Coronavirus: la grande majorité des Français redoute les nouveaux variants – LINFO.re – France, Société

Les résultats 4e Baromètre de la santé YouGov, en partenariat avec Doctissimo ont été dévoilés par 20 Minutes. L’enquête a été effectuée en ligne du 15 au 16 février 2021 sur 1 000 personnes.

“L’inquiétude médiatique”

Les Français sont de plus en plus inquiets face à la progression des nouveaux variants du coronavirus, le britannique, le sud-africain et le brésilien. D’après le 4e volet du Baromètre santé YouGov dévoilé par 20 Minutes, 3 personnes sur 4 redoutent leur présence en France. Le Dr Michaël Rochoy, ancien chef de clinique de médecine générale à Lille, estime le fait d’en parler sans cesse ou “l’inquiétude médiatique” n’arrange pas les choses.

Les paramètres qui entrent en jeu

Le degré d’angoisse varie selon les âges et les régions. Ainsi, le degré de préoccupation est moins élevé chez les 18-24 ans (66 %) comparés aux plus de 55 ans (77 %). Dans la foulée, l’inquiétude face aux nouveaux variants est plus élevée dans le Grand-Est, l’une des régions les plus frappées par l’épidémie, qu’en Bretagne, l’un des territoires les plus épargnés. L’inquiétude des Français est avant tout liée à la dangerosité des variants (20 %) ou la crainte de l’inefficacité des vaccins (28 %). Mais leur contagiosité (36 %) reste le plus alarmant, sachant que ces nouvelles souches sont jugées plus contagieuses.

Quid d’un nouveau confinement

Plus l’inquiétude est grandissante, plus la peur de nouvelles restrictions de liberté anime les Français. Seule une personne sur cinq pense que le gouvernement ne procèdera pas à un nouveau confinement. Les 25% des personnes sondées pensent en revanche que cette procédure sera inévitable. Contre toute attente, près de la moitié des jeunes confrontées à des difficultés financières sans précédent (44%) considèrent qu’un confinement généralisé est nécessaire.

Malgré cette crainte des nouveaux variants, l’espoir du vaccin contre le coronavirus fait remonter le moral des Français. Pour preuve, les intentions de se faire vacciner ont augmenté de 4 points de plus qu’en janvier pour atteindre 54%.

Plus de détails sur 20 Minutes

Source: Coronavirus: la grande majorité des Français redoute les nouveaux variants – LINFO.re – France, Société

Le gouvernement démasqué – Libération

Michaël Rochoy, 33 ans, est médecin généraliste à Outreau. Enseignant-chercheur, adepte de Terry Pratchett et des Monty Python, il a particulièrement apprécié le «nonsense» absurde de la gestion pandémique des masques :

«Hier au téléphone le gouvernement m’a fait une proposition. Je n’ai pas saisi le nom de mon interlocuteur, mais il était question de lutter contre le froid et d’isoler mon habitation pour un euro seulement. Voilà qui tombait à pic, j’avais brisé mes fenêtres en m’initiant au golf lors du précédent confinement, et mon poseur de fenêtres n’arrivait plus à se fournir en double vitrage.

– Il n’y a pas de pénurie de fenêtres à redouter, ce n’est pas un sujet, me corrigea le messager du gouvernement. Mais avez-vous pensé à isoler vos combles ? C’est par le toit que s’échappe la chaleur.

-C’est-à-dire qu’il me semble plus urgent de bloquer les fenêtres, quitte à utiliser du simple vitra…

– Il y a un consensus très clair aujourd’hui pour dire qu’il ne faut surtout pas avoir de fenêtres, ça n’a pas d’intérêt, c’est même presque faussement protecteur, parce qu’ayant des fenêtres, on oublie d’isoler ses combles. Vous voulez que je vous dise ? Je ne sais pas utiliser une fenêtre ! Ça nécessite un apprentissage, des gestes techniques, précis, sinon on se trompe de sens et on l’ouvre et ça peut même être contre-productif.»

« Tout a commencé il y a neuf mois. Le 22 mars, au début du confinement, Antoine Hutt (radiologue), Jonathan Favre, Thibault Puszkarek et moi-même (médecins généralistes) avons lancé le site et collectif Stop-Postillons.fr. Il y avait une pénurie de masques (quoi qu’on en mente) et il fallait les garder pour les personnels exposés. Néanmoins tout le monde avait chez soi des t-shirts à découper, du tissu à coudre : des écrans anti-postillon» (EAP). Nous voulions “confiner les bouches et les nez” lors des sorties dérogatoires (dans les hypermarchés qui n’imposaient pas de masque à l’époque), puis maintenir cette couverture faciale lors du déconfinement.

«Nous avions donc un seul message, qui est resté en tête du site : “Portons tous un EAP dans l’espace public pour freiner et arrêter la pandémie. Porter quelque chose sera mieux que rien. Le but des EAP est collectif et altruiste : protéger les autres et être protégé si chacun en porte.”

