Pb
Saturnisme Mémo pratique · Médecine générale
Réf. HCSP 2017 / WHO 2021 · DO Plombémie ≥ 50 µg/L (enfant)
Fiche réalisée avec Claude par le Dr Michaël Rochoy (62 — Outreau).
Dernière version : rochoy.fr/fiches/saturnisme.html
Première version : 2026-06-16Dernière révision : 2026-06-27
Sous-diagnostiqué · symptômes peu spécifiques

Ne pas passer à côté
du saturnisme
chez l'enfant.

Le saturnisme infantile reste un problème de santé publique en France. Le médecin généraliste est le premier acteur du repérage : ce mémo synthétise en un seul document les indications de plombémie, la conduite à tenir, la procédure de déclaration obligatoire et les recommandations françaises et internationales.

50µg/L Seuil définissant le saturnisme infantile en France HCSP, arrêté du 8 juin 2015
25µg/L Seuil de vigilance — surveillance et prévention renforcée HCSP 2014
~500 Nouveaux cas de saturnisme infantile déclarés par an en France (avant Covid) SPF, Bilan 2015-2018
100% Plombémie de dépistage et suivi remboursés (enfant 0-18 ans, femme enceinte) Arrêté du 18 janvier 2005
Repérage & dépistage
01

Une échelle de plombémie, quatre conduites.

L'interprétation est strictement chiffrée. Le seuil de 50 µg/L déclenche la déclaration obligatoire et l'enquête environnementale par l'ARS ; à 250 µg/L, un avis pédiatrique hospitalier rapide est requis. Conversion d'unités : la France utilise µg/L, la littérature anglo-saxonne utilise µg/dL — 1 µg/dL = 10 µg/L (donc 5 µg/dL = 50 µg/L).

Vigilance
Saturnisme · DO
Avis pédiatrique
Hospitalisation · chélation
Plombémie usuelle
< 25 µg/L
Pas d'action spécifique. Maintenir les conseils hygiéno-diététiques si exposition possible.
Vigilance
25 – 49 µg/L
Identifier et réduire la source. Plombémie de contrôle à 3-6 mois. Surveillance neurodéveloppementale.
Saturnisme · DO
50 – 249 µg/L
Déclaration obligatoire à l'ARS (Cerfa 12378). Enquête environnementale. Contrôle à 3 mois.
Avis pédiatrique
≥ 250 µg/L
Bilan en service de pédiatrie dans le mois. Discussion d'une chélation au-delà de 450 µg/L.
02

Quand y penser ?

Le saturnisme infantile est le plus souvent asymptomatique : c'est l'identification d'un facteur de risque qui doit déclencher la plombémie, pas l'attente de signes cliniques. Quelques tableaux cliniques sont toutefois évocateurs.

Tableaux à explorer

Avec contexte d'exposition possible
  • Troubles cognitifs — difficultés d'apprentissage, baisse des performances scolaires, retard de langage.
  • Troubles du comportement — troubles attentionnels, hyperactivité, pica (ingestion de substances non alimentaires).
  • Troubles neurologiques — troubles de la motricité fine, retard psychomoteur.
  • Anémie microcytaire résistante à la supplémentation martiale bien conduite.
  • Découverte fortuite radiologique — bandes denses métaphysaires sur radiographies des os longs, fragments radio-opaques digestifs.
À noter — recommandation HCSP Les douleurs abdominales isolées ne sont pas une indication au dosage de la plombémie chez l'enfant : trop fréquentes en population générale, trop aspécifiques. À ne prescrire que dans un contexte de risque environnemental avéré.

Urgences

Plombémie en urgence indiquée
  • Convulsions avec signes d'hypertension intracrânienne — encéphalopathie saturnine, urgence vitale.
  • Anémie sévère avec contexte d'exposition documenté.
  • Ingestion massive avérée de matériaux contenant du plomb (peintures, plombs de pêche, batteries).
  • Coliques abdominales intenses avec contexte d'exposition professionnelle parentale ou environnementale fortement évocatrice.
Encéphalopathie saturnine Tableau exceptionnel mais grave : convulsions, vomissements, troubles de conscience. Adresser en urgence en service de pédiatrie ; pronostic vital et neurologique engagé. Survient typiquement à plombémie > 1000-1500 µg/L. L'œdème cérébral est plus fréquent chez l'enfant que chez l'adulte.
Plombémie
Effets attendus chez l'enfant — synthèse dose-dépendante
< 35 µg/L
Plombémie usuelle de la population française. Aucune plombémie n'est aujourd'hui considérée comme « sûre » : des déficits cognitifs subcliniques sont décrits dès les valeurs basses.
50 – 200 µg/L
Le plus souvent asymptomatique. Possibles : irritabilité, fatigue légère, myalgies, gêne abdominale occasionnelle. Effets sur la néphrotoxicité subclinique et la vitamine D dès > 300 µg/L.
200 – 700 µg/L
Apparition des symptômes : douleur abdominale diffuse, vomissements, constipation, perte d'appétit. Troubles de la concentration, céphalées, tremblements. Anémie à partir de 400 µg/L (inhibition de la synthèse d'hème). Élévation de la protoporphyrine érythrocytaire (ZPP) dès 300 µg/L.
> 700 µg/L
Neuropathie motrice (extenseurs surtout), colique sévère. Au-delà de 1000-1500 µg/L : encéphalopathie saturnine (vomissements persistants, ataxie, convulsions, altération de la conscience, coma). HTIC fréquente. Liseré de Burton (gingival bleuâtre) possible mais rare. Urgence vitale.

D'après UpToDate — Childhood lead poisoning: Clinical manifestations and diagnosis (avril 2026), Table 3.

03

Questionnaire de repérage HCSP.

À utiliser à l'occasion des bilans des 9e, 24e mois, et 3e-4e années chez tout enfant de moins de 6 ans. Une seule réponse positive suffit à indiquer la prescription d'une plombémie.

Évaluation des facteurs de risque
12 items · HCSP 2017

Cochez les facteurs présents chez l'enfant. Une seule case cochée suffit à justifier la prescription d'une plombémie veineuse + NFS + ferritinémie, accompagnée du formulaire Cerfa 12378*03.

0 / 12
Aucun facteur identifié

Continuer la prévention. Réévaluer aux examens du 9e, 24e mois et 3e-4e années.

Prescrire & interpréter
04

Prescrire la plombémie, étape par étape.

