SemioClic · sémiologie fondée sur les preuves

L'enfant :
le motif oriente,
l'âge éclaire

Une sémiologie pédiatrique organisée par motif de consultation. De la plainte, on déroule l'examen adapté à l'âge — du nouveau-né au grand enfant — et l'on cible le signe utile, dont on connaît la valeur réelle (sensibilité, spécificité, rapport de vraisemblance), jusqu'au diagnostic. À ne jamais manquer : le purpura fébrile, la fièvre du nourrisson de moins de 3 mois, la détresse respiratoire, la déshydratation sévère, l'invagination, l'arthrite septique et la maltraitance.

Par le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau — fiche rédigée et vérifiée (sources en fin de page).
Cadre : un traité de sémiologie pédiatrique (examen par âge, réflexes archaïques, développement, Tanner) et la littérature EBM (déshydratation, pneumonie OMS, otite, dysplasie de hanche).
Aide au raisonnement — ne remplace ni l'examen, ni le jugement clinique, ni l'avis spécialisé quand il est indiqué. Complète la fiche examen neurologique de l'enfant.
Première version : 2026-07-12Dernière révision : 2026-07-12
Par où commencer
00 — AIGUILLAGE

Du motif au diagnostic, pas à pas

Répondez aux questions : à chaque étape, le parcours propose le signe ou le score à rechercher, puis où aller selon la clinique, jusqu'au diagnostic. Cliquez sur le nom d'un signe (pastille 🔍) pour afficher sa réalisation et sa valeur (sensibilité, spécificité, rapport de vraisemblance) dans le panneau de droite. En pédiatrie, l'âge oriente autant que le symptôme, et l'examen doit toujours chercher les signes de gravité.

Trois réflexes transversaux en pédiatrie. (1) Le carnet de santé : courbes de croissance, vaccinations, antécédents. (2) L'état général avant le foyer : un enfant « qui va mal » (teint, geignement, hypotonie, mauvais contact) prime sur toute étiquette rassurante. (3) La reconsultation : donner des consignes claires de surveillance et de retour aux parents.

01 — URGENCES

Ce qu'il ne faut pas manquer

Douze situations où l'orientation prime : la plupart imposent un avis, un geste ou un transfert le jour même — et, chez le nourrisson, la sémiologie est peu fiable, ce qui incite à la prudence.

Purpura fébrile Tout purpura fébrile, surtout avec un élément nécrotique/ecchymotique ≥ 3 mm ou extensif, fait craindre un purpura fulminans (méningococcémie). Antibiothérapie parentérale immédiatecéftriaxone 50 mg/kg (max 1 g) IV/IM (ou céfotaxime 50 mg/kg) — avant le transfert, et appel du 15. Ne pas attendre les examens.
Fièvre du nourrisson de moins de 3 mois L'examen ne suffit pas à écarter une infection bactérienne sévère : bilan (NFS, CRP/PCT, BU/ECBU, ± hémoculture, ± PL) et souvent hospitalisation. Les règles Step-by-Step/PECARN identifient les bas risques.
Détresse respiratoire Quantifier par l'indice de Silverman ; l'hypoxie, le geignement, l'épuisement (bradypnée, apnées, troubles de conscience) sont des signes de gravité. Oxygène, appel du 15.
Déshydratation sévère / choc Perte de poids, TRC > 3 s, extrémités froides, tachycardie, conscience altérée. Urgence : remplissage vasculaire, puis réhydratation adaptée à la natrémie.
Nourrisson « qui va mal » / malaise (BRUE) Un nourrisson en mauvais état général sans explication, ou après un malaise, impose la prudence (sepsis, coqueluche, cardiopathie, invagination, maltraitance). Ne pas se rassurer trop vite.
Méningite Chez le grand enfant : raideur de nuque, Kernig/Brudzinski. Chez le nourrisson, les signes méningés sont peu sensibles : teint gris, geignement, somnolence, fontanelle bombée, convulsions. Urgence : antibiothérapie sans délai (ne pas la retarder devant un purpura ou des signes de gravité — antibiotiques d'abord, PL ensuite).
Invagination intestinale aiguë Nourrisson 2 mois-2 ans : accès de pâleur/pleurs paroxystiques, calme entre les crises, ± vomissements, boudin, rectorragie tardive. Urgence : échographie, lavement.
Occlusion néonatale / sténose du pylore Vomissements bilieux du nouveau-né + retard au méconium = occlusion (urgence chirurgicale). Vomissements en jet, non bilieux, avec cassure pondérale (3 sem.-3 mois) = sténose du pylore.
Convulsion / état de mal Une convulsion fébrile compliquée (focale, prolongée, répétée) ou avec méningisme impose d'éliminer une méningite. Une crise > 5 min = état de mal, urgence.
Arthrite septique / boiterie fébrile Devant une boiterie fébrile, appliquer les critères de Kocher : à partir de 2-3 critères, l'arthrite septique devient probable → échographie, ponction, avis chirurgical en urgence. Kocher 19991.
Maltraitance (traumatisme non accidentel) Lésions incompatibles avec le mécanisme/l'âge (ecchymoses d'un nourrisson non mobile, fractures d'âges différents), retard de consultation, hématome sous-dural, hémorragies rétiniennes (bébé secoué). Protéger l'enfant : hospitalisation, signalement.
Torsion du testicule / bourse aiguë Toute douleur ou tuméfaction scrotale aiguë (surtout à l'adolescence et en période néonatale) est une torsion du cordon spermatique jusqu'à preuve du contraire : fenêtre de sauvetage ~6 h. Avis chirurgical et échographie-doppler sans délai ; ne pas retarder l'exploration si le tableau est typique.
Corps étranger / obstruction des voies aériennes Syndrome de pénétration brutal ; asymétrie auscultatoire. Une épiglottite (enfant assis, hypersialorrhée, aspect toxique) et une laryngite obstructive sont des urgences des voies aériennes.
Le motif oriente
02 — FIÈVRE

