On vous demande un « PAI ». Deux questions, dans cet ordre : est-ce que ça relève vraiment d'un projet d'accueil individualisé — ou d'un PAP, d'une simple ordonnance, du règlement intérieur de l'école ? Et si oui, quelle fiche officielle remplir, avec quelles doses. L'outil trie la demande, puis remplit directement le formulaire Eduscol « Conduite à tenir en cas d'urgence » que vous n'avez plus qu'à signer.
Le critère réglementaire tient en une ligne : un PAI est élaboré lorsque la scolarité d'un élève, « notamment en raison d'un trouble de la santé invalidant, nécessite un aménagement »1. Choisissez ce qu'on vous demande : l'outil dit si c'est un PAI, ce que vous avez à remplir, et, sinon, vers quoi orienter — avec un courrier de réponse prêt à copier.
Il fournit trois pièces. Le PAI lui-même est examiné, validé, rédigé et signé par le médecin de l'Éducation nationale, de PMI ou de la structure7 — qui peut donc aussi le refuser.
| Partie du PAI | Qui la remplit | Contenu |
|---|---|---|
| Partie 1 — renseignements administratifs | La famille, l'école | Identité, responsables légaux, référents, vérification annuelle des pièces2. |
| Partie 2 — aménagements et adaptations | Médecin de l'Éducation nationale, de PMI ou de la structure | Temps partiel, repos, sorties de classe (toilettes, boissons, infirmerie), place dans la classe, casier, double jeu de livres, restauration, soins quotidiens, trousse d'urgence, sorties scolaires2. |
| Partie 3 — conduite à tenir en cas d'urgence | Le médecin qui suit l'enfant (ou le médecin de l'Éducation nationale ou de PMI)7 | Une fiche standard ou l'une des 7 fiches spécifiques élaborées avec les sociétés savantes8. C'est celle que l'outil ci-dessous remplit. |
Choisissez la situation, saisissez l'âge et le poids : l'outil pré-remplit tout ce qui peut se justifier, et sous chaque case explique la valeur proposée, avec ses sources et les autres valeurs défendables, à retenir d'un clic. Corrigez, téléchargez. Le fichier produit est le PDF Eduscol en vigueur lui-même (version 2023 ; 2021 pour les deux fiches diabète), cases remplies et encore modifiables — pas une copie. Il reste à le signer et à le remettre à la famille, avec l'ordonnance.
Huit fiches officielles couvrent tout : sept spécifiques et une fiche standard pour « tout autre type de pathologie »8. L'asthme et l'allergie sont à l'origine de 63 % des PAI demandés, suivis du diabète et de l'épilepsie — un chiffre de 2013-2014, le dernier publié, sur 99 744 élèves12.
| Situation | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Insuffisance surrénale (dont hyperplasie congénitale) | PAI prévu par le protocole national. Consigne type : prévenir les parents, doubler les doses d'hydrocortisone ; en cas de malaise, appeler le 15, donner du sucre s'il est conscient (1 sucre pour 20 kg), injection intramusculaire d'hémisuccinate d'hydrocortisone35. Le produit injectable est une poudre à reconstituer36 : ce n'est pas un geste « simple » au sens de la circulaire, et le texte ne dit pas qui l'injecte à l'école. Écrivez-le explicitement (parents, secours, infirmier). |
| Hémophilie | PAI « si la famille le souhaite » ; ni AINS ni aspirine, ni injection intramusculaire ; traumatisme crânien pris en charge comme grave même sans signe neurologique immédiat ; ecchymose : compression et glace ; sports contre-indiqués à préciser37. |
| Migraine | Traitement de crise le plus tôt possible : ibuprofène en première intention ; de 12 à 17 ans, le sumatriptan nasal est efficace38 ; pas d'anti-inflammatoire en cas de varicelle34. Une aura visuelle habituelle n'est pas un signe de gravité : ce sont les signes inhabituels qui doivent faire appeler. Un PAI n'est utile que si les crises surviennent à l'école et que le traitement doit y être donné. |
| TDAH sous méthylphénidate | Un PAI est nécessaire si un médicament est pris sur le temps scolaire ; mais la forme à libération prolongée est recommandée en première intention39 et, prise le matin, évite en général la prise de midi — donc le PAI. |
| Mucoviscidose | Extraits pancréatiques à chaque repas, besoins en sel augmentés par la chaleur et l'effort40 : la prise au repas justifie le PAI (partie 2 et ordonnance), sans fiche d'urgence spécifique. |
| Troubles psychiques | La circulaire cite en toutes lettres les « troubles scolaires anxieux, troubles du comportement alimentaire, syndromes dépressifs »7. Les aménagements (temps partiel, lieu de repli) relèvent de la partie 2 ; la fiche d'urgence est rarement utile. |
Le PAI vaut pour toute la scolarité dans le même établissement ; ce qui se renouvelle chaque rentrée, ce sont l'ordonnance, la trousse et, si besoin, la fiche d'urgence7.
