Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés  | Atlantico.fr

Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.

Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Gestes barrières

Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés

Tout à sa politique du chiffre et de la démonstration de force, le gouvernement a eu tendance à privilégier une communication valorisant le « tout est possible aux vaccinés ». Une erreur majeure en matière d’efficacité sanitaire.

Atlantico : La communication du gouvernement pour encourager à la vaccination pousse les futurs vaccinés à croire que pour eux, tout sera possible une fois les deux doses injectées. Ce discours n’est-il pas un peu dangereux ? Cela pourrait-il engendrer un non-respect des gestes barrières chez les vaccinés ?

Michaël Rochoy : Tout dépend quel est notre seuil d’acceptabilité des risques : décès, réanimations, hospitalisations, Covid-longs… sans oublier les risques sociaux. Par exemple, en cas de rentrée en septembre avec un nombre de cas quotidien très élevé, il faut s’attendre à des élèves de moins de douze ans non-vaccinés qui seront presque systématiquement positifs ou cas contacts. Il faudra prévoir des PCR à répétition, des fermetures de classe, de l’absentéisme scolaire, de l’absentéisme au travail… A quoi s’ajoute le risque théorique d’émergence d’un variant avec un échappement immunitaire ou la découverte de maladies associées au Covid-19 comme des maladies neuro-dégénératives.

Les message envoyé par le gouvernement est de dire : “si vous êtes vacciné, vous pouvez revenir à la vie d’avant et tant pis si cela implique quelques contaminations en plus”. Le problème, c’est ce que va représenter ces “contaminations en plus”.

Le risque de contamination des vaccinés est minime, mais il existe quand même ?

Le risque est diminué mais il n’est pas nul, surtout pour les personnes vaccinées avec une seule dose.

 

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Quel discours devrait-on tenir aux néo-vaccinés, sur la question du masque par exemple ?

Je pense qu’il ne faut pas retirer le masque en intérieur, quand bien même on est vacciné. On parle aujourd’hui de retrait de masque en intérieur sur présentation du passe sanitaire : les personnes concernées sont des personnes vaccinées mais aussi des personnes qui ont fait une PCR négative il y a 48h et qui pourrait très bien être positive le jour J. Je pense qu’on envoie là un très mauvais signal.

La décorrélation actuelle entre courbe des contaminations et courbe des décès pousse-t-elle à l’imprudence ?

L’augmentation du nombre de cas ne se traduit pas pour l’instant par une augmentation du nombre de décès. Aujourd’hui, nous sommes à 30 décès par jour. On en revient à la question de l’acceptabilité. Est-on prêt à accepter 30 décès par jour, soit trois fois la mortalité quotidienne par accident de la route ? Le discours ambiant du gouvernement est de dire que oui, c’est acceptable. Je ne sais pas si les Français partagent cet avis.

Dans sa stratégie vaccinale, le gouvernement semble adopter une politique du chiffre, presque entrepreneuriale plus que vraiment sanitaire. Risque-t-il de cette façon d’ignorer les enjeux de circulation virale ?

La vision entrepreneuriale du gouvernement n’est plus vraiment fondée. Aujourd’hui, les gens vont se faire vacciner. Le problème devient surtout celui d’obtenir un rendez-vous. Emmanuel Macron a peut-être un peu boosté la campagne mais le nombre de vaccination par jour était déjà assez important avant ses annonces. Aujourd’hui, ça ne sert plus à rien de vouloir “accélérer” la vaccination. Dans certains endroits, les prochains rendez-vous sont fixés en septembre.

Ensuite effectivement, on est tentés de penser que le gouvernement ne regarde plus que les chiffres de vaccinations et ignore les autres indicateurs. On peut se demander si le gouvernement ne veut pas atteindre une immunité hybride (via le vaccin et via la contamination), un peu comme Boris Johnson, en acceptant le prix à payer dont on a parlé avant.

Si on ne veut pas regretter plus tard d’avoir laissé trop circuler le virus, il faut prendre des mesures plus fortes, même si c’est compliqué car tout le monde veut retrouver une vie normale. Mais il faut comprendre que plus la circulation du virus est faible, plus vite on reprendra une vie complètement normale.

