SemioClic · sémiologie fondée sur les preuves

Le système nerveux :
localiser,
puis nommer

La sémiologie neurologique tient en deux gestes : écarter l'urgence (AVC, hémorragie méningée, compression médullaire, méningite, Guillain-Barré), puis localiser — central ou périphérique, et à quel étage. Le trépied réflexes / tonus / Babinski tranche entre le premier et le second neurone ; le Romberg et le nystagmus départagent les ataxies. On remonte du motif au grand syndrome topographique, jusqu'au diagnostic.

Par le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau — fiche rédigée et vérifiée (sources en fin de page).
Première version d'après un traité de sémiologie neurologique ; reprise à venir avec l'EMC et UpToDate.
Aide au raisonnement — ne remplace ni l'examen, ni le jugement clinique, ni l'imagerie quand elle est indiquée. Céphalées et radiculalgies : voir les fiches dédiées.
Première version : 2026-07-06Dernière révision : 2026-07-14
Par où commencer
00 — AIGUILLAGE

Du motif au diagnostic, pas à pas

Répondez aux questions : à chaque étape, le parcours indique le test à faire en priorité, puis où aller selon qu'il est positif ou négatif, jusqu'au diagnostic. Cliquez sur le nom d'un test (pastille 🔍) pour afficher sa technique et sa valeur dans le panneau de droite.

Renvois. Les céphalées (migraine, algie vasculaire, névralgie du V, Horton) sont détaillées dans la fiche Céphalées ; les radiculalgies (sciatique, cruralgie, névralgie cervico-brachiale) et le signe de Lasègue dans la fiche Lombalgie ; la syncope dans la fiche Cardiovasculaire. Ici : localiser une lésion du système nerveux et reconnaître les urgences.

01 — SIGNES D'ALARME & URGENCES

Les urgences neurologiques à écarter d'emblée

Devant tout symptôme neurologique, ces tableaux imposent l'imagerie et/ou l'appel du 15. Au moindre déficit brutal : noter l'heure de début (elle conditionne la thrombolyse).

AVC / AIT 15

Reconnaître
Déficit focal brutal, systématisé (FAST : visage, bras, parole). L'AIT régresse en < 1 h.
Agir
15 immédiat ; imagerie (ischémique/hémorragique cliniquement indiscernables).

Hémorragie méningée 15

Reconnaître
Céphalée « en coup de tonnerre », maximale d'emblée, ± raideur de nuque, vomissements.
Agir
TDM cérébrale urgente (± ponction lombaire si TDM normale).

Méningite / purpura fulminans 15

Reconnaître
Fièvre + raideur de nuque + céphalée ; purpura fébrile = fulminans.
Agir
Purpura → antibiothérapie immédiate avant tout ; sinon ponction lombaire (TDM d'abord si signe focal).

Compression médullaire & queue de cheval IRM

Reconnaître
Déficit + niveau sensitif + troubles sphinctériens ± rachialgie ; anesthésie « en selle » (queue de cheval).
Agir
IRM sans délai (pronostic lié à la précocité), avis neurochirurgical.

État de mal & Guillain-Barré 15

Reconnaître
Crise > 5 min ou répétées sans reprise ; ou déficit moteur ascendant + aréflexie.
Agir
Benzodiazépine (état de mal) ; surveillance respiratoire/déglutition (Guillain-Barré).

HTIC / engagement 15

Reconnaître
Céphalées, vomissements, œdème papillaire, diplopie du VI ; anisocorie/mydriase = engagement.
Agir
Imagerie, avis neurochirurgical ; pas de ponction lombaire avant l'imagerie.
02 — LOCALISER : CENTRAL OU PÉRIPHÉRIQUE ?