Fièvre & infection

Deux réflexes avant de chercher le foyer : écarter un purpura (urgence) et repérer le nourrisson de moins de 3 mois (bilan, car l'examen est peu fiable). Ensuite seulement, l'examen recherche le foyer — souvent viral et bénin.

Deux situations qui court-circuitent la recherche de foyer. Un purpura fébrile = purpura fulminans jusqu'à preuve du contraire (antibiothérapie immédiate, §01). Une fièvre ≥ 38 °C chez le nourrisson < 3 mois = bilan systématique ; les règles Step-by-Step et PECARN aident à identifier les nourrissons à bas risque d'infection bactérienne invasive. Gomez 20162 ; Kuppermann 20193.

Otite moyenne aiguë

Otalgie/irritabilité + fièvre + tympan bombé — le meilleur signe (LR+ ~51) ; un tympan opaque (LR+ ~34) ou immobile à l'otoscopie pneumatique (LR+ ~31) confirme aussi. Une simple rougeur du tympan (pleurs, fièvre) ne suffit pas (LR+ ~8) — piège classique.4

Angine à streptocoque

Le score de McIsaac sélectionne les enfants à tester ; le TDR a une Se ~86 % / Sp ~95 %5. Le streptocoque A est rare avant 3 ans (pas de TDR). La plupart des angines de l'enfant sont virales et ne justifient pas d'antibiotique.

Pneumonie

Fièvre + polypnée (seuils OMS selon l'âge) + signes de lutte ; l'hypoxie (SpO₂ ≤ 96 %) est le signe le plus utile (LR+ ~2,8). L'auscultation n'est pas fiable pour le diagnostic (crépitants non associés)6. La radiographie n'est pas systématique.

Infection urinaire

Cause fréquente de fièvre sans foyer du nourrisson. Bandelette (leucocytes/nitrites) : leucocytes-estérase OU nitrites positifs Se ~88 % / Sp ~79 % ; les nitrites, très spécifiques (Sp ~98 %), sont souvent négatifs chez le nourrisson (vidanges fréquentes)7. Confirmer par un ECBU sur recueil fiable (le recueil « poche » donne beaucoup de faux positifs).

Méningite

Chez le nourrisson, les signes méningés (raideur, Kernig, Brudzinski) sont peu sensibles : se méfier d'un teint gris, d'un geignement, d'une somnolence, d'une fontanelle bombée, de convulsions. Urgence : PL et antibiothérapie (§01).

Maladie de Kawasaki

Fièvre ≥ 5 jours + au moins 4 : conjonctivite bilatérale, atteinte buccale (chéilite, langue framboisée), éruption polymorphe, atteinte des extrémités (œdème puis desquamation), adénopathie cervicale. Urgence (anévrismes coronaires) : avis, échocardiographie, immunoglobulines.

Virose bénigne

Fièvre bien tolérée, foyer viral (rhinopharyngite, exanthème), enfant en bon état général : traitement symptomatique et surtout consignes de surveillance (durée, tolérance, signes de gravité, reconsultation).

03 — RESPIRATOIRE

Détresse respiratoire

D'abord quantifier la gravité (indice de Silverman, fréquence respiratoire, SpO₂), puis reconnaître le tableau selon l'âge et le contexte. La détresse majeure (épuisement, apnées) est une urgence vitale.

Seuils de polypnée de l'OMS (repère simple, au calme) : < 2 mois ≥ 60/min ; 2-11 mois ≥ 50/min ; 1-5 ans ≥ 40/min.8 La polypnée est sensible mais peu spécifique (LR+ ~1,5) ; l'hypoxie et les signes de lutte sont plus discriminants.6

Bronchiolite

Nourrisson < 12 mois, en épidémie : rhinite puis toux, polypnée, freinage expiratoire, sibilants/crépitants. Il n'existe pas de score diagnostique validé (les scores de sévérité sont peu reproductibles). Gravité : apnées, épuisement, difficultés alimentaires, hypoxie.

Asthme / bronchite sifflante récidivante

Épisodes récidivants de toux, sibilants, gêne, réversibles, souvent déclenchés (virus, effort, allergènes). Diagnostic clinique chez le petit ; évaluer le contrôle et les facteurs de risque d'exacerbation.

Laryngite aiguë (croup)

Toux aboyante, dysphonie, stridor inspiratoire, souvent nocturne. Évaluer le stridor et le tirage au repos. À distinguer de l'épiglottite (enfant assis, hypersialorrhée, aspect toxique) — urgence des voies aériennes.

Coqueluche

Quintes émétisantes, reprise inspiratoire (« chant du coq ») ; chez le jeune nourrisson : apnées et malaises, sans fièvre notable — potentiellement grave. Contage, statut vaccinal de l'entourage.