Prélèvement veineux, pas capillaire. Aucun jeûne nécessaire. Tube spécifique sans plomb (vérifier auprès du laboratoire).

Étape 01 · Prescrire

L'ordonnance

  • Plombémie veineuse (prélèvement sur tube spécifique métaux lourds)
  • NFS + ferritinémie — carence martiale fréquemment associée et à corriger
  • Mention : Dépistage saturnisme — prise en charge à 100 % AM (arrêté du 18/01/2005)
  • Aucun jeûne requis
Étape 02 · Joindre

Le formulaire Cerfa

  • Compléter le Cerfa 12378*03 (fiche de surveillance des plombémies)
  • Renseigner les facteurs de risque identifiés au questionnaire HCSP
  • Le remettre avec l'ordonnance à la famille
  • Reporter la prescription dans le carnet de santé
Étape 03 · Informer

Les parents

  • Prise en charge à 100 % : consultation et plombémie de dépistage et de suivi (jusqu'à 18 ans, femme enceinte)
  • Conseils hygiéno-diététiques : lavage des mains, ménage humide, pas de balayage à sec, alimentation riche en fer et calcium
  • Expliquer la finalité et les suites possibles (enquête ARS si seuil)
05

Conduite à tenir selon la plombémie.

Synthèse des recommandations HCSP. À chaque palier, deux actions parallèles : médicale (suivi biologique, avis spécialisé) et environnementale (ARS, soustraction à la source).

Plombémie
Conduite à tenir
Statut
< 25 µg/L
Pas d'action médicale spécifique. Maintenir les conseils de prévention si facteur de risque identifié. Réévaluation lors des bilans suivants.
Surveillance simple
25 – 49 µg/L
Identifier et réduire la source d'exposition. Renforcer les conseils hygiéno-diététiques. Corriger une carence martiale. Plombémie de contrôle à 3-6 mois.
Vigilance · suivi
50 – 249 µg/L
Déclaration obligatoire à l'ARS (Cerfa 12378*03). Enquête environnementale par l'ARS. Plombémie de contrôle à 3 mois puis tous les 3-6 mois selon évolution. Surveillance neurodéveloppementale.
DO + enquête ARS
≥ 250 µg/L
DO + enquête ARS. Bilan en service de pédiatrie dans le mois (recherche de complications, retentissement neurologique). Discussion d'une chélation au-delà de 450 µg/L. Hospitalisation en cas d'encéphalopathie.
Avis pédiatrique

Bilans complémentaires

À ajouter selon la plombémie
  • NFS + ferritine + CRP : à toute plombémie. Carence martiale fréquemment associée, à corriger systématiquement (le fer réduit l'absorption du plomb).
  • Protoporphyrine érythrocytaire (ZPP) : élevée à partir de 300 µg/L de plombémie. Utile pour distinguer exposition aiguë (BLL élevée + ZPP normale) vs chronique (BLL élevée + ZPP élevée).
  • Ionogramme, urée, créatinine, calcémie, magnésémie : à demander si plombémie ≥ 450 µg/L (préchélation).
  • ASAT/ALAT : préchélation, et surveillance pendant traitement.
  • Bandelette urinaire : recherche d'atteinte tubulaire (protéinurie, glycosurie, aminoacidurie).
  • Radiographie d'abdomen sans préparation : si pica ou ingestion suspectée — recherche de fragments radio-opaques (peinture, plombs de pêche, jouets). Si fragments dans le grêle : irrigation intestinale totale en milieu hospitalier (le plomb n'est pas absorbé du côlon).
  • Dépistage déficit en G6PD : si chélation par DMSA ou dimercaprol envisagée chez sujet à risque ethnique.

Examens à ne pas demander

Inappropriés ou non recommandés
  • Plombémie capillaire chez l'adulte : non recommandée, faux positifs fréquents (contamination cutanée). Toujours veineux chez l'adulte. Chez l'enfant, le capillaire peut servir au dépistage initial mais nécessite confirmation veineuse.
  • Test de mobilisation à l'EDTA (chélation diagnostique) : non recommandé — non corrélé au fardeau corporel, coûteux, ne modifie pas la conduite à tenir.
  • Plomb urinaire, capillaire, dans les cheveux : non corrélés aux effets sanitaires, non utiles en pratique clinique.
  • Radiographies des os longs en routine : les « lignes denses métaphysaires » apparaissent uniquement à plombémie > 450 µg/L et ne modifient pas la prise en charge.
  • Ponction lombaire en cas d'encéphalopathie suspectée : à éviter (risque d'engagement par HTIC) sauf nécessité absolue de diagnostic différentiel (méningite).

D'après UpToDate — Childhood lead poisoning: Clinical manifestations and diagnosis et Childhood lead poisoning: Management (avril 2026).

06

Chélation : informations utiles pour le MG.

La chélation médicamenteuse est exceptionnelle en pratique de ville et toujours hospitalière. Mais le MG doit en connaître les principes pour informer la famille, anticiper le suivi post-chélation et éviter les pièges classiques (notamment poursuivre une exposition pendant le traitement).

Indications de chélation

Enfant — référence UpToDate / CDC
  • Plombémie < 450 µg/L : pas de chélation. Le traitement repose entièrement sur la soustraction à la source. Aucun bénéfice neurodéveloppemental démontré de la chélation à ces niveaux (essai randomisé pédiatrique TLC).
  • Plombémie 450 – 690 µg/L : DMSA (succimer) per os, en hospitalisation initiale. Cure de 19 jours (10 mg/kg ×3/j pendant 5 j puis ×2/j pendant 14 j).
  • Plombémie ≥ 700 µg/L : DMSA + CaNa2EDTA en combinaison, en hospitalisation. Le DMSA doit être débuté avant le CaNa2EDTA (au moins 8 h) pour éviter la mobilisation du plomb vers le système nerveux central.
  • Encéphalopathie saturnine : urgence absolue, USI pédiatrique, chélation combinée et gestion de l'HTIC. Mortalité 1-2 % avec PEC optimale, 28-45 % en monothérapie historiquement.

