Une fiche distribuée au centre de vaccination de Quimper au cœur d’une polémique – Quimper – Le Télégramme

Publié le 25 août 2021 à 06h00

Une fiche distribuée au centre de vaccination de Quimper au cœur d’une polémique

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INFO LE TELEGRAMME. Une fiche d’information distribuée au centre de vaccination de Quimper est au cœur d’une polémique. Elle fait tousser certains médecins et antivax. L’ARS Bretagne a fait retirer le document.

La fiche d’information sur le vaccin Pfizer du centre de vaccination de Quimper fait polémique.
La fiche d’information sur le vaccin Pfizer du centre de vaccination de Quimper fait polémique.
(Le Télégramme/Enora HEURTEBIZE)
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    • 1 Quel est le document contesté ?

Il s’agit d’une fiche « d’information du patient » contenant les connaissances « disponibles à ce jour sur le produit Pfizer » : efficacité, effets secondaires, durée de l’immunité, protection… Édité par les professionnels du centre de vaccination de Quimper, le document est distribué depuis quatre mois aux personnes venant se faire administrer la solution, en plus de la fiche d’informations médicales. Les personnes sont invitées à signer le document, qui doit être remis au médecin vaccinateur avant l’injection.

La fiche d'information sur le vaccin Pfizer distribuée au centre de vaccination de Quimper.
La fiche d’information sur le vaccin Pfizer distribuée au centre de vaccination de Quimper. (DR)
    • 2 Qu’est-ce que reprochent les médecins ?

Des médecins non-bretons se sont agacés du contenu de la fiche, a appris Le Télégramme. « Elle contient de nombreuses approximations de nature à inciter un patient venu se faire vacciner à faire demi-tour », s’insurge le docteur Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science ».

Il pointe par exemple la première ligne du document : « Mettre que le vaccin a bénéficié d’une autorisation de mise sur le marché conditionnelle en gras ou qu’il est déployé dans sa phase 3 d’essai clinique, sans en préciser les raisons ou mettre davantage d’informations, ça donne l’impression que nous sommes des cobayes ».

Pour le médecin, tous les arguments médicaux listés doivent être plus nuancés, pour éviter de jouer « sur les craintes ». Il cite ainsi le dernier point du document, qui indique que « les effets secondaires à moyen et long terme ne sont pas connus à ce stade ». « Vu le suivi en cours depuis un an sur ces vaccins, il n’y a aucune raison, à ce jour, de penser qu’il y a des effets à long terme. Surtout, leur argument n’est pas contrebalancé avec le fait que les effets à moyen et long terme du SARS-CoV-2, comme le covid long, ne sont, eux, pas connus… »

D’autres points du papier posent également problème aux yeux du médecin, comme la recommandation de ne pas mélanger les différentes technologies vaccinales ou l’absence d’étude sur l’innocuité de la vaccination chez la femme enceinte et allaitante. « Il aurait fallu contrebalancer en disant que ‘la Haute Autorité de Santé a recommandé de faire une 2e dose en Pfizer/Moderna si la 1re était en AstraZeneca’ et que les premiers résultats sur les femmes enceintes sont rassurants jusqu’à présent », avance Rochoy.

    • 3 Qu’est-ce que reprochent les antivax ?

Des antivax, qui se sont résolus à aller se faire vacciner, s’agacent d’avoir été quant à eux obligés de signer un document avec lequel ils n’étaient pas d’accord. « Je me suis vu obligé de signer le document sans quoi le généraliste ne pouvait pas me faire piquer par l’infirmière », rapporte l’un d’eux. « Si l’on ne signe pas ce papier, il n’y a pas d’injection, donc pas de passe sanitaire et donc pas d’accès à la vie publique ».

    • 4 Quelle est la position du centre de Quimper ?

Face à la polémique, le centre de vaccination défend son document, en renvoyant vers la loi Kouchner de 2002. Ce texte prévoit que le patient doit avoir un « consentement libre et éclairé des actes et traitements qui lui sont proposés ».

Si un tel consentement « clair, loyal et approprié » est bien demandé s’agissant de la vaccination contre la covid-19, le ministère de la Santé dit qu’il est à recueillir qu’ « à l’oral par le professionnel de santé, (…) il n’est pas nécessaire de le confirmer par écrit ».

Or, selon le centre de Quimper, « à l’oral, il n’existe aucune preuve que le patient ait bien reçu toute l’information ». La fiche écrite et signée permet de l’inscrire dans le marbre, comme c’est le cas déjà pour les fiches d’informations avant les opérations chirurgicales.

Avec une telle pratique, le centre entend protéger son personnel vaccinateur si des réclamations sur effets secondaires des vaccins – et au consentement éclairé – venaient à être émises dans les prochaines années. Pour l’un des responsables, la crainte est d’autant plus réelle qu’il voit arriver ces derniers temps dans les vaccinodromes des populations agressives et hostiles aux soignants.

    • 5 Qu’a décidé l’ARS Bretagne ?

L’Agence régionale de Santé, qui se dit « très étonnée par le document », a demandé au centre de Quimper de retirer le papier polémique le 18 août dernier. « À ce jour, seule la fiche de renseignements médicaux doit effectivement être émargée dans le cadre de la vaccination », explique l’agence, qui suit la directive gouvernementale. « Tout autre document à titre informatif peut être distribué par les centres de vaccination bretons, mais ne peut nécessiter de signature ».

L’agence n’a pas souhaité se prononcer sur le contenu même du document. Elle indique néanmoins que « seules les informations officielles, diffusées par le gouvernement et le Ministère de la Santé et dont les mises à jour sont fréquentes, doivent être communiquées » aux futurs vaccinés.

