Mais quel risque représente le Covid-19 pour les enfants quand on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? | Atlantico.fr

Atlantico : Quel risque représente la Covid-19 pour les enfants quant on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? On sait qu’aujourd’hui les enfants courent un risque relativement faible après une infection à la Covid-19. Et en comparaison, est-ce qu’il existe des maladies circulant en France bien plus dangereuses pour les enfants comme la grippe ou la pneumonie ?

Dr Michaël Rochoy : La Covid-19 n’a, pour l’instant et fort heureusement, pas encore circulé massivement chez les enfants. Il y a eu une protection dans les premiers temps de l’épidémie avec le confinement généralisé. Ensuite, il y a eu la reprise de l’école parce que l’on était à un niveau faible en mai 2020. Après il y a eu les vacances scolaires, les grandes vacances puis après nous avons laissé circuler le virus en septembre lors de la rentrée 2020. Cela a tellement augmenté et la situation était tellement complexe que le masque a été imposé à partir de novembre 2020 puis il n’a jamais été retiré jusqu’au dernières mesures d’allègements dans certains départements le 4 octobre. On n’a donc pas laissé circuler le virus du Covid chez les enfants.

Comparé à d’autres épidémies, comme la grippe, que l’on laisse circuler habituellement, c’est difficile. La Covid-19 a entraîné, chez les enfants de 0 à 9 ans, dix décès. Chez les 10-19 ans, quinze jeunes sont morts de la Covid-19 depuis le début de la pandémie en France.

 

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La grippe peut aussi entraîner des complications chez les enfants. Certains peuvent être hospitalisés en raison d’une grippe, d’une pneumonie, en raison de gastro-entérites. D’autres maladies évidemment peuvent impacter les enfants. La Covid-19 n’est pas du tout la seule maladie qui touche les enfants. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille laisser circuler la Covid-19. Par ailleurs, les mesures barrières qui sont prises pour la Covid-19 chez les enfants et les adultes sont aussi des mesures barrières contre toute virose respiratoire et efficaces contre la grippe.

Les infections respiratoires touchent-elles le plus les enfants ?

Les infections respiratoires touchent fréquemment les enfants. Les gastro-entérites aussi sont très fréquentes. Les enfants sont par nature moins immunisés que la plupart des adultes. Ils ont moins d’anticorps et sont plus sujets à faire des infections virales contre lesquelles ils n’ont pas encore d’anticorps.  Ils vivent aussi en communauté avec d’autres enfants qui sont aussi facilement malades. Ce n’est pas une surprise que les enfants soient régulièrement malades. En consultation de médecine générale, nous avons fréquemment des enfants malades plus que de jeunes adultes

L’explication est-elle liée au fait qu’ils ne développent pas d’anticorps ?

Ils sont plus susceptibles d’être confrontés pour la première fois de leur vie à des infections virales, alors que lorsque l’on est adulte, on a  déjà été confronté à certaines infections virales quand on a été enfant.

 

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Un très mauvais exemple serait la rougeole. On ne contracte plus la maladie car nous sommes vaccinés. Les adultes avant 1976 ont quasiment tous fait la rougeole quand ils étaient enfants.

Sur les chiffres de la mortalité infantile en France, quelles sont les maladies les plus mortelles ? 

Les mesures de prévention chez les enfants permettent de prévenir les infections individuelles mais cela a aussi un intérêt collectif. Se protéger du Covid chez les enfants permet de limiter la circulation du virus en population générale, donc y compris chez les adultes, y compris chez les adultes immunodéprimés ou les personnes n’ayant pas encore eu leur troisième dose du vaccin.

En France, 84 décès par an sont attribués à la grippe chez les enfants de moins de 14 ans. Mais la surveillance est beaucoup plus importante sur le Covid. Beaucoup plus de personnes sont testées et suivies.

Mis à part les épidémies qui se transmettent par voie aérienne, doit-on se méfier d’autres maladies et qui seraient aussi à risque chez les enfants ? La pneumonie se transmet-elle par exemple de la même manière que le Covid-19 ?

La pneumonie peut aussi se transmettre de façon respiratoire.  Mais ces infections sont respiratoires et généralement bactériennes. Cela peut aussi venir de surinfections bactériennes.

En dehors de la période néonatale, la mortalité des 1-14 ans, il y a à peu près 1.000 décès par an, selon les chiffres de l’Insee. Pour les maladies infectieuses, cela représente 40 décès de 1 à 14 ans.

