Mais quel risque représente le Covid-19 pour les enfants quand on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? | Atlantico.fr

Atlantico : Quel risque représente la Covid-19 pour les enfants quant on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? On sait qu’aujourd’hui les enfants courent un risque relativement faible après une infection à la Covid-19. Et en comparaison, est-ce qu’il existe des maladies circulant en France bien plus dangereuses pour les enfants comme la grippe ou la pneumonie ?

Dr Michaël Rochoy : La Covid-19 n’a, pour l’instant et fort heureusement, pas encore circulé massivement chez les enfants. Il y a eu une protection dans les premiers temps de l’épidémie avec le confinement généralisé. Ensuite, il y a eu la reprise de l’école parce que l’on était à un niveau faible en mai 2020. Après il y a eu les vacances scolaires, les grandes vacances puis après nous avons laissé circuler le virus en septembre lors de la rentrée 2020. Cela a tellement augmenté et la situation était tellement complexe que le masque a été imposé à partir de novembre 2020 puis il n’a jamais été retiré jusqu’au dernières mesures d’allègements dans certains départements le 4 octobre. On n’a donc pas laissé circuler le virus du Covid chez les enfants.

Comparé à d’autres épidémies, comme la grippe, que l’on laisse circuler habituellement, c’est difficile. La Covid-19 a entraîné, chez les enfants de 0 à 9 ans, dix décès. Chez les 10-19 ans, quinze jeunes sont morts de la Covid-19 depuis le début de la pandémie en France.

 

À Lire Aussi

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ?

 

La grippe saisonnière impacte-t-elle aussi les enfants ?       

La grippe peut aussi entraîner des complications chez les enfants. Certains peuvent être hospitalisés en raison d’une grippe, d’une pneumonie, en raison de gastro-entérites. D’autres maladies évidemment peuvent impacter les enfants. La Covid-19 n’est pas du tout la seule maladie qui touche les enfants. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille laisser circuler la Covid-19. Par ailleurs, les mesures barrières qui sont prises pour la Covid-19 chez les enfants et les adultes sont aussi des mesures barrières contre toute virose respiratoire et efficaces contre la grippe.

Les infections respiratoires touchent-elles le plus les enfants ?

Les infections respiratoires touchent fréquemment les enfants. Les gastro-entérites aussi sont très fréquentes. Les enfants sont par nature moins immunisés que la plupart des adultes. Ils ont moins d’anticorps et sont plus sujets à faire des infections virales contre lesquelles ils n’ont pas encore d’anticorps.  Ils vivent aussi en communauté avec d’autres enfants qui sont aussi facilement malades. Ce n’est pas une surprise que les enfants soient régulièrement malades. En consultation de médecine générale, nous avons fréquemment des enfants malades plus que de jeunes adultes

L’explication est-elle liée au fait qu’ils ne développent pas d’anticorps ?

Ils sont plus susceptibles d’être confrontés pour la première fois de leur vie à des infections virales, alors que lorsque l’on est adulte, on a  déjà été confronté à certaines infections virales quand on a été enfant.

 

À Lire Aussi

Covid-19 : très contaminés mais peu malades, le mystère des enfants

 

Un très mauvais exemple serait la rougeole. On ne contracte plus la maladie car nous sommes vaccinés. Les adultes avant 1976 ont quasiment tous fait la rougeole quand ils étaient enfants.

Sur les chiffres de la mortalité infantile en France, quelles sont les maladies les plus mortelles ? 

Les mesures de prévention chez les enfants permettent de prévenir les infections individuelles mais cela a aussi un intérêt collectif. Se protéger du Covid chez les enfants permet de limiter la circulation du virus en population générale, donc y compris chez les adultes, y compris chez les adultes immunodéprimés ou les personnes n’ayant pas encore eu leur troisième dose du vaccin.

En France, 84 décès par an sont attribués à la grippe chez les enfants de moins de 14 ans. Mais la surveillance est beaucoup plus importante sur le Covid. Beaucoup plus de personnes sont testées et suivies.

Mis à part les épidémies qui se transmettent par voie aérienne, doit-on se méfier d’autres maladies et qui seraient aussi à risque chez les enfants ? La pneumonie se transmet-elle par exemple de la même manière que le Covid-19 ?

La pneumonie peut aussi se transmettre de façon respiratoire.  Mais ces infections sont respiratoires et généralement bactériennes. Cela peut aussi venir de surinfections bactériennes.

En dehors de la période néonatale, la mortalité des 1-14 ans, il y a à peu près 1.000 décès par an, selon les chiffres de l’Insee. Pour les maladies infectieuses, cela représente 40 décès de 1 à 14 ans.

Avec la Covid-19, sur les deux derniers mois, on a 9 décès de 10 à 19 ans en deux mois. Laisser circuler le virus chez les enfants ne serait donc pas une bonne idée. Avec les restrictions sanitaires depuis le début de la pandémie, les vacances, le port du masque, le « laisser circuler » chez les enfants n’a jamais vraiment eu lieu en France de manière trop importante.

 

À Lire Aussi

Covid-19 : la rentrée scolaire a eu lieu et voilà pourquoi il est trop tôt pour un ouf de soulagement

 

Depuis deux mois, avec un relâchement des gestes barrières grâce à la vaccination en partie, on laisse un peu plus circuler le virus avec notamment l’allègement du port du masque dans certaines conditions. En deux mois, nous sommes déjà à neuf décès. Si l’on extrapole sur un an, nous pourrions atteindre 36 décès Covid chez les 0-19 ans.

A titre de comparaison, en 2016, il y avait une quarantaine de décès de causes infectieuses.

La Société de pédiatrie a confirmé ce constat dans Marianne en indiquant que le virus tuera très peu d’enfants à l’école. Si on le laisse circuler ce ne serait pas dramatique. C’est donc « accepter » 40 décès. On a « accepté » 400 décès d’adultes par jour. Qu’est-ce que nous sommes prêts à accepter en termes de décès pédiatriques ? Accepterait-on de passer de 40 à 80 décès ? Pour moi non. Il faut limiter au maximum le nombre de décès pédiatriques. Cela peut passer par des mesures de prévention qui sont globalement bien acceptées et qui ne présentent pas de risques, cela en vaut peut-être la peine.

Avec cette période de pandémie, nous avons la perspective de pouvoir vacciner les enfants, sous réserve d’avoir des études rassurantes. A titre de contre-exemple, la Suède a décidé d’interrompre l’utilisation du vaccin Moderna pour les 20-30 ans suite à des risques de myocardite. Nous ne sommes donc pas sûrs de pouvoir vacciner les enfants. Des études sont en cours. Il faut que les études puissent être menées sur le long cours avant d’adopter une stratégie visant à laisser circuler le virus.

