« Il faut vraiment le faire ? » : face au médecin ou au pharmacien, des indécis se laissent convaincre par le vaccin anti-Covid

Par Sudouest.fr avec AFP
Publié le 28/07/2021 à 9h23

Selon les médecins et pharmaciens, les indécis sont bien pus nombreux que les anti-vaccins convaincus

« Est-ce qu’il faut vraiment le faire, docteur ? » : Face aux inquiétudes des patients, médecins et pharmaciens s’appuient sur leur relation de confiance pour amener à la vaccination les indécis, beaucoup plus nombreux chez eux que les anti-vaccins convaincus, selon eux.

« Ça n’arrive pas si fréquemment que des patients nous opposent des fausses informations glanées sur les réseaux », explique Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France. Mais pharmacies et cabinets médicaux ne se sont pas pour autant transformés en foire d’empoigne. Certes, « des fake news circulent sur tout et n’importe quoi » et « il faut pouvoir les démentir au cabinet », mais pour Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), « c’est loin d’être la majorité des consultations ».

En général, c’est même plutôt : « Est-ce qu’il faut vraiment le faire, docteur ? ». « Oui, c’est bien pour vous ». « Bon, ben, d’accord », raconte le médecin, ajoutant que même s’il « caricature un peu, globalement ça va assez vite ».

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« Bon allez ok »

Les atouts des praticiens : connaître leurs patients, connaître leurs pathologies, leurs facteurs de risques et « avoir une relation de confiance ». Même son de cloche en officine : « au 2e ou au 3e test antigénique » réalisé pour aller au cinéma ou au théâtre, « la personne me dit : bon allez, ok pour la vaccination », raconte Philippe Besset, président de la FSPF, premier syndicat de pharmaciens.

« Les gens se rendent bien compte qu’ils ne vont pas faire ça toutes les 48h ! », s’amuse le pharmacien à propos de patients qui affirmaient jusqu’alors qu’en faisant attention, ils passeraient à travers la crise du Covid-19.

Les questions des patients n’en restent pas moins « légitimes ». Et globalement, les gens ont quand même « un certain niveau critique » et sont « assez raisonnables ». « Si on leur explique, si on détaille les choses, ils sont tous capables de comprendre », juge Michaël Rochoy. Et « les antivaccins sont assez rares mais peut-être aussi qu’ils n’osent pas le dire aux pharmaciens parce qu’ils savent qu’ils vont recevoir la messe en latin », note Philippe Besset.

Problèmes administratifs

La semaine dernière, 255 000 personnes ont été piquées en pharmacie, 182 000 chez leur médecin, selon les chiffres du ministère de la Santé.

La difficulté, pour Michaël Rochoy, est plutôt d’organiser la vaccination. « Toute la partie administrative, pour laquelle on pourrait avoir de l’aide de la Sécurité sociale, me prend plus de temps que de démentir les infox auprès des patients », regrette-t-il. « Et le vrai problème, c’est toujours le manque de vaccins », ajoute le généraliste. Cette semaine, il a obtenu deux flacons de Moderna mais assure qu’il aurait pu « trouver douze personnes de plus sans problème ».

« Moderna, c’est un peu l’arlésienne », abonde Jacques Battistoni. « Tous les mois, on nous dit vous allez voir, jusqu’à maintenant c’était compliqué mais le mois prochain ça va aller beaucoup mieux ».

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