À ce jour, la fiche contestée n’est plus distribuée à Quimper. Mais le centre n’a pas dit son dernier mot. Selon nos informations, il étudie actuellement toutes les voies possibles pour la remettre en place.

    • 6 Une décharge pour les médecins ?

Outre le contenu de la fiche, cette polémique relance le débat sur la responsabilité des soignants dans le cadre de la vaccination contre la covid-19. Le 23 décembre dernier, Olivier Véran s’était pourtant voulu rassurant. Dans un courrier adressé au président du Conseil National de l’Ordre des Médecins, il avait indiqué que les professionnels de santé ne seront pas tenus pour responsables « au motif qu’ils auraient délivré une information insuffisante aux patients sur les effets indésirables méconnus à la date de vaccination ». Ce sera l’État, « au titre de la solidarité nationale » via son fonds d’indemnisation, qui paiera en cas de dommages.

 

 Source: Une fiche distribuée au centre de vaccination de Quimper au cœur d’une polémique – Quimper – Le Télégramme

Covid-19 : retour au bureau, à l’école… Pourquoi l’automne inquiète autant ?

Avec la rentrée, plusieurs facteurs propices au développement du Covid-19 vont se cumuler, faisant craindre une situation sanitaire compliquée.

Septembre rime avec fin des vacances, temps maussade, retour à l’école ou au bureau pour beaucoup. Et comme l’année dernière, septembre pourrait bien rimer avec flambée du Covid-19. Plusieurs spécialistes s’inquiètent d’une conjonction de facteurs qui, cumulés, pourraient entrainer une flambée épidémique à l’automne.

Avant même d’évoquer ces facteurs propres à la rentrée, le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy tient à rappeler la situation sanitaire. “L’an dernier à la même époque, il y avait beaucoup moins de cas de Covid. On est donc à un niveau circulation plus élevé, avant la reprise d’activités propices à sa propagation, d’autant que l’on fait face au variant Delta cette année, beaucoup plus transmissible”, souligne le médecin.

Le virus circule plus que l’an dernier

Une différence flagrante illustrée par Germain Forestier, membre du collectif du Côté de la Science. Le taux d’incidence en population était de 35 cas pour 100 000 habitants du 13 au 19 août 2020, et de 225 cas sur cette même période cette année.

Une situation qui devrait être “moins mauvaise”

À l’inverse, 70% des plus de 12 ans sont totalement vaccinés, alors que le vaccin n’existait pas l’an dernier à la fin de l’été. “La situation devrait être moins mauvaise qu’à l’automne dernier grâce au vaccin. Mais seule, la vaccination actuelle ne suffira pas, il faut des mesures fortes pour les situations à risque”, prolonge Michaël Rochoy, qui s’interroge.

“Il n’y aura sans doute pas de plateau à 300 morts par jour comme l’automne dernier, mais peut-on accepter et banaliser 100 morts par jour, sans prendre de mesure supplémentaire ?”. 15,8% des plus de 80 ans n’ont pas reçu la moindre dose de vaccin en France, soit un peu plus de 600 000 personnes, qui se retrouvent donc directement exposées au virus.

Les craintes autour de la rentrée scolaire

Premier des facteurs susceptibles d’entraîner une hausse des cas, la rentrée scolaire. En 2020 le taux d’incidence des 10-19 ans était de 30 cas pour 100 000 habitants contre 310 cas cette année. Si une large partie de cette tranche d’âge peut être vaccinée, le problème se pose pour les 0-9 ans. D’une incidence de 9 cas pour 100 000 habitants l’an dernier, l’incidence est passée à 128, avant la rentrée scolaire. Si le taux de dépistage était toutefois différent, la crainte que la rentrée scolaire fasse flamber le Covid est vive, d’autan que le protocole sanitaire présenté par les autorités est loin de faire l’unanimité.

Selon une modélisation de l’Institut Pasteur, la moitié des nouvelles infections auront lieu chez les enfants à la rentrée scolaire. “L’école est la situation la plus complexe qui nous attend cet automne car les enfants sont non vaccinés”, explique l’épidémiologiste membre du Conseil scientifique Arnaud Fontanet sur France Inter. Face à une flambée du nombre de cas, la Polynésie a décidé de refermer les écoles pour 15 jours, deux semaines après la rentrée.

Des mesures insuffisantes à l’école ?

“L’école est un des moteurs de l’épidémie, mais la rentrée se fait au niveau 2 (sur une échelle de 4, ndlr) d’un protocole qui n’a pas évolué malgré l’apparition d’un variant plus transmissible. Les mesures envisagées sont largement insuffisantes”, se désole Michaël Rochoy, qui souhaite qu’un taux d’incidence déclenche automatiquement le passage au niveau supérieur du protocole. Si le port du masque sera obligatoire à l’école, le manque de moyens alloués à la sécurisation des écoles fait bondir les scientifiques.

À LIRE AUSSI >> Covid-19 : ils appellent le gouvernement à sécuriser les cantines scolaires

Co-auteur d’une tribune dans Le Monde, il réclame, comme de nombreux autres scientifiques et enseignants, des mesures pour sécuriser les cantines scolaires et l’équipement en détecteurs de CO2 et purificateurs d’air, qui ne sont fournis pour l’instant que sur initiative de certaines collectivités locales. En Angleterre, 300 000 capteurs de CO2 doivent être installés dans les écoles pour un budget d’environ 25 millions de livres sterling, près de 30 millions d’euros.