Comparer la Covid-19 avec les autres maladies n’est finalement pas une bonne chose puisque nous n’avons pas les mêmes mesures. Mais est-ce que les protocoles du Covid sont aussi déployés dans d’autres types de maladies ? Lors d’une épidémie de grippe dans une école, est-ce que des mesures barrières sont déployées ?

Malheureusement non. Espérons que la pandémie permette de changer cela. Le port du masque pourrait être un bon réflexe lorsque l’on est malade. Les stratégies déployées avec la Covid-19 ne sont pas non plus idéales. Le gouvernement a indiqué notamment que lorsqu’un enfant est malade dans une école, dans certains départements, on va tester tout le monde  le lendemain. C’est stupide car il s’agit d’un virus qui a un délai d’incubation de quatre jours.  En testant tout le monde le lendemain, tout le monde va être négatif, sauf des gens qui auraient été positifs sans le savoir avant. On laisse également les élèves en classe sans rien faire. Cela montre une très mauvaise compréhension.

Si l’on considère que ce qui importe c’est de laisser au maximum les classes ouvertes pour des raisons sociétales qui sont larges, pour l’éducation des enfants mais aussi les parents peuvent se rendre au travail sans souci concernant la garde des enfants, s’il faut à tout prix que les enfants restent à l’école, alors on peut se dire dans une classe où il y a eu un cas, on va partir du principe que des enfants ont pu être contaminés et vont donc à leur tour être contaminateurs. Pour éviter cela, comme on est dans une situation à surrisque, on remasque tout le monde pour une période de quinze jours. On masque les potentiels contaminateurs et ainsi ils ne pourront pas contaminer. Cela voudrait dire que certains messages ont été retenus de cette pandémie comme porter un masque pour protéger les autres. Mais cela n’est pas mis en place. Cela montre bien qu’il n’y a aucune compréhension de la pandémie et qu’il n’y aura pas de mesures qui vont être prises même pour les prochaines épidémies de grippe. Je pense qu’il n’y aura pas de port du masque. Les messages nationaux ne semblent pas partis pour aller dans ce sens.

Source: Mais quel risque représente le Covid-19 pour les enfants quand on le compare à tous ceux auxquels ils sont confrontés ? | Atlantico.fr

Quel protocole sanitaire s’appliquera à l’école dans votre département à partir du – Saint-Brieuc.maville.com

Mercredi 22 septembre 2021 18:32

Quel protocole sanitaire s’appliquera à l’école dans votre département à partir du 4 octobre ?



TAG-CHP rubrique00TAG-CHP separator00TAG-CHP titre00

photo la cour de récréation d’une école de rennes, le 13 septembre 2021 © vincent michel / ouest-france

La cour de récréation d’une école de Rennes, le 13 septembre 2021 © Vincent MICHEL / Ouest-France

Gabriel Attal a annoncé ce mercredi 22 septembre que le protocole sanitaire sera allégé à l’école dans les départements où l’épidémie circule le moins. Si le masque ne sera plus nécessaire pour les élèves du primaire, il ne s’agit pas de la seule mesure qui sera levée dans les écoles concernées.

Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur «Consulter», vous acceptez le dépôt de cookies par des services de contenus vidéo et audio

Gabriel Attal a annoncé ce mercredi 22 septembre que de premiers allègements des restrictions sanitaires auront lieu dans les écoles de certains départements alors que l’épidémie de coronavirus s’améliore sur le territoire.

Les départements les moins touchés par l’épidémie verront ainsi une modification du protocole sanitaire à l’école, comprenant notamment la fin du masque pour les élèves, mais pas uniquement. On fait le point sur ce qui attend les écoles françaises à partir du 4 octobre.

Lire aussi : Passe sanitaire maintenu, masque à l’école… Ce qu’il faut retenir des annonces du gouvernement

Pour les départements les moins touchés par l’épidémie

À partir du lundi 4 octobre, les écoles françaises seront séparées en deux en fonction de la situation sanitaire de chaque département. Dans les endroits où le virus circule le moins, les écoles repasseront au niveau 1 du protocole sanitaire (le niveau vert), qui n’avait encore jamais été appliqué depuis la rentrée de septembre 2021.

Concrètement, cela signifie que le masque ne sera plus obligatoire pour les élèves à l’école primaire. Les professionnels devront néanmoins le maintenir dans les espaces clos et à l’extérieur si les règles du territoire où ils se trouvent l’imposent.

Autre changement : « contrairement au niveau 2, les élèves ne seront plus obligés de manger par groupe de classe et de manger à la même table chaque jour », confirme le ministère de l’Éducation, joint par Ouest-France. Les élèves de classes différentes pourront également se retrouver à la récréation. Seuls les regroupements importants seront à éviter.

Il n’y aura aucune restriction pour les activités réalisées en cours d’éducation physique et sportive (EPS) : les activités de contact pourront donc être réalisées sans masque, même à l’intérieur.

Certaines règles perdurent : celles concernant les gestes barrières sur le lavage des mains, l’aération ainsi que les désinfections quotidiennes des surfaces touchées par les élèves.

En revanche, les classes resteront fermées dès le premier cas détecté. « Il n’y a pas de nouvelle décision qui a été prise sur cette règle », a confirmé Gabriel Attal, à la sortie du conseil des ministres.

Pour les départements les plus touchés par l’épidémie

Pour les autres départements, le protocole sanitaire ne varie pas. Il reste au niveau 2 (le niveau jaune). Les élèves des écoles situées dans des départements où la situation sanitaire reste toujours au-dessus du seuil d’alerte fixé par le gouvernement devront continuer à respecter plusieurs mesures barrières.

Le port du masque restera de vigueur pour tous les élèves de primaire. De même, le brassage par niveau continuera d’être limité. Les récréations devront donc être organisées par groupes. Concernant le sport, les activités physiques doivent se dérouler à l’extérieur dans la mesure du possible et les activités de contact sont interdites.

La règle « 1 cas = 1 fermeture de classe » est également valable, comme pour le niveau 1.

Quels départements seront concernés ?