Corps étranger inhalé

Syndrome de pénétration (accès brutal de suffocation/toux), parfois suivi d'une accalmie trompeuse, avec asymétrie auscultatoire. Urgence si obstruction ; endoscopie.

04 — DIGESTIF

Vomissements, diarrhée & déshydratation

Le risque commun est la déshydratation — la perte de poids en est la meilleure mesure. Ensuite, l'âge et le caractère des vomissements (bilieux ? en jet ? avec cassure pondérale ?) orientent fortement.

Évaluer la déshydratation. Aucun signe isolé n'est décisif ; les plus utiles sont le temps de recoloration capillaire allongé (LR+ ~4,1), le pli cutané persistant (LR+ ~2,5) et une respiration anormale (hyperpnée, LR+ ~2,0). Les combinaisons de signes (score de Gorelick) font mieux que chaque signe isolé, et la perte de poids reste la référence. Piège : une hyperpnée (Kussmaul) sans fièvre chez un enfant amaigri et polyuro-polydipsique doit faire penser à une acidocétose diabétique — glycémie capillaire immédiate. Steiner 20049.

Gastro-entérite & déshydratation

Diarrhée ± vomissements, le plus souvent virale. L'essentiel est d'évaluer la déshydratation : réhydratation orale (SRO) et surveillance si bien tolérée ; remplissage si déshydratation sévère/choc (TRC > 3 s, conscience altérée). Pas d'antibiotique en règle.

Sténose hypertrophique du pylore

Garçon surtout, 3 semaines-3 mois : vomissements en jet, non bilieux, juste après la tétée, appétit conservé, cassure pondérale, déshydratation. Olive pylorique, ondulations péristaltiques. Échographie ; alcalose hypochlorémique.

Reflux gastro-œsophagien

Régurgitations/vomissements faciles, non bilieux, du nourrisson à bonne croissance et bon état général. RGO « maladie » si complications (pleurs, refus, stagnation). Mesures posturales et de puériculture, réassurance.

Occlusion néonatale

Vomissements BILIEUX du nouveau-né + retard/absence de méconium (> 24-48 h) ± ballonnement : urgence chirurgicale (malrotation/volvulus, atrésie, Hirschsprung, iléus méconial) jusqu'à preuve du contraire.

Invagination intestinale aiguë

Nourrisson 2 mois-2 ans : accès de pâleur/pleurs paroxystiques, calme entre les crises, ± vomissements, boudin, rectorragie tardive (« gelée de groseille »). Urgence : échographie, lavement (§01).

Appendicite aiguë

Douleur + fièvre, migration en FID, défense/rebond (LR+ ~3,0), anorexie. Le PAS aide10 ; à la NFS, des PNN ≤ 6750 rendent l'appendicite improbable (LR− ~0,06)11. Formes trompeuses et perforation plus rapide chez le petit : réévaluer, échographie.

Candidose buccale & constipation

Muguet : enduit blanchâtre adhérent, gêne à la succion (antifongique local). Constipation fonctionnelle : selles dures, douleur, encoprésie de débordement ; éliminer les drapeaux rouges (retard au méconium → Hirschsprung, cassure staturo-pondérale).

05 — PLEURS & MALAISE

Pleurs, malaise & convulsions

Le piège est de banaliser. Un nourrisson « qui va mal », des pleurs inhabituels ou un malaise imposent d'éliminer les causes graves avant de retenir un diagnostic bénin.

Convulsion fébrile

6 mois-5 ans, en contexte fébrile. Simple (généralisée, < 15 min, sans récidive à 24 h, examen neuro normal) = bénigne. Compliquée (focale, longue, répétée, déficit post-critique) ou méningisme → éliminer une méningite (PL). Une crise > 5 min = état de mal (urgence).

Malaise du nourrisson (BRUE)

Épisode bref résolu (apnée, changement de teint/tonus) chez un nourrisson revenu à la normale. Stratifier bas/haut risque. Ne pas se rassurer trop vite : coqueluche, RGO, infection, cause cardiaque, maltraitance.

Coliques du nourrisson

Pleurs paroxystiques, souvent en fin de journée, < 3-4 mois, avec bon état général, croissance normale et examen rassurant. Diagnostic d'élimination ; réassurance et soutien parental.

Invagination & maltraitance

Des accès de pâleur/pleurs avec refus évoquent une invagination (§04). Des pleurs inexpliqués avec ecchymoses, lésions incohérentes, hématome sous-dural ou hémorragies rétiniennes évoquent une maltraitance (§01) — protéger l'enfant.

06 — LOCOMOTEUR

Boiterie & douleur de membre

La priorité absolue est d'éliminer l'arthrite septique. Ensuite, l'âge oriente : synovite après une virose, ostéochondrite entre 3 et 8 ans, épiphysiolyse à l'adolescence. Une douleur de hanche peut se projeter au genou.

Boiterie fébrile — les critères de Kocher (arthrite septique de hanche vs synovite aiguë transitoire) : fièvre > 38,5 °C, refus d'appui, VS ≥ 40 mm/h, GB > 12 000/mm³. Probabilité d'arthrite septique : 0 critère < 0,2 % ; 1 → 3 % ; 2 → 40 % ; 3 → 93 % ; 4 → 99,6 %. Kocher 19991 (Caird : ajouter la CRP).