Le très simple et efficace découpage de t-shirt

«Avec un message d’une telle banalité dans le cadre d’une pandémie à contamination respiratoire, nous aurions dû disparaître au bout d’une semaine. Les dirigeants auraient dû répondre: “OK, bonne idée, on fait ça, on demande aux gens de se couvrir le nez et la bouche en attendant les masques”, et c’était plié. C’était simple, il suffisait de faire confiance à l’intelligence collective et à la solidarité. Nous avions détaillé notre argumentaire, proposé une cinquantaine de tutoriels, dont la diversité permettait de fabriquer plusieurs types de protection, sans risquer la pénurie d’élastiques ou de tissu en mercerie : au pire, il restait toujours le très simple et efficace découpage de t-shirt. Nous avons relayé de nombreuses initiatives solidaires, comme ces couturières bénévoles qui envoyaient leurs créations aux quatre coins de France tandis que le ministre de la Santé demandait aux Français de ne rien porter en attendant de pouvoir acquérir un masque grand public le 11 mai… Quand on est encerclé par le feu, on n’attend pas des seaux d’eau labellisés par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers : on demande à chacun de prendre les récipients qu’il a sous la main et d’arroser en attendant mieux. Cet appel à l’intelligence collective, à la débrouillardise, a été rendu largement visible par les réseaux sociaux, avec un pic à 133 000 visites le 4 avril.

«Notre message, aussi basique soit-il, était pertinent. Il a progressivement été entendu. Trèèèès progressivement : le masque a été imposé dans les lieux publics clos à partir du 20 juillet, dans les entreprises à partir du 1er septembre, dans les écoles élémentaires à partir du 2 novembre. Ainsi, en pleine pandémie, il aura fallu huit mois après notre premier appel pour généraliser le masque dans la quasi-totalité des espaces recevant du public. Il aura fallu sacrifier une grande partie de notre temps libre avec d’autres médecins, scientifiques, parents, sur les réseaux sociaux, dans les médias, les revues scientifiques, pour que le gouvernement se dise : “Tiens finalement, ce ne serait peut-être pas mal de mettre des fenêtres partout en plus de l’isolation des combles…”

Colonies de bactéries

«Nous n’étions rien, nous ne sommes personne. Lorsque nous avons lancé le site le 22 mars, nous nous basions sur les données scientifiques, les seules qui comptent, au-delà des arguments d’autorité. Depuis le CheckNews de Libération du 13 mars, nous savions que les personnes asymptomatiques pouvaient être contagieuses. Nous avions lu l’étude de Davies et al. dans laquelle 21 volontaires avaient toussé dans une boîte, mise en incubation pendant 48 heures, avant de compter les “colonies” de bactéries de la taille du Sars-CoV-2 : 200 sans masque, 43 avec un masque en coton fait maison, 30 avec un masque chirurgical. Visionnaires en 2013, les auteurs concluaient qu’en cas de pénurie de masques chirurgicaux, un masque fait maison serait mieux que rien – mon expression favorite.

«Début mai nous avons proposé des infographies avec la graphiste Coralie Blanc et son père, Jean-Baptiste Blanc, médecin généraliste comme nous, en plaçant le masque en premier plan. Là encore, notre message était simple : “Dedans (sauf chez vous), portez toujours un masque; dehors, portez un masque en cas de contact ou de risque de contact proche.”

«Nous sommes en décembre, et le masque apparaît toujours en dernière position sur les sites gouvernementaux, après “éviter de se toucher le visage”, et avec la consigne de «le porter quand la distance d’un mètre ne peut pas être respectée». Le risque de transmission par aérosol n’est toujours pas considéré, ce qui permet d’ailleurs d’imposer le masque à l’école et en entreprise et en même temps, de laisser les cantines scolaires ou d’entreprises en l’état. C’est à désespérer.

Le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS

«Pendant de longs mois, nous avons lu que le gouvernement avait suivi l’Organisation mondiale de la santé sur les masques. C’est faux : d’une part, l’OMS n’émet pas un avis pour la France mais pour tous les pays de la planète, y compris ceux où l’accès à l’eau potable est limité. D’autre part, l’OMS a précisé le 6 avril que le port du masque pouvait être envisagé en population générale comme une mesure barrière supplémentaire. L’OMS a recommandé son port généralisé le 5 juin, notamment “dans les lieux publics tels que les épiceries, au travail […], dans les écoles”, et la même OMS a précisé le 21 août qu’il pouvait être porté dès l’âge de 6 ans dans les pays où le virus circule activement. En France, le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS a donc mis trois mois après la recommandation du 5 juin pour imposer le masque en entreprise et cinq mois pour l’école élémentaire.