La carte des départements concernés n’est pas encore arrêtée puisqu’elle dépendra de la situation sanitaire. On sait simplement, conformément à ce qu’à dit Gabriel Attal, que l’allègement s’effectuera dans les départements où la situation est « stabilisée », c’est-à-dire avec un taux d’incidence en dessous de 50 « depuis au moins cinq jours ». Ce taux d’incidence sera calculé pour toute la population et non seulement pour les enfants, a confirmé à Ouest France le ministère de l’éducation nationale. Impossible donc, aujourd’hui, d’établir une carte ou une liste arrêtée et définitive des départements qui verront leur protocole sanitaire à l’école allégé.

On peut néanmoins avoir une première idée des départements concernés, comme on peut le voir sur cette carte du taux d’incidence.

Des scientifiques se montrent inquiets

Cet allègement ne fait pas l’unanimité. Aussitôt après l’annonce, Michaël Rochoy, médecin généraliste et membre du collectif de scientifiques Du côté de la science a dénoncé une « une mauvaise décision ». Contacté, celui qui avait co-signé une tribune dans Le Monde mi-août pour alerter sur la nécessité d’un protocole sanitaire strict à l’école émet plusieurs réserves.

« L’école est un lieu clos et les élèves ne sont pas vaccinés. C’est une décision problématique car elle ne concerne que des non vaccinés », commence-t-il, la vaccination n’étant possible que pour les plus de 12 ans. « De plus, l’automne n’est pas le bon moment, c’est une période où plus de virus circulent. Si on retire le masque dans les écoles, on va avoir une circulation accrue du virus. Cela va aussi nécessiter de tester beaucoup plus », pointe-t-il, estimant que cela risque de faire augmenter le taux d’incidence chez les plus jeunes. Des propos faisant écho à ceux de l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, professeur de l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique, qui explique craindre l’arrivée d’une nouvelle vague à l’automne.

Cette décision pourrait également faire augmenter le nombre de fermetures d’écoles, alors que Jean-Michel Blanquer expliquait le 17 septembre que près de 3 300 classes (3 299) étaient fermées pour cause de cas de Covid.

Michaël Rochoy dénonce également le fait que cette décision soit basée sur le taux d’incidence départemental pour toute la population. « Ça pose un problème sur le plan géographique : le département est un territoire assez large et l’aire urbaine aurait plus de sens. En plus, on prend le taux d’incidence de toute la population alors que la décision ne concerne que les 6-11 ans, ça aurait beaucoup plus de sens d’utiliser le taux d’incidence des enfants uniquement », explique-t-il, jugeant la décision « absurde ». D’après les dernières données de Santé publique France datant du 18 septembre, 17 départements ont un taux d’incidence situé au-dessous de 50 pour les 0 à 9 ans.

En prenant en compte cet indicateur, le nombre de départements concernés serait donc bien inférieur à celui obtenu avec le taux d’incidence de toute la population générale (autour de 40).


Paul GRATIAN.
Ouest-France

TAG-BLC tags

 

 Source: Quel protocole sanitaire s’appliquera à l’école dans votre département à partir du – Saint-Brieuc.maville.com

Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles | Atlantico.fr

Lutte contre la pandémie

Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles

L’étude menée par une équipe universitaire indique que les taux d’infection détectés étaient 2,5 fois plus élevés pour le personnel et près de 6 fois plus élevés pour les étudiants que ce qui était observé de manière routinière.

Avec Michaël Rochoy, Jérôme Marty

/

 

écoles. Des échantillons positifs d’air et de surface ont également été trouvés. Cette étude montre-t-elle qu’il nous reste des progrès à faire dans la détection de cas à l’école ? Nos méthodes actuelles (et leur application réelle) permettent-elles une juste estimation ?

Michaël Rochoy : A part Jean-Michel Blanquer pour qui il faut « arrêter d’être obnubilé par le rôle de l’école dans les contaminations », tout le monde est d’accord pour dire qu’on se contamine à l’école et que c’est plus fréquent qu’on le pense parce que les enfants sont plus souvent asymptomatiques et parce qu’il y a ce discours ambiant des autorités selon lequel il ne se passe rien dans les écoles. Même si les chiffres sont difficilement transposables à la France, le message de cette étude c’est : quand on cherche, on trouve. Je pense néanmoins que nous sommes sur la bonne voie grâce aux tests salivaires qui sont (enfin) pratiqués et dont on devrait bientôt pouvoir exploiter les données en open data.

Jérôme Marty : On le sait depuis des mois qu’il y a une grosse diffusion virale dans les écoles. Jean-Michel Blanquer est dans la négation permanente. Il y a une volonté manifeste de minorer ce risque pour justifier l’ouverture alors que le virus circule. Les mesures sont certes en progrès mais ne sont pas appliquées partout comme il le faudrait. Des professeurs racontent avoir reçu les autotests mais aucune consigne sur la procédure. Certaines écoles n’en ont pas. Les demi-jauges ne sont pas respectées partout. Pour la sécurisation des cantines, c’est encore flou. On ne sait pas trop ce qu’ils vont faire. Les tests salivaires, on ne sait pas vraiment si c’est suffisamment pratiqué. Beaucoup d’enseignants m’ont dit que non. Cette étude vient corroborer ce qu’on nous dit depuis des mois à savoir que les écoles sont pourvoyeuses de la contamination.

Y a-t-il des méthodes utilisées par les chercheurs dont on pourrait s’inspirer pour mieux repérer le virus dans les écoles ?

Michaël Rochoy : L’étude de l’environnement est certainement une piste à creuser. On pourrait imaginer un détecteur qui repère certains germes ou certains aérosols dans la classe. C’est plus de la recherche et développement mais ça mérite une réflexion.

Jérôme Marty : En lisant cette étude, la question qu’on peut se poser c’est pourquoi on n’étudie pas systématiquement les eaux usées à la sortie des écoles. C’est ce que font les marins-pompiers de Marseille. Ça, n’importe quelle municipalité pourrait le mettre en œuvre.

Source : https://www.atlantico.fr/article/decryptage/covid-19—le-projet-pilote-venu-du-nebraska-qui-prouve-que-nous-sous-estimons–et-gerons-tres-mal–les-contaminations-dans-les-ecoles-education-nationale-jean-michel-blanquer-michael-rochoy-jerome-marty

 

Source: Covid-19 : le projet pilote venu du Nebraska qui prouve que nous sous-estimons (et gérons très mal) les contaminations dans les écoles | Atlantico.fr

Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?) | Atlantico.fr

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois malgré les incertitudes sur les contaminations à la Covid-19..

© Philippe LOPEZ / AFP

Lieux de contaminations

Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?)

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois. L’épidémiologiste en chef de la Suède, le docteur Anders Tegnell, a évoqué l’idée que les enfants soient des contaminateurs permettant d’atteindre l’immunité collective. Quelles sont les précautions et mesures à prendre au sein des établissements scolaires pour freiner les contaminations ?

