Covid-19 : une ventilation insuffisante des lieux clos peut entraîner une transmission aérienne même à longue distance | Atlantico.fr

Des passagers portant des masques consultent leurs téléphones portables dans un bus à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l’est de la Chine, le 24 mars 2020.

Des passagers portant des masques consultent leurs téléphones portables dans un bus à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2020.Des passagers portant des masques consultent leurs téléphones portables dans un bus à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2020.

© STR / AFP

Risques de contaminations

Covid-19 : une ventilation insuffisante des lieux clos peut entraîner une transmission aérienne même à longue distance

Des chercheurs chinois ont étudié la possibilité de transmission aéroportée du Covid-19 et les conditions de ventilation pour son apparition. Les taux de ventilation dans des bus ont été mesurés. Selon leurs conclusions, une ventilation insuffisante a joué un rôle dans les contaminations. Fournir une ventilation suffisante réduit l’infection.

Des chercheurs chinois ont effectué des tests pour déterminer si une mauvaise circulation de l’air dans un autobus pouvait augmenter le risque de contagion de la Covid-19, sur des sujets pour la plupart masqués. Cette étude porte sur la circulation du SARS-CoV-2 dans un milieu fermé et mal ventilé. Selon leurs conclusions, une ventilation insuffisante a joué un rôle dans les contaminations. Quels sont les risques pour des individus vaccinés et/ou masqués ?

Pr Michaël Rochoy : Les risques pour les individus vaccinés, c’est d’être contaminé. Le vaccin réduit ce risque là.  Il va permettre de réduire les formes graves menant à une hospitalisation si le patient est contaminé. Il n’est cependant pas efficace à 100 %. Concernant le risque de contamination, il est donc possible d’être contaminé dans un bus.

Le masque chirurgical permet de protéger son environnement. Il permet de protéger les autres. Le chirurgien porte un masque quand il opère au bloc pour protéger son patient. Si l’on souhaite se protéger soit même, il faudra alors privilégier le port du masque FFP2. Il en va de même pour un ouvrier du BTP qui porte ce type de masque pour éviter d’inhaler des poussières fines.

En France, tout le monde porte un masque chirurgical, nous n’avons pas spécialement de masque FFP2. C’est important de continuer à porter le masque, car nous sommes toujours, dix-huit mois après le début de la pandémie, dans une phase épidémique.

 

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De nombreuses personnes pensent qu’on n’arrêtera jamais de porter de masque, ça n’est évidemment pas vrai, le port du masque s’arrêtera lorsqu’on sortira de la pandémie.

Avant la pandémie, quelqu’un qui venait se soigner chez le médecin pour un problème de rhume n’était pas ausculté pour savoir à quel type de virus le patient était affecté. C’est désormais le cas aujourd’hui, le soignant va vouloir savoir s’ il s’agira du SARS-CoV-2 ou non.

Il nous faut éviter les contaminations pour éviter la propagation du virus, mais aussi une saturation du système de santé, et le coût lié aux tests PCR, nous avons tout intérêt à protéger l’ensemble de la population.

Les personnes positives doivent s’isoler une dizaine de jours.

Aujourd’hui porter un masque, si on est malade, ne devrait pas rendre positif au Covid-19 les autres passagers d’un bus.

Quel est selon vous l’intérêt des résultats de cette étude ? Êtes-vous surpris ?

Ça n’est pas du tout surprenant. Des études similaires ont été effectuées dans des crèches, des écoles, voire des immeubles et restaurants. Globalement ça rappelle le risque de transmission par aérosols à distance. Les gens mélangent parfois

Certaines personnes mélangent aussi le phénomène de transmission sans savoir de quoi est ce qu’il s’agit.

Ce que nous appelons les postillons n’est qu’un terme courant qui regroupe l’ensemble des projections, qu’il s’agisse de gouttelettes ou d’aérosols, qui peuvent stagner dans l’air et l’environnement plus longtemps.

 

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Il est ainsi possible de se faire contaminer à proximité mais aussi par distance par des aérosols.

Les résultats de cette étude montrent que l’on peut aussi se faire contaminer par aérosols à distance, même si cette situation est relativement rare.

La situation la plus fréquente de contamination provient d’une exposition d’aérosols à proximité.

Il est aussi possible d’être exposé à la Covid-19 via des gouttelettes à proximité ou par aérosols à distance.

Quelles sont les précautions à prendre quand on doit prendre le train, la voiture ou le train, en pleine pandémie ?

