Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?


Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?

À partir du mercredi 9 juin 2021, la France entre dans la troisième phase du déconfinement. Dans les nouveaux assouplissements, le couvre-feu est décalé à 23 heures. Est-il encore utile face au Covid-19 ? On vous répond.

En Normanide, le couvre-feu reste est désormais à 23h

En Normanide, le couvre-feu reste est désormais à 23h – Photo Boris Maslard

Vous vous êtes sûrement déjà posé la question, un couvre-feu à 23 heures est-il bien utile ? Si le couvre-feu établi à 18 heures pour éviter tout contact et rassemblements en dehors de la sphère professionnelle semblait sinon logique, du moins acceptable lors de son instauration à l’automne dernier, les décalages à répétition avec l’arrivée des beaux jours et le déconfinement peuvent nous interroger sur sa pertinence aujourd’hui. Pourquoi s’obstiner à tenir un couvre-feu tardif ? On fait le point.

« Limiter les activités »

Pour Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), interviewé par Le Figaro, «
C’est un confinement du soir qui permet de limiter les activités
». Mais il considère que le couvre-feu de 23 heures « n’a pas d’intérêt
» : « Plus on retarde l’heure du couvre-feu, moins il empêche des rassemblements, moins il a d’efficacité », contrairement à celui de 21 heures qui limitait la contamination dans les restaurants. Pour l’épidémiologiste Martin Blachier juge même que, au vu « du phénomène saisonnier », qui rend selon lui le virus bien plus inoffensif en été, « le couvre-feu à 23 heures est sans doute superflu ». Une mesure de tolérance donc ? Pour Michaël Rochoy, le couvre-feu à 23 heures « consiste à colmater une petite brèche alors qu’on ouvre un barrage », en prenant en compte l’ouverture des salles de bars et restaurants.

Assouplir les règles

Il est encore difficile de connaître l’impact réel du couvre-feu sur la contamination. À Toulouse, une étude publiait dans Journal of Infection montrait que le couvre-feu de 21 heures a permis de diminuer le taux d’incidence, mais avec une plus grande contamination dans les foyers familiaux. Face aux événements festifs qui se préparent comme l’Euro ou encore la Fête de la musique, le couvre-feu à 23 heures semble aussi être la solution : « L’Euro est peut-être la meilleure justification pour un couvre-feu à 23 heures
», avance le docteur Rochoy dans Le Figaro. Et plus l’heure est tardive, « moins ce sont les personnes fragiles – âgées ou avec des pathologies graves – qui sont susceptibles d’être dehors », ajoute-t-il. Même si les jeunes sont aussi touchés par des formes graves du Covid-19.

Une mesure symbolique ?

À l’heure du syndrome des vaccinés et donc du relâchement dans les gestes barrières, cette mesure serait aussi un rappel pour maintenir les mesures barrières. Un moyen de ne pas oublier que le Covid-19 est toujours présent et qu’il faut rester prudent. « Ce dont il faut se méfier, c’est un relâchement trop fort des gestes barrières
», déclare François Bicaire, infectiologue et membre de l’Académie de Médecine, à Ouest-France. Au Figaro, le docteur Rochoy ajoute : « en levant le couvre-feu, l’exécutif aurait avoué qu’il ne servait à rien, à part accabler l’économie
».

Source: Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?

À quoi va réellement servir le couvre-feu à 23h ?

Mercredi 9 juin, la France entre dans une nouvelle phase du déconfinement. Mais l’utilité de décaler encore le couvre-feu plutôt que de l’abroger se pose.

Dès le 9 juin, le couvre-feu sera décalé à 23 heures, avant d'être abrogé le 30 juin.
Dès le 9 juin, le couvre-feu sera décalé à 23 heures, avant d’être abrogé le 30 juin. Ludovic MARIN / AFP

Alors que le soleil semble s’être installé durablement sur le territoire, la France va entrer mercredi 9 juin dans sa troisième phase de déconfinement. À cette occasion, l’intérieur des bars et restaurants rouvrira à 50% de leurs capacités, tandis que les terrasses redeviendront totalement opérationnelles. Les jauges seront également assouplies dans les cinémas, les musées, et lors des cérémonies religieuses, tandis que les parcs d’attractions feront leur grand retour, et le pass sanitaire son apparition.

Mais surtout, le couvre-feu national sera à nouveau décalé, passant de 21 heures à 23 heures jusqu’au 30 juin, date à laquelle il sera abrogé. Un changement qui peut sembler à la fois libérateur et anecdotique : pourquoi ne pas définitivement tirer un trait sur le couvre-feu ? Se contamine-t-on réellement à partir de 23 heures ? La question de l’efficacité réelle de cette mesure se pose. D’autant plus qu’avec le coup d’envoi imminent de l’Euro de football (le 11 juin), la fin des matchs coïncidera souvent avec l’horaire du couvre-feu et le risque d’une affluence massive dans les rues et transports en commun est réel.

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Une mesure paradoxale ?

Les spécialistes que Le Figaro a interrogés sont unanimes sur un point : le couvre-feu en général a un réel intérêt. «C’est un confinement du soir qui permet de limiter les activités», résume Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais). Mais si, pour lui, le couvre-feu de 21 heures «limitait la principale source de contamination, à savoir les restaurants», celui de 23 heures «n’a pas d’intérêt». «Il consiste à colmater une petite brèche alors qu’on ouvre un barrage» avec l’ouverture des salles des établissements de bouche, juge-t-il. Et le praticien de pointer un paradoxe dans ce changement d’horaire : «Le gouvernement fait le choix de limiter les interactions qu’on autorise pourtant le midi entre collègues». Et ce faisant, il «privilégie le travail sur les loisirs».

