« Il faut vraiment le faire ? » : face au médecin ou au pharmacien, des indécis se laissent convaincre par le vaccin anti-Covid

Par Sudouest.fr avec AFP
Publié le 28/07/2021 à 9h23

Selon les médecins et pharmaciens, les indécis sont bien pus nombreux que les anti-vaccins convaincus

« Est-ce qu’il faut vraiment le faire, docteur ? » : Face aux inquiétudes des patients, médecins et pharmaciens s’appuient sur leur relation de confiance pour amener à la vaccination les indécis, beaucoup plus nombreux chez eux que les anti-vaccins convaincus, selon eux.

« Ça n’arrive pas si fréquemment que des patients nous opposent des fausses informations glanées sur les réseaux », explique Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France. Mais pharmacies et cabinets médicaux ne se sont pas pour autant transformés en foire d’empoigne. Certes, « des fake news circulent sur tout et n’importe quoi » et « il faut pouvoir les démentir au cabinet », mais pour Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), « c’est loin d’être la majorité des consultations ».

En général, c’est même plutôt : « Est-ce qu’il faut vraiment le faire, docteur ? ». « Oui, c’est bien pour vous ». « Bon, ben, d’accord », raconte le médecin, ajoutant que même s’il « caricature un peu, globalement ça va assez vite ».

Sur le meme sujet

« Bon allez ok »

Les atouts des praticiens : connaître leurs patients, connaître leurs pathologies, leurs facteurs de risques et « avoir une relation de confiance ». Même son de cloche en officine : « au 2e ou au 3e test antigénique » réalisé pour aller au cinéma ou au théâtre, « la personne me dit : bon allez, ok pour la vaccination », raconte Philippe Besset, président de la FSPF, premier syndicat de pharmaciens.

« Les gens se rendent bien compte qu’ils ne vont pas faire ça toutes les 48h ! », s’amuse le pharmacien à propos de patients qui affirmaient jusqu’alors qu’en faisant attention, ils passeraient à travers la crise du Covid-19.

Les questions des patients n’en restent pas moins « légitimes ». Et globalement, les gens ont quand même « un certain niveau critique » et sont « assez raisonnables ». « Si on leur explique, si on détaille les choses, ils sont tous capables de comprendre », juge Michaël Rochoy. Et « les antivaccins sont assez rares mais peut-être aussi qu’ils n’osent pas le dire aux pharmaciens parce qu’ils savent qu’ils vont recevoir la messe en latin », note Philippe Besset.

Problèmes administratifs

La semaine dernière, 255 000 personnes ont été piquées en pharmacie, 182 000 chez leur médecin, selon les chiffres du ministère de la Santé.

La difficulté, pour Michaël Rochoy, est plutôt d’organiser la vaccination. « Toute la partie administrative, pour laquelle on pourrait avoir de l’aide de la Sécurité sociale, me prend plus de temps que de démentir les infox auprès des patients », regrette-t-il. « Et le vrai problème, c’est toujours le manque de vaccins », ajoute le généraliste. Cette semaine, il a obtenu deux flacons de Moderna mais assure qu’il aurait pu « trouver douze personnes de plus sans problème ».

« Moderna, c’est un peu l’arlésienne », abonde Jacques Battistoni. « Tous les mois, on nous dit vous allez voir, jusqu’à maintenant c’était compliqué mais le mois prochain ça va aller beaucoup mieux ».

Sur le meme sujet

 Source: « Il faut vraiment le faire ? » : face au médecin ou au pharmacien, des indécis se laissent convaincre par le vaccin anti-Covid

Vaccination: face au médecin ou au pharmacien, les indécis se laissent convaincre | Le Huffington Post LIFE

COVID – “Est-ce qu’il faut vraiment le faire, docteur?” Face aux inquiétudes des patients, médecins et pharmaciens s’appuient sur leur relation de confiance pour amener à la vaccination les indécis, beaucoup plus nombreux chez eux que les anti-vaccins convaincus, selon les professionnels interrogés par l’AFP.

“Ça n’arrive pas si fréquemment que des patients nous opposent des fausses informations glanées sur les réseaux”, explique à l’AFP Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France.

En France, plus de 40% de la population n’a reçu aucune injection et des dizaines de manifestations anti-restrictions sanitaires ont à nouveau eu lieu samedi.

Une relation basée sur la confiance

Mais pharmacies et cabinets médicaux ne se sont pas pour autant transformés en foire d’empoigne. Certes, “des fake news circulent sur tout et n’importe quoi” et “il faut pouvoir les démentir au cabinet”, mais pour Michaël Rochoy, généraliste à Outreau dans le Pas-de-Calais, “c’est loin d’être la majorité des consultations”.

En général, c’est même plutôt: “Est-ce qu’il faut vraiment le faire, docteur?”. “Oui, c’est bien pour vous”. “Bon, ben, d’accord”, raconte le médecin, ajoutant que même s’il “caricature un peu, globalement ça va assez vite”.

Les atouts des praticiens: connaître leurs patients, connaître leurs pathologies, leurs facteurs de risques et “avoir une relation de confiance”.

Même son de cloche en officine: “au 2e ou au 3e test antigénique” réalisé pour aller au cinéma ou au théâtre, “la personne me dit: bon allez, ok pour la vaccination”, raconte Philippe Besset, président de la FSPF, premier syndicat de pharmaciens.

“Les gens se rendent bien compte qu’ils ne vont pas faire ça toutes les 48h!”, s’amuse le pharmacien à propos de patients qui affirmaient jusqu’alors qu’en faisant attention, ils passeraient à travers la crise du Covid-19.

Des inquiétudes légitimes

Les questions des patients n’en restent pas moins “légitimes”. Et globalement, les gens ont quand même “un certain niveau critique” et sont “assez raisonnables”. “Si on leur explique, si on détaille les choses, ils sont tous capables de comprendre”, juge Michaël Rochoy.

