Fin du masque en extérieur après le 30 juin : serait-ce une bonne chose ?

  Alors que les mesures sanitaires se relâchent progressivement et que la chaleur s’installe, nous aspirons tous et toutes à enlever notre masque à l’extérieur. Mais est-ce vraiment raisonnable ? Jérôme Salomon le Directeur général de la Santé n a annoncé ce 14 juin sur RTL que le port du masque en extérieur pourrait ne plus être obligatoire à partir du 1er juillet 2021 en France. Rien n’a encore été confirmé par l’exécutif, mais s’agirait d’une décision des plus logiques, eût égard au lâchage de lest progressifs sur le territoire. Si entre la lassitude et la chaleur, cette nouvelle a de quoi nous faire très plaisir, est-elle pour autant une bonne chose sur le plan sanitaire ? Le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau et membre du collectif Du Côté De La Science, joint par Numerama ce 14 juin, tient d’abord à insister sur un point : « Jérôme Salomon a bien dit ‘Si les conditions sanitaires le permettent’. C’est à noter, car le calendrier de déconfinement du gouvernement, largement prévu à l’avance, ne prend pas ou très peu en considération des indicateurs clés comme l’incidence ou le taux de reproduction effectif. » Le port du masque en extérieur n’a jamais eu beaucoup de sens Reste que pour le médecin, le masque en extérieur n’a globalement que peu d’intérêt : « Le port du masque en extérieur n’a jamais vraiment eu de sens. Du fait de la très majoritaire transmission du virus par la voie aérienne (les aérosols), les contaminations en extérieur sont relativement rares, puisque le virus est rapidement dilué dans l’air. On l’a vu l’année dernière : l’été s’est bien passé, quand bien même personne n’était vacciné, qu’il y avait moins de personnes immunisées après avoir été infectées et guéries et que le masque n’était pas obligatoire dans certains lieux clos, comme les entreprises.  » Il ajoute : « Aucun scientifique n’a jamais réclamé le port du masque en extérieur alors que nous avons fait des pieds et des mains pour qu’il soit obligatoire en intérieur. On a l’impression qu’imposer le masque en extérieur, comme par exemple sur les plages, a toujours été davantage une démonstration de force politique que quelque chose de vraiment légitime sur le plan sanitaire.  » De fait, une méta-analyse américaine publiée en février 2021 estime à moins de 10 % le pourcentage de transmissions du Sars-CoV-2 et suggère que le risque est faible pour toutes les situations où l’on est à l’air libre et en mouvement, comme marcher dans la rue ou sur la plage. Source : Pexels Une question de responsabilité individuelle Reste que certaines situations peuvent être à risque. Il faudrait alors compter sur l’intelligence de chacun et de chacune pour le porter lorsqu’ils et elles s’y trouvent confrontées. « C’est le cas de toutes les zones extérieures à forte densité où l’on reste immobile ou presque  » explique le Dr Rochoy. Il précise : « Les marchés où l’on piétine, les sorties d’école, les files d’attente… » Ce qui compte, c’est la proximité du contact et s’il est prolongé ou non. Par exemple, si vous êtes en terrasse — généralement au coude à coude avec vos voisins de table et que vous avez terminé de consommer, cela ne serait pas totalement absurde de remettre votre masque pour vous protéger et protéger les autres. Comme l’explique le Dr Rochoy en appelant à la responsabilité individuelle : «  Ce sont des petits gestes assez anodins au quotidien, mais qui collectivement font la différence et permettent d’équilibrer avec d’autres mesures comme la réouverture des restaurants en intérieur ou des salles de sport. » Ne pas oublier la pandémie en cours En fait, le vrai et plus gros danger à ne plus porter le masque en extérieur est « d’oublier » que la pandémie est toujours en cours. Ce serait concrètement ne pas penser à remettre son masque lorsque l’on rentre dans un magasin ou des bureaux, ou encore dans les transports en commun comme le bus ou le métro qui restent des espaces fermés (très) mal ventilés et où on a tendance à être agglutinés. La Dre Hélène Rossinot, médecin de santé publique, ajoute : « Il y a aussi la dimension symbolique dans le port du masque en extérieur. C’est l’un des marqueurs forts les plus visibles du fait que la pandémie n’est pas terminée et que l’on doit continuer d’être vigilants et de respecter un certain nombre de règles sanitaires. » Le Dr Rochoy pondère néanmoins : « Entre le port du masque dans les lieux publics clos, les campagnes gouvernementales et les informations, il y a quand même peu de chances que nous oublions. » Alors, si le port du masque n’est effectivement plus obligatoire au 1er juillet, notre nouveau réflexe sera donc d’avoir toujours un ou plusieurs masques propres dans notre sac quand nous sortons afin de pouvoir en enfiler un dès lors que l’on se retrouve dans une foule ou que l’on pénètre dans un lieu clos. 3995/post_tag Crédit photo de la une : pixnio Partager sur les réseaux sociaux La suite en vidéo  Source: Fin du masque en extérieur après le 30 juin : serait-ce une bonne chose ?

