Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles | Atlantico.fr

Lutte contre la pandémie

Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles

L’étude menée par une équipe universitaire indique que les taux d’infection détectés étaient 2,5 fois plus élevés pour le personnel et près de 6 fois plus élevés pour les étudiants que ce qui était observé de manière routinière.

Avec Michaël Rochoy, Jérôme Marty

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écoles. Des échantillons positifs d’air et de surface ont également été trouvés. Cette étude montre-t-elle qu’il nous reste des progrès à faire dans la détection de cas à l’école ? Nos méthodes actuelles (et leur application réelle) permettent-elles une juste estimation ?

Michaël Rochoy : A part Jean-Michel Blanquer pour qui il faut « arrêter d’être obnubilé par le rôle de l’école dans les contaminations », tout le monde est d’accord pour dire qu’on se contamine à l’école et que c’est plus fréquent qu’on le pense parce que les enfants sont plus souvent asymptomatiques et parce qu’il y a ce discours ambiant des autorités selon lequel il ne se passe rien dans les écoles. Même si les chiffres sont difficilement transposables à la France, le message de cette étude c’est : quand on cherche, on trouve. Je pense néanmoins que nous sommes sur la bonne voie grâce aux tests salivaires qui sont (enfin) pratiqués et dont on devrait bientôt pouvoir exploiter les données en open data.

Jérôme Marty : On le sait depuis des mois qu’il y a une grosse diffusion virale dans les écoles. Jean-Michel Blanquer est dans la négation permanente. Il y a une volonté manifeste de minorer ce risque pour justifier l’ouverture alors que le virus circule. Les mesures sont certes en progrès mais ne sont pas appliquées partout comme il le faudrait. Des professeurs racontent avoir reçu les autotests mais aucune consigne sur la procédure. Certaines écoles n’en ont pas. Les demi-jauges ne sont pas respectées partout. Pour la sécurisation des cantines, c’est encore flou. On ne sait pas trop ce qu’ils vont faire. Les tests salivaires, on ne sait pas vraiment si c’est suffisamment pratiqué. Beaucoup d’enseignants m’ont dit que non. Cette étude vient corroborer ce qu’on nous dit depuis des mois à savoir que les écoles sont pourvoyeuses de la contamination.

Y a-t-il des méthodes utilisées par les chercheurs dont on pourrait s’inspirer pour mieux repérer le virus dans les écoles ?

Michaël Rochoy : L’étude de l’environnement est certainement une piste à creuser. On pourrait imaginer un détecteur qui repère certains germes ou certains aérosols dans la classe. C’est plus de la recherche et développement mais ça mérite une réflexion.

Jérôme Marty : En lisant cette étude, la question qu’on peut se poser c’est pourquoi on n’étudie pas systématiquement les eaux usées à la sortie des écoles. C’est ce que font les marins-pompiers de Marseille. Ça, n’importe quelle municipalité pourrait le mettre en œuvre.

Source : https://www.atlantico.fr/article/decryptage/covid-19—le-projet-pilote-venu-du-nebraska-qui-prouve-que-nous-sous-estimons–et-gerons-tres-mal–les-contaminations-dans-les-ecoles-education-nationale-jean-michel-blanquer-michael-rochoy-jerome-marty

 

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Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

© Philippe LOPEZ / AFP

J-7

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ?

Le lundi 26 avril, les élèves de maternelle et de primaire doivent faire leur retour à l’école. Cette reprise inquiète les syndicats d’instituteurs et de parents d’élèves sur la question du protocole sanitaire. Des municipalités ont commandé des capteurs de CO2 pour les installer dans les écoles et préparer la réouverture.

Atlantico : Depuis le mardi 6 avril, l’école en présentiel a été mise en pause pour une durée de trois semaines. Des pays comme la Finlande ont pu mettre en place un système d’aération particulièrement détaillé et sourcé scientifiquement pour éviter au maximum la propagation aérosol de la Covid-19. Une telle mesure serait-elle intéressante à mettre en place en France pour la réouverture des écoles ?

