Covid-19 : Faut-il rendre le port du masque obligatoire au bureau ? – Sud Radio

Porter le masque au sein des entreprises, en quoi cela peut-il être utile, voire nécessaire ? 22% des foyers épidémiques seraient des entreprises.

Dans les entreprises et les écoles avant les virus de l’automne

“Santé Publique France recherche les principales sources de contamination, et la première ce sont les entreprises privées et publiques, même devant les établissements de santé, confie le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste. La meilleure façon de lutter contre cela est de mettre un masque.”

“En fait, le masque doit être implanté dans les entreprises et les écoles. On ne sait pas comment cela va se passer par la suite, explique le co-président du collectif Stop Postillons. Le problème est que si quelqu’un a de la fièvre, quand tous les enfants sans masque dans les classes et les parents vont se contaminer, avec les virus de l’automne, des fièvres légères, on devra faire des tests PCR avec des bâtonnets au fond de la gorge, engorger les laboratoires de ville, la médecine générale. Les délais de rendu de tests vont être allongés, les enfants devront attendre pour retourner à l’école, les parents devront poser des jours… D’un point de vue économique, c’est étonnant que les gens qui défendent les petites entreprises soient contre le port du masque.”

L’entreprise n’est pas un sanctuaire

“On n’est surtout pas contre le port du masque, affirme au contraire Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Paris Île-de-France. Halte aux idées reçues, surtout sur les petites et moyennes entreprises. Nous avons été les premiers à demander le port du masque dès le 11 mai à Paris, en Île-de-France, mais aussi dans les transports en commun. Comme cela a été rappelé, il y a une reprise du virus depuis une semaine, notamment en Île-de-France, avec 60 nouveaux foyers de contamination actifs. Il y a des personnes réfractaires, en fonction des classes d’âge, des catégories…. Faut-il porter un masque quand vous êtes tout seul à réparer une voiture, ou seul dans un bureau ? Tout cela, c’est du cas par cas.”

“Nous, ce que l’on demande, c’est un peu de pédagogie, de dialogue et d’échange, insiste Bernard Cohen-Hadad. L’entreprise n’est pas un sanctuaire, un monde aseptisé, un bunker. C’est d’abord un lieu de vie, fait de brassages et de difficultés. La priorité, c’est de faire de la pédagogie. Quand on est à moins d’un mètre des uns des autres en entreprise, on porte le masque. Quand on est dans l’impossibilité de porter des masques, on met des écrans en Plexiglas, on crée une distanciation autre. Il ne faut pas retrouver ce confinement local ou généralisé, c’est la priorité.”

La rentrée approche à grands pas. Pour Benoît Serre, vice-président de l’Association nationale des DRH, “la question n’est pas de savoir s’il faut mettre un masque ou pas. S’il faut changer le protocole du 24 juin, changeons-le, mais changeons-le vite. La rentrée, pour beaucoup, c’est dans huit jours, le 24 août. Généraliser le port du masque en entreprise signifie ne pas permettre à l’entreprise de vivre normalement, avec le problème de la cantine, de la cafétéria, d’accepter les personnes extérieures…”

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Source: Covid-19 : Faut-il rendre le port du masque obligatoire au bureau ? – Sud Radio

 

Coronavirus : le port du masque bientôt obligatoire en entreprise ?

Coronavirus : le port du masque bientôt obligatoire en entreprise ?

Les appels de spécialistes se multiplient pour rendre le port du masque obligatoire dans les entreprises,ont été détectés de nombreux foyers de contamination au Covid-19, et pour mettre à jour en ce sens le protocole de déconfinement, sur lequel planche le ministère du Travail.

Vendredi et mardi, des réunions sont prévues rue de Grenelle avec les dirigeants syndicaux et patronaux pour adapter ce protocole, selon une invitation dont l’AFP a obtenu copie.

«Le protocole actuel en entreprise est désuet, il doit absolument être renouvelé: il se base sur la distanciation physique, ça n’a plus vraiment de sens», déclare Martin Blachier, médecin de santé publique, co-dirigeant de la société de conseil Public Health Expertise.

« 50% des clusters sont dans des entreprises »

Ce protocole impose le port du masque uniquement quand la distanciation d’un mètre n’est pas respectée. Le salarié doit aussi le porter lorsqu’il est amené à être en contact à moins d’un mètre d’un groupe social constitué librement de personnes qui ne portent pas de masque.

Selon ce protocole, «le masque est un complément des gestes barrière (…) Avant de réfléchir au port de masque, l’employeur doit donc mettre en oeuvre toutes les solutions techniques et organisationnelles de protection collective permettant d’éviter ou de réduire les risques».

Or, depuis quelques jours, tandis que de plus en plus de villes imposent le port du masque à l’extérieur — dont l’utilité dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19 ne fait pas consensus –, le corps médical considère que c’est en entreprise qu’il doit surtout être généralisé.

«50% des clusters sont dans des entreprises, médicales ou non médicales. Les hôpitaux, c’est environ 10% des clusters, les établissements médico-sociaux, les Ehpad, c’est 20% et les entreprises privées 20%. Rendons le masque obligatoire dans tous les lieux clos, dont les entreprises privées!», a insisté jeudi sur France Info Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière.

A ce jour, selon l’Agence régionale de santé francilienne, 69 foyers d’infection sont actifs en Ile-de-France, dont 25% provenant de milieux professionnels (privé/public).

Selon des sources concordantes, cinq cas avérés de Covid-19 ont été détectés et plusieurs ont été placés à l’isolement parmi les salariés d’un magasin Fnac parisien, où le masque est obligatoire depuis le 11 mai pour tous les salariés, prestataires et clients.

Procédures contraignantes de désinfection

Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le Pas-de-Calais, membre du collectif Stop Postillons, qui milite depuis mars pour une utilisation plus large du masque, estime lui que «les procédures contraignantes de désinfection sont exagérées lorsqu’on n’impose pas le masque».

«Toutes les autres mesures viennent après», assure-t-il.

Parmi ces autres mesures, les désormais traditionnelles recommandations d’hygiène (se laver régulièrement les mains, se couvrir systématiquement le nez et la bouche en toussant ou éternuant dans son coude, ne pas se serrer la main …).

Il faut aussi, entre autres, aérer régulièrement (toutes les 3 heures) les pièces fermées pendant 15 minutes; nettoyer régulièrement avec un produit actif sur le virus les objets manipulés et les surfaces, éliminer les déchets susceptibles d’être contaminés dans des poubelles à ouverture non manuelle, rester chez soi en cas de symptômes (toux, difficultés respiratoires, etc.).




Source: Coronavirus : le port du masque bientôt obligatoire en entreprise ?

Tous masqués à la rentrée, même en entreprise et en classe? “Une question de cohérence”, plaident des médecins[sondage] – Charente Libre.fr

Tous masqués à la rentrée, même en entreprise et en classe? "Une question de cohérence", plaident des médecins[sondage]
“Le protocole actuel en entreprise est désuet, il doit absolument être renouvelé: il se base sur la distanciation physique, ça n’a plus vraiment de sens”, selon Martin Blachier, médecin de santé publique.Photo d’illustration AFP

Par charentelibre.fr,
publié le , modifié .

Alors que de plus ne plus de villes imposent le port du masque dans certains de leurs lieux publics, des médecins alertent pour le rendre obligatoire dans les entreprises et en classe où le risque de voir émerger de nouveaux foyers épidémiques est élevé et va s’accentuer avec la rentrée. Gouvernement, patrons et syndicats y réfléchissent.

Mise à jour à 17h

Rendre le port du masque obligatoire dans tous les lieux collectifs clos, y compris les bureaux et les salles de classes, “est une question de cohérence”, estime ce vendredi un collectif de médecins, appelant à une “prise de conscience” urgente avant la rentrée.

