Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés  | Atlantico.fr

Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.

Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Gestes barrières

Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés

Tout à sa politique du chiffre et de la démonstration de force, le gouvernement a eu tendance à privilégier une communication valorisant le « tout est possible aux vaccinés ». Une erreur majeure en matière d’efficacité sanitaire.

Atlantico : La communication du gouvernement pour encourager à la vaccination pousse les futurs vaccinés à croire que pour eux, tout sera possible une fois les deux doses injectées. Ce discours n’est-il pas un peu dangereux ? Cela pourrait-il engendrer un non-respect des gestes barrières chez les vaccinés ?

Michaël Rochoy : Tout dépend quel est notre seuil d’acceptabilité des risques : décès, réanimations, hospitalisations, Covid-longs… sans oublier les risques sociaux. Par exemple, en cas de rentrée en septembre avec un nombre de cas quotidien très élevé, il faut s’attendre à des élèves de moins de douze ans non-vaccinés qui seront presque systématiquement positifs ou cas contacts. Il faudra prévoir des PCR à répétition, des fermetures de classe, de l’absentéisme scolaire, de l’absentéisme au travail… A quoi s’ajoute le risque théorique d’émergence d’un variant avec un échappement immunitaire ou la découverte de maladies associées au Covid-19 comme des maladies neuro-dégénératives.

Les message envoyé par le gouvernement est de dire : “si vous êtes vacciné, vous pouvez revenir à la vie d’avant et tant pis si cela implique quelques contaminations en plus”. Le problème, c’est ce que va représenter ces “contaminations en plus”.

Le risque de contamination des vaccinés est minime, mais il existe quand même ?

Le risque est diminué mais il n’est pas nul, surtout pour les personnes vaccinées avec une seule dose.

 

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Quel discours devrait-on tenir aux néo-vaccinés, sur la question du masque par exemple ?

Je pense qu’il ne faut pas retirer le masque en intérieur, quand bien même on est vacciné. On parle aujourd’hui de retrait de masque en intérieur sur présentation du passe sanitaire : les personnes concernées sont des personnes vaccinées mais aussi des personnes qui ont fait une PCR négative il y a 48h et qui pourrait très bien être positive le jour J. Je pense qu’on envoie là un très mauvais signal.

La décorrélation actuelle entre courbe des contaminations et courbe des décès pousse-t-elle à l’imprudence ?

L’augmentation du nombre de cas ne se traduit pas pour l’instant par une augmentation du nombre de décès. Aujourd’hui, nous sommes à 30 décès par jour. On en revient à la question de l’acceptabilité. Est-on prêt à accepter 30 décès par jour, soit trois fois la mortalité quotidienne par accident de la route ? Le discours ambiant du gouvernement est de dire que oui, c’est acceptable. Je ne sais pas si les Français partagent cet avis.

Dans sa stratégie vaccinale, le gouvernement semble adopter une politique du chiffre, presque entrepreneuriale plus que vraiment sanitaire. Risque-t-il de cette façon d’ignorer les enjeux de circulation virale ?

La vision entrepreneuriale du gouvernement n’est plus vraiment fondée. Aujourd’hui, les gens vont se faire vacciner. Le problème devient surtout celui d’obtenir un rendez-vous. Emmanuel Macron a peut-être un peu boosté la campagne mais le nombre de vaccination par jour était déjà assez important avant ses annonces. Aujourd’hui, ça ne sert plus à rien de vouloir “accélérer” la vaccination. Dans certains endroits, les prochains rendez-vous sont fixés en septembre.

Ensuite effectivement, on est tentés de penser que le gouvernement ne regarde plus que les chiffres de vaccinations et ignore les autres indicateurs. On peut se demander si le gouvernement ne veut pas atteindre une immunité hybride (via le vaccin et via la contamination), un peu comme Boris Johnson, en acceptant le prix à payer dont on a parlé avant.

Si on ne veut pas regretter plus tard d’avoir laissé trop circuler le virus, il faut prendre des mesures plus fortes, même si c’est compliqué car tout le monde veut retrouver une vie normale. Mais il faut comprendre que plus la circulation du virus est faible, plus vite on reprendra une vie complètement normale.

 Source: Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés  | Atlantico.fr

Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?


Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?

À partir du mercredi 9 juin 2021, la France entre dans la troisième phase du déconfinement. Dans les nouveaux assouplissements, le couvre-feu est décalé à 23 heures. Est-il encore utile face au Covid-19 ? On vous répond.

En Normanide, le couvre-feu reste est désormais à 23h

En Normanide, le couvre-feu reste est désormais à 23h – Photo Boris Maslard

Vous vous êtes sûrement déjà posé la question, un couvre-feu à 23 heures est-il bien utile ? Si le couvre-feu établi à 18 heures pour éviter tout contact et rassemblements en dehors de la sphère professionnelle semblait sinon logique, du moins acceptable lors de son instauration à l’automne dernier, les décalages à répétition avec l’arrivée des beaux jours et le déconfinement peuvent nous interroger sur sa pertinence aujourd’hui. Pourquoi s’obstiner à tenir un couvre-feu tardif ? On fait le point.

« Limiter les activités »

Pour Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), interviewé par Le Figaro, «
C’est un confinement du soir qui permet de limiter les activités
». Mais il considère que le couvre-feu de 23 heures « n’a pas d’intérêt
» : « Plus on retarde l’heure du couvre-feu, moins il empêche des rassemblements, moins il a d’efficacité », contrairement à celui de 21 heures qui limitait la contamination dans les restaurants. Pour l’épidémiologiste Martin Blachier juge même que, au vu « du phénomène saisonnier », qui rend selon lui le virus bien plus inoffensif en été, « le couvre-feu à 23 heures est sans doute superflu ». Une mesure de tolérance donc ? Pour Michaël Rochoy, le couvre-feu à 23 heures « consiste à colmater une petite brèche alors qu’on ouvre un barrage », en prenant en compte l’ouverture des salles de bars et restaurants.

Assouplir les règles

Il est encore difficile de connaître l’impact réel du couvre-feu sur la contamination. À Toulouse, une étude publiait dans Journal of Infection montrait que le couvre-feu de 21 heures a permis de diminuer le taux d’incidence, mais avec une plus grande contamination dans les foyers familiaux. Face aux événements festifs qui se préparent comme l’Euro ou encore la Fête de la musique, le couvre-feu à 23 heures semble aussi être la solution : « L’Euro est peut-être la meilleure justification pour un couvre-feu à 23 heures
», avance le docteur Rochoy dans Le Figaro. Et plus l’heure est tardive, « moins ce sont les personnes fragiles – âgées ou avec des pathologies graves – qui sont susceptibles d’être dehors », ajoute-t-il. Même si les jeunes sont aussi touchés par des formes graves du Covid-19.

Une mesure symbolique ?