Il est nécessaire de garder le masque, car si quelqu’un est malade, même sans symptômes, cela lui évitera de contaminer d’autres personnes.

Si on se sent particulièrement vulnérable ou à risque dans une situation ou le port du masque ne paraît pas suffisant, il est nécessaire de s’équiper d’un masque FFP2 pour maximiser la protection à la Covid-19.

La vaccination reste un moyen évident pour se protéger.

Il faut passer moins de temps à s’inquiéter du nettoyage des poignées de portes ou des surfaces, c’est surtout la qualité de votre ventilation qui permettra de réduire la circulation du virus.

Dans un véhicule, que ce soit un bus ou une voiture, mieux vaut utiliser un système de circulation de l’air en circuit ouvert, afin que l’air ne soit pas toujours brassé à l’intérieur.

Vous pouvez aussi aérer l’autobus en ouvrant les fenêtres, mais sans pour autant retirer votre masque, tant que le trajet dure.

 

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Covid : l’article du Lancet qui confirme que tout le monde, enfants ou non, contamine tout le monde | Atlantico.fr

Lutte contre le coronavirus

Covid : l’article du Lancet qui confirme que tout le monde, enfants ou non, contamine tout le monde

Une étude de la revue The Lancet menée à Wuhan révèle une forte infectiosité des enfants et des adolescents. Cette étude est-elle fiable ? Quelles données peut-on en retirer ?

Atlantico.fr : Une étude de The Lancet menée à Wuhan conclut notamment à une forte infectiosité des enfants et des adolescents. Cette étude est-elle fiable ?

Dr. Michael Rochoy : C’est une belle étude qui étude la transmission au sein d’un foyer, publiée dans Lancet Infectious Diseases, une grosse revue. Je n’aurai pas la prétention de commenter la partie statistique et les modèles utilisés, mais clairement l’étude est solide sur cette partie…

C’est une étude réalisée à partir de la cohorte rétrospective de Wuhan, qui combine tous les cas confirmés par PCR (symptomatique ou non) ou suspectés cliniquement (28,6 %) entre le 2 décembre 2019 et le 18 avril 2020.

Première limite à mon sens :
– la clinique est souvent aspécifique
– les enfants sont plus souvent asymptomatiques

Ca n’a donc pas été des PCR réalisés au hasard (en effet cette étude ne vise pas à calculer des prévalences, mais bien la susceptibilité/infectivité).

Deuxième limite, puisqu’on va parler d’enfants, rappelons ici que les écoles ont été fermées fin janvier en Chine pendant environ 3 mois. Avant le 23 février (soit environ 90 % des gens), tous les contacts d’une maison n’étaient pas testés (en particulier pas de test si asymptomatique). Donc vraiment, ça n’est pas pour la prévalence chez les enfants… (même s’ils ont fait de l’imputation pour estimer le statut).

Au total, ils ont étudié 27 101 foyers avec 29 578 cas primaires… qui avaient 57 581 contacts dans le foyer (10 367 seront positifs, 29 658 testés négatifs, et 17 556 non testés). Encore une fois, 30 % des contacts sont non testés, mais le but n’est pas d’étudier la prévalence.

Sur 29 578 cas primaires :
– 413 avaient < 20 ans (A)
– 16 892 avaient 20-59 ans (B)
– 12 273 avaient > 60 ans (C)

Sur 10 367 contacts positifs (peu importe s’ils sont symptomatiques ou non) :
– 495 avaient < 20 ans (= 1,2 A)
– 5750 avaient 20-59 ans (= 0,3 B)
– 4122 avaient > 60 ans (= 0,3 C)

On rate donc beaucoup de A. Donc une dernière fois, le fait qu’il y ait peu d’infectés doit être pris avec de grosses pincettes : les écoles étaient fermées, les enfants ne prenaient pas le métro pour aller travailler ou faire les courses…

Ne faisons pas d’extrapolation simpliste à partir de cette période !

Une fois ces biais pris en compte, quelles données peut-on en retirer ?

Dans les données intéressantes, il y a les estimations des taux d’attaques secondaires observés dans les ménages avec un seul cas primaire.

1 – Parmi les 264 contacts < 1 an (quelque soit l’âge de “l’infecteur”), 16 étaient positifs (6,1 %). (c’est la susceptibilité)

2 – Les 327 cas primaires + de moins de 20 ans avaient 793 contacts dont 46 ont été positifs (5,8 %). (c’est l’infectivité)

Voilà pour moi les données les plus intéressantes.