 Source: Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés  | Atlantico.fr

Covid-19 : petites leçons d’une contamination aux toilettes à… 40 minutes d’intervalle | Atlantico.fr

Une dose de vaccin contre la Covid-19. © JOEL SAGET / AFP Espaces clos et exigus Covid-19 : petites leçons d’une contamination aux toilettes à… 40 minutes d’intervalle Selon une étude scientifique, une preuve de transmission aérienne du SAR-COV-2 entre deux personnes ayant visité la même salle de bain à 40 minutes d’intervalle a été confirmée. La salle de bain était mal ventilée en raison d’un mauvais fonctionnement de l’évacuation d’air. Quels sont les enseignements de cette étude sur les risques de contaminations dans les espaces clos ? Atlantico : Quels sont les principaux enseignements de cette étude ? Michaël Rochoy : C’est une étude qui date d’aout 2020 dans un service d’hématologie, probablement avec des patients qui sont immunodéprimés donc un peu plus à risque. Cela montre une transmission relativement classique : un patient qui a pu transmettre à d’autres personnes notamment aux gardiens de la chambre ainsi qu’à certaines de celles qui ont partagé la même chambre à un moment donné. Mais ce que ça montre aussi, et c’est là l’originalité de cette étude, c’est un patient qui, visiblement, n’a pas été en contact avec un autre mais lui a quand même transmis le virus. La seule explication des auteurs est que la contamination a eu lieu dans une salle de bain où ils se sont rendus à 40 minutes d’intervalle. Le premier s’est lavé, etc. et 40 minutes plus tard le second est venu se laver les dents et c’est à cette occasion qu’il aurait contracté le Covid. La porte, ouverte, entre la salle de bain et la chambre de patients a également entrainé des contaminations. C’est donc un argument supplémentaire de ce qu’on savait déjà, à savoir la transmission par aérosol du virus. Les auteurs estiment que c’est soit cela, soit un cas rare de manuportage, c’est-à-dire de transmission par surfaces contaminées. C’est ce qui fait que ce papier est intéressant un an après. Car une transmission longtemps après (40 minutes) est un peu étonnante. Cela montre aussi qu’en août 2020, avec la souche ancienne du coronavirus, pas encore le variant anglais ou delta, on pouvait être contaminé dans ces conditions. C’est encore plus vrai aujourd’hui. Quand on voit qu’en France les bars et restaurants en intérieur ont rouvert, c’est une situation à risque et on le sait. Donc quand le ministre de la Santé met en garde, il a raison, mais en même temps, que faisons-nous pour l’éviter ? Le fait que ce soit une salle de bain, donc humide et exiguë, pourrait expliquer en partie ce cas ? Les espaces clos et exigus comme des voitures ou des cages d’ascenseur sont-ils de manière générale plus contaminants ? Oui. Le fait que cela soit humide fait que les particules restent plus longtemps en suspension dans l’air. Cela invite aussi à repenser le système de ventilation car les auteurs indiquent des anomalies de fonctionnement. Cela rejoint un appel lancé dans Science il y a quelques mois concernant la ventilation des bâtiments pour lutter contre la transmission du virus par aérosol. Cela indique aussi que les toilettes publiques peuvent être des lieux de contamination, par exemple dans les hôpitaux. On peut imaginer que souvent les gens retirent leurs masques quand ils sont aux toilettes. Lorsque l’on tire la chasse d’eau il y a probablement un peu d’aérosolisation qui se fait et faire recirculer les particules virales en suspension. Cela invite à toujours penser à la ventilation quand on rentre dans une pièce, même si on est seuls quand on y pénètre, si des gens y circulent. C’est aussi dans ce cadre que l’on peut évoquer les détecteurs de CO2. S’il y a beaucoup de gaz dans une pièce alors cela signifie que si quelqu’un de contaminé est venu avant, il a aussi expulsé beaucoup de particules potentiellement infectieuses. Si le taux est faible, il y a peu de risques. On peut imaginer que dans cette salle de bain, si le patient qui s’est fait contaminer avait utilisé un capteur de CO2, il aurait constaté un taux relativement élevé. Un peu comme quand on rentre dans une pièce peu ventilée et qu’une forte odeur se dégage. Les exemples que vous prenez sont les bons. Les risques de contamination sont plus élevés dans les endroits exigus. Que faire pour limiter les risques dans ces lieux exigus ? Tout d’abord, il faut être soucieux de l’incidence dans la zone où l’on se trouve. Une incidence faible entraine naturellement moins de risques. Et il faut d’abord que les réponses soient globales et non individuelles. Il y a aussi des options individuelles : ventiler autant que possible, aérer, purifier l’air quand on ne peut faire autrement, avec des filtres Hepa. On peut aussi utiliser des capteurs de CO2, comme je l’expliquais. Il faut aussi porter le masque autant que possible, etc.  Source: Covid-19 : petites leçons d’une contamination aux toilettes à… 40 minutes d’intervalle | Atlantico.fr

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

© Philippe LOPEZ / AFP

J-7

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ?