Le raisonnement topographique

La sémiologie neurologique répond d'abord à une question : où est la lésion ? Le trépied réflexes / tonus / Babinski sépare le premier neurone (central, faisceau pyramidal) du second (périphérique). Puis le siège précis se déduit de la topographie et des syndromes associés.1

SigneAtteinte CENTRALE (1er neurone, pyramidal)Atteinte PÉRIPHÉRIQUE (2e neurone)
Réflexes (ROT)Vifs, polycinétiques, diffusésAbolis
TonusHypertonie spastique (élastique)Hypotonie
BabinskiPrésent (extension du gros orteil)Absent (flexion normale)
AmyotrophieTardive (de non-usage)Précoce
FasciculationsAbsentesPossibles (corne antérieure)
TopographieHémicorps / para- / tétra-Systématisée à un nerf/racine
SensibilitéSelon voies longues (niveau, hémicorps)Tous les modes sur le territoire
Association corne antérieure (périphérique) + faisceau pyramidal (Babinski) = SLA (maladie de Charcot). Association cordonal postérieur + pyramidal = sclérose combinée (carence B12).

Les grands syndromes topographiques

Syndrome pyramidal (voie motrice centrale)

Signes
Déficit (extenseurs aux MS, fléchisseurs aux MI), spasticité, ROT vifs/diffusés, clonus, Babinski, abolition des réflexes cutanés abdominaux, marche fauchante.
Localise
Voie cortico-spinale. Non proportionnel = cortical ; proportionnel pur = capsulaire ; + nerf crânien = tronc (alterne) ; para/tétra = médullaire.

Syndrome neurogène périphérique & myogène

Neurogène
Déficit systématisé, ROT abolis, amyotrophie, fasciculations, troubles sensitifs du territoire.
Myogène
Déficit moteur pur, proximal, symétrique, ROT conservés, sans trouble sensitif (signe du tabouret, marche dandinante). Myasthénie = fatigabilité fluctuante.

Syndrome cérébelleux

Statique
Élargissement du polygone, marche pseudo-ébrieuse, Romberg NON aggravé yeux fermés, hypotonie, ROT pendulaires.
Cinétique
Dysmétrie (doigt-nez, talon-genou), adiadococinésie, tremblement d'action, dysarthrie scandée. Vermis = statique ; hémisphères = membres homolatéraux.

Syndrome vestibulaire

Périphérique
Harmonieux : nystagmus horizonto-rotatoire unidirectionnel ↓ à la fixation, ± acouphènes, examen neuro normal.
Central
Dysharmonieux : nystagmus vertical/multidirectionnel ↑ à la fixation, skew, signes neuro → imagerie (HINTS2).

Syndrome extrapyramidal (parkinsonien)

Triade
Tremblement de repos (cède à l'action), rigidité plastique (roue dentée, Froment), akinésie (micrographie, festination, amimie).
Discrimine
Repos (vs action cérébelleux) ; hypertonie plastique continue (vs élastique proportionnelle pyramidale).

Syndrome cordonal postérieur & médullaires

Cordonal
Ataxie proprioceptive, Romberg + aggravé yeux fermés, ↓ pallesthésie, astéréognosie, Lhermitte ; thermo-algique respectée.
Médullaires
Brown-Séquard (dissociation croisée), syringomyélie (thermo-algique suspendu « en cape »), compression (niveau + sphincters, urgence), queue de cheval (aréflexie, selle, sans Babinski).

Syndrome méningé & syndromes alternes

Méningé
Raideur de nuque (flexion bloquée, latéralité souple), Kernig, Brudzinski, photophobie, vomissements en jet, chien de fusil.
Alterne
Nerf crânien homolatéral + voie longue controlatérale = tronc cérébral (ex. Wallenberg).
03 — L'EXAMEN NEUROLOGIQUE PAS À PAS