Règles d'or — à transmettre

Erreurs à éviter en post-hospitalisation
  • Pas de chélation tant que la source n'est pas supprimée. Sinon : risque d'aggravation par redistribution, voire augmentation de l'absorption intestinale du plomb.
  • Pas de supplémentation en fer pendant la chélation (à reprendre après). En revanche, les apports en calcium sont à maintenir (24 oz lait/j chez l'enfant).
  • Effet rebond attendu à l'arrêt : la plombémie remonte de 50 à 80 % de la valeur initiale dans les 2 à 3 semaines, par redistribution depuis le compartiment osseux. Plombémie de contrôle 10-14 jours après la fin de la cure.
  • Surveillance rapprochée : NFS (neutropénie rare), transaminases (élévation possible) sous DMSA. Sous CaNa2EDTA : fonction rénale, ionogramme, calcémie.
  • Si rebond ≥ 450 µg/L : nouvelle cure de chélation, après vérification de l'éviction de la source.
  • Si rebond > valeur pré-chélation : suspecter une réexposition non identifiée. Refaire l'enquête environnementale, radiographie d'abdomen.
Disponibilité des chélateurs Le DMSA (succimer) est l'agent oral de référence chez l'enfant et l'adulte (peu d'effets secondaires hors rash, neutropénie, élévation modérée des transaminases, atteinte hémolytique en cas de déficit en G6PD). Le CaNa2EDTA est parentéral, moins disponible. Le BAL (dimercaprol) n'est plus fabriqué. Le DMPS (unithiol) est disponible dans certains pays européens (Allemagne) — non commercialisé en France. La D-pénicillamine est de 3e ligne, peu utilisée du fait des effets indésirables sévères (Stevens-Johnson, néphrite, cytopénies).

D'après UpToDate — Childhood lead poisoning: Management (avril 2026) et essai TLC (Treatment of Lead-Exposed Children, NEJM 2001 ; Pediatrics 2004).

07

Arbre décisionnel.

Aide à la décision pas à pas pour orienter la prescription d'une plombémie chez l'enfant en consultation.

1L'enfant a-t-il moins de 6 ans ou présente-t-il un retard / trouble développemental ?
2L'enfant présente-t-il un signe clinique grave ?
3Au moins un facteur de risque environnemental du questionnaire HCSP ?
4Une plombémie a-t-elle déjà été réalisée chez cet enfant dans les 12 derniers mois ?

Déclarer & cartographier
08

Déclaration obligatoire.

Le saturnisme infantile (plombémie ≥ 50 µg/L chez le mineur) est une maladie à déclaration obligatoire depuis 1999. La déclaration est de la responsabilité du médecin prescripteur ou du biologiste.

Dès réception du résultat de plombémie ≥ 50 µg/L chez un mineur, compléter le formulaire Cerfa 12378*03 avec les renseignements cliniques, les facteurs de risque identifiés et les résultats biologiques.

Transmettre la fiche à la cellule de veille, d'alerte et de gestion sanitaire (CVAGS) de l'ARS du département. La déclaration déclenche automatiquement une enquête environnementale à domicile par l'ARS pour identifier la ou les sources d'exposition.

Cette enquête est indispensable : sans identification de la source, la soustraction à l'exposition est impossible et la décroissance de la plombémie ne peut être obtenue. Le médecin n'a pas à mener cette enquête lui-même.

Informer la famille du caractère obligatoire et bénéfique de cette déclaration : c'est elle qui ouvre l'accès à l'expertise environnementale et, le cas échéant, aux travaux de mise en sécurité.

Procédure éclair

Plombémie ≥ 50 µg/L · mineur
  • 1. Compléter Cerfa 12378*03 (fiche de surveillance et de DO)
  • 2. Transmettre à la CVAGS de l'ARS du département
  • 3. Informer la famille de la procédure d'enquête environnementale
  • 4. Programmer la plombémie de contrôle à 3 mois
  • 5. Surveiller le développement neurocognitif
  • Accéder au formulaire de DO →
09

Cartographie du saturnisme en France.

Répartition des cas incidents (2015-2018, données les plus récentes consolidées) et localisation des principaux sites historiquement contaminés. L'Île-de-France et la Guyane concentrent la majorité des cas — mais le risque existe partout, et la sous-déclaration biaise probablement la cartographie réelle.

Fond de carte : © OpenStreetMap France — toponymie française.

Lecture de la carte

Régions — taille du cercle proportionnelle au % de cas incidents (2015-2018)
Très élevée — ≥ 10 % des cas nationaux
Élevée — 3 à 9 %
Modérée — 1 à 3 %
Faible / non communiqué — < 1 %
Sites historiquement contaminés
Anciens sites industriels documentés

Cliquez sur les cercles et les marqueurs pour les détails épidémiologiques et les sources.

Outre-mer

La Guyane représente ~12 % des cas nationaux et le rendement le plus élevé de France (~47 %). Les autres DROM ont peu de données disponibles.

Guyane
Antilles
La Réunion
Mayotte
Sources : Santé publique France — Saturnisme infantile, bilan 2015-2018 (point épidémiologique, janvier 2020) ; SPF — Pollution des sols, données régionales ; bulletins régionaux SPF (Normandie, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes). Données de cas déclarés, sous-déclaration probable.
10

Évaluer le risque plomb dans le bâti.

Trois outils complémentaires existent pour aider le médecin et la famille à apprécier le risque lié au logement. Aucune base nationale ne fournit aujourd'hui un « score risque plomb » consolidé par bâtiment, mais la période de construction (interdiction de la céruse en 1949) reste le meilleur indicateur de proxy.

GoRénove (CSTB)

Recherche par adresse, gratuit, immédiat
  • Service public gratuit du CSTB, alimenté par la Base de Données Nationale des Bâtiments (BDNB).
  • Pour 32 millions de bâtiments en France métropolitaine : entrer une adresse → obtenir l'année de construction et 250 informations techniques.
  • Outil destiné à la rénovation énergétique mais parfaitement adapté à l'évaluation du risque plomb : la date de construction est l'information clé.
  • Avant 1949 = très haut risque de peintures plombifères ; 1949-1975 = risque modéré.
  • → gorenove.fr

CREP

Constat de Risque d'Exposition au Plomb
  • Diagnostic obligatoire pour la vente (depuis 2006) et la location (depuis 2008) de tout bâtiment construit avant le 1er janvier 1949, en parties privatives comme communes.
  • Réalisé par un diagnostiqueur certifié, mesure le plomb par fluorescence X sur les revêtements.
  • Validité : 1 an pour la vente, 6 ans pour la location si présence de plomb détectée ; illimitée si aucune trace de plomb.
  • À demander à la famille (souvent annexé au bail ou à l'acte de vente) en cas de doute sur le logement.
  • Pas centralisé en open data — outil individuel à mobiliser au cas par cas.

