Covid-19 : retour au bureau, à l’école… Pourquoi l’automne inquiète autant ?

Avec la rentrée, plusieurs facteurs propices au développement du Covid-19 vont se cumuler, faisant craindre une situation sanitaire compliquée.

Septembre rime avec fin des vacances, temps maussade, retour à l’école ou au bureau pour beaucoup. Et comme l’année dernière, septembre pourrait bien rimer avec flambée du Covid-19. Plusieurs spécialistes s’inquiètent d’une conjonction de facteurs qui, cumulés, pourraient entrainer une flambée épidémique à l’automne.

Avant même d’évoquer ces facteurs propres à la rentrée, le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy tient à rappeler la situation sanitaire. “L’an dernier à la même époque, il y avait beaucoup moins de cas de Covid. On est donc à un niveau circulation plus élevé, avant la reprise d’activités propices à sa propagation, d’autant que l’on fait face au variant Delta cette année, beaucoup plus transmissible”, souligne le médecin.

Le virus circule plus que l’an dernier

Une différence flagrante illustrée par Germain Forestier, membre du collectif du Côté de la Science. Le taux d’incidence en population était de 35 cas pour 100 000 habitants du 13 au 19 août 2020, et de 225 cas sur cette même période cette année.

Une situation qui devrait être “moins mauvaise”

À l’inverse, 70% des plus de 12 ans sont totalement vaccinés, alors que le vaccin n’existait pas l’an dernier à la fin de l’été. “La situation devrait être moins mauvaise qu’à l’automne dernier grâce au vaccin. Mais seule, la vaccination actuelle ne suffira pas, il faut des mesures fortes pour les situations à risque”, prolonge Michaël Rochoy, qui s’interroge.

“Il n’y aura sans doute pas de plateau à 300 morts par jour comme l’automne dernier, mais peut-on accepter et banaliser 100 morts par jour, sans prendre de mesure supplémentaire ?”. 15,8% des plus de 80 ans n’ont pas reçu la moindre dose de vaccin en France, soit un peu plus de 600 000 personnes, qui se retrouvent donc directement exposées au virus.

Les craintes autour de la rentrée scolaire

Premier des facteurs susceptibles d’entraîner une hausse des cas, la rentrée scolaire. En 2020 le taux d’incidence des 10-19 ans était de 30 cas pour 100 000 habitants contre 310 cas cette année. Si une large partie de cette tranche d’âge peut être vaccinée, le problème se pose pour les 0-9 ans. D’une incidence de 9 cas pour 100 000 habitants l’an dernier, l’incidence est passée à 128, avant la rentrée scolaire. Si le taux de dépistage était toutefois différent, la crainte que la rentrée scolaire fasse flamber le Covid est vive, d’autan que le protocole sanitaire présenté par les autorités est loin de faire l’unanimité.

Selon une modélisation de l’Institut Pasteur, la moitié des nouvelles infections auront lieu chez les enfants à la rentrée scolaire. “L’école est la situation la plus complexe qui nous attend cet automne car les enfants sont non vaccinés”, explique l’épidémiologiste membre du Conseil scientifique Arnaud Fontanet sur France Inter. Face à une flambée du nombre de cas, la Polynésie a décidé de refermer les écoles pour 15 jours, deux semaines après la rentrée.

Des mesures insuffisantes à l’école ?

“L’école est un des moteurs de l’épidémie, mais la rentrée se fait au niveau 2 (sur une échelle de 4, ndlr) d’un protocole qui n’a pas évolué malgré l’apparition d’un variant plus transmissible. Les mesures envisagées sont largement insuffisantes”, se désole Michaël Rochoy, qui souhaite qu’un taux d’incidence déclenche automatiquement le passage au niveau supérieur du protocole. Si le port du masque sera obligatoire à l’école, le manque de moyens alloués à la sécurisation des écoles fait bondir les scientifiques.

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Co-auteur d’une tribune dans Le Monde, il réclame, comme de nombreux autres scientifiques et enseignants, des mesures pour sécuriser les cantines scolaires et l’équipement en détecteurs de CO2 et purificateurs d’air, qui ne sont fournis pour l’instant que sur initiative de certaines collectivités locales. En Angleterre, 300 000 capteurs de CO2 doivent être installés dans les écoles pour un budget d’environ 25 millions de livres sterling, près de 30 millions d’euros.

L’inconnue des effets à long terme du SARS-COV-2

“On ne sait pas quelles sont les conséquences à long terme du SARS-COV-2, notamment sur les enfants. Et les moins de 12 ans ne peuvent pas être vaccinés. Les autorités sanitaires britanniques estiment qu’entre 2 et 8 % des enfants infectés présentent des symptômes persistants. Il faut absolument limiter la circulation du virus à l’école”, poursuit le chercheur en épidémiologie.

Si la rentrée scolaire cristallise les inquiétudes, ce n’est pas le seul événement du mois de septembre à inquiéter. “Dans l’ensemble, ce sont les situations qui entraînent un brassage de population, en lieu clos particulièrement, qui inquiètent, comme le retour au bureau”, prolonge Michaël Rochoy.

Le retour au bureau inquiète

Si le protocole précis du retour au bureau n’est pas précisément établi, il reste sensiblement le même qu’avant l’été, avec une différence de taille pour les salariés soumis au pass sanitaire, soignants et personnels dans les bars et restaurants notamment.

