La sémiologie neurologique tient en deux gestes : écarter l'urgence (AVC, hémorragie méningée, compression médullaire, méningite, Guillain-Barré), puis localiser — central ou périphérique, et à quel étage. Le trépied réflexes / tonus / Babinski tranche entre le premier et le second neurone ; le Romberg et le nystagmus départagent les ataxies. On remonte du motif au grand syndrome topographique, jusqu'au diagnostic.
Répondez aux questions : à chaque étape, le parcours indique le test à faire en priorité, puis où aller selon qu'il est positif ou négatif, jusqu'au diagnostic. Cliquez sur le nom d'un test (pastille 🔍) pour afficher sa technique et sa valeur dans le panneau de droite.
Renvois. Les céphalées (migraine, algie vasculaire, névralgie du V, Horton) sont détaillées dans la fiche Céphalées ; les radiculalgies (sciatique, cruralgie, névralgie cervico-brachiale) et le signe de Lasègue dans la fiche Lombalgie ; la syncope dans la fiche Cardiovasculaire. Ici : localiser une lésion du système nerveux et reconnaître les urgences.
Devant tout symptôme neurologique, ces tableaux imposent l'imagerie et/ou l'appel du 15. Au moindre déficit brutal : noter l'heure de début (elle conditionne la thrombolyse).
La sémiologie neurologique répond d'abord à une question : où est la lésion ? Le trépied réflexes / tonus / Babinski sépare le premier neurone (central, faisceau pyramidal) du second (périphérique). Puis le siège précis se déduit de la topographie et des syndromes associés.1
| Signe | Atteinte CENTRALE (1er neurone, pyramidal) | Atteinte PÉRIPHÉRIQUE (2e neurone) |
|---|---|---|
| Réflexes (ROT) | Vifs, polycinétiques, diffusés | Abolis |
| Tonus | Hypertonie spastique (élastique) | Hypotonie |
| Babinski | Présent (extension du gros orteil) | Absent (flexion normale) |
| Amyotrophie | Tardive (de non-usage) | Précoce |
| Fasciculations | Absentes | Possibles (corne antérieure) |
| Topographie | Hémicorps / para- / tétra- | Systématisée à un nerf/racine |
| Sensibilité | Selon voies longues (niveau, hémicorps) | Tous les modes sur le territoire |
Pour chaque signe : comment le chercher, ce qu'il teste, ce qu'il vaut. Beaucoup de signes neurologiques sont spécifiques mais peu sensibles (leur présence oriente, leur absence n'exclut pas).
| Signe | Oriente vers | Se | Sp |
|---|---|---|---|
| Central vs périphérique | |||
| Babinski | Syndrome pyramidal (central) | — | Élevée |
| ROT abolis | Atteinte périphérique | — | — |
| Romberg aggravé yeux fermés | Ataxie proprioceptive | — | — |
| Syndrome méningé | |||
| Signe de Kernig | Méningite | ~5 % | ~95 % |
| Signe de Brudzinski | Méningite | ~5 % | ~95 % |
| Raideur de nuque | Méningite | ~30 % | ~68 % |
| Vertige | |||
| HINTS « central » | AVC vestibulaire | Élevée | Élevée |
Mini-biographies des éponymes cités. Les dates et références princeps n'étant pas données par la source, elles sont issues de connaissances générales et marquées « à vérifier ».
Décrit une pupille qui « accommode mais ne réagit pas à la lumière », classiquement dans le tabès (neurosyphilis).
Élève de Charcot à la Salpêtrière, d'origine polonaise ; il cherchait des signes objectifs pour distinguer l'organique du fonctionnel.
A décrit la fonction motrice du nerf facial (VII).
Localise le langage articulé au pied de la 3e circonvolution frontale gauche (patient « Tan »).
Pionnier de la physiologie du système nerveux et des glandes.
« Père de la neurologie », fondateur de l'école de la Salpêtrière.
École lyonnaise ; travaux sur le tonus et le nerf ulnaire.
Décrivent (avec Strohl) une polyradiculonévrite avec dissociation albumino-cytologique du LCR.
Décrit l'atteinte du sympathique cervical (Claude Bernard en avait posé les bases physiologiques).
Deux signes complémentaires de l'irritation méningée.
Neuropsychiatre, travaux sur la moelle et les hallucinations.
Décrit le déficit pupillaire afférent relatif.
Décrit la « paralysie agitante » à partir de six cas observés à Londres.
Auteur d'un des premiers traités systématiques de neurologie.
Décrit finement le syndrome rétro-olivaire et sa corrélation anatomique.
Localise la compréhension du langage à la région temporale postérieure gauche.
Des signes autrefois enseignés, aujourd'hui délaissés — et pourquoi.
Première version d'après un traité de sémiologie neurologique et quelques références classiques sur la valeur des signes. Les éponymes citent leur source d'origine (dates « à vérifier »). Reprise prévue avec l'EMC (Neurologie) et UpToDate.