Covid-19 : une ventilation insuffisante des lieux clos peut entraîner une transmission aérienne même à longue distance | Atlantico.fr

Des passagers portant des masques consultent leurs téléphones portables dans un bus à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l’est de la Chine, le 24 mars 2020.

Des passagers portant des masques consultent leurs téléphones portables dans un bus à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2020.Des passagers portant des masques consultent leurs téléphones portables dans un bus à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2020.

© STR / AFP

Risques de contaminations

Covid-19 : une ventilation insuffisante des lieux clos peut entraîner une transmission aérienne même à longue distance

Des chercheurs chinois ont étudié la possibilité de transmission aéroportée du Covid-19 et les conditions de ventilation pour son apparition. Les taux de ventilation dans des bus ont été mesurés. Selon leurs conclusions, une ventilation insuffisante a joué un rôle dans les contaminations. Fournir une ventilation suffisante réduit l’infection.

Des chercheurs chinois ont effectué des tests pour déterminer si une mauvaise circulation de l’air dans un autobus pouvait augmenter le risque de contagion de la Covid-19, sur des sujets pour la plupart masqués. Cette étude porte sur la circulation du SARS-CoV-2 dans un milieu fermé et mal ventilé. Selon leurs conclusions, une ventilation insuffisante a joué un rôle dans les contaminations. Quels sont les risques pour des individus vaccinés et/ou masqués ?

Pr Michaël Rochoy : Les risques pour les individus vaccinés, c’est d’être contaminé. Le vaccin réduit ce risque là.  Il va permettre de réduire les formes graves menant à une hospitalisation si le patient est contaminé. Il n’est cependant pas efficace à 100 %. Concernant le risque de contamination, il est donc possible d’être contaminé dans un bus.

Le masque chirurgical permet de protéger son environnement. Il permet de protéger les autres. Le chirurgien porte un masque quand il opère au bloc pour protéger son patient. Si l’on souhaite se protéger soit même, il faudra alors privilégier le port du masque FFP2. Il en va de même pour un ouvrier du BTP qui porte ce type de masque pour éviter d’inhaler des poussières fines.

En France, tout le monde porte un masque chirurgical, nous n’avons pas spécialement de masque FFP2. C’est important de continuer à porter le masque, car nous sommes toujours, dix-huit mois après le début de la pandémie, dans une phase épidémique.

 

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De nombreuses personnes pensent qu’on n’arrêtera jamais de porter de masque, ça n’est évidemment pas vrai, le port du masque s’arrêtera lorsqu’on sortira de la pandémie.

Avant la pandémie, quelqu’un qui venait se soigner chez le médecin pour un problème de rhume n’était pas ausculté pour savoir à quel type de virus le patient était affecté. C’est désormais le cas aujourd’hui, le soignant va vouloir savoir s’ il s’agira du SARS-CoV-2 ou non.

Il nous faut éviter les contaminations pour éviter la propagation du virus, mais aussi une saturation du système de santé, et le coût lié aux tests PCR, nous avons tout intérêt à protéger l’ensemble de la population.

Les personnes positives doivent s’isoler une dizaine de jours.

Aujourd’hui porter un masque, si on est malade, ne devrait pas rendre positif au Covid-19 les autres passagers d’un bus.

Quel est selon vous l’intérêt des résultats de cette étude ? Êtes-vous surpris ?

Ça n’est pas du tout surprenant. Des études similaires ont été effectuées dans des crèches, des écoles, voire des immeubles et restaurants. Globalement ça rappelle le risque de transmission par aérosols à distance. Les gens mélangent parfois

Certaines personnes mélangent aussi le phénomène de transmission sans savoir de quoi est ce qu’il s’agit.

Ce que nous appelons les postillons n’est qu’un terme courant qui regroupe l’ensemble des projections, qu’il s’agisse de gouttelettes ou d’aérosols, qui peuvent stagner dans l’air et l’environnement plus longtemps.

 

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Il est ainsi possible de se faire contaminer à proximité mais aussi par distance par des aérosols.

Les résultats de cette étude montrent que l’on peut aussi se faire contaminer par aérosols à distance, même si cette situation est relativement rare.

La situation la plus fréquente de contamination provient d’une exposition d’aérosols à proximité.

Il est aussi possible d’être exposé à la Covid-19 via des gouttelettes à proximité ou par aérosols à distance.

Quelles sont les précautions à prendre quand on doit prendre le train, la voiture ou le train, en pleine pandémie ?

Il est nécessaire de garder le masque, car si quelqu’un est malade, même sans symptômes, cela lui évitera de contaminer d’autres personnes.

Si on se sent particulièrement vulnérable ou à risque dans une situation ou le port du masque ne paraît pas suffisant, il est nécessaire de s’équiper d’un masque FFP2 pour maximiser la protection à la Covid-19.

La vaccination reste un moyen évident pour se protéger.

Il faut passer moins de temps à s’inquiéter du nettoyage des poignées de portes ou des surfaces, c’est surtout la qualité de votre ventilation qui permettra de réduire la circulation du virus.

Dans un véhicule, que ce soit un bus ou une voiture, mieux vaut utiliser un système de circulation de l’air en circuit ouvert, afin que l’air ne soit pas toujours brassé à l’intérieur.

Vous pouvez aussi aérer l’autobus en ouvrant les fenêtres, mais sans pour autant retirer votre masque, tant que le trajet dure.

 

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Mais quel risque représente le Covid-19 pour les enfants quand on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ?

 

 Source: Covid-19 : une ventilation insuffisante des lieux clos peut entraîner une transmission aérienne même à longue distance | Atlantico.fr

Mais quel risque représente le Covid-19 pour les enfants quand on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? | Atlantico.fr

Atlantico : Quel risque représente la Covid-19 pour les enfants quant on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? On sait qu’aujourd’hui les enfants courent un risque relativement faible après une infection à la Covid-19. Et en comparaison, est-ce qu’il existe des maladies circulant en France bien plus dangereuses pour les enfants comme la grippe ou la pneumonie ?

Dr Michaël Rochoy : La Covid-19 n’a, pour l’instant et fort heureusement, pas encore circulé massivement chez les enfants. Il y a eu une protection dans les premiers temps de l’épidémie avec le confinement généralisé. Ensuite, il y a eu la reprise de l’école parce que l’on était à un niveau faible en mai 2020. Après il y a eu les vacances scolaires, les grandes vacances puis après nous avons laissé circuler le virus en septembre lors de la rentrée 2020. Cela a tellement augmenté et la situation était tellement complexe que le masque a été imposé à partir de novembre 2020 puis il n’a jamais été retiré jusqu’au dernières mesures d’allègements dans certains départements le 4 octobre. On n’a donc pas laissé circuler le virus du Covid chez les enfants.