Vaccins Covid-19 : pourquoi vous n’avez pas les mêmes effets secondaires que vos proches

  Après avoir été vaccinées contre le Covid-19, certaines personnes éprouvent un syndrome pseudo-grippal quand d’autres se sentent en pleine forme. Des disparités qui s’expliquent autant par le hasard que par certaines prédispositions. Manon, 35 ans, partage avec nous son incompréhension : «  Mon compagnon et moi avons reçu notre unique dose de vaccin Pfizer le même jour — nous avions tous les deux eux le covid à l’automne. Le lendemain, j’étais complètement cassée avec un peu de fièvre et des maux de tête. Lui était en pleine forme, il a été courir le matin et a passé la journée à bricoler.  » Les effets indésirables dont parle Manon sont connus et documentés. Selon les documents de référence de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) destinés aux professionnels de santé, la fatigue, les céphalées, les frissons ou la fièvre sont des effets secondaires très fréquents des vaccins contre le Covid quels qu’ils soient : ils affectent plus d’une personne vaccinée sur dix. Derrière ce chiffre, il y a 50 nuances de symptômes de réactogénicité, que ce soit dans leur forme que dans leur intensité. Et il y a bien sûr un grand nombre de personnes qui ne ressentiront aucun effet indésirable sans pour autant que cela ne préjuge de l’efficacité du vaccin. Ainsi, pour le vaccin Pfizer, 50 % des personnes vaccinées lors de l’étude clinique n’ont pas éprouvé de symptôme particulier après l’injection, alors même que plus de 90 % d’entre elles ont développé une immunité. Comment expliquer ces disparités ? Tout vaccin induit une réponse immunitaire Pour cela, il faut comprendre comment fonctionne le vaccin. Celui-ci vise à tromper notre système immunitaire en lui faisant croire que le virus envahit notre organisme ce qui le force à réagir en envoyant des globules blancs. En toute logique, cette réaction se traduit par des symptômes qui sont proches de ceux de la maladie provoquée par une contamination au virus mais ils sont moins durables et surtout, ils sont généralement sans conséquence. Dans un récent article de vulgarisation, et afin d’expliquer la survenue ou non d’effets indésirables, l’immunologiste anglaise Veenu Manoharan propose d’expliquer la manière dont le système immunitaire développe une immunité protectrice contre les virus lorsqu’il est déclenché par un vaccin. Le principe est assez simple : deux branches de l’immunité sont activées pour obtenir le but escompté, l’immunité spécifique durable. D’une part, la vaccination active l’immunité innée, ce qui se traduit par une inflammation avec possiblement fièvre, douleurs, fatigue, etc. Et d’autre part, elle stimule l’immunité adaptative. Celle-ci ne provoque pas de réaction particulière directe. L’immunologiste explique : « Chez certaines personnes, la réponse inflammatoire des systèmes immunitaires inné et adaptatif est exagérée et se manifeste comme un effet secondaire. Chez d’autres, bien qu’elle fonctionne normalement, elle n’atteint pas des niveaux qui pourraient provoquer des effets secondaires notables. » Vaccination contre le covid. // Source : Flickr/CC/Ville de Gennevilliers – Compte officiel (photo recadrée) Des disparités explicables (ou pas) Très bien. Mais comment expliquer les disparités ? Pourquoi Manon a t-elle passé la journée avachie et endolorie sur son canapé pendant que son compagnon se portait comme un charme ? Il n’y a, sur ce point, pas de vérité absolue. « Nous sommes tous et toutes très différents par rapport à la réaction de notre système immunitaire face au vaccin  », nous explique Dr Stéphane Korsia-Meffre, rédacteur médical, enseignant en Département universitaire de Médecine générale et vétérinaire. « Il y a très peu d’explications concernant les variations de symptômes de réactogénicité selon les personnes. » renchérit Mathieu Molimard, chef du service pharmacologie médicale au CHU de Bordeaux. « Il y a peut-être parfois un effet ‘nocebo’ à force d’entendre ses proches évoquer des symptômes plus ou moins intenses », avance le Dr Michael Rochoy, médecin généraliste. Toutefois, on retrouve certaines constantes. « Ce que l’on peut dire c’est qu’il y a souvent plus de symptômes chez les jeunes qui ont un système immunitaire plus performant. » explique Mathieu Molimard. De fait, on remarque souvent que les effets indésirables des vaccins sont moins importants au delà de 65 ans ce qui correspond à une sénescence du système immunitaire. Dans la même veine, les personnes immuno-déprimées ont généralement moins d’effets indésirables en raison de leur système immunitaire déficient. Il en va de même chez les personnes souffrant de maladies inflammatoires chroniques, telles que la polyarthrite rhumatoïde, les maladies inflammatoires de l’intestin et la sclérose en plaques et qui prennent des médicaments immunosuppresseurs pour contrôler leurs symptômes. On remarque aussi que les femmes cisgenres déclarent davantage d’effets indésirables. Dans le premier bulletin de pharmacovigilance publié par le CDC fin février 2021, on constate en effet que 79 % des personnes ayant fait part symptômes de réactogénicité après la vaccination sont des femmes cisgenres. «  On ne sait toutefois pas si c’est parce qu’elles sont davantage attentives à leurs ressentis ou si c’est parce qu’elles sont effectivement plus sensibles. » signale Stéphane Korsia-Meffre. Reste qu’il est possible que cela soit en partie due à la testostérone qui a tendance à atténuer l’inflammation et rendrait ainsi les hommes moins sujets aux effets indésirables. Le passé infectieux de la personne joue aussi un rôle notable. Si l’on a déjà contracté le Covid-19 voire même une autre infection à coronavirus – les interférons ici responsables étant assez généralistes, il y a plus de risques de ressentir des effets indésirables. Le système immunitaire connaissant déjà les caractéristiques du virus, il a davantage tendance à réagir. Des particularités en fonction des vaccins Autre fait notable, uniquement avec la vaccin Pfizer : la seconde dose a tendance à induire davantage de réactions. Une grande enquête menée par le CDC du 14 décembre 2020 et le 28 février 2021 met en évidence que 47,8 % des vaccinés ont ressenti de la fatigue après la deuxième dose de Pfizer contre 29,1 % lors de la première. Et 40 % ont ressenti un mal de crâne après la deuxième contre 24 % lors de la première. Concernant maintenant le vaccin Moderna et sa particularité à donner parfois des réactions locales assez importantes sous forme de d’érythème, de prurit ou de rash, «  Il n’y a pas de règle, ni de facteur de risque, cela peut arriver à tout le monde » note Stéphane Korsia-Meffre. Pour ce qui est des effets indésirables graves mais néanmoins très rares, il faut noter que pour les coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) et de thrombose veineuse cérébrale (TVC), les instances de pharmacovigilance ont noté une surreprésentation chez les personnes de moins de 55 ans — d’où la restriction d’âge mise en place en France au regard du rapport risque bénéfice. Enfin, les myocardites associées à l’injection d’un vaccin ARN-m semblent toucher essentiellement de jeunes hommes dans la vingtaine sans que l’on ne sache trop pourquoi. Le plus souvent sans gravité, celles-ci ne devraient pas mettre en cause la vaccination de cette population. Dans tous les cas, les effets indésirables sont, pour une énorme majorité, absolument bénins et bien préférables à la maladie elle-même. Et, le fait qu’il n’y ait pas de symptômes après la vaccination ne veut pas dire que le vaccin n’a pas été efficace. On peut avoir une très bonne réponse immunitaire sans réaction particulière. 3995/post_tag Crédit photo de la une : Capture d’écran de Friends (NBC/Netflix) Partager sur les réseaux sociaux La suite en vidéo  Source: Vaccins Covid-19 : pourquoi vous n’avez pas les mêmes effets secondaires que vos proches

