Covid-19 : une ventilation insuffisante des lieux clos peut entraîner une transmission aérienne même à longue distance | Atlantico.fr

Des passagers portant des masques consultent leurs téléphones portables dans un bus à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l’est de la Chine, le 24 mars 2020.

Des passagers portant des masques consultent leurs téléphones portables dans un bus à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2020.Des passagers portant des masques consultent leurs téléphones portables dans un bus à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2020.

© STR / AFP

Risques de contaminations

Covid-19 : une ventilation insuffisante des lieux clos peut entraîner une transmission aérienne même à longue distance

Des chercheurs chinois ont étudié la possibilité de transmission aéroportée du Covid-19 et les conditions de ventilation pour son apparition. Les taux de ventilation dans des bus ont été mesurés. Selon leurs conclusions, une ventilation insuffisante a joué un rôle dans les contaminations. Fournir une ventilation suffisante réduit l’infection.

Des chercheurs chinois ont effectué des tests pour déterminer si une mauvaise circulation de l’air dans un autobus pouvait augmenter le risque de contagion de la Covid-19, sur des sujets pour la plupart masqués. Cette étude porte sur la circulation du SARS-CoV-2 dans un milieu fermé et mal ventilé. Selon leurs conclusions, une ventilation insuffisante a joué un rôle dans les contaminations. Quels sont les risques pour des individus vaccinés et/ou masqués ?

Pr Michaël Rochoy : Les risques pour les individus vaccinés, c’est d’être contaminé. Le vaccin réduit ce risque là.  Il va permettre de réduire les formes graves menant à une hospitalisation si le patient est contaminé. Il n’est cependant pas efficace à 100 %. Concernant le risque de contamination, il est donc possible d’être contaminé dans un bus.

Le masque chirurgical permet de protéger son environnement. Il permet de protéger les autres. Le chirurgien porte un masque quand il opère au bloc pour protéger son patient. Si l’on souhaite se protéger soit même, il faudra alors privilégier le port du masque FFP2. Il en va de même pour un ouvrier du BTP qui porte ce type de masque pour éviter d’inhaler des poussières fines.

En France, tout le monde porte un masque chirurgical, nous n’avons pas spécialement de masque FFP2. C’est important de continuer à porter le masque, car nous sommes toujours, dix-huit mois après le début de la pandémie, dans une phase épidémique.

 

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De nombreuses personnes pensent qu’on n’arrêtera jamais de porter de masque, ça n’est évidemment pas vrai, le port du masque s’arrêtera lorsqu’on sortira de la pandémie.

Avant la pandémie, quelqu’un qui venait se soigner chez le médecin pour un problème de rhume n’était pas ausculté pour savoir à quel type de virus le patient était affecté. C’est désormais le cas aujourd’hui, le soignant va vouloir savoir s’ il s’agira du SARS-CoV-2 ou non.

Il nous faut éviter les contaminations pour éviter la propagation du virus, mais aussi une saturation du système de santé, et le coût lié aux tests PCR, nous avons tout intérêt à protéger l’ensemble de la population.

Les personnes positives doivent s’isoler une dizaine de jours.

Aujourd’hui porter un masque, si on est malade, ne devrait pas rendre positif au Covid-19 les autres passagers d’un bus.

Quel est selon vous l’intérêt des résultats de cette étude ? Êtes-vous surpris ?

Ça n’est pas du tout surprenant. Des études similaires ont été effectuées dans des crèches, des écoles, voire des immeubles et restaurants. Globalement ça rappelle le risque de transmission par aérosols à distance. Les gens mélangent parfois

Certaines personnes mélangent aussi le phénomène de transmission sans savoir de quoi est ce qu’il s’agit.

Ce que nous appelons les postillons n’est qu’un terme courant qui regroupe l’ensemble des projections, qu’il s’agisse de gouttelettes ou d’aérosols, qui peuvent stagner dans l’air et l’environnement plus longtemps.

 

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Il est ainsi possible de se faire contaminer à proximité mais aussi par distance par des aérosols.

Les résultats de cette étude montrent que l’on peut aussi se faire contaminer par aérosols à distance, même si cette situation est relativement rare.

La situation la plus fréquente de contamination provient d’une exposition d’aérosols à proximité.

Il est aussi possible d’être exposé à la Covid-19 via des gouttelettes à proximité ou par aérosols à distance.

Quelles sont les précautions à prendre quand on doit prendre le train, la voiture ou le train, en pleine pandémie ?

Il est nécessaire de garder le masque, car si quelqu’un est malade, même sans symptômes, cela lui évitera de contaminer d’autres personnes.

Si on se sent particulièrement vulnérable ou à risque dans une situation ou le port du masque ne paraît pas suffisant, il est nécessaire de s’équiper d’un masque FFP2 pour maximiser la protection à la Covid-19.

La vaccination reste un moyen évident pour se protéger.

Il faut passer moins de temps à s’inquiéter du nettoyage des poignées de portes ou des surfaces, c’est surtout la qualité de votre ventilation qui permettra de réduire la circulation du virus.

Dans un véhicule, que ce soit un bus ou une voiture, mieux vaut utiliser un système de circulation de l’air en circuit ouvert, afin que l’air ne soit pas toujours brassé à l’intérieur.

Vous pouvez aussi aérer l’autobus en ouvrant les fenêtres, mais sans pour autant retirer votre masque, tant que le trajet dure.

 

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Mais quel risque représente le Covid-19 pour les enfants quand on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ?

 

 Source: Covid-19 : une ventilation insuffisante des lieux clos peut entraîner une transmission aérienne même à longue distance | Atlantico.fr

Mais quel risque représente le Covid-19 pour les enfants quand on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? | Atlantico.fr

Atlantico : Quel risque représente la Covid-19 pour les enfants quant on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? On sait qu’aujourd’hui les enfants courent un risque relativement faible après une infection à la Covid-19. Et en comparaison, est-ce qu’il existe des maladies circulant en France bien plus dangereuses pour les enfants comme la grippe ou la pneumonie ?

Dr Michaël Rochoy : La Covid-19 n’a, pour l’instant et fort heureusement, pas encore circulé massivement chez les enfants. Il y a eu une protection dans les premiers temps de l’épidémie avec le confinement généralisé. Ensuite, il y a eu la reprise de l’école parce que l’on était à un niveau faible en mai 2020. Après il y a eu les vacances scolaires, les grandes vacances puis après nous avons laissé circuler le virus en septembre lors de la rentrée 2020. Cela a tellement augmenté et la situation était tellement complexe que le masque a été imposé à partir de novembre 2020 puis il n’a jamais été retiré jusqu’au dernières mesures d’allègements dans certains départements le 4 octobre. On n’a donc pas laissé circuler le virus du Covid chez les enfants.

Comparé à d’autres épidémies, comme la grippe, que l’on laisse circuler habituellement, c’est difficile. La Covid-19 a entraîné, chez les enfants de 0 à 9 ans, dix décès. Chez les 10-19 ans, quinze jeunes sont morts de la Covid-19 depuis le début de la pandémie en France.

 

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La grippe peut aussi entraîner des complications chez les enfants. Certains peuvent être hospitalisés en raison d’une grippe, d’une pneumonie, en raison de gastro-entérites. D’autres maladies évidemment peuvent impacter les enfants. La Covid-19 n’est pas du tout la seule maladie qui touche les enfants. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille laisser circuler la Covid-19. Par ailleurs, les mesures barrières qui sont prises pour la Covid-19 chez les enfants et les adultes sont aussi des mesures barrières contre toute virose respiratoire et efficaces contre la grippe.

Les infections respiratoires touchent-elles le plus les enfants ?