Comparé à d’autres épidémies, comme la grippe, que l’on laisse circuler habituellement, c’est difficile. La Covid-19 a entraîné, chez les enfants de 0 à 9 ans, dix décès. Chez les 10-19 ans, quinze jeunes sont morts de la Covid-19 depuis le début de la pandémie en France.

 

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La grippe peut aussi entraîner des complications chez les enfants. Certains peuvent être hospitalisés en raison d’une grippe, d’une pneumonie, en raison de gastro-entérites. D’autres maladies évidemment peuvent impacter les enfants. La Covid-19 n’est pas du tout la seule maladie qui touche les enfants. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille laisser circuler la Covid-19. Par ailleurs, les mesures barrières qui sont prises pour la Covid-19 chez les enfants et les adultes sont aussi des mesures barrières contre toute virose respiratoire et efficaces contre la grippe.

Les infections respiratoires touchent-elles le plus les enfants ?

Les infections respiratoires touchent fréquemment les enfants. Les gastro-entérites aussi sont très fréquentes. Les enfants sont par nature moins immunisés que la plupart des adultes. Ils ont moins d’anticorps et sont plus sujets à faire des infections virales contre lesquelles ils n’ont pas encore d’anticorps.  Ils vivent aussi en communauté avec d’autres enfants qui sont aussi facilement malades. Ce n’est pas une surprise que les enfants soient régulièrement malades. En consultation de médecine générale, nous avons fréquemment des enfants malades plus que de jeunes adultes

L’explication est-elle liée au fait qu’ils ne développent pas d’anticorps ?

Ils sont plus susceptibles d’être confrontés pour la première fois de leur vie à des infections virales, alors que lorsque l’on est adulte, on a  déjà été confronté à certaines infections virales quand on a été enfant.

 

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Un très mauvais exemple serait la rougeole. On ne contracte plus la maladie car nous sommes vaccinés. Les adultes avant 1976 ont quasiment tous fait la rougeole quand ils étaient enfants.

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Les mesures de prévention chez les enfants permettent de prévenir les infections individuelles mais cela a aussi un intérêt collectif. Se protéger du Covid chez les enfants permet de limiter la circulation du virus en population générale, donc y compris chez les adultes, y compris chez les adultes immunodéprimés ou les personnes n’ayant pas encore eu leur troisième dose du vaccin.

En France, 84 décès par an sont attribués à la grippe chez les enfants de moins de 14 ans. Mais la surveillance est beaucoup plus importante sur le Covid. Beaucoup plus de personnes sont testées et suivies.

Mis à part les épidémies qui se transmettent par voie aérienne, doit-on se méfier d’autres maladies et qui seraient aussi à risque chez les enfants ? La pneumonie se transmet-elle par exemple de la même manière que le Covid-19 ?

La pneumonie peut aussi se transmettre de façon respiratoire.  Mais ces infections sont respiratoires et généralement bactériennes. Cela peut aussi venir de surinfections bactériennes.

En dehors de la période néonatale, la mortalité des 1-14 ans, il y a à peu près 1.000 décès par an, selon les chiffres de l’Insee. Pour les maladies infectieuses, cela représente 40 décès de 1 à 14 ans.

Avec la Covid-19, sur les deux derniers mois, on a 9 décès de 10 à 19 ans en deux mois. Laisser circuler le virus chez les enfants ne serait donc pas une bonne idée. Avec les restrictions sanitaires depuis le début de la pandémie, les vacances, le port du masque, le « laisser circuler » chez les enfants n’a jamais vraiment eu lieu en France de manière trop importante.

 

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Depuis deux mois, avec un relâchement des gestes barrières grâce à la vaccination en partie, on laisse un peu plus circuler le virus avec notamment l’allègement du port du masque dans certaines conditions. En deux mois, nous sommes déjà à neuf décès. Si l’on extrapole sur un an, nous pourrions atteindre 36 décès Covid chez les 0-19 ans.

A titre de comparaison, en 2016, il y avait une quarantaine de décès de causes infectieuses.

La Société de pédiatrie a confirmé ce constat dans Marianne en indiquant que le virus tuera très peu d’enfants à l’école. Si on le laisse circuler ce ne serait pas dramatique. C’est donc « accepter » 40 décès. On a « accepté » 400 décès d’adultes par jour. Qu’est-ce que nous sommes prêts à accepter en termes de décès pédiatriques ? Accepterait-on de passer de 40 à 80 décès ? Pour moi non. Il faut limiter au maximum le nombre de décès pédiatriques. Cela peut passer par des mesures de prévention qui sont globalement bien acceptées et qui ne présentent pas de risques, cela en vaut peut-être la peine.

Avec cette période de pandémie, nous avons la perspective de pouvoir vacciner les enfants, sous réserve d’avoir des études rassurantes. A titre de contre-exemple, la Suède a décidé d’interrompre l’utilisation du vaccin Moderna pour les 20-30 ans suite à des risques de myocardite. Nous ne sommes donc pas sûrs de pouvoir vacciner les enfants. Des études sont en cours. Il faut que les études puissent être menées sur le long cours avant d’adopter une stratégie visant à laisser circuler le virus.

Comparer la Covid-19 avec les autres maladies n’est finalement pas une bonne chose puisque nous n’avons pas les mêmes mesures. Mais est-ce que les protocoles du Covid sont aussi déployés dans d’autres types de maladies ? Lors d’une épidémie de grippe dans une école, est-ce que des mesures barrières sont déployées ?

Malheureusement non. Espérons que la pandémie permette de changer cela. Le port du masque pourrait être un bon réflexe lorsque l’on est malade. Les stratégies déployées avec la Covid-19 ne sont pas non plus idéales. Le gouvernement a indiqué notamment que lorsqu’un enfant est malade dans une école, dans certains départements, on va tester tout le monde  le lendemain. C’est stupide car il s’agit d’un virus qui a un délai d’incubation de quatre jours.  En testant tout le monde le lendemain, tout le monde va être négatif, sauf des gens qui auraient été positifs sans le savoir avant. On laisse également les élèves en classe sans rien faire. Cela montre une très mauvaise compréhension.

