Coronavirus : « Renforcer la vaccination dans les lieux touristiques pourrait créer des pénuries ailleurs »

Parmi les villes françaises qui pourraient être particulièrement fréquentées par les touristes cette été, Nice et sa Plage de la Promenade des Anglais. — SYSPEO/SIPA
    • Le ministère de la Santé réfléchit à organiser une répartition différente des doses de vaccins durant l’été pour en augmenter leur nombre dans les zones les plus touristiques.

 

    • Une stratégie qui pourrait pénaliser les zones les moins fréquentées en France l’été, tout comme les personnes ne partant pas en vacances.

 

    • Si la migration des doses entre les régions paraît réalisable, celle de personnels pour administrer ces vaccins est beaucoup plus complexe durant cette saison pendant laquelle les soignants travaillent déjà en effectif réduit.

 

Sea, sex and Pfizer ? Comme le révèle Franceinfo, l’exécutif envisage d’augmenter le nombre de doses de vaccin dans les zones touristiques pendant les vacances estivales. Objectif affiché : maintenir le rythme de la
campagne vaccinale ou encore permettre aux personnes ayant eu une première dose de vaccin dans leur département de résidence, de recevoir leur seconde sur leur lieu de vacances.

Une bonne idée présentée ainsi, mais qui cache plusieurs inconvénients mis en lumière par Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau et cofondateur du collectif « Du côté de la science ».

Se faire vacciner pendant ces vacances d’été, est-ce vraiment le bon moment ?

Il y a toujours une baisse de l’activité de soin pendant ces deux mois et particulièrement des soins de prévention, comme les vaccins. Personne ne pense à faire son rappel de tétanos ou un frottis pendant ses vacances au bord de la mer. Les vacanciers n’ont pas envie de prendre du temps, même juste une heure, pour faire cela. Sans compter sur les possibles risques d’effets secondaires. On ne veut pas se retrouver en état grippal pendant 24 heures en plein milieu de ses congés. Le plus logique serait d’inciter les gens à se faire vacciner avant de partir afin d’éviter les déplacements de population potentiellement contaminée.

Jusqu’à présent, il fallait savoir utiliser Doctolib pour se faire vacciner, maintenant il faut partir en vacances ! Il y a peut-être des choses plus égalitaires à proposer que de mettre la priorité sur ceux qui peuvent partir en vacances. On pourrait par exemple réfléchir par catégorie : tous les professeurs ou bien tous les étudiants par exemple.

Comment le gouvernement peut-il « augmenter » les doses dans certaines régions ?

Je ne connais pas en détail le plan envisagé par le ministère de la Santé, mais c’est sûr qu’il ne va pas y avoir d’apparition magique de nouvelles doses de vaccins. Donc cela veut dire que l’on va ponctionner ou réorienter les flux de doses de certains départements et régions pour les envoyer dans des zones plus touristiques. Il est vrai que le vaccin doit suivre la population et que si le nombre de personnes double à un endroit, il faut que le nombre de doses de vaccin augmente également.

Si on prend les doses de la Creuse parce que les gens y partent moins, pour les mettre en région Paca où il y a beaucoup de touristes l’été, ce n’est pas forcément une bonne chose. Ni très sympa. Et à moins que l’on croule sous les doses de vaccins cet été, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui, il y a un risque que cela crée des pénuries à certains endroits. Or il y a des délais à respecter entre deux injections de vaccins. Comment les gens vont faire s’ils se font injecter la première dose en vacances dans le Sud et qu’en rentrant chez eux dans le Nord, il n’y en a plus?

Un tel plan est-il possible d’un point de vue logistique ?

C’est une chose d’augmenter le nombre de doses à un endroit, mais il faut aussi du personnel pour les injecter. Comme tous les autres Français, les médecins, infirmiers et pharmaciens partent en vacances. L’été, il y a toujours moins d’activité, mais également moins de personnels à disposition. Ça va être compliqué de les forcer à changer de département le temps des vacances pour vacciner des touristes. D’autant qu’ils doivent aussi assurer les soins de leurs patients chez eux. Personnellement, je prévois mes vacances très en amont pour pouvoir organiser le planning de rendez-vous en fonction.

Source: Coronavirus : « Renforcer la vaccination dans les lieux touristiques pourrait créer des pénuries ailleurs »

Covid-19 : la vaccination des enfants et des ados bientôt indispensable ?

Pfizer a fait une demande d’autorisation du vaccin pour les 12-15 ans dans l’Union européenne. La question de la vaccination des adolescents “est sur la table”, reconnaît Olivier Véran.

Après la vaccination de tous les adultes à partir de la mi-juin et d’ici la fin de l’été, la vaccination des enfants ? Jusqu’à présent taboue, la question n’est plus écartée par Olivier Véran. Alors qu’il expliquait en conférence de presse le 22 avril que la vaccination des enfants n’était “pas d’actualité”, le ministre de la Santé a changé de position quelques jours plus tard au micro d’Europe 1, expliquant que “la question est sur la table”.

Si la réponse reste vague, l’enjeu d’une vaccination des enfants et adolescents est important et pourrait devenir le sujet de l’été, une fois la vaccination de tous les adultes entamée.

Un bénéfice individuel mais surtout collectif

“Vacciner les enfants, c’est d’abord les protéger contre le virus. Les formes graves sont rares mais existent, sans oublier le risque de Covid long chez les enfants, qui existe mais est encore très peu documenté”, rappelle Elisa, cofondatrice du collectif “Écoles et familles oubliées”. Selon les derniers chiffres, sur 28 950 patients hospitalisés, seulement 149 avaient moins de 20 ans. En réanimation, 30 personnes ont moins de 20 ans sur 5 639 patients.

Au-delà d’une protection individuelle des enfants grâce au vaccin, la vaccination des enfants et des adolescents a un intérêt pour l’ensemble de la société. “Les vacciner permet de diminuer le risque qu’un enfant transmette le virus à des adultes qui ne sont pas protégés, par refus du vaccin, parce qu’ils ne peuvent pas être vaccinés, ou parce qu’ils ont une protection faible en raison de leur état de santé”, rappelle Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

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“Diminuer le risque d’apparition d’un variant”

Les 0-18 ans représentent un peu plus de 14 millions de personnes en France, soit environ 20% de la population. “C’est un réservoir de circulation important pour le virus. Les vacciner, c’est réduire le risque qu’un variant résistant aux vaccins émerge au sein de cette population, et oblige à recommencer une campagne vaccinale de zéro”, ajoute le médecin.

Les pays les plus avancés dans leur campagne vaccinale, les Etats-Unis et Israël, devraient très prochainement ouvrir la vaccination aux plus de 12 ans avec le vaccin de Pfizer, après l’autorisation des autorités sanitaires prévue la semaine prochaine. Une manière d’atteindre plus facilement l’immunité collective, dans ces deux pays où la vaccination commence à plafonner.

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Si la France est encore loin du niveau de vaccination d’Israël et des Etats-Unis où respectivement 62% et 44% de la population ont reçu au moins une dose contre 23% dans l’Hexagone, la question de la vaccination des mineurs risque d’être épineuse lorsqu’elle sera abordée.

Le risque d’une défiance importante

Les différents sondages réalisés en France montrent que l’intention de se faire vacciner diminue avec l’âge, même si ces sondages n’ont pas été réalisés auprès de la population mineure. Leur vaccination nécessitera un double accord : celui d’un parent et du mineur lui-même.

