 1944) et opération Wellhit, libération d’Outreau le 22 septembre 1944, armoiries et devise « Resurgat », les quatre boulevards d’Outreau.
- Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 4 (la boîte de conserve ; Carnaud-Métal-Box à Outreau, 1959).
- Atelier de mémoire populaire d’Outreau, Bulletin n° 1 (chronologie d’Outreau : A.P.O. 1978, création de Résurgat I, inauguration 1985, Résurgat II en 1990 et III en 1994).
- Jean-Marc Détré, Outreau – Le Portel – Equihen-Plage par l’image (2024) — fermetures des A.P.O. (1978) et de la Société Générale de Fonderie (1984), les friches devenues village d’entreprises (zones de Résurgat, 1 200 emplois).
- Base de données nationale des bâtiments (BDNB / GoRenove) — gorenove.fr/adresse.
- Insee, répertoire Sirene, établissements du boulevard industriel à Outreau — Annuaire des entreprises.
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