Le lundi 26 avril, les élèves de maternelle et de primaire doivent faire leur retour à l’école. Cette reprise inquiète les syndicats d’instituteurs et de parents d’élèves sur la question du protocole sanitaire. Des municipalités ont commandé des capteurs de CO2 pour les installer dans les écoles et préparer la réouverture.

Atlantico : Depuis le mardi 6 avril, l’école en présentiel a été mise en pause pour une durée de trois semaines. Des pays comme la Finlande ont pu mettre en place un système d’aération particulièrement détaillé et sourcé scientifiquement pour éviter au maximum la propagation aérosol de la Covid-19. Une telle mesure serait-elle intéressante à mettre en place en France pour la réouverture des écoles ?

Collectif Du Côté de la Science : Oui ! Hélas, à moins de nouvelles de dernière minute, il est peu probable que le protocole sanitaire de l’Education nationale change pour la  rentrée, et nous le déplorons. Ce protocole n’est pas adapté aux mesures de sécurité vis-à-vis de la transmission du virus dans les écoles. Il ne protège ni les enfants, ni le personnel (enseignant et non enseignant). Le protocole de l’Education Nationale n’est pas seul responsable de la situation actuelle, mais il y a fortement contribué en ne prenant pas en compte la voie principale de contamination qui est aérienne ; il n’a donc pas permis la mise en place de mesures efficaces pour y faire face. Les recommandations du Haut Comité de la Santé publique datant de juillet et octobre 2020 mentionnent la vectorisation aérienne du virus et recommande d’aérer très régulièrement les endroits clos. Le protocole de l’EN recommande de le faire 2-3 fois par jour, alors qu’il faudrait le faire au moins 2 à 3 fois par heure en fonction du nombre de personnes dans la pièce et de son volume ! La Finlande n’a fait que transcrire en termes plus simples les recommandations du REHVA, de l’ECDC, de l’OMS et d’autres organismes européens et internationaux qui concernent l’aération et la ventilation pour éviter la contagion aérienne par le SARS-CoV-2. Cela avait d’ailleurs conduit notre collectif (Du côté de la science) à publier un document à ce sujet, reprenant également ces mêmes recommandations dans le contexte de l’Education Nationale et à informer auprès de 2 syndicats enseignants début novembre 2020.

Les recommandations finlandaises s’appuient sur la mesure de concentration en CO2 dans l’atmosphère, à l’aide de détecteurs de CO2 très faciles à se procurer. Ce sont des marqueurs de la qualité de l’air : plus le niveau de CO2 est élevé, plus le risque qu’il y ait des aérosols (en cas de présence d’une personne infectée évidemment) est élevé. Pour comprendre, le CO2 est expiré par chacun et s’accumule dans l’air d’une pièce fermée. De la même façon, l’air expiré par une personne infectée même asymptomatique peut contenir du virus en suspension, qui est lui invisible et pas encore mesurable. Une concentration importante en CO2 reflète la possibilité d’une forte concentration de virus dans l’air, et de se contaminer. Ce risque est d’autant plus fort si la personne infectée est fortement excrétrice (super-spreader) comme 10-20 % des personnes contaminées. Pour nous, l’Education nationale devrait investir dans l’achat de tel matériel, permettant de guider le rythme d’aération. Actuellement, les quelques capteurs présents dans les écoles le sont à l’initiative de quelques enseignants ou parents.

Les autorités finlandaises font aussi le point sur l’utilisation des purificateurs d’air et les normes nécessaires pour qu’ils soient utiles  et efficaces. Elles rappellent également que l’objectif principal est d’apporter de l’air extérieur à l’intérieur afin de diluer et d’évacuer les aérosols potentiellement contaminés.

 

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Atlantico : Quelles seraient les mesures à mettre en place impérativement lors de la réouverture, et quelles sont celles qui auraient dû être anticipées ?

Collectif Du Côté de la Science : Il faut évidemment revenir au principe : un enfant positif = une classe fermée et ne plus attendre 3 cas par classe avant d’agir.

Concernant les autres mesures, nous en avons présenté de nombreuses sur notre site : https://ducotedelascience.org/nos-propositions/.

Primo, elles sont spécifiques à l’investissement que nous souhaitons mettre dans la poursuite de l’éducation de nos enfants : acheter et installer des détecteurs de CO2 (recommandation du Haut Comité de Santé Publique du 14 Octobre 2020), vérifier la ventilation correcte des salles de classe, profiter des périodes sans enfant dans les établissements pour revoir les capacités de ventilation des classes et réfectoires, prendre les mesures pour assurer une ventilation minimale et identifier les lieux à risque nécessitant des purificateurs d’air.