Si le port du masque reste obligatoire dans les bureaux, les cantines d’entreprises ne sont pas soumises au pass sanitaire, et le protocole recommande toujours deux jours par semaine de télétravail si possible. “C’est le même raisonnement qu’avec les écoles : on part d’un niveau de circulation plus élevé, il faut donc sécuriser les moments sans masque comme les cantines d’entreprise. Inciter à manger à son bureau par exemple, et favoriser l’aération et surtout le télétravail.

Les risques liés à la météo

Un protocole qui pourrait toutefois évoluer, selon Le Parisien, qui précise que les partenaires sociaux doivent être reçus par le ministère du Travail pour discuter d’une évolution des règles du protocole sanitaire, notamment pour ce qui touche au télétravail.

Autre élément défavorable, l’évolution de la météo. Si l’été n’a pas été radieux, l’arrivée de l’automne et la baisse des températures va inciter de nombreux Français à passer davantage de temps en intérieur. “On va moins ouvrir les fenêtres, voir davantage de monde chez soi plutôt qu’en extérieur. Autant de comportements qui évoluent en raison de la météo mais qui sont favorables à la propagation du virus”, rappelle le docteur Rochoy, qui appelle à porter le masque dans les lieux clos.

Dernier élément qui pourrait aggraver la situation à l’automne, la durée de la protection vaccinale. “On ignore encore si les plus âgés, vaccinés en premier ne vont pas faire face à une diminution de l’efficacité vaccinale. la question d’une troisième dose pour eux est sur la table”, conclut l’épidémiologiste, alors que plusieurs pays dont Israël et les Etats-Unis ont déjà commencé l’injection d’une troisième dose.

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Source: Covid-19 : retour au bureau, à l’école… Pourquoi l’automne inquiète autant ?

Covid-19 : les médecins utilisent les listes des non-vaccinés pour convaincre les indécis

Par Sudouest.fr avec AFP
Publié le 20/08/2021 à 9h58
Mis à jour le 20/08/2021 à 10h02

Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19, ciblant ceux en manque d’information ou ayant des difficultés à prendre rendez-vous.

Depuis le 7 juillet, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), le gendarme des données personnelles, autorise l’Assurance maladie à transmettre aux médecins traitants les noms de leurs patients non vaccinés. Au 11 août, près de 16 800 médecins traitants avaient fait une telle demande, selon la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Après des débuts timides, où les demandes devaient être effectuées par mail – on en dénombrait 5 500 au 29 juillet -, la Cnam a ouvert « un service en ligne intégré au portail Amelipro qui en facilite la mise à disposition ». D’où une augmentation des demandes dans les premiers jours d’août.

État des lieux utile

Le Dr Jean-Louis Bensoussan a déposé sa demande et constaté que 15 % de sa patientèle n’était pas vaccinée, ce qui représente environ 130 personnes. « C’est satisfaisant car cela montre que mon discours est passé », estime ce médecin exerçant dans la région toulousaine. Il en a depuis « rattrapé une quinzaine » qui se sont fait vacciner.

Le praticien, également secrétaire général de MG France, premier syndicat chez les généralistes, juge cette démarche « utile car elle permet de faire un état des lieux ». Et de joindre des patients qui viennent moins régulièrement en cabinet, « souvent jeunes : cela permet de les appeler, de discuter, de les informer ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires »

Tous les médecins ne sont pas convaincus par la démarche. Sur Twitter, Jean-Jacques Fraslin, médecin en Loire-Atlantique, confie ne « pas avoir vraiment envie de passer du temps à éplucher des listes et contacter les réfractaires ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires », confirme le Dr Bensoussan, qui mise davantage sur les patients « qu’on ne voit pas souvent » et auprès desquels un travail de pédagogie peut s’avérer utile.

Le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), explique sur son blog («le blog de Michaël ») que « les médecins généralistes ont autre chose à faire que d’appeler 1 200 personnes pendant dix-quinze minutes pour essayer de les convaincre ».

Lui tient à jour une liste de ses patients pour savoir où ils en sont de leurs vaccinations. Il a pris pour certains des rendez-vous en centres de vaccination. Quand il dispose de doses dans son cabinet, il les propose logiquement aux « personnes qui veulent être vaccinées avant les personnes qui ne le veulent pas ».

« L’intérêt de cette liste, c’est de rétablir de l’égalité. Tout le monde n’est pas égalitaire face à l’accès à internet », explique le Dr Rochoy. La liste des non vaccinés « permet de cibler les personnes qui n’ont pas l’application Doctolib voire qui n’ont pas de smartphone ».

Selon des chiffres publiés jeudi soir par le ministère de la Santé, plus de 47,1 millions de personnes ont reçu au moins une injection (soit 69,9 % de la population totale) et 40,5 millions ont un schéma vaccinal complet (60,1 %).

En dépit d’un ralentissement des prises de rendez-vous, le gouvernement s’est fixé un objectif de 50 millions de vaccinés avec une première dose à la fin août.

Source: Covid-19 : les médecins utilisent les listes des non-vaccinés pour convaincre les indécis

Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19 – Var-Matin

Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19

“Pas de temps à perdre avec les réfractaires”. Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19, ciblant ceux en manque d’information ou ayant des difficultés à prendre rendez-vous.

AFP
Publié le 20/08/2021 à 09:45, mis à jour le 20/08/2021 à 09:22

Illustration.
Photo Eric Ottino

Depuis le 7 juillet, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), le gendarme des données personnelles, autorise l’Assurance maladie à transmettre aux médecins traitants les noms de leurs patients non vaccinés.