Et “les antivaccins sont assez rares mais peut-être aussi qu’ils n’osent pas le dire aux pharmaciens parce qu’ils savent qu’ils vont recevoir la messe en latin”, note Philippe Besset.

La semaine dernière, 255.000 personnes ont été piquées en pharmacie, 182.000 chez leur médecin, selon les chiffres du ministère de la Santé.

La difficulté, pour Michaël Rochoy, est plutôt d’organiser la vaccination. “Toute la partie administrative, pour laquelle on pourrait avoir de l’aide de la Sécurité sociale, me prend plus de temps que de démentir les infox auprès des patients”, regrette-t-il, citant en exemple la mise à jour de sa liste de patients non-vaccinés.

“Et le vrai problème, c’est toujours le manque de vaccins”, ajoute le généraliste. Cette semaine, il a obtenu deux flacons de Moderna mais assure qu’il aurait pu “trouver douze personnes de plus sans problème”.

“Moderna, c’est un peu l’arlésienne”, abonde Jacques Battistoni. “Tous les mois, on nous dit ‘vous allez voir, jusqu’à maintenant c’était compliqué mais le mois prochain ça va aller beaucoup mieux’”.

Si 75% des personnes souffrant de comorbidités, 82% des 80 ans et plus ainsi que 85% des 70/80 ans ont reçu au moins une dose de vaccin, ces pourcentages sont nettement moins élevés chez les jeunes.

“Des gens que nous ne voyons pas car ils ne sont pas malades”, note le président de MG France mais qui, selon lui, forment “la population la plus sensible aux fake news.”

À voir également sur Le HuffPost: Vaccin obligatoire: Aubert compare les soignants à des “soldats du front” qu’on “fusillerait”

Source: Vaccination: face au médecin ou au pharmacien, les indécis se laissent convaincre | Le Huffington Post LIFE

Variant Delta : la France a-t-elle déconfiné trop tôt ?

La réouverture massive des lieux de contamination juste avant l’été pourrait avoir joué un rôle dans l’accélération de la propagation du variant Delta.

Le nombre de contaminations ne cesse d’augmenter depuis plusieurs semaines, pour atteindre plus de 11 697 cas quotidiens, en hausse de 134% en une semaine contre à peine plus de 1800 fin juin. Le 9 juin, les restaurants, lieu de contamination important, rouvraient en intérieur avec une jauge de 50%, supprimée le 30 juin. Il y a un mois, le gouvernement levait le couvre-feu 10 jours plus tôt que prévu, le 20 au lieu du 30 juin, en raison de la bonne situation sanitaire.

“On a rouvert trop tôt les lieux de contamination”

Aux Pays-Bas, qui font également face à un rebond important de l’épidémie sous l’effet du variant Delta, le Premier ministre a reconnu que son gouvernement et lui-même avaient commis une erreur en assouplissant bien trop tôt certaines restrictions liées à la pandémie de coronavirus.

À LIRE AUSSI >> Covid-19 : le Premier ministre néerlandais s’excuse d’avoir levé les restrictions trop tôt

“On a rouvert le 9 juin les lieux de contamination, dont font partie les restaurants. C’était trop tôt car on avait encore un nombre important de cas chaque jour. On savait que la réouverture de ces lieux allait relancer l’épidémie”, regrette Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Plus de 5 000 cas à la réouverture des restos

Les repas font partie des moments les plus à risque de contamination, relèvent plusieurs études depuis le début de la pandémie, qu’ils aient lieu à domicile entre amis, au travail ou au restaurant. Le 9 juin, jour de la réouverture des restaurants en intérieur, on enregistrait 5 654 nouveaux cas par jour en moyenne.

À LIRE AUSSI >> Covid-19 : quels sont les principaux lieux de contamination ?

Symboliquement, c’est aussi le 9 juin que le nombre de nouveaux cas au Royaume-Uni dépassait celui de la France, sous l’effet du variant Delta, avec une hausse de 66% des cas en une semaine. Une première depuis le 4 février.

“La dynamique était prévisible”

“C’était difficile de s’attendre à une telle flambée, car on ne connaissait pas très bien le variant Delta. Mais la dynamique qu’elle allait entraîner, c’est-à-dire une hausse des contaminations, était largement prévisible”, poursuit le docteur Rochoy.

Dans son avis du 6 mai, le Conseil Scientifique prévenait que “des projections indiquent que, sous des hypothèses plausibles, un rebond important de l’épidémie est possible durant la période estivale si les mesures de contrôle sont relâchées trop rapidement, et cela même lorsqu’on considère un rythme important de vaccination”.

Des manquements dans la stratégie française

L’épidémiologiste Antoine Flahault est moins dur avec la stratégie de déconfinement tricolore. “Je ne crois pas que la France ait rouvert trop tôt, presque tous les pays d’Europe de l’Ouest sont aujourd’hui frappés par une quatrième vague d’une grande force, liée au variant Delta et qu’il semble être difficile de contrer”, observe le directeur de l’Institut de Santé Globale à Genève.

Néanmoins, l’épidémiologiste pointe du doigt des manquements dans la stratégie française. “Le contrôle sanitaire aux frontières est clé et les Français n’ont guère été très efficaces à ce sujet. Les méthodes de rétro-tracing et d’isolement efficace des porteurs de virus visant à démanteler les chaînes de transmission n’ont pas été suffisamment mises en œuvre non plus. Enfin les capacités de séquençage du virus sont très insuffisantes en France”, relève Antoine Flahault.

Une communication pointée du doigt

Au-delà d’un déconfinement trop précoce, Michaël Rochoy pointe du doigt la communication des autorités, qui a pu entrainer un relâchement dans le comportement des Français. “Quand Jean Castex annonçait en mai que ‘Nous sommes en train de sortir durablement de la crise sanitaire’ ou ‘Nous touchons au but’, cela a pu entraîner un relâchement dans les gestes barrières par exemple”, note le chercheur en épidémiologie.

