Coronavirus : tout ce qu’il faut savoir sur ces postillons qui nous infectent


Coronavirus : tout ce qu’il faut savoir sur ces postillons qui nous infectent

Le port d’un masque est vivement recommandé afin de ne pas disperser des postillons, potentiellement infectieux, autour de soi. PHOTO ILLUSTRATION AFP

Le port d’un masque est vivement recommandé afin de ne pas disperser des postillons, potentiellement infectieux, autour de soi. PHOTO ILLUSTRATION AFP – AFP

Le SARS-CoV-2 est un filament d’ARN encapsulé qui rentre dans une cellule pour s’y reproduire, et en contaminer d’autres. Il vient ensuite coloniser les cellules des voies respiratoires, sa cible privilégiée, au sein desquelles il produit des virions, particules virales infectieuses. Lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, elle «
expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs des virions conçus au sein du système respiratoire
 », explique le biologiste.

Postillons et gouttelettes

Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide (mucus) de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons – en moindre quantité mais potentiellement contagieux aussi, précise Christophe Bécavin, spécialiste des mécanismes d’entrée du virus dans l’organisme.

Une personne saine va donc s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé. «
La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale, ce sont les muqueuses de la bouche et du nez
 », résume Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France. Il peut aussi pénétrer par les yeux.

Sur les surfaces

Le Covid-19 peut également se contracter par «
manuportage
 » : lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, «
elle y laisse une charge virale un certain temps
 », précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses.

Quelle quantité pour être infecté ?

Un seul postillon peut-il suffire à infecter ? «
On ne sait pas, car on ignore encore quelle est la charge minimum pour attraper le Covid-19
 », développe Christophe Bécavin, chercheur du CNRS à l’Institut de pharmacologie moléculaire. De même si un postillon atterrit sur une surface, celle-ci sera infectée plus ou moins longtemps en fonction du matériau car la «
qualité
 » du virus contenu dans la gouttelette diminue avec le temps. La charge virale dépend notamment «
de la quantité de virus que vous avez en vous, or nous sommes tous différents par rapport à cette maladie
 », ajoute François Renaud.

Une durée de vie incertaine

Un postillon est de l’eau qui reste, grâce à la tension superficielle de l’eau, dans son état de goutte, à l’intérieur de laquelle le virus est piégé. La gouttelette commence à retomber par terre «
au bout d’un à deux mètres, en moyenne, du fait de la gravité
 », observe Christophe Bécavin. D’où les mesures de distanciation sociale. Mais une grande inconnue demeure : le virus peut-il survivre en aérosol, dans des gouttes plus petites (moins de 5 micromètres), voire quand l’eau s’est évaporée ? Et donc rester actif en suspension dans l’air, comme c’est le cas notamment de la rougeole ? Auquel cas on ne serait plus protégés par la gravité, et on pourrait se contaminer rien qu’en passant dans une pièce où un malade a toussé quelques heures avant… Les Académies américaines des sciences ont récemment fait part d’informations faisant pencher la balance en faveur d’une transmission du virus par des bioaérosols, et non plus seulement par les gouttelettes projetées directement sur le visage ou des surfaces.

Des masques pour stopper la diffusion

Par précaution, de nombreux médecins, ainsi que l’Académie de médecine, recommandent « le port généralisé du masque couvrant la bouche et le nez. « Il faut partir de l’hypothèse la plus défavorable », plaide le Dr Rochoy, co-initiateur du collectif Stop postillons.

« Si tout le monde en porte, c’est un effet de masse qui crée un système barrière pour couper les missiles que nous envoie ce virus
», contre lequel il n’existe ni traitement ni vaccin, conclut François Renaud.



Source: Coronavirus : tout ce qu’il faut savoir sur ces postillons qui nous infectent

«Stop postillons», le projet d’un médecin outrelois pour inciter au port du masque


«Stop postillons», le projet d’un médecin outrelois pour inciter au port du masque

«
Tout est mieux que rien
», souligne Michaël Rochoy, médecin à Outreau, qui milite pour le port de protection sur le visage. Photo Illustration C. LEFEBVRE

«
Tout est mieux que rien
», souligne Michaël Rochoy, médecin à Outreau, qui milite pour le port de protection sur le visage. Photo Illustration C. LEFEBVRE – VDN

C’est une question qui agite le pays depuis le début de l’épidémie de Covid-19 : le port du masque. Certains avis sont partagés. Michaël Rochoy, lui, en est persuadé : « Il faut en mettre. » Ce médecin généraliste de 33 ans, basé à Outreau, va plus loin. Avec trois professionnels de santé, il vient de créer un site web : Stop-postillons.fr.

L’idée est claire : inciter la population à porter un « écran anti-postillons », afin de « limiter les possibilités de contamination ». On parle là des masques classiques, type chirurgie, mais pas que : le site propose des tutos pour fabriquer son propre écran de protection. Cela va du masque en tissu, en papier, en plastique… « Même un essuie-tout fixé avec des élastiques, ou un t-shirt noué peuvent faire l’affaire. Tout est mieux que rien », insiste Michaël Rochoy.

Source: «Stop postillons», le projet d’un médecin outrelois pour inciter au port du masque