Au 11 août, près de 16.800 médecins traitants avaient fait une telle demande, selon la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Après des débuts timides, où les demandes devaient être effectuées par mail – on en dénombrait 5.500 au 29 juillet -, la Cnam a ouvert “un service en ligne intégré au portail +amelipro+ qui en facilite la mise à disposition”. D’où une augmentation des demandes dans les premiers jours d’août.

Le Dr Jean-Louis Bensoussan a déposé sa demande et constaté que 15% de sa patientèle n’était pas vaccinée, ce qui représente environ 130 personnes. “C’est satisfaisant car cela montre que mon discours est passé”, estime ce médecin exerçant dans la région toulousaine. Il en a depuis “rattrapé une quinzaine” qui se sont fait vacciner.

Le praticien, également secrétaire général de MG France, premier syndicat chez les généralistes, juge cette démarche “utile car elle permet de faire un état des lieux”. Et de joindre des patients qui viennent moins régulièrement en cabinet, “souvent jeunes: cela permet de les appeler, de discuter, de les informer”.

Tous les médecins ne sont pas convaincus par la démarche. Sur Twitter, Jean-Jacques Fraslin, médecin en Loire-Atlantique, confie ne “pas avoir vraiment envie de passer du temps à éplucher des listes et contacter les réfractaires”.

Rétablir l’égalité

“Pas de temps à perdre avec les réfractaires”, confirme le Dr Bensoussan, qui mise davantage sur les patients “qu’on ne voit pas souvent” et auprès desquels un travail de pédagogie peut s’avérer utile.

Le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), explique sur son blog (“le blog de Michaël”) que “les médecins généralistes ont autre chose à faire que d’appeler 1.200 personnes pendant dix-quinze minutes pour essayer de les convaincre”.

Lui tient à jour une liste de ses patients pour savoir où ils en sont de leurs vaccinations. Il a pris pour certains des rendez-vous en centres de vaccination. Quand il dispose de doses dans son cabinet, il les propose logiquement aux “personnes qui veulent être vaccinées avant les personnes qui ne le veulent pas”.

“L’intérêt de cette liste, c’est de rétablir de l’égalité. Tout le monde n’est pas égalitaire face à l’accès à internet”, explique le Dr Rochoy. La liste des non vaccinés “permet de cibler les personnes qui n’ont pas pu avoir cet accès, qui n’ont pas l’application Doctolib voire qui n’ont pas de smartphone”.

Selon des chiffres publiés jeudi soir par le ministère de la Santé, plus de 47,1 millions de personnes ont reçu au moins une injection (soit 69,9% de la population totale) et 40,5 millions ont un schéma vaccinal complet (60,1%).

En dépit d’un ralentissement des prises de rendez-vous, le gouvernement s’est fixé un objectif de 50 millions de vaccinés avec une première dose à la fin août. Pour la plateforme de réservation Doctolib, le cap des 50 millions devrait plutôt être atteint le 4 septembre.

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 Source: Les médecins généralistes ont désormais accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19 – Var-Matin

Coronavirus : La fin de la gratuité des tests peut-elle biaiser le suivi de l’épidémie ?

Les tests réalisé pour des loisirs pourraient devenir payant après la rentrée — SYSPEO/SIPA
    • Avec l’instauration du pass sanitaire, le nombre de tests a battu tous les records cet été, et particulièrement le 13 août, où près d’un million de prélèvements ont été réalisés en France, selon les données de Santé publique France.

 

    • Le gouvernement a annoncé début août la fin de la gratuité des tests PCR et antigénique dits « de confort » à compter de la mi-octobre.

 

    • Pourtant, depuis le début de la pandémie, les dépistages permettent aux autorités sanitaires de suivre quasiment en temps réel la circulation du virus en France.

 

Pris en charge par la Sécurité sociale depuis le début de l’épidémie de coronavirus, les
tests PCR et antigéniques de « confort » vont
devenir payants à partir de la mi-octobre. Un changement qui risque de faire chuter le nombre de dépistages et de biaiser les chiffres du suivi de la situation sanitaire.

Avec l’instauration du pass sanitaire, le nombre de tests a battu tous les records cet été, et particulièrement le 13 août,
où près d’un million de prélèvements ont été réalisés en France, selon les données de Santé publique France. En devenant payants, les tests risquent d’être moins nombreux.

Un nombre de cas qui ne devrait pas varier drastiquement

Le 4 août dernier, le gouvernement a annoncé qu’il mettrait fin à la mi-octobre à la gratuité des tests PCR et antigéniques dits « de confort », c’est-à-dire les tests réalisés par des personnes qui souhaitent obtenir le pass sanitaire sans se faire vacciner ou pour lever le doute d’une éventuelle contamination. Seules les personnes symptomatiques ou cas contacts, munies d’une ordonnance, pourront réaliser un test gratuitement. Pour Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de Genève, aucun doute, « le nombre de tests va énormément diminuer avec la fin de la gratuité, les Français ayant peu l’habitude de couvrir directement leurs dépenses de santé ».

Pourtant, depuis le début de la pandémie, les dépistages permettent aux autorités sanitaires de suivre quasiment en temps réel la circulation du virus en France. « On va rater les personnes asymptomatiques, celles qui ont un doute et qui ne veulent pas payer. On va prendre du retard dans l’identification des cas et dans le cassage des chaînes de transmission », s’inquiète Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif Du côté de la science, qui estime que « les semaines qui vont suivre la fin de la gratuité vont être plus complexes pour le bon suivi épidémiologique ».