«Concernant l’école enfin, nous avons dû militer, publier des tribunes cet été, écrire des communiqués en août, septembre et octobre, une revue de littérature, intervenir en visioconférence auprès de syndicats d’enseignants en demande d’informations scientifiques… Tout ça parce qu’un ministre déclarait être “préparé à tout” sur la base de l’avis… roulement de tambour… des sociétés savantes de pédiatrie ! Jean-Michel Blanquer avait soudain fait fi de l’OMS : avec un tel niveau en pirouette, il n’est pas étonnant qu’il ait récupéré le ministère des Sports lors du remaniement, remarquez. Toutefois, si la plus haute instance à suivre n’est plus l’OMS mais les sociétés nationales, pourquoi concernant les masques entre avril et juillet le gouvernement a-t-il ignoré l’Académie nationale de médecine le 2 avril, le 22 avril, le 7 mai et le 28 juillet, l’European Centre for Disease Control le 8 avril ou son propre Conseil scientifique le 20 avril ? Il est facile de multiplier les instituts, conseils, centres, agences, sociétés, académies, autorités et organisations pour au final choisir parmi tous leurs avis celui qu’on veut mettre en avant… Mais ça, ce n’est ni de la science, ni de la politique. C’est de la manipulation.»

 


Christian Lehmann médecin et écrivain

 

 

Source: Le gouvernement démasqué – Libération

Halte à la fraude scientifique – Libération

Tribune. Cette pandémie est la première dans l’histoire de la science moderne. Les moyens déployés et la mobilisation des chercheurs ont été sans précédents. Tous les projecteurs étaient braqués sur le monde de la recherche, ce qui aurait contribué à démocratiser et rendre attractif ce domaine parfois vu comme lointain ou inaccessible. Nos concitoyens étaient en droit d’exiger la science la plus sérieuse et honnête, dans l’intérêt supérieur de l’humanité. Force est de constater qu’ils ont été surpris et déçus.

Au lieu d’une unification des forces, ils ont assisté à une dispersion des moyens à l’échelle mondiale, européenne, et même nationale, nourrie par une impréparation et des égoïsmes, tant entre Etats qu’entre équipes de recherche, conduisant à une épidémie de petites études scientifiques locales, parfois de mauvaise qualité, qui ont fait perdre un temps précieux et sans doute beaucoup de vies humaines. L’Académie nationale de médecine a alerté, sans succès.

Cependant, la confiance de nos concitoyens a surtout été brisée par la mise en lumière de fraudes scientifiques. L’affaire dite du «Lancetgate» a eu un retentissement mondial, pas seulement dans la recherche, mais aussi sur des décisions internationales et nationales concernant la santé. Les différentes déclarations (San Francisco, Singapour, Hongkong) ou les recommandations et prises de position du réseau européen des bureaux d’intégrité scientifique (ENRIO) sont pertinentes mais ne suffisent plus : un accord international contraignant sur le système de publication scientifique, de relecture par les pairs et d’évaluation de la recherche, doit être impulsé par l’Union européenne.

Mais la France a aussi été un mauvais élève.

Quelques chercheurs minoritaires mais surmédiatisés, afin d’embellir artificiellement leurs résultats, ont exclu de leurs statistiques des patients dont le traitement n’a pas fonctionné et qui sont décédés, ont inventé des données de manière avantageuse lorsqu’elles étaient manquantes, n’ont pas fourni des informations pourtant facilement accessibles telles que les comorbidités de leurs patients et ont refusé de transmettre à leurs pairs les données permettant de vérifier l’authenticité de leurs résultats. La liste est encore longue. Ils ont ainsi durablement déformé et altéré l’image de la science et de la recherche.

Voies sans issue

Publier hâtivement, sur une plateforme de vidéos en ligne, un graphique biaisé issu de tests non fiables, de données partiellement inventées après avoir écarté celles qui ne sont pas favorables, est une communication trompeuse, abusant un public en attente de solutions et faisant naître de faux espoirs.

User de notoriété pour provoquer une augmentation des prescriptions d’un médicament, puis argumenter qu’il guérit en se basant sur des sondages ou le nombre de prescriptions, relève davantage de la prophétie autoréalisatrice que de la preuve scientifique.

Proclamer qu’un traitement guérit sur la base de comparaisons trompeuses, de patients plus jeunes ou en meilleure santé relève de la mauvaise foi.

Remettre en cause les essais contrôlés randomisés revient à oublier les risques de facteurs de confusion, à mépriser la notion d’équipoise du risque, qui est un fondement de l’éthique médicale, et à gravement méconnaître les apports considérables de cette méthode dans l’amélioration de la vie des malades depuis plus de cinquante ans.

L’argument selon lequel l’éthique médicale et le soin priment sur la recherche est fallacieux : l’histoire de la science et de la médecine nous montre bien des exemples où des vies ont été sauvées, parfois dans l’urgence, grâce à des idées novatrices voire dérangeantes mais, dans d’autres, l’empirisme a conduit à des morts par millions ou, au mieux, à gaspiller du temps et de l’argent dans des voies sans issue. Continuer de proclamer une découverte en refusant de la prouver est une utilisation abusive de cet argument, qui entretient la confusion et ramènerait la science au Moyen Age.

Des résultats transparents, exhaustifs, reproductibles

Les patients ont le souci compréhensible de défendre la qualité de prescription de leurs médecins. Cependant, le même niveau d’exigence doit être imposé aux chercheurs bénéficiant d’un effort national financier considérable pour qu’ils fournissent des résultats fiables et honnêtes, afin que les médecins puissent prescrire de façon éclairée et libre, mais toujours dans les limites fixées par la loi et selon les données acquises de la science, comme l’indique leur code de déontologie médicale. Il n’y a là rien d’une coquetterie élitiste, d’une lourdeur bureaucratique ou de pressions de quelques puissances financières : il s’agit de l’application du serment d’Hippocrate : «Avant tout, ne pas nuire.»