Collectif Du Côté de la Science : Oui ! Hélas, à moins de nouvelles de dernière minute, il est peu probable que le protocole sanitaire de l’Education nationale change pour la  rentrée, et nous le déplorons. Ce protocole n’est pas adapté aux mesures de sécurité vis-à-vis de la transmission du virus dans les écoles. Il ne protège ni les enfants, ni le personnel (enseignant et non enseignant). Le protocole de l’Education Nationale n’est pas seul responsable de la situation actuelle, mais il y a fortement contribué en ne prenant pas en compte la voie principale de contamination qui est aérienne ; il n’a donc pas permis la mise en place de mesures efficaces pour y faire face. Les recommandations du Haut Comité de la Santé publique datant de juillet et octobre 2020 mentionnent la vectorisation aérienne du virus et recommande d’aérer très régulièrement les endroits clos. Le protocole de l’EN recommande de le faire 2-3 fois par jour, alors qu’il faudrait le faire au moins 2 à 3 fois par heure en fonction du nombre de personnes dans la pièce et de son volume ! La Finlande n’a fait que transcrire en termes plus simples les recommandations du REHVA, de l’ECDC, de l’OMS et d’autres organismes européens et internationaux qui concernent l’aération et la ventilation pour éviter la contagion aérienne par le SARS-CoV-2. Cela avait d’ailleurs conduit notre collectif (Du côté de la science) à publier un document à ce sujet, reprenant également ces mêmes recommandations dans le contexte de l’Education Nationale et à informer auprès de 2 syndicats enseignants début novembre 2020.

Les recommandations finlandaises s’appuient sur la mesure de concentration en CO2 dans l’atmosphère, à l’aide de détecteurs de CO2 très faciles à se procurer. Ce sont des marqueurs de la qualité de l’air : plus le niveau de CO2 est élevé, plus le risque qu’il y ait des aérosols (en cas de présence d’une personne infectée évidemment) est élevé. Pour comprendre, le CO2 est expiré par chacun et s’accumule dans l’air d’une pièce fermée. De la même façon, l’air expiré par une personne infectée même asymptomatique peut contenir du virus en suspension, qui est lui invisible et pas encore mesurable. Une concentration importante en CO2 reflète la possibilité d’une forte concentration de virus dans l’air, et de se contaminer. Ce risque est d’autant plus fort si la personne infectée est fortement excrétrice (super-spreader) comme 10-20 % des personnes contaminées. Pour nous, l’Education nationale devrait investir dans l’achat de tel matériel, permettant de guider le rythme d’aération. Actuellement, les quelques capteurs présents dans les écoles le sont à l’initiative de quelques enseignants ou parents.

Les autorités finlandaises font aussi le point sur l’utilisation des purificateurs d’air et les normes nécessaires pour qu’ils soient utiles  et efficaces. Elles rappellent également que l’objectif principal est d’apporter de l’air extérieur à l’intérieur afin de diluer et d’évacuer les aérosols potentiellement contaminés.

 

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Atlantico : Quelles seraient les mesures à mettre en place impérativement lors de la réouverture, et quelles sont celles qui auraient dû être anticipées ?

Collectif Du Côté de la Science : Il faut évidemment revenir au principe : un enfant positif = une classe fermée et ne plus attendre 3 cas par classe avant d’agir.

Concernant les autres mesures, nous en avons présenté de nombreuses sur notre site : https://ducotedelascience.org/nos-propositions/.

Primo, elles sont spécifiques à l’investissement que nous souhaitons mettre dans la poursuite de l’éducation de nos enfants : acheter et installer des détecteurs de CO2 (recommandation du Haut Comité de Santé Publique du 14 Octobre 2020), vérifier la ventilation correcte des salles de classe, profiter des périodes sans enfant dans les établissements pour revoir les capacités de ventilation des classes et réfectoires, prendre les mesures pour assurer une ventilation minimale et identifier les lieux à risque nécessitant des purificateurs d’air.

 

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Secundo, elles sont spécifiques aux lieux d’enseignement : d’abord il faut que les professeurs (qui, théoriquement, sont ceux qui parlent le plus pendant un cours !) portent constamment un masque de qualité et soient à proximité d’une source d’aération (fenêtre ouvrable). Ensuite, il faut limiter le brassage des élèves : passage des options en distanciel (actuellement certains groupes mélangent plusieurs classes pour une option par semaine…), mouvements des professeurs plutôt que des élèves entre les cours autant que possible (sauf matériel informatique, scientifique, technologique ou sportif spécifique, etc.).