Alors que le masque est obligatoire depuis le 20 juillet dans les lieux publics clos (commerces, services publics, etc.) et que le gouvernement plaide pour étendre son utilisation à l’extérieur, ces professionnels de santé déplorent que les protocoles de sécurité actuels pour les lieux de travail “ne prennent pas suffisamment en compte” le risque de propagation du Covid-19 par aérosols en suspension dans l’air, selon leur tribune publiée en ligne par Libération.

“Dans un commerce ou au travail, à La Poste ou en cours, (…) l’air circule de la même manière autour de nous, et s’il n’est pas souvent renouvelé, le virus se propage et s’accumule (…). Si la fumée d’une cigarette peut nous atteindre, alors le Sars-CoV-2 le peut tout autant”, font valoir ses signataires, dont l’infectiologue Karine Lacombe, le président du syndicat de médecins libéraux UFMLS Jérôme Marty et les créateurs du collectif Stop-Postillons, qui préconise depuis des mois de renforcer le rôle du masque dans la lutte contre le coronavirus.

“On ne peut imposer le port de masque en extérieur dans certaines situations à risque marginal tout en le laissant optionnel dans des lieux clairement identifiés comme moteurs de cette épidémie“, ajoutent-ils. Selon le ministère de la Santé, 49% des foyers de cas groupés enregistrés se situent “en milieu professionnel”. 

  • Aussi, “il est urgent de rendre obligatoire le port du masque dans tous les espaces clos, dans tous les bureaux, dans toutes les salles de classe et amphithéâtres, et aussi d’encourager sans ambiguïté le télétravail, les cours à distance et la réorganisation de classes avec des effectifs moins nombreux, comme l’a décidé, par exemple, le gouvernement italien”, réclament-ils.

Une telle mesure permettra aussi de “limiter les infections virales et les syndromes fébriles”, évitant ainsi que de nombreux salariés soient mis en quarantaine pour rien en attendant les résultats de leur test de dépistage du Covid-19, font-ils valoir. Ils mettent enfin en garde contre la tentation de “sous-estimer le risque de transmission dans les écoles”, citant une récente prise de position de la société allemande de virologie.

Des réunions sont prévues ce vendredi et mardi au ministère du Travail avec les dirigeants syndicaux et patronaux pour adapter le protocole de déconfinement s’appliquant aux entreprises (lire ci-dessous)

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Les appels de spécialistes se multiplient pour rendre le port du masque obligatoire dans les entreprises, où ont été détectés de nombreux foyers de contamination au Covid-19, et pour mettre à jour en ce sens le protocole de déconfinement, sur lequel planche le ministère du Travail. L’inquiétude monte sur ce qui pourrait se passer à la rentrée car l’entreprise reste l’un des principaux lieux de la vie sociale. C’est donc l’un des principaux endroits où on rencontre des gens, qui vont ensuite ailleurs avec peut-être un petit virus qu’on leur a transmis sans même s’en rendre compte.

Ce vendredi et mardi, des réunions sont prévues rue de Grenelle avec les dirigeants syndicaux et patronaux pour adapter ce protocole (lire encadré).

  • “Le protocole actuel en entreprise est désuet, il doit absolument être renouvelé: il se base sur la distanciation physique, ça n’a plus vraiment de sens”, déclare Martin Blachier, médecin de santé publique, co-dirigeant de la société de conseil Public Health Expertise.

Ce protocole impose le port du masque uniquement quand la distanciation d’un mètre n’est pas respectée. “Avant de réfléchir au port de masque, l’employeur doit (…) mettre en oeuvre toutes les solutions techniques et organisationnelles de protection collective permettant d’éviter ou de réduire les risques”, ajoute le texte.

Or, depuis quelques jours, tandis que de plus en plus de villes imposent le port du masque à l’extérieur – dont l’utilité dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19 ne fait pas consensus -, le corps médical considère que c’est en entreprise qu’il doit surtout être généralisé.

  • “50% des clusters sont dans des entreprises, médicales ou non médicales. Les hôpitaux, c’est environ 10% des clusters, les établissements médico-sociaux, les Ehpad, c’est 20% et les entreprises privées 20%. Rendons le masque obligatoire dans tous les lieux clos, dont les entreprises privées!”, a insisté jeudi sur France Info Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière.

A ce jour, selon l’Agence régionale de santé francilienne, 69 foyers d’infection sont actifs en Ile-de-France, dont 25% provenant de milieux professionnels (privé/public). Selon des sources concordantes, six cas avérés de Covid-19 ont été détectés et plusieurs ont été placés à l’isolement parmi les salariés d’un magasin Fnac parisien, où le masque est obligatoire depuis le 11 mai pour tous les salariés, prestataires et clients.

Aux Galeries Lafayette, où le port du masque est également obligatoire depuis le 11 mai, la direction a fait état de “moins de cinq cas” depuis le déconfinement, parmi du personnel extérieur (des démonstrateurs payés par les marques), tandis que le syndicat SUD recensait cinq cas avérés et plusieurs cas suspects en phase de test.

“Vertu psychologique”

Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le Pas-de-Calais, membre du collectif Stop Postillons, qui milite depuis mars pour une utilisation plus large du masque, estime lui que “les procédures contraignantes de désinfection sont exagérées lorsqu’on n’impose pas le masque”.
“Toutes les autres mesures viennent après”, assure-t-il.

Parmi ces autres mesures, les désormais traditionnelles recommandations d’hygiène (se laver régulièrement les mains, se couvrir systématiquement le nez et la bouche en toussant ou éternuant dans son coude, ne pas se serrer la main …).

  • Il faut aussi, entre autres, aérer régulièrement (toutes les 3 heures) les pièces fermées pendant 15 minutes; nettoyer régulièrement avec un produit actif sur le virus les objets manipulés et les surfaces, éliminer les déchets susceptibles d’être contaminés dans des poubelles à ouverture non manuelle, rester chez soi en cas de symptômes (toux, difficultés respiratoires, etc.).

Interrogés jeudi sur le port du masque obligatoire en entreprises, des responsables syndicaux se sont montrés plutôt favorables. “Tout dépend de la qualité des masques, de leur renouvellement et du contrôle, ce qui pose un tas de questions sur l’encadrement, les sanctions”, pointe Claude Quinquis, de la CGT à la Poste.

Pour Samuel Berthelot (Unsa à la Poste), si “le port du masque est plutôt bien perçu”, “La Poste ne va pas assez loin, en acceptant que les gens recommencent à signer sur papier (les recommandés) avec le même stylo qui se repasse de main à main”.

Chez Orange, Sébastien Crozier (CFE-CGC) estime que “même si ce n’est pas la mesure la plus efficace et qu’on peut s’interroger encore sur sa capacité à protéger réellement, il a une vertu psychologique certaine: c’est un rappel permanent à la vigilance”. Mercredi, la Confédération des petites et moyennes entreprises s’est dite opposée à une généralisation, jugeant que l’imposer de manière “systématique” serait “excessif”.

Ils l’ont dit…

  • Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes, préconise le port du masque obligatoire dans toutes les entreprises. “C’est protéger le salarié. C’est protéger l’entreprise. C’est protéger l’autre”. Il évoque la possibilité de “sanctions financières” pour les entreprises récalcitrantes en cas d’apparition de nouveaux foyers.
  • L’épidémiologiste Marc Blanchier est lui aussi pour le port obligatoire du masque dans les entreprises. Alors que de plus ne plus de villes imposent le port du masque dans certains de leurs lieux publics, le médecin explique à Sud Ouest que “ce n’est pas la bonne mesure” étant donné la ventilation en plein air. Pour lui, “c’est dans les entreprises qu’est le vrai risque.”
  • “Si l’on veut faire une mesure qui fonctionne et qui va avoir un vrai impact sur les courbes épidémiques c’est le port obligatoire du masque en entreprise, même si la distanciation physique est respectée” insiste-t-il. “Alors que l’on est en plein mois d’août, les clusters sont d’abord dans les entreprises. Il faut travailler cette mesure en particulier pour la rentrée, quand les gens vont retourner au travail et se rebrasser dans des univers professionnels dans des open space et des salles de réunion. Septembre, c’est dans trois semaines.” 