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Lancés par quelques comptes controversés puis très relayés par la sphère complotiste, les mots-dièses #touchepasamesgosses et #touchepasamesenfants ont été utilisés dans plus de 25 000 tweets fin avril pour exprimer une opposition à la vaccination des enfants.

“Quand Blanquer dit que le virus circule peu à l’école, ça alimente les antivaccins”

“Il faudra lancer une campagne d’information pour la vaccination des mineurs car elle risque d’être compliquée. Quand Castex et Blanquer répètent que le virus circule très peu à l’école, ce qui est faux, c’est de l’anti-science et ça donne de l’eau au moulin des antivaccins. Ils vont reprendre ces mots pour s’opposer à la vaccination des mineurs et dénoncer la main de Big Pharma ou je ne sais quoi”, redoute Michaël Rochoy, qui déplore la communication catastrophique des autorités autour de la circulation du virus chez les plus jeunes. “Il faut une campagne de sensibilisation pour expliquer clairement aux familles les bénéfices et les risques de la vaccination des mineurs”, abonde la cofondatrice du collectif Ecoles et familles oubliées.

“Si on commence par vacciner les 16-18 ans durant l’été, on peut espérer sécuriser les lycées durant l’automne, et s’éviter le débat sur les fermetures de classe à la rentrée prochaine, puis descendre sur les classes d’âge inférieures”, détaille Michaël Rochoy. Certains épidémiologistes redoutent en effet une quatrième vague cet été ou à l’automne prochain.

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Selon une étude, les parents d’enfants scolarisés au collège, au lycée, ou gardés par une assistante maternelle ont plus de risques d’attraper le Covid que les autres. De quoi permettre de prioriser la vaccination des lycéens et collégiens, âgés entre 12 et 18 ans pour la plupart.

Une autorisation pour les plus de 12 ans cet été ?

L’Agence européenne du médicament a annoncé début mai débuter l’évaluation de la vaccination avec Pfizer chez les jeunes de 12 à 15 ans. Un processus qui met entre 4 à 6 semaines, laissant croire à une possible autorisation au début de l’été.

Pfizer prévoit de demander en septembre à la Food and Drug Administration, l’autorité sanitaire américaine, une autorisation d’urgence pour administrer son vaccin contre le coronavirus aux enfants âgés de 2 à 11 ans.

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Source: Covid-19 : la vaccination des enfants et des ados bientôt indispensable ?

Covid-19 : et voilà les résultats qui prouvent que la vaccination fonctionne contre la pandémie | Atlantico.fr

Une femme se fait vacciner contre la Covid-19.

© Jeff J Mitchell / POOL / AFP

Efficacité de la campagne vaccinale

Covid-19 : et voilà les résultats qui prouvent que la vaccination fonctionne contre la pandémie

Les vaccins sont une arme essentielle dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Au regard des données aux Etats-Unis, en Israël et au Royaume-Uni, les campagnes de vaccination permettent de soulager les hôpitaux et de diminuer le nombre de morts.

Atlantico : Si les vaccins ne doivent pas être le seul outil dans la lutte contre le Covid-19, ils représentent une arme essentielle. Dans les pays qui ont déployé une large campagne vaccinale comme aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Israël, quel impact observe-t-on sur la courbe des contaminations ?  Une vaccination massive peut-elle permettre de soulager les hôpitaux et de diminuer le nombre de morts ?

Charles Reviens : Je rappelle que je ne suis pas médecin et suis devenu en quelque sorte un infectiologue du dimanche à l’occasion de la pandémie mondiale covid-19. Cela permet au moins d’analyser et de mettre en relation les multiples données disponible sur la situation à date.

Concernant la vaccination et si l’on se limite aux seuls principaux pays de l’OCDE, sont apparus clairement au moins depuis janvier 2021 trois groupes de pays. Il y a d’abord les pays d’Asie du Sud et d’Océanie où la pandémie est maîtrisée depuis longtemps via une stratégie de type zéro covid, pays qui n’ont en quelque sorte pas besoin de la vaccination pour redresser leur situation économique et sanitaire. La vaccination constitue pour les autres pays occidentaux une forme de planche de salut pour sortir d’une situation globale dégradée voire catastrophique en 2020 puisqu’on a vu qu’au final leurs performances étaient assez proches en termes de résultats par exemple mesurés en décès covid par unité de population.

Mais il y a une très grosse différence de rythme de vaccination : les pays qui vont vite (Etats-Unis, Royaume-Uni, Israël) d’un côté du fait de stratégies globales de vaccination arrêtées en amont et apparemment efficaces, de l’autre les pays de l’Union européenne qui ont mutualisé leur sourcing des vaccins et ont vacciné à date deux à trois fois moins de personnes que les trois pays cités précédemment.

 

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Il est donc intéressant de regarder le benchmark entre la France et le Royaume-Uni où par exemple le Financial Times considère que les vaccins sont efficaces et conduisent au « covid endgame ».

Les données publiques font apparaître une certaine corrélation entre la montée en puissance de la vaccination et le nombre des cas et des décès covid : depuis le 10 janvier 2021, le Royaume-Uni est passé de près de 900 cas et 15 décès par jour et million d’habitants à 37 cas et 0.4 décès, tandis que près de 50 % de la population a reçu une dose et 15 % a finalisé son traitement vaccinal.

 

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Pour la France on reste sur la même période dans une fourchette de 300 à 500 cas par jour  et 4 à 6 décès par jour et million d’habitants avec à date 18 % de la population ayant reçue une dose et 7 % un traitement complet, grosso modo la moitié des chiffres britanniques.

Bien sûr une analyse multifactorielle est indispensable pour comprendre ces écarts de performance mais ces données accréditent toutefois fortement ceux qui considèrent que la vaccination est le « game changer », la solution magique qui permet aux pays occidentaux de sortir des déboires rencontrés de façon indifférenciée en 2020.

Michaël Rochoy : Cela fonctionne sur les courbes de cas, d’hospitalisations, de réanimations et de décès dans plusieurs pays. C’est plutôt rassurant et nous n’avons pas de cas où la campagne n’est pas efficace. Même si la vaccination est imparfaite avec des vaccins qui auraient un taux defficacité de lordre de 30 %, cela marcherait.

 

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Les contaminations varient en fonction des tests, mais en regardant bien le taux de mortalité on voit l’influence bénéfique du vaccin.

En France, les classes les plus âgées sont moins nombreuses en réanimation, peut-on espérer la même situation pour toutes les tranches d’âge une fois la vaccination élargie ? Y-a-t-il des exemples probants de cela à l’étranger ?

Charles Reviens : Le bon interlocuteur pour cette question serait un spécialiste des maladies infectieuses.

Un article de WordNewsEra compare par tranche d’âge les contaminations, entrée à l’hôpital et décès covid-19 et constate une baisse forte depuis le 25 janvier 2021, les baisses étant d’autant plus forte que la population en question est davantage vaccinée.

 

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L’article compare également les mêmes données pour la France pour les plus de 80 ans sur lesquels la campagne de vaccination s’est priorisée et les moins de 60 ans avec une divergence de même nature.