La science est évolutive et a toujours avancé par controverses et retournements de paradigmes : il est heureux que nos concitoyens le découvrent. Et toute découverte commence par la sérendipité ou l’intuition. Un scientifique est libre de ses hypothèses, de sa méthode et de défendre celles qui vont à contre-courant. Mais pour convaincre, il doit apporter des résultats transparents, exhaustifs, reproductibles, afin que ses pairs puissent vérifier ce qu’il proclame : préalable indispensable pour en faire rapidement bénéficier la population.

En sciences, la réputation se construit par la solidité des découvertes et des preuves, et non l’inverse.

Une transformation salutaire

Il est anormal d’invoquer fallacieusement l’éthique et l’obligation de soin pour refuser un essai contrôlé randomisé et, dans le même temps, inclure sans autorisation des enfants de 10 ans dans un essai clinique.

Il est anormal que la carrière des chercheurs et les systèmes de financement de la recherche soient basés davantage sur le nombre de publications (dépendant parfois d’un système de publication perfectible et au modèle économique discutable) que sur leur qualité (l’Académie des sciences le déplore depuis dix ans), alors que les instances d’évaluation de l’intégrité scientifique devraient voir leur indépendance inscrite dans la loi, pouvoir s’autosaisir et avoir un droit de décision sur les carrières des chercheurs et les financements des équipes de recherche.

Il est anormal que des publications scientifiques passent la barrière de la relecture en moins de 24 heures, dans des journaux où les auteurs sont eux-mêmes rédacteurs en chef ou membres du tableau éditorial.

Il est anormal, à l’inverse, qu’une procédure de relecture additionnelle d’une publication scientifique, déclenchée par une société savante, n’aboutisse qu’au bout de plusieurs mois.

Il est anormal que les citations entre auteurs d’une même équipe de recherche soient comptabilisées dans certains indicateurs de référence.

Il est anormal que des directeurs d’équipes de recherche cosignent des publications dont le nombre rend impossible le fait qu’ils y aient réellement participé.

Il est anormal et très grave que des chercheurs partiellement interdits de publication, pour cause de fraude scientifique avérée, se voient promus à des responsabilités encore plus importantes ou même à des fonctions qui décident de la carrière des autres, alors que leurs instances dirigeantes auraient dû les écarter définitivement de la recherche.

Durant des décennies, la fraude scientifique d’une minorité de chercheurs a bénéficié d’une impunité et a même servi de tremplin à leurs carrières, dans l’indifférence générale.

Les scientifiques et les médecins font partie des professions inspirant le plus confiance, ce qui constitue un puissant socle de stabilité de nos démocraties. Durant cette pandémie, l’image déplorable de la recherche a l’avantage d’avoir projeté ce sujet au-devant de la scène médiatique. Utilisons ces débats passionnés dont se sont emparés tous les Français, et qui ont dangereusement clivé notre société, pour provoquer une transformation salutaire. Le moment est historique : les responsables politiques ont le pouvoir de changer les structures de décision des carrières des chercheurs et enseignants-chercheurs et d’instaurer un système coercitif contre la fraude scientifique, avec un véritable impact sur la carrière des quelques rares qui s’y adonnent.

Contre la fraude scientifique aussi, le «monde d’après» ne doit pas ressembler à celui d’avant.

La liste complète des signataires est mise à jour en temps réel sur cette page. Et pour signer la tribune, c’est sur cette page.

Premières structures signataires (sociétés savantes / associations / collectifs) : Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF). Président : Pr Pierre Tattevin ; Société de Réanimation de Langue Française (SRLF). Président : Pr Eric Maury ; Société Francophone de Santé Environnement (SFSE). Présidente : Dr Elisabeth Gnansia ; Société Française de Pédiatrie (SFP). Président : Pr Christophe Delacourt ; Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE). Président : Pr Vincent Renard ; Réseau des Jeunes Infectiologues Français (ReJIF). Coordinateur : Nathan Peiffer-Smadja ; Collectif FakeMed. Président : Dr Cyril Vidal ; European rural and isolated practioner association (EURIPA). Président : Dr Jean-Pierre Jacquet