Réunions entre patronat-syndicats et gouvernement

Ce vendredi, les dirigeants syndicaux et patronaux sont conviés par le ministère du Travail à une réunion de consultation dans le cadre de travaux de mise à jour du protocole de déconfinement, notamment sur le port du masque en entreprise. Cette réunion se tiendra avec le cabinet de la ministre Elisabeth Borne, des représentants de la direction générale du travail et ceux de la direction générale de la santé.

Mardi, une nouvelle réunion se tiendra en présence d’Elisabeth Borne, le ministre de la Santé Olivier Véran et le secrétaire d’Etat aux retraites, Laurent Pietraszewski. Ce sera l’occasion de recueillir les observations des dirigeants relatives au contexte sanitaire dans les entreprises.

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Être contaminé dans la rue… ou agressé : Anne Hidalgo et la préfecture de police sont-ils capables de déterminer le plus grand risque statistique à Paris ? | Atlantico.fr

PANDÉMIE ET INSÉCURITÉ

Être contaminé dans la rue… ou agressé : Anne Hidalgo et la préfecture de police sont-ils capables de déterminer le plus grand risque statistique à Paris ?

Publié le 11 août 2020

Le nombre de cas atteint du coronavirus à Paris ne cesse de grimper, tout comme le nombre d’agressions dans la capitale. En 2019, 234 211 types de délits ont été recensés à Paris entre janvier et septembre, soit une hausse de 10,5 % par rapport à la même période en 2018.

Le nombre de cas atteint du coronavirus à Paris ne cesse de grimper, tout comme le nombre d’agressions dans la capitale. En 2019, 234 211 types de délits ont été recensés à Paris entre janvier et septembre, soit une hausse de 10,5 % par rapport à la même période en 2018.

Universitaire, Edouard Husson a dirigé ESCP Europe Business School de 2012 à 2014 puis a été vice-président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Il est actuellement professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (à l’Université…

Médecin généraliste à Outreau (62), docteur en médecine et en sciences, chargé d’enseignement à la faculté de médecine de Lille, il est co-fondateur du collectif Stop-Postillons.fr dès mars 2020, pour la promotion d’une couverture faciale dans l’espace…

Le nombre de cas atteint du coronavirus à Paris ne cesse de grimper, tout comme le nombre d’agressions dans la capitale. En 2019, 234 211 types de délits ont été recensés à Paris entre janvier et septembre, soit une hausse de 10,5 % par rapport à la même période en 2018.

Atlantico : Anne Hidalgo a rendu obligatoire le port du masque dans certaines zones de Paris afin de prémunir les habitants du risque d’infection au coronavirus. Sur quelles données statistiques Anne Hidalgo peut-elle se baser afin de connaître avec exactitude le taux de contamination extérieur et ainsi les zones où les citoyens doivent être protégés en priorité ?

Michaël Rochoy : Posons la question à l’envers : que faudrait-il pour connaître le taux de contamination extérieur avec exactitude ?

Il faudrait par exemple avoir une population A, indemne de SARS-CoV-2 et une population B, contagieuse ; ensuite, il faudrait suivre expérimentalement les effets de rencontres exclusives de A et de B, uniquement en extérieur (en s’assurant bien qu’ils ne se rencontrent jamais en intérieur)… Ca n’est évidemment pas éthique de faire de telles expériences ! Nous ne pouvons donc qu’émettre des hypothèses, basées sur la science, les modes de transmission aériens du virus, et « tenter de deviner » les lieux de contamination par des études épidémiologiques.

C’est ce que fait Santé Publique France via son système d’information MONIC. Lorsqu’il y a plusieurs cas dans une même entreprise (le premier lieu où se créent les clusters en France entre mai et août), ils formulent l’hypothèse la plus probable : la contamination a lieu dans l’entreprise.

Par contre, lorsque vous vous contaminez dans la rue, il devient extrêmement difficile de le savoir : ce n’est pas un lieu unique, vous n’y croisez pas les mêmes personnes plusieurs heures d’affilée, etc.

Donc ces données d’exactitude n’existent pas, et ça n’est clairement pas la faute de Madame Hidalgo.

Le masque en extérieur a très probablement un intérêt dans les zones denses (marchés, rues commerçantes). Le problème de cibler uniquement certaines rues, c’est que les gens pourraient être incités à opter pour des parcours alternatifs… et donc augmenter la densité de populations de ces rues parallèles !

Enfin, soyons clairs : Madame Hidalgo impose le port du masque dans certaines rues pour protéger ses administrés et elle a raison, parce que c’est son seul levier d’action. La « balance bénéfice-risques » est favorable : le bénéfice est peut-être faible dans la rue, mais face à un risque nul, la décision mérite d’être prise dans les lieux les plus denses, où il y a le plus de concentrations de gens. Il faut mieux frapper fort que le virus est faiblement présent, que d’agir mollement (comme le fait le ministère de l’éducation nationale). Il sera toujours temps de lâcher du lest par la suite.

Quelles données peuvent permettre de suivre avec précision la progression du virus en France ?

Michaël Rochoy : Il y a de nombreux paramètres qui permettent de suivre la progression du virus en France ; ce sont principalement des incidences (ou taux d’incidence), c’est-à-dire le « nombre de nouveaux cas » (par définition, on parle de « cas » pour désigner les patient(e)s ayant une PCR COVID-19 positive).

Nous pouvons par exemple suivre :

– le nombre de nouveaux cas par jour,

– le nombre de nouveaux cas hospitalisés par jour,

– le nombre de nouveaux cas hospitalisés en réanimation par jour,

– le nombre de nouveaux décès liés à la COVID-19 par jour.

D’autres données existent, comme le taux de positivité des tests : 1 %, 2 %, 5 %, etc.

Tous ces paramètres ont leurs qualités et leurs défauts. Le « meilleur » à mon sens de clinicien est probablement le nombre de décès par jour par COVID-19, car c’est un critère binaire, simple et fiable ; le problème est qu’il est tardif (avec une médiane de 23 jours environ après la contamination) et incomplet (il y a notamment des comorbidités liés à la réanimation, des symptômes persistants, etc.)

De la même façon, les hospitalisations en réanimation sont tardives, et les taux d’hospitalisations ignorent les prises en charge en ville (et les variations possibles dans le seuil de recours à l’hospitalisation).

Certains paramètres dépendent du nombre de tests réalisés ou des critères de réalisation : par exemple, lorsque le gouvernement décide de passer outre le parcours de soin classique et d’ouvrir les PCR à tout le monde, il y a forcément une diminution de pertinence des tests, et donc un taux de positivité des tests qui chute… Tout est imbriqué, tout change en fonction des prises en charge…

Certaines sociétés savantes, comme le Harvard Global Health Institute, définissent des seuils d’alerte : 1, 10, 25, 70 nouveaux cas pour 100 000 personnes.

Bref, il n’y a pas un seul critère dont il faut tenir compte, c’est plutôt un faisceau d’arguments qui vont inciter à davantage de prudence.

Mais ce qu’il faut surtout retenir de tout ça, c’est que l’épidémiologie a un intérêt pour définir des stratégies de santé publique.

A un niveau individuel, les personnes hospitalisés ou en réanimation se fichent de la variation de ces taux. Il ne faut pas perdre de vue l’objectif : nous ne voulons pas devenir une nation d’épidémiologistes mais lutter contre la propagation du virus ; et ça, c’est quelque chose que chacun peut faire, en portant un masque dans tous les lieux clos et dans les lieux densément peuplés.

La réponse au coronavirus de certaines mairies, en rendant obligatoire le port du masque en extérieur dans certaines grandes villes, est-elle à la hauteur du défi de la rentrée en septembre ?

Michaël Rochoy : Oui et non… Encore une fois, les mairies font ce qu’elles peuvent.

Le défi n’est certainement pas les rues, mais les lieux clos : toutes les entreprises (privées ou publiques), toutes les écoles (de la maternelle à l’université), les salles de culture (public de concert, cinéma, théâtre, etc.), les salles de sport, etc.

