Autisme, TDAH, trouble du développement intellectuel, troubles du langage, « dys », trouble de la coordination : ce sont des troubles fréquents, et le généraliste est souvent le premier médecin à pouvoir les repérer. Cette fiche donne la grille officielle de repérage par âge, les outils, les critères de chaque trouble, et surtout quoi faire sans attendre le diagnostic : bilans, plateforme, école, famille.
Les troubles du neurodéveloppement (TND) sont des affections qui débutent pendant la période du développement et dévient la trajectoire habituelle : ils entraînent « des difficultés significatives dans l'acquisition et l'exécution de fonctions spécifiques intellectuelles, motrices, sensorielles, comportementales ou sociales ».1 Leur origine est multifactorielle (génétique, épigénétique, environnementale), et ils sont très souvent associés entre eux.
Communication sociale altérée et comportements, intérêts ou activités restreints et répétitifs.
Voir la section →Inattention et/ou hyperactivité-impulsivité persistantes, inappropriées pour l'âge, dans au moins deux milieux.
Voir la section →Déficit du raisonnement et du fonctionnement adaptatif, débutant pendant le développement. Avant 5 ans : « retard global de développement ».
Voir la section →Trouble du langage oral (ex-dysphasie), trouble des sons de la parole, bégaiement, trouble de la communication sociale.
Voir la section →Lecture (dyslexie), expression écrite (dysorthographie), calcul (dyscalculie), malgré une scolarisation adéquate.
Voir la section →Trouble développemental de la coordination (ex-dyspraxie), mouvements stéréotypés, tics et syndrome de Gilles de la Tourette.
Voir la section →S'y ajoutent les TND « autres, spécifiés » (par exemple après exposition prénatale à l'alcool) ou « non spécifiés ». La HAS rappelle qu'il existe « un continuum entre ces différentes catégories nosographiques, parfois associées entre elles », et que les signes d'appel initiaux sont souvent communs : c'est pourquoi la paralysie cérébrale et les troubles de la vision et de l'audition sont traités dans la même démarche de repérage.1
Il n'existe pas de chiffre national français pour l'ensemble des TND. Aux États-Unis, 17,8 % des enfants de 3 à 17 ans avaient un trouble du développement déclaré par les parents en 2015-2017, TDAH et troubles des apprentissages en tête.2 Par trouble, les estimations convergent :
| Trouble | Prévalence | Source |
|---|---|---|
| TDAH | 5,3 % des enfants et adolescents dans le monde, sans augmentation en trente ans à critères constants ; en France, 3,5 à 5,6 % des 6-12 ans ; deux fois plus de garçons. | Méta-analyses mondiales34 ; enquête française5 ; HAS 20246 |
| Trouble du langage | 7,6 % des enfants de 4-5 ans ont un trouble développemental du langage, 9,9 % un trouble du langage toutes causes confondues : « environ deux enfants par classe de 30 ». | Cohorte anglaise SCALES7 |
| Trouble du développement intellectuel | 10,4 pour 1 000, plus élevé dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et dans les études portant sur des enfants. | Méta-analyse de 52 études8 |
| Trouble du spectre de l'autisme | Médiane mondiale 1 % (de 0,01 à 4,4 % selon les études), 4,2 garçons pour 1 fille, un tiers avec TDI associé. En France, le registre de Haute-Garonne passe de 2,1 ‰ en 2003 à 13,5 ‰ des enfants de 8 ans en 2024 (21,1 ‰ chez les garçons), hausse portée par les formes sans TDI ; âge médian au diagnostic : 4 ans. | Revue systématique9 ; registre français10 |
| Trouble développemental de la coordination | 1,7 % des enfants de 7 ans avec critères stricts ; environ 4,9 % en ajoutant les formes probables (341 enfants sur 6 990, calcul fait sur les effectifs publiés). | Cohorte anglaise ALSPAC11 |
| Troubles spécifiques des apprentissages | Les chiffres dépendent du seuil retenu et de la langue : voir la section 08. | |
| Après une naissance prématurée | À 5 ans et demi, troubles neurodéveloppementaux sévères ou modérés chez 28 % des enfants nés à 24-26 semaines, 19 % à 27-31 semaines, 12 % à 32-34 semaines ; troubles légers chez 38,5 %, 36 % et 34 % respectivement. | Cohorte française EPIPAGE-212 |
Les prévalences mondiales viennent de méta-analyses et dépendent des critères et des méthodes ; les données françaises sont régionales (registre) ou déclaratives (enquête téléphonique). Les hausses observées pour l'autisme tiennent pour une large part à l'élargissement des critères, à la substitution diagnostique et au repérage ; la part d'une augmentation réelle reste discutée (voir la section 17).910
C'est la grille « Repérer un développement inhabituel chez les enfants de moins de 7 ans » de la Délégation interministérielle (annexe de la recommandation HAS 2020), dans sa deuxième édition de janvier 2024, avec son critère d'orientation vers la plateforme de coordination et d'orientation (PCO) ; et, pour les 7-12 ans, le volet médecin du livret de 2022.11415 L'outil ne pose aucun diagnostic : il structure l'examen et prépare l'adressage.
La synthèse reprend les items non acquis, les facteurs de risque et les comportements particuliers cochés : elle se colle dans la rubrique « Signes d'alerte » du formulaire d'adressage à la plateforme, qui demande aussi l'identité de l'enfant et de l'assuré, les bilans prescrits et l'accord du représentant légal.15 Les coordonnées de la plateforme s'affichent dans le générateur ci-dessous, une fois le département choisi.
Tableau du formulaire (cases étroites : quelques mots).
Évaluations et interventions (volet médecin).
Examens et bilans souhaités dans le parcours de la plateforme.
« Je retiens chez cet enfant » : réponses proposées d'après la grille, à vérifier.
Hypothèse(s) :
D'après l'annuaire officiel des plateformes du 2 septembre 2026, tel qu'imprimé.16 Choisir une plateforme remplit les champs ci-dessous, qui restent modifiables.