Tertio, elles sont spécifiques aux cantines et lieux de restauration. Encore plus à risque que le cours dans une classe non ventilée, le repas pris dans un réfectoire bondé avec des enfants non masqués, brassant plusieurs classes, assis les uns en face des autres n’est pas envisageable en période de circulation active du virus. De multiples solutions sont possibles : avec le retour des beaux temps, la prise de repas en extérieur ou sous préau (ventilation optimale), livraison de repas dans les classes afin d’éviter le brassage (et un meilleur traçage en cas de contamination), incitation au retour à domicile des enfants autant que possible par des aménagements des horaires pour les parents, etc. Le Ministère de l’Education Nationale doit collaborer avec celui du Travail sur ces questions. L’autre solution est de laisser les lieux de restauration en l’état : sauf qu’à chaque fois qu’un enfant sera déclaré positif, il faudrait fermer les 2 ou 3 classes ayant partagé une heure de restauration avec lui, si on veut pleinement tenir compte du risque de transmission par aérosol.

Quarto, les mesures sont spécifiques des établissements. A l’instar des autorités finlandaises, l’Education Nationale aurait dû définir des objectifs autour de l’aération, ventilation et voies de transmission à combattre, puis fournir les solutions disponibles et recommandations pour atteindre ces objectifs. On ne lutte pas contre une pandémie sans objectif. Les régions, départements et communes auraient pu alors s’adapter à leurs possibilités et besoins, et réclamer si nécessaire des aides. Certaines mairies ont ainsi pu transformer des salles municipales ou gymnases inoccupés en extension pour les cantines ou les cours, afin justement d’assurer une meilleure sécurité pour les enfants et les personnels d’éducation ; hélas, cela n’est pas la règle.

Quinto, les mesures doivent s’adapter aux conditions sanitaires. Comme prévu par l’Education Nationale en été 2020, une adaptation territoriale selon la circulation du virus serait pertinente. Il faut se préparer à tout, et notamment à des cours en distanciel pour tout ou partie (classes hybrides). La vaccination des personnels de l’éducation est aussi un point important, dès qu’elle sera possible… Enfin, il faut développer les tests itératifs et systématiques pour isoler les enfants contaminés asymptomatiques afin de réduire la diffusion du virus dans l’école mais également sur le lieu de travail des parents des enfants concernés par effet boule de neige.

 

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Atlantico : Que nous a appris le protocole sanitaire d’aération des salles de classes, de systématisation du port du masque chirurgical et l’évolution des protocoles de fermetures de classes sur la capacité du milieu scolaire à maintenir une activité d’enseignement tout en préservant les élèves comme les professeurs ?

Collectif Du Côté de la Science : “Qu’on a encore du chemin à faire et une bonne marge de progression” comme diraient certains professeurs pour l’évaluation de certains élèves. Les mesures successives nous ont montré que les dirigeants n’avaient pas pris au sérieux la voie aérienne de contamination, et n’avaient donc pas pris les bonnes mesures pour protéger efficacement les personnels et les élèves, menant à la situation que nous vivons. Par ailleurs les tests systématiques salivaires finalement lancés récemment (mais bien trop tard) ont également confirmé ce qui avait déjà été démontré dans de nombreux pays et par de nombreuses publications, à savoir que la contamination des enfants est similaire à celle de la communauté. La seule différence est qu’ils sont moins symptomatiques, donc moins testés, car leur système immunitaire est plus rapide et plus efficace. Rappelons d’ailleurs que le port du masque à l’école dès 6 ans a été obtenu de longue lutte et ne faisait pas partie des mesures initiales de l’Education Nationale. Le dogme qui considère que l’on isole la classe qu’à partir du troisième cas n’est ni scientifiquement ni médicalement rationnel : il doit être supprimé. Le protocole sanitaire ne repose malheureusement pas sur des mesures efficaces de contrôle et protection, mais sur une approche visant une efficacité à la marge et la continuité des cours dans des conditions très dégradées qui sont certainement loin d’être meilleures que des cours à distance s’ils avaient été pensés, préparés et déployés à l’avance. Pourquoi n’avoir pas eu un projet national de continuité des cours via le support numérique au cours de l’été 2020 ? Fallait-il vraiment être dans le mur pour se rendre compte que c’était une solution efficace, même temporairement, et un investissement d’avenir ?

Source: Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Des écoliers patientent avant un test salivaire pour la Covid-19 dans une école primaire à la périphérie de Bordeaux.