Un couvre-feu à 23 h est-il vraiment utile pour lutter contre le Covid-19 ?

Ouest-France Publié le 09/06/2021 à 18h22Abonnez-vous

C’est l’une des mesures phares de cette troisième phase du déconfinement : le décalage de l’heure du couvre-feu à 23 h. Mais, ainsi modifiée, cette mesure de lutte contre le Covid-19 garde-t-elle une utilité ? On fait le point.

À défaut d’être acceptée avec joie, la logique à l’œuvre derrière la mise en place d’un couvre-feu à 18 h avait été plutôt bien comprise : il s’agissait d’éviter tout contact rapproché en dehors de la sphère professionnelle. Le but du couvre-feu à 21 h, en vigueur depuis le 19 mai, était également relativement clair : empêcher, tout en assouplissant quelques restrictions, la tenue de certaines soirées ou de certains repas à fort potentiel de contagiosité.

Suivez en direct l’actualité du mercredi 9 juin en lien avec la pandémie de coronavirus et le déconfinement

Mais quid d’un couvre-feu entrant en vigueur à 23 h, comme c’est le cas depuis ce mercredi 9 juin ? Quelle utilité peut encore avoir ce dispositif avec une heure de déclenchement aussi tardive ?

Un couvre-feu est toujours utile, mais…

Les scientifiques le rappellent : quelle que soit son heure de début, un couvre-feu garde une part d’utilité.

Matthieu Revest, infectiologue au service maladies infectieuses et réanimation médicale du CHU de Rennes, explique ainsi à Ouest-France que « chaque situation d’interaction sociale évitée est bonne pour contrôler l’épidémie ». Et cela vaut donc également pour celles qui auraient dû avoir lieu après 23 h : « Cela va continuer à diminuer le nombre d’interactions par rapport à la vie normale. »

Néanmoins, ces interactions évitées après 23 h sont moins nombreuses que celles évitées entre 21 h et 23 h. Et, parfois, le mal (la contamination) a déjà été fait auparavant, lors du début de soirée. « C’est vrai que cet horaire va limiter l’efficacité du couvre-feu », admet François Bricaire, infectiologue et membre de l’Académie de Médecine, interrogé par Ouest-France.

« Colmater une petite brèche »

Conserver un couvre-feu à 23 h, avec cette utilité connue mais réduite qu’on peut lui prêter, n’est-ce donc pas un coup d’épée dans l’eau ?

C’est ce que pense Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), interrogé par Le Figaro. Pour lui, le couvre-feu à 23 h, s’il limite « un peu les contaminations », « consiste à colmater une petite brèche (les contaminations pouvant avoir lieu après 23 h) alors qu’on ouvre un barrage », à savoir la possibilité d’aller dans les salles intérieures des bars et restaurants, que l’on sait propices aux contaminations.

Toujours dans Le Figaro, Mircea Sofonea, maître de conférences à l’Université de Montpellier, évoque même un potentiel effet pervers de cette mesure, qui pourrait selon lui amener des soirées à se terminer en intérieur, par peur du couvre-feu, plutôt qu’à l’extérieur, où le risque de contamination est moins grand.

De son côté, l’épidémiologiste Martin Blachier va plus loin et juge même que, au vu « du phénomène saisonnier », qui rend selon lui le virus bien plus inoffensif en été, « le couvre-feu à 23 h est sans doute superflu ».

Une manière de demander aux Français de rester vigilants

Toutefois, François Bricaire voit tout de même un intérêt dans le maintien d’un couvre-feu : celui de signifier que l’épidémie n’est pas tout à fait derrière nous. « Ce dont il faut se méfier, c’est un relâchement trop fort des gestes barrières », prévient-il.Déconfinement : autoriser l’ouverture des salles de bars, cafés, restaurants, est-ce une décision responsable ?Débattez !

