Lever le couvre-feu avant le 30 juin? Une décision encore prématurée selon les médecins

Lever le couvre-feu avant le 30 juin? Une décision encore prématurée selon les médecins

Face aux indicateurs de l’épidémie de Covid-19 qui se rétablissent et à la vaccination qui avance, de nombreux Français aimeraient la levée immédiate du couvre-feu, sans attendre le 30 juin. Les médecins expriment cependant des réserves.

Un taux d’incidence – et plus largement les indicateurs – qui baisse sensiblement, au point que, dans le Sud, des communes comme Cornillon-Confoux font même tomber le masque en extérieur ; une vaccination qui gagne terrain et vitesse (26 millions de primo-vaccinés chez les adultes) ; un printemps déconfiné et ensoleillé dont on ne peut s’empêcher de tirer un optimisme qui n’a rien de scientifique. Sans oublier ces événements collectifs promettant d’animer la vie sociale des Français et de prolonger leurs soirées, comme l’Euro de football, qui débutera bientôt.

Pourtant, et ce jusqu’au 9 juin, les Français n’ont que le permis de 21h, après quoi les règles du couvre-feu les exposent à une amende de 135 euros. Puis, à compter du 9 juin, l’extinction des feux et le calfeutrage obligatoire seront repoussés à 23h. Il faudra attendre le 30 juin pour la levée totale du dispositif.

Mais l’envie d’une abolition immédiate ou en tout cas accélérée du couvre-feu est de plus en plus nette chez les Français. Cependant, les médecins interrogés par BFMTV ce mercredi préconisent, pour la plupart d’entre eux, de s’en tenir au calendrier fixé.

Attention au plateau

Antoine Flahaut, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de l’université de Genève, a mis en garde sur BFMTV: “Partout où on déconfine trop rapidement, on risque d’arriver à un plateau. En décembre, à la fin du deuxième confinement, on était sur un plateau de 10.000 cas par jour et ça n’a fait que monter”.

Mardi soir, la moyenne hebdomadaire des cas rapportés au quotidien était encore de 9732. “Mais si on descend à moins de 5000 cas par jour – et on y sera peut-être le 9 juin – et même sous les 1000 cas, on pourra avoir une vie pratiquement normale”, a fait valoir Antoine Flahaut.

“Il faut être très prudent”

Les conditions sine qua non de cette vie “pratiquement normale” donc, la patience, encore et toujours, et le couvre-feu. Pour Enrique Casalino, chef des urgences à l’Hôpital Bichat, le couvre-feu a été “utile”.

“Ça a été une mesure utile, le couvre-feu à 18h et 21h même si c’est douloureux, ça a réduit la mobilité de la population, ça réduit le nombre de contacts entre les personnes. Ce sont incontestablement des mesures qui ont un impact sur la circulation virale”, a-t-il expliqué sur BFMTV.

“Alors, relever progressivement ces mesures, ça me paraît parfaitement raisonnable”, a-t-il concédé nuançant toutefois: “De l’autre côté il faut être très prudent. Le virus circule encore, donc chacun d’entre nous doit rester très vigilant, très respectueux des règles de distanciation, des règles-barrières, c’est comme ça que nous pourrons avancer et passer un été dans de bonnes conditions”.

L’été promet d’autant plus que l’appel d’air des beaux jours est avant tout un appel du plein air, comme l’a noté le docteur Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre.

“Ce que l’on sait c’est que quand il fait beau on est à l’extérieur et quand on est à l’extérieur, on est davantage protégé, parce qu’il n’y a pas de phénomène de cluster“. Pas question, pourtant, de surévaluer le facteur atmosphérique, a poursuivi le praticien: “On voit bien que les virus circule aussi dans les pays chauds. (…) La chaleur manifestement n’a pas de rôle”.

Renforcer la vaccination

La levée du couvre-feu repose donc sur d’autres piliers. À vrai dire, elle repose surtout sur des variables dont la connaissance est pour le moment malaisée, voire impossible selon le professeur Casalino. “Nous ne savons pas quel sera le comportement des Français. Tout le monde restera-t-il respectueux des mesures barrières? (…) La deuxième variable, c’est la protection offerte par ces vaccins contre les nouveaux variants”, a-t-il rappelé.

“La prévention est un combat de tous les jours! C’est la persévérance et la pédagogie, c’est un peu rabâcher. Et il faut encore renforcer la vaccination. Il faut des objectifs bien plus ambitieux en termes de nombre de personnes vaccinées”, a-t-il également observé.

Chez les médecins, le consensus se fait bien sûr autour du vaccin. Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français, l’a martelé sur notre antenne: on ne peut pas délier, selon lui, l’abandon du couvre-feu et la progression de la vaccination dans la population.

“Je pense que l’accélération de l’allègement de ces mesures de restriction dépend des Français et du rythme de la vaccination. On est dans une course de vitesse. Si vous voulez vous faire vacciner, il y en a de tous les types et vous aurez un rendez-vous pour aujourd’hui, demain ou après-demain. Si les Français se font vacciner massivement on ira beaucoup plus vite vers ces mesures que nous attendons tous”, a-t-il dit.

Incompréhensions

Pour autant, le couvre-feu n’est ni le nec plus ultra ni une religion pour les spécialistes. “Je ne comprends pas trop le couvre-feu à 23h, à partir du 9 juin. Ce qui est important c’est de continuer à savoir que le virus circule et pour ça, il faut de vraies campagnes de santé publique et force est de constater qu’il n’y en a pas”, a admis Jérôme Marty.

Michaël Rochoy, généraliste à Outreau, relève d’ailleurs un contraste qui ressemble fort à un paradoxe. “Ce qu’il se passe le 9 est intéressant. D’un coup on monte le couvre-feu à 23h, comme si c’était efficace et en même temps on rouvre les restaurants en intérieur, principale cause de contamination dans les études”, a-t-il dit, allant bientôt plus loin: “Le couvre-feu n’a pas de sens, donc oui on peut le lever. 23h? Il ne se passera rien après. Si on avait voulu faire quelque chose de sensé, on aurait dû reculer la date de réouverture des restaurants en intérieur.”