Formulaires officiels vierges : livret 0-6 ans à remplir (2024) ; pour les 7-12 ans, volet famille et volet enseignant, à donner avant la consultation.1415 Le formulaire « à remplir » du livret 0-6 ans n'a pas de cases pour deux items de la version imprimable (« Utilise le je » à 24 mois, « Peut dialoguer en respectant le tour de parole » à 6 ans) : leurs réponses sont écrites dans le commentaire libre de la page. Le dossier reste à relire, dater, signer et tamponner.
La recommandation HAS de février 2020, portée par la Société française de néonatologie, classe les facteurs périnataux en « haut risque » et « risque modéré », et en déduit qui suit l'enfant et à quel rythme.1 Le facteur de risque se cherche au mieux en période prénatale ou périnatale ; sinon, il se recherche devant tout signe d'appel.
| Haut risque de TND | Risque modéré de TND |
|---|---|
| Grande prématurité < 32 SA (grade B) | Prématurité modérée 32 SA + 0 j à 33 SA + 6 j, ou tardive 34 SA + 0 j à 36 SA + 6 j (grade B) |
| Prématuré < 37 SA avec retard de croissance intra-utérin ou petit poids pour l'âge gestationnel (< 3e percentile ou < −2 DS) (grade B) | Petit poids pour l'âge gestationnel isolé (< 3e percentile ou < −2 DS) (grade B) |
| Encéphalopathie supposée hypoxo-ischémique avec indication d'hypothermie (grade B) | Encéphalopathie supposée hypoxo-ischémique de grade 1 (grade C) |
| AVC artériel périnatal (20e semaine fœtale → 28e jour) (grade B) | Malformation cérébrale ou cérébelleuse de pronostic indéterminé : agénésie isolée du corps calleux, ventriculomégalie > 15 mm, petit cervelet, kyste de la fosse postérieure (grade C) |
| Microcéphalie < −2 DS à la naissance vérifiée (grade C) ; macrocéphalie > +3 DS persistante (AE) | Exposition prénatale à l'alcool significative sans signe de fœtopathie (AE) |
| Antécédent familial de TND sévère au 1er degré (grade C) | Exposition prénatale à une substance psychoactive : psychotropes, substances illicites (grade C) |
| Infection congénitale symptomatique à CMV (grade C) et autres fœtopathies infectieuses (toxoplasmose, Zika, rubéole) | Choc septique avec hémoculture positive (grade C) |
| Méningo-encéphalite bactérienne ou herpétique (grade C) | Méningo-encéphalite à entérovirus (AE) |
| Cardiopathie congénitale complexe opérée : transposition des gros vaisseaux, hypoplasie du ventricule gauche (grade C) | L'environnement peut faire passer un enfant en haut risque (AE) : vulnérabilité socio-économique élevée (sans domicile, pauvreté, parent isolé, faible niveau scolaire parental), vulnérabilité psychoaffective (violences conjugales ou intrafamiliales, maltraitance ou négligence grave, trouble psychiatrique dans la famille). |
| Exposition prénatale à un toxique majeur : valproate (grade B), alcool sévère ou avec signes de fœtopathie (grade B) | |
| Chirurgie majeure, prolongée et répétée : cardiaque, cérébrale, abdominale, thoracique (AE) |
SA : semaines d'aménorrhée ; DS : déviation standard ; AE : accord d'experts. D'après la recommandation HAS 2020.1 La brochure de repérage ajoute à sa liste de haut risque le poids de naissance inférieur à 1 500 g et l'ictère néonatal sévère.15
| Déficit repéré | Intervention précoce à prescrire (en gras : à prioriser) |
|---|---|
| Tonus, motricité, posture | Kinésithérapie, ergothérapie, psychomotricité |
| Oralité alimentaire et verbale | Orthophonie, kinésithérapie, psychomotricité, ergothérapie |
| Communication et langage | Orthophonie, ORL |
| Vision | Orthoptie, ophtalmologie |
| Comportement : anxiété, inhibition, agitation, régulation émotionnelle | Psychomotricité, éducation spécialisée, psychologie ou pédopsychiatrie |
| Coordination isolée (maladresse), motricité fine, graphisme | Ergothérapie, psychomotricité |
| Décalage global des acquisitions (suspicion de TDI) | < 4 ans : orthophonie, psychomotricité ; > 4 ans : idem, plus neuropsychologie si possible |
| Attention et fonctions exécutives | Neuropsychologie, ergothérapie, orthophonie, psychomotricité |
Tableau d'orientation de la HAS 2020, « simultanément ou en attente du diagnostic », à adapter à l'âge et au maillage local.1 En libéral, seules l'orthophonie, l'orthoptie et la kinésithérapie sont remboursées par l'Assurance maladie ; psychomotricité, ergothérapie et psychologie le sont dans le cadre du forfait de la PCO (section 10).1517
« Les tests ne remplacent pas l'expertise clinique. Ils sont utiles pour structurer l'examen clinique. »1 Deux familles : les tests globaux (tout le développement) et les tests spécifiques d'un domaine, à utiliser pour explorer ce que le test global ou la grille a mis en défaut. Aucun ne pose un diagnostic.