Avec la Covid-19, sur les deux derniers mois, on a 9 décès de 10 à 19 ans en deux mois. Laisser circuler le virus chez les enfants ne serait donc pas une bonne idée. Avec les restrictions sanitaires depuis le début de la pandémie, les vacances, le port du masque, le « laisser circuler » chez les enfants n’a jamais vraiment eu lieu en France de manière trop importante.

 

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Depuis deux mois, avec un relâchement des gestes barrières grâce à la vaccination en partie, on laisse un peu plus circuler le virus avec notamment l’allègement du port du masque dans certaines conditions. En deux mois, nous sommes déjà à neuf décès. Si l’on extrapole sur un an, nous pourrions atteindre 36 décès Covid chez les 0-19 ans.

A titre de comparaison, en 2016, il y avait une quarantaine de décès de causes infectieuses.

La Société de pédiatrie a confirmé ce constat dans Marianne en indiquant que le virus tuera très peu d’enfants à l’école. Si on le laisse circuler ce ne serait pas dramatique. C’est donc « accepter » 40 décès. On a « accepté » 400 décès d’adultes par jour. Qu’est-ce que nous sommes prêts à accepter en termes de décès pédiatriques ? Accepterait-on de passer de 40 à 80 décès ? Pour moi non. Il faut limiter au maximum le nombre de décès pédiatriques. Cela peut passer par des mesures de prévention qui sont globalement bien acceptées et qui ne présentent pas de risques, cela en vaut peut-être la peine.

Avec cette période de pandémie, nous avons la perspective de pouvoir vacciner les enfants, sous réserve d’avoir des études rassurantes. A titre de contre-exemple, la Suède a décidé d’interrompre l’utilisation du vaccin Moderna pour les 20-30 ans suite à des risques de myocardite. Nous ne sommes donc pas sûrs de pouvoir vacciner les enfants. Des études sont en cours. Il faut que les études puissent être menées sur le long cours avant d’adopter une stratégie visant à laisser circuler le virus.

Comparer la Covid-19 avec les autres maladies n’est finalement pas une bonne chose puisque nous n’avons pas les mêmes mesures. Mais est-ce que les protocoles du Covid sont aussi déployés dans d’autres types de maladies ? Lors d’une épidémie de grippe dans une école, est-ce que des mesures barrières sont déployées ?

Malheureusement non. Espérons que la pandémie permette de changer cela. Le port du masque pourrait être un bon réflexe lorsque l’on est malade. Les stratégies déployées avec la Covid-19 ne sont pas non plus idéales. Le gouvernement a indiqué notamment que lorsqu’un enfant est malade dans une école, dans certains départements, on va tester tout le monde  le lendemain. C’est stupide car il s’agit d’un virus qui a un délai d’incubation de quatre jours.  En testant tout le monde le lendemain, tout le monde va être négatif, sauf des gens qui auraient été positifs sans le savoir avant. On laisse également les élèves en classe sans rien faire. Cela montre une très mauvaise compréhension.

Si l’on considère que ce qui importe c’est de laisser au maximum les classes ouvertes pour des raisons sociétales qui sont larges, pour l’éducation des enfants mais aussi les parents peuvent se rendre au travail sans souci concernant la garde des enfants, s’il faut à tout prix que les enfants restent à l’école, alors on peut se dire dans une classe où il y a eu un cas, on va partir du principe que des enfants ont pu être contaminés et vont donc à leur tour être contaminateurs. Pour éviter cela, comme on est dans une situation à surrisque, on remasque tout le monde pour une période de quinze jours. On masque les potentiels contaminateurs et ainsi ils ne pourront pas contaminer. Cela voudrait dire que certains messages ont été retenus de cette pandémie comme porter un masque pour protéger les autres. Mais cela n’est pas mis en place. Cela montre bien qu’il n’y a aucune compréhension de la pandémie et qu’il n’y aura pas de mesures qui vont être prises même pour les prochaines épidémies de grippe. Je pense qu’il n’y aura pas de port du masque. Les messages nationaux ne semblent pas partis pour aller dans ce sens.

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Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles | Atlantico.fr

Lutte contre la pandémie

Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles

L’étude menée par une équipe universitaire indique que les taux d’infection détectés étaient 2,5 fois plus élevés pour le personnel et près de 6 fois plus élevés pour les étudiants que ce qui était observé de manière routinière.

Avec Michaël Rochoy, Jérôme Marty

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écoles. Des échantillons positifs d’air et de surface ont également été trouvés. Cette étude montre-t-elle qu’il nous reste des progrès à faire dans la détection de cas à l’école ? Nos méthodes actuelles (et leur application réelle) permettent-elles une juste estimation ?