Pour lui, le maintien d’un couvre-feu, qu’il juge surtout « d’ordre politique », est donc un moyen pour le gouvernement de dire : « Attention, ce n’est pas fini, maintenons les gestes barrières ». Un message qui, effectivement, se fait de plus en plus souvent entendre.

Source : https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/couvre-feu/un-couvre-feu-a-23-h-est-il-vraiment-utile-contre-le-covid-19-5ba8a396-c929-11eb-b44f-78ab7e85b98f

Covid-19 : comment 100 000 personnes de moins de 55 ans ont reçu de l’AstraZeneca malgré les recommandations – Le Parisien

  AbonnésCet article est réservé aux abonnés. Une pharmacienne prépare des doses de vaccin AstraZeneca, à Savenay (Loire-Atlantique), le 2 avril 2020. AFP/Loic Venance  Par Nicolas Berrod,  Victor Alexandre et  Stanislas de Livonnière  Le 12 juin 2021 à 11h58   Pour un phénomène qui se mesure « au compte-gouttes », selon le ministère de la Santé, cela fait tout de même beaucoup de gouttes : pas moins de 100 000 personnes âgées de moins de 55 ans ont reçu une première dose d’AstraZeneca depuis le 22 mars, d’après les données de l’Assurance Maladie que Le Parisien a épluchées. C’est la première fois qu’il est possible de mettre un chiffre sur ce phénomène, bien connu mais que l’on pensait plutôt marginal. Certes, ce nombre de précisément 101 458 paraît peu par rapport aux 3 millions de primo-vaccinés avec « Astra » sur cette même période de près de trois mois. Mais c’est significatif, quand on sait que ce vaccin n’est plus censé être utilisé chez ces classes d’âge depuis le 19 mars, en raison d’un rapport bénéfice/risque jugé insuffisant. Un peu plus de 500 000 personnes âgées de moins de 55 ans avaient reçu de l’AstraZeneca auparavant. « Responsabilité des vaccinateurs » Les données de l’Assurance Maladie étant hebdomadaires, nous avons choisi de démarrer notre analyse à la semaine du 22 au 28 mars, lors de laquelle 25 000 personnes sont passées « à travers » les mailles du filet. Ce phénomène continue, même s’il s’amenuise au fil des semaines : du 31 mai au 6 juin, près de 2 000 personnes âgées de moins de 55 ans ont reçu une première injection d’AstraZeneca, contre 3 000 la semaine précédente. Ils étaient pourtant aussi éligibles Pfizer ou Moderna, décrits comme plus efficaces et dont l’écart entre les deux doses est de « seulement » 6 semaines (12 semaines pour « AZ »). Dans le détail, quand on regarde la proportion de moins de 55 ans vaccinés avec AstraZeneca par rapport à tous ceux qui ont reçu une première dose de vaccin depuis le 22 mars, elle varie selon les départements même si elle reste toujours faible. Les Alpes-Maritimes arrivent largement en tête (2,4 %), devant la Saône-et-Loire et les Alpes-Maritimes. Dans certains territoires ruraux qui figurent dans le top 10, comme la Nièvre, l’une des explications pourrait être que les pharmacies et les cabinets médicaux n’administraient que de l’AstraZeneca jusqu’au début du mois de juin. Or, il s’agit parfois du seul lieu de proximité où il est possible de se faire vacciner dans ce type d’endroit. « Les vaccinations avec AstraZeneca qui pourraient être intervenues [chez des moins de 55 ans] sont évidement au compte-gouttes », nous a donc répondu mardi, lors d’un point presse, le ministère de la Santé. Contactée également, l’Assurance Maladie renvoie vers « la responsabilité des vaccinateurs qui sont des professionnels de santé, et qui se doivent de connaître la recommandation sur la vaccination par AstraZeneca ». Pas d’assouplissement en France Plusieurs médecins et pharmaciens reconnaissent ouvertement avoir administré ce produit à des habitants pourtant pas éligibles, bafouant les recommandations officielles de la Haute autorité de santé et du gouvernement. « Fin mars, j’ai donné une première injection à un couple de 47-48 ans qui n’arrivait pas à se faire vacciner ailleurs (car pas éligible), qui a bien compris le risque et le bénéfice attendu. Et comme la femme est d’origine Italienne, elle voulait voir sa famille fin juin pour la première fois depuis deux ans », témoigne Michaël Rochoy, médecin généraliste dans les Hauts-de-France. « Je pense qu’il y a l’ignorance (à ne pas négliger), le laisser-aller avec des gens qui devaient avoir 54 ans et réclamaient le vaccin, et ceux qui se sont dit qu’ils pouvaient vacciner avec l’accord du patient en considérant que l’autorisation de mise sur le marché était valable dès 18 ans et qu’il n’y avait pas de consensus international sur l’âge minimal pour la vaccination avec AstraZeneca », énumère son confrère Jonathan Favre. Au Royaume-Uni, par exemple, cette limite a finalement été placée à 30 ans. En revanche, contrairement à ce qu’il s’est passé Allemagne, aucun assouplissement de la règle des 55 ans n’a été décidé en France. Les médecins et les pharmaciens qui vaccinent des plus jeunes avec « AZ » le font donc toujours hors du cadre réglementaire. Au risque, éventuellement, que ces vaccinés se retournent contre eux dans l’avenir et qu’ils se retrouvent condamnés. Dans la rubrique Société  Source: Covid-19 : comment 100 000 personnes de moins de 55 ans ont reçu de l’AstraZeneca malgré les recommandations – Le Parisien

Fini le masque sur les plages du Pas-de-Calais

Le préfet du Pas-de-Calais a annoncé, ce mercredi 9 juin, la fin de l’obligation du port du masque sur les plages du Pas-de-Calais. Mais il reste obligatoire dans tous les autres espaces publics précise Louis Le Franc.