Arthrite septique & ostéomyélite

Urgences infectieuses. Arthrite septique : articulation douloureuse, impotence, fièvre (critères de Kocher). Ostéomyélite : douleur osseuse focale métaphysaire, fièvre. Biologie, imagerie (échographie/IRM), hémocultures, ponction, antibiothérapie et avis chirurgical.

Synovite aiguë transitoire de hanche

« Rhume de hanche » : boiterie/douleur de hanche après une virose, apyrétique ou peu fébrile, peu de critères de Kocher, évolution favorable en quelques jours. Diagnostic d'élimination (écarter l'arthrite septique) ; repos, réévaluation.

Ostéochondrite primitive (Legg-Calvé-Perthes)

Garçon 3-8 ans : boiterie et douleur de hanche (parfois projetée au genou) progressive, apyrétique, limitation de l'abduction et de la rotation interne. Nécrose de la tête fémorale. Radiographies, avis orthopédique.

Épiphysiolyse fémorale supérieure

Adolescent, souvent en surpoids : douleur de hanche ou du genou, boiterie, membre en rotation externe, limitation de la rotation interne. Urgence orthopédique (risque de glissement/nécrose) : décharge, radiographies (dont profil), avis chirurgical.

Fracture & purpura rhumatoïde

Traumatisme : point osseux douloureux ; chez le nourrisson non marchant, penser à la maltraitance. Purpura rhumatoïde (vascularite à IgA) : purpura déclive des membres inférieurs + arthralgies, douleurs abdominales, atteinte rénale — surveiller tension, protéinurie et abdomen.

07 — NOUVEAU-NÉ

Nouveau-né & ictère

L'examen du nouveau-né (obligatoire avant J8) vérifie l'adaptation (Apgar) et dépiste les anomalies. Deux points structurent la surveillance : la hanche et l'ictère.

Dysplasie développementale de hanche (DDH)

Dépistage néonatal par les manœuvres d'Ortolani (ressaut de réduction) et de Barlow (luxation provoquée). Leur sensibilité est faible et très opérateur-dépendante, et elles se négativent après 2-3 mois — relayées par la limitation d'abduction et le signe de Galeazzi12. Facteurs de risque (siège, fille, antécédent familial) ou examen douteux → échographie de hanche.

Cardiopathie & cryptorchidie

Cardiopathie congénitale : souffle, cyanose, mauvaise prise pondérale, pouls fémoraux abolis (coarctation) ; l'oxymétrie pré/post-ductale dépiste les formes critiques. Cryptorchidie : testicule non palpé — surveiller, avis chirurgical si persistance à 6 mois.

Ictère du nouveau-né

L'âge de survenue tranche. Physiologique : après 24 h, pic à J3-J5, régressif. Pathologique précoce (< 24 h, intense) : hémolyse (incompatibilité, G6PD), risque d'ictère nucléaire → bilan et photothérapie urgents. La bilirubine transcutanée est un bon outil de dépistage, à confirmer par le dosage sanguin si élevée ; l'évaluation visuelle (zones de Kramer) est peu fiable.

Ictère prolongé

Au-delà de 10-15 jours : distinguer bilirubine non conjuguée (lait de mère, hypothyroïdie) et conjuguée. Un ictère à bilirubine conjuguée (selles décolorées, urines foncées) impose d'éliminer en urgence une atrésie des voies biliaires — la précocité de la chirurgie fait le pronostic.

L'enfant qui grandit
08 — EXAMEN PAR ÂGE

L'examen pédiatrique, adapté à l'âge

L'examen se conduit méthodiquement, de bas en haut, en terminant par l'ORL (pour limiter les cris), sur un enfant dévêtu dans une pièce chauffée. Ce socle sémiologique suit un traité de sémiologie pédiatrique.13

Le nouveau-né

Surveillance du nouveau-né à terme (8 premiers jours). Perte de poids ≤ 10 % (maximale à J4, reprise vers J8) ; chute du cordon vers J7 ; méconium avant H36 ; première miction dans les 24 h ; ictère physiologique possible dès J3 ; dépistage néonatal (Guthrie) vers J3.

Le nourrisson & le grand enfant

09 — DÉVELOPPEMENT

Développement psychomoteur

La séquence du développement est la même pour tous ; c'est sa rapidité qui varie. On l'apprécie sur la posture/motricité, la préhension, le langage et la socialisation — et surtout, on guette les drapeaux rouges et toute régression.13

Le tonus évolue en sens inverse selon l'axe : hypertonie des membres et hypotonie axiale à la naissance, qui s'inversent vers 3 mois (progression céphalo-caudale : tenue de tête → assis → debout). Les réflexes archaïques disparaissent vers 4-5 mois (la marche automatique plus tôt, ~2 mois).