Mais pour Marie-Aline Bloch, chercheuse en sciences de gestion à l’École des hautes études en santé publique (EHESP), les chiffres ne seront toutefois pas forcément biaisés : « On tracera un peu moins l’épidémie, mais le suivi restera quand même fidèle. On aura moins de gens qui se testeront, mais comme les personnes symptomatiques et les cas contacts pourront continuer à le faire gratuitement, le nombre de cas ne sera finalement pas très différent », tempère la spécialiste.

Plusieurs indicateurs nécessaires

Si le nombre de tests devrait baisser, le taux de positivité, lui, va probablement évoluer. « Au lieu de faire des tests n’importe quand, n’importe comment, les personnes testées seront essentiellement celles qui ont des symptômes ou qui sont cas contacts. Et de facto, le taux de positivité va augmenter, il sera beaucoup plus important », explique Michaël Rochoy, qui estime qu’il faudra une période d’adaptation et « probablement une révision des seuils d’alerte » pour avoir un suivi réel de la circulation du virus. Les trois spécialistes sont formels : le suivi de l’épidémie ne repose pas uniquement sur l’indicateur du nombre de tests réalisés ou sur le taux de positivité. En effet, le nombre de tests positifs n’est pas l’indicateur le plus représentatif de la circulation du virus, ni celui scruté par les autorités sanitaires.

« Un seul indicateur n’est pas suffisant pour dresser un portrait de la situation sanitaire. Côté tests, on s’appuie sur le taux de reproduction du virus qui est un indicateur très utile pour le pilotage de la pandémie », détaille Antoine Flahault, faisant référence au R0, c’est-à-dire le nombre moyen de personnes qu’une personne infectée peut contaminer. « Ensuite, il faut observer les taux d’hospitalisations, les chiffres en réanimation et les décès dus au Covid-19, ce sont des indicateurs précieux, surtout s’ils sont rapportés selon l’âge et le statut vaccinal », poursuit le directeur de l’Institut de santé globale de Genève.

Augmenter la couverture vaccinale

Le gouvernement doit-il revoir sa stratégie de dépistage ? Pas nécessairement, pour Antoine Flahault. L’épidémiologiste plaide pour « séquencer massivement », afin de détecter les nouveaux variants et « mesurer le taux de la couverture vaccinale afin de repérer les poches de sous-vaccination, qui sont des zones à risque ».

Car si le gouvernement a décidé de rendre les tests dits « de confort » gratuits, « c’est clairement pour pousser la population restante à se faire vacciner », poursuit Antoine Flahault. Selon les dernières données du ministère de la Santé, mis à jour ce jeudi, 73 % de la population française de plus de 18 ans a été entièrement vaccinée. « Quand on voit la proportion minime de personnes vaccinées hospitalisées par rapport aux patients non-vaccinés, il faut espérer que ça incite à se faire vacciner », ajoute Marie-Aline Bloch.

Pour les spécialistes, il s’agit également d’une décision prise pour plus d’équité : « Le coût des tests de confort pour les non vaccinés ne pouvait plus être supporté massivement par les vaccinés [via leurs cotisations à l’Assurance maladie], comme aujourd’hui, sans poser de problèmes », avance Antoine Flahault. « C’est normal qu’on régule, que la gratuité s’arrête pour les gens qui décident de ne pas se vacciner et qui réalisent des tests juste pour aller au restaurant ou au musée », ajoute Michaël Rochoy. « La France faisait figure d’exception avec la gratuité des tests, mais aujourd’hui, ce n’est plus la mesure majeure pour gérer cette épidémie », renchérit Marie-Aline Bloch.



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« Pas de temps à perdre », « une démarche utile »… les généralistes partagés sur l’intérêt des listes de non vaccinés | Le Quotidien du médecin

Crédit photo : Phanie

Depuis plusieurs semaines, les médecins ont accès à la liste de leurs patients non vaccinés contre le Covid-19. Au 11 août, près de 16 800 d’entre eux avaient fait une telle demande, selon la Caisse nationale d’assurance maladie. Après des débuts timides, où les demandes devaient être effectuées par mail – on en dénombrait 5 500 au 29 juillet -, la CNAM a ouvert un service en ligne intégré au portail amelipro. D’où une augmentation des demandes dans les premiers jours d’août.

Le Dr Jean-Louis Bensoussan a déposé sa demande et constaté que 15 % de sa patientèle n’était pas vaccinée, ce qui représente environ 130 personnes. « C’est satisfaisant car cela montre que mon discours est passé », estime ce médecin exerçant dans la région toulousaine. Il en a depuis « rattrapé une quinzaine » qui se sont fait vacciner.

Faire un état des lieux de la patientèle

Le praticien, également secrétaire général de MG France, juge cette démarche « utile car elle permet de faire un état des lieux ». Et de joindre des patients qui viennent moins régulièrement en cabinet, « souvent jeunes : cela permet de les appeler, de discuter, de les informer ».

Tous les médecins ne sont pas convaincus par la démarche. Sur Twitter, Jean-Jacques Fraslin (@Fraslin), médecin en Loire-Atlantique, confie ne « pas avoir vraiment envie de passer du temps à éplucher des listes et contacter les réfractaires ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires », confirme le Dr Bensoussan, qui mise davantage sur les patients « qu’on ne voit pas souvent » et auprès desquels un travail de pédagogie peut s’avérer utile.

« Autre chose à faire que d’appeler 1 200 personnes »

Le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), explique sur son blog (« le blog de Michaël ») que « les médecins généralistes ont autre chose à faire que d’appeler 1 200 personnes pendant dix-quinze minutes pour essayer de les convaincre ». Lui tient à jour une liste de ses patients pour savoir où ils en sont de leurs vaccinations. Il a pris pour certains des rendez-vous en centres de vaccination. Quand il dispose de doses dans son cabinet, il les propose logiquement aux « personnes qui veulent être vaccinées avant les personnes qui ne le veulent pas ».