© Philippe LOPEZ / AFP

Briser les chaînes de contaminations

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque

Des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu dans une nouvelle étude que les écoles sont un lieu de contamination important. Quels sont les principaux enseignements de cette étude et les pistes pour limiter les contaminations à la Covid-19 dans l’environnement scolaire ?

Atlantico : Dans une étude sur le risque de la Covid-19 à la maison suite à la scolarisation des enfants, des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu que les écoles sont un vecteur de contamination important. Ils ont analysé les symptômes de 576 000 parents d’élèves américains pendant la deuxième vague et ont pu observer les différentes risques de la scolarisation dans l’état actuel des établissements. De quels risques parle-t-on ?

Michaël Rochoy : La comparaison dans cette étude s’est faite entre des parents qui ont des enfants scolarisés et ceux qui n’en ont pas. Ils ont recueilli plus de 2,1 millions de réponses sur 50 États des USA qui leur ont permis de comparer les mesures qui ont été prises dans les établissements et d’étudier la propagation de la Covid-19. D’autres critères ont été pris en considération comme l’âge des parents, le milieu de vie, le travail et le nombre de personnes présentes dans le foyer.

Il s’agit d’une étude par questionnaire donc bien sûr il y a des risques de biais (se rappeler notamment les mesures mises en place et à quelle date). Dans cette étude par questionnaire donc, le fait d’avoir un enfant scolarisé à l’école à temps plein est associé à un sur-risque de contamination à la Covid-19 de l’ordre de 40 %. Ce n’est pas étonnant : l’école est un lieu où les enfants sont en grand nombre et sont brassés entre les familles de la même manière que peuvent l’être les entreprises.

Dans cette enquête, une éclaircie est à signaler, on analyse les mesures qui ont eu un impact positif. Quelles sont-elles ?

Oui, par exemple l’instruction à l’extérieur amène une diminution de risques de tests positifs de l’ordre de 12 % ; ce n’est évidemment pas souvent possible, variable selon le climat et les activités… Une autre mesure efficace est la présence des mêmes étudiants en classe. La création de bulles où les étudiants ne sont pas brassés est importante : lorsque l’on favorise les demi-groupes avec des classes de latin, de grec, d’allemand, etc. on amène plus de contaminations.

D’autres mesures sont aussi utiles comme le fait d’éviter le prêt des objets à son effet ou de ne pas faire venir son enfant fébrile au sein de l’école. L’arrêt des activités périscolaires (potentiellement sans masques dans des lieux clos à risque, comme le sport ou la musique) est aussi une mesure efficace.

A l’inverse certaines mesures sont sans effet, comme la fermeture des cafétérias. Ce n’est pas étonnant : fermer c’est déplacer le problème, en particulier sur les campus américains… Il ne faut pas les fermer, mais réorganiser pour éviter le brassage dans un même lieu clos (augmenter le nombre de services, manger en classe en plusieurs temps plutôt que mélanger les classes, aérer, etc.) : on rejoint la mesure des bulles décrites plus haut et ne pas mélanger soudainement toutes les classes le midi sans masque, ce qui est un non-sens.

Est-ce la première étude à confirmer ces données sur la contamination dans les écoles ?

Ces résultats confirment ceux d’autres, comme celle de Pasteur sortie il y a quelques mois. Dans cette dernière, on pouvait voir qu’une famille avec un enfant scolarisé était à risque. Il faut aussi comprendre que la reprise de septembre a été particulière avec une reprise normale avec circulation du virus, ce qui n’avait jamais été le cas depuis mars – il y a alors peu d’études faites sur l’école en France, ou alors des études faites pendant le confinement ou les vacances scolaires… Étudier l’effet de la fermeture des écoles le 15 mars, entre le premier tour des municipales et le confinement du 17 mars, ça n’était pas possible en France. À cette rentrée de septembre, il a fallu batailler fort pour avoir les masques à l’école. Le fait de porter un masque est pourtant l’un des facteurs les plus protecteurs pour les élèves.

On sait que les enfants se contaminent entre eux et contaminent les adultes, qui les contaminent aussi… Fatalement les écoles sont plus à risque que la maison, où on accueille rarement 30 enfants dans une salle fermée pendant 6h en leur disant d’aller tous manger ensemble en retirant le masque le midi. Il faut en avoir conscience, ne pas balayer le problème et sécuriser les salles de classe par la ventilation et l’aération, tous les lieux où circulent les élèves et surtout les lieux où les enfants retirent leurs masques : les restaurants scolaires.