Repères moyens et drapeaux rouges (variabilité individuelle importante).
ÂgePosture / motricitéPréhension / langage / social
6 sem.Tient la tête quelques instantsSourire-réponse (électif, au visage)
3 moisTenue de têteGazouillis ; suit du regard
6 moisTient assis avec appui ; se retournePréhension volontaire ; rit aux éclats
9 moisTient assis seul ; debout avec appuiPince pouce-index ; « mama/papa » ; angoisse de l'étranger
12 moisPremiers pas ; marche autonome entre 12 et 18 moisPremiers mots ; comprend des consignes simples
18 moisMarche bien acquise ; monte l'escalier~8-10 mots ; utilise la cuillère
24 moisCourt ; shoote dans un ballonAssocie 2 mots ; propreté diurne en cours
3 ansMonte l'escalier en alternantFait des phrases, dit « je » ; propreté acquise
Drapeaux rouges (avis / bilan). Pas de sourire à 3 mois · pas de tenue de tête à 4 mois · pas de position assise à 9-10 mois · pas de marche à 18 mois · pas de mot à 18 mois · toute régression d'acquisitions. Devant un retard de langage, vérifier d'abord l'audition.
10 — CROISSANCE

Croissance & puberté

Tout se lit sur les courbes du carnet de santé : c'est la dynamique (une cassure) qui compte, plus que la valeur ponctuelle. Un enfant est considéré normal entre −2 et +2 DS pour l'âge, en interprétant le poids selon la taille.13

Points de repère de croissance (moyennes).
ÂgeTaillePoidsPérimètre crânien
Naissance~50 cm~3,5 kg~35 cm
6 mois~65 cm~7 kg (× 2)~44 cm
1 an~75 cm (+25 cm)~9-10 kg (≈ × 3)~47 cm (+12 cm/an)
2 ans~85 cm~12 kg~49 cm
4 ans~100 cm~16 kg

Après 2 ans, la croissance staturale ralentit (5-6 cm/an) jusqu'à la poussée pubertaire (fille 11-13 ans, garçon 13-14 ans). La dentition de lait (20 dents) apparaît de 6 à 30 mois (incisives ~6 mois d'abord).

Puberté — cotation de Tanner

Stades de Tanner (Marshall & Tanner).
StadeSeins (fille)Pilosité pubienneTesticules (garçon)
1PrépubèreAbsente< 2,5 cm
2Bourgeon mammaireQuelques poils longs2,5-3,2 cm ; scrotum pigmenté
3Élargissement sein/aréolePoils plus denses, bouclés3,3-4 cm ; verge s'allonge
4Aréole en saillieType adulte, peu étendue4,1-4,5 cm
5Sein adulteType adulte (faces internes cuisses)> 4,5 cm
Premiers signes & bornes. Le premier signe pubertaire est le bourgeon mammaire chez la fille (~10-11 ans) et l'augmentation du volume testiculaire (≥ 4 mL) chez le garçon (~11-12 ans) ; les règles surviennent ~2 ans après le début. Puberté précoce : seins avant 8 ans (fille) / volume testiculaire avant 9 ans (garçon). Puberté retardée : absence de développement après 13 ans (fille) / 14 ans (garçon).
La boîte à outils
11 — CATALOGUE

Les signes qui comptent, un par un

Les signes dont la valeur est chiffrée par la littérature. Les scores et gestes descriptifs (Apgar, Silverman, réflexes archaïques, repères du développement, Tanner) sont détaillés dans le parcours (§00) et les sections dédiées.

Signes de déshydratation Présentiel

Cible
Déshydratation ≥ 5 %
Valeur
TRC allongé LR+ ~4,1 ; pli cutané LR+ ~2,5 ; respiration anormale LR+ ~2,0. Aucun signe isolé décisif ; les combinaisons font mieux ; la perte de poids reste la référence.9

Polypnée & signes de pneumonie Téléconsultation partielle

Seuils OMS
< 2 mois ≥ 60 ; 2-11 mois ≥ 50 ; 1-5 ans ≥ 40/min8
Valeur
Hypoxie (SpO₂ ≤ 96 %) LR+ ~2,8 (Se 64/Sp 77) — le meilleur ; polypnée LR+ ~1,5 (Se 79/Sp 51) ; signes de lutte LR+ ~2,1 ; auscultation non contributive.6

Otoscopie (± pneumatique) Présentiel

Cible
Otite moyenne aiguë
Valeur
Tympan bombé LR+ ~51 ; opaque LR+ ~34 ; immobile LR+ ~31 ; franchement rouge LR+ ~8,4 ; couleur normale LR− ~0,2. Le tympan BOMBÉ est le meilleur signe.4

McIsaac & TDR (angine) Présentiel

Cible
Angine à streptocoque A
Valeur
TDR : Se ~86 % / Sp ~95 % (méta-analyse Cochrane). SGA rare avant 3 ans. Le score sélectionne les enfants à tester.5

Appendicite : PAS & signes Présentiel

Cible
Appendicite aiguë
Valeur
Fièvre LR+ ~3,4/LR− ~0,32 ; défense/rebond LR+ ~3,0/LR− ~0,28 ; migration FID LR+ ~1,9-3,1 ; PNN ≤ 6750 LR− ~0,06 (exclut)11. Le PAS (/10) aide au tri.10

Critères de Kocher Présentiel

Cible
Arthrite septique de hanche
Valeur
Fièvre > 38,5, refus d'appui, VS ≥ 40, GB > 12 000 : 0 → < 0,2 % ; 1 → 3 % ; 2 → 40 % ; 3 → 93 % ; 4 → 99,6 %.1

Bandelette urinaire Présentiel

Cible
Infection urinaire
Valeur
Nitrites Se ~49 % / Sp ~98 % ; leucocytes-estérase OU nitrites Se ~88 % / Sp ~79 %. Confirmer par ECBU sur recueil fiable.7

Ortolani & Barlow Présentiel

Cible
Dysplasie de hanche
Valeur
Sensibilité faible et opérateur-dépendante ; se négativent après 2-3 mois. L'échographie tranche chez le nourrisson à risque.12
12 — RÉCAP

Valeur diagnostique des signes

Un LR+ > 10 ou un LR− < 0,1 déplace fortement la probabilité ; entre 0,5 et 2, le signe ne change presque rien. « — » = valeur non fournie par la source (rien n'est inventé).