L’inconnue des effets à long terme du SARS-COV-2

“On ne sait pas quelles sont les conséquences à long terme du SARS-COV-2, notamment sur les enfants. Et les moins de 12 ans ne peuvent pas être vaccinés. Les autorités sanitaires britanniques estiment qu’entre 2 et 8 % des enfants infectés présentent des symptômes persistants. Il faut absolument limiter la circulation du virus à l’école”, poursuit le chercheur en épidémiologie.

Si la rentrée scolaire cristallise les inquiétudes, ce n’est pas le seul événement du mois de septembre à inquiéter. “Dans l’ensemble, ce sont les situations qui entraînent un brassage de population, en lieu clos particulièrement, qui inquiètent, comme le retour au bureau”, prolonge Michaël Rochoy.

Le retour au bureau inquiète

Si le protocole précis du retour au bureau n’est pas précisément établi, il reste sensiblement le même qu’avant l’été, avec une différence de taille pour les salariés soumis au pass sanitaire, soignants et personnels dans les bars et restaurants notamment.

Si le port du masque reste obligatoire dans les bureaux, les cantines d’entreprises ne sont pas soumises au pass sanitaire, et le protocole recommande toujours deux jours par semaine de télétravail si possible. “C’est le même raisonnement qu’avec les écoles : on part d’un niveau de circulation plus élevé, il faut donc sécuriser les moments sans masque comme les cantines d’entreprise. Inciter à manger à son bureau par exemple, et favoriser l’aération et surtout le télétravail.

Les risques liés à la météo

Un protocole qui pourrait toutefois évoluer, selon Le Parisien, qui précise que les partenaires sociaux doivent être reçus par le ministère du Travail pour discuter d’une évolution des règles du protocole sanitaire, notamment pour ce qui touche au télétravail.

Autre élément défavorable, l’évolution de la météo. Si l’été n’a pas été radieux, l’arrivée de l’automne et la baisse des températures va inciter de nombreux Français à passer davantage de temps en intérieur. “On va moins ouvrir les fenêtres, voir davantage de monde chez soi plutôt qu’en extérieur. Autant de comportements qui évoluent en raison de la météo mais qui sont favorables à la propagation du virus”, rappelle le docteur Rochoy, qui appelle à porter le masque dans les lieux clos.

Dernier élément qui pourrait aggraver la situation à l’automne, la durée de la protection vaccinale. “On ignore encore si les plus âgés, vaccinés en premier ne vont pas faire face à une diminution de l’efficacité vaccinale. la question d’une troisième dose pour eux est sur la table”, conclut l’épidémiologiste, alors que plusieurs pays dont Israël et les Etats-Unis ont déjà commencé l’injection d’une troisième dose.

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Source: Covid-19 : retour au bureau, à l’école… Pourquoi l’automne inquiète autant ?

Covid-19 : les médecins utilisent les listes des non-vaccinés pour convaincre les indécis

Par Sudouest.fr avec AFP
Publié le 20/08/2021 à 9h58
Mis à jour le 20/08/2021 à 10h02

Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19, ciblant ceux en manque d’information ou ayant des difficultés à prendre rendez-vous.

Depuis le 7 juillet, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), le gendarme des données personnelles, autorise l’Assurance maladie à transmettre aux médecins traitants les noms de leurs patients non vaccinés. Au 11 août, près de 16 800 médecins traitants avaient fait une telle demande, selon la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Après des débuts timides, où les demandes devaient être effectuées par mail – on en dénombrait 5 500 au 29 juillet -, la Cnam a ouvert « un service en ligne intégré au portail Amelipro qui en facilite la mise à disposition ». D’où une augmentation des demandes dans les premiers jours d’août.

État des lieux utile

Le Dr Jean-Louis Bensoussan a déposé sa demande et constaté que 15 % de sa patientèle n’était pas vaccinée, ce qui représente environ 130 personnes. « C’est satisfaisant car cela montre que mon discours est passé », estime ce médecin exerçant dans la région toulousaine. Il en a depuis « rattrapé une quinzaine » qui se sont fait vacciner.

Le praticien, également secrétaire général de MG France, premier syndicat chez les généralistes, juge cette démarche « utile car elle permet de faire un état des lieux ». Et de joindre des patients qui viennent moins régulièrement en cabinet, « souvent jeunes : cela permet de les appeler, de discuter, de les informer ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires »

Tous les médecins ne sont pas convaincus par la démarche. Sur Twitter, Jean-Jacques Fraslin, médecin en Loire-Atlantique, confie ne « pas avoir vraiment envie de passer du temps à éplucher des listes et contacter les réfractaires ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires », confirme le Dr Bensoussan, qui mise davantage sur les patients « qu’on ne voit pas souvent » et auprès desquels un travail de pédagogie peut s’avérer utile.

Le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), explique sur son blog («le blog de Michaël ») que « les médecins généralistes ont autre chose à faire que d’appeler 1 200 personnes pendant dix-quinze minutes pour essayer de les convaincre ».

Lui tient à jour une liste de ses patients pour savoir où ils en sont de leurs vaccinations. Il a pris pour certains des rendez-vous en centres de vaccination. Quand il dispose de doses dans son cabinet, il les propose logiquement aux « personnes qui veulent être vaccinées avant les personnes qui ne le veulent pas ».

« L’intérêt de cette liste, c’est de rétablir de l’égalité. Tout le monde n’est pas égalitaire face à l’accès à internet », explique le Dr Rochoy. La liste des non vaccinés « permet de cibler les personnes qui n’ont pas l’application Doctolib voire qui n’ont pas de smartphone ».

Selon des chiffres publiés jeudi soir par le ministère de la Santé, plus de 47,1 millions de personnes ont reçu au moins une injection (soit 69,9 % de la population totale) et 40,5 millions ont un schéma vaccinal complet (60,1 %).

