Covid-19 : même si le risque est faible pour les enfants, le virus est dans le top 10 des causes de mortalité chez les plus jeunes aux Etats-Unis | Atlantico.fr

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De la nécessité de vacciner les enfants

Covid-19 : même si le risque est faible pour les enfants, le virus est dans le top 10 des causes de mortalité chez les plus jeunes aux Etats-Unis

Les Etats-Unis ont approuvé l’utilisation du vaccin Pfizer pour vacciner les enfants à partir de 12 ans. Ceux de 2 à 11 ans pourraient suivre dans les prochains mois. Vacciner les enfants est en effet nécessaire pour atteindre une immunité collective globale.

Atlantico : L’agence sanitaire américaine a approuvé l’utilisation du vaccin Pfizer pour les enfants de 12 à 15 ans. Aux Etats-Unis, le Covid-19 est l’une des 10 principales causes de décès chez les enfants depuis le début de la pandémie. Pourquoi devient-il urgent de vacciner cette partie de la population ?

Michaël Rochoy : Il y a d’abord un bénéfice individuel. Les enfants font peu de formes graves mais ils peuvent en faire quand même. On trouve toujours des enfants en réanimation (plus de 6700 enfants ont été placés en réanimation en cumulé depuis le début de la crise selon Covid Tracker, ndlr). On sait qu’il y a des formes possibles de Covid longs chez l’enfant : un enfant qui perd le goût et l’odorat pendant des mois ou qui a des problèmes respiratoires en garde des séquelles. Même si c’est pas important en nombre de cas, ça reste des pathologies très invalidantes.

Ensuite, il y a le bénéfice collectif. Il y a un intérêt à vacciner les enfants d’autant que d’ici fin août, tous les adultes n’auront pas pu être vaccinés. Si le virus circule chez les enfants (14 millions de personnes en France), il y a toujours la possibilité d’avoir l’émergence d’un variant soumis à une très forte pression de sélection. Si on suppose qu’il y a cent variants qui apparaissent chez les enfants, peut-être que parmi eux il y en aura un qui échappera à l’immunité conféré par certains vaccins et donc pourra se répandre dans une population encore plus vaste intégrant des adultes vaccinées. Le risque d’un variant qui ferait recommencer à zéro la campagne vaccinale existe.

L’immunité collective souhaitée ne pourra se faire que si on atteint un certain pourcentage de population vaccinée, et ce pourcentage inclut toute la population y compris les mineurs.

 

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Autre avantage, si on vaccine les 16-18 ans avant la rentrée de septembre, on peut ouvrir les lycées sans se poser trop de problèmes sur les aménagements des cantines ou les protocoles stricts à mettre en place quand des cas sont déclarés dans une classe. Ça permet une scolarité plus sereine.

Quel calendrier d’action serait maintenant souhaitable ?

Il faut d’abord qu’il y ait les autorisations de mise sur le marché accordées au niveau européen et français. En France, on peut vacciner les 16-18 ans en contact avec des personnes immunodéprimées. Les 16-18 ans sont déjà potentiellement éligibles et je pense que quand on aura suffisamment de vaccins ils le seront. Les 12-15 ans devraient l’être aussi. C’est discuté au niveau de l’Agence européenne du médicament.

Aux Etats-Unis, Pfizer a prévu de demander en septembre une autorisation à la Food and Drug Administration pour administrer le vaccin aux enfants de 2 à 11 ans. Pour l’instant, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour en France. Si on pouvait vacciner les 16-18 ans avant la rentrée de septembre, ce serait bien. Il faudrait ensuite penser à vacciner les collégiens (12-15 ans). Je pense en effet que c’est mieux de penser par établissement que de s’éparpiller. Ensuite, on pourra passer aux primaires selon les disponibilités de doses et les autorisations de mise sur le marché.

 

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Covid-19 : et voilà les résultats qui prouvent que la vaccination fonctionne contre la pandémie | Atlantico.fr

Une femme se fait vacciner contre la Covid-19.