Fini le masque, on respire !

Sur le sable fin de la plage de Calais cette mesure est prise avec le sourire. “On va enfin pouvoir respirer” pour Christian. “Pas de masque, ça change tout” déclare Chantal une mère de famille.

L’obligation du masque sur la plage n’avait pas de sens

C’est une bonne chose pour Michaël Rochoy ce médecin généraliste à Outreau et co-fondateur du collectif «Stop postillons» qui a milité dès le début de la pandémie pour le port du masque.  Obligé le masque en extérieur “n’a aucun sens” pour ce chercheur en épidémiologie.

Dans le Pas-de-Calais, le taux d’incidence est désormais de 72 cas pour 100 000 habitants. 425 personnes sont hospitalisées dans le département.

Source: Fini le masque sur les plages du Pas-de-Calais

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10 juin 2021

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Voici l’essentiel de France Bleu Matin

 

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2 juin 2021

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Masque en extérieur: «Aucune raison de le garder dès lors qu’on le retire dans un restaurant»


Masque en extérieur: «Aucune raison de le garder dès lors qu’on le retire dans un restaurant»

Dans un restaurant à Fresnes-les-Montauban. En médaillon: Michaël Rochoy est le co-fondateur du collectif «Stop postillons», qui a oeuvré dès le printemps 2020 pour le port du masque. PHOTOS MATTHIEU BOTTE ET «LA VOIX»

Dans un restaurant à Fresnes-les-Montauban. En médaillon: Michaël Rochoy est le co-fondateur du collectif «Stop postillons», qui a oeuvré dès le printemps 2020 pour le port du masque. PHOTOS MATTHIEU BOTTE ET «LA VOIX»

– Depuis ce mercredi, on peut manger en intérieur dans les restaurants et donc enlever son masque dans un lieu clos. Le conserver à l’extérieur a-t-il toujours du sens ?

« Le port du masque en extérieur est davantage un acte politique que sanitaire, pour montrer qu’on fait quelque chose. Il n’a jamais eu d’intérêt, en dehors des endroits denses où les gens sont collés les uns aux autres par manque de place, comme les marchés, les abords des écoles… À Lille par exemple, ça peut peut-être se discuter rue de Béthune.

Mais dans beaucoup d’autres villes, comme ici à Outreau, on arrive toujours à s’éloigner les uns des autres. Et puis, quelle est la cohérence, dès lors que dans un restaurant vous pouvez le retirer, tout comme dans les restaurants d’entreprise où la règle depuis mars est d’avoir 8m² autour de chaque personne ? Dès lors, il n’y a aucune raison de le garder dehors où on peut quasiment tout le temps laisser cet espace. »

« cela aurait été préférable d’aller le plus loin possible, peut-être jusqu’à mi-juillet pour avoir des taux d’incidence vraiment bas, pour permettre une réouverture la plus sécurisée possible. »

– N’est-il donc pas raisonnable de rouvrir bars et restaurants en intérieur ?

« Les restaurants où on mange sur place sont les principaux lieux de contamination, on le sait depuis juillet 2020. Les gens qui se contaminent à l’école, c’est à la cantine. Même chose au travail. D’un côté, je pense que les rouvrir n’est pas grave : il va y avoir des contaminations qui auraient pu être évitées, un taux d’incidence un peu plus haut, mais on ne va pas avoir une grosse vague cet été. De l’autre, il me semble que cela aurait été préférable d’aller le plus loin possible, peut-être jusqu’à mi-juillet pour avoir des taux d’incidence vraiment bas, pour permettre une réouverture la plus sécurisée possible. »

– Le couvre-feu est depuis mercredi repoussé à 23 h, est-ce pertinent ?

« Le couvre-feu en lui-même ne rime pas à grand chose. Il a un effet indirect qui limite les contaminations parce que ça vous empêche d’aller au restaurant ou de dîner chez des amis quand il est à 19 h. A 21 h, ça a déjà moins de sens, à 23 h ça n’a aucun intérêt. sauf celui peut-être de limiter les rassemblements à l’occasion de l’euro de football. »

« Le risque, si on a beaucoup de gens vaccinés et que le virus circule beaucoup chez ceux qui ne le sont pas, serait d’avoir une mutation résistante à la vaccination qui aurait alors un avantage sélectif très important… Alors on pourrait repartir sur un tour complet de piste »

– Risque-t-on, comme l’an dernier, un retour de bâton à la rentrée ?

« Bien sûr il va y avoir plus de cas à la rentrée, mais il y aura plus de personnes vaccinées, notamment parmi les plus fragiles, donc ça ne devrait plus surcharger le système de santé comme cela a été le cas.

Mais il faut se poser la question des enfants qui ne seront pas du tout vaccinés. Est-ce qu’on maintient les mêmes consignes dans les écoles, les fermetures de classe, les tests, les masques…

Et le risque, si on a beaucoup de gens vaccinés et que le virus circule beaucoup chez ceux qui ne le sont pas, serait d’avoir une mutation résistante à la vaccination qui aurait alors un avantage sélectif très important, un peu comme une girafe qui a un très grand cou peut manger très haut sur un arbre et continuer à proliférer. Alors on pourrait repartir sur un tour complet de piste. »



Source: Masque en extérieur: «Aucune raison de le garder dès lors qu’on le retire dans un restaurant»

Covid-19 : Jean Castex cas contact et à l’isolement durant 7 jours


Covid-19 : Jean Castex cas contact et à l’isolement durant 7 jours

Covid-19 : Jean Castex cas contact et à l’isolement durant 7 jours

Ce qu’il faut savoir :

– Ce mercredi 9 juin marquera un nouvel assouplissement des règles sanitaires. Les bars, cafés et restaurants seront autorisés à reprendre en salles
; il y aura aussi du changement du côté du sport, avec notamment la réouverture des établissements sportifs couverts. Le télétravail est également assoupli.