Se/Sp/LR au seuil indiqué ; sources en fin de page.
Signe (cible)SeSpLR+LR−Source
Déshydratation ≥ 5 %
Recoloration capillaire > 2 s4,1Steiner 20049
Pli cutané persistant2,5Steiner 20049
Respiration anormale (hyperpnée)2,0Steiner 20049
Pneumonie (radiologique)
Hypoxie (SpO₂ ≤ 96 %)0,640,772,80,47Shah 20176
Polypnée (> 40/min)0,790,511,5Shah 20176
Signes de lutte (geignement, BAN, tirage)2,1Shah 20176
Otite moyenne aiguë (otoscopie)
Tympan bombé51Rothman 20034
Tympan opaque / trouble34Rothman 20034
Tympan immobile (pneumatique)31Rothman 20034
Couleur normale du tympan0,2Rothman 20034
Autres
TDR angine (streptocoque A)0,860,9518,60,15Cohen 20165
Bandelette : leuco. OU nitrites (IU)0,880,794,20,15Williams 20107
Bandelette : nitrites seuls (IU)0,490,9824,50,52Williams 20107
Appendicite : défense / rebond3,00,28Bundy 200711
Appendicite : PNN ≤ 6750/mm³0,06Bundy 200711
Boiterie fébrile — probabilité d'arthrite septique par nombre de critères de Kocher (fièvre > 38,5, refus d'appui, VS ≥ 40, GB > 12 000) : 0 → < 0,2 % ; 1 → 3 % ; 2 → 40 % ; 3 → 93 % ; 4 → 99,6 %.1 Ce n'est pas un LR mais une probabilité post-test — d'où le calculateur du §13.

Ce que la sémiologie NE tranche pas. Il n'y a pas de score diagnostique validé pour la bronchiolite ; les signes méningés sont peu sensibles chez le nourrisson ; Ortolani/Barlow sont opérateur-dépendants ; l'évaluation visuelle de l'ictère est peu fiable. Dans ces situations, le contexte, la surveillance et l'examen complémentaire priment.

13 — CALCULATEURS

Calculateurs

Deux outils d'aide, calculés localement dans le navigateur. Ils orientent et ne remplacent pas le jugement clinique ni la surveillance.

Indice de Silverman — détresse respiratoire🔒 Rien n'est envoyé sur internet
Tirage intercostal
Geignement expiratoire
Battement des ailes du nez
Balancement thoraco-abdominal
Entonnoir xiphoïdien
0/10Renseignez les 5 items.
Critères de Kocher — boiterie fébrile🔒 Rien n'est envoyé sur internet
0/4Cochez les critères présents.

La probabilité de Kocher suppose une boiterie fébrile de hanche ; en cas de doute (≥ 2 critères), échographie et avis chirurgical — l'arthrite septique est une urgence. La CRP (Caird) affine encore l'estimation.

Aller plus loin
14 — ÉPONYMES

Éponymes de la sémiologie pédiatrique

Derrière chaque nom, une observation fondatrice. Par ordre alphabétique ; « L'article » renvoie à la source primaire.

Score d'Apgar

Virginia Apgar · anesthésiste américaine · 1953

Cotation simple de l'adaptation du nouveau-né (fréquence cardiaque, respiration, tonus, réactivité, couleur) à 1, 5 et 10 minutes. Virginia Apgar, pionnière de l'anesthésie obstétricale, l'a proposée pour standardiser l'évaluation à la naissance.

À retenir : score d'adaptation, pas de pronostic ; un Apgar bas persistant à 5-10 min a plus de valeur qu'à 1 min.

L'article : Apgar V. A proposal for a new method of evaluation of the newborn infant. Curr Res Anesth Analg. 1953;32(4):260-267.

Manœuvre de Barlow

Thomas Barlow · chirurgien orthopédiste britannique · 1962

Complément de la manœuvre d'Ortolani : recherche une hanche luxable (luxation provoquée par adduction et pression postérieure), là où Ortolani réduit une hanche luxée. Ensemble, elles dépistent la dysplasie de hanche à la naissance.

À retenir : sensibilité opérateur-dépendante, à compléter par l'échographie chez le nourrisson à risque.

L'article : Barlow TG. Early diagnosis and treatment of congenital dislocation of the hip. J Bone Joint Surg Br. 1962;44:292-301.

Signe de Gowers

William Gowers · neurologue britannique · 1879

Pour se relever du sol, l'enfant « grimpe le long de ses cuisses » avec les mains — témoin d'un déficit des muscles proximaux (ceinture pelvienne). Décrit dans la « paralysie musculaire pseudo-hypertrophique » (dystrophie de Duchenne).

À retenir : devant un retard moteur ou des chutes, le signe de Gowers oriente vers une myopathie (doser les CPK).