| Outil | Domaine | Âge | Qui / durée | Performances rapportées | Accès |
|---|---|---|---|---|---|
| ASQ-3 Ages and Stages Questionnaires | Global | 1 à 66 mois | Parents, 40 items dont 10 questions ouvertes ; 10-15 min, cotation 1-3 min | Se 86 %, Sp 85 %1 | Payant |
| IDE, version brève Inventaire du développement de l'enfant | Global | 15 mois à 6 ans | Parents, 70 items ; 5 min + 5 min | Se 84 %, Sp 92 %1 | Traduit en français |
| PEDS Parents' Evaluation of Developmental Status | Global | 0 à 7 ans 11 mois | Parents, 10 items ; 2 min | Se 75 %, Sp 74 %1 | Traduit en français |
| Denver (DDST), Brunet-Lézine révisé, test simplifié de Gesell | Suivi global du développement | Naissance à 6 ans (Denver) ; 2 à 30 mois (Brunet-Lézine) ; 4 semaines à 5 ans (Gesell) | Professionnel ; 4 domaines (motricité, motricité fine, langage, contact social) | Outils de positionnement par rapport au développement typique, pas des tests de dépistage à proprement parler113 | Denver et Gesell en accès libre (AFPA) ; Brunet-Lézine payant |
| IFDC Inventaires français du développement communicatif | Langage | 12, 18 et 24 mois | Parents ; 25 gestes à 12 mois, 97 mots à 18 mois, 120 mots à 24 mois ; 5-10 min | Repérage en percentiles (10e à 90e) ; pas de Se/Sp publiées dans la reco113 | Libre (ministère, AFPA) |
| ERTL4 Épreuve de repérage des troubles du langage à 4 ans | Langage | 3 ans 9 mois à 4 ans 6 mois | Médecin ; 3 épreuves obligatoires, 2 facultatives ; 5 min | Se 79 %, Sp 83 %1 | Payant (COM-Médic) |
| ERTLA6 Épreuve de repérage des troubles du langage et des apprentissages à 6 ans | Langage et apprentissages | 6 ans (GSM-CP) | Médecin ; 18 épreuves à partir d'une seule image ; 20 min | Se 79 %, Sp 87 %1 | Payant |
| M-CHAT-R/F Modified Checklist for Autism in Toddlers, Revised with Follow-up | TSA | 16 à 30 mois | Parents, 20 items oui/non ; puis entretien de suivi (Follow-up) si score 3-7 | Score 0-2 faible risque ; 3-7 risque moyen → entretien de suivi ; ≥ 8 risque élevé → adressage direct. Ancien M-CHAT (23 items, seuil 3) : Se 71 %, Sp 88 %113 | Libre (mchatscreen.com, version française) |
| Q-CHAT | TSA | 18-24 mois | Parents, 25 items cotés 0-4 | Non chiffrées dans la reco13 | Libre (Autism Research Centre) |
| SCQ Social Communication Questionnaire | TSA | ≥ 4 ans et âge mental > 2 ans | Parents, 40 items, 2 versions (vie entière, comportement actuel) ; court | Se 82 %, Sp 68 %1 | Payant |
| ASSQ Autism Spectrum Screening Questionnaire | TSA sans TDI | Enfants et adolescents | Parents, enseignant ; 27 items en 3 points ; seuil 20 | Non chiffrées dans la reco13 | Libre |
| AQ Autism-spectrum Quotient | TSA sans TDI | 12-15 ans (version adolescent) | Auto-questionnaire, 50 items ; seuil 26 en français | Non chiffrées dans la reco13 | Libre |
| SRS-2 Social Responsiveness Scale | TSA | 2 ans ½ à l'âge adulte | Parents et/ou enseignants ; 65 items ; 15-20 min | Compatible DSM-5 ; traduction en cours de validation lors de la reco13 | Payant |
| CBCL abrégé Child Behavior Checklist | Comportement | 18 mois à 5 ans | Parents, 52 items ; 15 min | Non applicable (profil, pas de seuil unique)1 | Payant |
| SDQ Strengths and Difficulties Questionnaire | Comportement | 3-16 ans | Parents, enseignant ; 25 items | Se 67-75 %, Sp 76-81 %1 | Libre (sdqinfo.org) |
| Profil sensoriel de Dunn (échelle courte) | Profil sensoriel | 3-11 ans | Parents, 38 items ; 15 min | Non applicable1 | Payant |
| BRIEF-P / BRIEF Behavior Rating Inventory of Executive Function | Fonctions exécutives | 2 à 5 ans 11 mois (BRIEF-P, 63 items) ; 5 à 18 ans (BRIEF, 86 items) | Parents, enseignant ; 10-15 min | Mesure la fréquence des difficultés exécutives ; validé en français16 | Payant |
| Échelles de Brown | Fonctions exécutives (TDAH) | 6-18 ans | Enfant, parents, enseignants | Référence DSM-5, validées en français ; cotation payante6 | Payant |
| ADHD-RS | TDAH | Enfants et adolescents | Parents et enseignants ; les 18 critères du DSM | Recense les critères ; ne fait pas le diagnostic6 | Libre |
| SNAP-IV | TDAH + trouble oppositionnel | Enfants et adolescents | Parents et enseignants | Critères TDAH et TOP ; ne fait pas le diagnostic6 | Libre |
| Conners (parents, enseignants) | TDAH | 6-18 ans | Parents, enseignants ; 10 items (index d'hyperactivité) à 5 min dans la version courte | Traduction non validée en français : « les algorithmes de cotation ne semblent pas suffisamment fiables pour être recommandés » ; utile pour le suivi16 | Payant |
| BMT-a / BMT-i Batterie modulable de tests, abrégée / intégrale | Langage écrit, cognition mathématique, langage oral, attention, graphisme | GSM à 5e (BMT-a) ; 4 ans à 13 ans (BMT-i) | Médecin, infirmier scolaire, psychologue ; 10 min (BMT-a) | Validée pour la BMT-i, dont la BMT-a est extraite1 | Payant (Ortho Édition) |
| QTAC / DCDQ-FE Questionnaire sur le trouble de l'acquisition de la coordination | Coordination | 5-15 ans | Parents, 15 questions ; 10-15 min | Non chiffrées dans la reco HAS ; seuils par tranche d'âge dans le manuel1 | Libre (dcdq.ca, version française) |
Tableau construit d'après l'annexe 2 de la recommandation HAS 2020 sur les TND, les annexes 2 et 3 de la recommandation HAS 2018 sur le TSA et le chapitre « outils » de la recommandation HAS 2024 sur le TDAH ; les sensibilités et spécificités sont celles qu'y rapporte la HAS, non recalculées.1613 Les items des questionnaires soumis à droits (SCQ, Conners, BRIEF, ASQ) ne sont pas reproduits ici.