Évidemment, nous parlons d’écoles mais sécuriser les cantines d’entreprise et demander à chacune de ne plus faire manger leurs employés ou ouvriers ensemble est une mesure capitale. C’est beaucoup plus simple, honnête et efficace que mettre en place des confinements de week-end ou des confinements vespéraux (ou couvre-feu) qui n’ont que pour but d’interdire de tels rassemblements intra-familiaux qu’on continue d’organiser en extra-familial chaque midi de façon complètement illogique !

Source: Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Dépistage salivaire massif (enfin) homologué : comment éviter un nouvel échec pour une priorité gouvernementale contre le Covid-19 ? | Atlantico.fr

Atlantico.fr : La Haute autorité de santé (HAS) a enfin autorisé le recours à un dépistage massif par prélèvement salivaire sur des groupes fermés, notamment dans les écoles ou les EHPAD. Que va permettre cette nouvelle technique et quelle bonne politique de tests doit-on tenir ?

Michaël Rochoy : Tout d’abord, la bonne nouvelle est qu’on va enfin tester les enfants qui étaient jusqu’ici une population très peu testée. Ensuite, l’utilisation la plus performante de ces tests va dépendre des moyens financiers et humains. A personnel et tests illimités, on testerait tous les jours. Ce n’est pas la situation actuelle. Tester tout le monde et toutes les semaines c’est très compliqué. On n’a pas suffisamment de tests, surtout si c’est pour tester des gens qui vont être négatifs.

En priorité, il faudra cibler les écoles où des cas sont détectés. Les tests salivaires permettront de s’y prendre plus rapidement et de tester massivement une classe ou toute une école dès le premier cas détecté. Ça aura aussi pour conséquence positive un meilleur traçage et un meilleur isolement.

A Outreau (Pas-de-Calais) par exemple, il y a eu un cas dans une école maternelle. Si on avait eu cette possibilité de faire un test salivaire massif, on aurait testé toute l’école pour repérer rapidement dans quelle classe se trouvent le ou les cas positifs, fermer ces classes et renvoyer les enfants à la maison afin d’éviter la transmission entre enfants et entre les enfants et leur famille. Ces tests massifs seraient particulièrement bienvenus dans les écoles maternelles où les enfants ne portent pas de masques.

Si une fois qu’on a fait tout ça, il reste des moyens financiers et humains, on peut imaginer de faire des tests à des moments clés de l’épidémie ou dans des territoires où la circulation du virus est importante. On peut aussi penser à des tests menés « à l’aveugle » dans des conditions d’études épidémiologiques, mais cela nécessiterait un accord de comité de protection des personnes.

Enfin, il faut rester vigilant à ce que ces tests détectent les variants parce qu’on a vu que certains tests antigéniques ne les détectaient pas.

Les représentants de la médecine scolaire ont fait part de leurs doutes quant à la mise en place pratique de ces tests, soulignant notamment leur manque d’effectifs. Va-t-on se heurter à une nouvelle incapacité à mettre en place les ambitions gouvernementales ? Comment pallier ce manque de moyens humains ?

Michaël Rochoy : Il ne faut pas que tout repose sur la médecine scolaire. Il faut une mobilisation au niveau du territoire. Ça peut venir d’acteurs locaux comme des médecins généralistes, des infirmiers libéraux, des pharmaciens… Ils participeraient à ces tests de façon ponctuelle, car ça n’arrive pas non plus tous les jours dans une ville qu’une école ferme à cause du Covid. En revanche, si on veut faire des tests réguliers, on ne pourra pas mobiliser tout le monde et tout le temps. On ne peut pas faire les soins habituels, les vaccins et les tests. Le temps n’est pas extensible.

Claudine Nemausat, médecin scolaire du syndicat Snmsu-Unsa : Pour le moment, la HAS n’a pas encore émis ses préconisations pour le mode opératoire. On a appris l’annonce comme tout le monde, dans les médias. Nous n’avons fait l’objet d’aucune consultation. Il sera très compliqué pour nous de réaliser efficacement ces tests. Nous sommes déjà très peu nombreux et très occupés avec le contact tracing. En effet, il faut savoir que contrairement à ce qui est écrit dans les protocoles, l’ARS ne le fait pas et s’est complètement déchargée sur les personnels de l’Education nationale pour faire le contact tracing.