Un ordre pour ne rien oublier

  1. Fonctions supérieures & langage — vigilance, orientation, mémoire, attention ; langage (fluence, compréhension : Broca vs Wernicke) ; négligence ; praxies/gnosies. Confusion aiguë = fluctuante.
  2. Nerfs crâniens — II (acuité, champ, pupilles, fond d'œil) ; III-IV-VI (oculomotricité, diplopie, ptôsis) ; V (sensibilité de la face, cornéen, masséters) ; VII (motricité faciale : front respecté = central) ; VIII (audition, vertige, nystagmus) ; IX-X-XII (voile, déglutition, langue).
  3. Motricité & force — dépistage (Barré, Mingazzini), testing segmentaire (MRC 0-5), amyotrophie, fasciculations.
  4. Réflexes — ROT (bicipital C5, stylo-radial C6, tricipital C7, rotulien L4, achilléen S1), cutanés (Babinski, cutanés abdominaux), clonus.
  5. Tonus — spastique (pyramidal), plastique/roue dentée (extrapyramidal), hypotonie (cérébelleux/périphérique).
  6. Sensibilité — superficielle (tact, piqûre, thermique) et profonde (sens de position, pallesthésie) ; chercher un niveau, une dissociation, une systématisation.
  7. Coordination — doigt-nez, talon-genou, marionnettes (adiadococinésie).
  8. Équilibre & marche — Romberg (yeux ouverts/fermés) ; marche normale, talons, pointe, tandem (fauchante, steppage, ébrieuse, talonnante, petits pas…).
  9. Signes méningés & rachis — raideur de nuque, Kernig, Brudzinski ; palpation/mobilité du rachis.
04 — CATALOGUE DES SIGNES

Chaque signe : technique & valeur

Pour chaque signe : comment le chercher, ce qu'il teste, ce qu'il vaut. Beaucoup de signes neurologiques sont spécifiques mais peu sensibles (leur présence oriente, leur absence n'exclut pas).

Signe de Babinski

Réalisation
Gratter le bord externe de la plante, du talon vers la base du gros orteil (pointe mousse).
Positif si
Extension lente du gros orteil (± éventail des autres orteils).
Teste
La voie cortico-spinale (faisceau pyramidal).
Valeur
Toujours pathologique quand présent — pierre angulaire du syndrome pyramidal.

Réflexes ostéo-tendineux (ROT)

Réalisation
Percuter le tendon, muscle semi-étiré, patient relâché (manœuvres de facilitation).
Positif si
Abolis (périphérique) ; vifs, polycinétiques, diffusés (pyramidal) ; pendulaires (cérébelleux).
Teste
L'arc réflexe et son inhibition centrale — clé du tri central/périphérique.
Valeur
ROT abolis = 2e neurone ; ROT vifs + Babinski = 1er neurone.

Épreuve de Romberg

Réalisation
Debout, pieds joints, yeux ouverts puis fermés.
Positif si
Oscillations majorées à l'occlusion des yeux (proprioceptif) ; non modifiées (cérébelleux) ; latéralisées (vestibulaire).
Teste
L'équilibre statique et sa source.
Valeur
« Vrai » Romberg (aggravé yeux fermés) = ataxie proprioceptive — le distingue du cérébelleux.

Signes méningés (Kernig, Brudzinski, raideur de nuque)

Réalisation
Kernig : hanche fléchie, tenter d'étendre le genou. Brudzinski : fléchir la nuque. Raideur : flexion passive de la tête.
Positif si
Kernig : flexion réflexe/douleur des genoux. Brudzinski : flexion réflexe des hanches. Raideur : flexion bloquée, latéralité souple.
Teste
Une irritation méningée.
Valeur
Kernig et Brudzinski très spécifiques mais peu sensibles (Se ≈ 5 %, Sp ≈ 95 % chez l'adulte)3 : leur absence n'exclut pas une méningite.

Signe de Lhermitte & signe de Hoffmann

Réalisation
Lhermitte : flexion active du cou. Hoffmann : flexion-extension brusque de la 3e phalange du majeur.
Positif si
Lhermitte : décharge électrique le long du rachis. Hoffmann : flexion réflexe pouce-index.
Teste
Cordons postérieurs cervicaux (Lhermitte) ; syndrome pyramidal au MS (Hoffmann).
Valeur
Lhermitte : SEP, B12, compression. Hoffmann peu spécifique (aussi chez le sujet sain).