Ordres de grandeur INSEE — résidences principales construites avant 1946

Source : INSEE, recensement de la population 2018-2021 ; Insee Première n° 1865, 2021
22%
France métropolitaine — moyenne nationale
~50%
Paris — centre historique très ancien
~36%
Communes hors attraction des villes (rural, bourgs anciens)
36%
Parc locatif privé — tend à être plus ancien que le parc des propriétaires

Ces ordres de grandeur permettent au MG d'estimer la fréquence à laquelle il peut rencontrer un facteur de risque lié à l'habitat. Pour une donnée fine par commune ou par département, l'INSEE met à disposition les tables LOG du recensement (insee.fr — Recensement de la population, séries LOG) et l'outil Batisto de la DRIEAT pour l'Île-de-France.

Important — pas de carte « risque saturnisme » consolidée Il n'existe pas, à ce jour, de cartographie nationale prédictive du risque saturnisme par bâtiment ou par commune. Le risque dépend non seulement de la date de construction (proxy disponible via BDNB / GoRénove) mais aussi de l'état d'entretien des peintures, des travaux récents, et de l'exposition environnementale locale (sites pollués, canalisations en plomb du réseau d'eau). L'évaluation reste donc au cas par cas et passe par l'interrogation clinique structurée du MG (cf. questionnaire HCSP, section 03).
11

Focus régional · ex-MetalEurop.

Cinq communes du Pas-de-Calais sont concernées par une pollution historique des sols persistante : Noyelles-Godault, Courcelles-lès-Lens, Évin-Malmaison, Dourges, Leforest. Tout enfant de moins de 6 ans y résidant ou y fréquentant une crèche, école ou jardin doit faire l'objet d'une plombémie de dépistage.

Zone à risque environnemental

L'usine a fermé en 2003.
La pollution, non.

Première unité de fusion primaire de plomb d'Europe, MetalEurop Nord a rejeté pendant un siècle des tonnes de plomb et de cadmium dans l'air. Les sols restent contaminés sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés.

La campagne de dépistage organisée par l'ARS en 2022 a identifié huit cas de saturnisme et 75 enfants placés en vigilance — mais avec un taux de participation très faible.

Ce constat invite à une vigilance accrue du médecin traitant : la non-participation au dépistage organisé ne signifie pas absence de risque.

Communes concernées Noyelles-Godault · Courcelles-lès-Lens · Évin-Malmaison · Dourges · Leforest
7 752
enfants convoqués par courrier de l'Assurance Maladie pour la campagne de dépistage organisée par l'ARS Hauts-de-France (juin-novembre 2022).
24%
seul taux de participation — soit 1 892 enfants effectivement dépistés. Le taux le plus faible était à Noyelles-Godault même.
8
cas de saturnisme confirmés (plombémie ≥ 50 µg/L), dont 6 directement liés à la pollution des sols.
75
enfants placés en vigilance (plombémie 25-49 µg/L), nécessitant un suivi.
Contextes & populations
12

Saturnisme de l'adulte et exposition professionnelle.

Pas de déclaration obligatoire chez l'adulte hors mineur, mais un cadre réglementaire spécifique en milieu professionnel. Le médecin généraliste est en première ligne pour le dépistage des expositions de loisirs et la prise en charge initiale, en lien avec la médecine du travail.

Exposition professionnelle

Code du travail · Art. R.4412-149 à R.4412-160
VLB Homme
400µg/L
VLB Femme
300µg/L
  • Valeur limite biologique (VLB) à ne pas dépasser : 400 µg/L (homme), 300 µg/L (femme).
  • VLEP (8h) : 0,1 mg/m³ dans l'air des locaux de travail.
  • Suivi individuel renforcé par le médecin du travail si plombémie > 200 µg/L (H) ou > 100 µg/L (F), ou si exposition à une concentration > 0,05 mg/m³.
  • Tableau n° 1 du régime général : maladie professionnelle indemnisable depuis 1919 (premier tableau créé).
  • Secteurs concernés : recyclage de batteries, fonderies, BTP (rénovation peintures anciennes, démolition), céramique-vitrail, soudure, fabrication de munitions.

Expositions de loisirs

Souvent oubliées en consultation
  • Tir sportif — risque majeur. Selon SPF, sur les jeunes licenciés ou enfants de l'entourage de tireurs dépistés entre 2015 et 2018, la moitié présentait un saturnisme. Risque direct (fréquentation des stands) ou indirect (poussières ramenées au domicile).
  • Chasse — munitions au plomb (interdites à proximité des zones humides depuis octobre 2023, mais largement utilisées ailleurs).
  • Pêche — plombs de pêche manipulés à mains nues, parfois mis à la bouche.
  • Vitrail / poterie / émaux — contact direct, manipulation prolongée.
  • Modélisme · ferraillage · restauration — soldats de plomb, batteries, antiquités.
  • Conséquence pour le MG : interroger systématiquement sur les loisirs des parents face à un enfant exposé indirectement (poussières au domicile, vêtements de travail/loisir).
50%
Tir sportif · Santé publique France 2015-2018 Parmi les jeunes licenciés de clubs de tir ou les enfants côtoyant dans leur entourage des pratiquants de tir dépistés sur la période, environ la moitié présentait une plombémie ≥ 50 µg/L. La pratique du tir doit être systématiquement explorée chez tout enfant pour lequel un saturnisme est évoqué.

Conduite à tenir selon la plombémie de l'adulte

Algorithme adapté de la littérature internationale (UpToDate 2026, CSTE 2022, Kosnett et al. 2007). À noter : les seuils français du Code du travail (suivi renforcé à 200/100 µg/L H/F) sont jugés obsolètes par les sociétés savantes internationales, qui plaident pour des actions plus précoces. Les recommandations ci-dessous sont celles consensuelles dans la littérature actuelle.