Michaël Rochoy : A part Jean-Michel Blanquer pour qui il faut « arrêter d’être obnubilé par le rôle de l’école dans les contaminations », tout le monde est d’accord pour dire qu’on se contamine à l’école et que c’est plus fréquent qu’on le pense parce que les enfants sont plus souvent asymptomatiques et parce qu’il y a ce discours ambiant des autorités selon lequel il ne se passe rien dans les écoles. Même si les chiffres sont difficilement transposables à la France, le message de cette étude c’est : quand on cherche, on trouve. Je pense néanmoins que nous sommes sur la bonne voie grâce aux tests salivaires qui sont (enfin) pratiqués et dont on devrait bientôt pouvoir exploiter les données en open data.

Jérôme Marty : On le sait depuis des mois qu’il y a une grosse diffusion virale dans les écoles. Jean-Michel Blanquer est dans la négation permanente. Il y a une volonté manifeste de minorer ce risque pour justifier l’ouverture alors que le virus circule. Les mesures sont certes en progrès mais ne sont pas appliquées partout comme il le faudrait. Des professeurs racontent avoir reçu les autotests mais aucune consigne sur la procédure. Certaines écoles n’en ont pas. Les demi-jauges ne sont pas respectées partout. Pour la sécurisation des cantines, c’est encore flou. On ne sait pas trop ce qu’ils vont faire. Les tests salivaires, on ne sait pas vraiment si c’est suffisamment pratiqué. Beaucoup d’enseignants m’ont dit que non. Cette étude vient corroborer ce qu’on nous dit depuis des mois à savoir que les écoles sont pourvoyeuses de la contamination.

Y a-t-il des méthodes utilisées par les chercheurs dont on pourrait s’inspirer pour mieux repérer le virus dans les écoles ?

Michaël Rochoy : L’étude de l’environnement est certainement une piste à creuser. On pourrait imaginer un détecteur qui repère certains germes ou certains aérosols dans la classe. C’est plus de la recherche et développement mais ça mérite une réflexion.

Jérôme Marty : En lisant cette étude, la question qu’on peut se poser c’est pourquoi on n’étudie pas systématiquement les eaux usées à la sortie des écoles. C’est ce que font les marins-pompiers de Marseille. Ça, n’importe quelle municipalité pourrait le mettre en œuvre.

Source : https://www.atlantico.fr/article/decryptage/covid-19—le-projet-pilote-venu-du-nebraska-qui-prouve-que-nous-sous-estimons–et-gerons-tres-mal–les-contaminations-dans-les-ecoles-education-nationale-jean-michel-blanquer-michael-rochoy-jerome-marty

 

Source: Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles | Atlantico.fr

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

© Philippe LOPEZ / AFP

J-7

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ?

Le lundi 26 avril, les élèves de maternelle et de primaire doivent faire leur retour à l’école. Cette reprise inquiète les syndicats d’instituteurs et de parents d’élèves sur la question du protocole sanitaire. Des municipalités ont commandé des capteurs de CO2 pour les installer dans les écoles et préparer la réouverture.

Atlantico : Depuis le mardi 6 avril, l’école en présentiel a été mise en pause pour une durée de trois semaines. Des pays comme la Finlande ont pu mettre en place un système d’aération particulièrement détaillé et sourcé scientifiquement pour éviter au maximum la propagation aérosol de la Covid-19. Une telle mesure serait-elle intéressante à mettre en place en France pour la réouverture des écoles ?

Collectif Du Côté de la Science : Oui ! Hélas, à moins de nouvelles de dernière minute, il est peu probable que le protocole sanitaire de l’Education nationale change pour la  rentrée, et nous le déplorons. Ce protocole n’est pas adapté aux mesures de sécurité vis-à-vis de la transmission du virus dans les écoles. Il ne protège ni les enfants, ni le personnel (enseignant et non enseignant). Le protocole de l’Education Nationale n’est pas seul responsable de la situation actuelle, mais il y a fortement contribué en ne prenant pas en compte la voie principale de contamination qui est aérienne ; il n’a donc pas permis la mise en place de mesures efficaces pour y faire face. Les recommandations du Haut Comité de la Santé publique datant de juillet et octobre 2020 mentionnent la vectorisation aérienne du virus et recommande d’aérer très régulièrement les endroits clos. Le protocole de l’EN recommande de le faire 2-3 fois par jour, alors qu’il faudrait le faire au moins 2 à 3 fois par heure en fonction du nombre de personnes dans la pièce et de son volume ! La Finlande n’a fait que transcrire en termes plus simples les recommandations du REHVA, de l’ECDC, de l’OMS et d’autres organismes européens et internationaux qui concernent l’aération et la ventilation pour éviter la contagion aérienne par le SARS-CoV-2. Cela avait d’ailleurs conduit notre collectif (Du côté de la science) à publier un document à ce sujet, reprenant également ces mêmes recommandations dans le contexte de l’Education Nationale et à informer auprès de 2 syndicats enseignants début novembre 2020.