Les infections respiratoires touchent fréquemment les enfants. Les gastro-entérites aussi sont très fréquentes. Les enfants sont par nature moins immunisés que la plupart des adultes. Ils ont moins d’anticorps et sont plus sujets à faire des infections virales contre lesquelles ils n’ont pas encore d’anticorps.  Ils vivent aussi en communauté avec d’autres enfants qui sont aussi facilement malades. Ce n’est pas une surprise que les enfants soient régulièrement malades. En consultation de médecine générale, nous avons fréquemment des enfants malades plus que de jeunes adultes

L’explication est-elle liée au fait qu’ils ne développent pas d’anticorps ?

Ils sont plus susceptibles d’être confrontés pour la première fois de leur vie à des infections virales, alors que lorsque l’on est adulte, on a  déjà été confronté à certaines infections virales quand on a été enfant.

 

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Un très mauvais exemple serait la rougeole. On ne contracte plus la maladie car nous sommes vaccinés. Les adultes avant 1976 ont quasiment tous fait la rougeole quand ils étaient enfants.

Sur les chiffres de la mortalité infantile en France, quelles sont les maladies les plus mortelles ? 

Les mesures de prévention chez les enfants permettent de prévenir les infections individuelles mais cela a aussi un intérêt collectif. Se protéger du Covid chez les enfants permet de limiter la circulation du virus en population générale, donc y compris chez les adultes, y compris chez les adultes immunodéprimés ou les personnes n’ayant pas encore eu leur troisième dose du vaccin.

En France, 84 décès par an sont attribués à la grippe chez les enfants de moins de 14 ans. Mais la surveillance est beaucoup plus importante sur le Covid. Beaucoup plus de personnes sont testées et suivies.

Mis à part les épidémies qui se transmettent par voie aérienne, doit-on se méfier d’autres maladies et qui seraient aussi à risque chez les enfants ? La pneumonie se transmet-elle par exemple de la même manière que le Covid-19 ?

La pneumonie peut aussi se transmettre de façon respiratoire.  Mais ces infections sont respiratoires et généralement bactériennes. Cela peut aussi venir de surinfections bactériennes.

En dehors de la période néonatale, la mortalité des 1-14 ans, il y a à peu près 1.000 décès par an, selon les chiffres de l’Insee. Pour les maladies infectieuses, cela représente 40 décès de 1 à 14 ans.

Avec la Covid-19, sur les deux derniers mois, on a 9 décès de 10 à 19 ans en deux mois. Laisser circuler le virus chez les enfants ne serait donc pas une bonne idée. Avec les restrictions sanitaires depuis le début de la pandémie, les vacances, le port du masque, le « laisser circuler » chez les enfants n’a jamais vraiment eu lieu en France de manière trop importante.

 

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Depuis deux mois, avec un relâchement des gestes barrières grâce à la vaccination en partie, on laisse un peu plus circuler le virus avec notamment l’allègement du port du masque dans certaines conditions. En deux mois, nous sommes déjà à neuf décès. Si l’on extrapole sur un an, nous pourrions atteindre 36 décès Covid chez les 0-19 ans.

A titre de comparaison, en 2016, il y avait une quarantaine de décès de causes infectieuses.

La Société de pédiatrie a confirmé ce constat dans Marianne en indiquant que le virus tuera très peu d’enfants à l’école. Si on le laisse circuler ce ne serait pas dramatique. C’est donc « accepter » 40 décès. On a « accepté » 400 décès d’adultes par jour. Qu’est-ce que nous sommes prêts à accepter en termes de décès pédiatriques ? Accepterait-on de passer de 40 à 80 décès ? Pour moi non. Il faut limiter au maximum le nombre de décès pédiatriques. Cela peut passer par des mesures de prévention qui sont globalement bien acceptées et qui ne présentent pas de risques, cela en vaut peut-être la peine.

Avec cette période de pandémie, nous avons la perspective de pouvoir vacciner les enfants, sous réserve d’avoir des études rassurantes. A titre de contre-exemple, la Suède a décidé d’interrompre l’utilisation du vaccin Moderna pour les 20-30 ans suite à des risques de myocardite. Nous ne sommes donc pas sûrs de pouvoir vacciner les enfants. Des études sont en cours. Il faut que les études puissent être menées sur le long cours avant d’adopter une stratégie visant à laisser circuler le virus.

Comparer la Covid-19 avec les autres maladies n’est finalement pas une bonne chose puisque nous n’avons pas les mêmes mesures. Mais est-ce que les protocoles du Covid sont aussi déployés dans d’autres types de maladies ? Lors d’une épidémie de grippe dans une école, est-ce que des mesures barrières sont déployées ?

Malheureusement non. Espérons que la pandémie permette de changer cela. Le port du masque pourrait être un bon réflexe lorsque l’on est malade. Les stratégies déployées avec la Covid-19 ne sont pas non plus idéales. Le gouvernement a indiqué notamment que lorsqu’un enfant est malade dans une école, dans certains départements, on va tester tout le monde  le lendemain. C’est stupide car il s’agit d’un virus qui a un délai d’incubation de quatre jours.  En testant tout le monde le lendemain, tout le monde va être négatif, sauf des gens qui auraient été positifs sans le savoir avant. On laisse également les élèves en classe sans rien faire. Cela montre une très mauvaise compréhension.

Si l’on considère que ce qui importe c’est de laisser au maximum les classes ouvertes pour des raisons sociétales qui sont larges, pour l’éducation des enfants mais aussi les parents peuvent se rendre au travail sans souci concernant la garde des enfants, s’il faut à tout prix que les enfants restent à l’école, alors on peut se dire dans une classe où il y a eu un cas, on va partir du principe que des enfants ont pu être contaminés et vont donc à leur tour être contaminateurs. Pour éviter cela, comme on est dans une situation à surrisque, on remasque tout le monde pour une période de quinze jours. On masque les potentiels contaminateurs et ainsi ils ne pourront pas contaminer. Cela voudrait dire que certains messages ont été retenus de cette pandémie comme porter un masque pour protéger les autres. Mais cela n’est pas mis en place. Cela montre bien qu’il n’y a aucune compréhension de la pandémie et qu’il n’y aura pas de mesures qui vont être prises même pour les prochaines épidémies de grippe. Je pense qu’il n’y aura pas de port du masque. Les messages nationaux ne semblent pas partis pour aller dans ce sens.

Source: Mais quel risque représente le Covid-19 pour les enfants quand on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? | Atlantico.fr

Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés  | Atlantico.fr

Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.

Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Gestes barrières

Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés

Tout à sa politique du chiffre et de la démonstration de force, le gouvernement a eu tendance à privilégier une communication valorisant le « tout est possible aux vaccinés ». Une erreur majeure en matière d’efficacité sanitaire.

Atlantico : La communication du gouvernement pour encourager à la vaccination pousse les futurs vaccinés à croire que pour eux, tout sera possible une fois les deux doses injectées. Ce discours n’est-il pas un peu dangereux ? Cela pourrait-il engendrer un non-respect des gestes barrières chez les vaccinés ?

Michaël Rochoy : Tout dépend quel est notre seuil d’acceptabilité des risques : décès, réanimations, hospitalisations, Covid-longs… sans oublier les risques sociaux. Par exemple, en cas de rentrée en septembre avec un nombre de cas quotidien très élevé, il faut s’attendre à des élèves de moins de douze ans non-vaccinés qui seront presque systématiquement positifs ou cas contacts. Il faudra prévoir des PCR à répétition, des fermetures de classe, de l’absentéisme scolaire, de l’absentéisme au travail… A quoi s’ajoute le risque théorique d’émergence d’un variant avec un échappement immunitaire ou la découverte de maladies associées au Covid-19 comme des maladies neuro-dégénératives.