 

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Secundo, elles sont spécifiques aux lieux d’enseignement : d’abord il faut que les professeurs (qui, théoriquement, sont ceux qui parlent le plus pendant un cours !) portent constamment un masque de qualité et soient à proximité d’une source d’aération (fenêtre ouvrable). Ensuite, il faut limiter le brassage des élèves : passage des options en distanciel (actuellement certains groupes mélangent plusieurs classes pour une option par semaine…), mouvements des professeurs plutôt que des élèves entre les cours autant que possible (sauf matériel informatique, scientifique, technologique ou sportif spécifique, etc.).

Tertio, elles sont spécifiques aux cantines et lieux de restauration. Encore plus à risque que le cours dans une classe non ventilée, le repas pris dans un réfectoire bondé avec des enfants non masqués, brassant plusieurs classes, assis les uns en face des autres n’est pas envisageable en période de circulation active du virus. De multiples solutions sont possibles : avec le retour des beaux temps, la prise de repas en extérieur ou sous préau (ventilation optimale), livraison de repas dans les classes afin d’éviter le brassage (et un meilleur traçage en cas de contamination), incitation au retour à domicile des enfants autant que possible par des aménagements des horaires pour les parents, etc. Le Ministère de l’Education Nationale doit collaborer avec celui du Travail sur ces questions. L’autre solution est de laisser les lieux de restauration en l’état : sauf qu’à chaque fois qu’un enfant sera déclaré positif, il faudrait fermer les 2 ou 3 classes ayant partagé une heure de restauration avec lui, si on veut pleinement tenir compte du risque de transmission par aérosol.

Quarto, les mesures sont spécifiques des établissements. A l’instar des autorités finlandaises, l’Education Nationale aurait dû définir des objectifs autour de l’aération, ventilation et voies de transmission à combattre, puis fournir les solutions disponibles et recommandations pour atteindre ces objectifs. On ne lutte pas contre une pandémie sans objectif. Les régions, départements et communes auraient pu alors s’adapter à leurs possibilités et besoins, et réclamer si nécessaire des aides. Certaines mairies ont ainsi pu transformer des salles municipales ou gymnases inoccupés en extension pour les cantines ou les cours, afin justement d’assurer une meilleure sécurité pour les enfants et les personnels d’éducation ; hélas, cela n’est pas la règle.

Quinto, les mesures doivent s’adapter aux conditions sanitaires. Comme prévu par l’Education Nationale en été 2020, une adaptation territoriale selon la circulation du virus serait pertinente. Il faut se préparer à tout, et notamment à des cours en distanciel pour tout ou partie (classes hybrides). La vaccination des personnels de l’éducation est aussi un point important, dès qu’elle sera possible… Enfin, il faut développer les tests itératifs et systématiques pour isoler les enfants contaminés asymptomatiques afin de réduire la diffusion du virus dans l’école mais également sur le lieu de travail des parents des enfants concernés par effet boule de neige.

 

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Atlantico : Que nous a appris le protocole sanitaire d’aération des salles de classes, de systématisation du port du masque chirurgical et l’évolution des protocoles de fermetures de classes sur la capacité du milieu scolaire à maintenir une activité d’enseignement tout en préservant les élèves comme les professeurs ?

Collectif Du Côté de la Science : “Qu’on a encore du chemin à faire et une bonne marge de progression” comme diraient certains professeurs pour l’évaluation de certains élèves. Les mesures successives nous ont montré que les dirigeants n’avaient pas pris au sérieux la voie aérienne de contamination, et n’avaient donc pas pris les bonnes mesures pour protéger efficacement les personnels et les élèves, menant à la situation que nous vivons. Par ailleurs les tests systématiques salivaires finalement lancés récemment (mais bien trop tard) ont également confirmé ce qui avait déjà été démontré dans de nombreux pays et par de nombreuses publications, à savoir que la contamination des enfants est similaire à celle de la communauté. La seule différence est qu’ils sont moins symptomatiques, donc moins testés, car leur système immunitaire est plus rapide et plus efficace. Rappelons d’ailleurs que le port du masque à l’école dès 6 ans a été obtenu de longue lutte et ne faisait pas partie des mesures initiales de l’Education Nationale. Le dogme qui considère que l’on isole la classe qu’à partir du troisième cas n’est ni scientifiquement ni médicalement rationnel : il doit être supprimé. Le protocole sanitaire ne repose malheureusement pas sur des mesures efficaces de contrôle et protection, mais sur une approche visant une efficacité à la marge et la continuité des cours dans des conditions très dégradées qui sont certainement loin d’être meilleures que des cours à distance s’ils avaient été pensés, préparés et déployés à l’avance. Pourquoi n’avoir pas eu un projet national de continuité des cours via le support numérique au cours de l’été 2020 ? Fallait-il vraiment être dans le mur pour se rendre compte que c’était une solution efficace, même temporairement, et un investissement d’avenir ?