Un enfant sur cent environ, diagnostiqué vers 4 ans dans le registre de Haute-Garonne. Le médecin de l'enfant le voit dans les 3 semaines, prescrit les premiers bilans, adresse en deuxième ligne et fait démarrer les interventions sans attendre le diagnostic.9101318
Avec un TDI, on ne retient un TSA que si la communication sociale est plus altérée que le niveau de développement général. Sans critère B, il s'agit d'un trouble de la communication sociale (pragmatique), qui exclut le TSA.13
À surveiller dès la fin de la première année : fratrie, prématurés, exposition prénatale à un antiépileptique ou à l'alcool, anomalie génétique connue (section 02).13
Un questionnaire positif signale un risque, pas un diagnostic. La HAS ne recommande pas de dépistage de toute la population ; l'Académie américaine de pédiatrie le recommande à 18 et 24 mois.1329 La loi prévoit un examen de repérage des TND à 9 mois et dans l'année qui suit le 6e anniversaire.30
Risque confirmé : adresser sans attendre en deuxième ligne (CMP, CAMSP, CMPP, pédiatrie, libéraux coordonnés, plateforme : section 10) et lancer en parallèle bilans et interventions, dans les 3 mois. Doute : revoir dans le mois ; second avis demandé : donner ses observations par écrit. Le centre de ressources autisme (CRA) est réservé aux cas complexes.13
Orthophonie et kinésithérapie sont remboursées ; psychomotricité, ergothérapie et psychologie passent par le forfait de la plateforme.34 Un diagnostic provisoire de TND permet d'ouvrir les droits MDPH et ALD, démarches du médecin traitant.13
Aucun médicament ne traite l'autisme : mélatonine pour un trouble chronique du sommeil, en complément des mesures comportementales ; psychotropes exceptionnels initiés par un spécialiste (section 12).18
Estimations de méta-analyses, études très hétérogènes. Voir la section 13.
Détail en section 14.
Risque confirmé : adresser sans attendre, prescrire audition, vision, orthophonie et crèche.13 Doute : revoir dans le mois.13
Guidance parentale dès la suspicion, méthodes non recommandées écartées.18
Rester référent : sommeil, épilepsie, douleur, MDPH, ALD, génétique.1318
Environ un enfant sur vingt ; le symptôme central est l'inattention, pas l'agitation. Le généraliste repère, élimine ce qui l'imite, lance guidance parentale et aménagements scolaires sans attendre, puis adresse au médecin spécialisé du TDAH.6
Diagnostic clinique (DSM-5-TR ou CIM-11) : aucun examen ni biomarqueur ne le confirme.6
| A1 — Inattention : souvent… | A2 — Hyperactivité-impulsivité : souvent… |
|---|---|
| néglige les détails, fautes d'étourderie | remue mains ou pieds, se tortille |
| peine à soutenir son attention | se lève quand il devrait rester assis |
| semble ne pas écouter quand on lui parle | court, grimpe à contretemps (adolescent : agitation ressentie) |
| ne termine pas devoirs et tâches | peine à jouer calmement |
| s'organise mal (étapes, affaires, temps) | « monté sur ressorts » |
| évite l'effort mental soutenu | parle trop |
| perd ses affaires | répond avant la fin de la question |
| se laisse distraire | peine à attendre son tour |
| oublie dans la vie quotidienne | interrompt, s'impose |
D'après l'annexe 3 de la HAS 2024.6
Aucun signe n'est spécifique : on évoque un TDAH devant plusieurs plaintes durables, dans plusieurs milieux.40 Grille par âge : section 01.
Aucune échelle ne fait le diagnostic. Aucune échelle gratuite n'est validée en population française.640 Tableau général : section 03.
Niveau 1 (généraliste, pédiatre, médecin scolaire) : repérage, premières mesures. Niveau 2 : médecin « spécialisé » du TDAH (pédopsychiatre, psychiatre, pédiatre, neuropédiatre, neurologue, ou médecin formé), en ville, CMP, CMPP ou CAMSP : diagnostic en plusieurs consultations, dont une en présentiel. Niveau 3 : centres experts des CHU.6
Le généraliste : poids, taille, IMC, périmètre crânien ; pression artérielle et pouls de référence ; vision, audition, examen neurologique, peau (taches café-au-lait, traces de coups), puberté ; sommeil, écrans, consommations ; questionnaire, bulletins et cahiers de l'école.640
Sur point d'appel seulement ; diagnostic et interventions n'attendent pas ces bilans.6 En libéral, orthophoniste, orthoptiste et kinésithérapeute sont remboursés ; psychomotricien, ergothérapeute et psychologue ne le sont pas, sauf forfait PCO ou aide de la MDPH.17
Médicaments. Méthylphénidate à libération prolongée en première intention (grade A), dès 6 ans si le non médicamenteux ne suffit pas, rapidement après la psychoéducation dans les formes sévères ; avant 6 ans, hors AMM, par une équipe de niveau 2.6 Premier choix à court terme chez l'enfant et l'adolescent51 ; il ne favorise pas l'abus de substances (31 % de moins sous traitement).52 Ensuite : lisdexamfétamine (Xurta®)53, atomoxétine en accès compassionnel, clonidine hors AMM.6 Primo-prescription et renouvellement annuel : psychiatre, pédiatre ou neurologue, en ville comme à l'hôpital depuis le 13 septembre 2021 ; renouvellements mensuels par tout médecin, qui peut adapter la dose ; taille, poids et appétit tous les 3 mois, pression artérielle et pouls au moins tous les 6 mois.6 Détails : section 12.
Un raisonnement et une autonomie nettement en deçà de l'âge, installés dès l'enfance. Avant 5 ans on parle de retard global de développement, et l'on n'attend ni le diagnostic ni la cause pour rééduquer.
Plus la forme est sévère, plus les signes sont précoces ; une forme légère peut passer inaperçue jusqu'à l'école.61 Repères par âge : section 01.
Aucun questionnaire n'est propre au TDI : jugement clinique et outils de développement global.61 Tableau complet : section 03.
Le médecin traitant objective le retard, vérifie audition et vision, examine, prescrit, adresse à la plateforme (section 10).1 Le diagnostic revient à un pédiatre, neuropédiatre ou généticien formé au neurodéveloppement, sur les évaluations des psychologues et rééducateurs.58
Après 4 ans, ajouter si possible la neuropsychologie.1 Orthophonie, orthoptie et kinésithérapie sont remboursées par l'Assurance maladie ; psychologue, psychomotricien et ergothérapeute libéraux ne le sont pas, sauf par le forfait de la plateforme (barème : section 10).34
Devant un retard dans plusieurs domaines : grille remplie, audition et vision vérifiées, périmètre crânien mesuré, examen morphologique et neurologique, puis orthophonie et psychomotricité prescrites sans attendre.11315 Adresser à la plateforme et, pour la cause, en génétique : ACPA et X fragile en première intention, exome ou génome selon le généticien.6169 Avant 5 ans, parler de retard global de développement et réévaluer ; ne jamais suspendre la rééducation au diagnostic ou à la cause.158 Ensuite, rester le médecin du corps : dents, oreilles, yeux, poids, sommeil, épilepsie, et une douleur cherchée d'abord devant tout changement de comportement.6172
Trouble développemental du langage, trouble des sons de la parole, trouble de la communication sociale, bégaiement : environ deux enfants par classe ont un trouble du langage à l'entrée à l'école. La règle : vérifier l'audition d'emblée, et ne jamais rassurer sans revoir l'enfant.