Pour les enfants, en situation réelle avant avril :
– les moins de 20 ans infectaient 6 % de leurs contacts.
– les moins de 20 ans qui étaient contact étaient contaminés dans 5 % des cas.

Les auteurs utilisent pas mal les « odds-ratio » par rapport au groupe des plus de 60 ans.

Pour faire simple, on va dire que c’est la probabilité d’être susceptible ou infectieux.

Lorsqu’ils ajustent sur le sexe, le nombre de personnes dans le foyer, la phase de l’épidémie et le diagnostic (PCR ou clinique), les odds-ratios s’inversent : les jeunes deviennent plus contagieux.

En pratique ce n’est pas si utile de savoir quel groupe fait pire que l’autre…

D’autres résultats me semblent intéressants, bien que connus, par exemple ce tableau en annexe (thelancet.com/cms/10.1016/S1…).

La période la plus à risque est la période d’incubation, avant l’apparition des symptômes. Et donc tout le monde contamine tout le monde…

Pour mémoire, on avait à peu près la même idée dans l’étude indienne : tout le monde contamine tout le monde. 

 Source: Covid : l’article du Lancet qui confirme que tout le monde, enfants ou non, contamine tout le monde | Atlantico.fr

Covid-19 : que sait-on aujourd’hui de la transmission du virus par aérosols dans les espaces clos ? – Libération

Question posée par BARALE le 22/08/2020

Bonjour,

La rentrée se fait masquée, dans les entreprises comme dans les salles de classe. Avant que ces décisions ne soient prises, on pouvait lire, dans Libé le 14 août, une tribune d’un collectif de «professionnels de santé» («Covid-19 : le risque existe dans tous les lieux clos, dans les classes comme dans les bureaux») : «Nous l’affirmons sans ambiguïté : le Sars-CoV-2 se transmet par l’air et ne pas rendre le masque obligatoire dans les salles de cours ou les amphithéâtres, dans les open spaces, les salles de réunion, les ateliers et les bureaux partagés n’est pas conforme aux données de la science et de l’OMS.»

A l’aune de ces lignes, très affirmatives, vous nous interrogez sur l’état de la science à propos de la transmission du virus dans l’air. Il n’y a en fait pas de consensus sur une circulation du Covid-19, d’un individu à l’autre en population générale, via des «aérosols», ces microgouttelettes qui restent en suspension et qui pourraient être vectrices de virus actif et infectieux.

Deux médecins auteurs de la tribune reconnaissent auprès de CheckNews que la formulation «sans ambiguïté : le Sars-CoV-2 se transmet par l’air» n’est pas idéale. Mais qu’elle répond à un principe de précaution : il y a un risque que la transmission aéroportée existe, y compris hors des hôpitaux ou des laboratoires (où elle a été documentée).

Vous nous avez aussi demandé Le port du masque à l’extérieur est-il utile ?

Mise en garde de scientifiques

Au début du mois de juillet, 239 scientifiques d’une trentaine de pays mettent en garde sur la diffusion par aérosols du virus. S’adressant aux institutions de santé internationales (notamment l’OMS) et nationales, ils préconisent une grande vigilance concernant la transmission du virus par des microgouttelettes : «Certes, la transmission par aérosols du Sars-CoV-2 n’est pas encore universellement reconnue ; mais, selon notre évaluation collective, il y a suffisamment de preuves pour que le principe de précaution doive s’appliquer. Afin de contrôler la pandémie, en attendant la possibilité d’une vaccination, toutes les voies de transmission doivent être coupées.»

Plusieurs articles ou tribunes ont été consacrés à l’impact de cette publication sur les autorités (en français, en anglais). En France, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a sollicité le Haut Conseil de la santé publique. Le HCSP s’était déjà exprimé sur le sujet dans un avis publié le 8 avril (et dans une moindre mesure dans un avis publié le 24 avril).

Dans ce texte d’avril, on lisait notamment : «La transmission par aérosol est biologiquement plausible lorsque (1) des aérosols infectieux sont générés par ou à partir d’une personne infectieuse, (2) l’agent pathogène reste viable dans l’environnement pendant un certain temps et (3) les tissus cibles dans lesquels l’agent pathogène déclenche l’infection sont accessibles à l’aérosol. […] Pour le Sars-CoV, le niveau de preuve pour la transmission d’aérosols indique que les preuves pour les conditions 1 et 3 sont modérées et fortes pour la condition 2.»