Atlantico : Certains pays ont défendu le maintien de l’ouverture des écoles comme la France, la Suède, etc. Qu’est-ce qui peut expliquer cette sorte d’exception française ?

Michaël Rochoy : Ne pas fermer les écoles, c’est en France un cache-misère concernant le télé-enseignement. On n’a pas mis en place le télé-enseignement de manière aussi automatique et ça n’a pas été une grande réussite, les professeurs ont dû se débrouiller avec leur propre matériel… Jean-Michel Blanquer s’est érigé en hérault de ceux qui ne veulent pas fermer les écoles, mais en France personne ne veut fermer les écoles : les pédiatres ne voulaient même pas de masques, qu’on ne fasse rien, avant de reconnaître leur utilité très tardivement, et nous -médecins-, nous n’avons jamais voulu la fermeture des écoles. Tout ce que nous avons recommandé, c’était l’allongement des vacances scolaires d’une troisième semaine à la Toussaint avec un confinement de l’ensemble du pays, qui aurait permis de casser la dynamique qui fait qu’on soit à 300 morts par jours actuellement. L’autre recommandation était d’agréger les vacances scolaires de février sur quatre semaines. Il y avait des choses à faire qui n’ont pas été faites, et des moyens de casser la courbe qui n’ont pas été employés. On veut que les élèves progressent, qu’il n’y ait pas de baisse du niveau scolaire, autant que possible. Maintenant il ne faut pas d’obstination déraisonnable ; les enfants vont survivre à deux semaines d’écoles en moins, mais certaines personnes ne vont pas survivre à l’absence d’aménagement. Il faut que les écoles restent ouvertes, mais pas à n’importe quel prix.

En Suède, des courriels de l’épidémiologiste en chef, le docteur Tegnell, au printemps 2020 évoquaient l’idée que les enfants soient des bons contaminateurs pour atteindre l’immunité collective. Se peut-il que la France ait cette même logique ?

C’est une possibilité, mais même si c’est le cas elle complètement inavouable. Si elle a été envisagée on ne le saura jamais, mais on saurait mettre cette hypothèse complètement de côté. Toutefois, pour atteindre l’immunité collective il faudrait que tous les enfants se contaminent en même temps, sans faire de forme grave. Certes, ils en font peu mais il peut y avoir des Covid longs chez les enfants, et on ne peut adopter une stratégie basée sur la contamination des enfants, d’autant que les enfants ont besoin de la présence des adultes, surtout les 0-10 ans. Donc la contamination d’un enfant entraîne celle d’un adulte.

 

À Lire Aussi

Les Covid longs se développent aussi chez les enfants

 

Le même épidémiologiste suédois affirmait publiquement que les écoles n’étaient pas un lieu de forte contamination. Le gouvernement français a tardé lui aussi à reconnaître les contaminations à l’école, parfois au mépris des données scientifiques. Qu’est-ce qui explique cela ?

Il n’a pas tardé seulement sur ce sujet. Ça a été le cas pour reconnaître l’intérêt des masques également. Il y a toujours eu une négation de la transmission du virus par voie aérienne dans les lieux clos, dans les écoles. L’académie de médecine a toujours soutenu la nécessité du port du masque dans les lieux clos, mais on a longtemps affirmé que cela ne concernait pas les écoles. Les sources (OMS, académie de médecine), étant, en ces périodes d’incertitudes, parfois contradictoires, les pistes suivies étaient celles que l’on voulait entendre à l’époque. Il y a une responsabilité de n’avoir pas suivi les choses qui étaient conseillées, à savoir sécuriser les écoles, mettre en place la distanciation sociale, créer des systèmes de bulles afin de faire en sorte que les enfants ne se mélangent pas entre classes à la cantine. Le fait de nier qu’il y ait des contaminations à l’école aide à se dédouaner de cette responsabilité. Un deuxième point est que l’école est une garderie et on ne veut pas l’énoncer comme tel. On sait que si les enfants ne vont pas à l’école, les parents ne peuvent pas travailler. Un ministre disait d’ailleurs dans un message que « si on avait écouté les Cassandre, on serait en train de travailler avec des enfants sur nos genoux. ».

Si l’on ne ferme pas les écoles, quelles sont les précautions et mesures à prendre ?

Il y a plein de choses faisables. D’abord, il faut une aération. On peut avoir des marqueurs, des captures à CO2 qui dès qu’elles indiquent 800-1000ppm exigent plus d’aération. On considère qu’à partir de cette limite le risque augmente beaucoup car il y a beaucoup plus de particules dans l’air. Ensuite, il y a des systèmes de ventilations (VMCs, des fenêtres qui s’ouvrent, la purification d’air avec des filtres HEPA), à la cantine notamment puisque les enfants y retirent leur masque. Ils n’ont pas le choix donc il faut se demander ce qu’on peut améliorer.

 

À Lire Aussi

Covid : de nouvelles données soulignent les risques de contamination à l’école. Faut-il les rouvrir à la rentrée ?

 

Le ministre de l’Education Nationale a affirmé envisager l’hypothèse de fermer les cantines et pas les écoles si la situation sanitaire le rendait nécessaire. Que penser de cette idée ?

C’est une question qu’on évoque depuis un moment, ça fait longtemps que l’on dit que les cantines sont une absurdité, puisque c’est un des rares restaurants qui reste ouvert en France, avec les cantines d’entreprise. Est-ce une mesure efficace ? Oui fatalement, même si le protocole a été adapté, il y a toujours trois-quatre classes qui mangent ensemble dans le réfectoire, dans un grand lieu clos, pas forcément bien ventilé au moment où les enfants mangent, donc il y a quand même un potentiel de contagion élevé. C’est de surcroît le moment lors duquel les enfants sont sans masque, lors duquel tout enfant atteint peut transmettre la Covid à sa table de repas d’abord, puis à sa classe, et éventuellement à d’autres classes. Il faut sûrement prendre des mesures, toutefois il ne faut pas fermer. Confiner, fermer, ce sont des échecs. Il faut surtout se donner les moyens, et faire de la prévention ; pas attendre des taux d’incidence qui dépassent les 400 pour envisager la fermeture des cantines, alors qu’il y avait déjà auparavant la possibilité de développer les systèmes de ventilation, de purification de l’air. Evidemment cela demande des moyens financiers mais c’est un investissement nécessaire qui aurait pu être fait en amont. Il faut le concevoir dans une politique nationale, c’est à dire voir ce qu’on fait pour les enfants. Il existe évidemment la question des enfants précaires, qui sans cantine ne peuvent pas manger chez eux par exemple, mais également celle de certaines professions dites essentielles, qui ne peuvent pas par exemple le midi se déplacer pour récupérer les enfants. La question peut également être celle de l’introduction d’un chômage partiel, et doit donc rentrer dans une démarche plus globale que la simple fermeture des cantines. Il faut que ce soit quelque chose concerté avec différents ministères mais notamment le ministère du Travail.