Définition. Le trouble développemental du langage (TDL), ce qu'on appelait dysphasie, désigne des difficultés de compréhension et/ou d'expression qui gênent la vie quotidienne, persistantes ou probablement persistantes, sans cause médicale connue ; sinon, on parle de « trouble du langage associé à » une surdité, un syndrome génétique, une déficience intellectuelle.75 Le consensus international CATALISE n'exige plus d'écart entre le langage et le quotient intellectuel (QI) non verbal, et admet la coexistence avec un autre trouble du neurodéveloppement (TND).775
Retard ou trouble ? À 24 mois, 13 % des enfants ont un langage en retard au questionnaire parental.77 Beaucoup de ces « parleurs tardifs » rattrapent sans aide, sans qu'on sache prédire lesquels : parmi les enfants au vocabulaire sous le 10e percentile à 2 ans, 44 % ont encore des difficultés à 3 ans, 40 % à 4 ans.7881 Ceux qui rattrapent restent en moyenne un peu en dessous de leurs pairs jusqu'à l'adolescence.82 Persistance plus probable si la compréhension est faible, les gestes rares, ou s'il existe des antécédents familiaux.78
Signes majeurs : examen, audition et bilan orthophonique sans attendre.
Signes d'appel : compétence absente à l'âge où au moins 90 % des enfants l'ont acquise.15
Chercher autre chose devant une régression, un examen neurologique anormal, un décalage global ou une communication non verbale pauvre (voir plus bas). Vigilance accrue en cas d'antécédents familiaux ou de prématurité.1317
Un test de repérage ne remplace pas l'examen clinique et ne pose pas de diagnostic.1 Tableau complet, accès et autres batteries : section 03.
Avant 3 ans, l'évolution est imprévisible : hors signes majeurs, on revoit l'enfant 6 mois plus tard.7578 Entre 4 et 5 ans, le langage change encore beaucoup, même sans rééducation : 37 % des enfants de 4 ans avec un trouble du langage n'en avaient plus à 5 ans ½ ; savoir raconter une histoire en images prédisait le mieux l'évolution.7883 Un trouble encore présent à 5 ans persiste le plus souvent : le diagnostic de TDL peut alors être retenu.75 La rééducation, elle, n'attend pas le diagnostic.17
Qui. Premier niveau : le médecin de l'enfant avec l'orthophoniste. Deuxième et troisième niveaux (équipe pluridisciplinaire, centres de référence des troubles du langage et des apprentissages, CRTLA) : situations complexes ou sans progrès, voir section 10.17
Les deux en même temps : le doute sur l'audition s'élimine d'emblée, sans attendre le résultat du bilan orthophonique.1317
Les interventions menées par les parents formés par un professionnel améliorent compréhension et expression de 18 mois à 5 ans (méta-analyse de 18 études).84 Sans signe de gravité, guidance parentale et suivi à 6 mois par le médecin suffisent d'abord.17
Dès la petite section, après contrôle de l'audition, l'enfant en décalage relève d'activités de stimulation intensives, l'adulte s'adressant directement à lui.17 Le langage oral, puis la conscience phonologique en grande section, préparent la lecture.17 Avec l'accord des parents, l'enseignant est informé des difficultés et des adaptations possibles.17 PAP, PPS et MDPH : section 11.
Répétitions de sons ou de syllabes, prolongations, blocages, mots interrompus, tension visible, inadaptés à l'âge, avec anxiété de parler ou gêne à communiquer.59 À 4 ans, 11 % des enfants ont commencé à bégayer ; 6 % seulement guérissent dans l'année.88 À plus long terme, environ trois sur quatre guérissent spontanément, dans les 4 ans suivant le début.8990 Héritabilité estimée de 70 % à plus de 80 %.91
Le bilan orthophonique se prescrit dès l'inquiétude.17 La recommandation allemande propose d'observer 6 à 12 mois l'enfant de 3 à 6 ans avant de traiter, mais de traiter sans attendre en cas de facteurs de risque de persistance, de blocages avec effort ou perte de contrôle, et de souffrance avec évitements ; elle constate des traitements souvent retardés sans nécessité.91
Un enfant qui peine à lire n'est pas forcément dyslexique : sauf difficulté d'emblée sévère, la HAS demande d'abord 3 à 6 mois de pédagogie différenciée ; ce qui résiste relève d'une évaluation médicale.17 Le trouble se mesure, se rééduque tôt et se compense à l'école. La dysgraphie est traitée en section 09.
Outil étalonné, aux limites connues ; dépister n'est pas diagnostiquer.17 Tableau général : section 03.
Niveau 1 : médecin de l'enfant et orthophoniste, qui pose le diagnostic orthophonique ; niveau 2 : équipe pluridisciplinaire si comorbidités, doute ou échec ; niveau 3 : une quarantaine de centres de référence (CRTLA) dans les CHU.17 Voir section 10.
Libellés HAS ; le troisième si l'oral est en cause.17
Le trouble développemental de la coordination (TDC, ce qu'on appelait dyspraxie) concerne environ 5 % des enfants d'âge scolaire et reste méconnu ;109 son diagnostic exige d'avoir écarté une cause neurologique, visuelle ou musculaire. Les tics, eux, sont fréquents et le plus souvent transitoires : on informe, on observe, et on ne traite que la gêne.
Un simple retard se rattrape, le TDC persiste ; les grandes étapes sont souvent acquises à temps.59110 Un QI bas n'exclut pas le diagnostic ; une déficience intellectuelle sévère, si.109110
Sauf gêne sévère, adaptation pédagogique d'abord ; bilan si la gêne persiste.17
Tableau général des outils : section 03.