Si l’on considère que ce qui importe c’est de laisser au maximum les classes ouvertes pour des raisons sociétales qui sont larges, pour l’éducation des enfants mais aussi les parents peuvent se rendre au travail sans souci concernant la garde des enfants, s’il faut à tout prix que les enfants restent à l’école, alors on peut se dire dans une classe où il y a eu un cas, on va partir du principe que des enfants ont pu être contaminés et vont donc à leur tour être contaminateurs. Pour éviter cela, comme on est dans une situation à surrisque, on remasque tout le monde pour une période de quinze jours. On masque les potentiels contaminateurs et ainsi ils ne pourront pas contaminer. Cela voudrait dire que certains messages ont été retenus de cette pandémie comme porter un masque pour protéger les autres. Mais cela n’est pas mis en place. Cela montre bien qu’il n’y a aucune compréhension de la pandémie et qu’il n’y aura pas de mesures qui vont être prises même pour les prochaines épidémies de grippe. Je pense qu’il n’y aura pas de port du masque. Les messages nationaux ne semblent pas partis pour aller dans ce sens.

Source: Mais quel risque représente le Covid-19 pour les enfants quand on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? | Atlantico.fr

Covid : une quarantaine pour les personnes vaccinées ? Attention à la rumeur !

Une rumeur qui fait le tour des réseaux sociaux. Le professeur Christian Perronne, ancien chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital Raymond-Poincaré (Garches, Hauts-de-Seine), explique dans une vidéo que les personnes vaccinées seraient dangereuses cet hiver et qu’il faudrait les mettre en quarantaine. S’exprimant en anglais, le médecin affirme, dans des propos relayés par 20 Minutes : “Les personnes vaccinées sont dangereuses pour les autres. Elles doivent se mettre en quarantaine durant les mois d’hiver, sous peine de risquer une maladie grave”.

En réalité, cet extrait est issu d’une interview accordée en septembre 2021 à un site complotiste et il a été repris en masse sur les réseaux sociaux par des opposants au vaccin. Interrogé par le quotidien, le médecin généraliste Michaël Rochoy décrypte les propos du professeur Perronne : “Dans sa tête, les gens vaccinés auraient davantage tendance à être asymptomatiques. Donc, ils auraient plus tendance à transmettre le virus. Mais les chiffres le montrent, c’est faux”.

Faut-il mettre en quarantaine les Français qui ont reçu leurs deux doses, voire leur troisième injection pour certains ? A cette question, le médecin répond à 20 Minutes : “Quasiment tout le monde est vacciné en France, pourquoi isoler la majorité de la population ? Les personnes vaccinées ont au contraire plus de chance de faire une forme bénigne de la maladie”. Les études menées ces derniers mois ont montré que les personnes vaccinées avaient moins de risques de contracter des formes graves de la maladie, mais aussi de transmettre le virus aux autres. Selon la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques, “les entrées en soins critiques pour un million de personnes sont 11 fois moindres parmi les personnes complètement vaccinées que parmi les personnes non vaccinées”.

Source: Covid : une quarantaine pour les personnes vaccinées ? Attention à la rumeur !

Covid-19 : Bientôt une troisième dose de vaccin pour tout le monde ?

Un panneau pour le rappel vaccinal, à Nice. — SYSPEO/SIPA
    • La Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé ce mercredi une troisième dose de vaccin pour les « soignants, transports sanitaires et professionnels du secteur médico-social ».

 

    • Un rappel est déjà recommandé pour les résidents des Ehpad et les personnes immunodéprimées.

 

    • La généralisation de cette recommandation à l’ensemble de la population ne semble plus très loin.

 

La troisième dose de vaccin anti-coronavirus sera bientôt une réalité pour plus de 20 millions de Français et de Françaises, si on en croit les dernières recommandations de la
Haute autorité de santé (HAS). Ce mercredi, l’organisme a recommandé un rappel de vaccin pour les « soignants, transports sanitaires et professionnels du secteur médico-social ». Il a été suivi par le gouvernement.

Le dernier avis de la HAS ouvre désormais la porte à un rappel plus global de la population, devant la perte d’efficacité des vaccins au bout d’environ six mois. Va-t-on tous recevoir une troisième dose de vaccin ? 20 Minutes fait le point.

Où en est-on aujourd’hui sur la 3e dose ?

Avant aujourd’hui, certaines populations étaient déjà éligibles à une troisième dose de vaccin en France. Au total, 18 millions de personnes : les plus de 65 ans, les personnes à risque comme les obèses et les diabétiques… Quatre millions de personnes supplémentaires vout être concernées en plus avec la recommandation de la HAS : les personnels soignants et l’entourage des personnes immunodéprimées.

Difficile pour le moment de donner un nombre précis de personnes effectivement vaccinées une troisième fois. Grace au site Vaccin tracker, qui compile les données de Santé publique France, on sait seulement que depuis trois semaines il y a en moyenne 40.000 injections par jour. Au moins un million de personnes auraient donc déjà reçu la fameuse troisième dose de vaccin.

Une troisième dose pour tous et toutes est-elle justifiée scientifiquement ?

Tout dépend de l’objectif poursuivi. Si l’on cherche à limiter les cas graves, Michaël Rochoy, médecin spécialiste en épidémiologie interrogé par 20 Minutes, doute de la pertinence de la troisième dose. « Le gain sera probablement mineur, et encore plus pour les moins de 65 ans », pense-t-il. En revanche, ce rappel peut être intéressant si l’objectif est d’abaisser les risques de contaminations, car les études montrent effectivement une baisse de l’immunité quatre à six mois après la dernière dose de vaccin.

Dans le but de lutter contre les contaminations, la troisième dose pour les personnels soignants paraît en revanche tout à fait justifiée, pour le médecin. « Il faut faire baisser les transmissions dans ce qu’on pourrait appeler les nœuds de contamination. Les lieux de soin en sont. Dans ce contexte, le rappel vaccinal pour les soignants pourrait faire baisser le R0 », (le taux de reproduction du virus).

Quand le rappel pourrait-il être mis en place ?

La HAS ouvre la porte à une troisième dose pour tous et toutes dans son dernier avis mais reste très floue sur le « quand » : « Dans les mois qui viennent », indique-t-elle. Si c’est la ligne des six mois après la dernière dose de vaccin qui compte, celle-ci arrive par exemple bientôt pour les plus de 55 ans qui ont pu se vacciner dès le 12 avril (et recevoir une deuxième dose trois semaines ou un mois plus tard).