Les message envoyé par le gouvernement est de dire : “si vous êtes vacciné, vous pouvez revenir à la vie d’avant et tant pis si cela implique quelques contaminations en plus”. Le problème, c’est ce que va représenter ces “contaminations en plus”.

Le risque de contamination des vaccinés est minime, mais il existe quand même ?

Le risque est diminué mais il n’est pas nul, surtout pour les personnes vaccinées avec une seule dose.

 

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Quel discours devrait-on tenir aux néo-vaccinés, sur la question du masque par exemple ?

Je pense qu’il ne faut pas retirer le masque en intérieur, quand bien même on est vacciné. On parle aujourd’hui de retrait de masque en intérieur sur présentation du passe sanitaire : les personnes concernées sont des personnes vaccinées mais aussi des personnes qui ont fait une PCR négative il y a 48h et qui pourrait très bien être positive le jour J. Je pense qu’on envoie là un très mauvais signal.

La décorrélation actuelle entre courbe des contaminations et courbe des décès pousse-t-elle à l’imprudence ?

L’augmentation du nombre de cas ne se traduit pas pour l’instant par une augmentation du nombre de décès. Aujourd’hui, nous sommes à 30 décès par jour. On en revient à la question de l’acceptabilité. Est-on prêt à accepter 30 décès par jour, soit trois fois la mortalité quotidienne par accident de la route ? Le discours ambiant du gouvernement est de dire que oui, c’est acceptable. Je ne sais pas si les Français partagent cet avis.

Dans sa stratégie vaccinale, le gouvernement semble adopter une politique du chiffre, presque entrepreneuriale plus que vraiment sanitaire. Risque-t-il de cette façon d’ignorer les enjeux de circulation virale ?

La vision entrepreneuriale du gouvernement n’est plus vraiment fondée. Aujourd’hui, les gens vont se faire vacciner. Le problème devient surtout celui d’obtenir un rendez-vous. Emmanuel Macron a peut-être un peu boosté la campagne mais le nombre de vaccination par jour était déjà assez important avant ses annonces. Aujourd’hui, ça ne sert plus à rien de vouloir “accélérer” la vaccination. Dans certains endroits, les prochains rendez-vous sont fixés en septembre.

Ensuite effectivement, on est tentés de penser que le gouvernement ne regarde plus que les chiffres de vaccinations et ignore les autres indicateurs. On peut se demander si le gouvernement ne veut pas atteindre une immunité hybride (via le vaccin et via la contamination), un peu comme Boris Johnson, en acceptant le prix à payer dont on a parlé avant.

Si on ne veut pas regretter plus tard d’avoir laissé trop circuler le virus, il faut prendre des mesures plus fortes, même si c’est compliqué car tout le monde veut retrouver une vie normale. Mais il faut comprendre que plus la circulation du virus est faible, plus vite on reprendra une vie complètement normale.

 Source: Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés  | Atlantico.fr

Covid-19 : petites leçons d’une contamination aux toilettes à… 40 minutes d’intervalle | Atlantico.fr

Une dose de vaccin contre la Covid-19. © JOEL SAGET / AFP Espaces clos et exigus Covid-19 : petites leçons d’une contamination aux toilettes à… 40 minutes d’intervalle Selon une étude scientifique, une preuve de transmission aérienne du SAR-COV-2 entre deux personnes ayant visité la même salle de bain à 40 minutes d’intervalle a été confirmée. La salle de bain était mal ventilée en raison d’un mauvais fonctionnement de l’évacuation d’air. Quels sont les enseignements de cette étude sur les risques de contaminations dans les espaces clos ? Atlantico : Quels sont les principaux enseignements de cette étude ? Michaël Rochoy : C’est une étude qui date d’aout 2020 dans un service d’hématologie, probablement avec des patients qui sont immunodéprimés donc un peu plus à risque. Cela montre une transmission relativement classique : un patient qui a pu transmettre à d’autres personnes notamment aux gardiens de la chambre ainsi qu’à certaines de celles qui ont partagé la même chambre à un moment donné. Mais ce que ça montre aussi, et c’est là l’originalité de cette étude, c’est un patient qui, visiblement, n’a pas été en contact avec un autre mais lui a quand même transmis le virus. La seule explication des auteurs est que la contamination a eu lieu dans une salle de bain où ils se sont rendus à 40 minutes d’intervalle. Le premier s’est lavé, etc. et 40 minutes plus tard le second est venu se laver les dents et c’est à cette occasion qu’il aurait contracté le Covid. La porte, ouverte, entre la salle de bain et la chambre de patients a également entrainé des contaminations. C’est donc un argument supplémentaire de ce qu’on savait déjà, à savoir la transmission par aérosol du virus. Les auteurs estiment que c’est soit cela, soit un cas rare de manuportage, c’est-à-dire de transmission par surfaces contaminées. C’est ce qui fait que ce papier est intéressant un an après. Car une transmission longtemps après (40 minutes) est un peu étonnante. Cela montre aussi qu’en août 2020, avec la souche ancienne du coronavirus, pas encore le variant anglais ou delta, on pouvait être contaminé dans ces conditions. C’est encore plus vrai aujourd’hui. Quand on voit qu’en France les bars et restaurants en intérieur ont rouvert, c’est une situation à risque et on le sait. Donc quand le ministre de la Santé met en garde, il a raison, mais en même temps, que faisons-nous pour l’éviter ? Le fait que ce soit une salle de bain, donc humide et exiguë, pourrait expliquer en partie ce cas ? Les espaces clos et exigus comme des voitures ou des cages d’ascenseur sont-ils de manière générale plus contaminants ? Oui. Le fait que cela soit humide fait que les particules restent plus longtemps en suspension dans l’air. Cela invite aussi à repenser le système de ventilation car les auteurs indiquent des anomalies de fonctionnement. Cela rejoint un appel lancé dans Science il y a quelques mois concernant la ventilation des bâtiments pour lutter contre la transmission du virus par aérosol. Cela indique aussi que les toilettes publiques peuvent être des lieux de contamination, par exemple dans les hôpitaux. On peut imaginer que souvent les gens retirent leurs masques quand ils sont aux toilettes. Lorsque l’on tire la chasse d’eau il y a probablement un peu d’aérosolisation qui se fait et faire recirculer les particules virales en suspension. Cela invite à toujours penser à la ventilation quand on rentre dans une pièce, même si on est seuls quand on y pénètre, si des gens y circulent. C’est aussi dans ce cadre que l’on peut évoquer les détecteurs de CO2. S’il y a beaucoup de gaz dans une pièce alors cela signifie que si quelqu’un de contaminé est venu avant, il a aussi expulsé beaucoup de particules potentiellement infectieuses. Si le taux est faible, il y a peu de risques. On peut imaginer que dans cette salle de bain, si le patient qui s’est fait contaminer avait utilisé un capteur de CO2, il aurait constaté un taux relativement élevé. Un peu comme quand on rentre dans une pièce peu ventilée et qu’une forte odeur se dégage. Les exemples que vous prenez sont les bons. Les risques de contamination sont plus élevés dans les endroits exigus. Que faire pour limiter les risques dans ces lieux exigus ? Tout d’abord, il faut être soucieux de l’incidence dans la zone où l’on se trouve. Une incidence faible entraine naturellement moins de risques. Et il faut d’abord que les réponses soient globales et non individuelles. Il y a aussi des options individuelles : ventiler autant que possible, aérer, purifier l’air quand on ne peut faire autrement, avec des filtres Hepa. On peut aussi utiliser des capteurs de CO2, comme je l’expliquais. Il faut aussi porter le masque autant que possible, etc.  Source: Covid-19 : petites leçons d’une contamination aux toilettes à… 40 minutes d’intervalle | Atlantico.fr

Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?


Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?

À partir du mercredi 9 juin 2021, la France entre dans la troisième phase du déconfinement. Dans les nouveaux assouplissements, le couvre-feu est décalé à 23 heures. Est-il encore utile face au Covid-19 ? On vous répond.

En Normanide, le couvre-feu reste est désormais à 23h

En Normanide, le couvre-feu reste est désormais à 23h – Photo Boris Maslard

Vous vous êtes sûrement déjà posé la question, un couvre-feu à 23 heures est-il bien utile ? Si le couvre-feu établi à 18 heures pour éviter tout contact et rassemblements en dehors de la sphère professionnelle semblait sinon logique, du moins acceptable lors de son instauration à l’automne dernier, les décalages à répétition avec l’arrivée des beaux jours et le déconfinement peuvent nous interroger sur sa pertinence aujourd’hui. Pourquoi s’obstiner à tenir un couvre-feu tardif ? On fait le point.

« Limiter les activités »

Pour Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), interviewé par Le Figaro, «
C’est un confinement du soir qui permet de limiter les activités
». Mais il considère que le couvre-feu de 23 heures « n’a pas d’intérêt
» : « Plus on retarde l’heure du couvre-feu, moins il empêche des rassemblements, moins il a d’efficacité », contrairement à celui de 21 heures qui limitait la contamination dans les restaurants. Pour l’épidémiologiste Martin Blachier juge même que, au vu « du phénomène saisonnier », qui rend selon lui le virus bien plus inoffensif en été, « le couvre-feu à 23 heures est sans doute superflu ». Une mesure de tolérance donc ? Pour Michaël Rochoy, le couvre-feu à 23 heures « consiste à colmater une petite brèche alors qu’on ouvre un barrage », en prenant en compte l’ouverture des salles de bars et restaurants.

Assouplir les règles

Il est encore difficile de connaître l’impact réel du couvre-feu sur la contamination. À Toulouse, une étude publiait dans Journal of Infection montrait que le couvre-feu de 21 heures a permis de diminuer le taux d’incidence, mais avec une plus grande contamination dans les foyers familiaux. Face aux événements festifs qui se préparent comme l’Euro ou encore la Fête de la musique, le couvre-feu à 23 heures semble aussi être la solution : « L’Euro est peut-être la meilleure justification pour un couvre-feu à 23 heures
», avance le docteur Rochoy dans Le Figaro. Et plus l’heure est tardive, « moins ce sont les personnes fragiles – âgées ou avec des pathologies graves – qui sont susceptibles d’être dehors », ajoute-t-il. Même si les jeunes sont aussi touchés par des formes graves du Covid-19.

Une mesure symbolique ?

À l’heure du syndrome des vaccinés et donc du relâchement dans les gestes barrières, cette mesure serait aussi un rappel pour maintenir les mesures barrières. Un moyen de ne pas oublier que le Covid-19 est toujours présent et qu’il faut rester prudent. « Ce dont il faut se méfier, c’est un relâchement trop fort des gestes barrières
», déclare François Bicaire, infectiologue et membre de l’Académie de Médecine, à Ouest-France. Au Figaro, le docteur Rochoy ajoute : « en levant le couvre-feu, l’exécutif aurait avoué qu’il ne servait à rien, à part accabler l’économie
».

Source: Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?

Covid-19 : et voilà les résultats qui prouvent que la vaccination fonctionne contre la pandémie | Atlantico.fr

Une femme se fait vacciner contre la Covid-19.

© Jeff J Mitchell / POOL / AFP

Efficacité de la campagne vaccinale

Covid-19 : et voilà les résultats qui prouvent que la vaccination fonctionne contre la pandémie

Les vaccins sont une arme essentielle dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Au regard des données aux Etats-Unis, en Israël et au Royaume-Uni, les campagnes de vaccination permettent de soulager les hôpitaux et de diminuer le nombre de morts.

Atlantico : Si les vaccins ne doivent pas être le seul outil dans la lutte contre le Covid-19, ils représentent une arme essentielle. Dans les pays qui ont déployé une large campagne vaccinale comme aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Israël, quel impact observe-t-on sur la courbe des contaminations ?  Une vaccination massive peut-elle permettre de soulager les hôpitaux et de diminuer le nombre de morts ?

Charles Reviens : Je rappelle que je ne suis pas médecin et suis devenu en quelque sorte un infectiologue du dimanche à l’occasion de la pandémie mondiale covid-19. Cela permet au moins d’analyser et de mettre en relation les multiples données disponible sur la situation à date.

Concernant la vaccination et si l’on se limite aux seuls principaux pays de l’OCDE, sont apparus clairement au moins depuis janvier 2021 trois groupes de pays. Il y a d’abord les pays d’Asie du Sud et d’Océanie où la pandémie est maîtrisée depuis longtemps via une stratégie de type zéro covid, pays qui n’ont en quelque sorte pas besoin de la vaccination pour redresser leur situation économique et sanitaire. La vaccination constitue pour les autres pays occidentaux une forme de planche de salut pour sortir d’une situation globale dégradée voire catastrophique en 2020 puisqu’on a vu qu’au final leurs performances étaient assez proches en termes de résultats par exemple mesurés en décès covid par unité de population.

Mais il y a une très grosse différence de rythme de vaccination : les pays qui vont vite (Etats-Unis, Royaume-Uni, Israël) d’un côté du fait de stratégies globales de vaccination arrêtées en amont et apparemment efficaces, de l’autre les pays de l’Union européenne qui ont mutualisé leur sourcing des vaccins et ont vacciné à date deux à trois fois moins de personnes que les trois pays cités précédemment.

 

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Il est donc intéressant de regarder le benchmark entre la France et le Royaume-Uni où par exemple le Financial Times considère que les vaccins sont efficaces et conduisent au « covid endgame ».

Les données publiques font apparaître une certaine corrélation entre la montée en puissance de la vaccination et le nombre des cas et des décès covid : depuis le 10 janvier 2021, le Royaume-Uni est passé de près de 900 cas et 15 décès par jour et million d’habitants à 37 cas et 0.4 décès, tandis que près de 50 % de la population a reçu une dose et 15 % a finalisé son traitement vaccinal.

 

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Pour la France on reste sur la même période dans une fourchette de 300 à 500 cas par jour  et 4 à 6 décès par jour et million d’habitants avec à date 18 % de la population ayant reçue une dose et 7 % un traitement complet, grosso modo la moitié des chiffres britanniques.

Bien sûr une analyse multifactorielle est indispensable pour comprendre ces écarts de performance mais ces données accréditent toutefois fortement ceux qui considèrent que la vaccination est le « game changer », la solution magique qui permet aux pays occidentaux de sortir des déboires rencontrés de façon indifférenciée en 2020.

Michaël Rochoy : Cela fonctionne sur les courbes de cas, d’hospitalisations, de réanimations et de décès dans plusieurs pays. C’est plutôt rassurant et nous n’avons pas de cas où la campagne n’est pas efficace. Même si la vaccination est imparfaite avec des vaccins qui auraient un taux defficacité de lordre de 30 %, cela marcherait.

 

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Les contaminations varient en fonction des tests, mais en regardant bien le taux de mortalité on voit l’influence bénéfique du vaccin.

En France, les classes les plus âgées sont moins nombreuses en réanimation, peut-on espérer la même situation pour toutes les tranches d’âge une fois la vaccination élargie ? Y-a-t-il des exemples probants de cela à l’étranger ?

Charles Reviens : Le bon interlocuteur pour cette question serait un spécialiste des maladies infectieuses.