Diagnostic : un médecin formé (généraliste compris) et un psychomotricien ou ergothérapeute au minimum. Niveau 2 si échec de la rééducation ou troubles associés ; niveau 3 si diagnostic non posé et échec.17110 Parcours : section 10.
Aucun médicament pour le TDC ; en cas de TDAH associé, le méthylphénidate peut améliorer l'écriture, mais la moitié des enfants gardent besoin de rééducation.109 Voir section 12.
Vue d'ensemble : les troubles associés.
Voir aussi section 14.
Devant un enfant maladroit, examinez d'abord : asymétrie, tonus, faiblesse, signe de Gowers, perte d'acquis, vision ; au moindre doute, CPK et neuropédiatre. Faites remplir le DCDQ-FE (LDCDQ-FE avant 6 ans) et prescrivez un bilan psychomoteur ou ergothérapique si la gêne persiste malgré l'aide pédagogique, d'emblée si elle est sévère. Le TDC se diagnostique à partir de 5 ans sur un test normé (M-ABC-2 ≤ 16e percentile) ; cherchez un TDAH et un trouble du langage. La rééducation entraîne les gestes utiles ; l'école compense. Pour les tics : expliquer, rassurer, ne traiter que la gêne, adresser si elle est importante.
Le système français est organisé en trois « lignes » : le médecin de l'enfant repère et prescrit les premiers bilans ; une équipe de proximité diagnostique et coordonne ; un centre de référence tranche les situations complexes. Depuis 2019, les plateformes de coordination et d'orientation (PCO) financent la première étape.11317
| Ligne | Qui | Rôle |
|---|---|---|
| 1re ligne | Médecin de l'enfant (généraliste, pédiatre), PMI, médecin et infirmier scolaires, rééducateurs libéraux, psychologues | Repérage aux examens obligatoires et consultation dédiée ; examen clinique complet ; audition et vision ; prescription des premiers bilans (« bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire », bilan psychomoteur ou ergothérapique) ; adressage PCO ou 2e ligne ; démarches MDPH et ALD ; lien avec l'école ; suivi médical général.11317 |
| 2e ligne | Équipes pluridisciplinaires de proximité : CAMSP (0-6 ans), CMP, CMPP, services de pédiatrie et de pédopsychiatrie, réseaux de suivi, médecins « spécialisés » du TND et libéraux coordonnés par un médecin | Diagnostic de TND puis diagnostic précis (TSA, TDAH, dys…), évaluation du fonctionnement, projet de soins coordonné, projet de scolarisation, synthèse médicale, suivi et réévaluation. « Toute structure de 2e ligne peut réaliser des diagnostics de TND puis de TSA dès lors qu'elle a les compétences requises. »61317 |
| 3e ligne | Centres de ressources autisme (CRA), centres de référence des troubles du langage et des apprentissages (CRTLA), centres experts TDAH des CHU, génétique médicale | Situations complexes : diagnostic différentiel difficile, troubles associés multiples, tableau atypique ou repéré tard, désaccord diagnostique, absence de progression ; examens de 3e ligne (EEG, IRM, génétique, métabolique) ; formation et recherche.61317 |
« Il est recommandé de ne pas attendre un diagnostic précis pour faire une demande d'aménagement scolaire, si l'évaluation de l'enfant met au jour la nécessité d'une telle demande. »1 Les aménagements pédagogiques « sont toujours nécessaires pour permettre à l'élève de poursuivre les acquisitions », quels que soient les soins prescrits.17
| Plan | Pour qui | Qui décide | Ce qu'il permet |
|---|---|---|---|
| PPRE programme personnalisé de réussite éducative | Élève en difficulté, sans diagnostic | Directeur ou chef d'établissement, à l'initiative de l'équipe pédagogique, présenté à la famille | Actions concrètes et ponctuelles (quelques semaines) pour une compétence ciblée ; rapide à mettre en œuvre, sans attendre le diagnostic ni le PAP. Il doit rattraper « de simples retards d'apprentissage, non pathologiques ».617 |
| PAP plan d'accompagnement personnalisé | Élève avec trouble des apprentissages ou du neurodéveloppement, sans reconnaissance de handicap, difficultés durables | Équipe pédagogique avec la famille ; avis préalable obligatoire d'un médecin, en priorité le médecin scolaire, qui décrit les points d'appui et le retentissement des troubles | Adaptations exclusivement pédagogiques et usage du matériel informatique (de l'école ou personnel) ; document normalisé national (circulaire n° 2015-016).617 |
| PPS projet personnalisé de scolarisation | Élève dont le handicap est reconnu par la MDPH | Équipe pluridisciplinaire de la MDPH, décision de la CDAPH, suivi par l'enseignant référent et l'équipe de suivi de scolarisation | Compensation : aménagements, matériel pédagogique adapté, AESH, orientation (ULIS, IME, SESSAD), AEEH. « S'il y a une reconnaissance de handicap par la MDPH, le PAP sera remplacé par le PPS. »617 |
| PAI projet d'accueil individualisé | Élève qui doit prendre un médicament sur le temps scolaire ou a des besoins de santé spécifiques | Directeur, à la demande de la famille, avec le médecin scolaire sur ordonnance du médecin traitant | Administration du traitement (par exemple méthylphénidate à midi), conduite à tenir ; voir la fiche PAI.6 |
Le livret de parcours inclusif (LPI) rassemble ces plans. La mise en place d'un PAP ou d'un PPS ne dépend pas d'un PPRE préalable.17