Toutefois, les centres de vaccination dans lesquels ont eu lieu la majeure partie des premières et deuxièmes injections sont en train d’être démantelés afin de rendre notamment des gymnases à leur première destination. « Les centres étaient pertinents quand on avait peu de doses. Ça n’avait pas de sens de livrer un flacon de vaccin toutes les trois semaines à des médecins. Il valait mieux en livrer beaucoup dans peu d’endroits », estime Michaël Rochoy, qui ne voit là aucun obstacle à l’injection d’une troisième dose. Le médecin interrogé par 20 Minutes pense que cette éventuelle troisième dose pourrait très bien être réalisée par des médecins généralistes ou dans des pharmacies.

Une troisième dose dans les pays développés, un problème pour les pays pauvres ?

Depuis le début des campagnes de vaccination dans la plupart des pays riches, l’OMS ne cesse de rappeler qu’il ne faut pas oublier les pays pauvres, moins bien dotés en doses de vaccin. Ce fut peine perdue quand l’organisme international a demandé de privilégier les pays les moins avancés par rapport aux moins de 18 ans dans les pays riches. On se dirige vers le même schéma pour la troisième dose. Il y a seulement un mois, le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, réaffirmait ne pas souhaiter « voir une utilisation généralisée des doses de rappel pour les personnes en bonne santé qui sont entièrement vaccinées ».

Pour Michaël Rochoy aussi la priorité devrait être de vacciner les pays les moins favorisés. Pour une raison d’abord « humaine » : « Le risque est que l’épidémie galope dans ces pays où la couverture vaccinale est non seulement moins bonne mais la capacité de soins aussi beaucoup moins importante. Donc avec un taux de mortalité bien plus élevé. »

Et également pour une raison plus « égoïste » : laisser circuler le virus ailleurs, c’est prendre le risque de voir se développer un nouveau variant, possiblement plus résistant aux vaccins. « C’est pour l’instant de la science-fiction, mais c’est un risque qui existe », rappelle le médecin.



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Source: Covid-19 : Bientôt une troisième dose de vaccin pour tout le monde ?

Coronavirus : Non, les personnes vaccinées ne doivent pas se mettre en quarantaine cet hiver

Fermeture du centre de vaccination du Palais des expositions, à Nice. (Illustration) — SYSPEO/SIPA
    • Depuis quelques jours, une vidéo du professeur Christian Perronne, ancien chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine) est très partagée sur les réseaux sociaux.

 

    • Dans celle-ci, le pourfendeur des mesures sanitaires contre le coronavirus et défenseur de l’hydroxychloroquine affirme que les personnes vaccinées sont dangereuses et qu’elles vont devoir se mettre en quarantaine durant les mois d’hiver, sous peine de risquer un variant grave du Covid-19.

 

    • Avec les éclairages de l’AP-HP, 20 Minutes a mené l’enquête.

 

« Les personnes vaccinées sont dangereuses pour les autres. Elles doivent se mettre en quarantaine durant les mois d’hiver, sous peine de risquer une maladie grave. » Dans une vidéo en anglais qui circule beaucoup sur les réseaux sociaux, Christian Perronne tient une position tranchée sur les vaccins anti-
Covid-19 et alerte sur l’émergence de nouveaux variants. L’ancien chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine),
qui a été démis de ses fonctions par le directeur de l’AP-HP en décembre 2020, explique que le danger de contracter une forme grave du coronavirus a été établi par des médecins israéliens. « Les risques sont multipliés par 10 à chaque injection du vaccin ! », insiste-t-il.

Une vidéo virale du Pr Perronne donne raison raison aux antivaccin.
Une vidéo virale du Pr Perronne donne raison raison aux antivaccin. – Capture d’écran

A la suite de cette vidéo, extraite d’une interview donnée à un site complotiste publiée à la mi-septembre 2021, des
opposants au vaccin contre le Covid-19 n’ont pas tardé à réagir sur les réseaux sociaux. « Il serait temps d’écouter les vrais experts », plaide un internaute. D’autres expliquent que Christian Perronne a « une vision éclairée et engagée » de la crise sanitaire actuelle.

Le vaccin met-il en danger les personnes qui l’ont reçu ? 20 Minutes a mené l’enquête.

FAKE OFF

« C’est faux ! », s’exclame Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science ». « Dans sa tête, les gens vaccinés auraient davantage tendance à être asymptomatiques. Donc, elles auraient plus tendance à transmettre le virus. Mais les chiffres le montrent, c’est faux. » Dans une étude publiée le 28 juin, l’institut Pasteur rappelle qu’« une personne non-vaccinée a douze fois plus de risques de transmettre le SARS-CoV-2 qu’une personne vaccinée ».

Pour les personnes vaccinées contre le Covid-19, la quarantaine est un non-sens, poursuit Michaël Rochoy. « Quasiment tout le monde est vacciné en France, pourquoi isoler la majorité de la population ? Les personnes vaccinées ont au contraire plus de chance de faire une forme bénigne de la maladie. » Dans une étude réalisée en août, la Dress souligne que « les entrées en soins critiques pour un million de personnes sont 11 fois moindres parmi les personnes complètement vaccinées que parmi les personnes non vaccinées ».

En conclusion, les études et les spécialistes montrent que, non seulement les personnes vaccinées ont moins de chance de transmettre le Covid-19, mais elles développent également moins souvent des formes graves de la maladie. La vaccination contre le Covid-19 en France aurait permis d’éviter 39.100 admissions en soins intensifs (avec une fourchette comprise entre 26.100 et 57.100) et 47.400 décès (entre 36.200 et 62.800), a même avancé une récente étude menée par l’université de Montpellier avec les CHU de Nîmes et de Caen.



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Epidémie de Covid-19 : pourquoi il y a des raisons d’être optimiste – Le Parisien

Sur le front de l’épidémie, le ciel est bleu. Les voyants sont au vert, malgré un léger frémissement à la hausse dans certaines zones. Conséquence, le port du masque au primaire est levé dans 47 départements.