Nous avons fait un communiqué argumenté avec le collectif le 9 août, où nous réclamons 3 mesures fortes :

1 – imposer le masque dans tous ces lieux clos (incluant, désolé pour les anglophones, les « open spaces »). Santé Publique France recherche les principales sources de clusters en France et c’est dans les entreprises qu’il en trouve le plus, devant même les établissements de santé.

2 – imposer le masque dans toutes les écoles. Les enfants peuvent transmettre le SARS-CoV-2 ; certes, les enfants font moins de forme grave, mais les enfermer plusieurs heures par jour dans des petites salles de classe est une porte d’entrée majeure pour le virus. Protéger les personnes fragiles est le devoir de tout le monde.

3 – … et déculpabiliser les messages autour des masques. Ce qui compte est que la majorité de la population l’utilise ; c’est évidemment mieux s’il couvre la bouche ET le nez, et si les masques sont de qualité. Le premier paramètre reste l’utilisation la plus large possible.

Par ailleurs, un autre défi de septembre va être la recrudescence de fièvres liées à d’autres virus (rhinovirus, VRS, etc.). Ces « infections virales » vont quasiment toutes mener à des PCR. Le masque peut diminuer ces infections, et donc diminuer :

– le nombre de PCR,

– la pression sur les consultations de médecine générale et sur les laboratoires,

– le délai de recours aux PCR, et donc le retard de prise en charge des patients qui auront bien la COVID-19

– l’absentéisme (scolaire ou professionnel)…

Nous devons protéger les personnes fragiles, et j’espère avoir contribué ici à démontrer que cela ne passera que par le port généralisé du masque. Il faut frapper fort aujourd’hui ; il faut mieux regretter dans 6 mois d’avoir peut-être porté sans raison un masque dans certaines rues, plutôt qu’avoir des remords de ne pas l’avoir fait.

La mesure prise pour combattre la hausse de la délinquance à Paris sont-elles à la hauteur des mesures prises pour lutter contre la Covid 19 ?

Édouard Husson : Ce qui caractérise actuellement beaucoup d’élus, c’est l’incompétence. Une incapacité coupable à gouverner ! Il faudrait lancer la notion de « livre rouge », de la couleur du stylo utilisés par les professeurs avant que l’Education Nationale ne juge la couleur traumatisante pour les élèves. Le « livre rouge » de la présidence Macron sera épais à la fin du quinquennat: gestion des conflits sociaux, de la pandémie etc… L’ouvrage que l’on pourrait consacrer à Anne Hidalgo est épais aussi; il a d’ailleurs été entrepris avant la campagne des municipales. Et pourtant Paris a réélu son très médiocre maire. Nous sommes confrontés au fait majeur du dernier demi-siècle. La casse consciencieuse du système éducatif. Elle ne se manifeste pas seulement par les fautes d’orthographe au kilomètre de beaucoup (trop) de jeunes embauchés aujourd’hui. Elle se voit aussi dans l’incompétence croissante de nos gouvernants, l’ignorance de plus en plus évidente de beaucoup de journalistes. Tandis qu’une sociologie complaisante nous expliquait que le niveau scolaire montait, les apparatchiks de l’Education Nationale cassaient consciencieusement notre très bon système d’instruction publique, avec la complicité de la bourgeoisie où les fascinations progressistes ont remplacé les snobismes ciblés par Molière ou Proust; et, fréquemment, par les responsables de l’enseignement catholique craignant de ne pas être à la page. On a vu arriver aux postes de commande, depuis dix ans, les premières victimes de la grande casse éducative post-1968; d’abord dans les équipes Strauss-Kahn (beaucoup se retrouvent chez Macron) puis chez François Hollande et chez l’actuel président. Ou à la Mairie de Paris. Je détestais politiquement Bertrand Delanoë mais lui-même et la plus grande partie de ses équipes étaient compétents. Aujourd’hui, Paris est une ville qui concentre les CSP+ dont les rangs sont de plus en plus peuplés de « semi-instruits »: tandis que les quartiers populaires s’abstenaient largement, les « diplômés » réélisaient le maire qui mérite sans doute le bonnet d’âne dans un palmarès mondial des plus mauvais édiles. Madame Hidalgo a cependant gagné largement parce que les équipes d’en face n’étaient pas plus compétentes, pour le malheur de la capitale. Je me souviens, à l’automne dernier, d’un dialogue incroyable, au QG de l’un des adversaires de Madame Hidalgo, entre un jeune zozo format « sciences-po » et l’un des meilleurs spécialistes européens des campagnes sur les réseaux sociaux, où le premier, qui brillait par son ignorance, expliquait son métier au second.

C’est pourquoi je ne crois pas que l’on puisse parler de bonnes mesures prises contre le COVID 19. Expliquez-nous la logique de la carte du port du masque imposé. Les équipes de l’Etat ou de la ville ne sont pas plus compétentes sur ce sujet que dans la lutte contre la délinquance qui, tous secteurs confondus, a augmenté De 10% en 2019 et repart à la hausse en 2020, malgré les deux mois de confinement.

La mairie de Paris utilise-t-elle cette crise afin de masquer ses manquements dans d’autres domaines en particulier celui de la sécurité ?

Édouard Husson : Vous leur prêtez une intention cohérente, sinon mauvaise ! Mais, selon la formule répandue, on surestime souvent la méchanceté et on sous-estime l’incompétence des individus. Madame Hidalgo ne connaît rien à la gestion urbaine en général. Elle fait des milliers de kilomètres en avion pour aller se faire célébrer comme une experte des « villes durables » mais elle n’a jamais pris le temps de comprendre les bases de l’intégration systémique des décisions urbaines, pour parler comme mon ami Claude Rochet. Quand vous arrêtez la circulation automobile des voies sur berge, il faut anticiper les répercussions que cela va avoir sur la circulation en Région Ile-de-France. Quand vous réduisez de 50 à 75% la largeur des voies de circulation automobile, il faut construire systématiquement des parkings en périphérie de Paris, multiplier par trois le nombre de bus etc…En fait, toutes les décisions sont prises sur des critères idéologiques simplistes: la voiture, c’est mal ! L’accueil des immigrés clandestins, c’est bien! Et puis après, vous laissez les gens se débrouiller avec les problèmes que vous avez créés. Vous multipliez les logements sociaux pour vous assurer une clientèle complémentaire des bobos semi-instruits à qui vous expliquez que des plantes en pot ce sont des « forêts urbaines » et que Paris est une ville verte, bientôt propre, parce que les SDF vont pouvoir uriner dans des réceptacles entourés de feuillage. Le résultat de tout cela, c’est que Paris est en train de dégringoler en termes d’attractivité. Rappelez-vous comme l’équipe municipale de Madame Hidalgo faisait la roue (du paon, bien entendu, Marcel Campion me pardonnera cette mauvaise plaisanterie) après le vote du Brexit: on allait voir ce qu’on allait voir, Paris allait attirer toutes les activités qui allaient quitter Londres etc… Quatre ans plus tard, il suffit de regarder la Gare du Nord, malgré sa rénovation, pour comprendre que Londres restera la plus attractive des capitales européennes, et de très loin: Le quartier de la Gare du Nord concentre tous les maux du Paris d’Anne Hidalgo: embouteillages permanents, saleté à propos de laquelle l’alerte sanitaire aurait dû depuis longtemps être atteinte, campements d’immigrés clandestins, délinquance, drogue, sans parler de l’absence quasi-permanente de contrôle de sécurité sérieux à l’entrée des trains (à part l’eurostar). L’amateurisme est partout chez lui à Paris, y compris dans la gestion de la pandémie du Coronavirus

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Source: Être contaminé dans la rue… ou agressé : Anne Hidalgo et la préfecture de police sont-ils capables de déterminer le plus grand risque statistique à Paris ? | Atlantico.fr

Le masque dans la rue : vrai outil de prévention ou mesure “pour rassurer”? – ladepeche.fr

l’essentiel
De plus en plus de villes imposent le port du masque à l’extérieur et le Premier ministre a appelé à “étendre le plus possible” cette obligation. Mais son utilité dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19 ne fait pas consensus.