Source: Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Des écoliers patientent avant un test salivaire pour la Covid-19 dans une école primaire à la périphérie de Bordeaux.

© Philippe LOPEZ / AFP

Briser les chaînes de contaminations

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque

Des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu dans une nouvelle étude que les écoles sont un lieu de contamination important. Quels sont les principaux enseignements de cette étude et les pistes pour limiter les contaminations à la Covid-19 dans l’environnement scolaire ?

Atlantico : Dans une étude sur le risque de la Covid-19 à la maison suite à la scolarisation des enfants, des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu que les écoles sont un vecteur de contamination important. Ils ont analysé les symptômes de 576 000 parents d’élèves américains pendant la deuxième vague et ont pu observer les différentes risques de la scolarisation dans l’état actuel des établissements. De quels risques parle-t-on ?

Michaël Rochoy : La comparaison dans cette étude s’est faite entre des parents qui ont des enfants scolarisés et ceux qui n’en ont pas. Ils ont recueilli plus de 2,1 millions de réponses sur 50 États des USA qui leur ont permis de comparer les mesures qui ont été prises dans les établissements et d’étudier la propagation de la Covid-19. D’autres critères ont été pris en considération comme l’âge des parents, le milieu de vie, le travail et le nombre de personnes présentes dans le foyer.

Il s’agit d’une étude par questionnaire donc bien sûr il y a des risques de biais (se rappeler notamment les mesures mises en place et à quelle date). Dans cette étude par questionnaire donc, le fait d’avoir un enfant scolarisé à l’école à temps plein est associé à un sur-risque de contamination à la Covid-19 de l’ordre de 40 %. Ce n’est pas étonnant : l’école est un lieu où les enfants sont en grand nombre et sont brassés entre les familles de la même manière que peuvent l’être les entreprises.

Dans cette enquête, une éclaircie est à signaler, on analyse les mesures qui ont eu un impact positif. Quelles sont-elles ?

Oui, par exemple l’instruction à l’extérieur amène une diminution de risques de tests positifs de l’ordre de 12 % ; ce n’est évidemment pas souvent possible, variable selon le climat et les activités… Une autre mesure efficace est la présence des mêmes étudiants en classe. La création de bulles où les étudiants ne sont pas brassés est importante : lorsque l’on favorise les demi-groupes avec des classes de latin, de grec, d’allemand, etc. on amène plus de contaminations.

D’autres mesures sont aussi utiles comme le fait d’éviter le prêt des objets à son effet ou de ne pas faire venir son enfant fébrile au sein de l’école. L’arrêt des activités périscolaires (potentiellement sans masques dans des lieux clos à risque, comme le sport ou la musique) est aussi une mesure efficace.

A l’inverse certaines mesures sont sans effet, comme la fermeture des cafétérias. Ce n’est pas étonnant : fermer c’est déplacer le problème, en particulier sur les campus américains… Il ne faut pas les fermer, mais réorganiser pour éviter le brassage dans un même lieu clos (augmenter le nombre de services, manger en classe en plusieurs temps plutôt que mélanger les classes, aérer, etc.) : on rejoint la mesure des bulles décrites plus haut et ne pas mélanger soudainement toutes les classes le midi sans masque, ce qui est un non-sens.

Est-ce la première étude à confirmer ces données sur la contamination dans les écoles ?

Ces résultats confirment ceux d’autres, comme celle de Pasteur sortie il y a quelques mois. Dans cette dernière, on pouvait voir qu’une famille avec un enfant scolarisé était à risque. Il faut aussi comprendre que la reprise de septembre a été particulière avec une reprise normale avec circulation du virus, ce qui n’avait jamais été le cas depuis mars – il y a alors peu d’études faites sur l’école en France, ou alors des études faites pendant le confinement ou les vacances scolaires… Étudier l’effet de la fermeture des écoles le 15 mars, entre le premier tour des municipales et le confinement du 17 mars, ça n’était pas possible en France. À cette rentrée de septembre, il a fallu batailler fort pour avoir les masques à l’école. Le fait de porter un masque est pourtant l’un des facteurs les plus protecteurs pour les élèves.

On sait que les enfants se contaminent entre eux et contaminent les adultes, qui les contaminent aussi… Fatalement les écoles sont plus à risque que la maison, où on accueille rarement 30 enfants dans une salle fermée pendant 6h en leur disant d’aller tous manger ensemble en retirant le masque le midi. Il faut en avoir conscience, ne pas balayer le problème et sécuriser les salles de classe par la ventilation et l’aération, tous les lieux où circulent les élèves et surtout les lieux où les enfants retirent leurs masques : les restaurants scolaires.