“Ma position a toujours été de dire que le couvre-feu avait bien sûr des effets indirects – éviter des rassemblements familiaux, fermer les bars et restaurants – mais n’avait pas d’effet direct”, a-t-il justifié.

Robin Verner

Robin Verner Journaliste BFMTV

 Source: Lever le couvre-feu avant le 30 juin? Une décision encore prématurée selon les médecins

Covid-19 : faut-il accélérer le calendrier du déconfinement ?

Malgré la crainte de certains médecins à l’annonce du plan de déconfinement, deux semaines après la première étape, la situation sanitaire continue de s’améliorer nettement.

Un taux d’incidence légèrement supérieur à 100 et qui continue de diminuer, moins de 10 000 nouveaux cas par jour, des hôpitaux qui se vident des malades du Covid, une vaccination qui ne cesse de monter en puissance et des projections très optimistes pour l’été.

Deux semaines après la première étape du déconfinement, redoutée par certains médecins, la situation épidémique ne cesse de s’améliorer. La réouverture des terrasses des bars et des restaurants ainsi que de certains lieux culturels ne semble pas avoir d’impact notable sur la dynamique de l’épidémie. Avec une telle amélioration tant à l’hôpital qu’en terme de contaminations, se pose la question d’accélérer le calendrier du déconfinement, dont la dernière étape est prévue le 30 juin.

“Maintenir le couvre-feu et rouvrir les restaurants en intérieur, ça n’a pas de sens”

Le 30 juin, le couvre-feu doit être supprimé ainsi que les jauges dans les établissements recevant du public dont les bars et restaurants, y compris en intérieur. Enfin, les festivals de plein air où le public se tient debout pourront reprendre avec une jauge de 4m2 par festivalier.

“On pourrait supprimer le couvre-feu dès le 9 juin, puisque les restaurants rouvrent en intérieur à cette date. Ca n’a pas de sens de rouvrir des lieux de contamination et de maintenir un couvre-feu à 23 heures, bien moins efficace qu’une fermeture des lieux de restauration en intérieur”, relève Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie et fondateur du site stop-postillons.

Le 9 juin, trop tôt pour rouvrir les salles de restaurants ?

La France enregistre environ 9 000 nouvelles contaminations par jour en moyenne, un chiffre en baisse mais encore trop élevé. “Le 9 juin, on sera autour de 8 000 cas par jour. Ce sera trop pour rouvrir les restaurants et bars en intérieur. Il faudrait repousser cette date et soumettre la suite du déconfinement à deux critères : moins de 5 000 nouveaux cas quotidiens et la certitude de la part des autorités sanitaires qu’elles peuvent, avec ce nombre de cas, remonter toutes les chaînes de contamination. À plus de 8 000 cas comme aujourd’hui, elles ne le peuvent pas”, détaille Antoine Flahault.

Le seuil de 5 000 cas par jour est celui qui avait été fixé par Emmanuel Macron pour sortir du deuxième confinement, au 15 décembre. Un critère qui n’avait pas été atteint, avec environ 10 000 cas par jour, mais qui n’avait pas empêché la France de se déconfiner.

“Les chiffres nationaux cachent des disparités locales”

La réouverture des restaurants et bars en intérieur ne convainc les deux experts, qui estiment qu’il faudrait repousser cette date afin de poursuivre la baisse des contaminations. “La réouverture ne sera pas dramatique, mais elle va entrainer des contaminations. Attendre quelques semaines aurait permis de diminuer encore la circulation du virus et de s’assurer un été tranquille”, regrette le médecin généraliste Michaël Rochoy.

Néanmoins, le calendrier du déconfinement pourrait être accéléré, sous certaines conditions. “Il faut faire attention aux chiffres nationaux, qui cachent des disparités locales. En Nouvelle-Aquitaine par exemple, le taux de reproduction du virus est supérieur à 1, ce qui signifie que la circulation augmente. Même au niveau national, il est repassé de 0,7 à 0,9”, met en garde l’épidémiologiste Antoine Flahault.

“Fixer un seuil à partir duquel on stoppe le déconfinement”

Dans certaines régions, le virus circule très peu, comme en Bretagne, en Corse ou en région Provence-Alpes Côte d’Azur. “On peut accélérer le déconfinement dans ces régions où le virus circule très peu, avec une incidence de moins de 50”, poursuit Antoine Flahault.

Une idée à laquelle souscrit Michaël Rochoy, qui rappelle l’importance d’un frein d’urgence. “Si on accélère le déconfinement, il faut fixer un seuil à partir duquel on va reprendre des restrictions si le taux d’incidence remonte”. Dans les Pyrénées-Atlantiques par exemple, le taux d’incidence a augmenté de 34,2% en une semaine, et atteint 110 cas pour 100 000 habitants. “Gabriel Attal parle de ‘signal d’alerte’, mais il n’y a pas de mesure prise, ni de seuil qui déclenche des restrictions”, regrette Michaël Rochoy.

“Le port du masque en extérieur pourrait être levé immédiatement”

Si les deux experts sont défavorables à une accélération du déconfinement de manière uniforme au niveau national et préfèrent une adaptation locale selon le taux d’incidence, une mesure pourrait néanmoins être levée immédiatement, selon eux. Le port du masque en extérieur, une mesure inutile selon eux.

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“Ca n’a jamais eu d’intérêt sanitaire à mon avis, sauf dans des cas spécifiques comme sur les marchés ou dans les rassemblements en plein air, où il faudrait le maintenir”, détaille Michaël Rochoy. La fin du port du masque en extérieur “se fera de manière différenciée sur le territoire” a indiqué Emmanuel Macron ce mercredi, précisant qu'”au niveau national, il faudra encore attendre un peu. Je pense que jusqu’à la fin juin on va garder au niveau national à peu près la même organisation”, a ajouté le chef de l’Etat.

Le port du masque devrait donc être perdurer jusqu’au moins la dernière étape du plan de déconfinement, prévue le 30 juin.

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Le port d’un masque à l’extérieur est-il «plus politique que sanitaire»? – EBENE MAGAZINE

Le gouvernement maintient l’obligation de porter le masque à l’extérieur, une mesure soutenue par 67% des Français. Cependant, plusieurs médecins spécialistes, dont certains de l’OMS, sont plus enclins à une approche diversifiée de son application voire de son élimination.