À l’heure du syndrome des vaccinés et donc du relâchement dans les gestes barrières, cette mesure serait aussi un rappel pour maintenir les mesures barrières. Un moyen de ne pas oublier que le Covid-19 est toujours présent et qu’il faut rester prudent. « Ce dont il faut se méfier, c’est un relâchement trop fort des gestes barrières
», déclare François Bicaire, infectiologue et membre de l’Académie de Médecine, à Ouest-France. Au Figaro, le docteur Rochoy ajoute : « en levant le couvre-feu, l’exécutif aurait avoué qu’il ne servait à rien, à part accabler l’économie
».

Source: Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?

Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles | Atlantico.fr

Lutte contre la pandémie

Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles

L’étude menée par une équipe universitaire indique que les taux d’infection détectés étaient 2,5 fois plus élevés pour le personnel et près de 6 fois plus élevés pour les étudiants que ce qui était observé de manière routinière.

Avec Michaël Rochoy, Jérôme Marty

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écoles. Des échantillons positifs d’air et de surface ont également été trouvés. Cette étude montre-t-elle qu’il nous reste des progrès à faire dans la détection de cas à l’école ? Nos méthodes actuelles (et leur application réelle) permettent-elles une juste estimation ?

Michaël Rochoy : A part Jean-Michel Blanquer pour qui il faut « arrêter d’être obnubilé par le rôle de l’école dans les contaminations », tout le monde est d’accord pour dire qu’on se contamine à l’école et que c’est plus fréquent qu’on le pense parce que les enfants sont plus souvent asymptomatiques et parce qu’il y a ce discours ambiant des autorités selon lequel il ne se passe rien dans les écoles. Même si les chiffres sont difficilement transposables à la France, le message de cette étude c’est : quand on cherche, on trouve. Je pense néanmoins que nous sommes sur la bonne voie grâce aux tests salivaires qui sont (enfin) pratiqués et dont on devrait bientôt pouvoir exploiter les données en open data.

Jérôme Marty : On le sait depuis des mois qu’il y a une grosse diffusion virale dans les écoles. Jean-Michel Blanquer est dans la négation permanente. Il y a une volonté manifeste de minorer ce risque pour justifier l’ouverture alors que le virus circule. Les mesures sont certes en progrès mais ne sont pas appliquées partout comme il le faudrait. Des professeurs racontent avoir reçu les autotests mais aucune consigne sur la procédure. Certaines écoles n’en ont pas. Les demi-jauges ne sont pas respectées partout. Pour la sécurisation des cantines, c’est encore flou. On ne sait pas trop ce qu’ils vont faire. Les tests salivaires, on ne sait pas vraiment si c’est suffisamment pratiqué. Beaucoup d’enseignants m’ont dit que non. Cette étude vient corroborer ce qu’on nous dit depuis des mois à savoir que les écoles sont pourvoyeuses de la contamination.

Y a-t-il des méthodes utilisées par les chercheurs dont on pourrait s’inspirer pour mieux repérer le virus dans les écoles ?

Michaël Rochoy : L’étude de l’environnement est certainement une piste à creuser. On pourrait imaginer un détecteur qui repère certains germes ou certains aérosols dans la classe. C’est plus de la recherche et développement mais ça mérite une réflexion.

Jérôme Marty : En lisant cette étude, la question qu’on peut se poser c’est pourquoi on n’étudie pas systématiquement les eaux usées à la sortie des écoles. C’est ce que font les marins-pompiers de Marseille. Ça, n’importe quelle municipalité pourrait le mettre en œuvre.

Source : https://www.atlantico.fr/article/decryptage/covid-19—le-projet-pilote-venu-du-nebraska-qui-prouve-que-nous-sous-estimons–et-gerons-tres-mal–les-contaminations-dans-les-ecoles-education-nationale-jean-michel-blanquer-michael-rochoy-jerome-marty

 

Source: Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles | Atlantico.fr

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ? | Atlantico.fr

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

© Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Symptômes

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

Les études sur les cas de Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis alertent sur le nombre de patients concernés. En Grande-Bretagne, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur trois souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. Le Covid long pourrait devenir un enjeu de santé publique.

Atlantico : Les données concernant le Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis sont de plus en plus nombreuses et alertent sur un pourcentage non négligeable de patients concernés. Au Royaume-Uni, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur 3 souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. En France, ces données sont beaucoup plus difficiles à avoir. A combien peut-on l’estimer ? Ce manque de chiffres est-il dû à une trop faible considération de ce problème ?

Michaël Rochoy : C’est une pathologie qui reste mal codifiée, il n’y a pas de diagnostic de certitude. Les chiffres de l’Office for National Statistics sont basés sur un auto-questionnaire recueilli le 6 mars 2021. La question posée était : Pouvez-vous aujourd’hui vous décrire comme ayant un Covid long ? A savoir : avoir des symptômes persistant plus de 4 semaines après avoir eu le Covid sans pouvoir l’expliquer par quelque chose d’autre.

En France, il n’existe aucun chiffres officiels. Il n’y a pas non plus à ma connaissance de suivi national du Covid long ni d’étude de cohorte.

La HAS reconnaît le Covid Long mais ne parle pas de ce seuil de 4 semaines. On n’a donc pas de définition consensuelle entre le Royaume-Uni et le France. Les chiffres sont donc forcément à prendre avec des pincettes. Sur son site, la HAS décrivait que la persistance des symptômes représentait 20% des patients après 5 semaines et plus de 10% après 3 mois, le tout en reprenant des chiffres anglais. Cela semble plutôt cohérent. Mais la HAS ne parle pas spécifiquement du Covid long, ils font plutôt mention de “symptômes prolongés” suite au Covid-19.

 

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En février 2021, la Haute autorité de santé et l’Assemblée nationale ont reconnu pour la première fois le Covid long comme une pathologie. Est-ce suffisant ? Les dispositifs de prise en charge et de suivi de ces cas sont-ils en capacité de gérer cette situation ?

Il y a eu cette fiche “réponses rapides”  de la HAS publiée en février mais ils travaillent sans doute dessus depuis un moment. C’est assez raisonnable aussi de ne pas se précipiter car le Covid long n’est pas encore bien défini médicalement. Il y a plusieurs symptômes et pas forcément d’explication claire.

La stratégie adoptée par la HAS est une stratégie de symptômes qui doivent être principalement pris en charge en soins primaires (en médecine générale) et éviter l’escalade d’examen paracliniques. Parce que si on est à 25% de Covid “longs” à 4 semaines et ça diminue à 10% après 3 mois, c’est quelque chose qui a tendance à évoluer spontanément de façon favorable. Cela avait été déjà décrit avec le Sras en 2003. Le suivi en médecine générale devrait être suffisant dans la majorité des cas.

A terme pourrait-on se retrouver dans une situation durable avec des gens inaptes à travailler ? Comment y faire face ?

 

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Plusieurs hypothèses existent à ce sujet dont celle d’un réservoir viral persistant, ou d’une inflammation provoquée par le persistance de fragments viraux ou d’une réponse auto-immune qui persisterait après l’infection. Dans le traitement, il semblerait qu’après le vaccin Pfizer ou AstraZzeneca il y ait une diminution ou une amélioration des symptômes selon une étude qui est encore à l’état de préprint. Cela peut être une piste pour soigner les Covid longs dans la majorité des cas.