Pour le PAP, la HAS donne l'exemple de ce qu'attend l'équipe enseignante : les points d'appui (« bonne compréhension orale, lecture fluide… ») et le retentissement fonctionnel (« difficulté importante à se concentrer, à maintenir son attention dans la durée, à faire deux choses à la fois, à s'organiser ; impulsivité pénalisante, erreurs d'étourderie, difficulté à attendre son tour, à initier et terminer une activité »), pas le diagnostic lui-même.6 Même logique pour les troubles dys : décrire ce que l'enfant ne peut pas faire sans aide (déchiffrer vite, copier, écrire lisiblement, poser une opération), pour que l'enseignant évite la « double tâche » et choisisse les adaptations.17
Aucun médicament ne guérit un trouble du neurodéveloppement. Trois situations seulement relèvent d'un traitement : les symptômes du TDAH, l'insomnie, et certains comportements ou tics sévères. Dans les trois cas, le médicament s'ajoute aux mesures éducatives et rééducatives, il ne les remplace pas : pour le TDAH, il est « systématiquement associé à des mesures non médicamenteuses ».6
| Spécialité | Dosages | Durée d'action | Part à libération immédiate | À savoir |
|---|---|---|---|---|
| Ritaline® 10 mg | Comprimé sécable 10 mg | 2 à 4 h | 100 % | Libération immédiate ; complément de fin de journée |
| Ritaline® LP et génériques (Arrow LP) | Gélules 10, 20, 30, 40 mg | ≈ 8 h | 50 % | Gélule ouvrable, une prise le matin |
| Medikinet® | Gélules 5, 10, 20, 30, 40 mg | ≈ 8 h | 50 % | Pendant ou après le repas |
| Quasym® LP | Gélules 10, 20, 30 mg | ≈ 8 h | 30 % | Peut se prendre à jeun |
| Concerta® LP et génériques (Viatris, Biogaran, EG LP) | Comprimés 18, 36, 54 mg | ≈ 12 h | 22 % | Avaler entier, ne pas couper ni croquer |
D'après le tableau 4 de la HAS 2024 et la liste des spécialités commercialisées de la base publique des médicaments (consultée le 3 octobre 2026).6131 Les gélules à libération prolongée peuvent être ouvertes et leur contenu avalé sans être croqué ; les comprimés à libération prolongée ne se croquent pas.6
À recopier sur l'ordonnance sécurisée, avec le nom et l'adresse de la pharmacie choisie par la famille. Le médecin qui renouvelle peut adapter la posologie dans les limites fixées par le spécialiste.6
La HAS décrit « un continuum » entre les TND, « parfois associés entre eux », et des troubles moteurs ou sensoriels qui s'y ajoutent.1 En pratique, le trouble associé change souvent plus la vie de l'enfant que le trouble principal : une épilepsie, une constipation douloureuse, une insomnie ou une dépression méconnues aggravent tout le reste. Leur recherche fait partie du « diagnostic fonctionnel ».13
| Association | Ce que disent les études |
|---|---|
| TSA et TDAH | Une revue de 2010 rapportait que 30 à 80 % des enfants autistes remplissent aussi les critères du TDAH, et 20 à 50 % des enfants avec TDAH ceux du TSA : des chiffres très dispersés, selon les échantillons et les critères des études.139 En les mettant en commun, une méta-analyse de 2019 retient un TDAH chez 28 % des personnes autistes : c'est le chiffre à garder.38 Le DSM-5 autorise désormais le double diagnostic.6 |
| TSA et TDI | Un tiers des personnes autistes (médiane 33 %) a un TDI associé ; la part des formes sans TDI augmente dans les diagnostics récents.910 |
| TDC et TDAH | Dans une cohorte suédoise d'enfants de 7 ans, environ la moitié des enfants avec TDC avaient des symptômes de TDAH modérés à sévères.140 |
| Dyslexie et TDAH | Les enfants dyslexiques remplissent plus souvent les critères du TDAH, surtout pour l'inattention, aussi bien selon les parents que selon les enseignants : ce n'est pas qu'une réaction à l'échec scolaire.107 |
| Trouble du langage oral et langage écrit | Un trouble du langage oral persistant est le premier facteur de risque de dyslexie : le guide HAS recommande la rééducation du langage écrit dès le début du CP en cas d'antécédent de trouble du langage oral.17 |
| Tics et TDAH | Les personnes avec un syndrome de Gilles de la Tourette ont souvent aussi un TDAH ; les tics font partie des comorbidités à rechercher dans tout TDAH.6121 |
Conséquence pratique : un diagnostic posé n'arrête pas la recherche. Un enfant dyslexique qui ne progresse pas malgré une rééducation bien conduite, un enfant TDAH qui reste maladroit sous traitement, un enfant autiste qui s'agite : chercher le trouble associé, et réévaluer.617
À 5 ans et demi, dans la cohorte française EPIPAGE-2, les troubles neurodéveloppementaux sévères ou modérés touchent 28 % des enfants nés à 24-26 semaines, 19 % à 27-31 semaines et 12 % à 32-34 semaines, et des troubles légers 38,5 %, 36 % et 34 % d'entre eux ; le comportement est la première inquiétude des parents. La moitié des enfants nés avant 27 semaines a reçu au moins une intervention de développement, un quart de ceux nés à 32-34 semaines.12 D'où le suivi organisé jusqu'à 7 ans et le raisonnement en âge corrigé jusqu'à 2 ans (section 02).1
Un TND est un diagnostic clinique : aucun examen ne le confirme, et plusieurs affections somatiques, sensorielles ou psychosociales en reproduisent les signes ou s'y ajoutent. La HAS demande de les chercher systématiquement, et de les réévaluer une fois les symptômes améliorés, car « la plupart des troubles comorbides peuvent également être des diagnostics différentiels ».613 Trois questions, dans l'ordre : l'enfant entend-il et voit-il ? Que se passe-t-il dans sa vie et dans son sommeil ? Y a-t-il un signe neurologique ou génétique ?