Marseille, Carcassonne, plus récemment Paris, Grenoble, et Bordeaux à partir de samedi… Face à la remontée du nombre de cas de contaminations ces dernières semaines, de nombreuses communes – 330 selon Jean Castex – imposent le port d’un masque dans la rue, notamment sur les marchés ou certaines artères très fréquentées.

“Il nous faut aller au-delà”, a affirmé mardi le chef de l’exécutif lors d’un déplacement à Montpellier, annonçant l’envoi d’une circulaire aux préfets pour leur demander “de développer au maximum les endroits où il y a obligation du port du masque”.

Un cran supplémentaire après l’incitation faite fin juillet par le ministre de la Santé Olivier Véran à porter le masque “si vous êtes dans une rue où il y a plusieurs personnes qui vont se balader et vous n’êtes pas sûr de pouvoir garder la distance”.

Ce discours tranche radicalement avec le message des autorités en début d’épidémie. Dans un contexte de pénurie de masques, elles assuraient que cet objet était destiné aux soignants et aux malades et “inutile pour toute personne dans la rue”, selon les mots du Directeur général de la Santé (DGS), Jérôme Salomon.

Le discours a évolué au fil des semaines (et des connaissances scientifiques), aboutissant à une obligation dans tous les lieux publics clos, le 20 juillet.

Mais en plein air, y a-t-il vraiment un risque de contamination ?

“Geste de bon sens”

“Le port du masque est un geste de bon sens dans les lieux bondés et lorsque la distance minimale d’un mètre ne peut être respectée”, affirmait lundi le ministère de la Santé dans son communiqué de presse quotidien.

Un avis partagé par le professeur d’immunologie Jean-François Delfraissy, à la tête du Conseil scientifique: “le bon sens doit guider les décisions. Dans la rue bondée d’une station balnéaire, le port du masque s’impose”, estimait-il dimanche dans le Journal du dimanche, disant toutefois préférer “l’incitation” à la coercition.

“Si on se tient à une distance respectable, un à deux mètres, ça devrait être suffisant, mais le Premier ministre a raison de dire qu’il y a des zones bondées, où (…) on n’arrive pas à tenir les distances sociales, et c’est évidemment là que le port du masque est vraiment indispensable”, a observé mardi sur RTL Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis (AP-HP).

“En extérieur, il y a un tel brassage d’air qu’on n’arrive pas à une concentration virale suffisante pour être infectieuse”, juge toutefois Martin Blachier, médecin de santé publique interrogé par l’AFP.

Les études épidémiologiques montrent que les foyers de cas groupés (“clusters”) surviennent quasi exclusivement dans des lieux clos et permettent d’estimer que le risque de contamination est environ 20 fois plus élevé à l’intérieur qu’à l’extérieur, ajoute le codirigeant de la société de conseil Public Health Expertise.

“C’est une décision politique et pas de santé publique, pour dire +nous prenons toute la mesure de cette épidémie+”, a aussi estimé auprès de l’AFP Yonathan Freund, craignant que cette mesure que “rien ne justifie scientifiquement” crée “de la méfiance dans la population”.

“Pari psychologique”

“Il est impossible de savoir si l’effet” du port du masque à l’extérieur “est réel”, car il ne serait “pas éthique” de tester cette hypothèse en conditions réelles, ajoute par ailleurs Michaël Rochoy, médecin généraliste membre du collectif Stop Postillons, qui préconise depuis le mois de mars une utilisation plus large du masque dans la lutte contre le coronavirus.

“Mais face à un risque nul” lié au port du masque lui-même, “la décision mérite d’être prise dans les lieux les plus denses, où il y a le plus de concentrations de gens”, a-t-il expliqué à l’AFP.

Le médecin se montre aussi prudent face au peu de contaminations à l’extérieur officiellement recensées: “lorsque vous vous contaminez dans la rue, il est très difficile de le savoir: ce n’est pas un lieu unique, vous n’y croisez pas les mêmes personnes plusieurs heures d’affilée”, alors que lors de la détection de plusieurs cas dans une même entreprise, il est très probable que la contamination ait eu lieu dans ces locaux.

Au-delà de l’aspect scientifique, certains maires pointent l’intérêt psychologique d’une telle mesure: “c’est une mesure qui vise à rassurer” la population, “pour dire qu’on peut sortir, on peut aller dans un commerce, on peut déambuler”, a ainsi argumenté sur la chaîne locale  Eric Fournier, maire de Chamonix-Mont-Blanc (Haute-Savoie), qui a opté le 3 août pour le masque obligatoire dans le centre-ville.

Un “pari psychologique” risqué, selon Martin Blachier, car les réfractaires au port du masque pourraient être au contraire tentés “de se retrouver en intérieur”, dans des lieux privés où le port du masque ne peut pas être contrôlé et où le risque de contamination est bien plus élevé.

Source: Le masque dans la rue : vrai outil de prévention ou mesure “pour rassurer”? – ladepeche.fr

Port du masque : sur le nez, c’est mieux que sur le cou!


Port du masque : sur le nez, c’est mieux que sur le cou!

Photo Sébastien JARRY

Photo Sébastien JARRY

Rita Alawaa, cadre de santé hygiéniste au centre d’appui et de prévention des infections du CHU de Lille se dit « interpellée » face au nombre important de personnes qui portent le masque à raz du nez ou carrément sur le cou, découvrant la bouche.

« Le réservoir potentiel du virus est dans toute la sphère ORL, le nez y compris car il peut y avoir des projections par éternuement. Le risque quand on monte et descend le masque sur le cou, c’est de le mettre en contact avec des zones contaminées », réexplique la praticienne qui rappelle les recommandations de l’OMS : pas plus de quatre heures pour un masque « sans doute moins quand il fait chaud, à cause de la transpiration » ; éviter de le manipuler car « la main est l’élément de transmission
».

« Il faut déculpabiliser et se détendre un peu »

Les masques propres doivent idéalement être transportés dans un sac de type congélation propre pour éviter les contacts avec des objets, dans les sacs ou dans les poches.

Le docteur Rochoy, généraliste à Outreau et membre du collectif « Stop postillon » se félicite de l’obligation, surtout dans les lieux clos. Mais se montre plus souple sur l’espace public. « Mieux on le porte, mieux c’est. Bien sûr il faut éviter de le toucher en permanence, si possible ne pas le mettre dans la poche et le reprendre. Mais on est dans la vraie vie, il faut déculpabiliser et se détendre un peu parce que sinon les gens vont penser qu’on les titille sur des détails, alors qu’il y a des incohérences comme l’absence d’obligation en entreprise. L’enjeu c’est avant tout que tout le monde porte le masque pour que la protection soit maximale. »

Autrement dit, si tout le monde porte un masque chacun est protégé des postillons des autres.



 Source: Port du masque : sur le nez, c’est mieux que sur le cou!

Cette étiquette sur un paquet de masques ne prouve pas qu’il est inutile d’en porter contre le coronavirus | Factuel

 

Cette étiquette sur un paquet de masques ne prouve pas qu’il est inutile d’en porter contre le coronavirus

Copyright AFP 2017-2020. Droits de reproduction réservés.

Ce produit ne protège pas des maladies virales ou infectieuses“, peut-on lire sur l’étiquette d’un paquet de masques, dans des publications partagées des dizaines de milliers de fois depuis le 24 mai, qui remettent en cause l’utilité d’en porter pour lutter contre le Covid-19. Ces masques permettent bien de limiter la propagation du nouveau coronavirus, selon des experts interrogés par l’AFP, mais surtout en protégeant les autres de nos propres postillons.

Inutile que tout le monde porte un masque, répétaient au début de l’épidémie de nouveau coronavirus les autorités de nombreux pays occidentaux, dont la France.