Le Covid long peut-il devenir un enjeu de santé publique ?

Oui en effet, surtout si le Covid long nécessite des soins et des examens paracliniques coûteux à l’avenir. Cela peut aussi entraîner plus tard la découverte d’autres choses qui n’auraient pas été explorées auparavant.

Il y a aussi un risque de surmédicalisation, de sur-investigation ou de surtraitement parfois, avec tout ce que ça peut entraîner de nocif comme effets indésirables.

 

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La possibilité de Covid Long chez les enfants est également à surveiller. C’est évoqué dans l’article de l’Office pour les statistiques nationales. Le Covid long touche tous les âges, surtout les femmes, un peu plus les adultes mais les enfants ne sont pas épargnés pour autant. L’index de déprivation montre que les gens les plus pauvres sont un peu plus touchés et ceux qui avaient une condition physique altérée avant d’avoir le Covid ont aussi plus de symptômes (et c’est notamment à prendre en compte quand on analyse les auto questionnaires des patients).

Source: Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ? | Atlantico.fr

Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?) | Atlantico.fr

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois malgré les incertitudes sur les contaminations à la Covid-19..

© Philippe LOPEZ / AFP

Lieux de contaminations

Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?)

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois. L’épidémiologiste en chef de la Suède, le docteur Anders Tegnell, a évoqué l’idée que les enfants soient des contaminateurs permettant d’atteindre l’immunité collective. Quelles sont les précautions et mesures à prendre au sein des établissements scolaires pour freiner les contaminations ?

Atlantico : Certains pays ont défendu le maintien de l’ouverture des écoles comme la France, la Suède, etc. Qu’est-ce qui peut expliquer cette sorte d’exception française ?

Michaël Rochoy : Ne pas fermer les écoles, c’est en France un cache-misère concernant le télé-enseignement. On n’a pas mis en place le télé-enseignement de manière aussi automatique et ça n’a pas été une grande réussite, les professeurs ont dû se débrouiller avec leur propre matériel… Jean-Michel Blanquer s’est érigé en hérault de ceux qui ne veulent pas fermer les écoles, mais en France personne ne veut fermer les écoles : les pédiatres ne voulaient même pas de masques, qu’on ne fasse rien, avant de reconnaître leur utilité très tardivement, et nous -médecins-, nous n’avons jamais voulu la fermeture des écoles. Tout ce que nous avons recommandé, c’était l’allongement des vacances scolaires d’une troisième semaine à la Toussaint avec un confinement de l’ensemble du pays, qui aurait permis de casser la dynamique qui fait qu’on soit à 300 morts par jours actuellement. L’autre recommandation était d’agréger les vacances scolaires de février sur quatre semaines. Il y avait des choses à faire qui n’ont pas été faites, et des moyens de casser la courbe qui n’ont pas été employés. On veut que les élèves progressent, qu’il n’y ait pas de baisse du niveau scolaire, autant que possible. Maintenant il ne faut pas d’obstination déraisonnable ; les enfants vont survivre à deux semaines d’écoles en moins, mais certaines personnes ne vont pas survivre à l’absence d’aménagement. Il faut que les écoles restent ouvertes, mais pas à n’importe quel prix.

En Suède, des courriels de l’épidémiologiste en chef, le docteur Tegnell, au printemps 2020 évoquaient l’idée que les enfants soient des bons contaminateurs pour atteindre l’immunité collective. Se peut-il que la France ait cette même logique ?

C’est une possibilité, mais même si c’est le cas elle complètement inavouable. Si elle a été envisagée on ne le saura jamais, mais on saurait mettre cette hypothèse complètement de côté. Toutefois, pour atteindre l’immunité collective il faudrait que tous les enfants se contaminent en même temps, sans faire de forme grave. Certes, ils en font peu mais il peut y avoir des Covid longs chez les enfants, et on ne peut adopter une stratégie basée sur la contamination des enfants, d’autant que les enfants ont besoin de la présence des adultes, surtout les 0-10 ans. Donc la contamination d’un enfant entraîne celle d’un adulte.

 

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Le même épidémiologiste suédois affirmait publiquement que les écoles n’étaient pas un lieu de forte contamination. Le gouvernement français a tardé lui aussi à reconnaître les contaminations à l’école, parfois au mépris des données scientifiques. Qu’est-ce qui explique cela ?

Il n’a pas tardé seulement sur ce sujet. Ça a été le cas pour reconnaître l’intérêt des masques également. Il y a toujours eu une négation de la transmission du virus par voie aérienne dans les lieux clos, dans les écoles. L’académie de médecine a toujours soutenu la nécessité du port du masque dans les lieux clos, mais on a longtemps affirmé que cela ne concernait pas les écoles. Les sources (OMS, académie de médecine), étant, en ces périodes d’incertitudes, parfois contradictoires, les pistes suivies étaient celles que l’on voulait entendre à l’époque. Il y a une responsabilité de n’avoir pas suivi les choses qui étaient conseillées, à savoir sécuriser les écoles, mettre en place la distanciation sociale, créer des systèmes de bulles afin de faire en sorte que les enfants ne se mélangent pas entre classes à la cantine. Le fait de nier qu’il y ait des contaminations à l’école aide à se dédouaner de cette responsabilité. Un deuxième point est que l’école est une garderie et on ne veut pas l’énoncer comme tel. On sait que si les enfants ne vont pas à l’école, les parents ne peuvent pas travailler. Un ministre disait d’ailleurs dans un message que « si on avait écouté les Cassandre, on serait en train de travailler avec des enfants sur nos genoux. ».

Si l’on ne ferme pas les écoles, quelles sont les précautions et mesures à prendre ?

Il y a plein de choses faisables. D’abord, il faut une aération. On peut avoir des marqueurs, des captures à CO2 qui dès qu’elles indiquent 800-1000ppm exigent plus d’aération. On considère qu’à partir de cette limite le risque augmente beaucoup car il y a beaucoup plus de particules dans l’air. Ensuite, il y a des systèmes de ventilations (VMCs, des fenêtres qui s’ouvrent, la purification d’air avec des filtres HEPA), à la cantine notamment puisque les enfants y retirent leur masque. Ils n’ont pas le choix donc il faut se demander ce qu’on peut améliorer.

 

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Le ministre de l’Education Nationale a affirmé envisager l’hypothèse de fermer les cantines et pas les écoles si la situation sanitaire le rendait nécessaire. Que penser de cette idée ?