Source: Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?) | Atlantico.fr

Le gouvernement démasqué – Libération

Michaël Rochoy, 33 ans, est médecin généraliste à Outreau. Enseignant-chercheur, adepte de Terry Pratchett et des Monty Python, il a particulièrement apprécié le «nonsense» absurde de la gestion pandémique des masques :

«Hier au téléphone le gouvernement m’a fait une proposition. Je n’ai pas saisi le nom de mon interlocuteur, mais il était question de lutter contre le froid et d’isoler mon habitation pour un euro seulement. Voilà qui tombait à pic, j’avais brisé mes fenêtres en m’initiant au golf lors du précédent confinement, et mon poseur de fenêtres n’arrivait plus à se fournir en double vitrage.

– Il n’y a pas de pénurie de fenêtres à redouter, ce n’est pas un sujet, me corrigea le messager du gouvernement. Mais avez-vous pensé à isoler vos combles ? C’est par le toit que s’échappe la chaleur.

-C’est-à-dire qu’il me semble plus urgent de bloquer les fenêtres, quitte à utiliser du simple vitra…

– Il y a un consensus très clair aujourd’hui pour dire qu’il ne faut surtout pas avoir de fenêtres, ça n’a pas d’intérêt, c’est même presque faussement protecteur, parce qu’ayant des fenêtres, on oublie d’isoler ses combles. Vous voulez que je vous dise ? Je ne sais pas utiliser une fenêtre ! Ça nécessite un apprentissage, des gestes techniques, précis, sinon on se trompe de sens et on l’ouvre et ça peut même être contre-productif.»

« Tout a commencé il y a neuf mois. Le 22 mars, au début du confinement, Antoine Hutt (radiologue), Jonathan Favre, Thibault Puszkarek et moi-même (médecins généralistes) avons lancé le site et collectif Stop-Postillons.fr. Il y avait une pénurie de masques (quoi qu’on en mente) et il fallait les garder pour les personnels exposés. Néanmoins tout le monde avait chez soi des t-shirts à découper, du tissu à coudre : des écrans anti-postillon» (EAP). Nous voulions “confiner les bouches et les nez” lors des sorties dérogatoires (dans les hypermarchés qui n’imposaient pas de masque à l’époque), puis maintenir cette couverture faciale lors du déconfinement.

«Nous avions donc un seul message, qui est resté en tête du site : “Portons tous un EAP dans l’espace public pour freiner et arrêter la pandémie. Porter quelque chose sera mieux que rien. Le but des EAP est collectif et altruiste : protéger les autres et être protégé si chacun en porte.”

Le très simple et efficace découpage de t-shirt

«Avec un message d’une telle banalité dans le cadre d’une pandémie à contamination respiratoire, nous aurions dû disparaître au bout d’une semaine. Les dirigeants auraient dû répondre: “OK, bonne idée, on fait ça, on demande aux gens de se couvrir le nez et la bouche en attendant les masques”, et c’était plié. C’était simple, il suffisait de faire confiance à l’intelligence collective et à la solidarité. Nous avions détaillé notre argumentaire, proposé une cinquantaine de tutoriels, dont la diversité permettait de fabriquer plusieurs types de protection, sans risquer la pénurie d’élastiques ou de tissu en mercerie : au pire, il restait toujours le très simple et efficace découpage de t-shirt. Nous avons relayé de nombreuses initiatives solidaires, comme ces couturières bénévoles qui envoyaient leurs créations aux quatre coins de France tandis que le ministre de la Santé demandait aux Français de ne rien porter en attendant de pouvoir acquérir un masque grand public le 11 mai… Quand on est encerclé par le feu, on n’attend pas des seaux d’eau labellisés par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers : on demande à chacun de prendre les récipients qu’il a sous la main et d’arroser en attendant mieux. Cet appel à l’intelligence collective, à la débrouillardise, a été rendu largement visible par les réseaux sociaux, avec un pic à 133 000 visites le 4 avril.

«Notre message, aussi basique soit-il, était pertinent. Il a progressivement été entendu. Trèèèès progressivement : le masque a été imposé dans les lieux publics clos à partir du 20 juillet, dans les entreprises à partir du 1er septembre, dans les écoles élémentaires à partir du 2 novembre. Ainsi, en pleine pandémie, il aura fallu huit mois après notre premier appel pour généraliser le masque dans la quasi-totalité des espaces recevant du public. Il aura fallu sacrifier une grande partie de notre temps libre avec d’autres médecins, scientifiques, parents, sur les réseaux sociaux, dans les médias, les revues scientifiques, pour que le gouvernement se dise : “Tiens finalement, ce ne serait peut-être pas mal de mettre des fenêtres partout en plus de l’isolation des combles…”

Colonies de bactéries

«Nous n’étions rien, nous ne sommes personne. Lorsque nous avons lancé le site le 22 mars, nous nous basions sur les données scientifiques, les seules qui comptent, au-delà des arguments d’autorité. Depuis le CheckNews de Libération du 13 mars, nous savions que les personnes asymptomatiques pouvaient être contagieuses. Nous avions lu l’étude de Davies et al. dans laquelle 21 volontaires avaient toussé dans une boîte, mise en incubation pendant 48 heures, avant de compter les “colonies” de bactéries de la taille du Sars-CoV-2 : 200 sans masque, 43 avec un masque en coton fait maison, 30 avec un masque chirurgical. Visionnaires en 2013, les auteurs concluaient qu’en cas de pénurie de masques chirurgicaux, un masque fait maison serait mieux que rien – mon expression favorite.

«Début mai nous avons proposé des infographies avec la graphiste Coralie Blanc et son père, Jean-Baptiste Blanc, médecin généraliste comme nous, en plaçant le masque en premier plan. Là encore, notre message était simple : “Dedans (sauf chez vous), portez toujours un masque; dehors, portez un masque en cas de contact ou de risque de contact proche.”