Plombémie
Conduite à tenir
Statut
< 35 µg/L
Plombémie usuelle en population générale (97,5e percentile NHANES 2022 = 35 µg/L). Pas d'action spécifique en l'absence d'exposition.
Pas d'action
35 – 90 µg/L
Identifier la source. Information du patient sur les risques à long terme (mortalité cardiovasculaire dose-dépendante dès ces niveaux). Plombémie de contrôle à 6 mois. Plus rapide (1-2 mois) si insuffisance rénale chronique.
Surveillance
100 – 190 µg/L
Mesures de réduction de l'exposition (HSE, EPI). Contrôle TA (HTA possible dès ces niveaux). Plombémie de contrôle à 2-3 mois. Si plombémie persistante > 100 µg/L pendant des années ou antécédent > 200 : recherche d'effets délétères (TA, fonction rénale).
Surveillance active
200 – 290 µg/L
Bilan biologique : NFS, ionogramme, fonction rénale, ASAT/ALAT, BU. Plombémie à 1 mois. Si persistant > 200 µg/L : retrait de l'exposition recommandé. Avis de médecin du travail (si exposition pro) ou MEEM (médecine de l'environnement).
Retrait recommandé
300 – 490 µg/L
Retrait du poste de travail exposant (médecine du travail). Bilan complet. Plombémie à 1 mois. Recherche de signes cliniques. Reprise possible si plombémie < 150 µg/L sur 2 prélèvements à 1 mois d'intervalle, après amélioration des contrôles d'exposition.
Retrait + bilan
≥ 500 µg/L
Bilan urgent dans les 48 h : NFS, ZPP, ionogramme, fonction rénale, ASAT/ALAT, calcémie. Retrait immédiat de l'exposition. Avis spécialisé (toxicologie clinique, médecine du travail/environnement). Chélation à discuter selon symptômes (DMSA si 500-790 µg/L symptomatique ou 800-1000 µg/L asymptomatique ; DMSA + CaNa2EDTA si > 1000 µg/L).
Avis spécialisé

Encéphalopathie de l'adulte

Rare mais pronostic engagé
  • Apparition typique à plombémie > 1000 µg/L, plus souvent > 1500 µg/L. Rare chez l'adulte.
  • Premiers signes : céphalées, troubles concentration, fatigue (entre 800 et 1500 µg/L).
  • Tableau complet : altération mentale, ataxie, délire, léthargie, puis convulsions, coma, HTIC.
  • Mécanisme : franchissement de la barrière hémato-encéphalique, fuite capillaire, œdème cérébral.
  • PEC : USI, intubation au besoin, gestion de l'HTIC, chélation par DMSA avant CaNa2EDTA. Pas de ponction lombaire sauf nécessité absolue (risque d'engagement).
  • Séquelles cognitives possibles malgré PEC optimale.

Réservoir osseux

Plombémie élevée sans exposition active
  • Jusqu'à 95 % du fardeau corporel de plomb est stocké dans l'os, avec une demi-vie de plusieurs décennies.
  • Le plomb sanguin est excrété en 30 jours environ, mais le réservoir osseux maintient des plombémies durablement élevées.
  • Plombémies de 100-250 µg/L régulièrement retrouvées uniquement par relargage osseux chez d'anciens travailleurs exposés.
  • Situations de mobilisation accélérée du plomb osseux : hyperthyroïdie, fracture, immobilisation, ostéoporose, ménopause, grossesse, allaitement.
  • Évoquer en cas de plombémie inexpliquée : interroger sur les expositions professionnelles ou loisirs passées.
  • Le plomb osseux (mesuré par fluorescence X) est un meilleur prédicteur que la plombémie sanguine des effets cardiovasculaires et cognitifs à long terme — mais cet examen n'est pas disponible en pratique courante.

Sources non-professionnelles à explorer chez l'adulte

Souvent oubliées en consultation

Cosmétiques traditionnels

  • Kohl, kajal, surma, tiro (Inde, Maghreb, Afrique de l'Ouest, Moyen-Orient) — fortement plombifères.
  • Litargirio (République Dominicaine) : poudre plombifère utilisée comme déodorant ou antifongique.
  • Rouge à lèvres, vernis à ongles importés non conformes.

Médecines traditionnelles

  • Préparations ayurvédiques (rasashastra) — plomb, mercure, arsenic à doses élevées documentées.
  • Médecine traditionnelle chinoise importée non labelisée.
  • Compléments alimentaires bodybuilding (cas rapportés).

Alcool et alimentation

  • Alcool de contrebande distillé dans des alambics soudés au plomb (« moonshine »).
  • Vaisselle artisanale en céramique émaillée importée, plats à tajine artisanaux.
  • Épices contaminées (curcuma, cannelle) — importations frauduleuses.

Balles et fragments retenus

  • Fragments de balles retenus dans les tissus (suite à blessure par arme à feu) : relargage progressif, surtout si situés en intra-articulaire ou intra-osseux.
  • Avis chirurgical pour ablation à discuter au cas par cas.

Synthèse d'après UpToDate — Lead exposure, toxicity, and poisoning in adults: Clinical manifestations and diagnosis et Lead exposure and poisoning in adults: Management (avril 2026).

13

Grossesse, allaitement, fertilité.

Le plomb traverse facilement le placenta : la plombémie fœtale est superposable à la plombémie maternelle. Les seuils d'action sont plus bas pendant la grossesse. Le médecin généraliste a un rôle clé pour le repérage en pré-conceptionnel et en début de grossesse.

Pendant la grossesse

Repérage et suivi
  • Plombémie remboursée à 100 % chez la femme enceinte (arrêté du 18 janvier 2005).
  • Indications de plombémie : facteurs de risque identifiés au questionnaire HCSP, exposition professionnelle, antécédents personnels d'intoxication, arrivée récente d'un pays à risque, habitat ancien.
  • Effets fœtaux : RCIU, prématurité, fausse couche, prééclampsie, troubles neurodéveloppementaux.
  • Le relargage du plomb osseux maternel est accéléré pendant la grossesse — une plombémie peut s'élever sans nouvelle exposition.
  • Consultation prénatale = bonne occasion pour un dépistage proactif si facteurs de risque.

Suivi pendant la grossesse

Fréquence des contrôles
  • < 50 µg/L : pas de contrôle systématique nécessaire.
  • 50 – 140 µg/L : contrôle dans le mois ; plombémie maternelle ou cordon à l'accouchement.
  • 150 – 240 µg/L : contrôle à 1 mois puis tous les 2-3 mois ; cordon à l'accouchement.
  • 250 – 440 µg/L : contrôle à 1-4 semaines puis mensuel ; avis spécialisé recommandé.
  • ≥ 450 µg/L : contrôle dans les 24 h, prise en charge spécialisée. Discussion d'une chélation possible (généralement évitée pendant la grossesse, mais peut être indiquée à ces niveaux après concertation).