En dépit d’un ralentissement des prises de rendez-vous, le gouvernement s’est fixé un objectif de 50 millions de vaccinés avec une première dose à la fin août.

Source: Covid-19 : les médecins utilisent les listes des non-vaccinés pour convaincre les indécis

Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19 – Var-Matin

Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19

“Pas de temps à perdre avec les réfractaires”. Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19, ciblant ceux en manque d’information ou ayant des difficultés à prendre rendez-vous.

AFP
Publié le 20/08/2021 à 09:45, mis à jour le 20/08/2021 à 09:22

Illustration.
Photo Eric Ottino

Depuis le 7 juillet, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), le gendarme des données personnelles, autorise l’Assurance maladie à transmettre aux médecins traitants les noms de leurs patients non vaccinés.

Au 11 août, près de 16.800 médecins traitants avaient fait une telle demande, selon la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Après des débuts timides, où les demandes devaient être effectuées par mail – on en dénombrait 5.500 au 29 juillet -, la Cnam a ouvert “un service en ligne intégré au portail +amelipro+ qui en facilite la mise à disposition”. D’où une augmentation des demandes dans les premiers jours d’août.

Le Dr Jean-Louis Bensoussan a déposé sa demande et constaté que 15% de sa patientèle n’était pas vaccinée, ce qui représente environ 130 personnes. “C’est satisfaisant car cela montre que mon discours est passé”, estime ce médecin exerçant dans la région toulousaine. Il en a depuis “rattrapé une quinzaine” qui se sont fait vacciner.

Le praticien, également secrétaire général de MG France, premier syndicat chez les généralistes, juge cette démarche “utile car elle permet de faire un état des lieux”. Et de joindre des patients qui viennent moins régulièrement en cabinet, “souvent jeunes: cela permet de les appeler, de discuter, de les informer”.

Tous les médecins ne sont pas convaincus par la démarche. Sur Twitter, Jean-Jacques Fraslin, médecin en Loire-Atlantique, confie ne “pas avoir vraiment envie de passer du temps à éplucher des listes et contacter les réfractaires”.

Rétablir l’égalité

“Pas de temps à perdre avec les réfractaires”, confirme le Dr Bensoussan, qui mise davantage sur les patients “qu’on ne voit pas souvent” et auprès desquels un travail de pédagogie peut s’avérer utile.

Le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), explique sur son blog (“le blog de Michaël”) que “les médecins généralistes ont autre chose à faire que d’appeler 1.200 personnes pendant dix-quinze minutes pour essayer de les convaincre”.

Lui tient à jour une liste de ses patients pour savoir où ils en sont de leurs vaccinations. Il a pris pour certains des rendez-vous en centres de vaccination. Quand il dispose de doses dans son cabinet, il les propose logiquement aux “personnes qui veulent être vaccinées avant les personnes qui ne le veulent pas”.

“L’intérêt de cette liste, c’est de rétablir de l’égalité. Tout le monde n’est pas égalitaire face à l’accès à internet”, explique le Dr Rochoy. La liste des non vaccinés “permet de cibler les personnes qui n’ont pas pu avoir cet accès, qui n’ont pas l’application Doctolib voire qui n’ont pas de smartphone”.

Selon des chiffres publiés jeudi soir par le ministère de la Santé, plus de 47,1 millions de personnes ont reçu au moins une injection (soit 69,9% de la population totale) et 40,5 millions ont un schéma vaccinal complet (60,1%).

En dépit d’un ralentissement des prises de rendez-vous, le gouvernement s’est fixé un objectif de 50 millions de vaccinés avec une première dose à la fin août. Pour la plateforme de réservation Doctolib, le cap des 50 millions devrait plutôt être atteint le 4 septembre.

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 Source: Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19 – Var-Matin

Coronavirus : La fin de la gratuité des tests peut-elle biaiser le suivi de l’épidémie ?

Les tests réalisé pour des loisirs pourraient devenir payant après la rentrée — SYSPEO/SIPA
    • Avec l’instauration du pass sanitaire, le nombre de tests a battu tous les records cet été, et particulièrement le 13 août, où près d’un million de prélèvements ont été réalisés en France, selon les données de Santé publique France.

 

    • Le gouvernement a annoncé début août la fin de la gratuité des tests PCR et antigénique dits « de confort » à compter de la mi-octobre.

 

    • Pourtant, depuis le début de la pandémie, les dépistages permettent aux autorités sanitaires de suivre quasiment en temps réel la circulation du virus en France.

 

Pris en charge par la Sécurité sociale depuis le début de l’épidémie de coronavirus, les
tests PCR et antigéniques de « confort » vont
devenir payants à partir de la mi-octobre. Un changement qui risque de faire chuter le nombre de dépistages et de biaiser les chiffres du suivi de la situation sanitaire.

Avec l’instauration du pass sanitaire, le nombre de tests a battu tous les records cet été, et particulièrement le 13 août,
où près d’un million de prélèvements ont été réalisés en France, selon les données de Santé publique France. En devenant payants, les tests risquent d’être moins nombreux.

Un nombre de cas qui ne devrait pas varier drastiquement

Le 4 août dernier, le gouvernement a annoncé qu’il mettrait fin à la mi-octobre à la gratuité des tests PCR et antigéniques dits « de confort », c’est-à-dire les tests réalisés par des personnes qui souhaitent obtenir le pass sanitaire sans se faire vacciner ou pour lever le doute d’une éventuelle contamination. Seules les personnes symptomatiques ou cas contacts, munies d’une ordonnance, pourront réaliser un test gratuitement. Pour Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de Genève, aucun doute, « le nombre de tests va énormément diminuer avec la fin de la gratuité, les Français ayant peu l’habitude de couvrir directement leurs dépenses de santé ».