Les recommandations finlandaises s’appuient sur la mesure de concentration en CO2 dans l’atmosphère, à l’aide de détecteurs de CO2 très faciles à se procurer. Ce sont des marqueurs de la qualité de l’air : plus le niveau de CO2 est élevé, plus le risque qu’il y ait des aérosols (en cas de présence d’une personne infectée évidemment) est élevé. Pour comprendre, le CO2 est expiré par chacun et s’accumule dans l’air d’une pièce fermée. De la même façon, l’air expiré par une personne infectée même asymptomatique peut contenir du virus en suspension, qui est lui invisible et pas encore mesurable. Une concentration importante en CO2 reflète la possibilité d’une forte concentration de virus dans l’air, et de se contaminer. Ce risque est d’autant plus fort si la personne infectée est fortement excrétrice (super-spreader) comme 10-20 % des personnes contaminées. Pour nous, l’Education nationale devrait investir dans l’achat de tel matériel, permettant de guider le rythme d’aération. Actuellement, les quelques capteurs présents dans les écoles le sont à l’initiative de quelques enseignants ou parents.

Les autorités finlandaises font aussi le point sur l’utilisation des purificateurs d’air et les normes nécessaires pour qu’ils soient utiles  et efficaces. Elles rappellent également que l’objectif principal est d’apporter de l’air extérieur à l’intérieur afin de diluer et d’évacuer les aérosols potentiellement contaminés.

 

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Atlantico : Quelles seraient les mesures à mettre en place impérativement lors de la réouverture, et quelles sont celles qui auraient dû être anticipées ?

Collectif Du Côté de la Science : Il faut évidemment revenir au principe : un enfant positif = une classe fermée et ne plus attendre 3 cas par classe avant d’agir.

Concernant les autres mesures, nous en avons présenté de nombreuses sur notre site : https://ducotedelascience.org/nos-propositions/.

Primo, elles sont spécifiques à l’investissement que nous souhaitons mettre dans la poursuite de l’éducation de nos enfants : acheter et installer des détecteurs de CO2 (recommandation du Haut Comité de Santé Publique du 14 Octobre 2020), vérifier la ventilation correcte des salles de classe, profiter des périodes sans enfant dans les établissements pour revoir les capacités de ventilation des classes et réfectoires, prendre les mesures pour assurer une ventilation minimale et identifier les lieux à risque nécessitant des purificateurs d’air.

 

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Secundo, elles sont spécifiques aux lieux d’enseignement : d’abord il faut que les professeurs (qui, théoriquement, sont ceux qui parlent le plus pendant un cours !) portent constamment un masque de qualité et soient à proximité d’une source d’aération (fenêtre ouvrable). Ensuite, il faut limiter le brassage des élèves : passage des options en distanciel (actuellement certains groupes mélangent plusieurs classes pour une option par semaine…), mouvements des professeurs plutôt que des élèves entre les cours autant que possible (sauf matériel informatique, scientifique, technologique ou sportif spécifique, etc.).

Tertio, elles sont spécifiques aux cantines et lieux de restauration. Encore plus à risque que le cours dans une classe non ventilée, le repas pris dans un réfectoire bondé avec des enfants non masqués, brassant plusieurs classes, assis les uns en face des autres n’est pas envisageable en période de circulation active du virus. De multiples solutions sont possibles : avec le retour des beaux temps, la prise de repas en extérieur ou sous préau (ventilation optimale), livraison de repas dans les classes afin d’éviter le brassage (et un meilleur traçage en cas de contamination), incitation au retour à domicile des enfants autant que possible par des aménagements des horaires pour les parents, etc. Le Ministère de l’Education Nationale doit collaborer avec celui du Travail sur ces questions. L’autre solution est de laisser les lieux de restauration en l’état : sauf qu’à chaque fois qu’un enfant sera déclaré positif, il faudrait fermer les 2 ou 3 classes ayant partagé une heure de restauration avec lui, si on veut pleinement tenir compte du risque de transmission par aérosol.