Allaitement

Bénéfice / risque toujours en faveur de l'allaitement aux niveaux usuels
  • Plombémie maternelle < 400 µg/L : allaitement encouragé. Les bénéfices nutritionnels et immunologiques l'emportent largement.
  • Plombémie ≥ 400 µg/L : tirer et jeter le lait jusqu'à plombémie < 400 µg/L. Reprendre l'allaitement quand le seuil est atteint.
  • Le dosage du plomb dans le lait maternel n'est pas recommandé en pratique (peu informatif).
  • Pour les laits infantiles : reconstituer uniquement avec de l'eau froide du robinet ayant coulé 3 minutes (ou eau filtrée certifiée), jamais avec l'eau chaude du robinet qui solubilise davantage le plomb des canalisations.
  • Surveillance de la plombémie de l'enfant si plombémie maternelle ≥ 50 µg/L.

Fertilité et préconception

Conseils aux couples en projet de conception
  • Chez l'homme : effets délétères sur la spermatogenèse documentés à plombémie 400-700 µg/L (anomalies morphologiques, baisse de la concentration, altération de la motilité, troubles endocriniens).
  • En cas de projet de conception : recommander d'attendre que la plombémie soit < 100 µg/L pendant au moins 3 mois avant de tenter une grossesse (durée d'un cycle complet de spermatogenèse).
  • Chez la femme : abaisser la plombémie en pré-conceptionnel ; éviter les expositions professionnelles ou de loisirs à risque.
  • Le plomb osseux peut être mobilisé pendant la grossesse — l'histoire d'exposition antérieure compte autant que l'exposition actuelle.

D'après UpToDate — Lead exposure and poisoning in adults: Management (Tables 4-6, avril 2026) ; CDC — Guidelines for the identification and management of lead exposure in pregnant and lactating women (2010, dernière mise à jour CDC 2024).

14

Recommandations internationales.

Comparaison synthétique des seuils et stratégies de référence : France (HCSP), Organisation mondiale de la santé (WHO), Centers for Disease Control américains (CDC), et Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Référence
Seuil d'action / repère
Position de fond
Stratégie de dépistage
France · HCSP
50 µg/L Seuil de déclaration obligatoire (saturnisme) chez le mineur. Vigilance dès 25 µg/L. HCSP 2014, arrêté du 8 juin 2015, mise à jour 2017
Pas de seuil sûr ; toxicité du plomb sans seuil reconnue. Objectifs de gestion abaissés en 2014.
Dépistage ciblé sur facteurs de risque (questionnaire HCSP de 12 items). Pas de dépistage universel.
WHO · OMS
50 µg/L = 5 µg/dL. Seuil au-dessus duquel la source d'exposition doit être identifiée et l'exposition stoppée. WHO 2021 — Guidelines on clinical management of exposure to lead
« There is no known safe blood lead concentration ». Effets cognitifs documentés dès 35 µg/L (3,5 µg/dL). Plomb listé parmi les 10 substances chimiques majeures de santé publique.
Recommandations en cours d'élaboration (Guidelines on prevention of lead exposure) ; priorité aux pays à revenu faible et intermédiaire.
CDC · États-Unis
35 µg/L = 3,5 µg/dL — Blood Lead Reference Value (BLRV) actualisée en 2021 (vs 50 µg/L auparavant). CDC / MMWR 2021;70(43):1509-1512
Le BLRV correspond au 97,5e percentile de la distribution des plombémies des enfants 1-5 ans aux États-Unis (NHANES 2015-2018). Pas un seuil de toxicité, mais un seuil d'action publique.
Dépistage universel recommandé en l'absence de plan local fondé sur des données ; ciblage selon âge du logement et critères socio-démographiques.
EFSA · UE
Aucune dose hebdomadaire tolérable (PTWI) maintenable. La PTWI antérieure de 25 µg/kg/sem. est jugée inappropriée depuis 2010. EFSA CONTAM Panel 2010 ; mise à jour 2025
Pas de seuil de neurotoxicité développementale chez l'enfant ni d'effet cardiovasculaire / rénal chez l'adulte. Approche « marge d'exposition » (margin of exposure).
Pas de stratégie de dépistage individuel ; mission d'évaluation des expositions alimentaires. Niveaux maximum réglementaires révisés régulièrement par la Commission européenne.
À retenir : le seuil français de 50 µg/L pour la déclaration obligatoire s'aligne sur le seuil d'action clinique de la WHO (2021) et correspond à l'ancien BLRV américain. La mise à jour du CDC à 35 µg/L (2021), fondée sur les données populationnelles, indique la tendance internationale à abaisser les niveaux d'intervention. La règle commune à toutes les autorités sanitaires depuis 2010 est qu'aucun seuil sûr n'est aujourd'hui identifiable chez l'enfant, ce qui plaide pour la prévention primaire et un repérage proactif.
Ressources
15

FAQ à destination des parents.

Fiche imprimable pour la salle d'attente ou la remise en consultation. Réponses adaptées aux questions les plus fréquentes des familles, fondées sur les recommandations HCSP et les supports de l'Assurance Maladie.

À détacher · à imprimer
Le saturnisme,
en quelques questions.
Qu'est-ce que le saturnisme ?
Une intoxication au plomb. Le plomb est un métal toxique qui s'accumule dans l'organisme — surtout dans les os. Il est particulièrement dangereux pour le cerveau de l'enfant en développement et pour le fœtus pendant la grossesse. Aucun niveau de plomb dans le sang n'est considéré comme sûr.
Comment mon enfant peut-il être exposé ?
Les principales sources sont les peintures anciennes (avant 1949) qui s'écaillent, l'eau passant dans des canalisations en plomb, la poussière des sols pollués près d'anciens sites industriels, certains cosmétiques traditionnels (kohl), des vaisselles artisanales, ou par les vêtements et chaussures d'un parent exerçant une activité exposante (BTP, tir sportif, vitrail, ferraillage).
Y a-t-il des symptômes ?
Le plus souvent aucun symptôme visible, surtout au début. C'est ce qui rend la maladie sournoise. Quand l'intoxication est plus avancée, on peut observer : difficultés d'apprentissage, troubles du comportement, hyperactivité, fatigue, pâleur (anémie), troubles digestifs. Mais le diagnostic ne peut être posé que par une prise de sang (la plombémie).
Le test est-il douloureux ? Combien ça coûte ?
Une simple prise de sang veineuse (au pli du coude). Pas besoin d'être à jeun. Pour tous les enfants jusqu'à 18 ans et pour les femmes enceintes, le test et la consultation sont remboursés à 100 % par l'Assurance Maladie (depuis 2005).
Et si la plombémie est élevée ?
Au-dessus de 50 µg/L, un signalement est fait à l'Agence Régionale de Santé (ARS) — c'est obligatoire et confidentiel. L'ARS organise alors une visite à votre domicile par un technicien sanitaire pour identifier la source du plomb (peintures, eau, sol, cosmétique…) et vous aider à la supprimer. Des prises de sang de contrôle sont organisées tous les 3 à 6 mois selon l'évolution.
Existe-t-il un traitement ?
Le traitement principal, c'est de supprimer la source d'exposition. Le plomb décroît ensuite progressivement dans le sang. Pour les intoxications très importantes (généralement au-delà de 450 µg/L), un traitement médicamenteux à l'hôpital (chélation) peut être proposé pour éliminer le plomb plus rapidement.
Comment connaître la date de construction de mon logement ?
Service public gratuit du CSTB : gorenove.fr. Il suffit d'entrer votre adresse pour obtenir l'année de construction du bâtiment (parmi 250 informations) à partir de la Base de Données Nationale des Bâtiments. Avant 1949 = très haut risque de peintures au plomb ; entre 1949 et 1975 = risque modéré.