Pourtant, depuis le début de la pandémie, les dépistages permettent aux autorités sanitaires de suivre quasiment en temps réel la circulation du virus en France. « On va rater les personnes asymptomatiques, celles qui ont un doute et qui ne veulent pas payer. On va prendre du retard dans l’identification des cas et dans le cassage des chaînes de transmission », s’inquiète Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif Du côté de la science, qui estime que « les semaines qui vont suivre la fin de la gratuité vont être plus complexes pour le bon suivi épidémiologique ».

Mais pour Marie-Aline Bloch, chercheuse en sciences de gestion à l’École des hautes études en santé publique (EHESP), les chiffres ne seront toutefois pas forcément biaisés : « On tracera un peu moins l’épidémie, mais le suivi restera quand même fidèle. On aura moins de gens qui se testeront, mais comme les personnes symptomatiques et les cas contacts pourront continuer à le faire gratuitement, le nombre de cas ne sera finalement pas très différent », tempère la spécialiste.

Plusieurs indicateurs nécessaires

Si le nombre de tests devrait baisser, le taux de positivité, lui, va probablement évoluer. « Au lieu de faire des tests n’importe quand, n’importe comment, les personnes testées seront essentiellement celles qui ont des symptômes ou qui sont cas contacts. Et de facto, le taux de positivité va augmenter, il sera beaucoup plus important », explique Michaël Rochoy, qui estime qu’il faudra une période d’adaptation et « probablement une révision des seuils d’alerte » pour avoir un suivi réel de la circulation du virus. Les trois spécialistes sont formels : le suivi de l’épidémie ne repose pas uniquement sur l’indicateur du nombre de tests réalisés ou sur le taux de positivité. En effet, le nombre de tests positifs n’est pas l’indicateur le plus représentatif de la circulation du virus, ni celui scruté par les autorités sanitaires.

« Un seul indicateur n’est pas suffisant pour dresser un portrait de la situation sanitaire. Côté tests, on s’appuie sur le taux de reproduction du virus qui est un indicateur très utile pour le pilotage de la pandémie », détaille Antoine Flahault, faisant référence au R0, c’est-à-dire le nombre moyen de personnes qu’une personne infectée peut contaminer. « Ensuite, il faut observer les taux d’hospitalisations, les chiffres en réanimation et les décès dus au Covid-19, ce sont des indicateurs précieux, surtout s’ils sont rapportés selon l’âge et le statut vaccinal », poursuit le directeur de l’Institut de santé globale de Genève.

Augmenter la couverture vaccinale

Le gouvernement doit-il revoir sa stratégie de dépistage ? Pas nécessairement, pour Antoine Flahault. L’épidémiologiste plaide pour « séquencer massivement », afin de détecter les nouveaux variants et « mesurer le taux de la couverture vaccinale afin de repérer les poches de sous-vaccination, qui sont des zones à risque ».

Car si le gouvernement a décidé de rendre les tests dits « de confort » gratuits, « c’est clairement pour pousser la population restante à se faire vacciner », poursuit Antoine Flahault. Selon les dernières données du ministère de la Santé, mis à jour ce jeudi, 73 % de la population française de plus de 18 ans a été entièrement vaccinée. « Quand on voit la proportion minime de personnes vaccinées hospitalisées par rapport aux patients non-vaccinés, il faut espérer que ça incite à se faire vacciner », ajoute Marie-Aline Bloch.

Pour les spécialistes, il s’agit également d’une décision prise pour plus d’équité : « Le coût des tests de confort pour les non vaccinés ne pouvait plus être supporté massivement par les vaccinés [via leurs cotisations à l’Assurance maladie], comme aujourd’hui, sans poser de problèmes », avance Antoine Flahault. « C’est normal qu’on régule, que la gratuité s’arrête pour les gens qui décident de ne pas se vacciner et qui réalisent des tests juste pour aller au restaurant ou au musée », ajoute Michaël Rochoy. « La France faisait figure d’exception avec la gratuité des tests, mais aujourd’hui, ce n’est plus la mesure majeure pour gérer cette épidémie », renchérit Marie-Aline Bloch.



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« Pas de temps à perdre », « une démarche utile »… les généralistes partagés sur l’intérêt des listes de non vaccinés | Le Quotidien du médecin

Crédit photo : Phanie

Depuis plusieurs semaines, les médecins ont accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19. Au 11 août, près de 16 800 d’entre eux avaient fait une telle demande, selon la Caisse nationale d’assurance maladie. Après des débuts timides, où les demandes devaient être effectuées par mail – on en dénombrait 5 500 au 29 juillet -, la CNAM a ouvert un service en ligne intégré au portail amelipro. D’où une augmentation des demandes dans les premiers jours d’août.

Le Dr Jean-Louis Bensoussan a déposé sa demande et constaté que 15 % de sa patientèle n’était pas vaccinée, ce qui représente environ 130 personnes. « C’est satisfaisant car cela montre que mon discours est passé », estime ce médecin exerçant dans la région toulousaine. Il en a depuis « rattrapé une quinzaine » qui se sont fait vacciner.

Faire un état des lieux de la patientèle

Le praticien, également secrétaire général de MG France, juge cette démarche « utile car elle permet de faire un état des lieux ». Et de joindre des patients qui viennent moins régulièrement en cabinet, « souvent jeunes : cela permet de les appeler, de discuter, de les informer ».