Elles ont depuis fait volte-face. En complément des gestes barrières et de la distanciation physique, le masque est désormais largement décrit comme un des outils principaux pour freiner l’épidémie.

En France, l’obligation de port du masque dans les lieux publics clos est entrée en vigueur le 20 juillet. Certaines communes, comme Nice, ont également imposé le port du masque en extérieur.

De nombreuses publications virales sur les réseaux sociaux ont toutefois vu le jour ces dernières semaines, remettant en cause l’utilité du masque ou leur attribuant de prétendus effets néfastes sur la santé.

Alors, à quoi servent les masques et à quoi ça vous sert de les porter à part vous soumettre à ceux qui veulent vous diriger“, écrit par exemple l’auteure d’une publication sur Facebook du 24 mai, partagée près de 18.000 fois depuis.

(capture d’écran réalisée sur Facebook le 25 mai 2020)

La photo accompagnant la publication montre l’étiquette d’un emballage de “masques d’hygiène 3 plis bleu” et met en valeur la phrase suivante, imprimée sur le paquet : “Ce produit ne protège pas des contaminations virales ou infectieuses“.

Cette photo circule sur les réseaux sociaux depuis le 8 mai 2020. Elle a initialement été mise en ligne sur Facebook par la page CGT Educ’action des Yvelines (78) qui dénonçaient la mise à disposition de ces masques aux instituteurs du département, selon la publication.

Interrogé par nos confrères de 20 Minutes, le rectorat de l’académie de Versailles avait assuré, dans un article du 12 mai, avoir “remplacé les masques concernés, afin que la rentrée se passe de la manière la plus sereine possible pour nos personnels, quand bien même nous savons qu’ils ont été testés et assurent une filtration à plus de 90%“.

Si cette polémique avait pris fin après les déclarations du rectorat, la photo, elle, a continué à être relayée sur les réseaux sociaux (1,2,3,4,5), souvent présentée comme une preuve que les masques dits “grand public” sont inutiles pour limiter la propagation du virus.

(Capture d’écran réalisée sur Facebook le 4 août 2020)

Différents types de masque

Il existe différents types de masque en France, comme le relève le gouvernement dans cette note d’information. Les masques de protection respiratoire FFP1, 2 et 3 qui “protègent le porteur du masque contre l’inhalation de particules en suspension dans l’air et a fortiori de gouttelettes de plus grosse taille qui pourraient contenir des agents infectieux“. Ils sont réservés aux professionnels de santé.

Les masques de type chirurgical qui répondent à des normes spécifiques et sont destinées à “éviter lors de l’expiration de celui qui le porte, la projection de sécrétions des voies aériennes supérieures ou de salive pouvant contenir des agents infectieux transmissibles“, écrit le ministère de la Santé.

Et enfin les masques dits “grand public“, produits par des professionnels du textile ou “faits maisons” dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, utilisé par la population dans le cadre de leur activité professionnelle ou de leur déplacement.

C’est le cas des masques emballés dans la photo virale, comme l’atteste la mention “ce produit n’est pas un dispositif médical” sur le paquet.

Ce ne sont pas des masques chirurgicaux, mais cela ne remet pas en cause leur utilité pour lutter contre la propagation du virus“, a estimé Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais) et membre du collectif Stop postillons, interrogé par l’AFP le 3 août.

L’idée de porter ce type de masque, c’est principalement de protéger les autres de nos particules expirées“, a-t-il ajouté. “Les écrans anti-postillons (masques et visières) permettent de retenir les gouttelettes (du porteur, ndlr); le virus va rester à l’intérieur“, explique le généraliste.

Si les masques FFP1, 2 et 3 sont testés pour empêcher l’entrée de microparticules extérieures, les autres modèles servent davantage à empêcher leur sortie.

C’est un point important : beaucoup de gens pensent que porter un masque (grand public, ndlr) les protège de la contamination, alors que cela permet en fait de réduire les sources de transmission“, a dit à l’AFP le Pr KK Cheng, spécialiste de santé publique à l’université de Birmingham (Angleterre), dans cette dépêche.

D’après les normes du ministère de la Santé, les masques vendus au grand public doivent filtrer au minimum 70% des particules de 3 microns.

Ce ne sont pas des masques à visée médicale, mais plutôt des écrans anti-postillons pour le grand public“, a expliqué à l’AFP le pneumologue Nicolas Hutt, qui exerce en Alsace, l’une des régions française les plus touchées par le virus, en préconisant leur utilisation “dans toutes les zones où les mesures de distanciation ne sont pas correctement respectées, comme les commerces“.

“Le masque ne suffit pas seul”

Et c’est précisément car ce type de masques n’est pas efficace à 100% que ses fabricants ne peuvent assurer sur l’emballage qu’ils protègent “des contaminations virales ou infectieuses“, selon Michaël Rochoy.

Interrogé sur cette mention par l’AFP lundi 3 août, SAS France Sécurité, l’importateur français de ces masques fabriqués en Chine selon l’étiquette, n’avait pas répondu à ce stade.

Le masque ne suffit de toute façon pas seul. Il s’agit de l’une des principales mesures barrières avec la distanciation sociale et les précautions d’hygiène comme le lavage régulier des mains“, a noté M. Rochoy.

En conséquence, aucun fabricant ne peut à ce stade garantir une protection assurée à 100% face au nouveau coronavirus et c’est pourquoi ce type d’avertissement se retrouve sur les boîtes de nombreux produits, y compris aux Etats-Unis :

(Capture d’écran réalisée sur Facebook le 18 mai 2020)

Les autorités sanitaires américaines ont elle estimé qu’un masque dit “grand public” n’a “pas pour objectif de protéger son porteur, mais de prévenir la transmission du virus d’une personne contaminée à d’autres individus

Les masques n’ont pas besoin d’être efficaces à 100% pour avoir un rôle significatif sur le ralentissement de l’épidémie“, a jugé le virologue Benjamin Neuman, de la Texas A&M University, interrogé par l’AFP.

L’OMS comme les autorités sanitaires considèrent le port du masque comme une mesure efficace pour limiter la propagation du virus, en plus de la distance physique et du lavage de mains. Il est d’autant plus efficace qu’il est massivement porté, car les porteurs se protègent mutuellement les uns les autres.

En outre, il existe plusieurs travaux scientifiques relevant l’efficacité des masques, comme expliqué par des chercheurs des universités de Pennsylvanie et de Cambridge, qui soulignent que “les preuves continuent à s’accumuler montrant que les masques, y compris ceux en tissu, préviennent la transmission de l’infection“.

Pour garantir l’efficacité maximale du masque, il est impératif de l’ajuster parfaitement et de ne pas le porter plus de quatre heures, a expliqué à l’AFP Rim Chaouy, responsable du pôle Sécurité et santé au travail de l’Association française de normalisation (Afnor), dans un précédent article. Au fil de la journée, les masques s’humidifient et perdent en efficacité, d’où les consignes de les changer toutes les quatre heures environ.

Le port du masque n’est pas un substitut à la distanciation sociale et l’aération“, a dit à l’AFP Patrick Remington, ancien épidémiologiste pour les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) et directeur du Programme de résidence en médecine préventive à l’université de Wisconsin-Madison.

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Ce texte sur les supposés dangers du masque et du gel hydroalcoolique contient des fausses informations | Factuel

 

Ce texte sur les supposés dangers du masque et du gel hydroalcoolique contient des fausses informations

Copyright AFP 2017-2020. Droits de reproduction réservés.

Un texte partagé des centaines de fois depuis le 17 octobre invite à ne pas porter de masque et à ne pas utiliser de gel hydroalcoolique car ils seraient dangereux pour la santé. Cette publication contient des fausses informations, selon des experts interrogés par l’AFP.

J’AI CHOISI DE VIVRE !!!“, clame l’auteur de la publication en expliquant pourquoi il ne porte pas masque, ne met pas de gel hydroalcoolique et ne respecte pas la distanciation sociale malgré le rebond de l’épidémie de nouveau coronavirus en France.