Près de deux mois plus tard, le 5 juillet, le Premier ministre tenait un discours beaucoup plus prudent, sous l’effet du rebond entraîné par le variant Delta : “Nous gérons une crise sanitaire qui n’est pas terminée et qui pourrait nous dicter son agenda”, rappelle Le Parisien.

Si la France a rouvert trop tôt certains lieux pour Michaël Rochoy, c’est surtout la réaction à la flambée des cas qui l’interroge. “On dit ‘les cas augmentent’, et on regarde augmenter, en prenant quelques restrictions locales. Mais on ne regarde pas à plus long terme, pour la rentrée scolaire par exemple. Il n’y a rien de prêt en cas de vague épidémique en septembre”. La question d’un pass sanitaire pour les établissements scolaires a d’ailleurs été écartée par le gouvernement.

Ce contenu peut également vous intéresser :

Source: Variant Delta : la France a-t-elle déconfiné trop tôt ?

Covid-19 : Les zones d’ombre de l’extension du pass sanitaire

Le pass sanitaire a été élargie, mercredi, à tous les lieux de loisirs et de culture rassemblant plus de 50 personnes. — Mourad ALLILI/SIPA
    • Face à la hausse des contaminations, notamment en raison de la propagation du variant Delta du coronavirus, le gouvernement a étendu le pass sanitaire.

 

    • Depuis mercredi, le pass sanitaire est obligatoire, pour les personnes de plus de 12 ans, pour entrer dans les lieux de culture et de loisirs rassemblant plus de 50 personnes.

 

    • Mais passer de la théorie à la pratique n’est pas si facile. Certaines mesures restent floues et posent question.

 

Face à la hausse des cas de contaminations de coronavirus,
les nouvelles restrictions sanitaires, dont l’extension du pass sanitaire, ont été annoncées par Emmanuel Macron, la semaine dernière, et
détaillées par Jean Castex, ce mercredi. Certaines dispositions restent encore floues et risquent d’engendrer des situations complexes, voire difficilement applicables.

 

Masques obligatoires en extérieur mais pas en intérieur, pass sanitaire sans pièce d’identité, mesures d’isolement avec pause à midi et le soir… 20 Minutes fait le point sur les zones d’ombre qui demeurent.

 

Contrôle du pass sanitaire, mais pas de l’identité

 

Depuis mercredi, le pass sanitaire a été étendu à tous les lieux de loisirs et de culture, rassemblant plus de 50 personnes. Les Français qui s’y rendent devront présenter
une preuve de vaccination, un test PCR ou antigénique négatif ou de certificat de rétablissement. Dans le cas échéant, l’accès leur sera refusé. Et c’est là où la situation se corse. Les responsables des établissements devront vérifier, via l’application TousAntiCovid Verif, la validité du pass sanitaire présenté.

 

Un casse-tête pour ces établissements, et notamment les cinémas : « Contrôler 1.200 personnes alors que les spectateurs arrivent un quart d’heure avant et qu’il faut 20 à 25 secondes pour contrôler chaque personne ? », s’interroge Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français.

 

Toutefois, le Premier ministre, Jean Castex, a dispensé les exploitants de ces lieux d’effectuer des contrôles d’identité : « Les établissements recevant du public seront responsables du contrôle du pass, en revanche, tout ce qui est vérification des pièces d’identité, ce n’est pas de leur responsabilité, mais de celle des forces de sécurité », a-t-il tranché, ce mercredi au 13 Heures de TF1. « Nous sommes satisfaits de ne pas avoir à faire les contrôles » d’identité, a réagi Didier Chenet, son homologue du syndicat des indépendants de l’hôtellerie-restauration (GNI). Mais ce dispositif pourrait engendrer des abus.

 

Comment savoir si le pass sanitaire présenté appartient bien à celui qui le montre ? Les contrôles d’identité seront effectués par les forces de l’ordre, de manière aléatoire, aux abords de ces lieux. Un dispositif qui ne réjouit pas non plus le syndicat de police : « Ça me semble vraiment éloigné de la réalité du métier de policier », a expliqué Gregory Joron, secrétaire unité SGP Police, à nos confrères de Franceinfo. D’autant que cette nouvelle mission s’ajoute à celles qui incombent déjà aux forces de l’ordre.

 

Le masque obligatoire en extérieur, mais pas en intérieur

Si l’obligation de port du masque en extérieur a été levée mi-juin, certains départements l’ont réimposé, ces derniers jours. Pyrénées-Atlantique, Var, Vendée… De nombreux préfets et élus locaux ont acté son retour, même en extérieur, pour lutter contre la hausse des cas de contaminations, liée au variant Delta, plus contagieux.

Dans le même temps, le décret précisant les contours du pass sanitaire, publié le 20 juillet, précise que les personnes disposant d’un pass sanitaire pourront retirer le masque dans les lieux où le contrôle de ce pass est obligatoire. Autrement dit, au cinéma, au théâtre ou au musée, si vous présentez un certificat sanitaire à l’entrée, vous pouvez retirer votre masque en intérieur. Une mesure dramatique, expliquait Michaël Rochoy, ce mercredi, à 20 Minutes : « Avec le test PCR, il y a plus de chance d’avoir des personnes contaminées. Si on enlève son masque au cinéma, par exemple, des salles entières vont se faire contaminer sans rien comprendre, c’est une très mauvaise idée. »

Il ne s’agit pas de la seule complexité. Si cette mesure concerne le public, les salariés qui travaillent dans les lieux où le pass sanitaire est obligatoire devront, eux, garder le masque jusqu’au 30 août, même s’ils sont vaccinés ou testés négatifs. La raison ? Pour eux, le pass sanitaire ne deviendra obligatoire qu’à partir du 30 août.