«Nous sommes en décembre, et le masque apparaît toujours en dernière position sur les sites gouvernementaux, après “éviter de se toucher le visage”, et avec la consigne de «le porter quand la distance d’un mètre ne peut pas être respectée». Le risque de transmission par aérosol n’est toujours pas considéré, ce qui permet d’ailleurs d’imposer le masque à l’école et en entreprise et en même temps, de laisser les cantines scolaires ou d’entreprises en l’état. C’est à désespérer.

Le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS

«Pendant de longs mois, nous avons lu que le gouvernement avait suivi l’Organisation mondiale de la santé sur les masques. C’est faux : d’une part, l’OMS n’émet pas un avis pour la France mais pour tous les pays de la planète, y compris ceux où l’accès à l’eau potable est limité. D’autre part, l’OMS a précisé le 6 avril que le port du masque pouvait être envisagé en population générale comme une mesure barrière supplémentaire. L’OMS a recommandé son port généralisé le 5 juin, notamment “dans les lieux publics tels que les épiceries, au travail […], dans les écoles”, et la même OMS a précisé le 21 août qu’il pouvait être porté dès l’âge de 6 ans dans les pays où le virus circule activement. En France, le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS a donc mis trois mois après la recommandation du 5 juin pour imposer le masque en entreprise et cinq mois pour l’école élémentaire.

«Concernant l’école enfin, nous avons dû militer, publier des tribunes cet été, écrire des communiqués en août, septembre et octobre, une revue de littérature, intervenir en visioconférence auprès de syndicats d’enseignants en demande d’informations scientifiques… Tout ça parce qu’un ministre déclarait être “préparé à tout” sur la base de l’avis… roulement de tambour… des sociétés savantes de pédiatrie ! Jean-Michel Blanquer avait soudain fait fi de l’OMS : avec un tel niveau en pirouette, il n’est pas étonnant qu’il ait récupéré le ministère des Sports lors du remaniement, remarquez. Toutefois, si la plus haute instance à suivre n’est plus l’OMS mais les sociétés nationales, pourquoi concernant les masques entre avril et juillet le gouvernement a-t-il ignoré l’Académie nationale de médecine le 2 avril, le 22 avril, le 7 mai et le 28 juillet, l’European Centre for Disease Control le 8 avril ou son propre Conseil scientifique le 20 avril ? Il est facile de multiplier les instituts, conseils, centres, agences, sociétés, académies, autorités et organisations pour au final choisir parmi tous leurs avis celui qu’on veut mettre en avant… Mais ça, ce n’est ni de la science, ni de la politique. C’est de la manipulation.»

 


Christian Lehmann médecin et écrivain

 

 

Source: Le gouvernement démasqué – Libération

L’école, un nid à Covid-19? | Le HuffPost

SCIENCE – Le 29 octobre, le premier ministre Jean Castex dévoilait les modalités du nouveau confinement censé endiguer la deuxième vague de Covid-19 qui déferle sur la France. Avec des restrictions adaptées “sur deux points essentiels, l’école et le travail”. Était-ce une erreur?

Ce vendredi 6 novembre, Europe 1 affirme que le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a écrit dans une note confidentielle qu’avec le reconfinement actuel, un plateau “haut et prolongé” de cas (et donc de décès) va être atteint. La faute, notamment, aux établissements scolaires et services publics restés ouverts, selon le numéro 2 du ministère.

Quelques heures plus tôt, le ministère de l’Éducation a justement durci le protocole sanitaire dans les lycées. Jean-Michel Blanquer a annoncé jusqu’à 50% de cours à distance pour faire face à l’aggravation de l’épidémie de coronavirus. Lors de l’annonce du confinement, c’est le masque obligatoire dès 6 ans, contre 11 ans depuis la rentrée, qui était mis en place.

Pourquoi prendre ces mesures seulement maintenant? Pourquoi réduire la présence uniquement pour les lycées? S’il y a évidemment beaucoup à dire sur la préparation de la deuxième vague par le gouvernement, il faut avant tout rappeler que le lien entre Covid-19 et école est un sujet très épineux. Les effets désastreux d’un manque d’éducation sont très bien connus et documentés. Mais l’impact de l’ouverture des écoles est lui plus compliqué à établir. La contagiosité des enfants fait débat dans le milieu scientifique depuis le mois de janvier. Et si notre connaissance a bien progressé, même les chercheurs sont encore divisés.

Les enfants aussi sont touchés par le Covid-19

Les maladies respiratoires classiques sont souvent très répandues chez les plus jeunes. C’est donc avec surprise que l’on a vu, au début de la pandémie de coronavirus, une quasi-absence de mineurs positifs. Depuis, heureusement, des dizaines d’études ont pu être publiées sur la question des enfants, du Covid-19 et de l’école. On sait que les plus jeunes peuvent être contaminés. On sait qu’ils peuvent contaminer. On sait également qu’ils ont souvent des symptômes très légers, voire être asymptomatiques (ce qui explique qu’on ne les ait pas détectés au début).

Mais alors que pour la grippe, les écoles font partie des lieux qui permettent à une épidémie d’exploser, on ne sait pas si c’est le cas pour le coronavirus. Il n’y a pas de consensus. Pour schématiser, deux thèses s’affrontent. Soit les jeunes sont peu contaminés et s’il peut y avoir des cas dans des établissements scolaires, ce n’est pas là que le coronavirus va devenir incontrôlé. Soit les rassemblements de nos têtes blondes sont des bombes à retardement pour l’épidémie que l’on n’a pas vues venir, notamment car les écoles ont été fermées lors de la première vague dans la plupart des pays.

Pourtant, de nombreuses études ont été publiées. Mais les récentes analyses tentant de faire le bilan de ces études ne tombent pas vraiment d’accord. Certaines (comme celle de l’épidémiologiste Zoë Hyde ou du collectif de médecins et chercheurs “Du côté de la science”) concluent plutôt à un risque de contamination et à une contagiosité des enfants égale à celle des adultes. D’autres (comme celle réalisée par plusieurs pédiatres américains, ou cette méta analyse publiée le 29 octobre par trois épidémiologistes dans le Journal of infectious diseases) estiment que les enfants sont moins contagieux. Ou plus exactement que la contagiosité augmente avec l’âge, ce qui change tout.

Petits et grands écarts

Car une des sources principales de ce grand flou autour des enfants concerne avant tout leur âge. Certaines études comparent les moins de 18 ans aux adultes. D’autres font des classes d’âge de 0 à 4 ans, de 5 à 8, de 0 à 11, de 12 à 16. Logique: cela dépend à la fois de la méthode choisie, mais aussi des données démographiques disponibles et des différentes classes d’âges dans les écoles dans chaque pays.