Évidemment, nous parlons d’écoles mais sécuriser les cantines d’entreprise et demander à chacune de ne plus faire manger leurs employés ou ouvriers ensemble est une mesure capitale. C’est beaucoup plus simple, honnête et efficace que mettre en place des confinements de week-end ou des confinements vespéraux (ou couvre-feu) qui n’ont que pour but d’interdire de tels rassemblements intra-familiaux qu’on continue d’organiser en extra-familial chaque midi de façon complètement illogique !

Source: Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Didier Raoult a-t-il vraiment signé «3 500 publications internationales» dans sa carrière ? – Libération

Didier Raoult a-t-il vraiment signé «3 500 publications internationales» dans sa carrière ?

Didier Raoult à l'Assemblée nationale le 24 juin.
Didier Raoult à l’Assemblée nationale le 24 juin.Photo Thomas Coex. AFP

Le directeur de l’IHU Méditerranée a effectivement cosigné plus de 3 000 articles et études. Ce qui ne veut pas dire qu’il les a «écrits».

Question posée par Thomas le 16/09/2020

Bonjour,

Nous avons raccourci votre question, qui était formulée ainsi : «Le Pr Raoult dit-il vrai lorsqu’il affirme avoir “écrit 3500 publications internationales” ? Cela fait beaucoup pour un seul homme. Si le chiffre surprend, est-ce que l’on sait par ailleurs si le fait de signer signifie qu’il a réellement travaillé dessus ? Merci.»

Vous faites référence aux déclarations de Didier Raoult lors de son audition, ce mardi 15 septembre, par la commission d’enquête sénatoriale sur la gestion de la crise sanitaire du Covid-19. Voici les propos exacts du directeur de l’IHU Méditerranée Infection : «Je vous le dis très solennellement et après avoir juré de ne dire que la vérité : je n’ai jamais fraudé de ma vie. J’ai écrit 3 500 publications internationales, je n’en ai jamais rétracté aucune. Alors bien entendu, sur 3 500, il y a eu des erreurs qui sont passées, il y a une fille qui me traque depuis que je suis célèbre, qui a réussi à trouver 5 erreurs sur 3 500 publications. Il y en a probablement beaucoup plus que ça, j’estime qu’il y a entre 2 et 4% d’erreurs dans les papiers que j’ai faits. Je ne suis qu’un pauvre humain, je fais des erreurs comme tout le monde.»

Un rythme «proprement phénoménal»

L’affirmation du Professeur Raoult sur les «3 500 publications» – comprendre études scientifiques – qu’il aurait «écrites» a été largement commentée sur les réseaux sociaux. A l’instar de la journaliste du Point, Géraldine Woessner, plusieurs internautes ont rapidement calculé que cela correspondrait à «une [publication] tous les quatre jours, sans discontinuité, au long de quarante ans de carrière». Un rythme «proprement phénoménal», commente-t-elle dans son tweet, largement partagé. En se rendant sur les différents sites de recensement de publications scientifiques, force est de constater que le chiffre de 3 500 études mentionnant Didier Raoult parmi les auteurs est probable. Si l’on compte «seulement» 72 articles de lui sur Expertscape – site à l’algorithme tenu secret sur lequel Didier Raoult est référencé comme meilleur expert français de son domaine – on trouve 1 743 publications sur ResearchGate, 1 868 résultats sur Pubmed, le plus officiel, ainsi que 3 149 documents sur Scopus.

Les résultats de chaque plateforme ne sont pas à ajouter les uns aux autres : la majorité des études sont référencées sur plusieurs sites, puisqu’ils partagent les données des mêmes six ou sept principales revues scientifiques. La base de données Scopus en référence davantage car elle est tenue par Elsevier, éditeur des revues New Microbes and New Infections et International Journal of Antimicrobial Agents (Ijaa). Deux revues où plusieurs membres de l’IHU Méditerranée Infection siègent au comité éditorial, acceptant pratiquement sans délai de vérification chaque publication du Pr Raoult, qui en est donc le principal contributeur, comme l’expliquent Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui, professeurs à l’Université du Québec à Montréal (Uqam) dans une étude sur les revues scientifiques publiée sur le site The Conversation. En considérant que certaines publications mentionnant Didier Raoult en auteur ont pu passer entre les mailles du recensement en ligne, l’ordre de grandeur de 3 500 publications donné par Didier Raoult est tout à fait plausible.