Isolement obligatoire, mais pas entre 10 et 12 heures

Le projet de loi sanitaire prévoit également un durcissement des mesures d’isolement pour les personnes positives au coronavirus, qu’elles soient vaccinées ou non. Ces dernières devront s’isoler dix jours, à partir de leur test… mais pourront sortir entre 10 heures et 12 heures. Néanmoins, pas de terrasse ou de shopping pour ces personnes-là. Cette plage horaire est exclusivement réservée aux achats essentiels et aux sorties « en cas d’urgence ou pour effectuer les déplacements strictement indispensables et ne pouvant être réalisés dans cette plage horaire », précise le texte. Les forces de l’ordre (encore elles) pourront effectuer des contrôles à domicile entre 8 heures et 10 heures, et 12 heures et 23 heures.

Autre curiosité, les personnes entièrement vaccinées contre le coronavirus, désignées cas contact, ne seront pas soumises à la recommandation de s’isoler si elles sont testées négatives. Une mesure qui peut prêter à confusion, le vaccin n’empêchant pas d’attraper le virus ou de le transmettre. « Le schéma vaccinal complet ne supprime pas le risque d’être porteur ou de transmettre le virus, mais il le diminue fortement », a justifié Michaël Rochoy, estimant que le but était avant tout « d’inciter les gens à se faire vacciner et de leur montrer qu’on retrouve une vie normale dès qu’on est vacciné ».



206

partages

Source: Covid-19 : Les zones d’ombre de l’extension du pass sanitaire

Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés  | Atlantico.fr

Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.

Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.Une femme reçoit une dose de vaccin Pfizer contre la Covid-19 dans un Vaccibus dans le nord de la Corse, le 22 juillet 2021.

© PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Gestes barrières

Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés

Tout à sa politique du chiffre et de la démonstration de force, le gouvernement a eu tendance à privilégier une communication valorisant le « tout est possible aux vaccinés ». Une erreur majeure en matière d’efficacité sanitaire.

Atlantico : La communication du gouvernement pour encourager à la vaccination pousse les futurs vaccinés à croire que pour eux, tout sera possible une fois les deux doses injectées. Ce discours n’est-il pas un peu dangereux ? Cela pourrait-il engendrer un non-respect des gestes barrières chez les vaccinés ?

Michaël Rochoy : Tout dépend quel est notre seuil d’acceptabilité des risques : décès, réanimations, hospitalisations, Covid-longs… sans oublier les risques sociaux. Par exemple, en cas de rentrée en septembre avec un nombre de cas quotidien très élevé, il faut s’attendre à des élèves de moins de douze ans non-vaccinés qui seront presque systématiquement positifs ou cas contacts. Il faudra prévoir des PCR à répétition, des fermetures de classe, de l’absentéisme scolaire, de l’absentéisme au travail… A quoi s’ajoute le risque théorique d’émergence d’un variant avec un échappement immunitaire ou la découverte de maladies associées au Covid-19 comme des maladies neuro-dégénératives.

Les message envoyé par le gouvernement est de dire : “si vous êtes vacciné, vous pouvez revenir à la vie d’avant et tant pis si cela implique quelques contaminations en plus”. Le problème, c’est ce que va représenter ces “contaminations en plus”.

Le risque de contamination des vaccinés est minime, mais il existe quand même ?

Le risque est diminué mais il n’est pas nul, surtout pour les personnes vaccinées avec une seule dose.

 

À Lire Aussi

Passe sanitaire : mais qui osera dire STOP aux restrictions des libertés publiques décorrélées d’une efficacité sanitaire établie ?

 

Quel discours devrait-on tenir aux néo-vaccinés, sur la question du masque par exemple ?

Je pense qu’il ne faut pas retirer le masque en intérieur, quand bien même on est vacciné. On parle aujourd’hui de retrait de masque en intérieur sur présentation du passe sanitaire : les personnes concernées sont des personnes vaccinées mais aussi des personnes qui ont fait une PCR négative il y a 48h et qui pourrait très bien être positive le jour J. Je pense qu’on envoie là un très mauvais signal.

La décorrélation actuelle entre courbe des contaminations et courbe des décès pousse-t-elle à l’imprudence ?

L’augmentation du nombre de cas ne se traduit pas pour l’instant par une augmentation du nombre de décès. Aujourd’hui, nous sommes à 30 décès par jour. On en revient à la question de l’acceptabilité. Est-on prêt à accepter 30 décès par jour, soit trois fois la mortalité quotidienne par accident de la route ? Le discours ambiant du gouvernement est de dire que oui, c’est acceptable. Je ne sais pas si les Français partagent cet avis.

Dans sa stratégie vaccinale, le gouvernement semble adopter une politique du chiffre, presque entrepreneuriale plus que vraiment sanitaire. Risque-t-il de cette façon d’ignorer les enjeux de circulation virale ?

La vision entrepreneuriale du gouvernement n’est plus vraiment fondée. Aujourd’hui, les gens vont se faire vacciner. Le problème devient surtout celui d’obtenir un rendez-vous. Emmanuel Macron a peut-être un peu boosté la campagne mais le nombre de vaccination par jour était déjà assez important avant ses annonces. Aujourd’hui, ça ne sert plus à rien de vouloir “accélérer” la vaccination. Dans certains endroits, les prochains rendez-vous sont fixés en septembre.

Ensuite effectivement, on est tentés de penser que le gouvernement ne regarde plus que les chiffres de vaccinations et ignore les autres indicateurs. On peut se demander si le gouvernement ne veut pas atteindre une immunité hybride (via le vaccin et via la contamination), un peu comme Boris Johnson, en acceptant le prix à payer dont on a parlé avant.

Si on ne veut pas regretter plus tard d’avoir laissé trop circuler le virus, il faut prendre des mesures plus fortes, même si c’est compliqué car tout le monde veut retrouver une vie normale. Mais il faut comprendre que plus la circulation du virus est faible, plus vite on reprendra une vie complètement normale.