Si plusieurs départements français ont annulé le port des masques à l’extérieur, les avis sur l’utilité de cette mesure de santé diffèrent selon les spécialistes.

« Je recommande de retirer le masque, c’est désormais une décision politique car il existe un consensus scientifique sur le fait qu’il peut être complètement supprimé », a estimé le 31 mai. L’épidémiologiste Martin Blachier sur CNews. .

Soulignant un manque de soutien pour soulever le port du masque, comme indiqué dans de récents sondages, le spécialiste a déclaré que les gens devraient être «prêts». Selon un baromètre BVA pour RTL et Orange publié le 21 mai, deux Français sur trois (67%) étaient favorables au port d’un masque à l’extérieur.

Portez-le «  dans des endroits denses  »

Interrogé par 20 minutes, un autre médecin partage le point de vue de son collègue. Selon Michaël Rochoy, spécialiste en épidémiologie, «c’est plus politique que sanitaire». Il a estimé que son sens de l’hygiène n’était réel que dans les grandes villes comme Paris, Lille ou Rennes.

Le port d’un masque peut être efficace «dans des endroits fermés» ou statique «là où les gens se trouvent», comme les terrasses.

Un avis qui va dans le sens d’une recommandation correspondante de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui recommande de porter le masque sur son site « dans les situations où vous n’avez pas la possibilité de garder une distance physique des autres ». L’OMS cite à titre d’exemple les marchés, les rues animées ou les arrêts de bus.

D’un autre côté, « mettre le masque sur la plage n’a pas de sens, si vous êtes dans des rues piétonnes avec seulement quelques personnes, cela ne sert à rien », a déclaré le Dr. Rochoy.

Défendez-vous contre d’autres maladies

Une approche au cas par cas a également été évoquée à La Dépêche du Midi par Stéphane Oustric, médecin à Toulouse et président de l’Ordre des médecins de Haute-Garonne:

«Il n’est pas risqué de ne pas porter de masque quand on est seul à l’extérieur, sur le vélo, surtout si on a été vacciné. Mais vous devez le supporter à tout prix lorsque vous êtes immobile, dans un espace clos ou en présence d’autres personnes. «

Le médecin a également suggéré de continuer à porter le masque pour se protéger contre certaines maladies:

«Cet hiver, nous avons eu peu de gastro, de grippe, de bronchiolite. Des vies ont été sauvées, pourquoi sans le réflexe masque que nous avons acquis pendant ces longs mois de pandémie? «

Enfin, à la mi-mai, plusieurs spécialistes de l’OMS ont recommandé de prendre en compte l’intensité de la transmission du virus dans la région et la couverture vaccinale. C’est notamment le cas du directeur de l’OMS chargé des urgences sanitaires, Michael Ryan, et du chef scientifique de l’organisation Soumya Swaminathan. Elle a rappelé que les vaccins « protégeaient contre l’infection dans un rapport de 70 à 80% ».

Prédictions des autorités

Emmanuel Macron a mis en garde le 20 mai sur les risques de contamination en cours. Il a appelé à la « prudence » en annonçant que le port du masque en France resterait en vigueur « jusqu’à fin juin ». Début mai, Olivier Véran a évoqué « cet été » dans l’espoir de lever cette mesure.

.Source: Le port d’un masque à l’extérieur est-il «plus politique que sanitaire»? – EBENE MAGAZINE

Coronavirus : Le Royaume-Uni subit-il une troisième vague ?

Le Royaume-Uni voit son nombre de cas doubler toutes les deux semaines — Oli SCARFF / AFP
    • Le Royaume-Uni redoute de plus en plus l’arrivée d’une troisième vague de coronavirus sur son territoire.

 

    • Le nombre de cas est en nette augmentation, tout comme les hospitalisations et les décès.

 

    • Variant indien plus contagieux, déconfinement trop rapide, les craintes britanniques sont-elles justifiées ? Et la France doit-elle aussi se méfier ?

 

Ce lundi 31 mai, le Royaume-Uni comptait plus 3.383 nouveaux cas de
coronavirus en 24 heures. Un bilan quotidien au-dessus des 3.000 cas pour le sixième jour d’affilée, alors que cette barre symbolique n’avait pas été dépassée depuis deux mois outre-Manche. De quoi donner des soupçons de troisième vague, alors que le pays a vu
le variant indien devenir majoritaire et que l’étape finale du
déconfinement, prévue le 21 juin, approche.

Le R (nombre de personnes que va en moyenne infecter une personne malade) est à 1,14, bien au-dessus du 1 (valeur à partir de laquelle l’épidémie augmente). En France, le R est estimé à 0,85. « Il s’agit d’un R très élevé au Royaume-Uni, bien trop haut », dépeint l’épidémiologiste Antoine Flahault, qui prédit plus de 4.000 cas par jour dans une semaine.

Le déconfinement de tous les dangers

Un chiffre qui peut encore sembler bien faible, mais lorsqu’on parle de vague, c’est la vitesse d’augmentation qu’il faut scruter de près, et non la valeur absolue. Le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy explique : « Ce n’est pas parce qu’une vague part de très bas qu’elle ne sera pas très rapidement dangereuse. Il ne faut pas attendre de grandes valeurs afin de s’alarmer. C’est la dynamique qu’il faut surveiller. » Et concrètement, le nombre de cas britannique double toutes les deux semaines.

Comment expliquer une telle situation ? Deux théories sont à l’étude, sans forcément s’annuler. Premièrement, le variant indien, qui représente désormais 75 % des contaminations sur les îles britanniques. Ce variant est fortement soupçonné d’être encore plus contagieux que le variant anglais, déjà plus contagieux que la souche originelle. Secondement, le déconfinement britannique, qui explique tout naturellement une hausse des cas avec un relâchement général et l’ouverture des lieux en intérieur sans masque, comme les restaurants ou les pubs, depuis le 17 mai. « Avec de tels lieux et de telles ouvertures,
l’épidémie est plus susceptible de reprendre qu’avant », note Antoine Flahault.