(capture d’écran réalisée sur Facebook le 23 octobre 2020)

Selon les autorités sanitaires, le respect de ces gestes barrières est pourtant essentiel pour endiguer la propagation du Covid-19 qui a fait 34.210 décès en France au 22 octobre.

Par ailleurs, plusieurs des arguments utilisés dans la publication pour justifier de ne pas respecter ces gestes sont trompeurs ou faux.

J’ai choisi de respirer de l’air, et non mon CO2 et mes toxines. En plus, c’est marqué sur les boîtes qu’ils sont inutiles contre virus & bactéries” Trompeur

Le masque ne provoque pas d’insuffisance en oxygène, ont expliqué de nombreux médecins à l’AFP.

Le masque n’est pas un circuit clos, il laisse passer l’oxygène“, souligne par exemple le Pr Coppieters, médecin épidémiologiste et professeur de santé publique à l’Université Libre de Bruxelles (ULB).

L’idée, que l’on respirerait dangereusement notre propre CO2 est très populaire dans les publications opposées au port du masque. Mais, comme souligné plus haut, le masque n’est pas hermétique et laisse circuler l’air : l’oxygène inspiré et le gaz carbonique expiré.

Un masque n’est pas un circuit fermé. Presque tout l’air expiré s’échappe du masque donc vous ne respirez pas votre propre CO2“, explique ainsi Shane Shapera, directeur du programme des maladies pulmonaires de l’hôpital public de Toronto (Canada).

On retrouve aussi régulièrement l’idée voisine selon laquelle le masque ferait ré-inspirer ses propres “toxines“. Or, “on n’exhale pas de toxines“, rappelle Jean-Luc Gala, chef de clinique à la clinique universitaire Saint-Luc à Bruxelles et spécialiste des maladies infectieuses.

L’étiquette que l’on peut trouver sur certains paquets de masque avançant qu’ils ne protègent pas des virus ne signifie pas qu’ils sont inutiles, comme nous l’avions déjà expliqué dans cet article de vérification.

Cela veut dire que ce ne sont pas des masques chirurgicaux, mais cela ne remet pas en cause leur utilité pour lutter contre la propagation du virus“, avait estimé Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais) et membre du collectif Stop postillons.

Ces masques permettent bien de limiter la propagation du nouveau coronavirus, selon plusieurs experts interrogés par l’AFP, mais surtout en protégeant les autres de nos propres postillons.

J’ai choisi de comprendre que (le gel hydroalcoolique) est cancérigène” Faux

C’est faux, aucune étude sérieuse ne le prouve. Selon l’ANSM, le gendarme du médicament en France, contacté par l’AFP: “aucun risque cancérogène, reprotoxique ou neurotoxique, par voie cutanée ou inhalée, n’a été identifié suite à l’exposition à l’éthanol contenu dans les produits hydro-alcooliques”.

Les travaux de l’Anses, qui évalue notamment les risques sanitaires au travail, menés sur l’utilisation en milieu professionnel de l’éthanol n’ont pas mis en évidence de “risque chronique pour la santé (…) par inhalation ou par contact cutané”.

L’éthanol est classé cancérigène par le Centre de recherche contre le cancer, uniquement lorsque celui est associé à la boisson alcoolisée.

Selon les différents spécialistes interrogés par l’AFP, les gels antibactériens, composés principalement d’eau et d’éthanol demeurent une “alternative nécessaire” au lavage des mains au savon lorsqu’on se trouve trop loin d’un point d’eau.

Ils peuvent, au pire, provoquer des “irritations cutanées” ou des “réactions allergiques”, notamment lorsqu’ils contiennent des composés, tels que des parfums, rajoutés pour des “raisons cosmétiques”.

D’autre part, mon corps n’aime ni le mercure, ni l’aluminium ni toutes les autres substances nocives présentes dans les vaccins“. Faux

Les autorités sanitaires françaises ont fixé à 0,85 milligrammes la quantité maximale d’aluminium dans un vaccin. Une dose très faible qui “n’est rien par rapport aux doses que vous mangez tous les jours” selon le Dr Robert Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie.

En effet, en reprenant les estimations disponibles sur le site de l’Anses, le gendarme français de l’alimentation, on estime à 4,2 mg, la quantité d’aluminium ingérée chaque semaine par un enfant de 10 kilos. C’est 5 fois plus que la quantité d’aluminium injectée par une vaccination obligatoire durant l’enfance.

L’AFP avait également vérifié une fausse information sur la quantité de mercure présent dans les vaccins contre la grippe.

La prétendue dangerosité des vaccins est un classique de la rhétorique anti-vaccin, qui revient en force actuellement avec le Covid-19, contre lequel des chercheurs du monde entier cherchent un vaccin.

“Nous savons que les vaccins ont sauvé des millions de gens et non tué des millions de gens”, rappelle à l’AFP le pédiatre Jason Newland, spécialiste des maladies infectieuses à la faculté de médecine de la Washington University à Saint-Louis, aux Etats-Unis.

Les vaccins ont très clairement montré leur efficacité, souligne pour sa part le Dr Julian Leibowitz, du Texas A&M College of Medicine, aux Etats-Unis, citant auprès de l’AFP par exemple le “succès” du vaccin contre la rougeole ou rappelant que “le vaccin contre la polio a quasiment éradiqué la poliomyélite”.

L’efficacité de la vaccination chez les jeunes enfants est aussi expliquée ici par l’AFP.

Jeudi 22 octobre, le Premier ministre Jean Castex a annoncé l’extension du couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin à 38 nouveaux départements et à la Polynésie pour faire face à une circulation du virus “extrêmement élevée“, avec 41.000 cas enregistrés en 24 heures, un niveau jamais vu dans le pays.

(AFP / Alain Bommenel)

Le mois de novembre sera éprouvant” et “le nombre de morts va continuer d’augmenter“, a-t-il insisté. Quelque 165 décès de malades du Covid ont officiellement été enregistrés jeudi.

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Port du masque obligatoire : un « marathon » plus qu’un sprint

Port du masque obligatoire : un « marathon » plus qu’un sprint

Michaël Rochoy recommande de porter le masque en extérieur, dans des lieux de passage, comme ici, dans les rues piétonnes de Boulogne-sur-Mer.

Michaël Rochoy recommande de porter le masque en extérieur, dans des lieux de passage, comme ici, dans les rues piétonnes de Boulogne-sur-Mer.

Le port du masque obligatoire

😷 Où ? Depuis ce lundi 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans tous les lieux publics clos (restaurants, commerces, transports en commun…)

😷 Pour qui ? Les adultes et les enfants de plus de 11 ans.

😷 Sinon ? Un non-port du masque dans les lieux publics clos ou les transports en commun est sanctionné par une amende de 135 euros.

😷 Où s’en procurer ? Dans les supermarchés et grandes surfaces, en pharmacie ou sur internet (attention toutefois aux modèles). Des patrons sont également disponibles en ligne pour les confectionner soi-même.


Enfin ! »
C’est ce que beaucoup soufflent quand on évoque l’obligation, depuis ce lundi 20 juillet, du port du masque dans les lieux publics clos. Des commerçants, notamment, qui auraient souhaité voir cette mesure être appliquée dès le déconfinement. Michaël Rochoy, médecin généraliste outrelois qui avait lancé le site Stop postillons en mars dernier, les rejoint sur ce point. «

Cette décision aurait pu être prise longtemps avant. On a vécu une saga farfelue, sans recommandation forte, sans message clair, où les politiques et les scientifiques se sont renvoyé la balle… Pour, au final, ne pas avoir beaucoup plus d’informations aujourd’hui », lâche le docteur qui défend, avec trois confrères nordistes, l’utilité du port du masque depuis le début de la crise sanitaire.