C’est une question qu’on évoque depuis un moment, ça fait longtemps que l’on dit que les cantines sont une absurdité, puisque c’est un des rares restaurants qui reste ouvert en France, avec les cantines d’entreprise. Est-ce une mesure efficace ? Oui fatalement, même si le protocole a été adapté, il y a toujours trois-quatre classes qui mangent ensemble dans le réfectoire, dans un grand lieu clos, pas forcément bien ventilé au moment où les enfants mangent, donc il y a quand même un potentiel de contagion élevé. C’est de surcroît le moment lors duquel les enfants sont sans masque, lors duquel tout enfant atteint peut transmettre la Covid à sa table de repas d’abord, puis à sa classe, et éventuellement à d’autres classes. Il faut sûrement prendre des mesures, toutefois il ne faut pas fermer. Confiner, fermer, ce sont des échecs. Il faut surtout se donner les moyens, et faire de la prévention ; pas attendre des taux d’incidence qui dépassent les 400 pour envisager la fermeture des cantines, alors qu’il y avait déjà auparavant la possibilité de développer les systèmes de ventilation, de purification de l’air. Evidemment cela demande des moyens financiers mais c’est un investissement nécessaire qui aurait pu être fait en amont. Il faut le concevoir dans une politique nationale, c’est à dire voir ce qu’on fait pour les enfants. Il existe évidemment la question des enfants précaires, qui sans cantine ne peuvent pas manger chez eux par exemple, mais également celle de certaines professions dites essentielles, qui ne peuvent pas par exemple le midi se déplacer pour récupérer les enfants. La question peut également être celle de l’introduction d’un chômage partiel, et doit donc rentrer dans une démarche plus globale que la simple fermeture des cantines. Il faut que ce soit quelque chose concerté avec différents ministères mais notamment le ministère du Travail.

Source: Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?) | Atlantico.fr

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Des écoliers patientent avant un test salivaire pour la Covid-19 dans une école primaire à la périphérie de Bordeaux.

© Philippe LOPEZ / AFP

Briser les chaînes de contaminations

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque

Des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu dans une nouvelle étude que les écoles sont un lieu de contamination important. Quels sont les principaux enseignements de cette étude et les pistes pour limiter les contaminations à la Covid-19 dans l’environnement scolaire ?

Atlantico : Dans une étude sur le risque de la Covid-19 à la maison suite à la scolarisation des enfants, des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu que les écoles sont un vecteur de contamination important. Ils ont analysé les symptômes de 576 000 parents d’élèves américains pendant la deuxième vague et ont pu observer les différentes risques de la scolarisation dans l’état actuel des établissements. De quels risques parle-t-on ?

Michaël Rochoy : La comparaison dans cette étude s’est faite entre des parents qui ont des enfants scolarisés et ceux qui n’en ont pas. Ils ont recueilli plus de 2,1 millions de réponses sur 50 États des USA qui leur ont permis de comparer les mesures qui ont été prises dans les établissements et d’étudier la propagation de la Covid-19. D’autres critères ont été pris en considération comme l’âge des parents, le milieu de vie, le travail et le nombre de personnes présentes dans le foyer.

Il s’agit d’une étude par questionnaire donc bien sûr il y a des risques de biais (se rappeler notamment les mesures mises en place et à quelle date). Dans cette étude par questionnaire donc, le fait d’avoir un enfant scolarisé à l’école à temps plein est associé à un sur-risque de contamination à la Covid-19 de l’ordre de 40 %. Ce n’est pas étonnant : l’école est un lieu où les enfants sont en grand nombre et sont brassés entre les familles de la même manière que peuvent l’être les entreprises.

Dans cette enquête, une éclaircie est à signaler, on analyse les mesures qui ont eu un impact positif. Quelles sont-elles ?

Oui, par exemple l’instruction à l’extérieur amène une diminution de risques de tests positifs de l’ordre de 12 % ; ce n’est évidemment pas souvent possible, variable selon le climat et les activités… Une autre mesure efficace est la présence des mêmes étudiants en classe. La création de bulles où les étudiants ne sont pas brassés est importante : lorsque l’on favorise les demi-groupes avec des classes de latin, de grec, d’allemand, etc. on amène plus de contaminations.

D’autres mesures sont aussi utiles comme le fait d’éviter le prêt des objets à son effet ou de ne pas faire venir son enfant fébrile au sein de l’école. L’arrêt des activités périscolaires (potentiellement sans masques dans des lieux clos à risque, comme le sport ou la musique) est aussi une mesure efficace.

A l’inverse certaines mesures sont sans effet, comme la fermeture des cafétérias. Ce n’est pas étonnant : fermer c’est déplacer le problème, en particulier sur les campus américains… Il ne faut pas les fermer, mais réorganiser pour éviter le brassage dans un même lieu clos (augmenter le nombre de services, manger en classe en plusieurs temps plutôt que mélanger les classes, aérer, etc.) : on rejoint la mesure des bulles décrites plus haut et ne pas mélanger soudainement toutes les classes le midi sans masque, ce qui est un non-sens.

Est-ce la première étude à confirmer ces données sur la contamination dans les écoles ?

Ces résultats confirment ceux d’autres, comme celle de Pasteur sortie il y a quelques mois. Dans cette dernière, on pouvait voir qu’une famille avec un enfant scolarisé était à risque. Il faut aussi comprendre que la reprise de septembre a été particulière avec une reprise normale avec circulation du virus, ce qui n’avait jamais été le cas depuis mars – il y a alors peu d’études faites sur l’école en France, ou alors des études faites pendant le confinement ou les vacances scolaires… Étudier l’effet de la fermeture des écoles le 15 mars, entre le premier tour des municipales et le confinement du 17 mars, ça n’était pas possible en France. À cette rentrée de septembre, il a fallu batailler fort pour avoir les masques à l’école. Le fait de porter un masque est pourtant l’un des facteurs les plus protecteurs pour les élèves.

On sait que les enfants se contaminent entre eux et contaminent les adultes, qui les contaminent aussi… Fatalement les écoles sont plus à risque que la maison, où on accueille rarement 30 enfants dans une salle fermée pendant 6h en leur disant d’aller tous manger ensemble en retirant le masque le midi. Il faut en avoir conscience, ne pas balayer le problème et sécuriser les salles de classe par la ventilation et l’aération, tous les lieux où circulent les élèves et surtout les lieux où les enfants retirent leurs masques : les restaurants scolaires.

Évidemment, nous parlons d’écoles mais sécuriser les cantines d’entreprise et demander à chacune de ne plus faire manger leurs employés ou ouvriers ensemble est une mesure capitale. C’est beaucoup plus simple, honnête et efficace que mettre en place des confinements de week-end ou des confinements vespéraux (ou couvre-feu) qui n’ont que pour but d’interdire de tels rassemblements intra-familiaux qu’on continue d’organiser en extra-familial chaque midi de façon complètement illogique !

Source: Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Dépistage salivaire massif (enfin) homologué : comment éviter un nouvel échec pour une priorité gouvernementale contre le Covid-19 ? | Atlantico.fr

Atlantico.fr : La Haute autorité de santé (HAS) a enfin autorisé le recours à un dépistage massif par prélèvement salivaire sur des groupes fermés, notamment dans les écoles ou les EHPAD. Que va permettre cette nouvelle technique et quelle bonne politique de tests doit-on tenir ?