Une vaccination encore insuffisante

Quid de la vaccination ? Les Britanniques sont connus pour être le pays européen avec le plus de vaccinés, avec 72 % de la population adulte qui a été primo-vaccinée, mais « seulement » 43 % des Britanniques ont reçu les deux doses, la nation ayant privilégié un plus grand nombre de premières doses quitte à espacer les secondes oses. Or, l’immunité n’est acquise que deux semaines après les deux doses, et
la première dose présente peu d’efficacité, encore moins face au variant indien. Selon certaines études, alors qu’une personne primovaccinée avait 50 % de risque en moins d’attraper le coronavirus, ce serait plutôt 30 % face au variant indien.

« Il est possible que les Britanniques paient leur choix de massivement primo-vacciner plutôt que s’assurer une plus grande part de population totalement immunisée », analyse Antoine Flahault. Pour Michaël Rochoy, il ne faut pas juger trop sévèrement le Royaume-Uni non plus : avec 43 % de sa population ayant eu deux doses, la nation compte un pourcentage deux fois supérieur à celui de la France. Reste que les hospitalisations sont en hausse de 20 % par rapport à la semaine dernière, et les décès de 42 %. Des chiffres extrêmement bas (60 morts du coronavirus en sept jours), ce qui peut fausser les calculs, mais avec une dynamique suffisante pour être inquiétante.

Des motifs d’espoir

Cette vague en frémissement nécessite-t-elle de s’inquiéter pour les Britanniques ? Pas si sûr. D’abord, parce qu’aussi incomplète soit la vaccination, elle reste tout de même bien avancée, en particulier chez les personnes les plus fragiles. « Contrairement aux autres vagues, il est possible que celle-ci entraîne moins d’hospitalisations, de réanimations et de décès, grâce à la vaccination. Il pourrait y avoir un grand nombre de cas sans avoir un réel impact sur la saturation des hôpitaux », espère Michaël Rochoy. Pour la première fois depuis juillet 2020, le Royaume-Uni ne déplorait aucun mort du Covid-19 en 24 heures ce mardi.

Deuxième source d’espoir, la réaction britannique. Le Conseil scientifique du pays alerte déjà sur cette troisième vague, tandis que le gouvernement remet de plus en plus en question son déconfinement, et notamment l’étape du 21 juin, qui doit voir la réouverture des discothèques et la levée des dernières mesures fortes de restriction. Antoine Flahault : « Contrairement aux autres vagues, le gouvernement semble prêt à agir très tôt afin de ne pas se laisser submerger comme en décembre-janvier dernier. » Stopper la vague avant qu’elle ne déferle.



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Covid-19 : Pourquoi les 15 prochains jours seront décisifs pour la suite de l’épidémie ?

Session bronzage sur la plage de Nice, le 21 février 2021. — AFP
    • Avec moins de 3.000 patients en réanimation et plus de 25 millions de Français vaccinés avec une première dose, la situation sanitaire s’améliore ces derniers jours.

 

    • Selon Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique, « les quinze jours à venir sont cruciaux » pour passer un « été tranquille ».

 

    • Gestes barrières et vaccination… Le professeur appelle les Français à poursuivre leurs efforts pour consolider la décrue.

 

Le nombre de patients hospitalisés dans les services de réanimation en baisse, celui des Français vaccinés en hausse, un semblant de liberté retrouvée avec le
déconfinement… Ces derniers jours, la situation sanitaire liée à
l’épidémie de coronavirus semble s’améliorer. Mais pour le professeur Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, ce sont les deux prochaines semaines qui seront décisives pour la suite.

Si les nouvelles sont plutôt bonnes, à quelques semaines du début des vacances scolaires, Arnaud Fontanet a appelé les Français, ce dimanche dans une interview accordée au JDD, à poursuivre les efforts pour consolider la décrue, estimant que « les quinze jours à venir sont cruciaux » pour passer un « été tranquille ».

Poursuivre avec les gestes barrières

Tenir bon encore une dizaine de jours. C’est la demande d’Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur, pour pouvoir passer un « été tranquille ». Il s’appuie sur des modélisations publiées le 22 mai : « Ce que les scénarios de l’Institut Pasteur montrent, c’est que si la décrue se poursuit jusqu’au 9 juin, prochaine étape de la levée des restrictions, nous passerons un été tranquille. » Si la fin du port du masque en extérieur arrive à grand pas, le chercheur estime qu’il faut poursuivre les gestes barrières pour continuer à faire baisser les chiffres de l’épidémie : « Tous les petits efforts – masque, gestes barrière ou distanciation physique – peuvent avoir de grands effets sur la courbe des contaminations. Pendant cette période de reflux, le gain est maximum ! », a-t-il expliqué au JDD.

Pour Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science », ces petits gestes sont les plus importants : « Ce sont ceux qui ont le plus d’impact sur les contaminations. Certes, la vaccination concerne désormais un grand nombre, mais les gestes barrières concernent absolument tout le monde », explique-t-il à 20 Minutes.

Lundi, lors d’un déplacement dans le Val-deMarne, le Premier ministre, Jean Castex, a lui aussi demandé aux Français, de « respecter la progressivité » du déconfinement, et de « ne pas baisser la garde ». Car si les chiffres sont en baisse, avec moins de 3.000 patients en réanimation dimanche soir – une première depuis fin janvier –, 16.775 malades du Covid sont toujours hospitalisés et 8.541 nouvelles contaminations ont été comptabilisées,
selon Santé Publique France.

Accélérer la vaccination

Pour continuer à limiter la circulation du virus et poursuivre la décrue dans les services hospitaliers, Arnaud Fontanet table également sur l’accélération de la campagne de vaccination. A ce jour, 25.333.361 Français ont reçu une dose, parmi lesquels 11.875.362 sont entièrement vaccinés, selon le ministère de la Santé. « L’objectif de 30 millions [de premières injections] mi-juin est à notre portée », a déclaré Jean Castex, ce lundi, au moment où
la campagne de vaccination s’ouvre officiellement à tous les plus de 18 ans. Pour ce faire, la France, qui a reçu 12 millions de doses en avril et 15 millions en mai, attend 27 millions de doses supplémentaires en juin.