« L’intérêt de cette liste, c’est de rétablir de l’égalité. Tout le monde n’est pas égalitaire face à l’accès à internet », explique le Dr Rochoy. La liste des non vaccinés « permet de cibler les personnes qui n’ont pas pu avoir cet accès, qui n’ont pas l’application Doctolib voire qui n’ont pas de smartphone ».

S. L. (avec AFP)

Source: « Pas de temps à perdre », « une démarche utile »… les généralistes partagés sur l’intérêt des listes de non vaccinés | Le Quotidien du médecin

Covid-19. Des médecins utilisent les listes des non-vaccinés pour convaincre ceux qui hésitent

Les médecins généralistes ont désormais accès à une liste recensant leurs patients qui ne sont pas vaccinés contre le coronavirus. Si certains ne veulent pas partir à la chasse aux réfractaires, d’autres ciblent ceux qui hésitent ou qui ont des difficultés pour prendre rendez-vous.

Une personne se faisant vacciner à Nantes.
Une personne se faisant vacciner à Nantes. | JÉRÔME FOUQUET/OUEST-FRANCE

Afficher le diaporamaOuest-Franceavec AFPPublié le 20/08/2021 à 15h21Abonnez-vous ÉCOUTER LIRE PLUS TARD NEWSLETTER CORONAVIRUS PARTAGEZ

Depuis le 7 juillet, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), le gendarme des données personnelles, autorise l’Assurance maladie à transmettre aux médecins traitants les noms de leurs patients non vaccinés.

Au 11 août, près de 16 800 médecins traitants avaient fait une telle demande, selon la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Suivez ici l’actualité du vendredi 20 août sur la pandémie de coronavirus en France et dans le monde

Après des débuts timides, où les demandes devaient être effectuées par mail – on en dénombrait 5 500 au 29 juillet -, la Cnam a ouvert « un service en ligne intégré au portail amelipro qui en facilite la mise à disposition ». D’où une augmentation des demandes dans les premiers jours d’août.

Un état des lieux

Le Dr Jean-Louis Bensoussan a déposé sa demande et constaté que 15 % de sa patientèle n’était pas vaccinée, ce qui représente environ 130 personnes. « C’est satisfaisant car cela montre que mon discours est passé », estime ce médecin exerçant dans la région toulousaine. Il en a depuis « rattrapé une quinzaine » qui se sont fait vacciner.

Le praticien, également secrétaire général de MG France, premier syndicat chez les généralistes, juge cette démarche « utile car elle permet de faire un état des lieux ». Et de joindre des patients qui viennent moins régulièrement en cabinet, « souvent jeunes : cela permet de les appeler, de discuter, de les informer ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires »

Tous les médecins ne sont pas convaincus par la démarche. Sur Twitter, Jean-Jacques Fraslin, médecin en Loire-Atlantique, confie ne « pas avoir vraiment envie de passer du temps à éplucher des listes et contacter les réfractaires ».

« Pas de temps à perdre avec les réfractaires », confirme le Dr Bensoussan, qui mise davantage sur les patients « qu’on ne voit pas souvent » et auprès desquels un travail de pédagogie peut s’avérer utile.

Le Dr Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), explique sur son blog (le blog de Michaël) que « les médecins généralistes ont autre chose à faire que d’appeler 1 200 personnes pendant dix-quinze minutes pour essayer de les convaincre ».

« Rétablir l’égalité »

Lui tient à jour une liste de ses patients pour savoir où ils en sont de leurs vaccinations. Il a pris pour certains des rendez-vous en centres de vaccination. Quand il dispose de doses dans son cabinet, il les propose logiquement aux « personnes qui veulent être vaccinées avant les personnes qui ne le veulent pas ».

« L’intérêt de cette liste, c’est de rétablir de l’égalité. Tout le monde n’est pas égalitaire face à l’accès à internet », explique le Dr Rochoy. La liste des non vaccinés « permet de cibler les personnes qui n’ont pas pu avoir cet accès, qui n’ont pas l’application Doctolib voire qui n’ont pas de smartphone ».

Selon des chiffres publiés jeudi soir par le ministère de la Santé, plus de 47,1 millions de personnes ont reçu au moins une injection (soit 69,9 % de la population totale) et 40,5 millions ont un schéma vaccinal complet (60,1 %).Passe sanitaire, vaccination des soignants… Comprenez-vous les dernières mesures annoncées par Emmanuel Macron ?Débattez !

En dépit d’un ralentissement des prises de rendez-vous, le gouvernement s’est fixé un objectif de 50 millions de vaccinés avec une première dose à la fin août. Pour la plateforme de réservation Doctolib, le cap des 50 millions devrait plutôt être atteint le 4 septembre.Covid-19. Des médecins utilisent les listes des non-vaccinés pour convaincre ceux qui hésitent

« Face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue »

Dans une salle de classe d’un collège de Bron, près de Lyon, le 1er septembre 2020. Dans une salle de classe d’un collège de Bron, près de Lyon, le 1er septembre 2020.

Tribune. A deux semaines de la rentrée, face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue pour protéger leur santé dans les établissements scolaires.

Le variant Delta se propage actuellement à grande vitesse chez les plus jeunes. Au Royaume-Uni, il s’est principalement diffusé à partir des enfants : plus d’un million d’élèves ont été absents au cours du dernier mois d’école. Aux Etats-Unis, 121 000 cas d’enfants et d’adolescents ont été rapportés la seule semaine dernière.