Quarto, les mesures sont spécifiques des établissements. A l’instar des autorités finlandaises, l’Education Nationale aurait dû définir des objectifs autour de l’aération, ventilation et voies de transmission à combattre, puis fournir les solutions disponibles et recommandations pour atteindre ces objectifs. On ne lutte pas contre une pandémie sans objectif. Les régions, départements et communes auraient pu alors s’adapter à leurs possibilités et besoins, et réclamer si nécessaire des aides. Certaines mairies ont ainsi pu transformer des salles municipales ou gymnases inoccupés en extension pour les cantines ou les cours, afin justement d’assurer une meilleure sécurité pour les enfants et les personnels d’éducation ; hélas, cela n’est pas la règle.

Quinto, les mesures doivent s’adapter aux conditions sanitaires. Comme prévu par l’Education Nationale en été 2020, une adaptation territoriale selon la circulation du virus serait pertinente. Il faut se préparer à tout, et notamment à des cours en distanciel pour tout ou partie (classes hybrides). La vaccination des personnels de l’éducation est aussi un point important, dès qu’elle sera possible… Enfin, il faut développer les tests itératifs et systématiques pour isoler les enfants contaminés asymptomatiques afin de réduire la diffusion du virus dans l’école mais également sur le lieu de travail des parents des enfants concernés par effet boule de neige.

 

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Atlantico : Que nous a appris le protocole sanitaire d’aération des salles de classes, de systématisation du port du masque chirurgical et l’évolution des protocoles de fermetures de classes sur la capacité du milieu scolaire à maintenir une activité d’enseignement tout en préservant les élèves comme les professeurs ?

Collectif Du Côté de la Science : “Qu’on a encore du chemin à faire et une bonne marge de progression” comme diraient certains professeurs pour l’évaluation de certains élèves. Les mesures successives nous ont montré que les dirigeants n’avaient pas pris au sérieux la voie aérienne de contamination, et n’avaient donc pas pris les bonnes mesures pour protéger efficacement les personnels et les élèves, menant à la situation que nous vivons. Par ailleurs les tests systématiques salivaires finalement lancés récemment (mais bien trop tard) ont également confirmé ce qui avait déjà été démontré dans de nombreux pays et par de nombreuses publications, à savoir que la contamination des enfants est similaire à celle de la communauté. La seule différence est qu’ils sont moins symptomatiques, donc moins testés, car leur système immunitaire est plus rapide et plus efficace. Rappelons d’ailleurs que le port du masque à l’école dès 6 ans a été obtenu de longue lutte et ne faisait pas partie des mesures initiales de l’Education Nationale. Le dogme qui considère que l’on isole la classe qu’à partir du troisième cas n’est ni scientifiquement ni médicalement rationnel : il doit être supprimé. Le protocole sanitaire ne repose malheureusement pas sur des mesures efficaces de contrôle et protection, mais sur une approche visant une efficacité à la marge et la continuité des cours dans des conditions très dégradées qui sont certainement loin d’être meilleures que des cours à distance s’ils avaient été pensés, préparés et déployés à l’avance. Pourquoi n’avoir pas eu un projet national de continuité des cours via le support numérique au cours de l’été 2020 ? Fallait-il vraiment être dans le mur pour se rendre compte que c’était une solution efficace, même temporairement, et un investissement d’avenir ?

Source: Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?) | Atlantico.fr

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois malgré les incertitudes sur les contaminations à la Covid-19..

© Philippe LOPEZ / AFP

Lieux de contaminations

Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?)

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois. L’épidémiologiste en chef de la Suède, le docteur Anders Tegnell, a évoqué l’idée que les enfants soient des contaminateurs permettant d’atteindre l’immunité collective. Quelles sont les précautions et mesures à prendre au sein des établissements scolaires pour freiner les contaminations ?

Atlantico : Certains pays ont défendu le maintien de l’ouverture des écoles comme la France, la Suède, etc. Qu’est-ce qui peut expliquer cette sorte d’exception française ?

Michaël Rochoy : Ne pas fermer les écoles, c’est en France un cache-misère concernant le télé-enseignement. On n’a pas mis en place le télé-enseignement de manière aussi automatique et ça n’a pas été une grande réussite, les professeurs ont dû se débrouiller avec leur propre matériel… Jean-Michel Blanquer s’est érigé en hérault de ceux qui ne veulent pas fermer les écoles, mais en France personne ne veut fermer les écoles : les pédiatres ne voulaient même pas de masques, qu’on ne fasse rien, avant de reconnaître leur utilité très tardivement, et nous -médecins-, nous n’avons jamais voulu la fermeture des écoles. Tout ce que nous avons recommandé, c’était l’allongement des vacances scolaires d’une troisième semaine à la Toussaint avec un confinement de l’ensemble du pays, qui aurait permis de casser la dynamique qui fait qu’on soit à 300 morts par jours actuellement. L’autre recommandation était d’agréger les vacances scolaires de février sur quatre semaines. Il y avait des choses à faire qui n’ont pas été faites, et des moyens de casser la courbe qui n’ont pas été employés. On veut que les élèves progressent, qu’il n’y ait pas de baisse du niveau scolaire, autant que possible. Maintenant il ne faut pas d’obstination déraisonnable ; les enfants vont survivre à deux semaines d’écoles en moins, mais certaines personnes ne vont pas survivre à l’absence d’aménagement. Il faut que les écoles restent ouvertes, mais pas à n’importe quel prix.