D’un côté, les tenants d’une moindre contagiosité des plus jeunes rappellent que parler des “enfants” et englober tous les mineurs est un non-sens. Dans la méta analyse évoquée plus haut, les chercheurs ont analysé de nombreuses études visant à savoir à quel point une personne en contaminait d’autres. “Plusieurs études suggèrent que l’infectiosité augmente quelque peu avec l’âge”, précise l’étude. Mais surtout, que les enfants de moins de 10 ans ont “significativement” moins de risque d’être contaminés.

En Inde, par exemple, où des milliers de cas contacts ont été testés, s’il y avait une forte proportion de jeunes, le taux d’incidence est en réalité bien plus faible chez les 0 à 4 ans (6,3 pour 10.000) et chez les 5-17 ans (12,7) que chez les adultes (environ 40). La Grande-Bretagne a également réalisé des campagnes de dépistage par PCR aléatoires dans sa population, rappelle Alasdair Munro, pédiatre et spécialiste des maladies infectieuses. Du 21 août au 1er octobre, alors que la deuxième vague débute, les moins de 11 ans sont très peu contaminés. Pour les 17-24 ans, par contre, ce n’est pas la même chose. Ils sont au dessus de la moyenne.

Études contradictoires

“Il semble que ce que les petits sont à la grippe, les jeunes adultes le sont au Sars-Cov2”, explique Alasdair Mundo. Pour la tranche d’âge de 12 à 16 ans, les résultats sont plus indécis, entre les deux. Dans un plus récent sondage analysant la période du 12 septembre au 23 octobre, la forte contamination des 17-24 ans est toujours aussi claire, mais les 12 à 16 ans sont de plus en plus nombreux à être contaminés. Les infections chez les moins de 11 ans augmentent également, de manière similaire à ce qui se passe sur l’ensemble de la population.

Il pourrait y avoir une explication biologique à cette différence d’âge. Dans une étude publiée en mai, des scientifiques se sont rendu compte que les récepteurs sur lesquels le coronavirus se fixe pour infecter les cellules humaines (ACE2) étaient proportionnels à l’âge. En clair, plus on grandit, plus on développerait ces récepteurs.

Pour autant, la crainte d’un biais est encore là. “Les jeunes enfants sont peu symptomatiques donc peu testés. Il y a également une aversion à l’écouvillon dans le nez, donc on va faire un seul prélèvement. Les PCR chez les enfants ne sont pas vraiment comparables à celles des adultes”, précise au HuffPost Michaël Rochoy, médecin généraliste, co-fondateur du collectif Stop-Postillons et co-auteur de l’article du collectif “Du côté de la science”. Il note d’ailleurs que dans les études sérologiques, la différence entre adulte et enfants est bien moins claire. Mais ces études ont aussi leurs biais, rappellent les auteurs de la méta-analyse.

L’école, cause ou conséquence?

On retrouve ce débat quand on essaye d’analyser le rôle des écoles dans la pandémie. Le collectif “Du côté de la science” rappelle qu’en Suède, où les écoles sont restées ouvertes, le taux de positivité des enfants est proche des adultes. Une étude publiée le 22 octobre analysant l’impact des mesures prises dans 131 pays conclut également que la réouverture des écoles a tendance à entraîner une hausse de l’épidémie. Mais il est difficile de séparer cela de la levée d’autres restrictions.

De plus, la majorité des foyers ont été détectés dans des écoles secondaires (l’équivalent des collèges et lycées), rappelle l’étude publiée dans le Journal of infectious diseases. “La question de faire une différence entre maternelle/primaire et collège/lycée peut se poser, du fait des données disponibles, mais celles-ci, encore une fois, sont peu claires”, estime Michaël Rochoy.

Le débat sur les écoles est similaire à celui de l’oeuf et de la poule: les écoles créent-elles les foyers ou sont-elles nourries par un virus déjà très implanté sur le territoire? Il y a par contre une chose sur laquelle la plupart des auteurs s’accordent: par temps de pandémie, l’école doit s’adapter. Et ce avant qu’il ne soit trop tard.

Des mesures de restrictions nécessaires

“La distanciation sociale, la réduction des effectifs en classe, un dépistage massif, une quarantaine des cas contacts et le port du masque” sont nécessaires, estime la méta-analyse. Qui cite un exemple parlant: en Allemagne, où des mesures de restriction importantes sont en place, peu de foyers ont été repérés dans les écoles. Et la majorité concernaient des cas touchant les professeurs.

Zoë Hyde va plus loin, en recommandant le même type de mesures quand la circulation du virus est faible, mais dans une situation de forte propagation, les écoles doivent fermer et les cours se faire en ligne.

Et en France aujourd’hui? “Je ne pense plus que ce soit une question sanitaire, mais politique. Le confinement actuel est insuffisant, Jérôme Salomon a raison. Il faut maintenant hiérarchiser ce qui est dispensable”, affirme Michaël Rochoy. “Le plus important à mon sens est de maintenir autant que possible les écoles, notamment les primaires et maternelles au vu des données dont on dispose, même si elles sont possiblement biaisées.” Mais est-ce encore possible au vu de la situation?

L’amélioration du protocole sanitaire mis en place par Jean-Michel Blanquer va dans le bon sens. Mais pour le co-fondateur du collectif Stop-Postillons, cela arrive bien trop tard. “Nous avons proposé ces méthodes de prévention dès le mois d’août: masques, limitation des effectifs, etc. Mais maintenant, avec la vague actuelle, c’est trop tard. Oui cela va marcher, mais ce qu’on veut aujourd’hui, ce n’est pas quelque chose qui marche. On veut quelque chose qui fonctionne du tonnerre pour éviter un plateau de mortalité qui s’annonce terrible.”

A voir également sur Le Huffpost: Inquiets face au Covid-19, des lycéens bloquent leur établissement scolaire

Source: L’école, un nid à Covid-19? Pourquoi nous n’avons toujours pas la réponse | Le HuffPost

Port du masque obligatoire dès 6 ans : une «bonne nouvelle» pas toujours facile à appliquer – Libération

«C’est une bonne nouvelle», se réjouit Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais) et cofondateur du collectif Stop postillons, après l’annonce du port du masque à l’école dès 6 ans, par le Premier ministre Jean Castex à partir de la rentrée de lundi 2 novembre. «Le gouvernement a préféré qu’on soit au pied du mur pour prendre cette décision alors que si ça avait été fait dès le mois de septembre, ça aurait permis d’aplatir la courbe de l’épidémie», regrette toutefois le médecin. Si les enfants de moins de 10 ans peuvent être contaminés par le Covid-19, ils sont majoritairement asymptomatiques et développent rarement des formes graves. Mais sont-ils contagieux ? «Les enfants de moins de 11 ans le sont tout autant que les adolescents ou les adultes», affirme Michaël Rochoy, s’appuyant notamment sur une grande étude de tracing menée en Inde et publiée dans la revue Science : elle conclut que les enfants pourraient bien être des acteurs clés dans la diffusion de la maladie. «Laisser les enfants sans masque en primaire, ça aurait été saboter le confinement puisqu’ils peuvent ramener le virus dans les foyers», ajoute Elisa Zeno, cofondatrice du collectif Ecoles et familles oubliées.