« Sans vaccination massive, l’épidémie pourrait repartir », a mis en garde Arnaud Fontanet. « Ce qui compte, c’est d’arriver à l’immunité, soit en laissant les gens se contaminer, soit en vaccinant. On a fait notre choix, souligne de son côté Michaël Rochoy. La vaccination massive, c’est notre seule chance de sortir de l’épidémie ».

Si la campagne vaccinale est désormais ouverte à tous les majeurs, les personnes les plus fragiles restent la priorité, a rappelé Jean Castex : cela « ne doit pas nous détourner de l’objectif d’aller chercher tous nos concitoyens qui restent les plus vulnérables à la maladie », personnes âgées ou souffrant de comorbidités. « La campagne dans les Ehpad a certes été un succès mais, dans cette classe d’âge, la vaccination stagne depuis un mois sans qu’on parvienne à 80 % de premières injections comme pour les 70-79 ans », s’est inquiété de son côté l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur. Concernant les plus jeunes, la vaccination sera ouverte dès juin aux 16-18 ans. Quant aux adolescents de 12 à 15 ans, la Haute Autorité de Santé doit se pencher sur la question cette semaine.

Lutter contre les nouveaux variants

Et si Arnaud Fontanet insiste sur l’accélération de la campagne de vaccination, c’est aussi en raison des nouveaux variants qui viennent jouer les troubles fêtes. « Si l’on réussit à maintenir le rythme actuel de décrue des infections et hospitalisations jusqu’au 9 juin tout en maintenant ou augmentant le rythme de vaccination, on ne s’attend pas à observer cet été de reprise importante de l’épidémie liée au variant B.1.1.7 », avait expliqué l’Institut Pasteur dans ses projections.

Car avec ces nouveaux variants, plus transmissibles, l’immunité collective est plus difficile à atteindre : « La proportion de la population qui doit être vaccinée pour empêcher la circulation du virus grimpe : l’an dernier, on l’estimait à près de 70 %, contre 90 % aujourd’hui », souligne l’épidémiologiste. Si la décrue se poursuit jusqu’au 9 juin, l’Institut Pasteur estime que le taux de reproduction du virus se situera « entre 1,0 et 1,3, cette dernière valeur correspondant au niveau mesuré durant l’été 2020 », où les Français avaient vécu (presque) normalement.

« On aura un été tranquille, il y a très peu de doutes sur ça. Les chiffres vont dans le bon sens, les contaminations baissent, les personnes à risques sont vaccinées. Mais ça ne veut pas dire que l’épidémie est finie. Il ne faut pas baisser la garde », rappelle Michaël Rochoy. Pour Arnaud Fontanet, il s’agit d’une phase inédite de l’épidémie, « avec pour la première fois un contrôle de la circulation du virus grâce aux mesures de restriction, et une couverture vaccinale » qui avance. « Ne gâchons pas cette chance d’en finir et portons les derniers coups au virus pour revenir enfin à notre vie d’avant », a-t-il martelé.



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Vaccination Pfizer : comment du sérum physiologique peut-il être injecté par erreur ? – Le Parisien

 

Un soignant prépare des deux doses de vaccin Pfizer, à Versailles. AFP/STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Un soignant prépare des deux doses de vaccin Pfizer, à Versailles. AFP/STEPHANE DE SAKUTIN / AFP) 

Le 29 mai 2021 à 16h55

 

Au bout du fil, un agent indique qu’il va falloir retourner recevoir une première injection. La raison ? À la place du vaccin Pfizer, du simple sérum physiologique a été administré par erreur. Cette mésaventure est survenue à plusieurs centaines de personnes depuis le début de la campagne de vaccination, en France. Pas une semaine ne passe sans qu’une telle situation ne soit rapportée par la presse locale. « Nous avons été victimes d’une erreur de manipulation de vaccin », s’insurgeait vendredi dans Ouest-France une cinquantenaire concernée dans le Maine-et-Loire. Avant cela, il y a eu Épernay, Châtillon, Deauville, etc.

S’il reste très rare (plus de 18 millions de personnes ont reçu une première dose de vaccin Pfizer), ce genre de cas fait tache. Pour comprendre pourquoi il peut survenir, il faut d’abord expliquer comment sont « fabriquées » les doses de vaccin Pfizer. Les médecins et autres « vaccinateurs » reçoivent un ou plusieurs flacons, chacun d’entre eux permettant en théorie de « produire » six ou sept doses. Contrairement à AstraZeneca, Moderna et Janssen, son contenu doit être dilué. 1,8 ml d’une solution injectable de chlorure de sodium (le fameux sérum physiologique) est injecté dans le flacon. D’autres seringues permettent ensuite de récupérer chacune 0,3 ml du produit mélangé, qui sera administré dans le bras des habitants.

« L’erreur est humaine »

Cela explique pourquoi du « sérum phy » est abondamment présent dans les centres de vaccination. Reste à comprendre comment il peut ensuite être injecté. Les soignants interrogés s’accordent sur une hypothèse qu’ils jugent la plus plausible. « La seule possibilité que je vois, si on n’est pas assez attentif, c’est que l’on injecte du sérum physiologique dans un flacon vide dont on aurait déjà extrait des doses Pfizer avant », avance le médecin Luc Duquesnel, coordinateur des centres de vaccination dans la Mayenne. Seul du sérum serait alors récupéré lors de la deuxième étape. Le Dr Jean-Michel Caille L’Etienne, lui non plus, ne voit « pas d’autre solution possible ». « L’erreur est humaine, mais il faudrait vraiment que la personne responsable ait la tête ailleurs », complète celui qui vaccine dans le Doubs et la Haute-Saône.

Vaccination Pfizer : comment du sérum physiologique peut-il être injecté par erreur ?

Le plus souvent, les médecins se rendent compte du problème à la fin de la journée, lorsqu’ils se retrouvent avec un flacon non utilisé alors qu’ils ont vacciné le nombre prévu d’habitants. Recevoir du sérum physiologique (une simple solution saline) ne présente aucun danger pour l’organisme, le seul risque étant que les personnes concernées puissent se penser protégées à tort. Comme elles ne sont pas identifiables facilement, elles sont généralement toutes appelées à réaliser une prise de sang afin d’identifier lesquelles n’ont pas du tout été immunisées et doivent donc être « repiquées ».

