Covid-19 : sur Twitter, un généraliste s’intéresse aux raisons de la non-vaccination | Le Généraliste

Le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), a réalisé une enquête pour « mieux comprendre pourquoi il y a des non-vaccinés » dans la population. Son étude a été réalisée sur une journée, le 28 juin 2021, et concerne les personnes non-vaccinées à ce jour. Les 123 réponses au questionnaire ont été faites principalement par des professionnels de santé (91 sont médecins généralistes, 13 IDE, 5 pharmaciens, 4 spécialistes (pneumologue, endocrinologue), une sage-femme) qui partageaient sur des cas rencontrés dans leur patientèle mais également par 9 patients. Les répondeurs venaient de toute la France, « avec une large prédominance pour le Nord-Pas-de-Calais », précise le praticien, ce qui s’explique par sa communauté locale sur le réseau social Twitter. Aussi, note-t-il, les 26-24 ans sont les plus représentés. Les non-vaccinés du 28 juin 2021 : une enquête sur Twitter https://t.co/mtzxUOhLnn — Michaël (@mimiryudo) July 5, 2021 La démarche du Dr Rochoy est la suivante : « on entend dire que les gens refusent ou sont contre la vaccination, j’ai voulu faire quelque chose de scientifique – sans prétention – et voir quels sont les arguments opposés au vaccin, ainsi que chiffrer un peu. » Selon lui, les antivax ont trop la parole. « Bigard et Lalanne, parce qu’ils sont des personnalités publiques, apparaissent dans les médias, comme Quotidien. Pourtant, personne ne va chez les plus précaires qui veulent se faire vacciner à domicile. » En effet, dans son étude, 6 % des non-vaccinés sont antivax, soit autant que ceux qui veulent être vaccinés à domicile. De quoi relativiser selon lui leur écho médiatique. Bigard, Lalanne et la 5G dans les vaccins Les raisons de la non-vaccination sont cumulatives : manque de recul à long terme (34 %) ; n’en ressent pas l’utilité (24 %) ; n’a pas pris le temps, mais va le faire (24 %) ; attend sa deuxième dose de vaccin (14 %) ; attend un vaccin spécifique – français par exemple – (7 %) ; veut être vacciné à domicile (6 %) ; souscrit au discours anti-vaccin complotiste – Bigard, Lalanne, 5G, Nouvel ordre mondial, Bill Gates – (6 %) ; appréhension à cause d’un proche – qui refuse que la personne se fasse vacciner, a eu un effet indésirable type myocardite – (5 %) ; veut être vacciné chez son médecin traitant ou pharmacien (5 %) ; crainte d’un effet sur la fertilité (5 % – uniquement des femmes) ; attente des 2-6 mois après infection (4 %) ; a appelé mais n’a pas trouvé de rendez-vous (4 %) ; ne veut pas car n’a jamais fait de vaccin (3 %) ; pas au courant que sa situation lui permet de se faire vacciner (2 %) ; peur des piqûres (1 %) ; attente que des copines le fassent (1 %). S’ils avaient un vaccin ARNm (Pfizer ou Moderna), 31 % des répondants estiment qu’ils auraient pu vacciner leur patient réticent. Mais 39 % jugent qu’ils n’auraient pas pu. « Globalement, cette enquête conforte mon expérience en cabinet », note le Dr Rochoy. « Les antivax ne représentent pas grand-chose. Ce n’est pas le reflet de la réalité », ajoute-t-il. L’absurde et la Cnam Le praticien en conclut qu’il faut avoir des vaccins ARNm en ville. « Quand j’ai du Moderna, les gens prennent rendez-vous. Je suis sûr que j’aurais pu vacciner 1/4 voire 1/3 des non-vaccinés si j’en avais eu plus. » Selon lui, il faudrait également que les généralises aient accès à la liste des patients non-vaccinés. Et il est « absurde » qu’elle ne soit toujours pas accessible « puisqu’avec le numéro de sécurité social, ces informations sont disponibles individuellement ; donc, je peux constituer la liste… ça prend juste du temps », remarque le libéral d’Outreau, qui avait fait la demande auprès de la Cnam en avril déjà. Le praticien propose également de créer des lieux de vaccination sans rendez-vous, informer sur l’intérêt du vaccin pour ceux qui pensent qu’il est faible et enfin informer sur le recul à long terme qui est le premier frein. Mais le problème principal, pour lui, ce sont les inégalités qui demeurent. « Les personnes les plus à risque sont précaires. Diabète, tabac, obésité… ce sont les plus pauvres qui sont aussi les plus exposés. Ces personnes ne pouvaient par exemple pas télétravailler pendant les différents confinements. De même, ils ont moins accès aux vaccins. »Source: Covid-19 : sur Twitter, un généraliste s’intéresse aux raisons de la non-vaccination | Le Généraliste