Même si l'épidémie repart cet hiver, les experts ont une certitude : «Grâce à la vaccination, on n’aura plus 300 à 400 morts par jour». LP/Philippe Lavieille
Même si l’épidémie repart cet hiver, les experts ont une certitude : «Grâce à la vaccination, on n’aura plus 300 à 400 morts par jour». LP/Philippe Lavieille

Le 1 octobre 2021 à 05h39

En entendant la radio débiter la météo froide du jour, Dominique Costagliola a tiqué : « Tiens, voyons voir si ça changera le cours de l’épidémie », a pensé la scientifique. Mais pour l’instant, l’horizon est bien dégagé dans le ciel du Covid, d’un bleu invariable, excepté en outre-mer. Non seulement la rentrée des classes n’a pas créé le rebond redouté mais l’incidence baisse pour la septième semaine consécutive s’écrasant à un taux exceptionnellement bas : en moyenne, en France, 55 personnes sont contaminées sur 100 000, ce qui correspond à près de 5 000 nouveaux cas par jour.

C’était, rappelez-vous, le seuil fixé, et jamais atteint, pour déconfiner la France au 15 décembre 2020. « Pour l’instant, la trajectoire est bonne », a résumé, tout en restant prudent, le ministre de la Santé, ce mercredi.

Voilà pourquoi le gouvernement vient de lâcher du mou dans les 47 départements les moins touchés par l’épidémie. À partir du lundi 4 octobre, les élèves du primaire pourront faire tomber le masque à l’école. Et les jauges, fixées dans certains lieux comme les salles de concert et discothèques, vont également disparaître.

Une mesure qu’on aurait pu un peu retarder, estime Dominique Costagliola. « Même si on aimerait tous que ces restrictions prennent fin, on aurait pu attendre de voir si l’accalmie se confirmait encore quelques semaines ». Dans son viseur, la légère remontée du nombre de cas dans 14 départements métropolitains. « Il y a la Sarthe, le Maine-et-Loire, la Mayenne, le Tarn… », égrène l’épidémiologiste, en lisant les chiffres de Covid Tracker, outil de suivi de l’épidémie.

Si ces indicateurs pourraient être le premier signe d’une reprise à venir, l’incidence reste tout de même basse dans ces départements. Prenons l’exemple de la Charente. Malgré une hausse de 81 % du nombre de cas en une semaine, il n’y a que 60 cas positifs pour 100 000 habitants, preuve que le virus est peu présent. « Il suffit parfois de quelques clusters pour faire varier les taux, ce sont plutôt des frémissements que des vraies remontées », commente le médecin Michaël Rochoy, cofondateur du site Stop-postillons.

« Cela ne veut pas dire qu’il faut baisser la garde »

Reste que les spécialistes doutent de la pertinence de se passer du masque du CP au CM2. « Parmi les mineurs, c’est dans cette classe d’âge que l’on se contamine le plus. Là, il faut m’expliquer la logique », tacle Dominique Costagliola. « C’est très imprudent », abonde le docteur Rochoy, d’autant que cette mesure coïncide avec un changement de politique de tests, devenant payants dès le 15 octobre. Résultat, le diagnostic risque d’être retardé. « Il faudra une ordonnance du médecin pour être dépisté gratuitement, en cas de symptômes. Ce délai peut profiter au virus et entraîner, en plus, une surcharge du système de santé », poursuit-il.

Cette nouvelle stratégie risque aussi de se traduire par une période de flou, rendant complexe la lecture de l’épidémie. Dominique Costagliola le résume de cette formule : « Quand vous changez le thermomètre, il est difficile de suivre l’évolution de la fièvre ».

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Aujourd’hui, la situation est très variable d’un pays à l’autre : plutôt bonne en Allemagne et en Espagne, critique en Angleterre. « On n’est pas dans une extinction massive de l’épidémie partout, prévient Eric Espinosa, chercheur à l’Inserm. Avec les flux de voyageurs, les infections pourraient repartir ». Et l’entrée progressive dans l’hiver devrait plaire au virus. « Il se transmet sûrement plus rapidement lorsque l’air est froid mais ce n’est pas aussi clair que pour la grippe. On l’a vu, il y a eu une nouvelle vague cet été. En revanche, c’est l’évolution de nos comportements qui vont lui être favorables », détaille-t-il.

À cette période, on vit les fenêtres fermées, calfeutré à la maison. Des conditions dont le Sars-Cov-2 raffole pour se multiplier. Les inconnues sont nombreuses : à quel point les gestes barrière vont-ils être délaissés ? Le taux de vaccination va-t-il encore monter ? Comment le variant Delta va-t-il se comporter cet hiver ? Les experts ont une certitude : « Grâce à la vaccination, on n’aura plus 300 à 400 morts par jour, résume le docteur Rochoy. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut baisser la garde, surtout pas ».

Coronavirus : Pourquoi la nouvelle expérimentation dans les écoles est-elle déjà critiquée ?

Jean-Michel Blanquer veut limiter la fermeture des classes en primaire et en maternelle. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
    • Jean-Michel Blanquer a annoncé ce mardi que dans certains départements, les classes ne seront plus fermées en primaire si un élève est positif. Les autres élèves seront simplement testés.

 

    • Un dispositif censé garantir l’accès des classes aux élèves, mais qui peut sembler peu fiable sur plusieurs des aspects.

 

    • Cette expérimentation est d’ailleurs loin de faire l’unanimité au sein de la communauté médicale.

 

Afin de conforter l’un des mantras du gouvernement durant toute la crise du coronavirus, à savoir garder au maximum
les écoles ouvertes et les cours en présentiel, le ministre de l’Education
Jean-Michel Blanquer a dévoilé ce mardi un
nouveau dispositif expérimental pour éviter au maximum les fermetures de classe.

Jusque-là, toutes les classes d’école maternelle et de primaire fermaient au premier cas positif au Covid-19, pour un total de 2.366 classes fermées lors du dernier décompte officiel vendredi dernier, soit 0,45 % des classes nationales. Ce chiffre était en baisse par rapport à la semaine précédente, où on dénombrait alors 3.299 classes fermées. Une expérimentation locale vise, en cas d’élève positif dans une classe de maternelle ou de primaire, à tester toute la classe : les élèves positifs, et ceux refusant de se faire tester, seraient contraints de faire du distanciel, mais les élèves négatifs pourraient continuer à suivre le cours en présentiel. Cette nouvelle règle devrait s’appliquer « dans une dizaine de départements, probablement dès le début de la semaine prochaine », a annoncé le ministre sur France Info.