Enquête de la police en Allemagne

Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le Nord, évoque aussi le fait que le protocole ne serait pas systématiquement parfaitement bien respecté. « Quand on vaccine à la chaîne, peut-être que certains font les mélanges différemment. Mais ce serait quand même étonnant ». Il faut dire que le dispositif est bien cadré. La date et l’heure doivent notamment être indiquées sur une étiquette collée sur chaque flacon reconstitué, d’après le protocole fixé par le ministère de la Santé. « On a mis en place un système bien affûté. Deux infirmières nous préparent toutes les doses avant que nous les injections », témoigne Jean-Michel Caille L’Etienne.

Le risque de se tromper de seringue, entre celles qui servent à injecter le sérum dans le flacon et celles qui servent ensuite à injecter le vaccin recomposé au patient, semble quasiment nul. « Ce sont des seringues spécifiques et de modèles différents », précise le médecin généraliste. L’une est de 2 ou 3 ml, l’autre d’1ml.

Des raisons encore plus extravagantes, comme l’envie de couvrir une erreur ou un vol de vaccin, avaient été envisagées par certains. Mais elles ne sont restées qu’au stade de la rumeur. En tout cas, en France. De l’autre côté du Rhin, une infirmière allemande aurait volontairement préparé et administré six doses de sérum physiologique. Elle avait ensuite reconnu avoir voulu dissimuler le fait qu’elle avait cassé un flacon Pfizer. Mais la police a aussi découvert dans ses publications Facebook de nombreux messages antivax, comparant notamment le Covid-19 à une simple grippe, rapporte Der Spiegel.

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 Source: Vaccination Pfizer : comment du sérum physiologique peut-il être injecté par erreur ? – Le Parisien

Coronavirus : C’est quoi, exactement, le « syndrome du vacciné » ?

Se croire immuniser après une seule dose est un phénomène dangereux — AFP
    • Après avoir reçu leur première injection de vaccin contre le coronavirus, certaines personnes se pensent directement immunisées.

 

    • Ce phénomène, appelé « syndrome du vacciné », est dangereux : il faut en effet 10 à 12 jours pour que la première dose produise des effets. Des effets qui sont en plus insuffisants. Car c’est la seconde injection qui garantit une protection maximale.

 

    • Comment expliquer ce phénomène ?

 

Une fois leur première dose de vaccin contre
le coronavirus reçue, les Français auraient-ils tendance à trop se relâcher ? Le phénomène, non chiffré, commence en tout cas à faire parler de lui et à inquiéter, au point qu’il a déjà hérité d’un nom : le « syndrome du
vacciné ».

Il s’agirait de personnes se pensant protégées dès la première piqûre et vivant ensuite sans respect des gestes barrières. Une attitude aussi désinvolte que dangereuse.

Une première dose insuffisante

Certes, la première dose offre un renforcement du système immunitaire face au coronavirus. Mais ce dernier n’arrive que dix à douze jours en moyenne après la piqûre (cet intervalle de temps dépend du type de personne et de sa classe d’âge). Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie et spécialiste des vaccins pour Du côté de la science, renseigne : « La première dose arrive dans un espace immunitaire normalement encore vierge de tout Covid-19. Il faut donc du temps pour que la machine se mette en marche. »

En attendant la fin de ces dix à douze jours, la personne a donc un système immunitaire encore totalement neutre face au coronavirus, et n’est pas du tout protégée. « On ne peut pas se faire vacciner le mardi et aller en soirée le vendredi en se pensant immunisé », rappelle le chercheur. Un intervalle qui explique notamment les cas très médiatisés d’individus ayant reçu une première dose et ayant tout de même fait des formes graves de coronavirus.

Et encore, la protection de la première dose n’est que partielle, et loin de garantir une protection totale comme peut l’avoir une personne quinze jours après sa deuxième injection. Oui, un effet est constaté et il y a une baisse des formes symptomatiques du coronavirus à J + 10/12. Mais attention à ne pas surestimer cet effet.

Au Royaume-Uni, par exemple, la stratégie vaccinale a été basée sur les premières doses, quitte à reporter au maximum les secondes injections. Elle a montré des effets très positifs sur l’épidémie. Non seulement elle était couplée à un confinement long et strict, mais elle a aussi eu lieu au sein d’une population déjà très infectée. Une étude menée en Ecosse montrait que plus de 50 % des 80 ans et plus présentaient déjà des anticorps contre le coronavirus, donc avaient déjà été infectés. Or, pour les personnes ayant déjà eu le Covid-19, la première dose agit comme une seconde dose, un rappel. Ce qui a pu conduire à surestimer légèrement l’immunité acquise par la première dose.

Rappelons également que face à la montée du variant indien, le Royaume-Uni hésite actuellement à ralentir son déconfinement, le temps de vacciner via une seconde dose davantage de patients, afin de leur offrir une meilleure immunité.

Une réelle tendance ?

Comment alors expliquer ce phénomène de « syndrome du vacciné » ? « Il y a peut-être eu trop de mises en avant du nombre de primo-vaccinés en France, comme si cela était suffisant ou un objectif en soi. Le nombre de personnes totalement vaccinées est mis au second plan, ce qui peut induire que la seconde dose n’est pas si importante ou déterminante que cela », théorise Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie et vaccinateur.

Pourtant, les deux experts l’assurent, le phénomène reste très marginal. « On en parle beaucoup parce qu’une personne qui vient de recevoir sa première dose et qui attrape le coronavirus, c’est à s’arracher les cheveux, révèle Michaël Rochoy. Mais en réalité, l’écrasante majorité est avertie. » Eric Billy indique, lui, que chaque médecin vaccinant en première dose informe de l’importance de faire attention et d’attendre les fameuses deux semaines après la seconde dose avant de se relâcher. « Et encore, puisqu’on reste possible transmetteur du virus, on ne devrait totalement se relâcher qu’avec des personnes également totalement vaccinées », appuie-t-il.

Pour Michaël Rochoy, la preuve que le phénomène reste minime se situe dans les chiffres du coronavirus. La baisse actuelle de tous les indicateurs sanitaires en France, « c’est bien la démonstration que même primo-vaccinés, les gens continuent de faire attention », se réjouit-il. Une bonne nouvelle pour s’occuper en attendant la seconde dose.