Que faire au quotidien ?

  • Lavage des mains très fréquent, surtout avant les repas et après avoir joué dehors
  • Ménage humide (serpillière, chiffon mouillé), pas de balai ni d'aspirateur qui dispersent les poussières
  • Couper les ongles courts
  • Aérer le logement régulièrement
  • Préférer une alimentation riche en fer et calcium (qui réduisent l'absorption du plomb)
  • Ne pas laisser les enfants jouer dans la terre en zone à risque ; privilégier les jeux sur surfaces propres

Si vous habitez un logement ancien

  • Ne pas laisser les enfants gratter ou ramasser des écailles de peinture
  • Couvrir les peintures dégradées (papier peint, peinture neuve, panneau) plutôt que de les décaper
  • Faire faire les travaux par un professionnel qualifié plomb si décapage nécessaire ; éloigner les enfants pendant et après les travaux
  • Pour l'eau du robinet en cas de canalisations en plomb : laisser couler quelques minutes avant consommation, ne pas boire l'eau chaude du robinet
  • En cas de doute, parlez-en à votre médecin traitant qui pourra prescrire une plombémie
16

Ressources utiles.

17

Sources et bibliographie.

Ensemble des références utilisées pour la construction de ce mémo, présentées au format Vancouver et numérotées dans l'ordre d'apparition. Toutes les données chiffrées et les recommandations citées sont sourcées ci-dessous.

Cadres de référence. Ce mémo s'appuie en priorité sur le guide HCSP de mise à jour 2017 (référence française), les recommandations WHO 2021, CDC 2021 et EFSA, ainsi que sur les données de surveillance publiées par Santé publique France et les ARS. Les références institutionnelles (HCSP, SpF, OMS, CDC, EFSA, INRS, codes) sont citées par leur intitulé officiel et leur URL ; les articles disposant d'un identifiant pérenne portent leur PMID ou DOI.