Coordination (doigt-nez, talon-genou) & dépistage moteur (Barré, Mingazzini)

Réalisation
Index sur le nez / talon sur le genou opposé. Barré : bras tendus paumes en l'air ≥ 10 s ; Mingazzini : cuisses/genoux fléchis ≥ 5 s.
Positif si
Dysmétrie/tremblement d'action (cérébelleux) ; chute ou creusement asymétrique (déficit pyramidal fruste).
Teste
La coordination cérébelleuse ; un déficit moteur débutant.
Valeur
Manœuvres de dépistage sensibles pour un déficit fruste.

Vertige : HINTS & Dix-Hallpike

Réalisation
HINTS : head impulse + nystagmus + test of skew. Dix-Hallpike : allonger rapidement, tête tournée à 45°.
Positif si
HINTS « central » (head impulse normal, nystagmus changeant, skew présente). Hallpike : nystagmus rotatoire épuisable après latence (VPPB).
Teste
AVC du tronc (HINTS) ; VPPB (Hallpike).
Valeur
HINTS plus sensible que l'IRM précoce pour l'AVC vestibulaire, opérateur entraîné2.

Score de Glasgow

Réalisation
Yeux /4 + Verbal /5 + Moteur /6.
Positif si
Coma si ≤ 8.
Teste
La profondeur d'un trouble de conscience.
Valeur
≤ 8 → protection des voies aériennes ; à répéter (dynamique).
05 — RÉCAPITULATIF

Valeur des signes en un coup d'œil

SigneOriente versSeSp
Central vs périphérique
BabinskiSyndrome pyramidal (central)Élevée
ROT abolisAtteinte périphérique
Romberg aggravé yeux fermésAtaxie proprioceptive
Syndrome méningé
Signe de KernigMéningite~5 %~95 %
Signe de BrudzinskiMéningite~5 %~95 %
Raideur de nuqueMéningite~30 %~68 %
Vertige
HINTS « central »AVC vestibulaireÉlevéeÉlevée
« — » = pas de valeur chiffrée fiable disponible ; beaucoup de signes neurologiques sont spécifiques mais peu sensibles. Kernig/Brudzinski/raideur d'après Thomas 20023 ; HINTS d'après Kattah 20092. À compléter (reprise EMC/UpToDate à venir).
06 — ÉPONYMES

Les noms derrière les signes

Mini-biographies des éponymes cités. Les dates et références princeps n'étant pas données par la source, elles sont issues de connaissances générales et marquées « à vérifier ».

Douglas Argyll Robertson — pupille d'Argyll Robertson

Ophtalmologiste écossais · 1837–1909 (à vérifier)

Décrit une pupille qui « accommode mais ne réagit pas à la lumière », classiquement dans le tabès (neurosyphilis).

Le signe : abolition du réflexe photomoteur avec conservation du myosis à l'accommodation-convergence.
L'article : Argyll Robertson D. Edinb Med J. ~1869 (réf. à vérifier).

Joseph Babinski — signe de Babinski

Neurologue français · 1857–1932 (à vérifier)

Élève de Charcot à la Salpêtrière, d'origine polonaise ; il cherchait des signes objectifs pour distinguer l'organique du fonctionnel.

Le signe (1896) : extension du gros orteil à la stimulation plantaire = atteinte du faisceau pyramidal.
L'article : Babinski J. Sur le réflexe cutané plantaire… C R Soc Biol. 1896 (à vérifier).

Charles Bell — paralysie & signe de Bell

Anatomiste/chirurgien écossais · 1774–1842 (à vérifier)

A décrit la fonction motrice du nerf facial (VII).

Le signe : bascule de l'œil vers le haut lors de la tentative de fermeture, dans la paralysie faciale périphérique (paralysie « de Bell » a frigore).
L'article : Bell C. Philos Trans R Soc. ~1821 (à vérifier).

Paul Broca — aphasie de Broca

Chirurgien/anthropologue français · 1824–1880 (à vérifier)

Localise le langage articulé au pied de la 3e circonvolution frontale gauche (patient « Tan »).

L'aphasie (1861) : réduction non fluente du langage, laborieuse, avec compréhension conservée.
L'article : Broca P. Bull Soc Anat Paris. 1861 (à vérifier).