CheckNews faisait aussi un point sur l’état de la science concernant l’aérosolisation au début du mois d’avril. Dans un article publié en mai sur la circulation (ou non) du nouveau coronavirus dans les climatisations, nous écrivions aussi : «Bien qu’il soit possible que des plus petites particules virales restent en suspension dans l’air (on parle alors d’aérosol), une infection nécessite qu’un nombre suffisamment important d’exemplaires actifs du virus pénètre dans l’organisme : c’est la dose infectante. Dans l’immense majorité des situations, le vent, les courants d’air, la ventilation, fait diminuer la concentration de virus dans l’air, ce qui abaisse très sensiblement le risque d’infection. Un risque plus important semble en revanche exister dans les situations de soins intensifs, dans les locaux où les soignants ôtent leurs protections et les toilettes des hôpitaux.»

Avis du Haut Conseil de la santé publique

Après demande du DGS, le HCSP a donc produit un nouvel avis, daté du 23 juillet : «Sars-CoV-2 : actualisation des connaissances sur la transmission du virus par aérosols.» Conclusion ? «Le HCSP considère qu’après actualisation des données de la littérature, une transmission aéroportée du virus Sars-CoV-2 doit être envisagée dans les espaces clos, notamment mal aérés et insuffisamment ventilés, et dans les rassemblements en extérieur.» Et d’enjoindre le public à porter un masque «dans tous les lieux clos publics et privés collectifs ainsi qu’en cas de rassemblement avec une forte densité de personnes en extérieur afin de limiter l’émission de particules respiratoires.»

Plus précisément, le Haut Conseil cite plusieurs études scientifiques publiées au cours des dernières semaines sur le sujet. L’une, parue début avril dans Nature conclut que «la transmission par aérosol est un mode de transmission potentiel des coronavirus, comme de la grippe et des rhinovirus». Les résultats d’une autre, publiée en juin 2020 à partir d’expériences en laboratoire, suggèrent que l’«infectivité et l’intégrité virionique [du Sars-CoV-2] se maintiennent jusqu’à seize heures dans des aérosols de taille respirable».

Le HCSP se réfère également à une revue de littérature émise par le Centre de collaboration nationale en santé environnementale canadien (financé par l’Agence de santé publique du Canada) au sujet des «risques et précautions associés à la Covid-19» dans le cadre du chant choral. Le CCNSEA relève notamment que «de plus en plus, on croit que la transmission par de petites gouttelettes ou par des aérosols produits lors de la parole, du chant, des cris ou de la respiration serait une voie de contagion importante. […] La transmission par aérosols pourrait se produire dans des contextes où les particules s’accumulent dans des pièces fermées non ventilées où de nombreuses personnes sont rassemblées pendant une longue période». S’ensuivent, dans l’avis du HCSP, quelques études de cas qui ont «décrit la survenue de contaminations par le virus Sars-CoV-2 de personnes rassemblées dans des espaces clos».

En laboratoire, en hôpital, en général

Dans cet avis, le HCSP recense donc des études qui vont dans le même sens : une transmission aéroportée du Sars-CoV-2 est possible. Mais elle n’est pas possible dans les mêmes proportions, selon les situations.

Ainsi, le Haut Conseil écrit «prendre en compte» deux éléments. D’abord, la lettre ouverte des scientifiques évoquée au début de l’article. Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail permanent Covid-19 du HCSP nous fait remarquer que cette lettre a été écrite par des physiciens, «qui estiment que la dichotomie entre gouttelette et microgouttelette [aérosol] n’est pas pertinente, pour eux tout est aérosol». Qui plus est, poursuit le chef du Service de bactériologie – hygiène hospitalière du CHU de Nantes : ces physiciens «s’appuient sur des modélisations, par exemple en laboratoire, qui ont pour certaines laissé penser que le virus pouvait circuler sous forme d’aérosols».

Deuxième élément considéré par le HCSP pour son avis de cet été : une prise de position du début du mois de juillet de l’OMS. Elle est lisible en intégralité (et en anglais), ou sous une forme résumée (en anglais), nous indique l’Organisation mondiale de la Santé.