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Covid-19 : les limites de l’ouverture de la vaccination à tous les adultes dès le 31 mai

Plusieurs médecins craignent que les personnes fragiles qui n’ont pas encore été vaccinées soient oubliées après l’ouverture de la vaccination à tous 15 jours plus tôt que prévu. Ils réclament que des doses leurs soient réservées en priorité.

Tous les adultes pourront se faire vacciner dès le 31 mai sans conditions, soit 15 jours plutôt que la date initialement prévue. Si l’accélération est saluée par beaucoup, impatients de pouvoir se faire vacciner sans avoir à scruter les doses disponibles la veille pour le lendemain, certains médecins alertent.

“L’ouverture à tous les adultes va créer une pression sur le nombre de doses, ce sera la règle du premier arrivé, premier servi. Le risque, c’est que les prioritaires pas encore vaccinés se retrouvent mis de côté”, déplore Maxime Gignon, professeur de santé publique à l’université d’Amiens et chef du pôle prévention et épidémiologie au CHU de la ville picarde.

4,8 millions de plus de 60 ans pas encore vaccinés

Sur les 6,4 millions de plus de 75 ans recensés, 22% n’a reçu aucune dose de vaccin et sur les 11,5 millions de 60-74 ans, 30% n’a reçu aucune injection, soit 4,8 millions de personnes de plus de 60 ans pas encore vaccinés.

Or, avec l’ouverture à tous de la vaccination, plus de 21 millions de 18-49 ans qui n’ont pas encore été vaccinés peuvent potentiellement prendre un rendez-vous vaccinal dès le 31 mai.

“Encore plus compliqué de trouver un rendez-vous”

“J’ai des patients de plus de 60 ans qui ne veulent pas d’AstraZeneca mais qui n’arrivent pas à trouver de rendez-vous pour du Pfizer, Janssen ou Moderna. Avec l’ouverture à tous, ils vont être en concurrence directe avec l’ensemble de la population, parfois plus à l’aise avec les plateformes de réservation, alors qu’il n’y aura pas de doses pour tout le monde”, s’inquiète Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le Pas-de-Calais.

Avec en moyenne 4 millions de doses de Pfizer livrées en France chaque semaine de juin contre 2,5 millions en mai, la vaccination va s’accélérer, mais pas suffisamment pour garantir une dose par adulte. D’autant que les Français ont de plus en plus confiance en la vaccination.

“Ne pas tout miser sur les vaccinodromes”

“L’ouverture à tous les adultes va accentuer les disparités du système de santé actuel. Il y a des différences dans l’accès aux soins et donc au vaccin selon l’âge, avec les difficultés d’utilisation des plateformes numériques ou le manque d’information, mais aussi selon le milieu social et le lieu d’habitation”, observe Maxime Gignon, qui illustre ses propos : “Dans mon secteur, des quartiers prioritaires ont seulement un taux de vaccination de 40 à 45% des plus de 75 ans”.

S’il reconnaît qu’il est important d’ouvrir la vaccination à tous pour protéger un maximum de citoyens, le professeur de santé publique demande en parallèle de “mettre de côté des doses pour les publics prioritaires pas encore vaccinés, et ne pas mettre toutes les doses et tous les moyens humains dans les vaccinodromes”.

Des initiatives pour vacciner les plus éloignés du système de santé

“Il faut aller chercher ces publics prioritaires avec des actions ciblées vers les personnes les plus éloignées de la vaccination, que ce soit en raison d’un éloignement géographique, d’une fracture numérique, ou d’une hésitation à se faire vacciner, en allant dans ces quartiers, en travaillant avec les associations, les généralistes…”.

Des initiatives locales existent et sont lancées par les CPAM, les départements ou encore les communes : la vaccination sans rendez-vous au pied des tours à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), la mise en place d’un bus de la vaccination, toujours dans le 93, qui sillonne le département pour informer et vacciner les plus de 75 ans, les plus éloignés du système de santé, ou qui ont des difficultés à prendre rendez-vous, voire à se déplacer.

Chez les plus de 75 ans, la vaccination ralentit ces dernières semaines. La couverture vaccinale de cette tranche d’âge est passée de 68,8% à 78% en un mois.

“Ne pas laisser de côté les plus défavorisés”

Un ralentissement de la progression de la vaccination dans les tranches d’âge les plus avancées qui n’étonne pas Antoine Flahault. “C’est un phénomène qu’on observe dans toutes les campagnes de vaccination. À partir d’environ 80% de vaccination d’une tranche d’âge, ça plafonne”. Un phénomène observé notamment aux États-Unis et qui inquiète.

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“C’est le moment de renforcer les moyens pour aller chercher les 20% restants avec des actions ciblées. Ce sont souvent des personnes isolées ou de milieux sociaux défavorisés. Les laisser de côté pendant cette vaccination, c’est creuser un peu plus les inégalités sociales”, poursuit l’épidémiologiste, directeur de l’Institut de Santé globale à Genève.

Comment aller vers les personnes prioritaires ?

Parmi les solutions avancées pour aller vers ces publics prioritaires, la vaccination en pharmacie ou chez son généraliste. Depuis une dizaine de jours, ils peuvent commander des vaccins Moderna, un jumeau du Pfizer, pour vacciner en cabinet et en officine.

“C’est une bonne chose qui va permettre aux généralistes de cibler directement leurs patients prioritaires pas encore vaccinés et qui le souhaitent”, salue le professeur Maxime Gignon, qui voit là une solution pour aller vers les personnes prioritaires.

Pfizer chez les généralistes ?

Mais avec une commande limitée à un flacon par semaine, soit 10 doses, pour les médecins et deux flacons pour les pharmacies, le volume paraît insuffisant aux yeux des généralistes, qui réclament de pouvoir vacciner avec Pfizer, qui peut désormais être conservé au réfrigérateur.