Charles-Édouard Brown-Séquard — syndrome de Brown-Séquard

Physiologiste franco-mauricien · 1817–1894 (à vérifier)

Pionnier de la physiologie du système nerveux et des glandes.

Le syndrome (~1850) : hémisection médullaire — déficit moteur + proprioceptif homolatéral, thermo-algique controlatéral.
L'article : Brown-Séquard CE, ~1850 (réf. à vérifier).

Jean-Martin Charcot — maladie de Charcot (SLA)

Neurologue français · 1825–1893 (à vérifier)

« Père de la neurologie », fondateur de l'école de la Salpêtrière.

La maladie (~1874) : sclérose latérale amyotrophique — atteinte simultanée du 1er (pyramidal) et du 2e motoneurone.
L'article : Charcot JM, Joffroy A. Arch Physiol. 1869 (à vérifier).

Jules Froment — signe de Froment

Neurologue français · 1878–1946 (à vérifier)

École lyonnaise ; travaux sur le tonus et le nerf ulnaire.

Le signe (~1915) : flexion compensatrice du pouce en serrant une feuille = déficit de l'adducteur (nerf ulnaire). Aussi manœuvre de sensibilisation de la rigidité.
L'article : Froment J. Rev Neurol. ~1915 (à vérifier).

Georges Guillain & Jean-Alexandre Barré — syndrome de Guillain-Barré

Neurologues français · Guillain 1876–1961, Barré 1880–1967 (à vérifier)

Décrivent (avec Strohl) une polyradiculonévrite avec dissociation albumino-cytologique du LCR.

Le syndrome (1916) : paralysie ascendante symétrique avec aréflexie, après un épisode infectieux.
L'article : Guillain G, Barré JA, Strohl A. Bull Soc Méd Hôp Paris. 1916 (à vérifier).

Johann Friedrich Horner — syndrome de Claude Bernard-Horner

Ophtalmologiste suisse · 1831–1886 (à vérifier)

Décrit l'atteinte du sympathique cervical (Claude Bernard en avait posé les bases physiologiques).

Le syndrome (1869) : ptôsis + myosis + énophtalmie (± anhidrose) — atteinte sympathique (ex. Wallenberg).
L'article : Horner JF. Klin Monatsbl Augenheilkd. 1869 (à vérifier).

Woldemar Kernig & Józef Brudziński — signes méningés

Neurologue russe (1840–1917) & pédiatre polonais (1874–1917) (à vérifier)

Deux signes complémentaires de l'irritation méningée.

Les signes : Kernig (~1882) = flexion réflexe des genoux à la flexion des hanches ; Brudzinski (~1909) = flexion réflexe des hanches à la flexion de nuque.
L'article : Kernig W, ~1882 ; Brudziński J, ~1909 (réf. à vérifier).

Jean Lhermitte — signe de Lhermitte

Neurologue français · 1877–1959 (à vérifier)

Neuropsychiatre, travaux sur la moelle et les hallucinations.

Le signe (1924) : décharge électrique le long du rachis à la flexion du cou — atteinte des cordons postérieurs cervicaux (SEP, B12).
L'article : Lhermitte J, et al. Rev Neurol. 1924 (à vérifier).

Robert Marcus Gunn — phénomène de Marcus Gunn

Ophtalmologiste écossais · 1850–1909 (à vérifier)

Décrit le déficit pupillaire afférent relatif.

Le signe : à l'éclairage alterné, mydriase paradoxale de l'œil atteint = atteinte du nerf optique préchiasmatique.
L'article : Gunn RM. Trans Ophthalmol Soc UK. ~1902 (à vérifier).

James Parkinson — maladie de Parkinson

Médecin anglais · 1755–1824 (à vérifier)

Décrit la « paralysie agitante » à partir de six cas observés à Londres.

La maladie (1817) : tremblement de repos, rigidité, akinésie (le terme « maladie de Parkinson » est fixé plus tard par Charcot).
L'article : Parkinson J. An Essay on the Shaking Palsy. Londres ; 1817 (à vérifier).