Un article de WordNewsEra compare par tranche d’âge les contaminations, entrée à l’hôpital et décès covid-19 et constate une baisse forte depuis le 25 janvier 2021, les baisses étant d’autant plus forte que la population en question est davantage vaccinée.

 

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L’article compare également les mêmes données pour la France pour les plus de 80 ans sur lesquels la campagne de vaccination s’est priorisée et les moins de 60 ans avec une divergence de même nature.

Il y semble donc y avoir un lien entre pourcentage de vaccination dans un groupe cible et réduction du risque pour ce groupe, considération bien entendu à intégrer dans une analyse multifactorielle incluant entre autres l’évolution des virus (variants) et les autres mesures de gestion de la pandémie (mesures sociales, soins apportés aux personnes contaminées).

Michaël Rochoy : Les populations les plus âgées habitant en EHPAD ont été vaccinées et le taux d’incidence baisse. Il n’y a même quasiment plus de morts et à circulation équivalente du virus, la situation n’est plus du tout comparable à celle de novembre dernier.

En France, les taux de vaccination sont plutôt élevés pour les personnes les plus âgées, nous sommes autour de 70 % pour les plus de 75 ans.  Au Royaume-Uni, nous voyons que cela fonctionne sur toutes les tranches d’âges car cela leur permet d’ouvrir et espérer un retour à la normale.

Le succès des campagnes vaccinales a-t-il permis aux gouvernements à travers le monde dalléger leurs restrictions sur les libertés des citoyens ? Cela montre-t-il le peu defficacité des restrictions de déplacements mises en place en France depuis des semaines ?

Charles Reviens : Il faut faire la distinction entre les restrictions sociales à l’intérieur d’un territoire et le contrôle d’accès à ce territoire.

Au Royaume-Uni, les écoles ont réouvert leurs portes le 8 mars dernier avec généralisation des autotests et l’essentiel des commerces et des lieux d’hospitalité sont réouverts depuis le 12 avril, y compris certains stades avec des jauges très limitées. Donc les restrictions sont désormais beaucoup moins sévères qu’en France qui vit sous l’empire du « confiné déconfiné », nouvelle variation du confinement arrêtée par l’exécutif fin mars 2021, dans le contexte déjà évoque d’une stabilisation du nombre de nouveaux cas et de décès depuis le début de l’année mais sans baisse comparable à ce qu’on constate en Grande-Bretagne.

La situation est très différente concernant l’accès au territoire avec une reprise de fait au Royaume-Uni de mesures déployées en Asie et notamment à Singapour : séjour obligatoire de dix jour en hôtel agréé par le gouvernement et facturé 2 000 euros si l’on vient d’un pays inclus dans la liste rouge, isolement dans un lieu de son choix mais avec appel quotidien de contrôle pour les autres.

Il faudra un jour analyser pourquoi les société occidentales et notamment la société française ont imposé à l’ensemble de la population et des acteurs économiques des restrictions tout à fait inédites en temps de paix tout en semblant avoir eu la plus grande difficulté à imposer des contraintes importantes mais strictement ciblées aux personnes à risque et aux personnes contaminantes.

Michaël Rochoy :  Les pays qui ont le plus vacciné sont en train de réouvrir c’est indéniable. La vaccination est une bonne solution de sortie de crise à long terme, mais ce n’est pas une bonne à court terme. Ce qui marche le mieux dans ce dernier cas c’est la prévention. Certains pays qui n’ont pas accès aux vaccins doivent mettre en place une stratégie efficace pour stopper la contamination. La vaccination est un cadeau pour les pays riches et elle n’est pas répartie de façon égale entre les pays.

 Source: Covid-19 : et voilà les résultats qui prouvent que la vaccination fonctionne contre la pandémie | Atlantico.fr

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

© Philippe LOPEZ / AFP

J-7

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ?

Le lundi 26 avril, les élèves de maternelle et de primaire doivent faire leur retour à l’école. Cette reprise inquiète les syndicats d’instituteurs et de parents d’élèves sur la question du protocole sanitaire. Des municipalités ont commandé des capteurs de CO2 pour les installer dans les écoles et préparer la réouverture.

Atlantico : Depuis le mardi 6 avril, l’école en présentiel a été mise en pause pour une durée de trois semaines. Des pays comme la Finlande ont pu mettre en place un système d’aération particulièrement détaillé et sourcé scientifiquement pour éviter au maximum la propagation aérosol de la Covid-19. Une telle mesure serait-elle intéressante à mettre en place en France pour la réouverture des écoles ?

Collectif Du Côté de la Science : Oui ! Hélas, à moins de nouvelles de dernière minute, il est peu probable que le protocole sanitaire de l’Education nationale change pour la  rentrée, et nous le déplorons. Ce protocole n’est pas adapté aux mesures de sécurité vis-à-vis de la transmission du virus dans les écoles. Il ne protège ni les enfants, ni le personnel (enseignant et non enseignant). Le protocole de l’Education Nationale n’est pas seul responsable de la situation actuelle, mais il y a fortement contribué en ne prenant pas en compte la voie principale de contamination qui est aérienne ; il n’a donc pas permis la mise en place de mesures efficaces pour y faire face. Les recommandations du Haut Comité de la Santé publique datant de juillet et octobre 2020 mentionnent la vectorisation aérienne du virus et recommande d’aérer très régulièrement les endroits clos. Le protocole de l’EN recommande de le faire 2-3 fois par jour, alors qu’il faudrait le faire au moins 2 à 3 fois par heure en fonction du nombre de personnes dans la pièce et de son volume ! La Finlande n’a fait que transcrire en termes plus simples les recommandations du REHVA, de l’ECDC, de l’OMS et d’autres organismes européens et internationaux qui concernent l’aération et la ventilation pour éviter la contagion aérienne par le SARS-CoV-2. Cela avait d’ailleurs conduit notre collectif (Du côté de la science) à publier un document à ce sujet, reprenant également ces mêmes recommandations dans le contexte de l’Education Nationale et à informer auprès de 2 syndicats enseignants début novembre 2020.

Les recommandations finlandaises s’appuient sur la mesure de concentration en CO2 dans l’atmosphère, à l’aide de détecteurs de CO2 très faciles à se procurer. Ce sont des marqueurs de la qualité de l’air : plus le niveau de CO2 est élevé, plus le risque qu’il y ait des aérosols (en cas de présence d’une personne infectée évidemment) est élevé. Pour comprendre, le CO2 est expiré par chacun et s’accumule dans l’air d’une pièce fermée. De la même façon, l’air expiré par une personne infectée même asymptomatique peut contenir du virus en suspension, qui est lui invisible et pas encore mesurable. Une concentration importante en CO2 reflète la possibilité d’une forte concentration de virus dans l’air, et de se contaminer. Ce risque est d’autant plus fort si la personne infectée est fortement excrétrice (super-spreader) comme 10-20 % des personnes contaminées. Pour nous, l’Education nationale devrait investir dans l’achat de tel matériel, permettant de guider le rythme d’aération. Actuellement, les quelques capteurs présents dans les écoles le sont à l’initiative de quelques enseignants ou parents.

Les autorités finlandaises font aussi le point sur l’utilisation des purificateurs d’air et les normes nécessaires pour qu’ils soient utiles  et efficaces. Elles rappellent également que l’objectif principal est d’apporter de l’air extérieur à l’intérieur afin de diluer et d’évacuer les aérosols potentiellement contaminés.

 

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Atlantico : Quelles seraient les mesures à mettre en place impérativement lors de la réouverture, et quelles sont celles qui auraient dû être anticipées ?

Collectif Du Côté de la Science : Il faut évidemment revenir au principe : un enfant positif = une classe fermée et ne plus attendre 3 cas par classe avant d’agir.