L’épidémiologiste Mircea Sofonea, maître de conférences à l’Université de Montpellier, justifie, lui, ce passage à 23 heures par la temporalité. «Le calendrier de déconfinement a été annoncé la dernière semaine d’avril», tempère-t-il auprès du Figaro. À l’époque, la situation était délicate et la France se trouvait dans une grande période d’incertitude. Le gouvernement a donc préféré prendre des mesures «plus conservatives», quitte à relâcher la pression par la suite. «C’était plutôt bien vu», note le scientifique. En laissant un espacement de trois semaines entre chaque étape, l’exécutif se laisse ainsi le temps de «redresser le tir» au fur et à mesure.

Plus de brassage le soir

Mircea Sofonea se demande néanmoins si cette mesure n’est pas «superflue», voire «contre-productive». L’épidémiologiste imagine ainsi «une soirée étudiante» à Paris, qui «finit dans un appartement» à cause du couvre-feu à 23 heures. Une personne va peut-être dormir sur place pour ne pas se faire attraper par la police. «Dans ce contexte où il y a plus de brassage, il vaut mieux laisser les gens rentrer et diluer les fêtards», juge le scientifique, qui conseille donc d’accompagner ce couvre-feu à 23 heures «d’une forme de tolérance», en laissant à la population une marge pour rentrer chez eux avant l’horaire fatidique. Et s’il estime cette nouvelle mesure «moins pertinente», Mircea Sofonea en appelle surtout à la «responsabilisation» des Français. «Revoyez vos proches, mais il ne faut pas que ça s’éternise !» résume-t-il.

Le docteur Rochoy a une vision bien plus sévère de la situation. S’il est évident, pour lui, que le couvre-feu, à n’importe quelle heure, «limite un peu la contamination», ce changement d’horaire est «plus politique que sanitaire». «Il y a une incohérence de la part du gouvernement sur la question», explique-t-il au Figaro, y observant surtout une tentative d’éviter l’aveu de faiblesse. En levant purement et simplement le couvre-feu le 9 juin, l’exécutif aurait «avoué qu’il ne servait à rien, à part accabler l’économie», soupire-t-il. Le généraliste aurait, lui, abrogé définitivement cette mesure le 19 mai, mais rouvert les restaurants seulement à partir du 1er juillet, quand le nombre de vaccinés aurait été suffisamment élevé pour prévenir d’une quatrième vague en septembre.

Inquiétudes pour la rentrée

Car les deux spécialistes ont une inquiétude commune : «Plus la courbe est haute en début d’été, plus elle va augmenter pendant cette période. Et que va-t-il alors se passer à la rentrée ?» s’interroge Michaël Rochoy. «Localement, la reprise épidémique peut être plus importante», confie de son côté Mircea Sofonea, quand bien même cette hausse sera relativement contenue par la vaccination. «Il y aura de toute façon une augmentation des transmissions» dans les semaines à venir, prévient-il. Une crainte partagée ce mardi 8 juin au matin par Jean-François Delfraissy. Sur RTL, le président du Conseil scientifique n’a pas caché sa peur de voir déferler une quatrième vague dès la rentrée, notamment à cause du variant indien. Pour lui, tout va se jouer mercredi, avec la nouvelle étape du déconfinement : «On a un moment un peu complexe là […] parce que jusqu’à maintenant, on était à l’extérieur et là on va ouvrir à l’intérieur».

Contacté par Le Figaro, le ministère de la Santé n’a pas donné suite.

 Source: À quoi va réellement servir le couvre-feu à 23h ?

Le masque EAP comme mesure barrière n°6 – Nutritions et endocrinologie

Le masque EAP comme mesure barrière n°6

Depuis le début du confinement de nombreuses voix se sont élevées pour mettre en avant le port du masque comme mesure de protection de la population. Ainsi dès le 22 mars, le collectif Stop-postillons, lancé par 4 médecins généralistes, a milité pour le port généralisé des écrans anti-postillons – EAP (masques « maisons ») dans l’espace public comme 6ème mesure barrière pour lutter contre le coronavirus. Ils ont créés un site internet stop-postillons.fr mis à jour au quotidien qui rassemble un grand nombre d’informations et de patrons de masque pour les couturiers amateurs. L’objectif est d’informer pour ainsi réduire le nombre de contamination par coronavirus. Au moment du déconfinement annoncé le 11 Mai, il s’agit de prendre les précautions maximum pour minimiser la deuxième vague possible et protéger les individus surtout les personnes fragiles atteintes de pathologies chroniques qui n’ont pas osé fréquenter les salles d’attente médicales, qu’elles soient à l’hôpital ou en cabinet libéral.

Maintenant que l’Académie de médecine a pris position dans ce sens le 22 avril dernier, et que le gouvernement a indiqué qu’il rendait le masque obligatoire comme condition au déconfinement le port du masque va donc être généralisé. Nous avons interrogé le Dr Michaël Rochoy, l’un des fondateurs de ce collectif, qui a eu la gentillesse de répondre à toutes nos questions sur les écrans anti-postillons dans une vidéo.

Toutes les explications en images : l’interview du Dr Michaël Rochoy – MD, PhD – Université de Lille 

 Source: Le masque EAP comme mesure barrière n°6 – Nutritions et endocrinologie