Michaël Rochoy : Tout d’abord, la bonne nouvelle est qu’on va enfin tester les enfants qui étaient jusqu’ici une population très peu testée. Ensuite, l’utilisation la plus performante de ces tests va dépendre des moyens financiers et humains. A personnel et tests illimités, on testerait tous les jours. Ce n’est pas la situation actuelle. Tester tout le monde et toutes les semaines c’est très compliqué. On n’a pas suffisamment de tests, surtout si c’est pour tester des gens qui vont être négatifs.

En priorité, il faudra cibler les écoles où des cas sont détectés. Les tests salivaires permettront de s’y prendre plus rapidement et de tester massivement une classe ou toute une école dès le premier cas détecté. Ça aura aussi pour conséquence positive un meilleur traçage et un meilleur isolement.

A Outreau (Pas-de-Calais) par exemple, il y a eu un cas dans une école maternelle. Si on avait eu cette possibilité de faire un test salivaire massif, on aurait testé toute l’école pour repérer rapidement dans quelle classe se trouvent le ou les cas positifs, fermer ces classes et renvoyer les enfants à la maison afin d’éviter la transmission entre enfants et entre les enfants et leur famille. Ces tests massifs seraient particulièrement bienvenus dans les écoles maternelles où les enfants ne portent pas de masques.

Si une fois qu’on a fait tout ça, il reste des moyens financiers et humains, on peut imaginer de faire des tests à des moments clés de l’épidémie ou dans des territoires où la circulation du virus est importante. On peut aussi penser à des tests menés « à l’aveugle » dans des conditions d’études épidémiologiques, mais cela nécessiterait un accord de comité de protection des personnes.

Enfin, il faut rester vigilant à ce que ces tests détectent les variants parce qu’on a vu que certains tests antigéniques ne les détectaient pas.

Les représentants de la médecine scolaire ont fait part de leurs doutes quant à la mise en place pratique de ces tests, soulignant notamment leur manque d’effectifs. Va-t-on se heurter à une nouvelle incapacité à mettre en place les ambitions gouvernementales ? Comment pallier ce manque de moyens humains ?

Michaël Rochoy : Il ne faut pas que tout repose sur la médecine scolaire. Il faut une mobilisation au niveau du territoire. Ça peut venir d’acteurs locaux comme des médecins généralistes, des infirmiers libéraux, des pharmaciens… Ils participeraient à ces tests de façon ponctuelle, car ça n’arrive pas non plus tous les jours dans une ville qu’une école ferme à cause du Covid. En revanche, si on veut faire des tests réguliers, on ne pourra pas mobiliser tout le monde et tout le temps. On ne peut pas faire les soins habituels, les vaccins et les tests. Le temps n’est pas extensible.

Claudine Nemausat, médecin scolaire du syndicat Snmsu-Unsa : Pour le moment, la HAS n’a pas encore émis ses préconisations pour le mode opératoire. On a appris l’annonce comme tout le monde, dans les médias. Nous n’avons fait l’objet d’aucune consultation. Il sera très compliqué pour nous de réaliser efficacement ces tests. Nous sommes déjà très peu nombreux et très occupés avec le contact tracing. En effet, il faut savoir que contrairement à ce qui est écrit dans les protocoles, l’ARS ne le fait pas et s’est complètement déchargée sur les personnels de l’Education nationale pour faire le contact tracing.

Pour faire des tests salivaires à grande échelle, il faudra beaucoup plus de monde. Je ne sais pas avec qui ils pensent le faire. Il faudrait pour cela nous réquisitionner pour ne faire que cela et pas autre chose, et encore, ce ne sera pas suffisant. Actuellement je ne vois pas comment on pourrait faire vu le faible effectif que nous sommes. C’est une nouvelle décision que nous ne faisons que subir.

Jérôme Marty : C’est impossible de mobiliser régulièrement les médecins et les pharmaciens. Ces derniers font déjà des tests antigéniques. Quant à la médecine scolaire, elle est en crise grave… Il faut regarder si on ne peut pas mettre en place dans les écoles un assistant qui serait formé pour réaliser des tests. Mais pourquoi toute cette organisation n’a pas été étudiée auparavant ? On ne se rend compte de ces besoins logistiques que maintenant ? Je suis toujours étonné par ces problématiques qu’on semble découvrir au dernier moment. Ça fait quand même un moment qu’on parle de dépister les élèves et l’Education nationale découvre qu’elle n’a pas les effectifs pour le faire. On n’a pas les moyens de nos ambitions, c’est un peu le fil rouge de la crise sanitaire.

Les tests salivaires autorisés par la HAS seront-ils suffisants pour détecter le plus efficacement possible les cas positifs ?

Jérôme Marty : La HAS a validé uniquement les tests salivaires en RT-PCR et pas les RT-Lamp du système français EasyCov qui a notre préférence de par sa rapidité de résultat et sa flexibilité. Le système RT-LAMP permettrait notamment à chaque entreprise de pouvoir faire ses tests. L’entreprise achète le robot de diagnostic (1500 euros), le salarié fait son test lui-même et reçoit le diagnostic immédiatement sans besoin de l’intervention d’un laboratoire.

Dans le cas présent des tests salivaires en RT-PCR, on aura des délais beaucoup trop long et pas de réel dépistage de masse au sens auquel je l’entends. On ne pourra pas faire non plus de pooling (tester plusieurs personnes en un seul test) dont l’efficacité est avérée. Si on pouvait faire du pooling, ça demanderait moins de moyens et ce serait plus facile à faire.

Faire du test RT-PCR en prélèvement buccal, ça demande beaucoup de logistique, des prélèvements à envoyer au laboratoire, des papiers à remplir pour chaque personne testée, etc. Si on n’a pas l’habitude, ça prend quand même un certain temps, même si c’est plus rapide qu’un prélèvement nasopharyngé.

Lors de son point presse, Olivier Véran a annoncé que le contact tracing allait être renforcé, notamment en mettant l’accent sur le rétrotracing. Peut-on y croire ?

Jérôme Marty : C’est ce qu’on demande depuis des mois. Le virus est diffusé via des super contaminateurs, c’est eux que l’on cherche avec le rétrotracing. Comment se fait-il que l’on n’en parle que le 11 février 2021 alors que certains pays le font depuis des mois ? Ce sont des choses qui sont connues et qui relèvent d’études scientifiques et qui ont été pratiquées avec succès dans d’autres pays. Nous, on a refusé de le faire. Aujourd’hui, Véran nous annonce le plus naturellement du monde qu’on va enfin s’y mettre.

Je ne désespère pas qu’on va un jour cibler les lieux clos à risque pour tester de façon répétée. Cette maladie se propage en lieu clos, il faut cibler les zones où le virus a propension à se déplacer en testant les gens tous les jours. Pour cela, il faut autoriser le RT-LAMP.

A chaque fois, notre retard se compte en nombre de morts. On a tendance à l’oublier. On a quand même un président qui prétend avoir gagné son pari contre les scientifiques alors qu’on en est à plus de 300 morts par jour. Un Airbus se crashe tous les jours et on fait comme si tout allait bien. Il faut revenir à la réalité. Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des morts et des centaines de familles endeuillées tous les jours.