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Efficacité de la campagne vaccinale

Covid-19 : et voilà les résultats qui prouvent que la vaccination fonctionne contre la pandémie

Les vaccins sont une arme essentielle dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Au regard des données aux Etats-Unis, en Israël et au Royaume-Uni, les campagnes de vaccination permettent de soulager les hôpitaux et de diminuer le nombre de morts.

Atlantico : Si les vaccins ne doivent pas être le seul outil dans la lutte contre le Covid-19, ils représentent une arme essentielle. Dans les pays qui ont déployé une large campagne vaccinale comme aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Israël, quel impact observe-t-on sur la courbe des contaminations ?  Une vaccination massive peut-elle permettre de soulager les hôpitaux et de diminuer le nombre de morts ?

Charles Reviens : Je rappelle que je ne suis pas médecin et suis devenu en quelque sorte un infectiologue du dimanche à l’occasion de la pandémie mondiale covid-19. Cela permet au moins d’analyser et de mettre en relation les multiples données disponible sur la situation à date.

Concernant la vaccination et si l’on se limite aux seuls principaux pays de l’OCDE, sont apparus clairement au moins depuis janvier 2021 trois groupes de pays. Il y a d’abord les pays d’Asie du Sud et d’Océanie où la pandémie est maîtrisée depuis longtemps via une stratégie de type zéro covid, pays qui n’ont en quelque sorte pas besoin de la vaccination pour redresser leur situation économique et sanitaire. La vaccination constitue pour les autres pays occidentaux une forme de planche de salut pour sortir d’une situation globale dégradée voire catastrophique en 2020 puisqu’on a vu qu’au final leurs performances étaient assez proches en termes de résultats par exemple mesurés en décès covid par unité de population.

Mais il y a une très grosse différence de rythme de vaccination : les pays qui vont vite (Etats-Unis, Royaume-Uni, Israël) d’un côté du fait de stratégies globales de vaccination arrêtées en amont et apparemment efficaces, de l’autre les pays de l’Union européenne qui ont mutualisé leur sourcing des vaccins et ont vacciné à date deux à trois fois moins de personnes que les trois pays cités précédemment.

 

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Il est donc intéressant de regarder le benchmark entre la France et le Royaume-Uni où par exemple le Financial Times considère que les vaccins sont efficaces et conduisent au « covid endgame ».

Les données publiques font apparaître une certaine corrélation entre la montée en puissance de la vaccination et le nombre des cas et des décès covid : depuis le 10 janvier 2021, le Royaume-Uni est passé de près de 900 cas et 15 décès par jour et million d’habitants à 37 cas et 0.4 décès, tandis que près de 50 % de la population a reçu une dose et 15 % a finalisé son traitement vaccinal.

 

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Pour la France on reste sur la même période dans une fourchette de 300 à 500 cas par jour  et 4 à 6 décès par jour et million d’habitants avec à date 18 % de la population ayant reçue une dose et 7 % un traitement complet, grosso modo la moitié des chiffres britanniques.

Bien sûr une analyse multifactorielle est indispensable pour comprendre ces écarts de performance mais ces données accréditent toutefois fortement ceux qui considèrent que la vaccination est le « game changer », la solution magique qui permet aux pays occidentaux de sortir des déboires rencontrés de façon indifférenciée en 2020.

Michaël Rochoy : Cela fonctionne sur les courbes de cas, d’hospitalisations, de réanimations et de décès dans plusieurs pays. C’est plutôt rassurant et nous n’avons pas de cas où la campagne n’est pas efficace. Même si la vaccination est imparfaite avec des vaccins qui auraient un taux defficacité de lordre de 30 %, cela marcherait.

 

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Les contaminations varient en fonction des tests, mais en regardant bien le taux de mortalité on voit l’influence bénéfique du vaccin.