L'article : Gowers WR. Pseudo-hypertrophic muscular paralysis. Londres : Churchill ; 1879.

Test de Guthrie

Robert Guthrie · microbiologiste américain · 1963

Méthode de dépistage néonatal de la phénylcétonurie sur goutte de sang séché (papier buvard), à l'origine du dépistage systématique élargi aujourd'hui à plusieurs maladies.

À retenir : le « test de Guthrie » désigne encore, dans le langage courant, le dépistage néonatal (vers J3).

L'article : Guthrie R, Susi A. A simple phenylalanine method for detecting phenylketonuria in large populations of newborn infants. Pediatrics. 1963;32:338-343.

Critères de Kocher

Mininder Kocher · chirurgien orthopédiste pédiatrique · 1999

Règle de prédiction distinguant l'arthrite septique de hanche de la synovite aiguë transitoire à partir de 4 critères (fièvre, non-appui, VS, GB). Un outil devenu classique de la boiterie fébrile de l'enfant.

À retenir : 3 critères → 93 %, 4 → 99,6 % de probabilité d'arthrite septique : une urgence à ne pas manquer.

L'article : Kocher MS, Zurakowski D, Kasser JR. Differentiating between septic arthritis and transient synovitis of the hip in children. J Bone Joint Surg Am. 1999;81(12):1662-1670.

Signe de Koplik

Henry Koplik · pédiatre américain · 1896

Petites taches blanc-bleuté sur fond rouge de la muqueuse jugale (en regard des molaires), pathognomoniques de la rougeole et précédant l'éruption — permettant un diagnostic précoce.

À retenir : un signe précieux au retour de la rougeole ; à connaître avec la remontée des cas liée à la baisse de couverture vaccinale.

L'article : Koplik H. The diagnosis of the invasion of measles from a study of the exanthema as it appears on the buccal mucous membrane. Arch Pediatr. 1896;13:918-922.

Maladie de Legg-Calvé-Perthes

Legg, Calvé & Perthes · 1910 (trois descriptions indépendantes)

Ostéochondrite primitive de hanche (nécrose idiopathique de la tête fémorale) du garçon de 3-8 ans, décrite la même année par un Américain (Legg), un Français (Calvé) et un Allemand (Perthes).

À retenir : boiterie progressive apyrétique, douleur parfois projetée au genou, limitation de l'abduction/rotation interne.

L'article : Legg AT. An obscure affection of the hip joint. Boston Med Surg J. 1910;162:202-204.

Réflexe de Moro

Ernst Moro · pédiatre autrichien · 1918

Réflexe archaïque : à un stimulus brusque (lâcher de la tête), le nouveau-né écarte puis referme les bras (embrassement), avec un cri. Présent à terme, il disparaît vers 4-5 mois.

À retenir : son absence, son asymétrie (paralysie du plexus brachial) ou sa persistance au-delà de 6 mois sont pathologiques.

L'article : Moro E. Das erste Trimenon. Münch Med Wochenschr. 1918;65:1147-1150.

Manœuvre d'Ortolani

Marino Ortolani · pédiatre italien · 1937

Recherche du ressaut de réduction d'une hanche luxée par abduction douce, hanches et genoux fléchis. Le geste fondateur du dépistage clinique de la luxation congénitale de hanche.

À retenir : se négative après 2-3 mois (relais par la limitation d'abduction et le signe de Galeazzi).

L'article : Ortolani M. Un segno poco noto e sua importanza per la diagnosi precoce di prelussazione congenita dell'anca. Pediatria (Napoli). 1937;45:129-136.

Purpura de Schönlein-Henoch

Schönlein (1837) & Henoch (1874) · médecins allemands

Vascularite à IgA de l'enfant : purpura vasculaire déclive, arthralgies, douleurs abdominales, atteinte rénale. Schönlein a relié purpura et arthralgies, Henoch y a ajouté les atteintes digestive et rénale.

À retenir : purpura NON fébrile des membres inférieurs/fesses ; surveiller tension, protéinurie et abdomen (invagination).

L'article : Henoch E. Über eine eigenthümliche Form von Purpura. Berl Klin Wochenschr. 1874;11:641-643.

Indice de Silverman(-Andersen)

William Silverman & Dorothy Andersen · 1956

Score de détresse respiratoire du nouveau-né (tirage, geignement, battement des ailes du nez, balancement thoraco-abdominal, entonnoir xiphoïdien, /10), issu d'un essai clinique contrôlé chez le prématuré.

À retenir : le geignement et le balancement thoraco-abdominal signent la gravité.

L'article : Silverman WA, Andersen DH. A controlled clinical trial of effects of water mist on obstructive respiratory signs… among premature infants. Pediatrics. 1956;17(1):1-10.

Stades de Tanner

Marshall & Tanner · auxologistes britanniques · 1969-1970

Cotation en 5 stades du développement pubertaire (seins, pilosité, organes génitaux), fondée sur l'étude longitudinale de la séquence pubertaire chez la fille (1969) et le garçon (1970).

À retenir : premier signe = bourgeon mammaire (fille), volume testiculaire ≥ 4 mL (garçon) ; repère la puberté précoce ou retardée.

L'article : Marshall WA, Tanner JM. Variations in the pattern of pubertal changes in girls. Arch Dis Child. 1969;44(235):291-303 (garçons : 1970;45(239):13-23).