Source: Dépistage salivaire massif (enfin) homologué : comment éviter un nouvel échec pour une priorité gouvernementale contre le Covid-19 ? | Atlantico.fr

Covid-19 : Israël pense nécessaire de vacciner les enfants, le Royaume-Uni prépare ses hôpitaux à une hausse des cas pédiatriques graves | Atlantico.fr

© Luis ROBAYO / AFP

Réaction inflammatoire

Covid-19 : Israël pense nécessaire de vacciner les enfants, le Royaume-Uni prépare ses hôpitaux à une hausse des cas pédiatriques graves

Le Covid-19 déclencherait une réponse inflammatoire chez certains enfants. Le système hospitalier britannique est mobilisé pour accueillir ces jeunes patients. Connaît-on une hausse des cas en France ? Faut-il s’inquiéter pour les enfants ?

Atlantico.fr : Le Covid-19 pourrait provoquer chez certains enfants un syndrome inflammatoire multisystémique (MIS-C ou PIMS). Au Royaume-Uni le système hospitalier s’organise pour faire face à cette menace qui augmente. De quoi s’agit-il ? Assiste-t-on à une hausse des cas aussi en France ?

Michaël Rochoy : C’est une réaction inflammatoire qui survient quatre à six semaines après l’infection. On n’a pas encore de certitudes sur le mécanisme d’actions. Après avoir été contaminé par le Covid, le corps de l’enfant fabrique des anticorps qui vont entraîner une réaction systémique. Ce n’est pas le virus lui-même qui est la cause mais la réaction du système immunitaire qui donne une réaction inflammatoire. Il y a plusieurs symptômes : la fièvre persistante systématique, on retrouve d’autres symptômes notamment gastro-intestinaux (douleurs, diarrhées) et aussi des éruptions cutanées qui sont fréquentes, ou encore des problèmes cardiaques (myocardite, inflammation du myocarde)

On sait que c’est un syndrome qui peut être lié à des prédispositions génétiques. Une équipe de l’hôpital Necker a notamment conclu en juin que les enfants ayant des ancêtres africains étaient plus à risque.

On rapproche souvent le PIMS de la maladie de Kawasaki qui est une inflammation post-infectieuse qui donne des signes similaires mais dans des proportions différentes.

La hausse du nombre de cas de PIMS semble liée au nombre de cas de Covid. Santé publique France montre que les courbes ont bien suivi les deux vagues en France. 368 cas ont été détectés en France entre mars 2020 et 24 janvier 2021 : 44 % de filles, avec un âge médian de 7 ans. En mai dernier, un enfant est décédé à Marseille.

Au-delà du PIMS, qu’en est-il des risques de cas graves de Covid chez les jeunes ? Est-ce en augmentation ?

Il est encore difficile de répondre de manière définitive. C’est trop tôt pour dire si les variants donnent plus de formes graves. Ce qui compte c’est surtout la transmission. Etant donné que le variant se transmet davantage, il y a plus de cas et donc plus de formes graves. Il faut donc surtout éviter la transmission en amont.

Israël a ouvert la vaccination aux jeunes de moins de 16 ans. Est-ce un choix stratégique au vu des dernières données sur la forte capacité de transmission des jeunes, notamment en milieu scolaire ?

C’est un choix qui semble réfléchi puisqu’Israël arrive à la fin de de son plan de vaccination (ils n’ont pas commencé par vacciner les jeunes). Mais il serait intéressant d’avoir un recul, il ne faudrait pas que ce soit un essai clinique sauvage. Il faudrait un certain suivi pour avoir des données qui arrivent rapidement pour s’assurer qu’il n’y ait pas de syndromes systémiques qui arriveraient après par exemple. Même si je n’y crois pas, il faut garder un œil critique et ne pas vacciner n’importe comment. Je pense qu’ils ont raison de le faire mais cela aurait été mieux si on avait eu des essais cliniques validés pour ça.

Le vaccin Pfizer a une autorisation de mise sur le marché uniquement pour les plus de 16 ans. Israël prend la responsabilité de vacciner les moins de 16 ans, c’est leur décision. A priori, ça va bien fonctionner, mais jusqu’à quel âge ? Les systèmes immunitaires ne sont pas les mêmes, notamment chez les très jeunes. Où est-ce qu’on s’arrête ? 5 ans ? 2 ans ? Avec quelle dose ? Il y a pas mal de questions qui se posent. Par exemple, pour la diphtérie et la coqueluche, on n’utilise pas les mêmes doses avant 10 ans et après 10 ans. Idem pour l’hépatite B (pas la même dose avant et après 11 ans). Il y a donc des variations chez les enfants en termes de vaccins par rapport aux adultes.

Source: Covid-19 : Israël pense nécessaire de vacciner les enfants, le Royaume-Uni prépare ses hôpitaux à une hausse des cas pédiatriques graves | Atlantico.fr

Port du masque obligatoire dès 6 ans : une «bonne nouvelle» pas toujours facile à appliquer – Libération

«C’est une bonne nouvelle», se réjouit Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais) et cofondateur du collectif Stop postillons, après l’annonce du port du masque à l’école dès 6 ans, par le Premier ministre Jean Castex à partir de la rentrée de lundi 2 novembre. «Le gouvernement a préféré qu’on soit au pied du mur pour prendre cette décision alors que si ça avait été fait dès le mois de septembre, ça aurait permis d’aplatir la courbe de l’épidémie», regrette toutefois le médecin. Si les enfants de moins de 10 ans peuvent être contaminés par le Covid-19, ils sont majoritairement asymptomatiques et développent rarement des formes graves. Mais sont-ils contagieux ? «Les enfants de moins de 11 ans le sont tout autant que les adolescents ou les adultes», affirme Michaël Rochoy, s’appuyant notamment sur une grande étude de tracing menée en Inde et publiée dans la revue Science : elle conclut que les enfants pourraient bien être des acteurs clés dans la diffusion de la maladie. «Laisser les enfants sans masque en primaire, ça aurait été saboter le confinement puisqu’ils peuvent ramener le virus dans les foyers», ajoute Elisa Zeno, cofondatrice du collectif Ecoles et familles oubliées.

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La question de leur contagiosité divise toujours beaucoup la communauté scientifique. Certains chercheurs affirment que les enfants transmettent beaucoup le virus, quand d’autres disent qu’ils sont au contraire très peu contaminants. «Les enfants sont peu porteurs, peu malades et peu contagieux entre eux et envers les adultes, insiste Fabienne Kochert, présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa). Moins contagieux ne veut pas dire pas contagieux du tout donc si le virus circule davantage sur tout le territoire, on peut avoir un petit plus de clusters dans les écoles», reconnaît la pédiatre. Rémi Salomon, chef du service pédiatrie Necker, est du même avis et ajoute : «Il faut prendre un maximum de précautions pour que les enfants ne transmettent pas le virus, ne le ramènent pas à la maison.»