Vous utilisez Zotero (ou Mendeley, EndNote) ? Pour ajouter ces références à votre bibliothèque, exportez-les d'un coup dans un fichier .ris hors-ligne, prêt à importer :
  1. Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Mise à jour du guide pratique de dépistage et de prise en charge des expositions au plomb chez l'enfant mineur et la femme enceinte. HCSP, Paris. 2017 (mise à jour 2018). hcsp.fr · hcsp.frGuide de référence français : questionnaire de dépistage, conduite à tenir, chélation, déclaration.
  2. HCSP. Expositions au plomb : détermination de nouveaux objectifs de gestion. HCSP, Paris. 2014. hcsp.fr (PDF)Avis servant de base à l'arrêté du 8 juin 2015 : seuil de saturnisme infantile 50 µg/L, seuil de vigilance 25 µg/L.
  3. Santé publique France. Saturnisme infantile, bilan 2015-2018. Point épidémiologique. 2020. santepubliquefrance.fr (PDF)500-700 cas/an ; IDF 49 % des cas ; IDF + PACA + Guyane = 80 % des cas.
  4. Santé publique France. Saturnisme de l'enfant — données. Bilan 2020. 2020. santepubliquefrance.fr4 182 plombémies, 417 nouveaux cas (impact Covid). Rendement national 13 %.
  5. Santé publique France, ARS Hauts-de-France. Campagne de dépistage du saturnisme infantile autour d'une ancienne fonderie de plomb dans les Hauts-de-France. Bilan au 23 mai 2023. Point épidémiologique. 2023. santepubliquefrance.fr (PDF)7 752 enfants convoqués, 1 892 dépistés (24 %), 8 cas de saturnisme.
  6. Arrêté du 8 juin 2015. Modifie l'arrêté du 5 février 2004 et abaisse le seuil de plombémie déclenchant la déclaration obligatoire de saturnisme à 50 µg/L (vs 100 µg/L auparavant). 2015. legifrance.gouv.frBase réglementaire du seuil de déclaration obligatoire.
  7. Arrêté du 18 janvier 2005. Prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie de la consultation et de la plombémie de dépistage et de suivi pour les enfants 0-18 ans et les femmes enceintes. 2005. Base réglementaire du remboursement intégral de la plombémie de dépistage/suivi.
  8. World Health Organization. WHO guidelines on clinical management of exposure to lead. OMS, Genève. 2021. who.intStopper la source dès une plombémie ≥ 5 µg/dL (50 µg/L) ; « no known safe blood lead concentration ».
  9. Ruckart PZ, Jones RL, Courtney JG, et al. Update of the Blood Lead Reference Value — United States, 2021. MMWR Morb Mortal Wkly Rep. 2021;70(43):1509-1512. doi:10.15585/mmwr.mm7043a4 · cdc.govMise à jour CDC du BLRV à 3,5 µg/dL (35 µg/L) = 97,5ᵉ percentile NHANES 2015-2018.
  10. EFSA Panel on Contaminants in the Food Chain (CONTAM). Scientific opinion on lead in food. EFSA Journal. 2010;8(4):1570. doi:10.2903/j.efsa.2010.1570 · efsa.europa.euLa PTWI antérieure (25 µg/kg p.c./sem.) n'est plus appropriée ; aucun seuil sûr identifiable.
  11. EFSA. Scientific report on dietary exposure to lead in the European population. EFSA Journal. 2025. doi:10.2903/j.efsa.2025.9577 · efsa.europa.euConfirme l'approche par marge d'exposition et l'absence de seuil sûr.
  12. INRS. Plomb : prévenir les expositions professionnelles. Dossier référence en santé au travail. inrs.frVLB (400 µg/L H, 300 µg/L F), VLEP (0,1 mg/m³), seuils de suivi médical renforcé (200 µg/L H, 100 µg/L F).
  13. Code du travail. Articles R.4412-149 à R.4412-160 — réglementation française relative à l'exposition professionnelle au plomb. legifrance.gouv.frCadre réglementaire du suivi des travailleurs exposés au plomb.
  14. Tableau n° 1 du régime général de la Sécurité sociale. Affections dues au plomb et à ses composés. 1919. Premier tableau de maladies professionnelles créé en France.
  15. Santé publique France. Bilan du dépistage du saturnisme chez l'enfant (0-17 ans) en lien avec la fréquentation des stands de tir, 2015-2018. Santé publique France. 2020. santepubliquefrance.fr~50 % des jeunes licenciés / enfants de l'entourage de tireurs dépistés avaient une plombémie ≥ 50 µg/L.
  16. Santé publique France. Bilan de l'activité de dépistage du saturnisme infantile en Normandie, 2016-2023. Bulletin régional. 2025. normandie.ars.sante.fr (PDF)787 plombémies, 42 cas, 70 % des facteurs de risque non renseignés sur les fiches.
  17. Santé publique France. Surveillance saturnisme infantile en Occitanie 2015-2022. Bulletin régional. 2025. santepubliquefrance.fr (PDF)Données régionales détaillées, taux par département.
  18. ARS Île-de-France. Exposition au plomb / saturnisme : stratégie et programmes de lutte régionaux. ARS Île-de-France. iledefrance.ars.sante.fr145 à 221 cas/an en IDF entre 2015 et 2018 (49 % des cas métropolitains).
  19. Santé publique France. Pollution des sols : données régionales. Santé publique France. santepubliquefrance.frPrincipaux sites historiquement contaminés : Mortagne-du-Nord, Saint-Laurent-le-Minier, Viviez, L'Escalette (Marseille).
  20. ARS Auvergne-Rhône-Alpes. Saturnisme/plomb : contrôle et suivi sanitaire du site Métaleurop (Villefranche-sur-Saône). ARS Auvergne-Rhône-Alpes. auvergne-rhone-alpes.ars.sante.frSite Arnas (Rhône), distinct de MetalEurop Nord — fonderie 1974-2001, campagne de dépistage.
  21. Faroon O, Roney N, Taylor J, et al. Toxicological profile for lead. Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR), United States. atsdr.cdc.govRéférentiel toxicologique de référence sur le plomb.
  22. Inserm. Saturnisme — dossier d'information. La science pour la santé. inserm.frSynthèse pédagogique : cinétique du plomb, plombémie et plomb osseux.
  23. Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME). Global Burden of Disease — estimation 2021. IHME. 2021. healthdata.org> 1,5 million de décès/an attribués au plomb (effets cardiovasculaires) ; > 33 millions de DALYs.
  24. Étchevers A, Le Tertre A, Lucas JP, et al. Imprégnation des enfants par le plomb en France en 2008-2009 (étude Saturn-Inf). Bull Épidémiol Hebd. 2014;(2-3):26-32. santepubliquefrance.frDonnées nationales d'imprégnation des enfants.
  25. Sample JA. Childhood lead poisoning: clinical manifestations and diagnosis. UpToDate. 2026. uptodate.com (accès payant)Tableau dose-effet (Table 3), critères d'encéphalopathie, examens complémentaires.
  26. Sample JA. Childhood lead poisoning: management. UpToDate. 2026. uptodate.com (accès payant)Chélation pédiatrique : DMSA seuil 450 µg/L, DMSA + CaNa₂EDTA dès 700 µg/L, encéphalopathie.
  27. Goldman RH, Hu H. Lead exposure, toxicity, and poisoning in adults: clinical manifestations and diagnosis. UpToDate. 2026. uptodate.com (accès payant)Tableau dose-effet adulte (Table 2), sources d'exposition (Table 3), BLRV adulte CSTE 2022 (35 µg/L), goal HHS (< 100 µg/L).
  28. Goldman RH, Hu H. Lead exposure and poisoning in adults: management. UpToDate. 2025. uptodate.com (accès payant)PEC adulte par seuil, chélation, suivi grossesse/allaitement (Tables 4-6), retour au travail.
  29. Kosnett MJ, Wedeen RP, Rothenberg SJ, et al. Recommendations for medical management of adult lead exposure. Environ Health Perspect. 2007;115(3):463-471. doi:10.1289/ehp.9784 · ehp.niehs.nih.govRecommandations de référence pour la PEC adulte, plus protectrices que la norme OSHA.
  30. Council of State and Territorial Epidemiologists (CSTE). Public health reporting and national notification for lead in blood. Position statement 22-EH-01. CSTE. 2022. cste.org (PDF)Établit le BLRV adulte à 3,5 µg/dL (35 µg/L) d'après NHANES 2022.
  31. Rogan WJ, Dietrich KN, Ware JH, et al. The effect of chelation therapy with succimer on neuropsychological development in children exposed to lead. N Engl J Med. 2001;344(19):1421-1426. doi:10.1056/NEJM200105103441902 · nejm.orgEssai TLC : absence de bénéfice neurodéveloppemental de la chélation aux plombémies modérées (200-440 µg/L).
  32. Lanphear B, Navas-Acien A, Bellinger DC. Lead poisoning. N Engl J Med. 2024;391(17):1621-1631. doi:10.1056/NEJMra2402527 · nejm.orgRevue récente : absence de seuil sûr, impact cardiovasculaire à plombémie basse.
  33. CSTB. GoRenove.fr — service public gratuit de recherche par adresse (année de construction et 250 informations sur tout bâtiment de France métropolitaine). Base de Données Nationale des Bâtiments (BDNB). gorenove.fr32 millions de bâtiments référencés ; aide à dater un logement (risque plomb avant 1949).
  34. INSEE. 50 ans d'évolution des résidences principales : des logements plus grands et moins peuplés. Insee Première n° 1865. 2021. insee.fr22 % des résidences principales construites avant 1946 (~50 % à Paris, 36 % hors attraction des villes).
  35. Code de la santé publique. Articles L.1334-5 à L.1334-13 — Constat de Risque d'Exposition au Plomb (CREP). legifrance.gouv.frDiagnostic obligatoire vente (2006) / location (2008) des immeubles avant le 1ᵉʳ janvier 1949 ; validité 1 an (vente) / 6 ans (location).