Un timing critiqué

Jean-Michel Blanquer justifie sa mesure par une meilleure situation épidémique et une incidence en baisse sur toutes les classes d’âge, même chez les enfants malgré la rentrée. S’il s’agit pour le moment d’une expérimentation, celle-ci ne fait déjà pas l’unanimité. A commencer par son timing. L’automne arrive,
une période propice à une nouvelle vague selon le Conseil scientifique : avec la multiplication des lieux clos et le retour de la population en présentiel au travail et en classe, l’épidémie peut reprendre. Mais au-delà de la saisonnalité, l’annonce de Jean-Michel Blanquer tombe aussi moins d’une semaine après la décision du gouvernement de
retirer le masque chez les élèves de primaire dans les départements où l’incidence est inférieure à 50. « C’est très curieux de multiplier les mesures favorisant l’épidémie. Il serait plus logique d’y aller une par une et petit à petit, de se montrer prudent », se désespère Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Au rayon des points positifs, le médecin en relève deux : déjà évidemment, le fait de garder les classes ouvertes, et la multiplication des tests chez les enfants. Cela rejoint le dernier avis du Conseil scientifique, publié le 13 septembre, qui recommande de tester hebdomadairement les enfants, « permettant alors de ne renvoyer chez eux que les enfants détectés positifs, et non tous les élèves de la même classe ».

Un seul test, vraiment suffisant ?

Sauf que l’expérimentation de Jean-Michel Blanquer n’évoque pour le moment qu’un seul test, ce qui en fait un élément peu fiable pour connaître l’épidémie dans la classe. En effet, la contamination au coronavirus prend plusieurs jours à se traduire par un test positif. Si un élève A est testé positif un lundi et contamine un élève B le jour même, un test le mardi sera négatif pour l’élève B. Elève qui pourra alors contaminer le reste de sa classe par la suite, voire même d’autres élèves d’autres classes. « En réalité, il faudrait tester les élèves avant le moindre cas positif. Les tester après n’a pas vraiment de sens, surtout avec l’abandon du masque. Bien sûr que le voisin d’un élève positif sans masque sera contaminé, ce n’est même pas le temps de tester », clame Michaël Rochoy.

Un plan qui donc laisse de nombreux trous potentiels dans la raquette, et peut entraîner une flambée des cas selon le chercheur : « L’avantage d’une classe fermée, c’est que les contaminations étaient de fait impossibles. » Là, tout faux négatif peut devenir contaminant pour le reste de la classe, mais aussi de l’école.

Inquiétude auprès des enseignants

Les enseignants de primaire et de maternelle n’accueillent pas nécessairement bien la nouvelle non plus. « On expérimente une circulation haute du virus chez les enfants, et donc sur notre lieu de travail », peste André*, enseignant en primaire. Double vacciné mais faisant partie des populations à risque, il s’inquiète de ce dispositif : « Si ça arrive dans ma classe, je me demanderai toujours si les enfants présents sont contaminés ou non. Un test peut facilement être faux, surtout que le test n’a même pas été précisé ! ». Difficile effectivement de savoir s’il s’agira d’un test salivaire, antigénique ou PCR, qui n’ont pas la même fiabilité.

A ce risque sanitaire s’ajoute une autre contrainte de taille : faire classe avec des élèves à la fois en présentiel et à la fois en distanciel. « Je ne peux pas me diviser », plaide André. L’expérimentation n’a pas encore commencé qu’elle semble déjà impopulaire.

*Le prénom a été modifié.



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Source: Coronavirus : Pourquoi la nouvelle expérimentation dans les écoles est-elle déjà critiquée ?

Covid-19 : les quatre raisons qui font craindre une cinquième vague à l’automne

Publié le 23/09/2021 à 17:27 | Mis à jour le 24/09/2021 à 18:13

Il y avait foule samedi rue Nationale à Tours.
L’arrivée de l’automne fait craindre une reprise épidémique en France dans les prochaines semaines
© (Photo NR, Hugues Le Guellec)

Alors que l’épidémie de coronavirus ralentit partout en France et que le gouvernement a fait un premier pas vers la levée des restrictions, les spécialistes craignent une cinquième vague du Covid-19 dans les prochaines semaines.

Alors que le gouvernement a annoncé la fin du port du masque obligatoire dans les écoles de certains départements, les spécialistes craignent que la France connaisse une nouvelle flambée épidémique à l’automne.

Quelles sont les raisons de cette crainte ? La cinquième vague est-elle inévitable ? La Nouvelle République fait le point. 

A LIRE AUSSI. CARTE. Masque à l’école : les départements où l’obligation pourrait être levée

Chute des températures

La première raison qui fait craindre un regain de l’épidémie est avant tout le climat. En effet, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur un climat plus froid et humide qui favoriserait la circulation du virus. “Comme l’année dernière, le virus va se remettre à circuler”, prévient Arnaud Fontanet, professeur à l’Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique, dans le journal Le Parisien.

Un avis partagé par plusieurs de ses confrères. “On va assister à une hausse de la circulation du virus avec la baisse des températures”, abonde le médecin Michaël Rochoy sur Yahoo. C’est par ailleurs ce qui est arrivé à l’automne 2020 avec une seconde vague très forte. “

“L’année dernière quand l’automne est arrivé, cela a donné un coup de pouce très fort à l’épidémie. Ce scénario peut se produire de nouveau dans quelques semaines. Les simulations de l’Institut Pasteur montrent que l’arrivée de l’automne peut réactiver la propagation du virus”, a expliqué l’épidémiologiste Martin Blachier sur CNews

Fin du masque à l’école

C’est une annonce qui soulage de nombreux écoliers ainsi que leurs parents. A partir du 4 octobre, les enfants d’une quarantaine de départements devraient pouvoir tomber le masque en classe. Mais alors que les plus jeunes ne sont pas vaccinés contre le Covid, cette décision fait craindre une accélération de la circulation du virus dans les écoles, avant de se propager au reste de la société. 

“Si on retire le masque dans les écoles, on va avoir une circulation accrue du virus”, explique Michaël Rochoy à Ouest-France.  “Nous nous attendons à ce qu’un tiers des infections ait lieu chez les enfants et adolescents”, estiment les modélisateurs de l’Institut Pasteur pour 20 minutes.

De quoi craindre une vraie reprise épidémique, d’autant que les enfants de moins de 12 ans ne sont pas vaccinés et sont donc moins bien protégés face au variant Delta.

Part des non-vaccinés

La couverture vaccinale est d’ailleurs au centre des préoccupations de l’Institut Pasteur. Car la campagne de vaccination ralentit fortement depuis le mois de septembre. Si la France compte plus de 50 millions de primo-vaccinés depuis le 17 septembre, certaines catégories de population sont difficiles à atteindre. 