En Suède, des courriels de l’épidémiologiste en chef, le docteur Tegnell, au printemps 2020 évoquaient l’idée que les enfants soient des bons contaminateurs pour atteindre l’immunité collective. Se peut-il que la France ait cette même logique ?

C’est une possibilité, mais même si c’est le cas elle complètement inavouable. Si elle a été envisagée on ne le saura jamais, mais on saurait mettre cette hypothèse complètement de côté. Toutefois, pour atteindre l’immunité collective il faudrait que tous les enfants se contaminent en même temps, sans faire de forme grave. Certes, ils en font peu mais il peut y avoir des Covid longs chez les enfants, et on ne peut adopter une stratégie basée sur la contamination des enfants, d’autant que les enfants ont besoin de la présence des adultes, surtout les 0-10 ans. Donc la contamination d’un enfant entraîne celle d’un adulte.

 

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Le même épidémiologiste suédois affirmait publiquement que les écoles n’étaient pas un lieu de forte contamination. Le gouvernement français a tardé lui aussi à reconnaître les contaminations à l’école, parfois au mépris des données scientifiques. Qu’est-ce qui explique cela ?

Il n’a pas tardé seulement sur ce sujet. Ça a été le cas pour reconnaître l’intérêt des masques également. Il y a toujours eu une négation de la transmission du virus par voie aérienne dans les lieux clos, dans les écoles. L’académie de médecine a toujours soutenu la nécessité du port du masque dans les lieux clos, mais on a longtemps affirmé que cela ne concernait pas les écoles. Les sources (OMS, académie de médecine), étant, en ces périodes d’incertitudes, parfois contradictoires, les pistes suivies étaient celles que l’on voulait entendre à l’époque. Il y a une responsabilité de n’avoir pas suivi les choses qui étaient conseillées, à savoir sécuriser les écoles, mettre en place la distanciation sociale, créer des systèmes de bulles afin de faire en sorte que les enfants ne se mélangent pas entre classes à la cantine. Le fait de nier qu’il y ait des contaminations à l’école aide à se dédouaner de cette responsabilité. Un deuxième point est que l’école est une garderie et on ne veut pas l’énoncer comme tel. On sait que si les enfants ne vont pas à l’école, les parents ne peuvent pas travailler. Un ministre disait d’ailleurs dans un message que « si on avait écouté les Cassandre, on serait en train de travailler avec des enfants sur nos genoux. ».

Si l’on ne ferme pas les écoles, quelles sont les précautions et mesures à prendre ?

Il y a plein de choses faisables. D’abord, il faut une aération. On peut avoir des marqueurs, des captures à CO2 qui dès qu’elles indiquent 800-1000ppm exigent plus d’aération. On considère qu’à partir de cette limite le risque augmente beaucoup car il y a beaucoup plus de particules dans l’air. Ensuite, il y a des systèmes de ventilations (VMCs, des fenêtres qui s’ouvrent, la purification d’air avec des filtres HEPA), à la cantine notamment puisque les enfants y retirent leur masque. Ils n’ont pas le choix donc il faut se demander ce qu’on peut améliorer.

 

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Le ministre de l’Education Nationale a affirmé envisager l’hypothèse de fermer les cantines et pas les écoles si la situation sanitaire le rendait nécessaire. Que penser de cette idée ?