Premiers signataires (personnes physiques) : Pr Roger SALAMON, ancien chef de service de santé publique-épidémiologie (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux), ancien président du Haut Conseil de la Santé Publique ; Pr Hervé MAISONNEUVE, médecin de santé publique, référent intégrité scientifique de la faculté de médecine Paris-7, rédacteur du blog «Rédaction Médicale et Scientifique» ; Pr Dominique COSTAGLIOLA, Directrice de Recherche INSERM, membre de l’Académie des Sciences (épidémiologie et biostatistiques) ; Pr Christophe RAPP, infectiologue, hôpital américain de Paris, Président de la Société Française de Médecine des Voyages, membre du Haut Conseil de la Santé Publique ; Pr Jean-Michel CONSTANTIN, chef de service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Stéphane GAUDRY, réanimateur, service de médecine intensive et réanimation de l’hôpital Avicenne (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Pierre-Yves SCARABIN, directeur de recherche émérite INSERM (épidémiologie et santé publique), ancien directeur de structure INSERM ; Pr Alexandre DEMOULE, chef de service de médecine intensive et réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Francis BERENBAUM, chef de service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine, Paris (APHP / Sorbonne Université / INSERM) ; Pr Patrick MERCIE, chef de service de médecine interne et immunologie clinique (CHU de Bordeaux / INSERM / université de Bordeaux) ; Pr Gaëtan GAVAZZI, chef de service de gériatrie clinique, Président du collège National des Enseignants de Gériatrie (CHU de Grenoble, université de Grenoble) ; Pr Mathieu MOLIMARD, chef de service de pharmacologie médicale (CHU de Bordeaux / INSERM / université de Bordeaux) ; Pr Luc FERRARI, toxicologue (CNRS / université de Lorraine) ; Pr Vincent DANEL, toxicologue, professeur émérite (université Grenoble-Alpes) ; Pr Bernard SALLES, toxicologue, professeur émérite (INRAE / université de Toulouse) ; Pr Nicolas PICARD, pharmacien (CHU de Limoges / université de Limoges) ; Pr Louis-Rachid SALMI, médecin de santé publique, ancien directeur de l’Institut de Santé Publique, d’Epidémiologie et de Développement (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Pr Pierre DELLAMONICA, infectiologue, professeur émérite (université de la Côte d’Azur) ; Pr Vincent DUBEE, infectiologue, (CHU d’Angers, université d’Angers) ; Dr Patrick OUVRARD médecin généraliste, Vice-Président de l’Union Européenne de la Médecine Omnipraticienne ; Dr Isabelle CIBOIS-HONORAT, Présidente du conseil scientifique du Congrès de la Médecine Générale ; Dr Francis ABRAMOVICI, médecin généraliste, président de l’UNAFORMEC ; Pr Thierry LAMIREAU, chef de l’unité de gastro-entérologie pédiatrique (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Pr Jean-François KOROBELNIK, chef de service d’ophtalmologie (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Dr Matthieu CALAFIORE, médecin généraliste, directeur du département de médecine générale (faculté de médecine de Lille) ; Pr Patrick IMBERT, médecin généraliste, directeur du département de médecine générale (faculté de médecine de Grenoble) ; Dr Franck CLAROT, médecin légiste, radiologue, vice-président de la Fédération Nationale des Médecins Radiologues 76 ; Dr Edouard OBADIA, réanimateur, représentant de l’Association des Réanimateurs Du Secteur Privé (ARDSP) au CA de la Société de Réanimation de Langue Française ; Dr Christian LEHMANN, médecin généraliste, écrivain

 


Collectif de chercheurs et de professionnels médicaux

 

 

Source: Halte à la fraude scientifique – Libération

Port du masque obligatoire : un « marathon » plus qu’un sprint

Port du masque obligatoire : un « marathon » plus qu’un sprint

Michaël Rochoy recommande de porter le masque en extérieur, dans des lieux de passage, comme ici, dans les rues piétonnes de Boulogne-sur-Mer.

Michaël Rochoy recommande de porter le masque en extérieur, dans des lieux de passage, comme ici, dans les rues piétonnes de Boulogne-sur-Mer.

Le port du masque obligatoire

😷 Où ? Depuis ce lundi 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans tous les lieux publics clos (restaurants, commerces, transports en commun…)

😷 Pour qui ? Les adultes et les enfants de plus de 11 ans.

😷 Sinon ? Un non-port du masque dans les lieux publics clos ou les transports en commun est sanctionné par une amende de 135 euros.

😷 Où s’en procurer ? Dans les supermarchés et grandes surfaces, en pharmacie ou sur internet (attention toutefois aux modèles). Des patrons sont également disponibles en ligne pour les confectionner soi-même.


Enfin ! »
C’est ce que beaucoup soufflent quand on évoque l’obligation, depuis ce lundi 20 juillet, du port du masque dans les lieux publics clos. Des commerçants, notamment, qui auraient souhaité voir cette mesure être appliquée dès le déconfinement. Michaël Rochoy, médecin généraliste outrelois qui avait lancé le site Stop postillons en mars dernier, les rejoint sur ce point. «

Cette décision aurait pu être prise longtemps avant. On a vécu une saga farfelue, sans recommandation forte, sans message clair, où les politiques et les scientifiques se sont renvoyé la balle… Pour, au final, ne pas avoir beaucoup plus d’informations aujourd’hui », lâche le docteur qui défend, avec trois confrères nordistes, l’utilité du port du masque depuis le début de la crise sanitaire.