– C’est aussi l’entrée en vigueur du pass sanitaire.

– Vous cherchez une réponse à une question d’actualité ou un problème pratique ? Vous doutez de la véracité d’une information ? Abonnez-vous au groupe Facebook La Voix solidaire : ensemble, trouvons les réponses à vos questions ou envoyez-nous votre question à lavoixvousrepond@lavoixdunord.fr

Ce direct est terminé, merci de l’avoir suivi.

22h49. Lille : une centaine de policiers pour accompagner le déconfinement

Nouvelles jauges sur les terrasses, clients à 50 % en salle avec obligation d’affichage, interdiction – toujours – de vente d’alcool à emporter… Les règles changent en ce deuxième déconfinement. Ce mercredi soir à Lille, une centaine de policiers ont patrouillé, d’abord pour faire de la pédagogie.

20h51. Jean Castex cas contact et à l’isolement durant 7 jours

Cas contact de son épouse testée positif au Covid-19, le Premier ministre Jean Castex va se placer durant sept jours à l’isolement, a annoncé mercredi Matignon à l’AFP. « Le Premier ministre, qui avait reçu sa première injection de vaccin Astra Zeneca le 19 mars, a été testé négatif ce soir », ont précisé les services du Premier ministre qui a rencontré beaucoup de monde mercredi à l’occasion des nouvelles levées de restrictions. « Néanmoins, en qualité de cas contact, il se place à l’isolement durant sept jours, conformément aux règles sanitaires », a-t-on ajouté de même source. Il avait notamment déjeuné ce midi au restaurant, sans masque donc, face à Bruno Le Maire.

20h38. La situation dans les Hauts-de-France

20h02. Masque en extérieur : « Aucune raison de le garder dès lors qu’on le retire dans un restaurant »

Réouverture des bars et restaurants en intérieur, couvre-feu, port du masque en extérieur… Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau et chercheur en épidémiologie, livre son analyse de cette troisième étape du déconfinement.

19h28. Il n’est plus nécéssaire de porter un masque sur les plages du Pas-de-Calais

Le préfet du Pas-de-Calais a pris ce mercredi un nouvel arrêté en lien avec la lutte contre le Covid-19. Parmi les bonnes nouvelles annoncées par Louis Le Franc, il y a la fin du port du masque obligatoire sur les plages.

19h18. Encore près de 13 500 patients hospitalisés en France

Ce soir, 2 326 patients sont hospitalisés en réanimation contre 2 394 hier. Au total, 13 526 malades du Covid-19 sont encore hospitalisés en France (13 984 malades du mardi et 14 323 lundi). Ces dernières 24 heures, 65 malades sont décédés à l’hôpital, portant le total à 110 203 morts du Covid-19.

18h50. Télétravail ou présentiel, pourquoi choisir? Le nouveau rythme de la vie de bureau

Ce mercredi marquait le retour en présentiel dans les bureaux après des mois de télétravail plus ou moins forcé. Mais la vie d’après au travail se fera sur de nouveaux rythmes. Comme nous l’avons constaté chez Qualimetrie à Roubaix.

18h49. Ces restaurants qui ont attendu ce 9 juin pour rouvrir: le Chaudron monte (enfin!) en température

Pour ces 60 % de bars et restaurants du Nord et du Pas-de-Calais qui ne disposaient pas de terrasse, ce mercredi, en donnant enfin la possibilité d’ouvrir leurs espaces intérieurs, sonne l’heure d’une vraie reprise. Illustration à Valenciennes où après huit mois de fermeture l’effervescence règnait au restaurant le Chaudron.

18h29. Jean Castex en visite dans une salle de sport

18h20. La préfecture de Saint-Martin a décidé de prolonger encore quelques jours le couvre-feu

La préfecture de Saint-Martin a décidé de prolonger encore quelques jours le couvre-feu sur le territoire de l’île antillaise, pour assurer la stabilisation de l’épidémie, à l’heure où le gouvernement a allégé les mesures restrictives dans les territoires voisins. Si la situation sanitaire semble se stabiliser, le secrétaire général de la préfecture Mikaël Doré a annoncé mardi en conférence de presse « qu’au regard des chiffres le préfet maintient jusqu’à la fin de la semaine le couvre-feu de 20h à 3h du matin ».

« Aujourd’hui on a une situation qui revient quasiment à la normale aux Antilles, avec une exception à Saint-Martin pour laquelle les chiffres ne sont malheureusement pas très bons, et pour laquelle on a des mesures de couvre-feu et une vaccination qu’on cherche à accélérer », a déclaré le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, mercredi sur Public Sénat.

17h23. Euro: les joueurs espagnols seront vaccinés contre le Covid-19

La sélection espagnole sera entièrement vaccinée contre le Covid-19 en vue de l’Euro de football qui débute vendredi, après la découverte de deux cas positifs ces derniers jours, a annoncé mercredi à l’AFP le ministère de la Santé. La ministre de la Santé Carolina Darias devait annoncer dans l’après-midi que «la sélection espagnole de football sera vaccinée», a indiqué un porte-parole du ministère à l’AFP, alors que la «Roja» a ajouté vendredi 11 réservistes à son effectif au cas où le nombre de contaminations augmenterait.