Pour faire des tests salivaires à grande échelle, il faudra beaucoup plus de monde. Je ne sais pas avec qui ils pensent le faire. Il faudrait pour cela nous réquisitionner pour ne faire que cela et pas autre chose, et encore, ce ne sera pas suffisant. Actuellement je ne vois pas comment on pourrait faire vu le faible effectif que nous sommes. C’est une nouvelle décision que nous ne faisons que subir.

Jérôme Marty : C’est impossible de mobiliser régulièrement les médecins et les pharmaciens. Ces derniers font déjà des tests antigéniques. Quant à la médecine scolaire, elle est en crise grave… Il faut regarder si on ne peut pas mettre en place dans les écoles un assistant qui serait formé pour réaliser des tests. Mais pourquoi toute cette organisation n’a pas été étudiée auparavant ? On ne se rend compte de ces besoins logistiques que maintenant ? Je suis toujours étonné par ces problématiques qu’on semble découvrir au dernier moment. Ça fait quand même un moment qu’on parle de dépister les élèves et l’Education nationale découvre qu’elle n’a pas les effectifs pour le faire. On n’a pas les moyens de nos ambitions, c’est un peu le fil rouge de la crise sanitaire.

Les tests salivaires autorisés par la HAS seront-ils suffisants pour détecter le plus efficacement possible les cas positifs ?

Jérôme Marty : La HAS a validé uniquement les tests salivaires en RT-PCR et pas les RT-Lamp du système français EasyCov qui a notre préférence de par sa rapidité de résultat et sa flexibilité. Le système RT-LAMP permettrait notamment à chaque entreprise de pouvoir faire ses tests. L’entreprise achète le robot de diagnostic (1500 euros), le salarié fait son test lui-même et reçoit le diagnostic immédiatement sans besoin de l’intervention d’un laboratoire.

Dans le cas présent des tests salivaires en RT-PCR, on aura des délais beaucoup trop long et pas de réel dépistage de masse au sens auquel je l’entends. On ne pourra pas faire non plus de pooling (tester plusieurs personnes en un seul test) dont l’efficacité est avérée. Si on pouvait faire du pooling, ça demanderait moins de moyens et ce serait plus facile à faire.

Faire du test RT-PCR en prélèvement buccal, ça demande beaucoup de logistique, des prélèvements à envoyer au laboratoire, des papiers à remplir pour chaque personne testée, etc. Si on n’a pas l’habitude, ça prend quand même un certain temps, même si c’est plus rapide qu’un prélèvement nasopharyngé.

Lors de son point presse, Olivier Véran a annoncé que le contact tracing allait être renforcé, notamment en mettant l’accent sur le rétrotracing. Peut-on y croire ?

Jérôme Marty : C’est ce qu’on demande depuis des mois. Le virus est diffusé via des super contaminateurs, c’est eux que l’on cherche avec le rétrotracing. Comment se fait-il que l’on n’en parle que le 11 février 2021 alors que certains pays le font depuis des mois ? Ce sont des choses qui sont connues et qui relèvent d’études scientifiques et qui ont été pratiquées avec succès dans d’autres pays. Nous, on a refusé de le faire. Aujourd’hui, Véran nous annonce le plus naturellement du monde qu’on va enfin s’y mettre.

Je ne désespère pas qu’on va un jour cibler les lieux clos à risque pour tester de façon répétée. Cette maladie se propage en lieu clos, il faut cibler les zones où le virus a propension à se déplacer en testant les gens tous les jours. Pour cela, il faut autoriser le RT-LAMP.

A chaque fois, notre retard se compte en nombre de morts. On a tendance à l’oublier. On a quand même un président qui prétend avoir gagné son pari contre les scientifiques alors qu’on en est à plus de 300 morts par jour. Un Airbus se crashe tous les jours et on fait comme si tout allait bien. Il faut revenir à la réalité. Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des morts et des centaines de familles endeuillées tous les jours.

Source: Dépistage salivaire massif (enfin) homologué : comment éviter un nouvel échec pour une priorité gouvernementale contre le Covid-19 ? | Atlantico.fr