15 — SIGNES ABANDONNÉS

Vieux signes, croyances révisées

Des signes fins tombés en désuétude mais encore justes — et des pratiques qu'on a eu raison d'abandonner, dont l'histoire est instructive.

Des vieux signes encore utiles

Des pratiques qu'on a eu raison de réviser

16 — SOURCES

Méthode & références

Méthode. Le socle sémiologique (examen par âge, réflexes archaïques, développement, croissance, Tanner) suit un traité de sémiologie pédiatrique13. Les valeurs diagnostiques (Se/Sp/LR) proviennent de la série JAMA — The Rational Clinical Examination (« Does this child have… ») et de méta-analyses, citées à leur seuil et vérifiées sur PubMed. Périmètre = sémiologie et repérage en soins premiers ; la thérapeutique n'est qu'effleurée.

Réserves honnêtes. (1) Chez le nourrisson, la sémiologie est peu fiable pour écarter une infection sévère (d'où le bilan avant 3 mois). (2) Plusieurs situations n'ont pas de signe décisif : bronchiolite (pas de score diagnostique validé), signes méningés peu sensibles chez le nourrisson, Ortolani/Barlow opérateur-dépendants, évaluation visuelle de l'ictère peu fiable. (3) Le traité de sémiologie sert de cadre, mais ses calendriers vaccinaux et certains seuils sont datés et n'ont pas été repris (§15) — se référer aux recommandations en vigueur. Aucune donnée n'a été inventée : « — » signale une valeur non fournie par la source ; les sources primaires des éponymes figurent dans chaque carte (§14).

  1. Kocher MS, Zurakowski D, Kasser JR. Differentiating between septic arthritis and transient synovitis of the hip in children: an evidence-based clinical prediction algorithm. J Bone Joint Surg Am. 1999;81(12):1662-1670. PMID:10608376Probabilité d'arthrite septique par nombre de critères.
  2. Gomez B, Mintegi S, Bressan S, et al. Validation of the "Step-by-Step" approach in the management of young febrile infants. Pediatrics. 2016;138(2):e20154381. Repérage des bas risques d'infection bactérienne invasive.
  3. Kuppermann N, Dayan PS, Levine DA, et al. (PECARN). A clinical prediction rule to identify febrile infants 60 days and younger at low risk for serious bacterial infections. JAMA Pediatr. 2019;173(4):342-351. Stratification du risque chez le jeune nourrisson fébrile.
  4. Rothman R, Owens T, Simel DL. Does this child have acute otitis media? JAMA. 2003;290(12):1633-1640. PMID:14506123 · doi:10.1001/jama.290.12.1633Tympan bombé LR+ ~51 ; couleur normale LR− ~0,2.
  5. Cohen JF, Bertille N, Cohen R, Chalumeau M. Rapid antigen detection test for group A streptococcus in children with pharyngitis. Cochrane Database Syst Rev. 2016;7:CD010502. PMID:27374000 · doi:10.1002/14651858.CD010502.pub2TDR : Se ~86 % / Sp ~95 %.
  6. Shah SN, Bachur RG, Simel DL, Neuman MI. Does this child have pneumonia? The Rational Clinical Examination systematic review. JAMA. 2017;318(5):462-471. PMID:28763554 · doi:10.1001/jama.2017.9039Hypoxie LR+ ~2,8 ; auscultation non contributive.
  7. Williams GJ, Macaskill P, Chan SF, et al. Absolute and relative accuracy of rapid urine tests for urinary tract infection in children: a meta-analysis. Lancet Infect Dis. 2010;10(4):240-250. PMID:20334847Nitrites Se ~49/Sp ~98 ; leuco. ou nitrites Se ~88/Sp ~79.
  8. Organisation mondiale de la santé. Prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME / IMCI) — seuils de polypnée par âge. < 2 mois ≥ 60 ; 2-11 mois ≥ 50 ; 1-5 ans ≥ 40/min.
  9. Steiner MJ, DeWalt DA, Byerley JS. Is this child dehydrated? JAMA. 2004;291(22):2746-2754. PMID:15187057 · doi:10.1001/jama.291.22.2746Signes de déshydratation : TRC LR+ ~4,1, pli ~2,5, respiration ~2,0.
  10. Samuel M. Pediatric appendicitis score. J Pediatr Surg. 2002;37(6):877-881. Score d'appendicite pédiatrique (PAS, /10).
  11. Bundy DG, Byerley JS, Liles EA, et al. Does this child have appendicitis? JAMA. 2007;298(4):438-451. PMID:17652298 · doi:10.1001/jama.298.4.438Défense/rebond LR+ ~3,0 ; PNN ≤ 6750 LR− ~0,06.
  12. Shipman SA, Helfand M, Moyer VA, Yawn BP (USPSTF). Screening for developmental dysplasia of the hip: a systematic literature review. Pediatrics. 2006;117(3):e557-e576. Ortolani/Barlow : performance limitée et opérateur-dépendante.
  13. Ouvrage de sémiologie médicale. Examen pédiatrique et caractéristiques biologiques du nouveau-né, du nourrisson et de l'enfant (chapitre 15). Socle sémiologique : examen par âge, Apgar, réflexes archaïques, développement psychomoteur, croissance, Tanner.