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En France, dans les Landes, à la veille des vacances, le taux d’incidence en milieu scolaire dépassait déjà, de très loin, celui des adultes, même chez les 3-5 ans. Cet été, les clusters se sont multipliés de façon alarmante dans les centres aérés et les colonies de vacances. Le 2 août, le taux d’incidence chez les 0-9 ans était déjà très élevé, dépassant le seuil de 200 pour 100 000 dans trois régions, alors que leur taux de positivité est le double de celui de la population générale.

Fermeture des classes au premier cas

Le taux d’hospitalisation des 0-19 ans augmente dans les pays où le variant Delta est majoritaire. Aux Etats-Unis, jusqu’à 1,9 % des enfants testés positifs sont hospitalisés dans certains Etats. Dans celui de Géorgie, 7 enfants sur 100 000 sont actuellement à l’hôpital pour Covid-19. En France, au cours de l’année écoulée, 1,2 % des 0-9 ans testés positifs ont été hospitalisés et le nombre d’hospitalisations est aujourd’hui le double de celui de l’année dernière à la même date, celui des 10-19 ans, le quadruple.

Le Covid-19 peut aussi entraîner des complications à moyen terme. Selon la littérature scientifique et les données gouvernementales britanniques, entre 2 % et 8 % des enfants infectés présentent des symptômes persistants. Des séquelles ou des complications à long terme de la maladie, peut-être encore inconnues, ne peuvent en outre être exclues. Enfin, si les décès demeurent très rares, ils existent et sont autant de drames dont le nombre pourrait augmenter avec une circulation virale plus importante.

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Les alertes se multiplient partout dans le monde. Aux Etats-Unis, au Canada, en Inde, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne… les pédiatres et les sociétés savantes appellent à protéger davantage les moins de 12 ans. A notre tour, aujourd’hui, de tirer la sonnette d’alarme.

Des mesures efficaces de prévention des contaminations doivent être adoptées dès la rentrée. Le protocole publié le 28 juillet définit un cadre de fonctionnement des établissements scolaires avec quatre niveaux de mesures : il faut, sans plus tarder, définir leur niveau territorial d’application, les indicateurs épidémiologiques, ainsi que les seuils déclenchant le passage d’un niveau à l’autre.

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 Source: « Face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue »

Covid-19 : le voyage d’Emmanuel Macron en Polynésie a-t-il pu aggraver la situation ?

Emmanuel Macron a fait un déplacement du 24 au 27 juillet en Polynésie. Depuis, le taux d’incidence ne cesse de flamber, pour atteindre 1 402 aujourd’hui.

Sur le front du Covid, la Polynésie française est passée d’un extrême à l’autre en un mois. Le 16 juillet, le taux d’incidence était inférieur à 10 cas pour 100 000 habitants. Au 10 août, on enregistre 1 402 cas pour 100 000 habitants. “Un bon bond considérable qui est dû essentiellement au variant Delta”, selon Dominique Sorain, haut-commissaire de la République en Polynésie française.

173 personnes malades du Covid-19 sont hospitalisées, dont 28 en réanimation, alors qu’aucun Polynésien n’était hospitalisé pour cause de Covid à la mi-juillet. Que s’est-il passé en un mois pour arriver à une telle situation ? Parmi les évènements notables, la visite du président de la République Emmanuel Macron, en déplacement officiel entre le 24 et le 27 juillet, accompagné d’une délégation et de nombreux journalistes.

“Ce n’est pas sérieux d’un point de vue sanitaire”

Au moment du voyage présidentiel, un peu plus d’un Polynésien sur trois avait reçu au moins une dose de vaccin. “D’un point de vue sanitaire, ce voyage est une bêtise. Se rendre avec une délégation dans un territoire peu vacciné, où le virus circulait peu, en sachant que cela va entrainer des rassemblements importants d’habitants, ce n’est pas sérieux. Je ne sais pas le bénéfice que l’Elysée attendait de ce voyage, mais le risque sanitaire était clairement avéré”, pointe Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Pourtant, le déplacement du chef de l’Etat, tout comme l’accès en Polynésie, est strictement encadré d’un point de vue sanitaire. Le site Tahiti tourisme indique qu’un test PCR ou antigénique doit être réalisé dans les 72h avant l’arrivée dans l’archipel, puis un test antigénique est réalisé à l’arrivée à Tahiti.

Les limites du dispositif sanitaire

Un dispositif qui n’est pas sans faille. “On sait que cette durée de 72h ne garantit pas que la personne ne soit pas contagieuse, surtout avec le variant Delta”, nous expliquait le docteur Clarisse Audigier-Valette dans le cadre d’un article sur les failles du pass sanitaire.

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Plusieurs études montrent qu’avec le variant Delta, une personne contaminée serait contagieuse deux jours plus tôt qu’avec la souche originelle, donc bien plus rapidement après l’infection. Les Pays-Bas ont par exemple réduit à 24h la durée de validité des tests permettant le pass sanitaire.

Autre limite, concernant la fiabilité des tests antigéniques. En cas de résultat négatif, le résultat est fiable dans 80% des cas avec un test antigénique, alors qu’il est fiable à 95 % avec un test classique. Sans oublier que la vaccination n’empêche pas de transmettre le virus si l’on est malade.