 Source: Alerte à la pensée magique : non les vaccins ne peuvent pas tout. Et on ne peut PAS dissocier leur efficacité du comportement des vaccinés  | Atlantico.fr

Covid-19 : « La fin de l’isolement des cas contact vaccinés est logique pour inciter à se faire vacciner »

Un test PCR nasopharyngé, ici à Nice. (illustration) — SYSPEO/SIPA
    • Le gouvernement envisage de lever l’isolement obligatoire pour les personnes entièrement vaccinées contre le coronavirus, désignées cas contact, mais testées négatives.

 

    • Jusqu’ici, les personnes identifiées comme cas contact pouvait réaliser un premier test antigénique immédiatement, mais même en cas de résultat négatif, ces personnes devaient respecter un isolement de sept jours.

 

    • Selon plusieurs médias, l’isolement des personnes positives, même entièrement vaccinées, devrait passer à dix jours, contre sept actuellement.

 

C’est une nouvelle qui devrait ravir les personnes vaccinées. Le gouvernement envisage de lever l’isolement des personnes entièrement vaccinées contre
le coronavirus, désignées cas contact, mais testées négatives, a confirmé le Premier ministre,
Jean Castex, au 13 Heures de TF1, ce mercredi.

« Les personnes qui ont deux doses, jusque-là, devaient s’isoler. Les analyses faites sur ces personnes montrent qu’elles n’ont plus de chance d’attraper la maladie », a-t-il justifié. Une mesure annoncée, mardi sur RTL, par Olivier Véran, le ministre de la Santé : « Ce qui pourrait être acté, c’est que lorsque vous êtes totalement vacciné, vous n’êtes plus cas contact quand vous avez été au contact d’une personne malade », avait-il déclaré avançant qu’avec un schéma de vaccination complet, « le risque de faire des formes graves est encore beaucoup plus faible ».

Pour comprendre cette décision, 20 Minutes a interrogé Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science ».

Lever l’isolement des cas contacts vaccinées, mais testées négatives, ne risque-t-il pas d’augmenter les contaminations ?

Le schéma vaccinal complet ne supprime pas le risque d’être porteur ou de transmettre le virus, mais il le diminue fortement. De façon simple, si vous êtes vacciné, vous avez vos anticorps qui sont prêts à bondir, ils peuvent neutraliser le virus avant d’être malade. C’est une sorte de combat entre vos anticorps et le virus, qui a moins le temps de se répliquer, donc vous êtes moins contagieux et vous faites des formes qui sont moins graves. Même si aucune étude définitive n’a été publiée, on sait maintenant que le vaccin limite la contagion, le fait d’être porteur du virus et de faire des formes graves.

Avec l’isolement des cas contact, il y a un enjeu sociétal et économique. Il faut essayer d’isoler le moins possible, c’est certain. Et puis, il faut faire confiance aux gens. Oui, les cas contacts vaccinés, mais testés négatifs, n’auront plus à s’isoler, mais la plupart sont conscients qu’il faut rester vigilants quelques jours. On n’enlève pas son masque au cinéma et on ne mange pas avec 40 personnes, même si on est négatif.

Cette stratégie du gouvernement est-elle compréhensible ?

Tout dépend du projet des autorités. Si le projet, c’est de limiter la transmission au maximum, c’est sûr qu’il faut mieux considérer que les gens restent cas contact. Mais si le but, c’est d’inciter les gens à se faire vacciner, à prendre rendez-vous sur Doctolib, de montrer qu’on retrouve une vie normale dès qu’on est vacciné, cette mesure est logique et c’est plutôt ce vers quoi on tend.

Le problème, c’est que pour savoir si c’est une bonne mesure, il faudra déjà connaître les seuils d’acceptabilité, c’est-à-dire définir des seuils de mortalité, d’occupation de lits de réanimation, de contaminations quotidiennes. Tant qu’on n’aura pas défini des seuils d’acceptabilité, on ne sera pas fixés. Prenez le nombre de morts du coronavirus. Actuellement, il n’y a plus que 30 décès par jour, c’est 3 fois plus que le nombre de morts quotidiens d’accidents de la route. Si on considère que 30 morts par jour, c’est acceptable, alors les mesures sont acceptables, si on considère que ça ne l’est pas, il ne faut pas relâcher les mesures et il faut même en prendre des nouvelles. Au final, on discute de nouvelles mesures, mais sans avoir d’objectif. Donc, on attend des objectifs qu’on n’a pas fixés, cela n’a pas de sens.

Pourquoi l’isolement est-il passé à dix jours au lieu de sept actuellement ?

C’est une mesure qui s’adapte au variant Delta. Il est plus transmissible, plus contagieux, donc, assez logiquement, on augmente l’isolement pour que ce soit plus efficace. Mais ces périodes d’isolement restent des estimations. Certaines personnes sont toujours contagieuses deux semaines après, d’autres ne le sont plus au bout de trois jours. Là,
augmenter à dix jours, au lieu de sept actuellement, c’est de la réduction de risque, mais un risque qu’on est prêt à prendre.

C’est la même chose avec le pass sanitaire, On considère que, si on est vacciné ou qu’on a un test négatif, le risque est minime et acceptable. Bien sûr, il y aura toujours des gens qui vont passer à travers les mailles du filet, mais c’est le risque considéré comme « acceptable » par le gouvernement.

Le retrait du masque dans les lieux nécessitant le pass sanitaire est-il prématuré ?

Les masques, ce n’est pas pareil. Pour les endroits où c’est désormais possible de retirer son masque, il faut soit présenter un schéma vaccinal complet, soit un test PCR. Mais avec le test PCR, il y a plus de chance d’avoir des personnes contaminées. On parle de lieux clos. Si on enlève son masque au cinéma, ça va être dramatique, des salles entières vont se faire contaminer sans rien comprendre, c’est une très mauvaise idée. Autant la question de l’isolement est très personnelle, autant celle du masque en lieu clos, c’est collectif, ça touche des foules.