Sur leur site, les professionnels de la santé expliquaient l’importance des « écrans anti-postillons » (tout ce qui peut faire barrière, comme les masques en tissu, en plus des masques chirurgicaux) et de « confiner nos bouches et nos nez » pour ralentir, voire stopper la propagation du virus. Mais restaient frustrés par le silence à l’autre bout du fil. « J’avais contacté quelques mairies du secteur, mais je n’ai jamais eu de retour. C’est dommage, car si les politiques avaient réagi dès la fin mars, les gens seraient habitués à porter un masque et auraient du même coup été plus protégés. »

Comment porter le masque ?

Michaël Rochoy en est conscient : il reste de la pédagogie à faire. « On voit encore beaucoup de personnes mal porter le masque ou le retirer sans se désinfecter les mains par la suite. Le masque doit couvrir la bouche et le nez, car on le sait désormais, le virus se transmet par les gouttelettes mais aussi par l’aérosolisation (une simple respiration suffit à la propagation du virus, ndlr)
», rappelle le docteur, qui tient à rassurer : « On ne va pas s’étouffer avec son CO2, comme on a pu lire, ni être contaminé par son masque !
On met le masque avant tout pour protéger l’autre
. »

 

« Ce n’est pas une course de rapidité, mais plutôt un marathon. Il faudra porter le masque plusieurs mois »

 

Quid des lieux en extérieur ? Les gestes barrières sont bien sûr à appliquer, notamment la règle d’un mètre de distanciation. « Même deux », préconise le médecin outrelois.

Quant au port du masque, Michaël Rochoy le recommande en cas de forte affluence. « Il a un intérêt s’il y a beaucoup de monde, comme sur la digue de Wimereux. Mais il ne faut pas tomber dans la paranoïa. »

Juste garder à l’esprit que l’efficacité de ce geste barrière ne peut être vérifiée que si un nombre important de personnes (pour ne pas dire tout le monde) l’applique. « Mais ce n’est pas un effort qui se verra dès demain, alerte le docteur. Ce n’est pas une course de rapidité, mais plutôt un marathon. Il faudra porter le masque longtemps, plusieurs mois, pour réduire durablement la propagation du virus. »

Une mesure rassurante pour les restaurateurs et commerçants

Question port du masque, les habitudes ne changent pas dans les restaurants. Place Dalton, tous sont d’ailleurs bien rodés en la matière. Et les clients sont globalement de bons élèves. Beaucoup, en revanche, optent volontiers pour une table en terrasse plutôt que de s’aventurer à l’intérieur. Au Bureau, par exemple, « la semaine dernière, on n’avait que trois tables à l’intérieur, mais on était plein à l’extérieur ».

Le port du masque a fait sa place. Ludivine, co-gérante du Comptoir, en compte de plus en plus ces derniers jours, mais regrette que la mesure n’ait pas été appliquée dès le déconfinement : « Ça nous éviterait ce coup de stress. On veut éviter de refermer ! »

Cette angoisse, certains l’ont à la vue des masques qui tombent à partir d’une certaine heure… « Je ne comprends pas pourquoi il y a des happy hours », fustige Clémence, serveuse à l’Entrepôt.

Dans les rues piétonnes aussi, certains commerçants notent un certain relâchement. « Chez les jeunes comme chez les plus âgés », remarque la gérante de la Fée maraboutée. À Planète Shoes, Aline Vasseur fait part de quelques clients récalcitrants : « On devait parfois faire le gendarme dans la boutique… »

La mesure sonne donc comme rassurante, même s’il reste de la pédagogie à mener pour que le port du masque devienne, et reste, un réflexe.

Source: Port du masque obligatoire : un « marathon » plus qu’un sprint

[Société] Comment stopper les postillons | Clicanoo.re

PRATIQUE. La pandémie aura au moins appris à la population à différencier un masque chirurgical d’un FFP2. Ces masques certifiés étant réquisitionnés pour les soignants en première ligne, restent alors les alternatives en tissu. Un collectif de jeunes médecins du nord de la métropole a lancé le 22 mars un site qui fait la promotion des écrans anti-postillons. Leur devise : « Mon écran te protège, ton écran me protège : nos écrans nous protègent ». Rencontre avec avec Michaël Rochoy, médecin généraliste et co-créateur du site stop-postillons.fr

En quoi consiste votre site ?

Michaël Rochoy : Notre site fait la promotion du port généralisé d’un écran anti-postillons dans l’espace public. Il a plusieurs vocations : sensibiliser le public à l’importance du port généralisé, sensibiliser les médias et éventuellement inciter le gouvernement à agir rapidement. Nous avons détaillé notre argumentaire scientifique, étayé par des avis d’experts puis maintenant par des recommandations sanitaires (CDC aux Etats-Unis, collège de médecine générale belge…), et nous avons recensé plusieurs tutoriels visant à produire ces écrans anti-postillons pour tous, après 2 ans (c’est contre-indiqué avant cet âge).

Comment avez-vous eu cette idée ?