“Ce ne serait pas étonnant qu’il y ait eu des contaminations”

Le déplacement d’Emmanuel Macron a entraîné de nombreux rassemblements. Sur les images tournées sur place, si la délégation et le chef d’Etat portent leur masque, on voit de nombreux Polynésiens se masser pour accueillir Emmanuel Macron, le plus souvent sans masque.

“On sait comment le virus se transmet, il n’y a aucune surprise. Avec un variant Delta beaucoup plus contagieux et avec des rassemblements aussi denses et sans masque, même à l’extérieur, au moins entre les Polynésiens”, décrypte Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Les habitants d’une île sans cas de Covid redoutaient cette visite

Exemple ultime des rassemblements autour de la visite présidentielle, sur l’île d’Hiva Oa, où le chef de l’Etat s’est rendu le 25 juillet. Dans cette île de 2 243 habitants, 3 000 personnes sont attendues pour la visite du chef de l’Etat, dont 1 000 venues des autres îles de l’archipel et environ 150 officiels de Tahiti.

Une foule qui faisait craindre aux habitants des conséquences sanitaires, rapportait La1ère, alors que l’île n’enregistrait aucun cas de Covid, comme toutes les îles des Marquises. Le 9 août, soit 14 jours plus tard, le média Tahiti infos rapportait que “le virus touche à présent tous les archipels et de nouvelles îles jusqu’ici indemnes sont à présent touchées”.

“Ca peut être un des facteurs déclenchants de la situation actuelle”

“Ce voyage officiel a crée les conditions de la transmission, de manière directe avec des membres de la délégation potentiellement infectés, ou plus sûrement indirecte avec les nombreux rassemblements autour du président. Ça peut être un des facteurs déclenchants, voire même le facteur déclenchant de la situation sanitaire actuelle”, détaille Michael Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Les autorités sanitaires locales notent une flambée du nombre de nouveaux cas depuis début août. “Le délai entre la visite d’Emmanuel Macron et la flambée du nombre de cas coïncide, avec des contaminations fin juillet qui se propagent au fur et à mesure des personnes rencontrées”, poursuit le médecin.

Le rôle du tourisme à prendre en compte

Mais ce voyage présidentiel pourrait bien ne pas être le seul responsable de la situation sanitaire actuelle. “L’afflux de touristes peut aussi avoir entraîné une hausse des contaminations, même si un touriste qui se déplace n’entraîne pas de grand rassemblement comme Emmanuel Macron” relativise le docteur Rochoy, alors que de nombreux américains se pressent dans l’archipel l’été.

Le 18 juillet, la 1ère relayait le taux d’occupation en hausse des hôtels et des pensions de famille en Polynésie, tout en soulignant qu’un cluster de 56 cas avait été relevé. Avant le voyage d’Emmanuel Macron dans l’archipel donc.

Une situation qui pourrait se dégrader dans les semaines à venir, avec la rentrée des classes mercredi. “Ca risque d’être une hécatombe avec des enfants qui ramène le virus à la maison, dans une population très peu vaccinée”, craint le docteur Michaël Rochoy.

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Coronavirus : Ralentissement de la circulation, bond des hospitalisations.. Comment analyser cette quatrième vague ?

Service de réanimation à l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis (93). — Marin Driguez/SIPA
    • Le variant Delta, désormais ultradominant en métropole, poursuit sa hausse mais sans la flambée des dernières semaines.

 

    • Santé Publique France a également confirmé « le retentissement hospitalier de cette quatrième vague épidémique » avec une hausse des hospitalisations.

 

    • 20 Minutes tente de faire le point sur cette quatrième vague.

 

Le gouvernement a les yeux rivés sur la délicate situation sanitaire dans les Antilles, alors qu’un sévère rebond
de coronavirus touche la Guadeloupe et la Martinique. Mais qu’en est-il du reste de la France ? Depuis lundi, le pays vit au
rythme du pass sanitaire généralisé, mais l’épidémie continue son expansion,
avec plus de 9.000 hospitalisations. Jeudi dernier,
Olivier Véran a même évoqué le «tsunami»​ redouté dans les services hospitaliers, alors que la région Paca venait de déclencher son plan blanc comme la Corse, l’Occitanie, ou
la Nouvelle Aquitaine ce mardi. Comment analyser cette quatrième vague ? On tente de faire le point.

Ralentissement de la progression du virus

Commençons par les nouvelles rassurantes : côté contaminations, le virus semble en voie de stagnation. Ou plutôt, on remarque un ralentissement de sa progression. Le variant Delta, désormais ultradominant en métropole (93,8 %), poursuit ainsi sa hausse mais ce n’est pas la flambée des dernières semaines. Le taux de reproduction a, lui, reflué à 1,27 la semaine dernière, contre 1,89 la précédente. Dans son dernier point hebdomadaire, publié vendredi dernier, Santé Publique France évoque ainsi une « circulation toujours très intense » du Covid sur le territoire, mais note « une augmentation plus modérée du taux d’incidence ».

Ce dernier a augmenté de 17 % pour s’établir à 225 nouveaux cas pour 100.000 habitants lors de la dernière semaine de juillet, bien loin du bond de 94 % la semaine précédente. « Il y a une dizaine de départements où le taux d’incidence est supérieur à 400, donc la situation n’évolue pas dans le bon sens. Emmanuel Macron avait promis le 12 juillet des mesures de freinage lorsque ce taux dépasserait les 200 », rappelle Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science ».

Une saturation à venir dans les hôpitaux ?