A lire aussiRentrée des classes : «On n’est pas prêts à affronter cette deuxième vague»

La question de leur contagiosité divise toujours beaucoup la communauté scientifique. Certains chercheurs affirment que les enfants transmettent beaucoup le virus, quand d’autres disent qu’ils sont au contraire très peu contaminants. «Les enfants sont peu porteurs, peu malades et peu contagieux entre eux et envers les adultes, insiste Fabienne Kochert, présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa). Moins contagieux ne veut pas dire pas contagieux du tout donc si le virus circule davantage sur tout le territoire, on peut avoir un petit plus de clusters dans les écoles», reconnaît la pédiatre. Rémi Salomon, chef du service pédiatrie Necker, est du même avis et ajoute : «Il faut prendre un maximum de précautions pour que les enfants ne transmettent pas le virus, ne le ramènent pas à la maison.»

Difficultés dans les apprentissages

Du côté des enseignants, le port du masque dès le primaire rassure, même si, dans les faits, ce ne sera pas toujours simple à appliquer. «A 6 ans, les enfants ont tendance à manipuler beaucoup de choses, observe Philippe Descottes, enseignant dans une école primaire à Rennes. Ceux qui le portent déjà volontairement à partir du CM1 le manipulent régulièrement. Donc pour les plus petits, ce sera loin d’être évident.» Autre difficulté soulevée, celle liée aux apprentissages. Les élèves ont déjà parfois du mal à entendre leurs professeurs masqués, un problème de compréhension qui ne s’arrangera pas quand tout le monde sera logé à la même enseigne. «Une énorme partie des apprentissages se fait dans le dialogue avec les autres élèves et les enseignants, donc là, les interactions vont être bridées, remarque Eva, pofesseure des écoles en zone REP à Paris. Ce sera aussi un obstacle quand ils devront lire à voix haute et ce sera globalement compliqué pour le langage oral.» Les enseignants s’interrogent également sur la fourniture de ces masques. Si le ministère de l’Education ne prévoit rien, les familles les plus modestes ne pourront pas équiper leurs enfants correctement. «Certains portent déjà le même masque plusieurs jours de suite», relève Eva.

A lire aussiConfinement : on rempart pour un tour

Dans son ensemble, le monde éducatif ne s’oppose pas au port du masque dès l’âge de 6 ans mais tout le monde s’accorde à dire que ça ne doit pas être la seule mesure, loin de là, pour renforcer le protocole sanitaire et assurer la sécurité des élèves, comme celle du personnel.

 


Cécile Bourgneuf

 

 

Source: Port du masque obligatoire dès 6 ans : une «bonne nouvelle» pas toujours facile à appliquer – Libération

Les infos de 6h – Rentrée scolaire : les écoles ne sont pas prêtes pour certains médecins

Près de 12,3 millions d’élèves reprendront le chemin des classes ce lundi avec des contraintes liées au coronavirus qui circule toujours activement. Dans une tribune chez nos confrères du Parisien, plusieurs médecins alertent sur le port du masque qu’il faudrait selon eux rendre obligatoire en primaire, ce qui impliquerait une distribution gratuite à tous les enfants.

Pour Mickaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau dans le Pas-de-Calais et fondateur du Collectif Stop Postillon,l’école n’est pas prête avec le dispositif qui est prévu actuellement, notamment le fait de ne pas recommander le masque à partir de 6 ans. En Allemagne ou même chez nous à la Réunion, il y a eu une augmentation des cas dans les écoles qui ont mené à des fermetures de classes,” relate le médecin.

Le médecin et son collectif jugent donc le protocole sanitaire insuffisant et souhaitent l’augmenter. Le médecin préconise notamment “le port du masque dès 6 ans, distribuer des masques gratuits pour les élèves, mettre en place un protocole pour faciliter l’enseignement à distance et préciser la conduite à tenir lorsqu’un enfant est testé positif.

C’est compliqué de mettre tout cela en place d’ici demain, mais “c’est un objectif qu’il faut avoir dans un mois, deux mois selon ce qui est possible. C’est quelque chose qui peut être acceptable au sein de l’école de la République,” affirme le médecin.

À écouter également dans ce journal

Rentrée scolaire –  Jean-Michel Blanquer répond à la controverse ce matin dans le JDD ce diomanche 30 août. “Nous sommes préparés à tout,” a-t-il indiqué le ministre, qui fonde ses recommandations sanitaires sur les avis du Haut Conseil à la Santé publique. Il n’exclut pas si nécessaire des réductions de taille de classes, des fermetures d’établissements, mais aussi des tests aléatoires sur les personnels enseignants sur la base du volontariat.

Racisme – Réprobation générale après la Une du dernier numéro de Valeurs actuelles qui dépeint dans une fiction la députée de la France insoumise Danièle Obono en esclave collier de fer au cou. Emmanuel Macron a appelé personnellement la parlementaire pour lui faire part de son soutien et condamner cette publication.

États-Unis – Le président américain va se rendre à Kenosha mardi, la ville où l’Afro-Américain Jacob Blake a été grièvement blessé par un policier. Le président américain y rencontrera des responsables des forces de l’ordre et examinera les dégâts causés par les émeutes.

La rédaction vous recommande


Lire la suite

 Source: Les infos de 6h – Rentrée scolaire : les écoles ne sont pas prêtes pour certains médecins

Rentrée scolaire et Covid-19 : faut-il mettre le masque dès l’école primaire ? | LCI

#Population: DÉBAT – Les élèves scolarisés à l’école primaire doivent faire leur rentrée le mardi 1er septembre. Selon la circulaire du ministère de l’Education, le masque ne sera pas requis, alors qu’il sera obligatoire dans les collèges. Certains plaident pour que ce soit le cas aussi pour les enfants à peine plus jeunes.Source: Rentrée scolaire et Covid-19 : faut-il mettre le masque dès l’école primaire ? | LCI