Moritz Heinrich Romberg — épreuve de Romberg

Neurologue allemand · 1795–1873 (à vérifier)

Auteur d'un des premiers traités systématiques de neurologie.

L'épreuve (~1846) : aggravation de l'instabilité à l'occlusion des yeux = ataxie proprioceptive (décrite dans le tabès).
L'article : Romberg MH. Lehrbuch der Nervenkrankheiten… Berlin ; ~1846 (à vérifier).

Adolf Wallenberg — syndrome de Wallenberg

Neurologue allemand · 1862–1949 (à vérifier)

Décrit finement le syndrome rétro-olivaire et sa corrélation anatomique.

Le syndrome (1895) : infarctus latéro-bulbaire — Claude Bernard-Horner + cérébelleux + anesthésie thermo-algique croisée (face homolatérale, corps controlatéral).
L'article : Wallenberg A. Arch Psychiatr Nervenkr. 1895 (à vérifier).

Carl Wernicke — aphasie de Wernicke

Neuropsychiatre allemand · 1848–1905 (à vérifier)

Localise la compréhension du langage à la région temporale postérieure gauche.

L'aphasie (1874) : langage fluent mais incompréhensible (jargon, paraphasies) avec trouble de la compréhension.
L'article : Wernicke C. Der aphasische Symptomencomplex. Breslau ; 1874 (à vérifier).
07 — SIGNES ABANDONNÉS

Ce que la sémiologie a laissé de côté

Des signes autrefois enseignés, aujourd'hui délaissés — et pourquoi.

Succédanés du Babinski (Oppenheim, Gordon, Schaeffer, Chaddock) désuets

Description
Manœuvres alternatives censées provoquer la même extension du gros orteil (pression sur la crête tibiale = Oppenheim, du mollet = Gordon, du tendon d'Achille = Schaeffer, sous la malléole externe = Chaddock).
Pourquoi abandonnés
Moins fiables et moins sensibles que le Babinski ; n'apportent rien quand le Babinski est franc. Chaddock garde des partisans si la plante est peu stimulable.

Réflexe de Rossolimo désuet

Description
Percussion de la face plantaire des orteils → flexion des orteils, présentée comme signe pyramidal.
Pourquoi abandonné
Peu spécifique, inconstant chez le sujet sain ; supplanté par le trépied ROT/tonus/Babinski.

Réflexes cutanés abdominaux peu utilisé

Description
Contraction de la paroi à l'effleurement de l'abdomen ; leur abolition unilatérale accompagne une lésion pyramidale (utile chez le sujet jeune).
Pourquoi délaissé
Inconstants (obésité, chirurgie, âge, multiparité) donc peu fiables isolément — mais gardent une valeur d'appoint dans la SEP.

Manœuvre de Chvostek peu spécifique

Description
Percussion du nerf facial devant l'oreille → contraction faciale, cherchée dans l'hypocalcémie/tétanie.
Pourquoi nuancé
Présent chez ~10-25 % des sujets sains → faible spécificité ; le dosage de la calcémie a pris le relais.
08 — SOURCES

Sources & méthode

Première version d'après un traité de sémiologie neurologique et quelques références classiques sur la valeur des signes. Les éponymes citent leur source d'origine (dates « à vérifier »). Reprise prévue avec l'EMC (Neurologie) et UpToDate.

  1. Collège / traité de sémiologie neurologique. Chapitre « Examen neurologique » (source OCR de travail). Grands syndromes topographiques, examen, localisation.
  2. Kattah JC, Talkad AV, Wang DZ, et al. HINTS to diagnose stroke in the acute vestibular syndrome. Stroke. 2009;40(11):3504-3510. PMID:19762709HINTS vs imagerie précoce.
  3. Thomas KE, Hasbun R, Jekel J, Quagliarello VJ. The diagnostic accuracy of Kernig's sign, Brudzinski's sign, and nuchal rigidity in adults with suspected meningitis. Clin Infect Dis. 2002;35(1):46-52. PMID:12060874Se faible / Sp élevée des signes méningés.