441

partages

Source: Covid-19 : « La fin de l’isolement des cas contact vaccinés est logique pour inciter à se faire vacciner »

Após Macron exigir prova de vacinação para ir a bares, 1,7 milhão de franceses correm para se imunizar – 13/07/2021 – Mundo – Folha

O anúncio do presidente da França, Emmanuel Macron, na segunda (12), de que um passe sanitário será exigido para frequentar locais de cultura e lazer gerou uma corrida pela vacina no país europeu.

De acordo com o primeiro-ministro francês, Jean Castex, apenas nesta terça (13) 792.339 franceses receberam uma dose do imunizante contra a Covid-19, cifra 23% maior do que a registrada na quinta-feira (8). O recorde anterior era referente ao dia 18 de junho, com 752.795 fármacos aplicados.

A média móvel de vacinas distribuídas por dia vinha crescendo lentamente até 1º de julho, quando passou a cair, segundo dados do site Our World in Data, da Universidade de Oxford. No primeiro dia do mês, esse número chegou a 585.128, mas, na quinta (8), foi a 564.411, voltando a níveis do início de junho.

Após o anúncio de Macron, houve também forte procura para agendar a vacinação: mais de 1,7 milhão de franceses, ou 2,5% da população, reservaram um horário na segunda e nesta terça para receber a primeira dose por meio do Doctolib, uma das maiores plataformas do país para agendamentos médicos.

A busca foi tão grande que o site caiu meia hora depois do início do pronunciamento do presidente, às 20h no horário local. Às 21h, eram 20 mil agendamentos por minuto, de acordo com o serviço.

Segundo o médico francês Michaël Rochoy, pesquisador de epidemiologia na Universidade de Lille, boa parte dessas pessoas estava indecisa ou deixando a imunização para depois por uma série de motivos. “O discurso de Macron teve um efeito desencadeador para esses cidadãos.”

As medidas anunciadas em um pronunciamento acompanhado por 22,4 milhões de pessoas, segundo o jornal francês Le Monde, determinam que, para ir a espetáculos, parques de diversão, shows ou festivais a partir de 21 de julho, será necessário apresentar um certificado de vacinação ou teste negativo recente, o tal passe sanitário.

Já para cafés, restaurantes, trens e ônibus de longa distância, a medida valerá em agosto, ainda sem data definida. Ao canal BFM-TV, o ministro da Saúde, Olivier Véran, afirmou nesta terça que não será no primeiro dia do mês, “porque a lei não terá tempo de ser promulgada e totalmente aplicada a partir” dessa data.

Os trabalhadores de locais que recebem público, por sua vez, terão até 30 de agosto para se imunizar, explicou o ministro ao canal France 2, caso contrário terão de se submeter a testes de detecção do coronavírus a cada dois dias “se quiserem continuar a trabalhar.”

Mais cedo, o porta-voz do governo, Gabriel Attal, em entrevista ao Europe 1, justificou a decisão, uma vez que seria incompreensível para muitos franceses exigir um passe sanitário para frequentar esses lugares sem que o mesmo rigor fosse aplicado às pessoas que trabalham nesses locais.

Dona de um restaurante em Saint-Jean-de-Sixt, perto de uma estação de esqui nos alpes franceses, Lucie Genand, 31, viu-se diretamente impactada pela medida. Ela, que retomava o ritmo de trabalho após mais de dois meses sem poder abrir o estabelecimento devido às restrições para conter a propagação da Covid, ainda não se vacinou por medo dos efeitos colaterais. Após o anúncio, precisou rever a decisão.

Os franceses têm, historicamente, receio de se imunizarem. O início da vacinação contra a Covid no país foi permeado de incertezas: 58% da população rejeitava os fármacos, segundo levantamento feito nos dias 22 e 23 de dezembro pelo instituto Odoxa para os veículos Le Figaro e Franceinfo. A pesquisa indicou ainda que um dos principais motivos apontados pelos entrevistados era que “não se vacinar é uma decisão razoável tendo em vista uma nova doença e uma nova vacina”.

Hoje, ao todo, 52,6% da população já recebeu ao menos uma dose, e 36,8%, as duas.

Ao France 2 Véran, o ministro da Saúde, explicou que as medidas não valerão de imediato para todos com mais de 12 anos. Como a imunização da fatia da população que tem de 12 a 17 anos começou mais tarde, em 15 de junho, a exigência passará a valer para eles em 30 de agosto. Até lá, os adolescentes “deverão sempre permanecer de máscaras onde for necessário”.

A nova determinação já provocou polêmica na França. O presidente da Federação Nacional de Cinemas Franceses, Richard Patry, disse ao Le Monde que a imposição do passe sanitário em locais de cultura mais cedo do que nos demais estabelecimentos é uma espécie de punição.

O Festival de Avignon, cuja programação paralela reúne diversas apresentações em 115 teatros e vai até 31 de julho, será diretamente impactado, por exemplo. O comprovante de vacinação ou teste negativo só era exigido, até o momento, em espetáculos no pátio principal do Palácio dos Papas, com capacidade de cerca de 2.000 lugares. “Isso será de uma dificuldade extrema em termos de pessoal e material para validar o passe”, comentou Olivier Py, diretor artístico do festival, ao jornal francês.

Source: Após Macron exigir prova de vacinação para ir a bares, 1,7 milhão de franceses correm para se imunizar – 13/07/2021 – Mundo – Folha

BFMTV répond à vos questions : Un risque de retour au confinement ? – 12/07

BFMTV répond à vos questions : Un risque de retour au confinement ? – 12/07

Chaque jour à 11h30, Roselyne Dubois répondra à toutes vos questions sur l’actualité. Au sommaire ce jour : la question du retour au confinement, les conditions d’obtention du pass sanitaire, et l’appel à l’aide de la diaspora en Tunisie. – Avec: Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau et membre du collectif Stop Postillons. Maryline Dumas, correspondant du Figaro à Tunis. Pascal Gonçalves, directeur de l’Agence Maison au Portugal. – Le Live Toussaint, du lundi 12 juillet 2021, sur BFMTV.