À imprimer et à donner aux parents. Le bouton ci-dessous n'imprime que cette partie.
Le PAI (projet d'accueil individualisé) est un document signé par l'école, vous, et le médecin de l'école. Il dit à l'équipe quoi faire si votre enfant a un problème de santé pendant la classe, la cantine ou une sortie.
Dès 2000, le protocole national sur les soins et les urgences à l'école prévoyait qu'« un projet d'accueil individualisé doit être prévu pour la prise en charge des enfants atteints de maladie chronique », et qu'une ordonnance du médecin traitant « doit être exigée pour un traitement à prendre pendant le temps de présence de l'enfant à l'école »44. La circulaire interministérielle de 2003 a organisé le dispositif pendant près de vingt ans ; celle de février 2021 l'a abrogée7.
Trois changements de 2021 comptent en consultation. Le périmètre psychique : troubles scolaires anxieux, troubles du comportement alimentaire et syndromes dépressifs sont désormais cités. Les voies d'administration : un document Eduscol de 2014 disait que le PAI ne permettait pas d'administrer un traitement « autre que par la voie inhalée, orale ou par auto-injection »45 ; la circulaire de 2021 y ajoute les voies cutanée, oculaire, nasale et « toute autre forme d'administration simple »7 — c'est ce qui ouvre la porte au glucagon nasal. Le troisième volet confié au médecin qui suit l'enfant, avec des fiches élaborées avec les sociétés savantes, pour la plupart révisées en 20238. Entre-temps, le « PAI dys » a disparu au profit du plan d'accompagnement personnalisé (PAP)4546.
Dans le registre européen de l'anaphylaxie, 332 des 3 450 anaphylaxies alimentaires de l'enfant (9,6 %) sont survenues en milieu éducatif, et l'adrénaline n'y a été donnée que dans 16,4 % des cas47. En France, une enquête toulousaine par questionnaire estimait la prévalence de l'allergie alimentaire chez l'écolier à 6,7 % (cumulée)48. Le consensus européen GA²LEN-EFA de 2025 demande un plan d'action écrit pour chaque élève allergique, une loi autorisant les écoles à détenir de l'adrénaline utilisable pour n'importe quel élève, et une protection juridique des personnels qui l'injectent49 ; l'EAACI suggère que les politiques scolaires reflètent les recommandations sur l'anaphylaxie50. Le diabète de type 1, lui, progresse : l'incidence avant 15 ans est passée en France de 15,4 à 19,1 pour 100 000 entre 2010 et 201551.
L'hypothèse la plus connue est née d'une observation de 1989 : le rhume des foins était moins fréquent chez les enfants ayant beaucoup de frères et sœurs aînés, ce qui a suggéré qu'une exposition précoce aux infections protégeait des allergies — l'« hypothèse hygiéniste »52. Elle a été amendée depuis, et reste une hypothèse. Un essai a en revanche montré qu'une partie du problème tenait à nos propres consignes : chez des nourrissons à risque, introduire l'arachide tôt plutôt que l'éviter a fait passer la fréquence de l'allergie à 5 ans de 13,7 % à 1,9 % (nourrissons à test cutané initialement négatif)53. L'hypothèse qui en découle, et qui reste une hypothèse à l'échelle d'une population : l'éviction, longtemps recommandée pour protéger, a pu contribuer à ce qu'elle voulait prévenir — un décalage entre un système immunitaire façonné par l'exposition et un environnement qui la supprimait.
Le dispositif suppose un médecin traitant, un médecin de l'Éducation nationale disponible, des parents qui lisent les consignes et une mairie qui signe pour la cantine. Quand l'enfant n'a pas de médecin traitant, rappelons que la partie 3 peut être remplie par le médecin de l'Éducation nationale ou de PMI7. Le PAI ne vaut au périscolaire que si l'organisateur le signe7, et la formation des animateurs varie d'une commune à l'autre. Les familles non francophones ont besoin d'un interprète pour la réunion de PAI : aucun des textes lus ne le prévoit. Enfin, la tension sur le glucagon nasal30 pèse d'abord sur les familles qui ne peuvent pas multiplier les pharmacies.