Il y semble donc y avoir un lien entre pourcentage de vaccination dans un groupe cible et réduction du risque pour ce groupe, considération bien entendu à intégrer dans une analyse multifactorielle incluant entre autres l’évolution des virus (variants) et les autres mesures de gestion de la pandémie (mesures sociales, soins apportés aux personnes contaminées).

Michaël Rochoy : Les populations les plus âgées habitant en EHPAD ont été vaccinées et le taux d’incidence baisse. Il n’y a même quasiment plus de morts et à circulation équivalente du virus, la situation n’est plus du tout comparable à celle de novembre dernier.

En France, les taux de vaccination sont plutôt élevés pour les personnes les plus âgées, nous sommes autour de 70 % pour les plus de 75 ans.  Au Royaume-Uni, nous voyons que cela fonctionne sur toutes les tranches d’âges car cela leur permet d’ouvrir et espérer un retour à la normale.

Le succès des campagnes vaccinales a-t-il permis aux gouvernements à travers le monde dalléger leurs restrictions sur les libertés des citoyens ? Cela montre-t-il le peu defficacité des restrictions de déplacements mises en place en France depuis des semaines ?

Charles Reviens : Il faut faire la distinction entre les restrictions sociales à l’intérieur d’un territoire et le contrôle d’accès à ce territoire.

Au Royaume-Uni, les écoles ont réouvert leurs portes le 8 mars dernier avec généralisation des autotests et l’essentiel des commerces et des lieux d’hospitalité sont réouverts depuis le 12 avril, y compris certains stades avec des jauges très limitées. Donc les restrictions sont désormais beaucoup moins sévères qu’en France qui vit sous l’empire du « confiné déconfiné », nouvelle variation du confinement arrêtée par l’exécutif fin mars 2021, dans le contexte déjà évoque d’une stabilisation du nombre de nouveaux cas et de décès depuis le début de l’année mais sans baisse comparable à ce qu’on constate en Grande-Bretagne.

La situation est très différente concernant l’accès au territoire avec une reprise de fait au Royaume-Uni de mesures déployées en Asie et notamment à Singapour : séjour obligatoire de dix jour en hôtel agréé par le gouvernement et facturé 2 000 euros si l’on vient d’un pays inclus dans la liste rouge, isolement dans un lieu de son choix mais avec appel quotidien de contrôle pour les autres.

Il faudra un jour analyser pourquoi les société occidentales et notamment la société française ont imposé à l’ensemble de la population et des acteurs économiques des restrictions tout à fait inédites en temps de paix tout en semblant avoir eu la plus grande difficulté à imposer des contraintes importantes mais strictement ciblées aux personnes à risque et aux personnes contaminantes.

Michaël Rochoy :  Les pays qui ont le plus vacciné sont en train de réouvrir c’est indéniable. La vaccination est une bonne solution de sortie de crise à long terme, mais ce n’est pas une bonne à court terme. Ce qui marche le mieux dans ce dernier cas c’est la prévention. Certains pays qui n’ont pas accès aux vaccins doivent mettre en place une stratégie efficace pour stopper la contamination. La vaccination est un cadeau pour les pays riches et elle n’est pas répartie de façon égale entre les pays.

 Source: Covid-19 : et voilà les résultats qui prouvent que la vaccination fonctionne contre la pandémie | Atlantico.fr

Déconfinement : faut-il supprimer le couvre-feu ?

Le couvre-feu est en vigueur depuis le 15 décembre sur l’ensemble du territoire, mais pourrait être “allégé” le 3 mai, annonce l’exécutif.

Réouverture des terrasses et des lieux culturels entre le 13 et le 17 mai, fin de la limitation de 10km pour les déplacements dès le 3 mai… L’exécutif a lancé les premières pistes du plan de déconfinement pour le mois de mai. Pour autant, le couvre-feu devrait rester en vigueur encore plusieurs semaines. Seule indication, il pourrait être “allégé” à partir du 3 mai, indique une source gouvernementale à l’AFP.

La France vit sous couvre-feu depuis le 15 décembre, voire depuis six mois pour les habitants d’Ile-de-France et de huit métropoles. A 21h, puis 20h, puis 18h depuis la mi-janvier et maintenant 19h, la mesure s’applique à des horaires variables depuis six mois qui semblent une éternité, qui devrait encore se prolonger plusieurs semaines.

Une mesure contraignante et jugée peu efficace

Une mesure difficile à vivre et à l’efficacité plus que contestée. “Le couvre-feu n’aurait jamais dû être mis en place. Il permet peut être de contrôler plus facilement les déplacements, mais d’un point de vue sanitaire, l’efficacité est très faible. Au mieux, cela permet de ralentir la hausse de l’épidémie”, observe Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Le couvre-feu a été généralisé à tout le territoire à la fin du deuxième confinement, le 15 décembre, puis renforcé face à la hausse des contaminations. Maintenu depuis, il n’a pas permis d’éviter la troisième vague, qui a plus fortement touché l’hôpital que la deuxième vague.

Évolution du nombre de cas positifs au Covid-19.
Évolution du nombre de cas positifs au Covid-19.

“Le couvre-feu a été utilisé à tort par les autorités comme une mesure permettant de faire baisser l’épidémie et d’éviter le confinement. Sauf que le couvre-feu n’a fait que ralentir la progression de l’épidémie et retarder un confinement inévitable, qu’il fallait décider fin janvier”.

Un manque de pédagogie autour du couvre-feu

A la mi-janvier, le couvre-feu a été avancé à 18h pour “contrer l’effet apéro”, alors que le nombre de contaminations augmentait. “Le couvre-feu n’a fait que déplacer ces moments au week-end, avec des repas et apéros en journée. Pourquoi ? Parce que le gouvernement n’a pas fait de pédagogie autour du but de cette mesure : éviter les contaminations pendant les repas”, déplore Michaël Rochoy, qui pointe une contradiction : pendant longtemps, aucune mesure n’a été prise pour les repas dans les cantines scolaires ou d’entreprises.

“En plus d’être une mesure peu efficace, le couvre-feu est très contraignant : impossible de prendre l’air ou d’aller faire ses courses le soir, d’aller récupérer un plat à emporter pour dîner, ce qui aggrave la situation des restaurants…”, liste Michaël Rochoy qui regrette la mise en place de cette mesure.

“Il est délicat d’abandonner le couvre-feu avec une circulation du virus élevée”

À l’heure du début du déconfinement, avec la levée des restrictions de déplacement et la prochaine réouverture des lieux de culture et des terrasses, le couvre-feu doit-il être supprimé ?

“Le problème, c’est que maintenant qu’il est en place, il est délicat d’abandonner le couvre-feu aujourd’hui avec un taux d’incidence encore élevé. Même si la mesure est très peu efficace, la supprimer en ce moment, c’est envoyer un mauvais message à la population”, estime Michaël Rochoy. “On a mis en place le couvre feu mi-octobre alors qu’il y avait environ 20 000 cas par jour. Ca n’aurait aucun sens de le lever alors qu’on enregistre plus de 30 000 cas par jour”, abonde le docteur Jérôme Marty.

Un couvre-feu décalé à 20h ?

Avec une incidence de près de 500 cas par million d’habitants, la France enregistre l’un des plus hauts taux d’Europe, derrière la Suède. À contre-sens de ce raisonnement, les Pays-Bas, qui enregistrent plus de 450 cas par million d’habitants, une incidence en hausse, ont décidé de lever le confinement le 28 avril prochain.