Chaque matin, Bruce Toussaint prend le temps de s’arrêter sur certains événements de l’actualité du jour. Un moment de pédagogie et d’explications à l’aide de reportages et d’éléments visuels pour prendre du recul sur les faits et permettre aux téléspectateurs de mieux
comprendre les événements.

BFMTV, 1ère chaîne d’information en continu de France, vous propose toute l’info en temps réel avec 18h d’antenne live par jour et des directs partout à travers le monde où l’actualité le nécessite. BFMTV, c’est aussi les débats et les grands reportages d’actualité. Retrouvez BFMTV sur le canal 15 de la TNT et sur BFMTV.com.

 

Le 12/07/2021 à 11:57 | Durée : 19:46

 Source: BFMTV répond à vos questions : Un risque de retour au confinement ? – 12/07

Covid-19 : quelles restrictions prendre face au variant Delta ?

Alors qu’un Conseil de défense est prévu lundi et pourrait aboutir à de nouvelles restrictions, le gouvernement a à disposition plusieurs leviers. Le variant Delta ne cesse de progresser dans l’Hexagone, entraînant une hausse du nombre de nouveaux cas. Le 7 juillet, 4081 cas positifs ont été recensés en 24h, plus haut nombre depuis le 10 juin, le dixième jour consécutif de hausse. Sur une semaine, on enregistre une hausse de 49%. Soit près de 2 800 cas positifs recensés chaque jour en moyenne en France. Une hausse qui fait craindre une quatrième vague importante aux autorités. Face à cette même situation, des restrictions ont déjà été prises en Espagne et au Portugal où les boites de nuit ont fermé dans certaines régions et un couvre-feu rétabli dans plusieurs communes. Une quatrième vague déjà amorcée au Royaume-Uni, qui a de son côté choisi de lever l’ensemble des restrictions dès le 19 juillet. “Si vous voulez aider les soignants, allez vous faire vacciner” Un Conseil de défense doit se tenir lundi, à l’issue duquel plusieurs décisions pourraient être prises pour tenter de limiter l’impact de cette nouvelle vague de contaminations. “Le plus efficace, c’est d’agir sur la vaccination car c’est la seule solution pragmatique que l’on a. À 20 heures il y avait plein d’applaudissements pour les soignants. Si vous voulez vraiment aider les soignants, allez vous faire vacciner”, lance Mathias Wargon, chef des urgences à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis (93). L’une des pistes les plus fréquemment évoquée, c’est l’obligation vaccinale pour les soignants, dont 70% sont vaccinés. Mais dans le détail, les écarts selon les professions sont importants avec 89,9% des soignants libéraux ayant reçu au moins une dose, contre 59,3% des professionnels en Ehpad. VIDÉO : en France, l’exécutif s’inquiète du variant Delta et d’une possible 4ème vague : Lire la suite Rendre la vaccination obligatoire pour tous Mathias Wargon propose d’aller plus loin. “Ça fait des mois qu’on essaie de convaincre, on a le sentiment qu’on s’approche du noyau dur des récalcitrants à la vaccination, il faut réfléchir à la rendre obligatoire pour tous ou à instaurer un pass vaccinal, duquel les PCR seraient exclus, sauf cas particuliers”, alors qu’en France, 51,8% de la population a reçu au moins une dose, et 37,1% des Français sont totalement vaccinés. “En majorité, ceux qui ne sont pas vaccinés disent soit qu’ils attendent car ils craignent les effets du vaccin à long terme, mais le long terme c’est dans 10 à 20 ans, donc on ne sait pas vraiment ce qu’ils attendent. Et il y a ceux qui disent : ‘Si on m’oblige, alors je me ferai vacciner’. Donc rendons la vaccination obligatoire si c’est la seule solution”, argumente le chef des urgences à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis. Des bons d’achats pour inciter à se faire vacciner Si la vaccination obligatoire pour les soignants semble avoir un large consensus, la vaccination obligatoire dans la population a été écartée par les autorités. “Nous ne contraindrons pas les Français à se faire vacciner. La vaccination n’a pas à être obligatoire en population générale”, expliquait Olivier Véran début juillet. Autre piste évoquée autour de la vaccination, la mise en place d’incitations à la vaccination, comme certaines municipalités l’ont déjà fait comme Argenteuil ou Nîmes, qui proposent l’inscription à des tombolas avec des lots à gagner, afin d’inciter les plus jeunes à être vaccinés. À LIRE AUSSI>> Tombola, tests payants, pass sanitaire élargi… Comment relancer la vaccination en France ? Élargir le pass sanitaire aux restaurants “Au-delà de la vaccination, le meilleur levier est d’étendre le pass sanitaire aux lieux les plus à risque de contamination, comme les salles de restaurant, les salles de sport, voire à d’autres lieux si l’on constate que les mesures barrières ne sont pas respectées comme les cinémas”, propose Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie. “Si on n’opte pas pour la sécurisation de ces lieux avec le pass sanitaire, il faudrait envisager le retour des jauges voire des fermetures, ce qui risque d’être difficile pour les professionnels”, poursuit le médecin. Une idée qui semble être évoquée et qui pourrait satisfaire les restaurateurs. Le pass sanitaire dans les restaurants “est en discussion avec Bercy” mais “aucune date n’a été retenue”, a expliqué sur France Info Didier Chenet, président national du GNI, le Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration. “Si ce pass sanitaire doit être une alternative à une éventuelle fermeture de nos établissements, voire la remise en place de jauges, bien évidemment nous donnerons notre accord”, explique-t-il tout en relevant les difficultés d’application d’une telle mesure. Un renforcement des contrôles aux frontières Parmi les autres pistes évoquées, un renforcement des contrôles aux frontières, voire des restrictions. Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes a ainsi déconseillé aux Français de programmer des vacances en Espagne et au Portugal, où le nombre de cas est en forte augmentation. “Nous allons prendre des mesures renforcées”, a-t-il notamment lancé, sans donner davantage de précisions sur France 2. “À partir du moment où le variant Delta circule déjà fortement dans l’Hexagone, réduire les déplacements vers d’autres pays européens aura peu d’effet sur la circulation du variant, cela évitera éventuellement des contaminations de quelques individus”, juge Michaël Rochoy. À l’étranger, retour du couvre-feu Face à l’augmentation du nombre de cas de Covid-19, sous l’effet du variant Delta, d’autres pays européens ont pris des restrictions. Ainsi, au Portugal, un couvre-feu nocturne a de nouveau été imposé dans les 45 villes les plus touchées, dont Lisbonne et Porto, et les bars et restaurants doivent fermer à 22h30 en semaine et 15h30 le week-end. En Espagne, plusieurs régions ont décidé d’une fermeture anticipée des bars et restaurant. voire de la fermeture des boites de nuit, comme la Catalogne. “On imagine mal des fermetures ou un couvre-feu en plein été, qui risquent d’être mal supporté voire pas respecté par la population. D’autant que l’efficacité du couvre-feu reste à démontrer…”, estime Michaël Rochoy. Parmi les autres pistes qui sont déjà mises en avant, notamment par l’Académie de médecine, la fin de la gratuité des tests de “confort”, réalités pour se rendre à l’étranger par exemple. De quoi inciter indirectement les Français à aller se faire vacciner. Ce contenu peut également vous intéresser :Source: Covid-19 : quelles restrictions prendre face au variant Delta ?