«Le virus se transmet-il par aérosols ?» s’interroge l’OMS, qui distingue deux cas de figure. D’une part, en milieu de soins : «Certaines procédures médicales peuvent produire de très petites gouttelettes qui peuvent rester en suspension dans l’air pendant de plus longues périodes [par exemple une intubation ou une extubation]. Lorsque de telles procédures médicales sont effectuées sur des personnes infectées par le Covid-19 dans des établissements de santé, ces aérosols peuvent contenir le virus Covid-19. Ces aérosols peuvent potentiellement être inhalés par d’autres personnes si elles ne portent pas l’équipement de protection individuelle approprié.»

Autre cas de figure, en population générale (hors des hôpitaux) : «Des cas de Covid-19 ont été signalés dans certains lieux fermés, tels que des restaurants, des boîtes de nuit, des lieux de culte ou des lieux de travail où les gens peuvent crier, parler ou chanter. Dans ces cas, la transmission par aérosol, en particulier dans ces lieux fermés où il y a des espaces surpeuplés et insuffisamment ventilés où les personnes infectées passent de longues périodes avec d’autres personnes, ne peut être exclue.» Et l’OMS d’insister (à l’instar du HCSP) : «Des études supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour étudier ces cas et évaluer leur importance pour la transmission de Covid-19.»

Au lendemain de la publication de cet article paraissait une étude de cas dans le Journal of the American Medical Association (Jama). Elle se résume ainsi : «128 personnes ont pris deux bus et assisté à un événement religieux en Chine orientale. Celles qui ont pris un bus avec recirculation d’air et avec un patient atteint de Covid-19 avaient un risque accru d’infection par le Sars-CoV-2 par rapport à celles qui ont pris un autre bus. La transmission par voie aérienne peut expliquer en partie le risque accru d’infection.»

Moins contagieux que la varicelle

«Il n’y a jamais qu’un mode de transmission d’un virus, rappelle Didier Lepelletier, mais il y a toujours un mode préférentiel.» Il peut être manuporté, ou aérien par exemple. Et parmi les modes de transmission aérienne, il y a donc, schématiquement, les gouttelettes et les aérosols. Dans l’état actuel des connaissances (et depuis plusieurs semaines), «les gouttelettes sont un mode de transmission préférentiel par rapport aux aérosols», observe le membre du HCSP.

Plusieurs scientifiques contactés estiment que si les aérosols étaient le vecteur principal du Sars-CoV-2, le R0 (nombre de reproduction initiale) serait beaucoup plus élevé. Comme il est, par exemple, pour la tuberculose pulmonaire ou la varicelle (qui se transmettent par aérosol). Dont le R0 fluctue autour de 10 (soit beaucoup plus que pour le Covid-19).

Dans une récente étude publiée dans le British Medical Journal, les auteurs constatent que le risque qu’une personne sans symptôme (mais qui peut par exemple émettre des aérosols juste en respirant ou en parlant) contamine son entourage dépend à la fois de la densité de personnes, de leur activité et de la ventilation. Cela rejoint ce qu’exprimait le Haut Conseil dans son avis du 23 juillet, selon lequel que «trois conditions favorables sont à retenir concernant la transmission du virus : les conditions de ventilation et de flux d’air ; les conditions de l’atmosphère (basse température, humidité) ; les activités et efforts physiques pratiqués au sein des espaces clos».

Notons que ni le HCSP, ni l’OMS (ni les signataires de la tribune citées plus haut) ne recommandent explicitement le port du masque hors de ces situations (par exemple en général, dans la rue). Reste que les spécialistes de ces sujets aimeraient voir les études se développer pour mieux cerner les modes de transmission de ce virus.

En résumé : les aérosols ne semblent pas être le mode de transmission préférentiel sur Sars-CoV-2. Toutefois, certaines observations en hôpital ou dans des laboratoires laissent penser qu’il peut y avoir une transmission aéroportée, sans qu’il n’y ait de consensus sur le risque ou la probabilité qu’elle survienne. En population générale, il n’y a pas de preuves ni de mesure scientifique du risque de transmission aéroportée, mais ce risque est probable selon la communauté scientifique, et il est d’autant plus important dans des milieux mal aérés ou en extérieur cas de grands rassemblements. D’où une incitation, dans ces conditions, à porter le masque en milieu clos, au titre du principe de précaution.

Edit le 2 août : ajoute mention de l’étude parue dans le Jama

 


Fabien Leboucq

 

 

Source: (1) Covid-19 : que sait-on aujourd’hui de la transmission du virus par aérosols dans les espaces clos ? – Libération