En France, la levée du couvre-feu n’est pas évoquée, mais il pourrait être allégé. Selon l’AFP, les plus prudents au gouvernement voudraient le voir retardé d’une heure au plus en métropole, soit jusqu’à 20h, tandis les partisans de la réouverture plaident pour 23h.

Comment alléger le couvre-feu ?

“Si on peut comprendre la logique de le décaler d’une heure pour s’adapter aux jours plus longs, attention à l’effet néfaste que cela pourrait avoir, en incitant aux apéros le soir, puis à prolonger le moment en dinant en intérieur après le début du couvre-feu”, met en garde Michael Rochoy.

Autre élément que redoute le chercheur en épidémiologie, “l’effet des terrasses de bar bondées sur un créneau d’ouverture restreint, entre 18h et 20h par exemple, après le travail”. Des scènes que l’on a pu voir entre le 17 octobre, date de mise en place du couvre feu dans certaines villes, et la fermeture des bars et restaurant 10 jours plus tard.

Un couvre-feu adapté selon les départements ?

Ce dernier risque pourrait néanmoins être écarté si la piste d’une réouverture des terrasses uniquement le midi dans un premier temps est l’hypothèse retenue par les autorités.

Autre piste pour adapter le couvre-feu, selon la circulation du virus au niveau local : une mesure qui suivrait les propos d’Olivier Véran dans Le Télégramme, lorsqu’il évoquait une “approche territoire par territoire dans la levée des mesures de freinage”. “Maintenir les mêmes mesures de couvre-feu dans tous les départements n’a pas beaucoup de sens, alors qu’il y a des territoires où le virus circule peu”, commente Michael Rochoy. L’incidence est de moins de 150 dans quatre départements de l’Ouest, quand elle reste’ supérieur à 500 dans plusieurs départements d’Île-de-France et dans les Bouches-du-Rhône.

Le taux d'incidence en France selon les départements.
Le taux d’incidence en France selon les départements.

Un couvre-feu à l’allemande ?

Le parlement allemand vient de voter une loi instaurant un couvre-feu plus souple que celui en place dans l’Hexagone. Lorsque le taux d’incidence dépasse 100, un couvre-feu dès 22 heures est instauré. Mais, à la grande différence de la France, malgré l’entrée en vigueur du couvre-feu, faire une promenade seul ou un jogging reste autorisé jusqu’à minuit.

“C’est une bonne idée puisqu’on ne se contamine pas en se promenant seul ou en faisant son jogging. Cela permettrait d’aller s’aérer après le travail sans être soumis à des horaires contraignants”, encourage Michaël Rochoy. Emmanuel Macron doit s’exprimer d’ici à la fin du mois d’avril pour donner davantage de détails sur le plan de déconfinement, et notamment sur l’avenir du couvre-feu, qui pourrait durer au moins jusqu’à l’été.

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Faut-il vacciner en cas de « Covid long » ? | Le Quotidien du médecin

CONTRIBUTION – Les autorités sanitaires recommandent de vacciner les patients ayant déjà été touchés par le coronavirus. Cette disposition est-elle valable dans le cas des personnes souffrant de symptômes persistants plusieurs mois après leur infection ? Les médecins et chercheurs du collectif « Du côté de la science » font le point sur le sujet.

Du côté de la science

Le « Covid long », ou symptômes persistants après Covid, est une pathologie nouvelle qui a d’abord été rapportée par les patients qui ont décrit des signes communs à distance de l’infection initiale. Médecins et chercheurs prennent désormais très au sérieux ce syndrome survenant à la suite de l’infection à SARS-CoV-2, qu’elle soit symptomatique ou non, car de nombreux patients développent des symptômes chroniques. Et au moment où la campagne de vaccination s’accélère, que faire dans ces cas : vacciner ou non ?

Le « Covid long »

Au Royaume-Uni, les Anglais (lire cet article), qui s’intéressent au sujet depuis le début de la pandémie, décrivent plus de 315 000 nouveaux cas en mars, et semblent submergés, avec :

  • 1 patient sur 5  testé positif au Covid-19 qui présenterait des symptômes durant 5 semaines ou plus
  • 1 patient sur 10 testé positif au Covid-19 qui aurait des symptômes pendant une période de 12 semaines ou plus.

En France, il n’existe pas d’étude de cohorte, ni de chiffres officiels. Néanmoins, la HAS a publié le 12 février 2021 un ensemble de fiches de prise en charge rapide et une mise au point sur la stratégie du long Covid, afin de prendre en charge « ces symptômes (…) en soins primaires dans la grande majorité des cas… et d’éviter l’escalade des prescriptions d’examens complémentaires non pertinents ».
Quels sont les signes du long Covid ? Si les caractéristiques cliniques sont variables, comme leur évolution, les symptômes les plus fréquents sont fatigue, dyspnée, malaise post-exercice et atteintes cognitives (troubles de concentration, sensation de « brouillard cérébral »).

Quelles en sont les causes ? Plusieurs hypothèses coexistent actuellement, et pourraient ne pas s’exclure :

  • un réservoir viral persistant
  • une inflammation provoquée  par la présence  de fragments ou reliquats viraux
  • une réponse auto-immune persistante et induite par l’infection.

Vaccin et « Covid long »

En France,  la HAS recommande sans base solide une dose unique de vaccin chez les patients ayant été touchés par le coronavirus, après un délai d’au moins 3 mois et, idéalement, de 6 mois après la fin des symptômes, considérant « les personnes ayant eu une infection par le SARS-CoV-2  comme protégées pendant au moins 3 mois par l’immunité post-infectieuse ».

Que faire en cas de long Covid ? À ce jour, il n’existe aucune étude publiée à ce sujet. Cependant, une étude de cohorte en pre-print effectuée chez un petit nombre de sujets long Covid, avec des vaccins Pfizer-BioNTech ou Oxford-AstraZeneca, n’a pas mis en évidence d’aggravation des symptômes post-Covid, ni d’altération de la qualité de vie ou du bien-être mental. Au contraire, cette étude indique que la vaccination est associée à une amélioration, des symptômes (5,6 % vaccinés vs 14,2 % non vaccinés), voire à une résolution des symptômes (23,2 % vaccinés vs 15,4 % non vaccinés).

Chez les patients ayant une forme prolongée de COVID-19, si l’intérêt de la vaccination doit donc être jugé au cas par cas, les données des essais cliniques et de pharmacovigilance ne révèlent aucun signal préoccupant : il est donc licite de poursuivre la vaccination dans ce contexte.

Dr Franck Clarot
Médecin légiste – radiologue – vice-président de la Fédération Nationale des Médecins Radiologues

Dre Corinne Depagne
Pneumologue, Lyon

Cette contribution extérieure à la rédaction du « Quotidien » a été rédigée par des membres du collectif « Du Côté de la science », composé de médecins et de scientifiques.

Éric Billy
Chercheur en immuno-oncologie, Strasbourg

Dr Michaël Rochoy
Médecin généraliste, chercheur associé à l’ULR2694 de Lille, Outreau

Dr Florian Zores
Cardiologue, Strasbourg

Source: Faut-il vacciner en cas de « Covid long » ? | Le Quotidien du médecin

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

© Philippe LOPEZ / AFP

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Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ?