En France, les classes les plus âgées sont moins nombreuses en réanimation, peut-on espérer la même situation pour toutes les tranches d’âge une fois la vaccination élargie ? Y-a-t-il des exemples probants de cela à l’étranger ?

Charles Reviens : Le bon interlocuteur pour cette question serait un spécialiste des maladies infectieuses.

Un article de WordNewsEra compare par tranche d’âge les contaminations, entrée à l’hôpital et décès covid-19 et constate une baisse forte depuis le 25 janvier 2021, les baisses étant d’autant plus forte que la population en question est davantage vaccinée.

 

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L’article compare également les mêmes données pour la France pour les plus de 80 ans sur lesquels la campagne de vaccination s’est priorisée et les moins de 60 ans avec une divergence de même nature.

Il y semble donc y avoir un lien entre pourcentage de vaccination dans un groupe cible et réduction du risque pour ce groupe, considération bien entendu à intégrer dans une analyse multifactorielle incluant entre autres l’évolution des virus (variants) et les autres mesures de gestion de la pandémie (mesures sociales, soins apportés aux personnes contaminées).

Michaël Rochoy : Les populations les plus âgées habitant en EHPAD ont été vaccinées et le taux d’incidence baisse. Il n’y a même quasiment plus de morts et à circulation équivalente du virus, la situation n’est plus du tout comparable à celle de novembre dernier.

En France, les taux de vaccination sont plutôt élevés pour les personnes les plus âgées, nous sommes autour de 70 % pour les plus de 75 ans.  Au Royaume-Uni, nous voyons que cela fonctionne sur toutes les tranches d’âges car cela leur permet d’ouvrir et espérer un retour à la normale.

Le succès des campagnes vaccinales a-t-il permis aux gouvernements à travers le monde dalléger leurs restrictions sur les libertés des citoyens ? Cela montre-t-il le peu defficacité des restrictions de déplacements mises en place en France depuis des semaines ?

Charles Reviens : Il faut faire la distinction entre les restrictions sociales à l’intérieur d’un territoire et le contrôle d’accès à ce territoire.

Au Royaume-Uni, les écoles ont réouvert leurs portes le 8 mars dernier avec généralisation des autotests et l’essentiel des commerces et des lieux d’hospitalité sont réouverts depuis le 12 avril, y compris certains stades avec des jauges très limitées. Donc les restrictions sont désormais beaucoup moins sévères qu’en France qui vit sous l’empire du « confiné déconfiné », nouvelle variation du confinement arrêtée par l’exécutif fin mars 2021, dans le contexte déjà évoque d’une stabilisation du nombre de nouveaux cas et de décès depuis le début de l’année mais sans baisse comparable à ce qu’on constate en Grande-Bretagne.

La situation est très différente concernant l’accès au territoire avec une reprise de fait au Royaume-Uni de mesures déployées en Asie et notamment à Singapour : séjour obligatoire de dix jour en hôtel agréé par le gouvernement et facturé 2 000 euros si l’on vient d’un pays inclus dans la liste rouge, isolement dans un lieu de son choix mais avec appel quotidien de contrôle pour les autres.

Il faudra un jour analyser pourquoi les société occidentales et notamment la société française ont imposé à l’ensemble de la population et des acteurs économiques des restrictions tout à fait inédites en temps de paix tout en semblant avoir eu la plus grande difficulté à imposer des contraintes importantes mais strictement ciblées aux personnes à risque et aux personnes contaminantes.

Michaël Rochoy :  Les pays qui ont le plus vacciné sont en train de réouvrir c’est indéniable. La vaccination est une bonne solution de sortie de crise à long terme, mais ce n’est pas une bonne à court terme. Ce qui marche le mieux dans ce dernier cas c’est la prévention. Certains pays qui n’ont pas accès aux vaccins doivent mettre en place une stratégie efficace pour stopper la contamination. La vaccination est un cadeau pour les pays riches et elle n’est pas répartie de façon égale entre les pays.

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