Covid-19 : Expansion, symptômes, évolution… 20 Minutes fait le point sur le variant Delta

Accueil Santé Un chercheur dans un laboratoire de Sanofi à Marcy-l’Etoile près de Lyon, le 16 juin 2020. — GONZALO FUENTES-POOL/SIPA Le variant Delta est apparu en Inde au mois d’avril. Selon le ministre de la Santé, il représente entre 2 et 4 % des cas avérés actuellement en France.   Plus contagieux que ses prédécesseurs, il présente des symptômes plus légers et touche davantage les jeunes, qui sont moins nombreux à être vaccinés que les seniors pour le moment.   Le meilleur moyen de lutter contre ce variant reste la vaccination.   Apparu au mois d’avril dernier, le variant Delta du coronavirus se dévoile au compte-goutte et laisse planer la menace d’une forte propagation. Si Olivier Véran indiquait, ce mardi, qu’il représente « entre 2 % et 4 % des cas positifs rapportés chaque jour en France », difficile de savoir quelle sera son évolution dans les semaines à venir. Alors que Jean Castex a sonné ce mercredi le glas du port du masque en extérieur (dès jeudi) et celui du couvre-feu (dès dimanche), 20 Minutes fait le point sur ce virus apparu en Inde avec Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (62), chercheur en épidémiologie et cofondateur du collectif « Stop-postillons ». Qu’en est-il de la situation en France ? Le 25 mai dernier, Santé publique France estimait la représentation du variant Delta à 0,5 % des prélèvements effectués dans le pays (près de 88 % pour le variant Alpha). Les chiffres présentés par le ministre de la Santé ce mardi ne montrent donc pas une explosion du nombre de cas, comme cela a pu être le cas au Royaume-Uni, où il représente désormais plus de 90% des cas avérés. Mais pour Michaël Rochoy, le Delta devrait continuer à gagner du terrain : « Il possède un avantage sélectif sur les autres variants connus. Comme il se reproduit plus et plus vite que les autres, il pourrait devenir majoritaire à terme. » Ce que le médecin appelle la « sélection darwinienne des virus ». En quoi est-il différent ? Outre ses « qualités » de transmission biologiques, qui semblent supérieures à ses prédécesseurs, le Delta possède d’autres caractéristiques. Notamment ses symptômes : ils sont plus discrets. Les pertes de goût et d’odorat semblent moins présentes chez les personnes porteuses. « Les symptômes ressemblent plus à un rhume qu’à une grosse grippe », explique Michaël Rochoy. Une discrétion qui fait baisser la vigilance de ses porteurs. Dont les jeunes, particulièrement touchés par ce variant Delta, et qui « adoptent plus souvent des comportements à risque ». Des jeunes qui ont commencé à se faire vacciner bien plus tard que leurs aînés. Faut-il craindre une offensive du Delta cet été ? L’été 2020 l’a montré, le Covid-19 n’aime pas la chaleur. Non pas parce qu’il étouffe, comme un être humain en période de canicule, mais parce que nos habitudes changent. « C’est la situation comportementale qui l’a fait stagner l’année dernière, le fait que les gens s’enferment moins, donc prennent moins de risques », détaille Michaël Rochoy. Il ajoute que si le virus est plus contagieux, il sera aussi « contré par l’immunité gagnée par rapport à 2020, entre ceux qui ont déjà été contaminés et la vaccination ». Une nouvelle vague en septembre est redoutée, mais il est encore trop tôt pour se prononcer, selon le médecin : « D’autant que les masques sont obligatoires sur les lieux de travail, ce qui n’était pas le cas avant la rentrée l’année dernière. » Les annonces de Jean Castex vont-elles changer la donne ? Le Premier ministre a donc annoncé ce mercredi de nouvelles mesures de déconfinement : fini le port du masque obligatoire en extérieur (sauf rassemblement), et fin du couvre-feu à 23h. Pour Michaël Rochoy, ces mesures n’impacteront pas le développement du Covid-19, et donc du variant Delta : « Pourtant grand défenseur du port du masque, j’ai toujours dit qu’il était inutile en extérieur, en dehors des rassemblements type marchés, sorties d’écoles, files d’attente… » La fin du couvre-feu ne changera pas non plus la situation, selon le médecin, qui préfère revenir sur les mesures précédentes : la réouverture des restaurants en intérieur et la fin du couvre-feu à 21h. « On sait, depuis une étude de 2020, que les restaurants sont le comportement le plus à risque, devant les salles de sport. C’est une erreur de les laisser réouvrir », explique-t-il. Et le couvre-feu à 21h ? « Il évitait un deuxième service. » Pour le chercheur, un couvre-feu avec les restaurants ouverts, c’est comme « interdire un couteau à beurre en autorisant une scie électrique ». Pour éviter la propagation du Delta, Michaël Rochoy insiste sur les armes communes à tous les variants. Outre le port du masque systématique en intérieur et lors de rassemblements en extérieur. la double vaccination est l’arme la plus efficace. Elle évite les hospitalisations, en plus de limiter les contaminations : « Cela pourrait nous épargner un variant Epsilon qui serait encore plus dangereux. »Source: Covid-19 : Expansion, symptômes, évolution… 20 Minutes fait le point sur le variant Delta