Le lundi 26 avril, les élèves de maternelle et de primaire doivent faire leur retour à l’école. Cette reprise inquiète les syndicats d’instituteurs et de parents d’élèves sur la question du protocole sanitaire. Des municipalités ont commandé des capteurs de CO2 pour les installer dans les écoles et préparer la réouverture.

Atlantico : Depuis le mardi 6 avril, l’école en présentiel a été mise en pause pour une durée de trois semaines. Des pays comme la Finlande ont pu mettre en place un système d’aération particulièrement détaillé et sourcé scientifiquement pour éviter au maximum la propagation aérosol de la Covid-19. Une telle mesure serait-elle intéressante à mettre en place en France pour la réouverture des écoles ?

Collectif Du Côté de la Science : Oui ! Hélas, à moins de nouvelles de dernière minute, il est peu probable que le protocole sanitaire de l’Education nationale change pour la  rentrée, et nous le déplorons. Ce protocole n’est pas adapté aux mesures de sécurité vis-à-vis de la transmission du virus dans les écoles. Il ne protège ni les enfants, ni le personnel (enseignant et non enseignant). Le protocole de l’Education Nationale n’est pas seul responsable de la situation actuelle, mais il y a fortement contribué en ne prenant pas en compte la voie principale de contamination qui est aérienne ; il n’a donc pas permis la mise en place de mesures efficaces pour y faire face. Les recommandations du Haut Comité de la Santé publique datant de juillet et octobre 2020 mentionnent la vectorisation aérienne du virus et recommande d’aérer très régulièrement les endroits clos. Le protocole de l’EN recommande de le faire 2-3 fois par jour, alors qu’il faudrait le faire au moins 2 à 3 fois par heure en fonction du nombre de personnes dans la pièce et de son volume ! La Finlande n’a fait que transcrire en termes plus simples les recommandations du REHVA, de l’ECDC, de l’OMS et d’autres organismes européens et internationaux qui concernent l’aération et la ventilation pour éviter la contagion aérienne par le SARS-CoV-2. Cela avait d’ailleurs conduit notre collectif (Du côté de la science) à publier un document à ce sujet, reprenant également ces mêmes recommandations dans le contexte de l’Education Nationale et à informer auprès de 2 syndicats enseignants début novembre 2020.

Les recommandations finlandaises s’appuient sur la mesure de concentration en CO2 dans l’atmosphère, à l’aide de détecteurs de CO2 très faciles à se procurer. Ce sont des marqueurs de la qualité de l’air : plus le niveau de CO2 est élevé, plus le risque qu’il y ait des aérosols (en cas de présence d’une personne infectée évidemment) est élevé. Pour comprendre, le CO2 est expiré par chacun et s’accumule dans l’air d’une pièce fermée. De la même façon, l’air expiré par une personne infectée même asymptomatique peut contenir du virus en suspension, qui est lui invisible et pas encore mesurable. Une concentration importante en CO2 reflète la possibilité d’une forte concentration de virus dans l’air, et de se contaminer. Ce risque est d’autant plus fort si la personne infectée est fortement excrétrice (super-spreader) comme 10-20 % des personnes contaminées. Pour nous, l’Education nationale devrait investir dans l’achat de tel matériel, permettant de guider le rythme d’aération. Actuellement, les quelques capteurs présents dans les écoles le sont à l’initiative de quelques enseignants ou parents.

Les autorités finlandaises font aussi le point sur l’utilisation des purificateurs d’air et les normes nécessaires pour qu’ils soient utiles  et efficaces. Elles rappellent également que l’objectif principal est d’apporter de l’air extérieur à l’intérieur afin de diluer et d’évacuer les aérosols potentiellement contaminés.

 

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Collectif Du Côté de la Science : Il faut évidemment revenir au principe : un enfant positif = une classe fermée et ne plus attendre 3 cas par classe avant d’agir.

Concernant les autres mesures, nous en avons présenté de nombreuses sur notre site : https://ducotedelascience.org/nos-propositions/.

Primo, elles sont spécifiques à l’investissement que nous souhaitons mettre dans la poursuite de l’éducation de nos enfants : acheter et installer des détecteurs de CO2 (recommandation du Haut Comité de Santé Publique du 14 Octobre 2020), vérifier la ventilation correcte des salles de classe, profiter des périodes sans enfant dans les établissements pour revoir les capacités de ventilation des classes et réfectoires, prendre les mesures pour assurer une ventilation minimale et identifier les lieux à risque nécessitant des purificateurs d’air.

 

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Secundo, elles sont spécifiques aux lieux d’enseignement : d’abord il faut que les professeurs (qui, théoriquement, sont ceux qui parlent le plus pendant un cours !) portent constamment un masque de qualité et soient à proximité d’une source d’aération (fenêtre ouvrable). Ensuite, il faut limiter le brassage des élèves : passage des options en distanciel (actuellement certains groupes mélangent plusieurs classes pour une option par semaine…), mouvements des professeurs plutôt que des élèves entre les cours autant que possible (sauf matériel informatique, scientifique, technologique ou sportif spécifique, etc.).

Tertio, elles sont spécifiques aux cantines et lieux de restauration. Encore plus à risque que le cours dans une classe non ventilée, le repas pris dans un réfectoire bondé avec des enfants non masqués, brassant plusieurs classes, assis les uns en face des autres n’est pas envisageable en période de circulation active du virus. De multiples solutions sont possibles : avec le retour des beaux temps, la prise de repas en extérieur ou sous préau (ventilation optimale), livraison de repas dans les classes afin d’éviter le brassage (et un meilleur traçage en cas de contamination), incitation au retour à domicile des enfants autant que possible par des aménagements des horaires pour les parents, etc. Le Ministère de l’Education Nationale doit collaborer avec celui du Travail sur ces questions. L’autre solution est de laisser les lieux de restauration en l’état : sauf qu’à chaque fois qu’un enfant sera déclaré positif, il faudrait fermer les 2 ou 3 classes ayant partagé une heure de restauration avec lui, si on veut pleinement tenir compte du risque de transmission par aérosol.

Quarto, les mesures sont spécifiques des établissements. A l’instar des autorités finlandaises, l’Education Nationale aurait dû définir des objectifs autour de l’aération, ventilation et voies de transmission à combattre, puis fournir les solutions disponibles et recommandations pour atteindre ces objectifs. On ne lutte pas contre une pandémie sans objectif. Les régions, départements et communes auraient pu alors s’adapter à leurs possibilités et besoins, et réclamer si nécessaire des aides. Certaines mairies ont ainsi pu transformer des salles municipales ou gymnases inoccupés en extension pour les cantines ou les cours, afin justement d’assurer une meilleure sécurité pour les enfants et les personnels d’éducation ; hélas, cela n’est pas la règle.

Quinto, les mesures doivent s’adapter aux conditions sanitaires. Comme prévu par l’Education Nationale en été 2020, une adaptation territoriale selon la circulation du virus serait pertinente. Il faut se préparer à tout, et notamment à des cours en distanciel pour tout ou partie (classes hybrides). La vaccination des personnels de l’éducation est aussi un point important, dès qu’elle sera possible… Enfin, il faut développer les tests itératifs et systématiques pour isoler les enfants contaminés asymptomatiques afin de réduire la diffusion du virus dans l’école mais également sur le lieu de travail des parents des enfants concernés par effet boule de neige.