Concernant les autres mesures, nous en avons présenté de nombreuses sur notre site : https://ducotedelascience.org/nos-propositions/.

Primo, elles sont spécifiques à l’investissement que nous souhaitons mettre dans la poursuite de l’éducation de nos enfants : acheter et installer des détecteurs de CO2 (recommandation du Haut Comité de Santé Publique du 14 Octobre 2020), vérifier la ventilation correcte des salles de classe, profiter des périodes sans enfant dans les établissements pour revoir les capacités de ventilation des classes et réfectoires, prendre les mesures pour assurer une ventilation minimale et identifier les lieux à risque nécessitant des purificateurs d’air.

 

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Secundo, elles sont spécifiques aux lieux d’enseignement : d’abord il faut que les professeurs (qui, théoriquement, sont ceux qui parlent le plus pendant un cours !) portent constamment un masque de qualité et soient à proximité d’une source d’aération (fenêtre ouvrable). Ensuite, il faut limiter le brassage des élèves : passage des options en distanciel (actuellement certains groupes mélangent plusieurs classes pour une option par semaine…), mouvements des professeurs plutôt que des élèves entre les cours autant que possible (sauf matériel informatique, scientifique, technologique ou sportif spécifique, etc.).

Tertio, elles sont spécifiques aux cantines et lieux de restauration. Encore plus à risque que le cours dans une classe non ventilée, le repas pris dans un réfectoire bondé avec des enfants non masqués, brassant plusieurs classes, assis les uns en face des autres n’est pas envisageable en période de circulation active du virus. De multiples solutions sont possibles : avec le retour des beaux temps, la prise de repas en extérieur ou sous préau (ventilation optimale), livraison de repas dans les classes afin d’éviter le brassage (et un meilleur traçage en cas de contamination), incitation au retour à domicile des enfants autant que possible par des aménagements des horaires pour les parents, etc. Le Ministère de l’Education Nationale doit collaborer avec celui du Travail sur ces questions. L’autre solution est de laisser les lieux de restauration en l’état : sauf qu’à chaque fois qu’un enfant sera déclaré positif, il faudrait fermer les 2 ou 3 classes ayant partagé une heure de restauration avec lui, si on veut pleinement tenir compte du risque de transmission par aérosol.

Quarto, les mesures sont spécifiques des établissements. A l’instar des autorités finlandaises, l’Education Nationale aurait dû définir des objectifs autour de l’aération, ventilation et voies de transmission à combattre, puis fournir les solutions disponibles et recommandations pour atteindre ces objectifs. On ne lutte pas contre une pandémie sans objectif. Les régions, départements et communes auraient pu alors s’adapter à leurs possibilités et besoins, et réclamer si nécessaire des aides. Certaines mairies ont ainsi pu transformer des salles municipales ou gymnases inoccupés en extension pour les cantines ou les cours, afin justement d’assurer une meilleure sécurité pour les enfants et les personnels d’éducation ; hélas, cela n’est pas la règle.

Quinto, les mesures doivent s’adapter aux conditions sanitaires. Comme prévu par l’Education Nationale en été 2020, une adaptation territoriale selon la circulation du virus serait pertinente. Il faut se préparer à tout, et notamment à des cours en distanciel pour tout ou partie (classes hybrides). La vaccination des personnels de l’éducation est aussi un point important, dès qu’elle sera possible… Enfin, il faut développer les tests itératifs et systématiques pour isoler les enfants contaminés asymptomatiques afin de réduire la diffusion du virus dans l’école mais également sur le lieu de travail des parents des enfants concernés par effet boule de neige.

 

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Atlantico : Que nous a appris le protocole sanitaire d’aération des salles de classes, de systématisation du port du masque chirurgical et l’évolution des protocoles de fermetures de classes sur la capacité du milieu scolaire à maintenir une activité d’enseignement tout en préservant les élèves comme les professeurs ?

Collectif Du Côté de la Science : “Qu’on a encore du chemin à faire et une bonne marge de progression” comme diraient certains professeurs pour l’évaluation de certains élèves. Les mesures successives nous ont montré que les dirigeants n’avaient pas pris au sérieux la voie aérienne de contamination, et n’avaient donc pas pris les bonnes mesures pour protéger efficacement les personnels et les élèves, menant à la situation que nous vivons. Par ailleurs les tests systématiques salivaires finalement lancés récemment (mais bien trop tard) ont également confirmé ce qui avait déjà été démontré dans de nombreux pays et par de nombreuses publications, à savoir que la contamination des enfants est similaire à celle de la communauté. La seule différence est qu’ils sont moins symptomatiques, donc moins testés, car leur système immunitaire est plus rapide et plus efficace. Rappelons d’ailleurs que le port du masque à l’école dès 6 ans a été obtenu de longue lutte et ne faisait pas partie des mesures initiales de l’Education Nationale. Le dogme qui considère que l’on isole la classe qu’à partir du troisième cas n’est ni scientifiquement ni médicalement rationnel : il doit être supprimé. Le protocole sanitaire ne repose malheureusement pas sur des mesures efficaces de contrôle et protection, mais sur une approche visant une efficacité à la marge et la continuité des cours dans des conditions très dégradées qui sont certainement loin d’être meilleures que des cours à distance s’ils avaient été pensés, préparés et déployés à l’avance. Pourquoi n’avoir pas eu un projet national de continuité des cours via le support numérique au cours de l’été 2020 ? Fallait-il vraiment être dans le mur pour se rendre compte que c’était une solution efficace, même temporairement, et un investissement d’avenir ?

Source: Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ? | Atlantico.fr

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

© Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Symptômes

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

Les études sur les cas de Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis alertent sur le nombre de patients concernés. En Grande-Bretagne, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur trois souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. Le Covid long pourrait devenir un enjeu de santé publique.

Atlantico : Les données concernant le Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis sont de plus en plus nombreuses et alertent sur un pourcentage non négligeable de patients concernés. Au Royaume-Uni, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur 3 souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. En France, ces données sont beaucoup plus difficiles à avoir. A combien peut-on l’estimer ? Ce manque de chiffres est-il dû à une trop faible considération de ce problème ?

Michaël Rochoy : C’est une pathologie qui reste mal codifiée, il n’y a pas de diagnostic de certitude. Les chiffres de l’Office for National Statistics sont basés sur un auto-questionnaire recueilli le 6 mars 2021. La question posée était : Pouvez-vous aujourd’hui vous décrire comme ayant un Covid long ? A savoir : avoir des symptômes persistant plus de 4 semaines après avoir eu le Covid sans pouvoir l’expliquer par quelque chose d’autre.

En France, il n’existe aucun chiffres officiels. Il n’y a pas non plus à ma connaissance de suivi national du Covid long ni d’étude de cohorte.

La HAS reconnaît le Covid Long mais ne parle pas de ce seuil de 4 semaines. On n’a donc pas de définition consensuelle entre le Royaume-Uni et le France. Les chiffres sont donc forcément à prendre avec des pincettes. Sur son site, la HAS décrivait que la persistance des symptômes représentait 20% des patients après 5 semaines et plus de 10% après 3 mois, le tout en reprenant des chiffres anglais. Cela semble plutôt cohérent. Mais la HAS ne parle pas spécifiquement du Covid long, ils font plutôt mention de “symptômes prolongés” suite au Covid-19.

 

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En février 2021, la Haute autorité de santé et l’Assemblée nationale ont reconnu pour la première fois le Covid long comme une pathologie. Est-ce suffisant ? Les dispositifs de prise en charge et de suivi de ces cas sont-ils en capacité de gérer cette situation ?

Il y a eu cette fiche “réponses rapides”  de la HAS publiée en février mais ils travaillent sans doute dessus depuis un moment. C’est assez raisonnable aussi de ne pas se précipiter car le Covid long n’est pas encore bien défini médicalement. Il y a plusieurs symptômes et pas forcément d’explication claire.