16h36. Le protocole sanitaire sème la confusion chez les restaurateurs boulonnais pour la réouverture

Ça y est, les Boulonnais peuvent retrouver l’intérieur des cafés, restaurants et bars depuis hier. Certains gérants de ces établissements regrettent toutefois le manque d’information qui leur a été donné sur la mise en œuvre du protocole sanitaire.

16h05. Les médecins du travail vont pouvoir commander directement leurs doses de Moderna

Les services de santé au travail vont pouvoir commander à partir de la semaine prochaine directement leurs doses de vaccin Moderna via un portail sur le site du ministère de la Santé, a-t-on appris mercredi auprès du ministère du Travail. Un stock de 100 000 doses sera disponible, soit 100 doses par médecin du travail. « Cela va leur permettre d’augmenter leur approvisionnement et de vacciner les salariés de manière plus large », souligne-t-on au ministère.

Cela fait suite à l’expérimentation lancée fin mai avec 28 services de santé au travail pour la vaccination avec le Moderna. « Les retours que nous avons eus des entreprises sont très positifs. Les salariés des entreprises pilotes ont apprécié de pouvoir se faire vacciner dans leur cadre professionnel et de bénéficier d’un accès facilité au vaccin. C’est pour cette raison que nous passons à une nouvelle étape », s’est réjouie Elisabeth Borne dans une déclaration à l’AFP. Mardi le ministère de la Santé a indiqué que les 3500 médecins du travail ou collaborateurs qui réalisent des injections, tous lieux confondus, ont réalisé au total 850 000 injections, dont 140 000 au sein des services de santé au travail.

15h22. Covid-19: évolution « très favorable », y compris dans le Sud-Ouest, note Véran

L’évolution de l’épidémie de Covid-19 en France est « très favorable », y compris dans le Sud-Ouest où des signaux d’alerte avaient été relevés la semaine passée, a déclaré le ministre de la Santé, Olivier Véran, mercredi lors de la deuxième phase des réouvertures. « Les chiffres de l’épidémie de Covid (connaissent) une évolution très favorable actuellement, avec une accentuation de la réduction des contaminations, on est presque à -40% d’un jour sur l’autre, d’une semaine sur l’autre », a déclaré Olivier Véran lors d’une visite à Roland-Garros pour assister à la première application du pass sanitaire.

« Nous sommes à quelque 6000 cas diagnostiqués (chaque jour, ndlr) désormais, un taux d’incidence qui est en dessous de 70 pour 100 000, y compris dans les régions dans lesquelles nous avions alerté la semaine dernière (…), la Nouvelle-Aquitaine et certains départements d’Occitanie », a-t-il ajouté. « Là, à nouveau, on a repris une dynamique à la baisse, c’est évidemment une bonne nouvelle », a-t-il insisté, en relevant également la diminution du nombre de malades du Covid dans les services de réanimation (environ 2.400).

15h09. 80 % des plus de 75 ans ont reçu au moins une dose selon Doctolib

 Source: Covid-19 : Jean Castex cas contact et à l’isolement durant 7 jours

Vaccination anti-Covid : comment AstraZeneca est passé de 50% à moins de 1% des primo-injections quotidiennes – Le Parisien

 

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Depuis le 17 mars, AstraZeneca est réservé aux plus de 55 ans en France. LP/Fred Dugit
Depuis le 17 mars, AstraZeneca est réservé aux plus de 55 ans en France. LP/Fred Dugit 

Le 9 juin 2021 à 12h15

 

Mi-mars, la France s’inquiète d’une troisième vague de l’épidémie de Covid-19. Le pays est alors confronté à un manque de doses de vaccins, et seules les personnes âgées et certaines catégories prioritaires peuvent prendre rendez-vous. Chaque jour, près de 200 000 femmes et hommes reçoivent une première injection, dont plus de la moitié avec AstraZeneca. Trois mois plus tard, celui-ci ne représente plus que 0,6 % des premières doses administrées quotidiennement.

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C’est l’histoire d’un vaccin que Jean Castex lui-même avait qualifié de « mal-aimé ». Le coup principal a été porté par sa suspension pendant trois jours, les 16, 17 et 18 mars, le temps pour l’Agence européenne des médicaments de se pencher sur les cas de thromboses recensés un peu partout en Europe. Oui, le risque existe, mais il est très faible et la balance bénéfice/risque continue de pencher largement du bon côté, en particulier pour les personnes âgées, concluent ces experts.

Initialement limité aux mois de 65 ans, « Astra » devient réservé en France aux… plus de 55 ans. Et il ne retrouvera plus jamais les niveaux atteints avant la mi-mars. La courbe, également impactée par les jours fériés, ne cesse de chuter au fil du temps. A peine 2000 personnes en reçoivent aujourd’hui une première dose chaque jour (en moyenne sur la semaine écoulée), contre 100 000 mi-mars. Jean Castex a beau évoquer fin avril une « petite reprise », c’est surtout que « la baisse est moins forte », explicite son entourage.

« Les thromboses ont été le coup de grâce »

« Défiance » : le mot est lâché par tous les médecins et les élus. « Déjà qu’il n’avait pas bonne presse et qu’il est moins efficace contre les variants, les thromboses ont été le coup de grâce », tonne François Bricaire, membre de l’Académie de médecine, qui vaccine tous les matins à l’Hôtel-Dieu. Sur cette même période de trois mois, le mastodonte Pfizer est passé de moins de 100 000 à 300 000.