 

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Collectif Du Côté de la Science : “Qu’on a encore du chemin à faire et une bonne marge de progression” comme diraient certains professeurs pour l’évaluation de certains élèves. Les mesures successives nous ont montré que les dirigeants n’avaient pas pris au sérieux la voie aérienne de contamination, et n’avaient donc pas pris les bonnes mesures pour protéger efficacement les personnels et les élèves, menant à la situation que nous vivons. Par ailleurs les tests systématiques salivaires finalement lancés récemment (mais bien trop tard) ont également confirmé ce qui avait déjà été démontré dans de nombreux pays et par de nombreuses publications, à savoir que la contamination des enfants est similaire à celle de la communauté. La seule différence est qu’ils sont moins symptomatiques, donc moins testés, car leur système immunitaire est plus rapide et plus efficace. Rappelons d’ailleurs que le port du masque à l’école dès 6 ans a été obtenu de longue lutte et ne faisait pas partie des mesures initiales de l’Education Nationale. Le dogme qui considère que l’on isole la classe qu’à partir du troisième cas n’est ni scientifiquement ni médicalement rationnel : il doit être supprimé. Le protocole sanitaire ne repose malheureusement pas sur des mesures efficaces de contrôle et protection, mais sur une approche visant une efficacité à la marge et la continuité des cours dans des conditions très dégradées qui sont certainement loin d’être meilleures que des cours à distance s’ils avaient été pensés, préparés et déployés à l’avance. Pourquoi n’avoir pas eu un projet national de continuité des cours via le support numérique au cours de l’été 2020 ? Fallait-il vraiment être dans le mur pour se rendre compte que c’était une solution efficace, même temporairement, et un investissement d’avenir ?

Source: Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

Coronavirus : Et si on en finissait avec le couvre-feu ?

Il y a six mois jour pour jour, le 17 octobre 2020, en raison d’une flambée de coronavirus, un
couvre-feu débutait en Ile-de-France et dans huit métropoles françaises, entre 21 heures et six heures du matin. Une demi-année est passée, et le couvre-feu est toujours là, désormais entre 19 heures et six heures du matin, après avoir également débuté à 20 heures puis 18 heures.

Mis bout à bout, le couvre-feu représente donc une des plus longues mesures instaurée en France, au point que cette durée questionne : quand sera-t-il levé, lui qui s’éternise tant ? Actuellement, aucun cap n’est fixé, aucun objectif chiffré n’a jamais été donné pour sortir du couvre-feu, et la situation actuelle en France, avec une incidence parmi les plus hautes d’Europe et des hôpitaux toujours saturés n’invite guère à l’optimisme quant à une fin proche.

Une efficacité trop limitée

Pourtant, six mois de couvre-feu plus tard, la mesure aura fait preuve de bien peu d’efficacité pour réellement améliorer la situation sanitaire. Vu comme une alternative moins lourde au
confinement, le couvre-feu n’a jamais – ou alors de façon trop épisodique – entraîné de baisse des cas, tout juste a-t-il permis la stabilisation d’un plateau haut. Et avec les beaux jours qui reviennent et le soleil qui s’éternise dans un ciel plus bleu que jamais, le couvre-feu devient de plus en plus impopulaire et invivable. Pour le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, il est temps d’en finir avec cette mesure : « Le couvre-feu n’a pas vraiment de sens, ce qu’il faut, c’est interdire les moments sans masques. Indirectement, le couvre-feu empêche
certains apéros et dîners le soir, mais c’est une mesure trop contraignante vis-à-vis de son efficacité. »

Pour le médecin, il aurait fallu plus de pédagogie et d’explication sur ces fameux moments sans masque au lieu de vouloir les contrer par effet indirect. « Pendant des mois, le couvre-feu n’empêchait pas les repas en entreprise le midi ou les cantines scolaires. On aurait dû cibler les évènements précis au lieu des horaires ». Avec le couvre-feu, fini les marches nocturnes dehors – sans risque de contamination – ou les courses à des horaires plus tardives afin d’éviter les flux de population.

Une mesure contre-productive ?

Le couvre-feu serait même parfois contre-productif en raison de la peur d’avoir une amende : « Les gens restent dormir les uns chez les autres pour ne pas rentrer chez eux et frauder le couvre-feu, ils se voient à l’intérieur pour ne pas être contrôlé par la police… Ce sont des comportements plus à risque que sans couvre-feu », liste Michaël Rochoy. Une entorse au « Dehors en citoyen, dedans avec les miens » plaidé par le gouvernement. Fin février, la police estimait que 10 % des Français fraudaient le couvre-feu, selon le nombre de contrôles des forces de l’ordre.

Si la mesure suscitait l’adhésion à ces débuts, 73 % des Français y étaient favorables à la mi-octobre selon un sondage Harris, elle devient de plus en plus impopulaire : 64 % de la population en avait une opinion négative selon un sondage Odoxa de mars 2021. Et avec les beaux jours et l’été, le couvre-feu semble difficilement tenable. De toute façon, en ne baissant pas un haut plateau à 20.000 cas par jour à l’époque, « cette mesure n’aura fait que retarder un troisième confinement inévitable. Le couvre-feu aura décalé le confinement de février à avril, là où il est plus contraignant et avec une population usée par des mois de mesures non efficaces », enterre le médecin.

Le bon moment, vraiment ?

Après tout ce procès contre le couvre-feu, est-il temps d’enfin s’en débarrasser ? Si la mesure n’a pas un rapport efficacité/contrainte très haut, il est pourtant difficile d’imaginer revenir dessus dans une France qui connaît en moyenne 33.000 nouveaux cas par jour. Hélène Rossinot, médecin en Santé publique, atteste que le moment semble être très mal choisi : « Ce n’est pas le moment de relâcher la moindre mesure, même si on peut émettre des critiques sur le couvre-feu. Si on devait l’enlever, cela serait uniquement pour passer à un vrai confinement ». Or, ce n’est pas la tendance actuelle, qui est au contraire à la réouverture des écoles dès le 26 avril,

De fait, la priorité ne semble pas vraiment être à un débat sur le couvre-feu, entre cette réouverture prochaine des écoles sans protocole renforcé, une campagne de vaccination qui reste poussive, et la perspective de la mi-mai de la réouverture des commerces. « Il faut déjà se concentrer sur les protocoles pour les lieux qui vont rouvrir », plaide Hélène Rossinot.

Alors, resterons-nous en couvre-feu jusqu’à la fin des temps ? Non, ce dernier devrait bien finir par s’arrêter, ou au moins s’écourter de quelques précieuses heures. Déjà, en raison des beaux jours – le couvre-feu était déjà passé de 18 à 19 heures en raison de l’heure d’été. Mais également, en raison du retour des terrasses, ardemment souhaité par Emmanuel Macron pour la mi-mai. Des terrasses ouvertes qui chercheraient un maximum de rentabilité pour reprendre les affaires et rentreraient donc forcément en collision avec un couvre-feu à 19 heures. Michaël Rochoy prophétise : « Si les terrasses rouvrent, le couvre-feu s’arrêtera. Pour de mauvaises raisons, mais il s’arrêtera. » Conclusion d’une mesure éternellement à contretemps.

Source: Coronavirus : Et si on en finissait avec le couvre-feu ?

Covid-19 : rouvrir les terrasses mi-mai, un objectif réaliste ?