C’est une question qu’on évoque depuis un moment, ça fait longtemps que l’on dit que les cantines sont une absurdité, puisque c’est un des rares restaurants qui reste ouvert en France, avec les cantines d’entreprise. Est-ce une mesure efficace ? Oui fatalement, même si le protocole a été adapté, il y a toujours trois-quatre classes qui mangent ensemble dans le réfectoire, dans un grand lieu clos, pas forcément bien ventilé au moment où les enfants mangent, donc il y a quand même un potentiel de contagion élevé. C’est de surcroît le moment lors duquel les enfants sont sans masque, lors duquel tout enfant atteint peut transmettre la Covid à sa table de repas d’abord, puis à sa classe, et éventuellement à d’autres classes. Il faut sûrement prendre des mesures, toutefois il ne faut pas fermer. Confiner, fermer, ce sont des échecs. Il faut surtout se donner les moyens, et faire de la prévention ; pas attendre des taux d’incidence qui dépassent les 400 pour envisager la fermeture des cantines, alors qu’il y avait déjà auparavant la possibilité de développer les systèmes de ventilation, de purification de l’air. Evidemment cela demande des moyens financiers mais c’est un investissement nécessaire qui aurait pu être fait en amont. Il faut le concevoir dans une politique nationale, c’est à dire voir ce qu’on fait pour les enfants. Il existe évidemment la question des enfants précaires, qui sans cantine ne peuvent pas manger chez eux par exemple, mais également celle de certaines professions dites essentielles, qui ne peuvent pas par exemple le midi se déplacer pour récupérer les enfants. La question peut également être celle de l’introduction d’un chômage partiel, et doit donc rentrer dans une démarche plus globale que la simple fermeture des cantines. Il faut que ce soit quelque chose concerté avec différents ministères mais notamment le ministère du Travail.

Source: Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?) | Atlantico.fr

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Des écoliers patientent avant un test salivaire pour la Covid-19 dans une école primaire à la périphérie de Bordeaux.

© Philippe LOPEZ / AFP

Briser les chaînes de contaminations

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque

Des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu dans une nouvelle étude que les écoles sont un lieu de contamination important. Quels sont les principaux enseignements de cette étude et les pistes pour limiter les contaminations à la Covid-19 dans l’environnement scolaire ?

Atlantico : Dans une étude sur le risque de la Covid-19 à la maison suite à la scolarisation des enfants, des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu que les écoles sont un vecteur de contamination important. Ils ont analysé les symptômes de 576 000 parents d’élèves américains pendant la deuxième vague et ont pu observer les différentes risques de la scolarisation dans l’état actuel des établissements. De quels risques parle-t-on ?

Michaël Rochoy : La comparaison dans cette étude s’est faite entre des parents qui ont des enfants scolarisés et ceux qui n’en ont pas. Ils ont recueilli plus de 2,1 millions de réponses sur 50 États des USA qui leur ont permis de comparer les mesures qui ont été prises dans les établissements et d’étudier la propagation de la Covid-19. D’autres critères ont été pris en considération comme l’âge des parents, le milieu de vie, le travail et le nombre de personnes présentes dans le foyer.

Il s’agit d’une étude par questionnaire donc bien sûr il y a des risques de biais (se rappeler notamment les mesures mises en place et à quelle date). Dans cette étude par questionnaire donc, le fait d’avoir un enfant scolarisé à l’école à temps plein est associé à un sur-risque de contamination à la Covid-19 de l’ordre de 40 %. Ce n’est pas étonnant : l’école est un lieu où les enfants sont en grand nombre et sont brassés entre les familles de la même manière que peuvent l’être les entreprises.

Dans cette enquête, une éclaircie est à signaler, on analyse les mesures qui ont eu un impact positif. Quelles sont-elles ?

Oui, par exemple l’instruction à l’extérieur amène une diminution de risques de tests positifs de l’ordre de 12 % ; ce n’est évidemment pas souvent possible, variable selon le climat et les activités… Une autre mesure efficace est la présence des mêmes étudiants en classe. La création de bulles où les étudiants ne sont pas brassés est importante : lorsque l’on favorise les demi-groupes avec des classes de latin, de grec, d’allemand, etc. on amène plus de contaminations.

D’autres mesures sont aussi utiles comme le fait d’éviter le prêt des objets à son effet ou de ne pas faire venir son enfant fébrile au sein de l’école. L’arrêt des activités périscolaires (potentiellement sans masques dans des lieux clos à risque, comme le sport ou la musique) est aussi une mesure efficace.

A l’inverse certaines mesures sont sans effet, comme la fermeture des cafétérias. Ce n’est pas étonnant : fermer c’est déplacer le problème, en particulier sur les campus américains… Il ne faut pas les fermer, mais réorganiser pour éviter le brassage dans un même lieu clos (augmenter le nombre de services, manger en classe en plusieurs temps plutôt que mélanger les classes, aérer, etc.) : on rejoint la mesure des bulles décrites plus haut et ne pas mélanger soudainement toutes les classes le midi sans masque, ce qui est un non-sens.

Est-ce la première étude à confirmer ces données sur la contamination dans les écoles ?