Difficultés dans les apprentissages

Du côté des enseignants, le port du masque dès le primaire rassure, même si, dans les faits, ce ne sera pas toujours simple à appliquer. «A 6 ans, les enfants ont tendance à manipuler beaucoup de choses, observe Philippe Descottes, enseignant dans une école primaire à Rennes. Ceux qui le portent déjà volontairement à partir du CM1 le manipulent régulièrement. Donc pour les plus petits, ce sera loin d’être évident.» Autre difficulté soulevée, celle liée aux apprentissages. Les élèves ont déjà parfois du mal à entendre leurs professeurs masqués, un problème de compréhension qui ne s’arrangera pas quand tout le monde sera logé à la même enseigne. «Une énorme partie des apprentissages se fait dans le dialogue avec les autres élèves et les enseignants, donc là, les interactions vont être bridées, remarque Eva, pofesseure des écoles en zone REP à Paris. Ce sera aussi un obstacle quand ils devront lire à voix haute et ce sera globalement compliqué pour le langage oral.» Les enseignants s’interrogent également sur la fourniture de ces masques. Si le ministère de l’Education ne prévoit rien, les familles les plus modestes ne pourront pas équiper leurs enfants correctement. «Certains portent déjà le même masque plusieurs jours de suite», relève Eva.

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Dans son ensemble, le monde éducatif ne s’oppose pas au port du masque dès l’âge de 6 ans mais tout le monde s’accorde à dire que ça ne doit pas être la seule mesure, loin de là, pour renforcer le protocole sanitaire et assurer la sécurité des élèves, comme celle du personnel.

 


Cécile Bourgneuf

 

 

Source: Port du masque obligatoire dès 6 ans : une «bonne nouvelle» pas toujours facile à appliquer – Libération

Halte à la fraude scientifique – Libération

Tribune. Cette pandémie est la première dans l’histoire de la science moderne. Les moyens déployés et la mobilisation des chercheurs ont été sans précédents. Tous les projecteurs étaient braqués sur le monde de la recherche, ce qui aurait contribué à démocratiser et rendre attractif ce domaine parfois vu comme lointain ou inaccessible. Nos concitoyens étaient en droit d’exiger la science la plus sérieuse et honnête, dans l’intérêt supérieur de l’humanité. Force est de constater qu’ils ont été surpris et déçus.

Au lieu d’une unification des forces, ils ont assisté à une dispersion des moyens à l’échelle mondiale, européenne, et même nationale, nourrie par une impréparation et des égoïsmes, tant entre Etats qu’entre équipes de recherche, conduisant à une épidémie de petites études scientifiques locales, parfois de mauvaise qualité, qui ont fait perdre un temps précieux et sans doute beaucoup de vies humaines. L’Académie nationale de médecine a alerté, sans succès.

Cependant, la confiance de nos concitoyens a surtout été brisée par la mise en lumière de fraudes scientifiques. L’affaire dite du «Lancetgate» a eu un retentissement mondial, pas seulement dans la recherche, mais aussi sur des décisions internationales et nationales concernant la santé. Les différentes déclarations (San Francisco, Singapour, Hongkong) ou les recommandations et prises de position du réseau européen des bureaux d’intégrité scientifique (ENRIO) sont pertinentes mais ne suffisent plus : un accord international contraignant sur le système de publication scientifique, de relecture par les pairs et d’évaluation de la recherche, doit être impulsé par l’Union européenne.

Mais la France a aussi été un mauvais élève.

Quelques chercheurs minoritaires mais surmédiatisés, afin d’embellir artificiellement leurs résultats, ont exclu de leurs statistiques des patients dont le traitement n’a pas fonctionné et qui sont décédés, ont inventé des données de manière avantageuse lorsqu’elles étaient manquantes, n’ont pas fourni des informations pourtant facilement accessibles telles que les comorbidités de leurs patients et ont refusé de transmettre à leurs pairs les données permettant de vérifier l’authenticité de leurs résultats. La liste est encore longue. Ils ont ainsi durablement déformé et altéré l’image de la science et de la recherche.

Voies sans issue

Publier hâtivement, sur une plateforme de vidéos en ligne, un graphique biaisé issu de tests non fiables, de données partiellement inventées après avoir écarté celles qui ne sont pas favorables, est une communication trompeuse, abusant un public en attente de solutions et faisant naître de faux espoirs.

User de notoriété pour provoquer une augmentation des prescriptions d’un médicament, puis argumenter qu’il guérit en se basant sur des sondages ou le nombre de prescriptions, relève davantage de la prophétie autoréalisatrice que de la preuve scientifique.

Proclamer qu’un traitement guérit sur la base de comparaisons trompeuses, de patients plus jeunes ou en meilleure santé relève de la mauvaise foi.

Remettre en cause les essais contrôlés randomisés revient à oublier les risques de facteurs de confusion, à mépriser la notion d’équipoise du risque, qui est un fondement de l’éthique médicale, et à gravement méconnaître les apports considérables de cette méthode dans l’amélioration de la vie des malades depuis plus de cinquante ans.

L’argument selon lequel l’éthique médicale et le soin priment sur la recherche est fallacieux : l’histoire de la science et de la médecine nous montre bien des exemples où des vies ont été sauvées, parfois dans l’urgence, grâce à des idées novatrices voire dérangeantes mais, dans d’autres, l’empirisme a conduit à des morts par millions ou, au mieux, à gaspiller du temps et de l’argent dans des voies sans issue. Continuer de proclamer une découverte en refusant de la prouver est une utilisation abusive de cet argument, qui entretient la confusion et ramènerait la science au Moyen Age.

Des résultats transparents, exhaustifs, reproductibles

Les patients ont le souci compréhensible de défendre la qualité de prescription de leurs médecins. Cependant, le même niveau d’exigence doit être imposé aux chercheurs bénéficiant d’un effort national financier considérable pour qu’ils fournissent des résultats fiables et honnêtes, afin que les médecins puissent prescrire de façon éclairée et libre, mais toujours dans les limites fixées par la loi et selon les données acquises de la science, comme l’indique leur code de déontologie médicale. Il n’y a là rien d’une coquetterie élitiste, d’une lourdeur bureaucratique ou de pressions de quelques puissances financières : il s’agit de l’application du serment d’Hippocrate : «Avant tout, ne pas nuire.»

La science est évolutive et a toujours avancé par controverses et retournements de paradigmes : il est heureux que nos concitoyens le découvrent. Et toute découverte commence par la sérendipité ou l’intuition. Un scientifique est libre de ses hypothèses, de sa méthode et de défendre celles qui vont à contre-courant. Mais pour convaincre, il doit apporter des résultats transparents, exhaustifs, reproductibles, afin que ses pairs puissent vérifier ce qu’il proclame : préalable indispensable pour en faire rapidement bénéficier la population.

En sciences, la réputation se construit par la solidité des découvertes et des preuves, et non l’inverse.

Une transformation salutaire

Il est anormal d’invoquer fallacieusement l’éthique et l’obligation de soin pour refuser un essai contrôlé randomisé et, dans le même temps, inclure sans autorisation des enfants de 10 ans dans un essai clinique.