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La France doit recevoir un peu plus 400 000 doses de Moderna par semaine en juin, alors que les livraisons de Pfizer sont presque 10 fois plus importantes, avec 3,9 millions de doses hebdomadaires. “Si on me donne un flacon Pfizer, je peux réserver des doses à mes patients prioritaires. Je sais lesquels de mes patients âgés ou fragiles veulent être vaccinés”, détaille le généraliste Michaël Rochoy, qui a commandé un flacon de Moderna pour la semaine prochaine. Olivier Véran a pour l’instant écarté l’idée de fournir Pfizer aux pharmaciens et généralistes, misant d’abord sur Moderna.

Une solution à l’étude

Mais la vaccination en cabinet n’est pas la seule solution avancée. “Il faut mettre à disposition des médecins traitants un tableau de leurs patients avec l’avancée de leur vaccination et leur âge. Cela permettrait notamment aux généralistes d’appeler leurs patients prioritaires qui n’ont pas encore été vaccinés pour leur proposer un rendez-vous en cabinet et leur faciliter l’accès à la vaccination”, espère Michaël Rochoy.

“Si chaque médecin a un tableau avec l’âge, la vaccination ou non de chaque patient et ses coordonnées, cela accélérerait fortement la vaccination des plus fragiles”, espère le médecin généraliste, dont la demande a été faite aux autorités sanitaires.

Source: Covid-19 : les limites de l’ouverture de la vaccination à tous les adultes dès le 31 mai

Covid-19 : Maintenir le port du masque en extérieur « peut encore avoir du sens dans les grandes villes mais pas ailleurs », pense un médecin

Un panneau indiquant l’obligation du port du masque sur le front de mer à Calais. (archives) — DENIS CHARLET / AFP
    • Certaines communes ou département ont profité du déconfinement du 19 mai pour lever, au moins en partie, l’obligation de porter le masque en extérieur.

 

    • Le médecin spécialiste en épidémiologie Michaël Rochoy, interrogé par 20 Minutes pense que ce n’est pas forcément une mauvaise idée.

 

    • Il n’a de toute façon jamais vraiment cru à l’utilité de cette mesure, en dehors des zones denses.

 

Le mercredi 19 mai a marqué la réouverture des commerces non essentiels encore fermés et surtout des bars et restaurants, qui sont autorisés à accueillir des clients et clientes en terrasses. Certains maires voire certains préfets en ont aussi profité pour supprimer, au moins partiellement, l’obligation du port du masque en extérieur. C’est le cas de l’Ardèche,
la Lozère, de la Charente-Maritime ou d’Arcachon, par exemple, où le masque n’est plus obligatoire que dans certains lieux très fréquentés. Dans l’Hérault, il faut encore porter un masque dans les zones urbanisées. D’autres départements comme la Seine-et-Marne, la Creuse ou l’Yonne avaient annoncé de telles mesures avant de rétropédaler.

Cela fait près d’un an dans certaines zones, comme Paris, que le masque est obligatoire en extérieur. Alors que la situation sanitaire semble plus favorable et dans un contexte général de déconfinement, faut-il déjà renoncer à cette mesure ? 20 Minutes a posé la question au médecin membre du collectif « Du côté de la science », Michaël Rochoy.

Ces quelques levées de l’obligation du port du masque en extérieur arrivent-elles trop tôt ?

Pas forcément, je pense que ça dépend des régions : les taux d’incidence ne sont plus du tout les mêmes suivant les villes ou les départements. De toute façon, c’est toujours un peu la même chose sur le masque en plein air : ça n’a jamais eu un grand intérêt. Il n’a une utilité que dans les lieux denses. Mettre le masque sur la plage ça n’a pas de sens, quand on est dans des rues piétonnes avec seulement quelques personnes ça n’a pas de sens non plus…

Ça a du sens quand on est dans un marché, quand on est tous collés serrés pendant une demi-heure, dans une brocante… C’est intéressant quand on est longtemps à un endroit, statique, où il y a du monde : typiquement la définition des terrasses. A part dans les grandes villes, notamment étudiantes, en extérieur, on arrive quand même à ne pas se marcher les uns sur les autres. La question n’est pas tant de lever cette obligation que de savoir pourquoi elle a été instaurée. Je comprendrais mieux un préfet qui dit que le masque en extérieur n’est pas une bonne idée et la réouverture des terrasses non plus.

Donc, tout l’inverse de ce qu’on fait actuellement ?

Actuellement on met le masque en extérieur mais on le retire quand on est tous collés les uns aux autres et assis pendant une heure sur la même place, avec le vent qui peut envoyer les gouttelettes chez le voisin de derrière ou de devant. C’est vraiment tout ce qu’il ne faut pas faire. Alors bien sûr ces situations ne sont pas non plus un grand risque dans l’absolu ou prises isolément. C’est-à-dire que ce n’est pas parce qu’on a vu des images avec 100 ou 200 personnes qui dansent que ça va forcément créer un cluster.

Pour vous la question du port du masque en extérieur est une question purement politique ?

Oui, c’est davantage politique que sanitaire. Cette décision n’a jamais eu de sens sanitaire réel dans la plupart des villes. Dans certaines grandes villes comme Paris, ça a permis à un moment donné d’éviter l’effet des cartes avec des zones sans masque obligatoire et des zones avec masque obligatoire. Ça peut peut-être encore avoir du sens dans ces grandes villes, comme Lille ou Rennes, de maintenir encore cette mesure, mais pas dans la plupart des villes beaucoup plus petites.

Selon vous, à partir de quel niveau de vaccination ou de contaminations serait-il « acceptable » de lever l’obligation du port du masque en extérieur ?

Je pense qu’il s’agirait forcément de critères artificiels. Actuellement je me trouve dans la rue, à Outreau, une ville de 15.000 habitants, et la première personne est à quatre mètres de moi. Si dans ce contexte de très faible risque, je suis quand même obligé de porter un masque, pourquoi alors a-t-on rouvert les terrasses ? Il faut quand même faire preuve d’une certaine logique. Tout cela repose en fait sur une question de cohérence des mesures sanitaires prises depuis des mois. La question de chiffrer les objectifs pour lever telle ou telle mesure reste intéressante : en vérité c’est ce qu’il faudrait faire, bien au-delà de la question des masques en extérieur. Mais le seul chiffre qui a conditionné la réouverture des commerces et des terrasses, par exemple, c’est une date.



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