Ces résultats confirment ceux d’autres, comme celle de Pasteur sortie il y a quelques mois. Dans cette dernière, on pouvait voir qu’une famille avec un enfant scolarisé était à risque. Il faut aussi comprendre que la reprise de septembre a été particulière avec une reprise normale avec circulation du virus, ce qui n’avait jamais été le cas depuis mars – il y a alors peu d’études faites sur l’école en France, ou alors des études faites pendant le confinement ou les vacances scolaires… Étudier l’effet de la fermeture des écoles le 15 mars, entre le premier tour des municipales et le confinement du 17 mars, ça n’était pas possible en France. À cette rentrée de septembre, il a fallu batailler fort pour avoir les masques à l’école. Le fait de porter un masque est pourtant l’un des facteurs les plus protecteurs pour les élèves.

On sait que les enfants se contaminent entre eux et contaminent les adultes, qui les contaminent aussi… Fatalement les écoles sont plus à risque que la maison, où on accueille rarement 30 enfants dans une salle fermée pendant 6h en leur disant d’aller tous manger ensemble en retirant le masque le midi. Il faut en avoir conscience, ne pas balayer le problème et sécuriser les salles de classe par la ventilation et l’aération, tous les lieux où circulent les élèves et surtout les lieux où les enfants retirent leurs masques : les restaurants scolaires.

Évidemment, nous parlons d’écoles mais sécuriser les cantines d’entreprise et demander à chacune de ne plus faire manger leurs employés ou ouvriers ensemble est une mesure capitale. C’est beaucoup plus simple, honnête et efficace que mettre en place des confinements de week-end ou des confinements vespéraux (ou couvre-feu) qui n’ont que pour but d’interdire de tels rassemblements intra-familiaux qu’on continue d’organiser en extra-familial chaque midi de façon complètement illogique !

Source: Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Reconfinement : les élèves porteront le masque dès le CP

Reconfinement : les élèves porteront le masque dès le CP

Depuis le début de l’épidémie, la contamination des plus jeunes est au cœur de controverses scientifiques. Cette fois, le gouvernement conditionne le retour en classe à un port élargi du masque.

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Reconfinement : les élèves porteront le masque dès le CP 

Dans une école à Monaco, le 7 septembre. Le port du masque sera obligatoire dans les écoles à partir de l’âge de 6 ans.
JEAN FRANÇOIS OTTONELLO/NICE MATIN/MAXPPP

Depuis le début de la crise sanitaire, la question de la vulnérabilité des enfants au Covid-19 fait figure de serpent de mer : sont-ils super-contaminateurs ? Doivent-ils être masqués ? Une nouvelle étape dans le débat vient d’être franchie, ce jeudi 28 octobre, avec l’annonce faite par le gouvernement que l’ouverture des crèches, écoles, collèges et lycées à partir du lundi 2 novembre serait conditionnée au port du masque en continu par tous les élèves, dès le CP.

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Ce nouveau compromis sera-t-il de nature à réconcilier les positions a priori opposées de certains médecins ? « Dans un premier temps, comme personne ne connaissait le virus et que l’on a pensé que les enfants étaient plus souvent asymptomatiques que les autres, on a fermé les écoles », rappelle le docteur Michaël Rochoy, médecin généraliste membre du collectif Stop Postillons.

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L’idée était de protéger les plus jeunes, mais aussi, par ricochet, le personnel et les familles. Fermer les écoles était vu comme un bon levier pour freiner la circulation du virus.

Pour le masque, même mal porté !

Pourtant, dès le mois d’avril, les pédiatres sont montés au créneau pour dénoncer des mesures plus néfastes qu’utiles pour les enfants eux-mêmes. Ils ont notamment fait valoir que très peu d’entre eux développent des formes sévères de la maladie et qu’ils ne seraient pas les super-contaminateurs longtemps suspectés. De fait, seuls 12 enfants de moins de 10 ans sont actuellement hospitalisés en réanimation.

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Ces pédiatres s’alarmaient plutôt des dégâts que le confinement et l’absence de scolarisation ont fait peser chez leurs jeunes patients : hausse des violences intrafamiliales, décrochage scolaire des plus vulnérables, etc. Ils appelaient donc à un retour le plus rapide possible en classe, et sans masque. Une position relayée au sein du gouvernement par le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

À la veille du reconfinement, un nouvel équilibre a finalement été trouvé. Lundi, les enfants reviendront tous en classe, mais masqués. La mesure satisfait notamment le collectif « Stop postillons ». Le masque serait, selon Michaël Rochoy, une bonne mesure, quand bien même il ne serait pas toujours porté dans les règles de l’art. « On sait très bien que seuls les plus grands vont le mettre correctement. Mais ce n’est pas si grave. Déjà cela devrait limiter la contamination entre élèves », affirme-t-il.

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