Il est anormal que la carrière des chercheurs et les systèmes de financement de la recherche soient basés davantage sur le nombre de publications (dépendant parfois d’un système de publication perfectible et au modèle économique discutable) que sur leur qualité (l’Académie des sciences le déplore depuis dix ans), alors que les instances d’évaluation de l’intégrité scientifique devraient voir leur indépendance inscrite dans la loi, pouvoir s’autosaisir et avoir un droit de décision sur les carrières des chercheurs et les financements des équipes de recherche.

Il est anormal que des publications scientifiques passent la barrière de la relecture en moins de 24 heures, dans des journaux où les auteurs sont eux-mêmes rédacteurs en chef ou membres du tableau éditorial.

Il est anormal, à l’inverse, qu’une procédure de relecture additionnelle d’une publication scientifique, déclenchée par une société savante, n’aboutisse qu’au bout de plusieurs mois.

Il est anormal que les citations entre auteurs d’une même équipe de recherche soient comptabilisées dans certains indicateurs de référence.

Il est anormal que des directeurs d’équipes de recherche cosignent des publications dont le nombre rend impossible le fait qu’ils y aient réellement participé.

Il est anormal et très grave que des chercheurs partiellement interdits de publication, pour cause de fraude scientifique avérée, se voient promus à des responsabilités encore plus importantes ou même à des fonctions qui décident de la carrière des autres, alors que leurs instances dirigeantes auraient dû les écarter définitivement de la recherche.

Durant des décennies, la fraude scientifique d’une minorité de chercheurs a bénéficié d’une impunité et a même servi de tremplin à leurs carrières, dans l’indifférence générale.

Les scientifiques et les médecins font partie des professions inspirant le plus confiance, ce qui constitue un puissant socle de stabilité de nos démocraties. Durant cette pandémie, l’image déplorable de la recherche a l’avantage d’avoir projeté ce sujet au-devant de la scène médiatique. Utilisons ces débats passionnés dont se sont emparés tous les Français, et qui ont dangereusement clivé notre société, pour provoquer une transformation salutaire. Le moment est historique : les responsables politiques ont le pouvoir de changer les structures de décision des carrières des chercheurs et enseignants-chercheurs et d’instaurer un système coercitif contre la fraude scientifique, avec un véritable impact sur la carrière des quelques rares qui s’y adonnent.

Contre la fraude scientifique aussi, le «monde d’après» ne doit pas ressembler à celui d’avant.

La liste complète des signataires est mise à jour en temps réel sur cette page. Et pour signer la tribune, c’est sur cette page.

Premières structures signataires (sociétés savantes / associations / collectifs) : Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF). Président : Pr Pierre Tattevin ; Société de Réanimation de Langue Française (SRLF). Président : Pr Eric Maury ; Société Francophone de Santé Environnement (SFSE). Présidente : Dr Elisabeth Gnansia ; Société Française de Pédiatrie (SFP). Président : Pr Christophe Delacourt ; Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE). Président : Pr Vincent Renard ; Réseau des Jeunes Infectiologues Français (ReJIF). Coordinateur : Nathan Peiffer-Smadja ; Collectif FakeMed. Président : Dr Cyril Vidal ; European rural and isolated practioner association (EURIPA). Président : Dr Jean-Pierre Jacquet

Premiers signataires (personnes physiques) : Pr Roger SALAMON, ancien chef de service de santé publique-épidémiologie (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux), ancien président du Haut Conseil de la Santé Publique ; Pr Hervé MAISONNEUVE, médecin de santé publique, référent intégrité scientifique de la faculté de médecine Paris-7, rédacteur du blog «Rédaction Médicale et Scientifique» ; Pr Dominique COSTAGLIOLA, Directrice de Recherche INSERM, membre de l’Académie des Sciences (épidémiologie et biostatistiques) ; Pr Christophe RAPP, infectiologue, hôpital américain de Paris, Président de la Société Française de Médecine des Voyages, membre du Haut Conseil de la Santé Publique ; Pr Jean-Michel CONSTANTIN, chef de service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Stéphane GAUDRY, réanimateur, service de médecine intensive et réanimation de l’hôpital Avicenne (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Pierre-Yves SCARABIN, directeur de recherche émérite INSERM (épidémiologie et santé publique), ancien directeur de structure INSERM ; Pr Alexandre DEMOULE, chef de service de médecine intensive et réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Francis BERENBAUM, chef de service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine, Paris (APHP / Sorbonne Université / INSERM) ; Pr Patrick MERCIE, chef de service de médecine interne et immunologie clinique (CHU de Bordeaux / INSERM / université de Bordeaux) ; Pr Gaëtan GAVAZZI, chef de service de gériatrie clinique, Président du collège National des Enseignants de Gériatrie (CHU de Grenoble, université de Grenoble) ; Pr Mathieu MOLIMARD, chef de service de pharmacologie médicale (CHU de Bordeaux / INSERM / université de Bordeaux) ; Pr Luc FERRARI, toxicologue (CNRS / université de Lorraine) ; Pr Vincent DANEL, toxicologue, professeur émérite (université Grenoble-Alpes) ; Pr Bernard SALLES, toxicologue, professeur émérite (INRAE / université de Toulouse) ; Pr Nicolas PICARD, pharmacien (CHU de Limoges / université de Limoges) ; Pr Louis-Rachid SALMI, médecin de santé publique, ancien directeur de l’Institut de Santé Publique, d’Epidémiologie et de Développement (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Pr Pierre DELLAMONICA, infectiologue, professeur émérite (université de la Côte d’Azur) ; Pr Vincent DUBEE, infectiologue, (CHU d’Angers, université d’Angers) ; Dr Patrick OUVRARD médecin généraliste, Vice-Président de l’Union Européenne de la Médecine Omnipraticienne ; Dr Isabelle CIBOIS-HONORAT, Présidente du conseil scientifique du Congrès de la Médecine Générale ; Dr Francis ABRAMOVICI, médecin généraliste, président de l’UNAFORMEC ; Pr Thierry LAMIREAU, chef de l’unité de gastro-entérologie pédiatrique (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Pr Jean-François KOROBELNIK, chef de service d’ophtalmologie (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Dr Matthieu CALAFIORE, médecin généraliste, directeur du département de médecine générale (faculté de médecine de Lille) ; Pr Patrick IMBERT, médecin généraliste, directeur du département de médecine générale (faculté de médecine de Grenoble) ; Dr Franck CLAROT, médecin légiste, radiologue, vice-président de la Fédération Nationale des Médecins Radiologues 76 ; Dr Edouard OBADIA, réanimateur, représentant de l’Association des Réanimateurs Du Secteur Privé (ARDSP) au CA de la Société de Réanimation de Langue Française ; Dr Christian LEHMANN, médecin généraliste, écrivain

 


Collectif de chercheurs et de professionnels médicaux

 

 

Source: Halte à la fraude scientifique – Libération