La stratégie adoptée par la HAS est une stratégie de symptômes qui doivent être principalement pris en charge en soins primaires (en médecine générale) et éviter l’escalade d’examen paracliniques. Parce que si on est à 25% de Covid “longs” à 4 semaines et ça diminue à 10% après 3 mois, c’est quelque chose qui a tendance à évoluer spontanément de façon favorable. Cela avait été déjà décrit avec le Sras en 2003. Le suivi en médecine générale devrait être suffisant dans la majorité des cas.

A terme pourrait-on se retrouver dans une situation durable avec des gens inaptes à travailler ? Comment y faire face ?

 

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Plusieurs hypothèses existent à ce sujet dont celle d’un réservoir viral persistant, ou d’une inflammation provoquée par le persistance de fragments viraux ou d’une réponse auto-immune qui persisterait après l’infection. Dans le traitement, il semblerait qu’après le vaccin Pfizer ou AstraZzeneca il y ait une diminution ou une amélioration des symptômes selon une étude qui est encore à l’état de préprint. Cela peut être une piste pour soigner les Covid longs dans la majorité des cas.

Le Covid long peut-il devenir un enjeu de santé publique ?

Oui en effet, surtout si le Covid long nécessite des soins et des examens paracliniques coûteux à l’avenir. Cela peut aussi entraîner plus tard la découverte d’autres choses qui n’auraient pas été explorées auparavant.

Il y a aussi un risque de surmédicalisation, de sur-investigation ou de surtraitement parfois, avec tout ce que ça peut entraîner de nocif comme effets indésirables.

 

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La possibilité de Covid Long chez les enfants est également à surveiller. C’est évoqué dans l’article de l’Office pour les statistiques nationales. Le Covid long touche tous les âges, surtout les femmes, un peu plus les adultes mais les enfants ne sont pas épargnés pour autant. L’index de déprivation montre que les gens les plus pauvres sont un peu plus touchés et ceux qui avaient une condition physique altérée avant d’avoir le Covid ont aussi plus de symptômes (et c’est notamment à prendre en compte quand on analyse les auto questionnaires des patients).

Source: Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ? | Atlantico.fr

Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?) | Atlantico.fr

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois malgré les incertitudes sur les contaminations à la Covid-19..

© Philippe LOPEZ / AFP

Lieux de contaminations

Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?)

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois. L’épidémiologiste en chef de la Suède, le docteur Anders Tegnell, a évoqué l’idée que les enfants soient des contaminateurs permettant d’atteindre l’immunité collective. Quelles sont les précautions et mesures à prendre au sein des établissements scolaires pour freiner les contaminations ?

Atlantico : Certains pays ont défendu le maintien de l’ouverture des écoles comme la France, la Suède, etc. Qu’est-ce qui peut expliquer cette sorte d’exception française ?

Michaël Rochoy : Ne pas fermer les écoles, c’est en France un cache-misère concernant le télé-enseignement. On n’a pas mis en place le télé-enseignement de manière aussi automatique et ça n’a pas été une grande réussite, les professeurs ont dû se débrouiller avec leur propre matériel… Jean-Michel Blanquer s’est érigé en hérault de ceux qui ne veulent pas fermer les écoles, mais en France personne ne veut fermer les écoles : les pédiatres ne voulaient même pas de masques, qu’on ne fasse rien, avant de reconnaître leur utilité très tardivement, et nous -médecins-, nous n’avons jamais voulu la fermeture des écoles. Tout ce que nous avons recommandé, c’était l’allongement des vacances scolaires d’une troisième semaine à la Toussaint avec un confinement de l’ensemble du pays, qui aurait permis de casser la dynamique qui fait qu’on soit à 300 morts par jours actuellement. L’autre recommandation était d’agréger les vacances scolaires de février sur quatre semaines. Il y avait des choses à faire qui n’ont pas été faites, et des moyens de casser la courbe qui n’ont pas été employés. On veut que les élèves progressent, qu’il n’y ait pas de baisse du niveau scolaire, autant que possible. Maintenant il ne faut pas d’obstination déraisonnable ; les enfants vont survivre à deux semaines d’écoles en moins, mais certaines personnes ne vont pas survivre à l’absence d’aménagement. Il faut que les écoles restent ouvertes, mais pas à n’importe quel prix.

En Suède, des courriels de l’épidémiologiste en chef, le docteur Tegnell, au printemps 2020 évoquaient l’idée que les enfants soient des bons contaminateurs pour atteindre l’immunité collective. Se peut-il que la France ait cette même logique ?

C’est une possibilité, mais même si c’est le cas elle complètement inavouable. Si elle a été envisagée on ne le saura jamais, mais on saurait mettre cette hypothèse complètement de côté. Toutefois, pour atteindre l’immunité collective il faudrait que tous les enfants se contaminent en même temps, sans faire de forme grave. Certes, ils en font peu mais il peut y avoir des Covid longs chez les enfants, et on ne peut adopter une stratégie basée sur la contamination des enfants, d’autant que les enfants ont besoin de la présence des adultes, surtout les 0-10 ans. Donc la contamination d’un enfant entraîne celle d’un adulte.

 

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Le même épidémiologiste suédois affirmait publiquement que les écoles n’étaient pas un lieu de forte contamination. Le gouvernement français a tardé lui aussi à reconnaître les contaminations à l’école, parfois au mépris des données scientifiques. Qu’est-ce qui explique cela ?

Il n’a pas tardé seulement sur ce sujet. Ça a été le cas pour reconnaître l’intérêt des masques également. Il y a toujours eu une négation de la transmission du virus par voie aérienne dans les lieux clos, dans les écoles. L’académie de médecine a toujours soutenu la nécessité du port du masque dans les lieux clos, mais on a longtemps affirmé que cela ne concernait pas les écoles. Les sources (OMS, académie de médecine), étant, en ces périodes d’incertitudes, parfois contradictoires, les pistes suivies étaient celles que l’on voulait entendre à l’époque. Il y a une responsabilité de n’avoir pas suivi les choses qui étaient conseillées, à savoir sécuriser les écoles, mettre en place la distanciation sociale, créer des systèmes de bulles afin de faire en sorte que les enfants ne se mélangent pas entre classes à la cantine. Le fait de nier qu’il y ait des contaminations à l’école aide à se dédouaner de cette responsabilité. Un deuxième point est que l’école est une garderie et on ne veut pas l’énoncer comme tel. On sait que si les enfants ne vont pas à l’école, les parents ne peuvent pas travailler. Un ministre disait d’ailleurs dans un message que « si on avait écouté les Cassandre, on serait en train de travailler avec des enfants sur nos genoux. ».

Si l’on ne ferme pas les écoles, quelles sont les précautions et mesures à prendre ?

Il y a plein de choses faisables. D’abord, il faut une aération. On peut avoir des marqueurs, des captures à CO2 qui dès qu’elles indiquent 800-1000ppm exigent plus d’aération. On considère qu’à partir de cette limite le risque augmente beaucoup car il y a beaucoup plus de particules dans l’air. Ensuite, il y a des systèmes de ventilations (VMCs, des fenêtres qui s’ouvrent, la purification d’air avec des filtres HEPA), à la cantine notamment puisque les enfants y retirent leur masque. Ils n’ont pas le choix donc il faut se demander ce qu’on peut améliorer.

 

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Le ministre de l’Education Nationale a affirmé envisager l’hypothèse de fermer les cantines et pas les écoles si la situation sanitaire le rendait nécessaire. Que penser de cette idée ?