Tous les médecins ne sont pas convaincus par la démarche. Sur Twitter, Jean-Jacques Fraslin (@Fraslin), médecin en Loire-Atlantique, confie ne « pas avoir vraiment envie de passer du temps à éplucher des listes et contacter les réfractaires ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires », confirme le Dr Bensoussan, qui mise davantage sur les patients « qu’on ne voit pas souvent » et auprès desquels un travail de pédagogie peut s’avérer utile.

« Autre chose à faire que d’appeler 1 200 personnes »

Le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), explique sur son blog (« le blog de Michaël ») que « les médecins généralistes ont autre chose à faire que d’appeler 1 200 personnes pendant dix-quinze minutes pour essayer de les convaincre ». Lui tient à jour une liste de ses patients pour savoir où ils en sont de leurs vaccinations. Il a pris pour certains des rendez-vous en centres de vaccination. Quand il dispose de doses dans son cabinet, il les propose logiquement aux « personnes qui veulent être vaccinées avant les personnes qui ne le veulent pas ».

« L’intérêt de cette liste, c’est de rétablir de l’égalité. Tout le monde n’est pas égalitaire face à l’accès à internet », explique le Dr Rochoy. La liste des non vaccinés « permet de cibler les personnes qui n’ont pas pu avoir cet accès, qui n’ont pas l’application Doctolib voire qui n’ont pas de smartphone ».

S. L. (avec AFP)

Source: « Pas de temps à perdre », « une démarche utile »… les généralistes partagés sur l’intérêt des listes de non vaccinés | Le Quotidien du médecin

Covid-19. Des médecins utilisent les listes des non-vaccinés pour convaincre ceux qui hésitent

Les médecins généralistes ont désormais accès à une liste recensant leurs patients qui ne sont pas vaccinés contre le coronavirus. Si certains ne veulent pas partir à la chasse aux réfractaires, d’autres ciblent ceux qui hésitent ou qui ont des difficultés pour prendre rendez-vous.

Une personne se faisant vacciner à Nantes.
Une personne se faisant vacciner à Nantes. | JÉRÔME FOUQUET/OUEST-FRANCE

Afficher le diaporamaOuest-Franceavec AFPPublié le 20/08/2021 à 15h21Abonnez-vous ÉCOUTER LIRE PLUS TARD NEWSLETTER CORONAVIRUS PARTAGEZ

Depuis le 7 juillet, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), le gendarme des données personnelles, autorise l’Assurance maladie à transmettre aux médecins traitants les noms de leurs patients non vaccinés.

Au 11 août, près de 16 800 médecins traitants avaient fait une telle demande, selon la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

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Après des débuts timides, où les demandes devaient être effectuées par mail – on en dénombrait 5 500 au 29 juillet -, la Cnam a ouvert « un service en ligne intégré au portail amelipro qui en facilite la mise à disposition ». D’où une augmentation des demandes dans les premiers jours d’août.

Un état des lieux

Le Dr Jean-Louis Bensoussan a déposé sa demande et constaté que 15 % de sa patientèle n’était pas vaccinée, ce qui représente environ 130 personnes. « C’est satisfaisant car cela montre que mon discours est passé », estime ce médecin exerçant dans la région toulousaine. Il en a depuis « rattrapé une quinzaine » qui se sont fait vacciner.

Le praticien, également secrétaire général de MG France, premier syndicat chez les généralistes, juge cette démarche « utile car elle permet de faire un état des lieux ». Et de joindre des patients qui viennent moins régulièrement en cabinet, « souvent jeunes : cela permet de les appeler, de discuter, de les informer ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires »

Tous les médecins ne sont pas convaincus par la démarche. Sur Twitter, Jean-Jacques Fraslin, médecin en Loire-Atlantique, confie ne « pas avoir vraiment envie de passer du temps à éplucher des listes et contacter les réfractaires ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires », confirme le Dr Bensoussan, qui mise davantage sur les patients « qu’on ne voit pas souvent » et auprès desquels un travail de pédagogie peut s’avérer utile.

Le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), explique sur son blog (le blog de Michaël) que « les médecins généralistes ont autre chose à faire que d’appeler 1 200 personnes pendant dix-quinze minutes pour essayer de les convaincre ».

« Rétablir l’égalité »

Lui tient à jour une liste de ses patients pour savoir où ils en sont de leurs vaccinations. Il a pris pour certains des rendez-vous en centres de vaccination. Quand il dispose de doses dans son cabinet, il les propose logiquement aux « personnes qui veulent être vaccinées avant les personnes qui ne le veulent pas ».

« L’intérêt de cette liste, c’est de rétablir de l’égalité. Tout le monde n’est pas égalitaire face à l’accès à internet », explique le Dr Rochoy. La liste des non vaccinés « permet de cibler les personnes qui n’ont pas pu avoir cet accès, qui n’ont pas l’application Doctolib voire qui n’ont pas de smartphone ».

Selon des chiffres publiés jeudi soir par le ministère de la Santé, plus de 47,1 millions de personnes ont reçu au moins une injection (soit 69,9 % de la population totale) et 40,5 millions ont un schéma vaccinal complet (60,1 %).Passe sanitaire, vaccination des soignants… Comprenez-vous les dernières mesures annoncées par Emmanuel Macron ?Débattez !

En dépit d’un ralentissement des prises de rendez-vous, le gouvernement s’est fixé un objectif de 50 millions de vaccinés avec une première dose à la fin août. Pour la plateforme de réservation Doctolib, le cap des 50 millions devrait plutôt être atteint le 4 septembre.Covid-19. Des médecins utilisent les listes des non-vaccinés pour convaincre ceux qui hésitent

« Face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue »

Dans une salle de classe d’un collège de Bron, près de Lyon, le 1er septembre 2020. Dans une salle de classe d’un collège de Bron, près de Lyon, le 1er septembre 2020.