| À chercher | Ce qu'il imite ou aggrave | Comment |
|---|---|---|
| Audition | Retard de langage, « enfant qui n'écoute pas », inattention ; associée à des troubles du comportement ou relationnels, une surdité peut ressembler à un TSA.1317 | Vérification systématique à chaque bilan ; examen ORL avec audiométrie adaptée à l'âge devant tout trouble du langage ou de la communication, avant le bilan orthophonique.1317 |
| Vision et fonction visuelle | Lenteur de lecture, maladresse, difficultés graphiques et d'organisation spatiale, inattention. Les troubles neurovisuels (perception, oculomotricité) imitent une dys ou un TDC.617 | Dépistage visuel systématique ; ophtalmologue, puis bilan orthoptique (optomoteur, sensoriel, neurovisuel) si signes d'appel ou avant de conclure à un trouble des apprentissages.17 |
| Sommeil | Un sommeil non réparateur « peut se traduire par des symptômes d'hyperactivité, d'irritabilité, de difficultés d'attention » ; la somnolence diurne de l'enfant s'exprime souvent par de l'agitation.6 | Agenda de sommeil ; ronflement, pauses, sueurs nocturnes, respiration buccale → syndrome d'apnées obstructives (ORL, hypertrophie adéno-amygdalienne) ; impatiences des jambes le soir → syndrome des jambes sans repos, chercher une carence martiale ; retard de phase de l'adolescent.6 |
| Épilepsie | Absences (suspension brève et brutale de la conscience) prises pour de l'inattention ; régression du langage (syndrome de Landau-Kleffner).613 | Interrogatoire ciblé ; EEG sur signe d'appel, pas en systématique (prescription de deuxième ou troisième ligne).13 |
| Endocrinien et métabolique | Hypo- ou hyperthyroïdie, diabète, hyperplasie congénitale des surrénales (TDAH) ; hypothyroïdie et phénylcétonurie non dépistées dans le pays de naissance (TDI).6 | Vérifier que les dépistages néonataux ont eu lieu, en particulier chez l'enfant né dans un pays où ils n'existent pas ; TSH sur point d'appel. |
| Toxiques | Plomb et mercure : diagnostics différentiels du TDAH. Alcool in utero : le syndrome d'alcoolisation fœtale est « souvent associé au TDAH » et compte parmi les TND spécifiés.16 | Plombémie devant un facteur d'exposition (habitat ancien dégradé, autres facteurs : voir la fiche saturnisme) ; anamnèse prénatale sans jugement. |
| Médicaments | Corticoïdes chez l'enfant ; valproate pendant la grossesse (facteur de haut risque de TND).16 | Ordonnances de l'enfant et de la grossesse. |
| Maladie génétique | Beaucoup de TND sont le symptôme d'un syndrome : X fragile, délétion 22q11, Prader-Willi, Angelman, Williams-Beuren, neurofibromatose de type 1, sclérose tubéreuse, trisomie 21.613 | Courbes de croissance et de périmètre crânien ; particularités morphologiques du visage, de la peau, des extrémités, des organes ; consultation de génétique systématiquement proposée dans le TSA avec TDI, dysmorphie ou tout signe évocateur, et pour tout conseil génétique familial.13 |
| Maladie neuromusculaire ou neurodégénérative | Une « maladresse » qui est une faiblesse : signe de Gowers (se relève du sol en prenant appui sur ses cuisses), difficulté à monter les escaliers, marche sur la pointe des pieds, chutes (dystrophie musculaire de Duchenne) ; ataxie ; paralysie cérébrale a minima.1111 | Examen neurologique complet ; le trouble de la coordination ne se diagnostique qu'après exclusion d'une affection neurologique (critère D du DSM-5). Dosage de la créatine kinase devant ces signes chez un garçon.59111 |
Les familles arrivent avec des explications glanées partout, souvent culpabilisantes. Les corriger sans les juger est une partie du soin.
Pour les parents qui viennent d'entendre « trouble du neurodéveloppement ». À imprimer avec le bouton ci-dessous.
Ce que veut dire « trouble du neurodéveloppement ». Le cerveau de votre enfant se développe d'une façon un peu différente, depuis le début. Ce n'est pas une maladie qu'on attrape, ce n'est pas la faute de l'éducation, ni la vôtre. Cela touche une ou plusieurs choses : parler, bouger, faire attention, apprendre à lire ou à compter, être avec les autres.
On n'attend pas d'avoir un nom pour aider. Dès qu'un retard est repéré, on peut commencer les rééducations (orthophoniste, psychomotricien, kinésithérapeute, ergothérapeute), proposer la crèche ou l'école, et des conseils pour la maison. Les bilans se font en parallèle.
La plateforme (PCO). Votre médecin peut adresser votre enfant à la plateforme de coordination et d'orientation du département. Elle organise les bilans et les séances, et paie le psychologue, le psychomotricien et l'ergothérapeute : vous n'avancez rien, pendant un an, renouvelable une fois.
L'école. Prévenez l'enseignant et le médecin scolaire. Des aides existent sans attendre le diagnostic : un soutien pour quelques semaines (PPRE), un plan d'aménagements (PAP), et si besoin un dossier à la MDPH pour une aide humaine (AESH), du matériel, ou l'allocation pour enfant handicapé (AEEH).
À la maison. Des horaires réguliers, un vrai sommeil, peu d'écrans le soir, des consignes courtes et une à la fois, beaucoup de félicitations pour les efforts. Des programmes pour les parents existent : demandez-les, ce n'est pas un jugement sur vous.
Méfiez-vous des promesses. Régimes, compléments, lunettes colorées, méthodes miracles : aucune n'a fait ses preuves, et certaines coûtent cher. Parlez-en à votre médecin avant.
Revenez vite si : votre enfant perd quelque chose qu'il savait faire (mots, jeux, marche) ; il a des absences, des mouvements bizarres ou une crise ; il ne dort plus ; il est très triste, dit qu'il veut mourir, ou se fait harceler.
Sans attendre le rendez-vous. Danger immédiat ou crise que vous ne pouvez pas calmer : le 15. Votre enfant parle de mourir, ou vous êtes vous-même à bout : le 3114, gratuit, jour et nuit. Un enfant maltraité ou en danger, ou un doute : le 119, gratuit, jour et nuit, invisible sur les factures.
Pour vous aussi. C'est fatigant. Les associations de familles, les psychologues de la PMI ou de la plateforme, les solutions de répit existent. Vous avez le droit de demander un deuxième avis.
Mémo rédigé d'après les recommandations HAS 2018, 2020, 2024 et 2026 et la brochure officielle de repérage.16131518 Numéros d'aide vérifiés le 3 octobre 2026.145148
Un siècle pour passer de « l'enfant arriéré » ou « mal élevé » à des troubles du développement du cerveau, et quelques décennies pour que la France se range aux interventions qui ont fait leurs preuves.
Une question d'« en savoir plus », qui ne change rien à la conduite à tenir mais beaucoup au discours tenu aux familles. Les réponses ci-dessous sont des hypothèses, d'inégale solidité.