Publications cosignées, oui, écrites, non

Toujours sur Scopus, on constate que Didier Raoult est coauteur de plus d’une centaine d’articles par an : il cumule jusqu’à 228 publications sur la seule année 2016. Le site recense déjà 118 publications de Didier Raoult en 2020, soit une publication tous les deux ou trois jours depuis le début de l’année. La découverte du Sars-COV-2 et la crise du Covid-19 ont évidemment donné matière aux chercheurs, et les publications se sont multipliées dans les instituts et laboratoires du monde entier. Or certains internautes soulignent que l’activité médiatique – les nombreuses interviews et conférences comme les vidéos sur Youtube – du Professeur Raoult ces derniers mois a dû lui laisser bien peu de temps pour rédiger des études approfondies, tout en étant aussi au chevet de ses patients.

«Chaque champ de recherche a ses spécificités, explique-t-on du côté de l’équipe de Didier Raoult. En biologie, celui qui exécute est premier auteur et celui qui dirige est dernier auteur. Ces articles, ce sont des recherches que Didier Raoult dirige. C’est assez classique. Il relit l’article, il fait des corrections, parfois il peut écrire des passages. La seule règle c’est d’avoir participé à la recherche.»

Mais déjà en 2016, le biologiste et journaliste Nicolas Chevassus-au-Louis s’interrogeait dans son livre Malscience : de la fraude dans les labos, à propos des records du monde du professeur Raoult. «Comment croire qu’un scientifique puisse participer réellement à des recherches débouchant sur quasiment une publication par semaine ?» questionnait-il. Plus récemment, une tribune intitulée «Halte à la fraude scientifique», publiée dans Libération, visait sans le nommer l’infectiologue marseillais. «Il est anormal que des directeurs d’équipes de recherche cosignent des publications dont le nombre rend impossible le fait qu’ils y aient réellement participé», affirmait le texte signé par un collectif de plusieurs centaines de scientifiques, chercheurs, et professionnels de santé.

Comme un «un réalisateur qui aurait fait 3 500 films»

«Dire qu’un scientifique a écrit 3 500 publications au cours de sa carrière est aussi ridicule que prétendre qu’un réalisateur a fait 3 500 films. Ce sont les mêmes délais : plusieurs mois voire un an, minimum», compare le docteur Michaël Rochoy, ancien chef de clinique des universités à Lille, lui-même auteur de plusieurs publications en médecine générale. «Il y a des délais qui sont incompressibles, un article prend en général plusieurs mois.» 

Les étapes, depuis le choix d’une question de recherche jusqu’à la publication de l’étude, sont a minima «faire une revue bibliographique sur le sujet, définir une méthodologie, recueillir un accord de comité d’éthique si besoin, recueillir les données et faire les analyses statistiques, comparer les résultats à la littérature, détailler les forces et limites de l’étude, conclure, écrire l’article, le soumettre à une revue, attendre la relecture, les corrections, la relecture», décrit le médecin. «Donc même avec le rythme de production d’un Spielberg, et même s’il a indéniablement consacré sa vie à la recherche, on ne peut envisager qu’il ait, comme il le dit, “écrit” lui-même ces études», détaille-t-il à CheckNews après avoir exposé son incrédulité sur Twitter. Selon lui, Didier Raoult «doit probablement avoir une contribution plus symbolique que réelle sur un grand nombre d’articles, c’est ce qu’on appelle être un auteur fantôme». Son nom aurait donc été systématiquement ajouté aux travaux de tous les collaborateurs et nombreux doctorants accueillis par l’IHU Méditerranée Infection.

Une théorie validée par le Professeur Roger Salamon, épidémiologiste et biostatisticien, ancien président du Haut Conseil de la santé publique et premier signataire de la tribune «Halte à la fraude scientifique». «Les signatures automatiques par le chef de laboratoire sont une pratique bien connue, explique-t-il à CheckNews. Si j’avais signé tous les papiers qui sortaient de mon Institut [l’Isped, Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement, ndlr] depuis trente ans, je n’aurais pas moins de 3 500 publications à mon actif, moi aussi.»

Pour le professeur Hervé Maisonneuve, médecin de formation devenu expert en intégrité scientifique, référent sur le sujet pour la faculté de médecine Paris-7, et derrière le blog «Rédaction médicale et scientifique», le volume de publication du PRaoult est effectivement incompatible avec le travail attendu d’un auteur. Celui-ci est détaillé dans les recommandations de l’ICMJE (International Commitee of Medical Journal Editors), qui font office de règlement déontologique dans le milieu. Elles déterminent que l’attribution de la qualité d’auteur doit reposer sur quatre critères cumulatifs. A savoir la «contribution substantielle à la conception ou aux méthodes de la recherche», la «rédaction préliminaire de l’article ou sa révision critique», «l’approbation finale de la version à publier» et «l’engagement à assumer l’imputabilité pour tous les aspects de la recherche».

