Rue Hippolyte Adam

Quartier : Fraternité
Sous-quartier :
Date de l’arrêté de dénomination : (non connu)
Ancienne dénomination : 
Début de la voie : 
Fin de la voie : 
Nombre d’adresses sur la rue :
Position :
Lien avec Outreau : oui

Origine du nom

Hippolyte Adam (1827 – 1901) est un banquier, arrière-petit-fils du fondateur de la Banque Adam, mécène d’art, maire de la ville d’Outreau (1880-1884) et administrateur de chemins de fer.

Famille Adam

Les ancêtres d’Hippolyte furent les fondateurs de la banque Adam et, de père en fils, premiers banquiers de la ville de Boulogne-sur-Mer.

Hippolyte Adam habite dès 1879 au manoir des Masurettes avec son épouse Marie-Pauline-Amélie Perrochaud, fille du docteur et nièce de Paul Perrochaud (fondateur de l’Hôpital maritime de Berck). Dans les premières années, ils y restent avec leurs 4 filles 8 mois dans l’année, passant les 4 restant (l’hiver) à Paris où ils développent leur goût pour les arts plastiques [Détré Jean-Marc, 2024, Outreau – Le Portel – Equihen-Plage par l’image].

Mécène et ami des arts

Mécène et ami des arts, Hippolyte Adam encourage à ses débuts le peintre Jean-Charles Cazin. Ayant repéré dans une galerie parisienne des portraits d’enfants au pastel par un débutant nommé Auguste Renoir, il prie l’artiste de venir passer quelques jours aux Masurettes pour réaliser le portrait de ses deux dernières filles, Madeleine et Suzanne. Les portraits sont exécutés en 1887, dans le grand salon rose du premier étage des Masurettes [Détré Jean-Marc, 2024, Outreau – Le Portel – Equihen-Plage par l’image].

Lorsque Madeleine est âgée de 15 ans, ses parents recherchent un artiste pour réaliser son portrait ainsi que celui de sa soeur Suzanne.
C’est le compositeur Charles Gounod, ami de la famille, qui présente Renoir à la famille Adam. Ayant vendu peu de toiles au cours des dernières années, Renoir accepte l’offre de Monsieur et Madame Adam : il vient passer quelques jours dans leur propriété d’Outreau près de Boulogne-sur-Mer pour réaliser les deux portraits. On sait que Renoir détestait quitter son atelier de la rue Saint-Georges à Paris et qu’il trouvait l’exécution des portraits fastidieuse.
Madeleine Adam relate 45 ans plus tard dans des cahiers manuscrits rédigés à l’attention de sa famille, le séjour du peintre. Les séances de pose ont lieu dans le grand salon rose du château. Cependant, Renoir refuse de peindre dans ce décor hétéroclite d’objets anciens et commence par punaiser au mur un grand drap pour le cacher.
“Il fait une première esquisse à la sanguine [c’est l’oeuvre aujourd’hui présentée à la vente] pour choisir le cadrage et établir la position de ma tête et de mes mains ; satisfait de son travail, il attaque ensuite une nouvelle feuille de papier qu’il travaille avec des pastels, technique que Degas lui avait fait apprécier” (cahier personnel de Madeleine Adam, archives familiales).
Le Portrait au pastel est aujourd’hui conservé dans une collection privée américaine.
Les cahiers évoqués plus haut, rédigés par Madeleine à la fin de sa vie, témoignent de sa prodigieuse mémoire et d’un talent littéraire certain. Elle décrit 45 ans après, précisément, la manière dont se déroule une séance de pose. Si le peintre scrute le modèle, Madeleine, elle, observe ce dernier rigoureusement et le décrit au travail. Elle dresse aussi un portrait physique de Renoir : “Ce qui m’a le plus frappé, c’était ses yeux : des yeux en partie cachés par de gros sourcils broussailleux, marron tirant sur le jaune. Sa vue était perçante, mais toujours avec l’air de rire, d’être joyeux et de percevoir le côté cocasse des choses. Son expression était un mélange d’ironie et de tendresse, de blague et de volupté, bien, qu’il eût aussi l’air d’un grand timide…”.

Hippolyte avait un tempérament d’artiste, musicien passionné, il aimait la peinture et fréquentait les galeries, notamment la Galerie Georges Petit, très en vogue à l’époque. Dans sa collection figuraient des oeuvres de Manet, Degas, Renoir… Hippolyte avait souhaité que sa fille Madeleine soit portraiturée dès l’âge de quatre ans par le peintre Henner. De même, Albert Besnard la représenta au pastel dans sa première robe de bal. En 1899, Madeleine épousa Léon Yeatman. Le couple eut de brillantes relations parmi les artistes dont José Maria Sert, Fritz Thaulow, Jacques-Émile Blanche ou encore Marie Laurencin, les musiciens Fauré et Reynaldo Hahn, les écrivains, Anatole France ou Marcel Proust, ami de jeunesse de Léon [Vente Coutau-Bégarie].

Portrait de Mademoiselle Suzanne Adam, par Auguste Renoir (1841–1919) (61 x 49 cm) - Galerie Hopkins-Thomas-Custot, Paris
Portrait de Mademoiselle Suzanne Adam, par Auguste Renoir (1841–1919) (61 x 49 cm) – Galerie Hopkins-Thomas-Custot, Paris

Eléments notables de la rue

N°1 – Laverie

Depuis le rachat en décembre 2021 par Marie et Jean-Philippe Leclercq, la laverie intègre d’autres services : distributeur automatique de pizzas, puis lockers pour envoi/réception de colis.

N°9 – Ecole élémentaire d’application Jean Jaurès

N°10 – Etablissement d’enseignement supérieur d’Outreau (Espé, ex-Inspé, ex-IUFM)

N°44 – Cabinet médical : Dr Eric Gérard (jusqu’en décembre 2024)

Le Dr Jean Bourguignon y a exercé, puis le Dr Eric Gérard (retraite 31 décembre 2024).

N°89 – Coiffeur

La Perruquière

Tony’Styl (fermé 1 an)

Adel Styl’ Coiffure (Adeline Avisse) depuis 2022… après avoir vu SOS Villages sur TF1 et l’offre de reprise ! (Outreau Mag, juin 2022).

Plan (adresse.data.gouv.fr)

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