En effet, près de 20 % des plus de 80 ans ne sont toujours pas complètement vaccinés et plus de 40% des 12-17 ans sont dans le même cas.

Au total, comme le rappellel’épidémiologiste Catherine Hill sur BFMTV17 millions de Français ne seraient pas envore vaccinés. “Un peu plus de 9 millions d’enfants de moins de 12 ans et 8 millions de plus de 12 ans pas vaccinés. C’est comme ça que le virus circule et il va circuler partout “, prévient-elle.

A LIRE AUSSI. INFOGRAPHIES. 50 millions de primo-vaccinés en France, mais combien près de chez vous ? 

Relâchement des gestes barrières

Les comportements individuels sont aussi scrutés de près par les spécialistes. Ainsi, dès le début du mois de septembre l’Institut Pasteur lançait l’alerte. À cause du variant Delta plus virulent, “les personnes vaccinées sont moins bien protégées contre l’infection […] Il est donc important qu’ [elles] continuent à respecter les gestes barrières”. Conséquence selon cette projection, “l’arrêt de toutes mesures de contrôle pourrait conduire à un stress important sur le système hospitalier”. 

Le tout alors que Santé publique France constate dans son dernier bulletin de situation “une baisse de l’adoption de tous les gestes barrières depuis fin juin”. Ce qui peut engendrer une vague forte selon le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. “Quand vous êtes vacciné, vous avez cinq fois moins de risques d’être contaminé, et dix fois moins d’être hospitalisé pour une forme grave. De fait, vous vous relâchez sur les gestes barrières, et c’est précisément ce recul qui va alimenter cette cinquième, voire cette sixième vague”, explique le spécialiste.

A LIRE AUSSI. Covid-19 : l’institut Pasteur appelle à la vigilance

Pression hospitalière moins forte ?

Si pour les spécialistes la reprise épidémique semble inéluctable, il reste cependant un motif d’espoir. En effet, la forte proportion de personnes vaccinées devrait permettre d’éviter une augmentation brutale du nombre d’hospitalisations, contrairement à l’automne 2020. 

“Si le vaccin n’empêche pas les vagues épidémiques, son efficacité contre les formes graves est telle que les prochains rebonds ne devraient pas forcément s’accompagner d’une vague hospitalière”, détaille le Dr Davido à nos confrères. Un optimisme partagé avec le Pr Fontanet sur LCI. “La très bonne nouvelle, c’est que 80 à 90 % de la population adulte est immunisée, donc les mesures que l’on devra prendre pour freiner cette prochaine vague ne seront pas du tout de la même ampleur” que les précédentes. Il écarte donc l’hypothèse d’un nouveau couvre-feu, voire d’un reconfinement. 

Selon les spécialistes le pass sanitaire devrait donc être suffisant pour contrôler la pression sur les hôpitaux français. Un moindre mal. Ce qui explique que le gouvernement va prolonger son application au-delà du 15 novembre 2021.

Source : https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/covid-19-les-quatre-raisons-qui-font-craindre-une-cinquieme-vague-a-l-automne

Quel protocole sanitaire s’appliquera à l’école dans votre département à partir du – Saint-Brieuc.maville.com

Mercredi 22 septembre 2021 18:32

Quel protocole sanitaire s’appliquera à l’école dans votre département à partir du 4 octobre ?



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photo la cour de récréation d’une école de rennes, le 13 septembre 2021 © vincent michel / ouest-france

La cour de récréation d’une école de Rennes, le 13 septembre 2021 © Vincent MICHEL / Ouest-France

Gabriel Attal a annoncé ce mercredi 22 septembre que le protocole sanitaire sera allégé à l’école dans les départements où l’épidémie circule le moins. Si le masque ne sera plus nécessaire pour les élèves du primaire, il ne s’agit pas de la seule mesure qui sera levée dans les écoles concernées.

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Gabriel Attal a annoncé ce mercredi 22 septembre que de premiers allègements des restrictions sanitaires auront lieu dans les écoles de certains départements alors que l’épidémie de coronavirus s’améliore sur le territoire.

Les départements les moins touchés par l’épidémie verront ainsi une modification du protocole sanitaire à l’école, comprenant notamment la fin du masque pour les élèves, mais pas uniquement. On fait le point sur ce qui attend les écoles françaises à partir du 4 octobre.

Lire aussi : Passe sanitaire maintenu, masque à l’école… Ce qu’il faut retenir des annonces du gouvernement

Pour les départements les moins touchés par l’épidémie

À partir du lundi 4 octobre, les écoles françaises seront séparées en deux en fonction de la situation sanitaire de chaque département. Dans les endroits où le virus circule le moins, les écoles repasseront au niveau 1 du protocole sanitaire (le niveau vert), qui n’avait encore jamais été appliqué depuis la rentrée de septembre 2021.

Concrètement, cela signifie que le masque ne sera plus obligatoire pour les élèves à l’école primaire. Les professionnels devront néanmoins le maintenir dans les espaces clos et à l’extérieur si les règles du territoire où ils se trouvent l’imposent.

Autre changement : « contrairement au niveau 2, les élèves ne seront plus obligés de manger par groupe de classe et de manger à la même table chaque jour », confirme le ministère de l’Éducation, joint par Ouest-France. Les élèves de classes différentes pourront également se retrouver à la récréation. Seuls les regroupements importants seront à éviter.

Il n’y aura aucune restriction pour les activités réalisées en cours d’éducation physique et sportive (EPS) : les activités de contact pourront donc être réalisées sans masque, même à l’intérieur.

Certaines règles perdurent : celles concernant les gestes barrières sur le lavage des mains, l’aération ainsi que les désinfections quotidiennes des surfaces touchées par les élèves.

En revanche, les classes resteront fermées dès le premier cas détecté. « Il n’y a pas de nouvelle décision qui a été prise sur cette règle », a confirmé Gabriel Attal, à la sortie du conseil des ministres.

Pour les départements les plus touchés par l’épidémie

Pour les autres départements, le protocole sanitaire ne varie pas. Il reste au niveau 2 (le niveau jaune). Les élèves des écoles situées dans des départements où la situation sanitaire reste toujours au-dessus du seuil d’alerte fixé par le gouvernement devront continuer à respecter plusieurs mesures barrières.

Le port du masque restera de vigueur pour tous les élèves de primaire. De même, le brassage par niveau continuera d’être limité. Les récréations devront donc être organisées par groupes. Concernant le sport, les activités physiques doivent se dérouler à l’extérieur dans la mesure du possible et les activités de contact sont interdites.