Dans le même temps, Santé Publique France remarque que l’« augmentation du nombre des nouvelles hospitalisations et admissions en soins critiques s’est accélérée » la semaine passée, « confirmant le retentissement hospitalier de cette quatrième vague épidémique ». Les hôpitaux ont ainsi admis 3.531 patients atteints de Covid-19 entre le 26 juillet et le 1er août, soit quasiment deux fois plus (+92 %) que la semaine précédente. Les admissions en soins critiques ont également doublé (+98 % à 746) après une hausse de 81 % la semaine précédente. Michaël Rochoy rappelle qu’il « y a toujours un décalage d’une dizaine de jours entre le niveau de contamination et les hospitalisations ou les formes graves ».

« On remarque des effets de rebonds de cas un peu partout à chaque fois qu’on baisse la garde, qu’on relâche les mesures. L’augmentation à l’hôpital est un peu plus surprenante car la vaccination limite les formes graves, on l’a vu dans plusieurs pays, comme l’Angleterre ou Israël », remarque Michèle Legeas, enseignante à l’Ecole des hautes études en santé publique, spécialiste de l’analyse et de la gestion des situations à risques sanitaires. Mais plus de 30 % de la population française n’a pas encore reçu une seule dose. Et 87 % des personnes admises en soins critiques et 83 % des admissions en hospitalisation entre le 19 et le 25 juillet n’étaient pas vaccinées. Une explication complémentaire est également avancée « Peut-être que cette augmentation d’hospitalisation s’explique aussi par le fait que l’on prend mieux en charge et à des niveaux moindre de gravité que lors des vagues précédentes », reprend Michèle Legeas. Les prochaines semaines seront à scruter avec attention.



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Coronavirus aux Antilles : Pourquoi de nouvelles mesures drastiques ont-elles été mises en place ?

Martinique, Fort-de-France, illustration. — Thomas THURAR / AFP
    • Les autorités ont annoncé un confinement plus strict lundi en Martinique, alors que l’île connaît un important une flambée épidémique de Covid-19.

 

    • Le ministre des Outre-mer, en route pour « une visite de crise », a précisé qu’un durcissement du confinement était également inévitable en Guadeloupe « tant il y a urgence ».

 

    • Cette explosion épidémique s’explique notamment par la faible couverture vaccinale sur ces territoires.

 

La situation épidémique s’aggrave aux
Antilles. Les autorités ont renforcé lundi les mesures
de restriction en Martinique, impliquant notamment la fermeture des plages et commerces non-essentiels. L’île connaît, comme la
Guadeloupe, un sévère rebond de Covid-19.

La crise sanitaire est « extrêmement grave » aux Antilles avec des taux d’incidence « jamais connus » en France, s’est alarmé Sébastien Lecornu, avant une « visite de crise » ce mardi. Le ministre des Outre-mer a précisé qu’un durcissement du confinement était également inévitable en Guadeloupe « tant il y a urgence ». 20 Minutes fait le point sur la situation.

Pourquoi de telles mesures ?

Depuis plusieurs jours, l’évolution du virus dans les Antilles est alarmante. La Martinique est passée de 410 cas le 6 juillet à 4.171 la première semaine d’août, et 35 décès. En quatre semaines, 350 personnes ont été hospitalisées. « Il faut comprendre que nous accueillons au moins 15 patients chaque jour, c’est l’équivalent d’une unité d’hospitalisation de médecine », rappelle à l’AFP Jérôme Viguier, le directeur général de l’ARS. Sur l’île, le variant Delta représente 40 % des contaminations et le taux d’incidence s’est envolé à 1.162 cas pour 100.000 habitants, selon l’Agence régionale de Santé, bien au-delà de la moyenne nationale à 232,53 et très loin du seuil d’alerte fixé à 50.

En Guadeloupe, les chiffres explosent aussi : du 2 au 8 août, le taux d’incidence a atteint 1.769 pour 100.000 habitants, contre 876 la semaine précédente, et 6.669 cas ont été recensés, dont 2.500 environ durant le seul dernier week-end. « La situation est catastrophique, car les hospitalisations aujourd’hui sont un reflet des contaminations il y a dix jours. Avec l’augmentation des cas ces derniers jours, elles risquent de continuer à s’envoler, voire de doubler en Guadeloupe. Le pic des décès ne sera lui atteint que 20-30 jours après le confinement », constate Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science ».

Comment expliquer cette explosion ?

Sur ces territoires, la vaccination ne connaît pas un grand succès. Seuls 21,47 % des Martiniquais et 21,13 % des Guadeloupéens ont reçu une première dose (contre 66,66 % de la population française totale). Mais ce n’est pas la seule raison, selon Michaël Rochoy : « Il y a moins de vaccinés et plus de personnes à risque,
avec un taux d’obésité plus important notamment, c’est vrai. Mais le gouvernement a pris du retard dans les mesures de restriction. Cette explosion montre l’échec de la stratégie du couvre-feu annoncée par le président de la République
le 12 juillet dernier pour la Guadeloupe et la Martinique, alors que les taux d’incidence s’envolaient déjà ».

Quelles conséquences sociales ?

Outre le bilan sanitaire, cette explosion épidémique risque d’avoir des répercussions économiques importantes. Le secteur du tourisme, déjà fort touché par plus d’un an de pandémie, devrait être au point mort avec la limitation de circulation, la fermeture des hôtels et des restaurants, et l’invitation faite aux voyageurs de « quitter le territoire » en Martinique.

La visite du ministre Sébastien Lecornu pourrait d’ailleurs être mouvementée, alors que des tensions ont eu lieux ces derniers jours après des manifestations contre le pass sanitaire et les nouvelles mesures de restriction.



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