Sur leur site, les professionnels de la santé expliquaient l’importance des « écrans anti-postillons » (tout ce qui peut faire barrière, comme les masques en tissu, en plus des masques chirurgicaux) et de « confiner nos bouches et nos nez » pour ralentir, voire stopper la propagation du virus. Mais restaient frustrés par le silence à l’autre bout du fil. « J’avais contacté quelques mairies du secteur, mais je n’ai jamais eu de retour. C’est dommage, car si les politiques avaient réagi dès la fin mars, les gens seraient habitués à porter un masque et auraient du même coup été plus protégés. »

Comment porter le masque ?

Michaël Rochoy en est conscient : il reste de la pédagogie à faire. « On voit encore beaucoup de personnes mal porter le masque ou le retirer sans se désinfecter les mains par la suite. Le masque doit couvrir la bouche et le nez, car on le sait désormais, le virus se transmet par les gouttelettes mais aussi par l’aérosolisation (une simple respiration suffit à la propagation du virus, ndlr)
», rappelle le docteur, qui tient à rassurer : « On ne va pas s’étouffer avec son CO2, comme on a pu lire, ni être contaminé par son masque !
On met le masque avant tout pour protéger l’autre
. »

 

« Ce n’est pas une course de rapidité, mais plutôt un marathon. Il faudra porter le masque plusieurs mois »

 

Quid des lieux en extérieur ? Les gestes barrières sont bien sûr à appliquer, notamment la règle d’un mètre de distanciation. « Même deux », préconise le médecin outrelois.

Quant au port du masque, Michaël Rochoy le recommande en cas de forte affluence. « Il a un intérêt s’il y a beaucoup de monde, comme sur la digue de Wimereux. Mais il ne faut pas tomber dans la paranoïa. »

Juste garder à l’esprit que l’efficacité de ce geste barrière ne peut être vérifiée que si un nombre important de personnes (pour ne pas dire tout le monde) l’applique. « Mais ce n’est pas un effort qui se verra dès demain, alerte le docteur. Ce n’est pas une course de rapidité, mais plutôt un marathon. Il faudra porter le masque longtemps, plusieurs mois, pour réduire durablement la propagation du virus. »

Une mesure rassurante pour les restaurateurs et commerçants

Question port du masque, les habitudes ne changent pas dans les restaurants. Place Dalton, tous sont d’ailleurs bien rodés en la matière. Et les clients sont globalement de bons élèves. Beaucoup, en revanche, optent volontiers pour une table en terrasse plutôt que de s’aventurer à l’intérieur. Au Bureau, par exemple, « la semaine dernière, on n’avait que trois tables à l’intérieur, mais on était plein à l’extérieur ».

Le port du masque a fait sa place. Ludivine, co-gérante du Comptoir, en compte de plus en plus ces derniers jours, mais regrette que la mesure n’ait pas été appliquée dès le déconfinement : « Ça nous éviterait ce coup de stress. On veut éviter de refermer ! »

Cette angoisse, certains l’ont à la vue des masques qui tombent à partir d’une certaine heure… « Je ne comprends pas pourquoi il y a des happy hours », fustige Clémence, serveuse à l’Entrepôt.

Dans les rues piétonnes aussi, certains commerçants notent un certain relâchement. « Chez les jeunes comme chez les plus âgés », remarque la gérante de la Fée maraboutée. À Planète Shoes, Aline Vasseur fait part de quelques clients récalcitrants : « On devait parfois faire le gendarme dans la boutique… »

La mesure sonne donc comme rassurante, même s’il reste de la pédagogie à mener pour que le port du masque devienne, et reste, un réflexe.

Source: Port du masque obligatoire : un « marathon » plus qu’un sprint

Masque obligatoire : mais au fait, qu’est-ce qu’un lieu public clos ? – Le Parisien

 

Emmanuel Macron l’avait annoncé lors de son entretien télévisé du 14 Juillet : il sera obligatoire de s’équiper d’un masque pour se protéger du Covid-19 dans les « lieux publics clos » à partir du 1 er juin. Et finalement, c’est même dès la semaine prochaine que le port du masque sera contraint, a précisé ce jeudi matin le Premier ministre Jean Castex. Mais que recouvre exactement ce terme de « lieux publics clos »?

Contactée à ce sujet mardi, la Direction générale de la Santé n’était pas encore en mesure de définir pour l’instant ce qu’il signifiait, mais assurait que cela serait précisé très prochainement.

 

Actuellement, le port du masque est obligatoire dans de nombreux lieux recevant du public : les gares et transports en commun, les commerces où le responsable a signalé l’obligation de se protéger, les musées, les monuments, les lieux de culte, les établissements sportifs couverts…

Masque obligatoire : mais au fait, qu’est-ce qu’un lieu public clos ?

Sont aussi déjà concernés les parties communes des hôtels ou les lieux de circulation dans les théâtres et cinémas. Des lieux ayant pour point commun d’être fermés, et donc considérés comme plus favorables à la propagation du virus.

De nombreux médecins avaient déjà demandé que le port du masque soit imposé dans tous les types de lieux clos – qu’il s’agisse de bâtiments administratifs ou d’entreprises privées – notamment dans une tribune publiée le 11 juillet dans Le Parisien-Aujourd’hui en France.

Il serait sage de s’équiper dans « tous les établissements recevant du public, de la petite entreprise ou cabinet, à la grande surface, en passant par la salle des fêtes », juge le Dr Michaël Rochoy, membre du collectif Stop-postillons, qui milite pour l’obligation du port du masque. La mesure exclurait donc les parcs, jardins et autres lieux en plein air.

 

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Un tour de l’actualité pour commencer la journée

 

« Il n’y a pas de définition juridique », note Emilie Chandler, avocate en droit de la santé. « Je pense que cette formulation, lieux publics clos, vient de la tribune signée par plusieurs médecins dans vos colonnes (dans Le Parisien NDLR)», analyse-t-elle. « Il y a tout un tas de petites définitions car l’espace public renvoie à des lieux hybrides. Quand on prend la formulation d’Emmanuel Macron un peu différemment, et qu’on parle de lieux recevant du public, on tombe sur quelque chose de plus cohérent. Car cela veut dire les activités administratives et commerciales : mairies, services publics, magasins », poursuit la spécialiste.

Les bureaux également concernés ?

Difficile en revanche de savoir si cette mesure concernera les bureaux, qui ne sont pas ouverts au public mais où les employés sont nombreux. « La logique scientifique voudrait bien évidemment que ce soit le cas », juge le Dr Rochoy. Dans les endroits où l’on va exprès pour boire et manger, comme au restaurant, il faudra trouver d’autres solutions, ajoute de son côté le Dr Franck Clarot, signataire d’une tribune sur le port du masque dans Libération : « En principe, les tables sont distancées, on y est seulement avec des gens qu’on connaît, il peut y avoir du plexiglas pour séparer les gens », commente-t-il.

« Dans l’esprit « covid », ce sont tous les moments où ne peut pas respecter la distanciation. On n’a pas de texte contraignant, mais ça renvoie à l’idée de là ou on ne peut pas respecter les gestes barrières, là où on peut être au contact de tiers. Dans l’idée du confinement, ce sont tous les lieux qui ne sont pas le chez soi, ni le plein air », reprend Emilie Chandler.

A Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, la mesure est en revanche effective depuis lundi. Après la détection de plusieurs cas de Covid dans une école, le préfet du département a pris un arrêté rendant le port du masque obligatoire dans « tout établissement clos recevant du public, que son activité soit d’ordre administratif ou commercial », indique la préfecture dans un communiqué. Sont notamment concernés les « commerces », « mairie », « services publics », « parties communes des hôtels ».

 

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait déjà encouragé les Français à porter des masques avant le 1er août.

« Si ça peut être avant, ça sera avant », était aussi intervenu le secrétaire d’Etat Gabriel Attal lors du compte-rendu du Conseil des ministres, en précisant qu’il y a un « travail juridique et technique actuellement en cours » et que « le décret sera publié prochainement ».

 Source: Masque obligatoire : mais au fait, qu’est-ce qu’un lieu public clos ? – Le Parisien