C’est une question qu’on évoque depuis un moment, ça fait longtemps que l’on dit que les cantines sont une absurdité, puisque c’est un des rares restaurants qui reste ouvert en France, avec les cantines d’entreprise. Est-ce une mesure efficace ? Oui fatalement, même si le protocole a été adapté, il y a toujours trois-quatre classes qui mangent ensemble dans le réfectoire, dans un grand lieu clos, pas forcément bien ventilé au moment où les enfants mangent, donc il y a quand même un potentiel de contagion élevé. C’est de surcroît le moment lors duquel les enfants sont sans masque, lors duquel tout enfant atteint peut transmettre la Covid à sa table de repas d’abord, puis à sa classe, et éventuellement à d’autres classes. Il faut sûrement prendre des mesures, toutefois il ne faut pas fermer. Confiner, fermer, ce sont des échecs. Il faut surtout se donner les moyens, et faire de la prévention ; pas attendre des taux d’incidence qui dépassent les 400 pour envisager la fermeture des cantines, alors qu’il y avait déjà auparavant la possibilité de développer les systèmes de ventilation, de purification de l’air. Evidemment cela demande des moyens financiers mais c’est un investissement nécessaire qui aurait pu être fait en amont. Il faut le concevoir dans une politique nationale, c’est à dire voir ce qu’on fait pour les enfants. Il existe évidemment la question des enfants précaires, qui sans cantine ne peuvent pas manger chez eux par exemple, mais également celle de certaines professions dites essentielles, qui ne peuvent pas par exemple le midi se déplacer pour récupérer les enfants. La question peut également être celle de l’introduction d’un chômage partiel, et doit donc rentrer dans une démarche plus globale que la simple fermeture des cantines. Il faut que ce soit quelque chose concerté avec différents ministères mais notamment le ministère du Travail.

Source: Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?) | Atlantico.fr

Pas de danger pour les enfants, vraiment ? L’inquiétante progression des cas de Covid-19 pédiatriques constatée à travers l’Europe | Atlantico.fr

Des données en Suède, du Royaume-Uni et en Italie révèlent une progression du variant britannique qui pourrait être responsable d’une multiplication des cas de Covid-19 chez les enfants.

© SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Contaminations

Pas de danger pour les enfants, vraiment ? L’inquiétante progression des cas de Covid-19 pédiatriques constatée à travers l’Europe

Des données venues de Suède, du Royaume-Uni ou encore d’Italie indiquent que la progression du variant britannique ou B117 pourrait être responsable d’une multiplication des cas de développement de la maladie chez les enfants.

Atlantico : De nouvelles données suédoises montrent une poussée soudaine et dramatique des cas pédiatriques de Covid-19 depuis janvier dans le contexte de la nouvelle prédominance du variant anglais. Que disent ces chiffres ? A-t-on les mêmes en France ?

Michaël Rochoy : Les données suédoises montrent qu’il y a une augmentation du nombre de cas chez les jeunes. Entre la semaine 3 et la semaine 9 de 2021, il y a eu une diminution chez les plus âgés (probablement due à la vaccination) et une augmentation chez les enfants. Quand on compare semaine 8 et 9 ça allait déjà dans le même sens. Ce n’est donc pas juste une fluctuation d’une semaine sur l’autre.

La proportion en semaine 8 du variant à Stockholm était de 53%. La situation en France et en Italie est à peu près la même. En France, la semaine du 3 mars, le variant anglais était présent dans toutes les classes d’âges et particulièrement chez les enfants. La plus forte proportion de suspicions de variant anglais était observée chez les 0-9 ans (64.9%) et les 10-19 ans (61.9%). Cette proportion diminue en fonction de l’âge pour atteindre 41,2% chez les 90 ans et plus notamment parce que ce sont des personnes qui ont plus souvent été vaccinées pendant la période d’augmentation du variant.

Avec la diffusion active du variant au début d’année (certainement arrivé fin 2020), le taux d’incidence chez les 0-9 ans est passé de 34 à 89 / 100 000 (x2,5), chez les 10-19 ans de 105 à 248 (x2,5), chez les 20-20 de 207 à 325 (x1,5)… Plus on monte en âge moins il progresse, voire chute chez les plus de 80 et plus de 90 ans, très probablement grâce à la vaccination.

Comment expliquer cette augmentation ?

On savait déjà qu’avec la souche dite « sauvage » les enfants étaient contaminés et contaminants. Mais comme ils étaient le plus souvent asymptomatiques, on a pu entendre ou lire qu’ils n’étaient pas à risque et que l’école ne participait pas à la dynamique de transmission du virus. Nous avons toujours soutenu que c’était faux : même si les enfants sont moins susceptibles d’être contaminés, ils sont très exposés (famille, enseignants, camarades de classe) ce qui compense malheureusement. Par ailleurs, ils ont de nombreux contacts, ce qui les rend contaminant. Tout cela motive bien sûr le port du masque chez les enfants, et l’adoption d’autres mesures de ventilation, de sécurisation des cantines, etc.

Maintenant, avec le variant anglais, nous pouvons penser à plusieurs hypothèses.

Si on a un virus qui est plus virulent ou qui entraîne plus de symptômes, il entraîne aussi plus de tests PCR et donc plus de détection de cas positifs chez les enfants. C’est très probablement la proportion de cas symptomatique qui augmente en lien avec le variant et non le nombre d’enfants contaminés. Cela devient simplement plus visible.

Il se peut que le variant se transmette spécifiquement plus chez les enfants, pour des raisons immunologiques qu’on ignore encore. Mais je pense qu’on assiste surtout à un rattrapage. Cette augmentation pourrait simplement être le signe d’une sous-détection dans les mois qui ont précédé car si le variant rend les enfants plus symptomatiques, il devient aussi plus visible.

Ces nouveaux chiffres devraient-ils inspirer de nouvelles mesures concernant les enfants et les écoles ?

Ce variant confirme le fait que les enfants ont un rôle dans la transmission du virus. Plus le virus est transmis entre enfants, plus il y a de risques d’avoir des enfants qui développent des formes graves du Covid-19, sans compter les formes chroniques et les Covid long.

On sait qu’il y a eu un sous-diagnostic des enfants. Comme les enfants sont plus asymptomatiques, ils sont moins testés. En France, on a une méthode qui incite au sous-diagnostic en considérant qu’un enfant n’est pas cas contact s’il n’y a pas plus de 3 cas dans la classe, etc.

L’Italie a fait fermer les écoles dans certaines régions. C’est la vraiment la dernière solution. Il faut continuer à prévenir la contamination. Heureusement en France on a rendu la masque obligatoire à l’école mais il y a encore beaucoup de points d’améliorations, notamment dans les cantines qui restent encore des lieux clos de contamination, idem pour les détecteurs de CO2 qui ne sont toujours pas généralisés dans les classes, et l’absence d’un protocole d’aération pour enfin prendre le risque de transmission aérienne sérieusement et ainsi diminuer le risque dans les établissements d’éducation.

Il faut aussi tester massivement et régulièrement toutes les classes, ce qui serait possible avec des tests salivaires par pooling. Lors de l’identification d’un cas, toute la classe doit être testée et le traçage et isolement  doivent être plus efficaces, notamment pour tous les enfants ayant mangé ensemble, donc sans masque.

Enfin, il faut intégrer la notion d’exposition dans la priorisation des vaccins. Un enseignant, a fortiori en maternelle face à des enfants non masqués, est particulièrement exposé à la COVID-19 ; il est important de les vacciner rapidement compte tenu de la stratégie choisie qui maintient une circulation élevée du virus.

Source: Pas de danger pour les enfants, vraiment ? L’inquiétante progression des cas de Covid-19 pédiatriques constatée à travers l’Europe | Atlantico.fr