Le terme d’écrans anti-postillons vient du Docteur Elisabeth Hutt-Kempf, allergologue à Strasbourg, la maman d’un des co-auteurs (Antoine Hutt). Antoine a fait le lien avec le Docteur Jonathan Favre, qui a fait le lien à son tour avec le Docteur Thibault Puszkarek et moi-même. Nous étions tous convaincus de l’intérêt de ces écrans. Nous n’avons pas la prétention de nous positionner comme précurseurs : des études de 2008 et 2013 parlaient déjà de l’intérêt de masques fait maison en cas de pénurie et de pandémie. Sur la toile, des tutoriels fleurissent depuis février… Notre idée était de créer un site dédié pour réunir tout ça (arguments, avis, recommandations, tuto…) et en faire la promotion autant que possible, pour sensibiliser le public.

Vous faites partie des personnes qui recommandent le port du masque.

Effectivement, nous défendons l’idée d’un port généralisé d’écran anti-postillons pour protéger l’environnement. C’est un changement de paradigme : les écrans ne sont pas là pour se protéger soi-même (seuls les masques FFP2, en pénurie, le permettent), mais pour protéger les autres… Mais si les autres en portent, c’est moi qu’ils protègent ! Je porte un masque pour te protéger, tu portes un masque pour me protéger. C’est donnant donnant, et coronavirus perdant !

En quoi peut être fait ce masque ?

Ça peut être un masque en tissu, en papier, une écharpe, une visière en plastique, un cache-col… Peu importe : il faut dans un premier temps que lorsque nous sortons dans l’espace public (dans le cadre des déplacements autorisés), nous gardions un certain confinement de nos bouches et nos nez, comme cela se fait dans des pays asiatiques. Bien sûr, certains masques en tissu avec filtre seront un peu plus performants que d’autres, mais dans un premier temps, il faut vraiment que chacun s’habitue à porter quelque chose. Le port généralisé est une arme majeure dans la lutte contre le coronavirus, une arme qu’on a tous chez soi à disposition. Cela a fait ses preuves.

Vous détaillez précisément comment porter un masque : est-ce parce que les usagers ne savent pas comment porter un masque ?

Nous avons pleinement confiance dans la compréhension de l’utilisation des masques par les usagers. Ils ne peuvent pas « mal les porter » comme on l’a entendu. Ces écrans anti-postillons sont là pour protéger l’environnement de leurs postillons (et si tout le monde en porte, tout le monde se protège collectivement). Il suffit donc d’avoir cet écran devant le nez et la bouche.

Il existe de consignes pour les porter efficacement ?

Oui, nous avons précisé les consignes de port, pour qu’ils soient utilisés avec le maximum d’efficacité. Il faut bien comprendre que porter un écran anti-postillons ne sera jamais pire que ne rien porter. Nous ne pouvons pas faire moins que le “rien” actuel. Il est peu probable que vous vous contaminiez avec un écran bien porté (il faudrait toucher une projection reçue sur l’écran, puis mettre la main à la bouche sans la laver entre temps). Quand bien même cela arriverait, sans l’écran, vous auriez été contaminé.

Propos recueillis par Véronique Tournier

 Comment utiliser mon écran anti-postillons ?

Sur le site internet, le collectif de médecin explique comment utiliser les masques en tissu ou en papier, l’utilisation des écrans anti-postillon (EAP) en général. Selon eux, leur efficacité est limitée dans le temps (maximum 3 heures), mais compatible avec les sorties courtes autorisées.

1/Avant la sortie

– Je me lave les mains au savon ou à la solution hydro-alcoolique

– Je l’installe avant de sortir de chez moi.

– Il doit couvrir ma bouche et mon nez (bien ajusté au niveau du nez et du menton, pour limiter les ouvertures).

– Pour bien ajuster, il est recommandé de ne pas avoir certains types de barbes.

2/Pendant la sortie

– Je ne le touche pas lorsqu’il est en place.

Je ne l’enlève pas quand je suis à l’extérieur : il y a un risque de transmission du virus si les mains touchent la bouche ou le nez.

3/Après la sortie

– Je me lave les mains avant de toucher l’écran.

– Je n’enlève l’EAP qu’une fois de retour à la maison, en retirant par les attaches et en limitant le contact avec la partie exposée de l’écran.

– Je me lave les mains au savon ou à la solution hydro alcoolique après le retrait (possible contamination de l’écran).

4/Et après son utilisation ?

-Je le jette à la poubelle immédiatement s’il est en papier.

-Je le désinfecte tout de suite s’il est en tissu : je peux le laver à 60° pendant 30 minutes avec un détergent en machine à laver, pour limiter le contact avec les sécrétions sur le masque (le lavage à l’alcool ou à l’eau de javel, ou le repassage au fer à vapeur seul ne sont pas des méthodes suffisantes).

-Si je ne peux pas le désinfecter tout de suite, je le garde dans une boite hermétique (par exemple une boite en plastique qui devra être désinfectée avec de l’eau de javel). Le virus ne survit pas plus de 4 jours.

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Source: [Société] Comment stopper les postillons | Clicanoo.re

Comment nettoyer un masque “fait-maison” ?

Les initiatives personnelles pour fabriquer des masques en tissu, faits-maison, se multiplient aujourd’hui. Mais comment les entretenir ? Faut-il les laver, les repasser ? A quelle température ? Y a-t-il un risque que le masque en tissu devienne un “nid à microbes” ?