Tribune. A deux semaines de la rentrée, face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue pour protéger leur santé dans les établissements scolaires.

Le variant Delta se propage actuellement à grande vitesse chez les plus jeunes. Au Royaume-Uni, il s’est principalement diffusé à partir des enfants : plus d’un million d’élèves ont été absents au cours du dernier mois d’école. Aux Etats-Unis, 121 000 cas d’enfants et d’adolescents ont été rapportés la seule semaine dernière.

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En France, dans les Landes, à la veille des vacances, le taux d’incidence en milieu scolaire dépassait déjà, de très loin, celui des adultes, même chez les 3-5 ans. Cet été, les clusters se sont multipliés de façon alarmante dans les centres aérés et les colonies de vacances. Le 2 août, le taux d’incidence chez les 0-9 ans était déjà très élevé, dépassant le seuil de 200 pour 100 000 dans trois régions, alors que leur taux de positivité est le double de celui de la population générale.

Fermeture des classes au premier cas

Le taux d’hospitalisation des 0-19 ans augmente dans les pays où le variant Delta est majoritaire. Aux Etats-Unis, jusqu’à 1,9 % des enfants testés positifs sont hospitalisés dans certains Etats. Dans celui de Géorgie, 7 enfants sur 100 000 sont actuellement à l’hôpital pour Covid-19. En France, au cours de l’année écoulée, 1,2 % des 0-9 ans testés positifs ont été hospitalisés et le nombre d’hospitalisations est aujourd’hui le double de celui de l’année dernière à la même date, celui des 10-19 ans, le quadruple.

Le Covid-19 peut aussi entraîner des complications à moyen terme. Selon la littérature scientifique et les données gouvernementales britanniques, entre 2 % et 8 % des enfants infectés présentent des symptômes persistants. Des séquelles ou des complications à long terme de la maladie, peut-être encore inconnues, ne peuvent en outre être exclues. Enfin, si les décès demeurent très rares, ils existent et sont autant de drames dont le nombre pourrait augmenter avec une circulation virale plus importante.

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Les alertes se multiplient partout dans le monde. Aux Etats-Unis, au Canada, en Inde, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne… les pédiatres et les sociétés savantes appellent à protéger davantage les moins de 12 ans. A notre tour, aujourd’hui, de tirer la sonnette d’alarme.

Des mesures efficaces de prévention des contaminations doivent être adoptées dès la rentrée. Le protocole publié le 28 juillet définit un cadre de fonctionnement des établissements scolaires avec quatre niveaux de mesures : il faut, sans plus tarder, définir leur niveau territorial d’application, les indicateurs épidémiologiques, ainsi que les seuils déclenchant le passage d’un niveau à l’autre.

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 Source: « Face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue »

Les médecins enchaînent les coups de fils à leurs patients non vaccinés

Le téléphone pourrait sonner au retour des vacances. Au bout du fil, le médecin pour parler de la vaccination anti-covid. Depuis le 29 juillet, les médecins traitants peuvent demander la liste de leurs patients non-vaccinés. Près de 15 000 l’ont déjà fait. Cette mesure leur permet de contacter ces patients un par un afin de parler des vaccins.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a donné son feu vert à cette mesure, à condition que cette prise de contact “ait pour objet d’informer et de sensibiliser les personnes, et non d’essayer de les convaincre lorsqu’elles indiqueront ne pas souhaiter se faire vacciner“.

S’appuyer sur la relation de confiance

Pour de nombreux français, difficile de distinguer le vrai du faux sur les vaccins. Le but de cette campagne de sensibilisation est donc de s’appuyer sur la relation de confiance entre un patient et son médecin traitant pour faire le point. Les praticiens assurent avoir d’avantage affaire à des indécis qu’à des anti-vaccins convaincus. “Ca n’arrive pas si fréquemment que des patients nous opposent des fausses informations glanées sur les réseaux“, expliquait fin juillet à l’AFP Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France.

En général, c’est même plutôt: “Est-ce qu’il faut vraiment le faire, docteur?“. “Oui, c’est bien pour vous“. “Bon, ben, d’accord“, raconte encore à l’AFP Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), ajoutant que même s’il “caricature un peu, globalement ça va assez vite“.

Il est cependant difficile d’évaluer, pour l’heure, l’effet de la mesure sur la campagne de vaccination. Le gouvernement espère en tout cas motiver les 5 millions de Français à risque face au covid et non vaccinés. Ceux qui ne sont pas suivis par un médecin traitant, peuvent être contactés par l’Assurance maladie.

Les garanties demandées par la Cnil

La Commission nationale de l’informatique et des libertés s’est dit “en principe défavorable” à ce que les médecins traitants aient accès à la liste de leurs patients non-vaccinés mais considère “que la situation sanitaire exceptionnelle peut le justifier“. Elle a posé trois grandes garanties. Comme indiqué précédemment, la Cnil demande aux médecins de ne pas insister, elle souhaite aussi que les listes de patients soient supprimées par le médecin dès la fin de l’action de sensibilisation et que la transmission des listes ne soit pas automatique entre les praticiens et l’Assurance maladie.

Source: Les médecins enchaînent les coups de fils à leurs patients non vaccinés

Covid-19 : le voyage d’Emmanuel Macron en Polynésie a-t-il pu aggraver la situation ?

Emmanuel Macron a fait un déplacement du 24 au 27 juillet en Polynésie. Depuis, le taux d’incidence ne cesse de flamber, pour atteindre 1 402 aujourd’hui.