Déconfinement : La réouverture des discothèques plombée par la reprise épidémique ?

Accueil Société La discothèque Bisous bisous se prépare pour la réouverture, à Cannes. — SYSPEO/SIPA Après seize mois de fermeture, les discothèques sont autorisées à rouvrir dès vendredi.   En raison d’un protocole sanitaire très strict, seuls 30 % des établissements comptent rouvrir cet été.   Cependant, ce protocole pourrait s’avérer efficace s’il est bien respecté.   L’odeur de la sueur n’a pas encore remplacé celle de la peinture fraîche, mais c’est pour bientôt : dès vendredi soir, les discothèques et autres boites de nuit peuvent rouvrir. A condition de répondre à un protocole sanitaire strict : jauge de 75 %, les clients et clientes doivent toutes présenter un pass sanitaire valide (schéma vaccinal complet ou test négatif de moins de 48 heures) et les patrons doivent préparer un cahier de rappel en cas de contamination, voire de cluster. Résultat, dans les faits « 70 % des établissements vont rester fermés cet été », prévient Christian Jouny, délégué général du Syndicat des discothèques et des lieux de loisir. Le protocole sanitaire, mais aussi le peu de temps pour se préparer, embaucher et former expliquent ce chiffre. Résultat, après seize longs mois de fermeture totale, l’heure n’est pas tant à la fête que ça. D’autant plus qu’arrive le – pour l’instant modeste – regain épidémique : le taux d’incidence ne baisse plus en France. Pire, il remonte ces derniers jours, voire passe le seuil d’alerte comme à Paris. La faute notamment au variant Delta, plus contagieux. Alors, évidemment, du côté des professionnels, on n’est pas très serein : « Nous ne sommes même pas encore ouverts qu’on est déjà en train de se préparer à avoir des restrictions supplémentaires… », remarque, dépité, Christian Jouny. Le précédent catalan L’inquiétude est aussi montée d’un cran avec la décision de la Catalogne, en Espagne, de fermer ses discothèques quelques semaines à peine après les avoir rouvertes. Là aussi face à un regain des contaminations au Covid-19. Pourtant, Michaël Rochoy, médecin spécialiste en épidémiologie et membre du collectif Du côté de la science, n’a pas l’air plus effrayé que ça : « On ne va pas avoir de flambée des cas à cause des discothèques ! D’autant plus qu’a priori on parle d’un public plutôt jeune, qui fait peu de cas graves. Je ne suis pas inquiet tant que les règles sont respectées. » Il s’inquiète plutôt de la décorrélation entre les données sanitaires, notamment le taux d’incidence, et le calendrier des réouvertures. Et puis surtout, de l’incohérence avec les salles des bars et des restaurants, qui peuvent accueillir du public sans jauge, sans masque et sans pass sanitaire obligatoire. « Je pense qu’on a moins de risque de se contaminer en boîte de nuit, compte tenu du protocole et du public, que dans les salles de restaurants, qui accueillent un public plus nombreux et potentiellement plus âgé, donc plus à risque », explique-t-il. Une distorsion de concurrence Le médecin pense qu’une partie de la hausse des cas de ces derniers jours est liée à l’ouverture des salles de restaurant. Cette incohérence dans le plan du gouvernement n’est évidemment pas passée inaperçue auprès des gérants de discothèques : « Il y a une distorsion de concurrence entre les discothèques et les salles de bars et restaurants. Nous voulons une politique identique pour toute la profession », annonce Christian Jouny, responsable des négociations avec le gouvernement pour son syndicat. En clair, il veut que la règle du pass sanitaire soit aussi obligatoire pour aller dans la salle d’un bar ou d’un restaurant. Le Syndicat des discothèques a d’ailleurs décidé, une nouvelle fois, de déposer un recours en ce sens devant le Conseil d’Etat. Et Christian Jouy est optimiste : « Le 30 juin, le Conseil d’Etat ne pouvait pas constater de distorsion de concurrence puisque nous n’étions pas encore rouverts. » La semaine prochaine, cela pourrait être différent. « Et puis cette mesure pourrait aussi inciter la jeunesse à aller se faire vacciner », pense le secrétaire général du syndicat. Michaël Rochoy est aussi du côté des discothèques, même s’il juge qu’il faudra bien imposer de nouvelles mesures si l’incidence remonte trop, mais « avant de se demander si on est trop laxiste avec les discothèques et s’il faut les fermer, imposons le pass sanitaire aux salles de bars et restaurants. » Une faute ? 268 partagesSource: Déconfinement : La réouverture des discothèques plombée par la reprise épidémique ?