Le 31 mars, Emmanuel Macron annonçait rouvrir certains lieux de culture et les terrasses “dès la mi-mai”. À un mois de cette date attendue par beaucoup, la situation sanitaire reste pourtant critique.

C’était la carotte au bout du bâton. En annonçant un confinement le 31 mars dernier, Emmanuel Macron traçait l’espoir d’un retour à la vie normale. “Dès la mi-mai, nous commencerons à rouvrir certains lieux de culture. Nous autoriserons sous conditions l’ouverture de terrasses”, annonçait le président de la République. Pourtant, cet objectif semble avoir du plomb dans l’aile. Les ministres rivalisent de prudence sur cette date.

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Interrogé sur le sujet, Bruno Le Maire rappelle sur RMC que le 15 mai n’est “qu’une hypothèse”, tandis que le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a souligné ce mercredi que “la troisième vague n’est pas derrière nous, le pic des hospitalisations n’a encore pas été atteint”, et prévoit des “jours difficiles” à venir à l’hôpital.

Mais à un mois de l’objectif de la mi-mai, les indicateurs sanitaires n’incitent pas à l’optimisme. Les admissions à l’hôpital et en réanimation sont toujours en hausse, avec désormais 5952 personnes en réanimation et plus de 31 000 patients hospitalisés. Le nombre de tests positifs semble lui se stabiliser voire légèrement baisser, mais dans de faibles proportions.

“Tout est faisable, mais tout n’est pas raisonnable”

“On compte en moyenne 25 jours entre la contamination et le décès. Avec le haut niveau de contamination par jour actuellement, cela veut dire qu’à la mi-mai, on aura encore un haut niveau de mortalité mais également une forte occupation des services de réanimation”, rappelle Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

De quoi rendre impossible la réouverture annoncée ? Pas forcément, puisqu’Emmanuel Macron n’a pas conditionné la réouverture à un objectif sanitaire. “Dans l’absolu, tout est faisable mais tout n’est pas raisonnable. Or, en ne fixant pas d’indicateur sanitaire à atteindre, Emmanuel Macron se laisse la possibilité de tout faire, même ce qui n’est pas raisonnable”, poursuit Michaël Rochoy.

“Pas raisonnable de rouvrir les terrasses mi-mai”

Pour lui, “ce qui serait raisonnable, c’est regarder le nombre cas de contaminations, d’hospitalisations, de réanimations, et en fonction de la dynamique, prendre des décisions. Mais ce n’est pas raisonnable de rouvrir les terrasses mi-mai”, détaille le chercheur en épidémiologie.

Dans Le Figaro, un responsable de la majorité jure : ‘On tiendra le calendrier’, tandis que l’Élysée indique que “tout n’est plus indexé seulement sur des données épidémiologiques par essence imprévisibles, mais aussi sur des données objectives”, en référence à l’objectif du 15 décembre.

“Le risque de relancer l’épidémie”

Emmanuel Macron avait en effet conditionné la fin de deuxième confinement le 15 décembre à moins de 5 000 contaminations par jour et moins de 3 000 lits de réanimation occupés. Actuellement, près du double du nombre de lits de réanimation sont occupés, et on compte environ 7 fois plus de cas par jour.

“Au mieux, à la mi-mai les indicateurs seront au même niveau qu’aujourd’hui, après avoir passé un pic. La situation ne sera pas assez bonne pour rouvrir les terrasses, le risque serait de faire comme en décembre : relâcher trop tôt les restrictions et conduire à une nouvelle flambée de l’épidémie. À moins de considérer qu’il est acceptable de vivre avec 300 morts par jour et des hôpitaux débordés en permanence…”, met en garde de son côté l’épidémiologiste Catherine Hill.

Le risque que les écoles relancent l’épidémie

D’autant que d’ici à la mi-mai, des mesures susceptibles de ralentir la baisse de l’épidémie voire de la relancer devraient avoir lieu, comme la réouverture des écoles maternelles et primaires le 26 avril puis des collèges et lycées une semaine plus tard.

“La circulation du virus sera encore importante lors de la réouverture prévue des écoles. Si le protocole sanitaire n’y est pas renforcé d’ici là, il y a le risque de relancer des contaminations”, prévient Michaël Rochoy, qui appelle notamment à instaurer des demi-jauges au collège et au lycée.

“Les terrasses cumulent ce qu’il ne faut pas faire en extérieur”

Mais la poursuite de la fermeture des terrasses risque d’avoir du mal à être comprise, alors que le gouvernement incite à être dehors en communiquant autour du slogan “dedans avec les miens, dehors en citoyen”. “Certes on se contamine peu en extérieur, mais les terrasses cumulent tout ce qu’il ne faut pas faire en extérieur : densité de personnes statiques sans masque, qui parlent, et qui ne respectent pas forcément les distanciations sociales, comme on avait pu le voir en octobre dernier”, ajoute Michaël Rochoy.

Une fermeture des terrasses de plus en plus difficile à faire accepter par l’opinion publique alors que certains pays rouvrent au fur et à mesure, comme Israël et la Grande-Bretagne, et que l’Espagne a laissé les terrasses des bars et restaurants ouverts, attirant de nombreux Français.

“Les semaines ‘gagnées’ en ne confinant pas sont aujourd’hui perdues”

“Les semaines soi-disant gagnées par Emmanuel Macron cet hiver en ne confinant pas, sont aujourd’hui perdues par la France vis-à-vis des autres pays comme le Royaume-Uni et Israël, qui ont confiné cet hiver et retrouvent une vie plus normale au printemps. Pas sûr que le calcul de Macron ait été gagnant”, regrette Michaël Rochoy, partisan d’un confinement au mois de janvier.

Emmanuel Macron doit présider ce jeudi une réunion sur la réouverture des lieux fermés, en compagnie de nombreux ministres, pour “étudier les protocoles sanitaires envisagés pour la réouverture progressive”, selon l’Élysée. Selon un journaliste, les syndicats de la restauration ont proposé une réouverture complète des bars, restaurants et cafés en intérieur le 12 juin.

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Vaccination dans les Hauts-de-France : en attendant Janssen, Pfizer largement plus utilisé qu’Astra Zeneca et Moderna

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Ce lundi 12 avril, la campagne de vaccination est poussée par l’arrivée d’un nouveau vaccin, Janssen. Mais la faible importance des livraisons prévues ne devrait par changer la hiérarchie de l’utilisation des vaccins.

Un flacon du vaccin Pfizer.
Un flacon du vaccin Pfizer.

© AFP

Des nouvelles de la campagne de vaccination contre l’épidémie de Covid-19. Depuis ce lundi 12 avril, toutes les personnes de plus de 55 ans, même celles n’ayant pas de comorbidité, sont désormais éligibles à la vaccination. Jusqu’ici, seuls les plus de 70 ans y avaient le droit. Aussi, après Pfizer, Moderna et AstraZeneca, les Français vont pouvoir désormais être vaccinés avec le vaccin du laboratoire Johnson & Johnson, appelé Janssen. Alors que tous ses concurrents préconisent deux doses de leur vaccin, celui de Johnson & Johnson ne nécessite l’injection que d’une seule.