Au 27 mai, 47 cas de thrombose dite « atypique » suite à une vaccination avec AstraZeneca ont été recensés en France, sur près de 5 millions d’injections. Un peu plus de 4 millions de Français ont reçu ce produit dans le bras, le plus souvent une seule dose pour le moment, soit 15 % des 28 millions d’habitants ayant eu au moins une injection. Ce taux varie selon les départements : on a par exemple très peu vacciné avec AstraZeneca en Corse, mais davantage sur la côte Ouest. L’île de Beauté est la région qui compte la plus grosse proportion de personnes très âgées, exclues durant les premières semaines.

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Le vaccin britannique ne trouve donc quasiment plus de nouveaux volontaires, alors même que plus de 5 millions de personnes âgées de plus de 55 ans n’ont pas encore été vaccinées. Et pourtant, il y aurait de quoi faire. Plus de 3 millions de doses « AZ » reçues n’ont pas été utilisées. Elles sont en partie utilisées pour les deuxièmes injections (l’écart recommandé entre les deux doses est de 12 semaines), ce sur quoi insiste régulièrement le ministère de la Santé. Mais cela ne remplira pas tout l’écart.

Bruxelles attaque AstraZeneca en justice

Alors, le 25 mai, le ministère de l’Economie a annoncé relever à 1,5 million le nombre de doses AstraZeneca que la France offrira aux Etats les moins développés via le dispositif Covax d’ici à la fin du mois de juin, contre 500 000 prévues jusque-là. « Nos doses actuellement au frigo périment en juillet. Il ne faut garder que le nombre de flacons nécessaires pour les deuxièmes injections, avec un petit excédent au cas où, et envoyer tout le reste à Covax rapidement », estime le médecin généraliste Michaël Rochoy.

Quant au contrat entre l’Union européenne AstraZeneca, il n’a – pour le moment – pas été renouvelé pour après le mois de juin. L’ambiance est à couteaux tirés, Bruxelles ayant poursuivi le groupe en justice pour « violation flagrante » de ses engagements, notamment en matière de livraisons. Le jugement est attendu d’ici un mois.

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Société

 Source: Vaccination anti-Covid : comment AstraZeneca est passé de 50% à moins de 1% des primo-injections quotidiennes – Le Parisien

Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?


Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?

À partir du mercredi 9 juin 2021, la France entre dans la troisième phase du déconfinement. Dans les nouveaux assouplissements, le couvre-feu est décalé à 23 heures. Est-il encore utile face au Covid-19 ? On vous répond.

En Normanide, le couvre-feu reste est désormais à 23h

En Normanide, le couvre-feu reste est désormais à 23h – Photo Boris Maslard

Vous vous êtes sûrement déjà posé la question, un couvre-feu à 23 heures est-il bien utile ? Si le couvre-feu établi à 18 heures pour éviter tout contact et rassemblements en dehors de la sphère professionnelle semblait sinon logique, du moins acceptable lors de son instauration à l’automne dernier, les décalages à répétition avec l’arrivée des beaux jours et le déconfinement peuvent nous interroger sur sa pertinence aujourd’hui. Pourquoi s’obstiner à tenir un couvre-feu tardif ? On fait le point.

« Limiter les activités »

Pour Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), interviewé par Le Figaro, «
C’est un confinement du soir qui permet de limiter les activités
». Mais il considère que le couvre-feu de 23 heures « n’a pas d’intérêt
» : « Plus on retarde l’heure du couvre-feu, moins il empêche des rassemblements, moins il a d’efficacité », contrairement à celui de 21 heures qui limitait la contamination dans les restaurants. Pour l’épidémiologiste Martin Blachier juge même que, au vu « du phénomène saisonnier », qui rend selon lui le virus bien plus inoffensif en été, « le couvre-feu à 23 heures est sans doute superflu ». Une mesure de tolérance donc ? Pour Michaël Rochoy, le couvre-feu à 23 heures « consiste à colmater une petite brèche alors qu’on ouvre un barrage », en prenant en compte l’ouverture des salles de bars et restaurants.

Assouplir les règles

Il est encore difficile de connaître l’impact réel du couvre-feu sur la contamination. À Toulouse, une étude publiait dans Journal of Infection montrait que le couvre-feu de 21 heures a permis de diminuer le taux d’incidence, mais avec une plus grande contamination dans les foyers familiaux. Face aux événements festifs qui se préparent comme l’Euro ou encore la Fête de la musique, le couvre-feu à 23 heures semble aussi être la solution : « L’Euro est peut-être la meilleure justification pour un couvre-feu à 23 heures
», avance le docteur Rochoy dans Le Figaro. Et plus l’heure est tardive, « moins ce sont les personnes fragiles – âgées ou avec des pathologies graves – qui sont susceptibles d’être dehors », ajoute-t-il. Même si les jeunes sont aussi touchés par des formes graves du Covid-19.

Une mesure symbolique ?

À l’heure du syndrome des vaccinés et donc du relâchement dans les gestes barrières, cette mesure serait aussi un rappel pour maintenir les mesures barrières. Un moyen de ne pas oublier que le Covid-19 est toujours présent et qu’il faut rester prudent. « Ce dont il faut se méfier, c’est un relâchement trop fort des gestes barrières
», déclare François Bicaire, infectiologue et membre de l’Académie de Médecine, à Ouest-France. Au Figaro, le docteur Rochoy ajoute : « en levant le couvre-feu, l’exécutif aurait avoué qu’il ne servait à rien, à part accabler l’économie
».

Source: Déconfinement. Le couvre-feu à 23 heures est-il une mesure utile face à la pandémie ?