Comment entretenir un masque en tissu ?
Comment entretenir un masque en tissu ? © AFP / Nicolas Liponne / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Michael Rochoy est médecin généraliste ; il a donné cette semaine, au micro de Bruno Duvic, différents conseils pour entretenir son masque fait-maison :

Il faut que très rapidement, dès aujourd’hui, tout le monde dans l’espace public porte un masque pour qu’on puisse protéger tout le monde, quel que soit l’écran que vous allez utiliser. Si vous en portez un, c’est vraiment mieux que rien. Ça peut être aussi une écharpe, un foulard, un cache col… Ça fera vraiment mieux que rien

Il précise : “Il y a des masques de plusieurs sortes :

  • Si c’est un masque en papier, qui va être très temporaire, on le jette.
  • Si c’est un masque réalisé avec des matières plastiques, une visière, on la nettoie.
  • Si c’est un masque en tissu, on va pouvoir le désinfecter. On peut le mettre au four pendant 30 minutes à 70 °C (c’est quelque chose qui est validé par des études scientifiques) ou on peut le laver en le mettant à 90 °C si on peut, sinon 60 °C pendant 30 minutes à la machine à laver.

Le professeur Daniel Garin, professeur agrégé du Val de Grâce et ancien directeur de l’IRBA (Institut de recherche biomédical des armées). est plus nuancé : _”_Le problème que l’on a aujourd’hui, c’est qu’on n’a pas de base scientifique réelle sur ces éléments-là. Il y a des recommandations qui ont été faites : celle de 70°C a été faite par un groupe allemand. Il y a un groupe de travail justement sur ces réutilisations de masques qui s’est créé sur Grenoble autour d’un chercheur hygiéniste avec l’ensemble des grandes discussions nationales, qui est en train d’étudier ces phénomènes-là. Les conseils restent valides pour moi : laver avec un coton à 60 °C, avec détergent bien sûr, est une meilleure option que le repassage simple, puisqu’on ne pourra pas garantir l’homogénéité de l’augmentation de température, ni la durée”.

Repasser son masque, est-ce une bonne idée ?

Pas selon le Professeur Guérin : il faudrait pouvoir le faire pendant “60 mn à 30°C… donc, sauf à repasser vraiment très longtemps, ça ne va pas être suffisant si on ne repasse que pendant 2 à 3 minutes. Il faut vraiment mettre son masque à laver.

Y a-t-il un risque qu’un masque en tissu devienne un “nid à microbes” ?

Réponse d’Yves Buisson, président de la cellule de veille scientifique de l’Académie nationale de médecine : “Il faudrait vraiment avoir un mésusage du masque très important. Il faut le laver après chaque utilisation : on le porte pendant une heure ou deux, on va le laver et on en prend un autre (il faut en avoir plusieurs pour faire un roulement). Le lavage à 60 °C avec détergent va suffire pour éliminer le virus et les bactéries.

Les bactéries qui voyagent dans ce masque sont celles qu’on a éliminées avec nos postillons, nos expirations. Bien sûr, elles vont proliférer si on garde le même masque trop longtemps dans des conditions d’humidité et de température qui vont favoriser leur développement”.

C’est une simple question de propreté qu’après chaque usage du masque, on le lave.

Michael Rochoy reprécise : “Par le passé, les gens avaient peur de porter un masque [et qu’il soit contaminé]… Là, actuellement, les gens n’ont rien : on ne peut pas faire pire.

Vous ne pouvez pas mal porter votre masque : ça doit être devant votre bouche, devant votre nez, donc, a priori, il n’y aura pas de problème pour ça.

Si vous sortez dans la rue avec cet écran anti-postillons, que quelqu’un vous voit avec ce masque, déjà naturellement cette personne va plutôt avoir tendance à s’éloigner et respecter une meilleure distanciation sociale. Quand bien même cette personne s’approche, si elle postillonne, si elle parle, et que le postillon arrive sur votre écran anti-postillon, que par la suite vous mésusez cet écran (vous le lavez mal, vous le touchez et après, vous portez la main à la bouche sans vous être lavé les mains), vous allez peut être vous contaminer, certes, mais si vous n’aviez pas d’écran anti-postillons, vous auriez été contaminé directement dans la rue”

Aller plus loin

Le médecin Michael Rochoy a créé très récemment le site web stop-postillons, où il revient sur les raison d’utiliser un écran anti-postillon (ou EAP), et donne quelques exemples de modèles pour les fabriquer.

Quelles sont les différences entre les masques FFP2, chirurgical, fait-maison ? Lisez les explications du professeur Daniel Garin

Faut-il vraiment porter un masque si on respecte déjà la distanciation sociale ? Où peut-on trouver des masques aujourd’hui ? Pourquoi votre pharmacienne refuse de vous vendre des masques ? Pour toutes ces questions (et d’autres), écoutez/lisez l’intégralité de l’émission consacrée aux masques

Si vous demandez pourquoi, en dix ans, la France a réduit considérablement son stock de masques de protection, consultez notre enquête.

 Source: Comment nettoyer un masque « fait-maison » ?