Concernant l’importance des livraisons, la direction générale de la santé annonce “sous réserve de confirmation par le laboratoire” la livraison de 206.400 doses cette semaine et 358.000 doses celle du 26 avril. L’injection de ces doses va se faire, pour l’instant, par les médecins de villes, faute de livraisons plus importantes. En effet, ces derniers étaient invités à en commander ce lundi, un flacon au maximum, avant de les recevoir la semaine prochaine. “J’ai commandé un flacon ce lundi mais il n’arrivera pas avant mercredi 21 avril”, témoigne Michael Rochoy, médecin généraliste à Outreau.

Pour l’instant, dans les Hauts-de-France, c’est le vaccin Pfizer qui est le plus utilisé.

Au lundi 12 avril, sur les 999.817 premières injections (sans compter les secondes donc) réalisées dans la région, 629.280 proviennent du vaccin Pfizer. Cela représente 63% des premières injections. La tendance en France est semblable. Sur les 14 millions d’injections réalisées, plus de 10 millions l’ont été grâce à Pfizer.

Malgré la défiance qu’il a pu susciter, surtout durant les dernières semaines, le vaccin AstraZeneca a été injecté 306.605 fois (31%) dans les Hauts-de-France. Moderna complète le tableau avec 63 887 doses. Les problèmes connus à Calais, Boulogne-sur-Mer ou encore Gravelines, concernant le manque de volontaires pour bénéficier d’une dose d’AstraZeneca ne semblent pas avoir eu de conséquences visibles sur la dynamique de l’injection de ce vaccin.

Le 8 avril, l’ARS des Hauts-de-France rappelait que 97,6% des doses disponibles d’AstraZeneca avaient été injectées, un chiffre même supérieur à celui connu à l’échelle nationale (95,2%). “Le seul problème rencontré dans la campagne de vaccination, c’est le manque de doses. Les mouvements anti-vaccin seront un problème dans un second temps”, estime Michael Rochoy. “Beaucoup de personnes veulent se faire vacciner mais ne réussissent pas à obtenir un rendez-vous. Ca leur est égal si c’est avec AstraZeneca ou Pfizer”, continue-t-il. S’il salue l’ouverture de la vaccination aux plus de 55 ans, il rappelle que “si l’on avait des vaccins en quantité infini, la vaccination serait ouverte à tous les adultes”.

Concernant l’évolution de l’injection des différents vaccins, même si le 10 avril, plus de vaccins AstraZeneca ont été utilisés que de Pfizer ou de Moderna, cela ne reflète pas la tendance générale de ces dernières semaines. Le vaccin Pfizer est largement plus injecté que les autres. Le record de vaccination en une seule journée a été réalisé le samedi 13 mars. Ce jour-là, 41.198 doses avaient été utilisées.

Dans les Hauts-de-France, la vaccination continue sa route et a très certainement franchi le 11 avril (chiffre pas encore disponible) la barre du million de premières injections.

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 Source: Vaccination dans les Hauts-de-France : en attendant Janssen, Pfizer largement plus utilisé qu’Astra Zeneca et Moderna

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ? | Atlantico.fr

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

© Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Symptômes

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

Les études sur les cas de Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis alertent sur le nombre de patients concernés. En Grande-Bretagne, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur trois souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. Le Covid long pourrait devenir un enjeu de santé publique.

Atlantico : Les données concernant le Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis sont de plus en plus nombreuses et alertent sur un pourcentage non négligeable de patients concernés. Au Royaume-Uni, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur 3 souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. En France, ces données sont beaucoup plus difficiles à avoir. A combien peut-on l’estimer ? Ce manque de chiffres est-il dû à une trop faible considération de ce problème ?

Michaël Rochoy : C’est une pathologie qui reste mal codifiée, il n’y a pas de diagnostic de certitude. Les chiffres de l’Office for National Statistics sont basés sur un auto-questionnaire recueilli le 6 mars 2021. La question posée était : Pouvez-vous aujourd’hui vous décrire comme ayant un Covid long ? A savoir : avoir des symptômes persistant plus de 4 semaines après avoir eu le Covid sans pouvoir l’expliquer par quelque chose d’autre.

En France, il n’existe aucun chiffres officiels. Il n’y a pas non plus à ma connaissance de suivi national du Covid long ni d’étude de cohorte.

La HAS reconnaît le Covid Long mais ne parle pas de ce seuil de 4 semaines. On n’a donc pas de définition consensuelle entre le Royaume-Uni et le France. Les chiffres sont donc forcément à prendre avec des pincettes. Sur son site, la HAS décrivait que la persistance des symptômes représentait 20% des patients après 5 semaines et plus de 10% après 3 mois, le tout en reprenant des chiffres anglais. Cela semble plutôt cohérent. Mais la HAS ne parle pas spécifiquement du Covid long, ils font plutôt mention de “symptômes prolongés” suite au Covid-19.

 

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En février 2021, la Haute autorité de santé et l’Assemblée nationale ont reconnu pour la première fois le Covid long comme une pathologie. Est-ce suffisant ? Les dispositifs de prise en charge et de suivi de ces cas sont-ils en capacité de gérer cette situation ?

Il y a eu cette fiche “réponses rapides”  de la HAS publiée en février mais ils travaillent sans doute dessus depuis un moment. C’est assez raisonnable aussi de ne pas se précipiter car le Covid long n’est pas encore bien défini médicalement. Il y a plusieurs symptômes et pas forcément d’explication claire.

La stratégie adoptée par la HAS est une stratégie de symptômes qui doivent être principalement pris en charge en soins primaires (en médecine générale) et éviter l’escalade d’examen paracliniques. Parce que si on est à 25% de Covid “longs” à 4 semaines et ça diminue à 10% après 3 mois, c’est quelque chose qui a tendance à évoluer spontanément de façon favorable. Cela avait été déjà décrit avec le Sras en 2003. Le suivi en médecine générale devrait être suffisant dans la majorité des cas.

A terme pourrait-on se retrouver dans une situation durable avec des gens inaptes à travailler ? Comment y faire face ?

 

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Plusieurs hypothèses existent à ce sujet dont celle d’un réservoir viral persistant, ou d’une inflammation provoquée par le persistance de fragments viraux ou d’une réponse auto-immune qui persisterait après l’infection. Dans le traitement, il semblerait qu’après le vaccin Pfizer ou AstraZzeneca il y ait une diminution ou une amélioration des symptômes selon une étude qui est encore à l’état de préprint. Cela peut être une piste pour soigner les Covid longs dans la majorité des cas.

Le Covid long peut-il devenir un enjeu de santé publique ?

Oui en effet, surtout si le Covid long nécessite des soins et des examens paracliniques coûteux à l’avenir. Cela peut aussi entraîner plus tard la découverte d’autres choses qui n’auraient pas été explorées auparavant.

Il y a aussi un risque de surmédicalisation, de sur-investigation ou de surtraitement parfois, avec tout ce que ça peut entraîner de nocif comme effets indésirables.

 

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La possibilité de Covid Long chez les enfants est également à surveiller. C’est évoqué dans l’article de l’Office pour les statistiques nationales. Le Covid long touche tous les âges, surtout les femmes, un peu plus les adultes mais les enfants ne sont pas épargnés pour autant. L’index de déprivation montre que les gens les plus pauvres sont un peu plus touchés et ceux qui avaient une condition physique altérée avant d’avoir le Covid ont aussi plus de symptômes (et c’est notamment à prendre en compte quand on analyse les auto questionnaires des patients).

Source: Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ? | Atlantico.fr