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«Le rythme de ses publications rend impossible qu’il coche les deux premiers critères», estime Hervé Maisonneuve. Nathan Peiffer-Smadja, coordinateur du Réseau des jeunes infectiologues français (Réjif), acquiesce et rappelle un événement datant de 2012, énième preuve selon lui de l’implication toute relative du professeur Raoult dans certaines de ses publications. En 2006, Elisabeth Bik – la «fille qui traque» Didier Raoult selon les mots de ce dernier, chercheuse émérite ayant consacré sa vie à la lutte contre la fraude scientifique – a mis en lumière de graves erreurs dans des articles signés par Didier Raoult. Il a alors été interdit de publications dans toutes les revues scientifiques de l’American Society for Microbiology (ASM) pendant un an, «une sanction jamais vue dans l’histoire», commente Nathan Peiffer-Smadja. Lorsque l’affaire est révélée dans le magazine Science, six ans plus tard, l’infectiologue marseillais se dit «victime collatérale d’une sanction collective», comme le rappelle cet article de For Better Science. Il réclame un droit de réponse et déclare pour sa défense : «Je n’ai pas chapeauté ce papier et je n’ai même pas lu la dernière version.»

Points Sigaps et millions d’euros

Le professeur Roger Salamon tempère néanmoins : «On ne peut pas attaquer le professeur Raoult sur ça : c’est discutable, mais ce n’est pas illégal, et il n’est pas le seul à le faire.» Les accusations ne sont donc pas pour l’infectiologue, dont il dit apprécier la personnalité au demeurant, mais pour le «fonctionnement bancal du système de reconnaissance de la recherche» par l’Etat. Mêmes critiques de la part de Nathan Peiffer-Smadja : «Le système de publication est un gros problème en France, qui dépasse Raoult», concède-t-il, bien qu’il considère que ce dernier a littéralement «professionnalisé» une pratique qui consiste à gonfler son nombre de «points Sigaps».

Sigaps pour «Système d’interrogation de gestion, d’analyse des publications scientifiques». Depuis 2006, en France, cet outil de bibliométrie est utilisé pour calculer une partie de l’enveloppe annuelle accordée par le ministère aux centres hospitaliers universitaires (CHU) et à quelques autres centres liés à la recherche biomédicale, soit 78 établissements au total, explique le Monde. En prenant en compte le rang de signature de l’auteur et la notoriété de la revue, un certain nombre de points est attribué à chaque chercheur, pour chaque publication. Ces points Sigaps servent ensuite de base au ministère de la Recherche pour allouer des subventions publiques aux établissements : la «note» d’un établissement est la somme des notes de ses chercheurs, praticiens et professeurs.

Dans une interview à Marsactu, en 2018, Didier Raoult annonçait rapporter «11 millions d’euros par an» aux hôpitaux publics de Marseille, auquel son IHU est rattaché. Selon le magazine local, l’infectiologue pèserait pour «25% des crédits de recherche attribués à l’AP-HM».

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C’est le volume – et non la qualité – des publications qui compte, avancent tous nos interlocuteurs. «Il y a un vrai enjeu financier, on est poussé à publier beaucoup pour avoir un maximum de points, affirme Nathan Peiffer-Smadja. Pour l’argent mais aussi, dans le secteur de la médecine, parce qu’ils permettent d’être nommé professeur ou maître de conférences» par le Conseil national des universitaires (CNU). Roger Salamon confirme : «Ce fonctionnement dessert ceux qui ont un minimum de respect pour les signatures : au-delà de l’inélégance, le problème, c’est l’inégalité.»

«C’est bien pour ça qu’il n’y a ni contrôles ni changements, personne ou presque ne dénonce ce système, continue le PMaisonneuve. Les publications, donc les points, permettent d’avoir de l’argent et d’être promu, cela influence les comportements, même des plus critiques.» L’Académie des sciences avait d’ailleurs déploré les dérives de ce système dans un rapport en 2011.

Les équipes de Didier Raoult insistent de leur côté sur le fait que ni le professeur ni son IHU ne touchent directement les sommes en question : «Ces scores Sigaps permettent d’évaluer le niveau de recherche des hôpitaux, ils entraînent le versement d’une enveloppe financière aux CHU. Il n’y a aucun fléchage particulier qui se fait vers un pôle ou une équipe de recherche en particulier. Didier Raoult et l’IHU n’ont donc aucun intéressement particulier à avoir un score Sigaps élevé.»

Cordialement

Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le CFPJ pour le journal d’application de la promotion 53.

 


Mathilde Roche

 

 

 Source: Didier Raoult a-t-il vraiment signé «3 500 publications internationales» dans sa carrière ? – Libération