La règle « 1 cas = 1 fermeture de classe » est également valable, comme pour le niveau 1.

Quels départements seront concernés ?

La carte des départements concernés n’est pas encore arrêtée puisqu’elle dépendra de la situation sanitaire. On sait simplement, conformément à ce qu’à dit Gabriel Attal, que l’allègement s’effectuera dans les départements où la situation est « stabilisée », c’est-à-dire avec un taux d’incidence en dessous de 50 « depuis au moins cinq jours ». Ce taux d’incidence sera calculé pour toute la population et non seulement pour les enfants, a confirmé à Ouest France le ministère de l’éducation nationale. Impossible donc, aujourd’hui, d’établir une carte ou une liste arrêtée et définitive des départements qui verront leur protocole sanitaire à l’école allégé.

On peut néanmoins avoir une première idée des départements concernés, comme on peut le voir sur cette carte du taux d’incidence.

Des scientifiques se montrent inquiets

Cet allègement ne fait pas l’unanimité. Aussitôt après l’annonce, Michaël Rochoy, médecin généraliste et membre du collectif de scientifiques Du côté de la science a dénoncé une « une mauvaise décision ». Contacté, celui qui avait co-signé une tribune dans Le Monde mi-août pour alerter sur la nécessité d’un protocole sanitaire strict à l’école émet plusieurs réserves.

« L’école est un lieu clos et les élèves ne sont pas vaccinés. C’est une décision problématique car elle ne concerne que des non vaccinés », commence-t-il, la vaccination n’étant possible que pour les plus de 12 ans. « De plus, l’automne n’est pas le bon moment, c’est une période où plus de virus circulent. Si on retire le masque dans les écoles, on va avoir une circulation accrue du virus. Cela va aussi nécessiter de tester beaucoup plus », pointe-t-il, estimant que cela risque de faire augmenter le taux d’incidence chez les plus jeunes. Des propos faisant écho à ceux de l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, professeur de l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique, qui explique craindre l’arrivée d’une nouvelle vague à l’automne.

Cette décision pourrait également faire augmenter le nombre de fermetures d’écoles, alors que Jean-Michel Blanquer expliquait le 17 septembre que près de 3 300 classes (3 299) étaient fermées pour cause de cas de Covid.

Michaël Rochoy dénonce également le fait que cette décision soit basée sur le taux d’incidence départemental pour toute la population. « Ça pose un problème sur le plan géographique : le département est un territoire assez large et l’aire urbaine aurait plus de sens. En plus, on prend le taux d’incidence de toute la population alors que la décision ne concerne que les 6-11 ans, ça aurait beaucoup plus de sens d’utiliser le taux d’incidence des enfants uniquement », explique-t-il, jugeant la décision « absurde ». D’après les dernières données de Santé publique France datant du 18 septembre, 17 départements ont un taux d’incidence situé au-dessous de 50 pour les 0 à 9 ans.

En prenant en compte cet indicateur, le nombre de départements concernés serait donc bien inférieur à celui obtenu avec le taux d’incidence de toute la population générale (autour de 40).


Paul GRATIAN.
Ouest-France

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 Source: Quel protocole sanitaire s’appliquera à l’école dans votre département à partir du – Saint-Brieuc.maville.com

Fin du masque obligatoire à l’école : la carte des départements qui pourraient être concernés – Le Parisien

 

La mesure inquiète déjà des scientifiques, mais elle satisfera sans doute bon nombre d’enfants et de parents. À partir du lundi 4 octobre, les élèves en école primaire ne seront plus obligés de porter le masque s’ils vivent dans un département où le taux d’incidence s’est « stabilisé » au-dessous du seuil d’alerte de 50, a annoncé Gabriel Attal ce mercredi. Peu après, le porte-parole du gouvernement a précisé que « stabilisé » signifiait en dessous de 50 depuis « au moins 5 jours ». Cet allègement s’inscrit dans le passage du niveau 2 au niveau 1 du protocole sanitaire à l’école, dans ces zones où l’épidémie de Covid-19 est la moins active.

Quels seraient les départements concernés à cette heure ? Avec les dernières données publiées mardi soir, 41 territoires affichent un taux d’incidence inférieur 50, et 31 d’entre eux sont sous ce seuil depuis au moins 5 jours. Les 10 autres pourraient les y rejoindre dans les prochains jours. L’incidence est en baisse dans la grande majorité d’entre eux, qui ne devraient donc pas repasser au-dessus de 50 à très court terme. Matignon confirme au Parisien qu’on parle bien du taux d’incidence tous âges confondus et non chez les seuls enfants, ce qui aurait pu sembler plus logique.

Par ailleurs, 14 départements ont un taux d’incidence compris entre 50 et 60, et pourraient passer en dessous de 50 d’ici au 4 octobre. Cela étant, il est très compliqué – voire impossible – d’anticiper précisément l’évolution de l’épidémie 10 jours à l’avance. L’arrivée des jours froids et la rentrée il y a trois semaines pourraient, à l’inverse, entraîner une nouvelle « vague » ces prochaines semaines.

« Impact possible sur l’apprentissage »

« Nous avons toujours su que le port du masque, notamment pour les plus jeunes enfants, est loin d’être anodin », a justifié Gabriel Attal. La fin du masque à l’école était d’ailleurs demandée par la Société française de pédiatrie. Par ailleurs, dans une note rendue publique le 27 août, le Conseil scientifique jugeait « important que le port du masque chez les plus petits fasse l’objet d’une évaluation et d’un suivi pour évaluer son impact possible sur l’apprentissage par rapport à son bénéfice potentiel ».

 

Reste que plusieurs professionnels s’inquiètent des conséquences que cet allègement du protocole pourrait avoir sur l’épidémie. « Le bénéfice attendu est nul et le risque est majeur », tonne le médecin généraliste Michaël Rochoy, qui dénonce une décision « pas rationnelle » et « démagogique ».

VIDÉO. Covid-19 : en Floride, le variant Delta alimente l’inquiétude sur la santé des enfants

À noter que le masque reste partout obligatoire en intérieur pour les élèves de collège et de lycée, mais aussi en extérieur si le préfet en décide ainsi. Les enfants en maternelle, âgés de moins de 6 ans, n’étaient déjà pas concernés.

 Source: Fin du masque obligatoire à l’école : la carte des départements qui pourraient être concernés – Le Parisien