Sur le front du Covid, la Polynésie française est passée d’un extrême à l’autre en un mois. Le 16 juillet, le taux d’incidence était inférieur à 10 cas pour 100 000 habitants. Au 10 août, on enregistre 1 402 cas pour 100 000 habitants. “Un bon bond considérable qui est dû essentiellement au variant Delta”, selon Dominique Sorain, haut-commissaire de la République en Polynésie française.

173 personnes malades du Covid-19 sont hospitalisées, dont 28 en réanimation, alors qu’aucun Polynésien n’était hospitalisé pour cause de Covid à la mi-juillet. Que s’est-il passé en un mois pour arriver à une telle situation ? Parmi les évènements notables, la visite du président de la République Emmanuel Macron, en déplacement officiel entre le 24 et le 27 juillet, accompagné d’une délégation et de nombreux journalistes.

“Ce n’est pas sérieux d’un point de vue sanitaire”

Au moment du voyage présidentiel, un peu plus d’un Polynésien sur trois avait reçu au moins une dose de vaccin. “D’un point de vue sanitaire, ce voyage est une bêtise. Se rendre avec une délégation dans un territoire peu vacciné, où le virus circulait peu, en sachant que cela va entrainer des rassemblements importants d’habitants, ce n’est pas sérieux. Je ne sais pas le bénéfice que l’Elysée attendait de ce voyage, mais le risque sanitaire était clairement avéré”, pointe Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Pourtant, le déplacement du chef de l’Etat, tout comme l’accès en Polynésie, est strictement encadré d’un point de vue sanitaire. Le site Tahiti tourisme indique qu’un test PCR ou antigénique doit être réalisé dans les 72h avant l’arrivée dans l’archipel, puis un test antigénique est réalisé à l’arrivée à Tahiti.

Les limites du dispositif sanitaire

Un dispositif qui n’est pas sans faille. “On sait que cette durée de 72h ne garantit pas que la personne ne soit pas contagieuse, surtout avec le variant Delta”, nous expliquait le docteur Clarisse Audigier-Valette dans le cadre d’un article sur les failles du pass sanitaire.

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Plusieurs études montrent qu’avec le variant Delta, une personne contaminée serait contagieuse deux jours plus tôt qu’avec la souche originelle, donc bien plus rapidement après l’infection. Les Pays-Bas ont par exemple réduit à 24h la durée de validité des tests permettant le pass sanitaire.

Autre limite, concernant la fiabilité des tests antigéniques. En cas de résultat négatif, le résultat est fiable dans 80% des cas avec un test antigénique, alors qu’il est fiable à 95 % avec un test classique. Sans oublier que la vaccination n’empêche pas de transmettre le virus si l’on est malade.

“Ce ne serait pas étonnant qu’il y ait eu des contaminations”

Le déplacement d’Emmanuel Macron a entraîné de nombreux rassemblements. Sur les images tournées sur place, si la délégation et le chef d’Etat portent leur masque, on voit de nombreux Polynésiens se masser pour accueillir Emmanuel Macron, le plus souvent sans masque.

“On sait comment le virus se transmet, il n’y a aucune surprise. Avec un variant Delta beaucoup plus contagieux et avec des rassemblements aussi denses et sans masque, même à l’extérieur, au moins entre les Polynésiens”, décrypte Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Les habitants d’une île sans cas de Covid redoutaient cette visite

Exemple ultime des rassemblements autour de la visite présidentielle, sur l’île d’Hiva Oa, où le chef de l’Etat s’est rendu le 25 juillet. Dans cette île de 2 243 habitants, 3 000 personnes sont attendues pour la visite du chef de l’Etat, dont 1 000 venues des autres îles de l’archipel et environ 150 officiels de Tahiti.

Une foule qui faisait craindre aux habitants des conséquences sanitaires, rapportait La1ère, alors que l’île n’enregistrait aucun cas de Covid, comme toutes les îles des Marquises. Le 9 août, soit 14 jours plus tard, le média Tahiti infos rapportait que “le virus touche à présent tous les archipels et de nouvelles îles jusqu’ici indemnes sont à présent touchées”.

“Ca peut être un des facteurs déclenchants de la situation actuelle”

“Ce voyage officiel a crée les conditions de la transmission, de manière directe avec des membres de la délégation potentiellement infectés, ou plus sûrement indirecte avec les nombreux rassemblements autour du président. Ça peut être un des facteurs déclenchants, voire même le facteur déclenchant de la situation sanitaire actuelle”, détaille Michael Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Les autorités sanitaires locales notent une flambée du nombre de nouveaux cas depuis début août. “Le délai entre la visite d’Emmanuel Macron et la flambée du nombre de cas coïncide, avec des contaminations fin juillet qui se propagent au fur et à mesure des personnes rencontrées”, poursuit le médecin.

Le rôle du tourisme à prendre en compte

Mais ce voyage présidentiel pourrait bien ne pas être le seul responsable de la situation sanitaire actuelle. “L’afflux de touristes peut aussi avoir entraîné une hausse des contaminations, même si un touriste qui se déplace n’entraîne pas de grand rassemblement comme Emmanuel Macron” relativise le docteur Rochoy, alors que de nombreux américains se pressent dans l’archipel l’été.

Le 18 juillet, la 1ère relayait le taux d’occupation en hausse des hôtels et des pensions de famille en Polynésie, tout en soulignant qu’un cluster de 56 cas avait été relevé. Avant le voyage d’Emmanuel Macron dans l’archipel donc.

Une situation qui pourrait se dégrader dans les semaines à venir, avec la rentrée des classes mercredi. “Ca risque d’être une hécatombe avec des enfants qui ramène le virus à la maison, dans une population très peu vaccinée”, craint le docteur Michaël Rochoy.

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