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Génétique :
le morphotype alerte,
l'association tranche

Le généraliste n'a pas à diagnostiquer un syndrome rare, mais à repérer les signes qui doivent faire évoquer une maladie génétique et adresser — parfois en urgence. Le principe : un signe mineur isolé (un pli palmaire unique, un épicanthus, quelques taches café-au-lait) est le plus souvent banal ; c'est l'ASSOCIATION de plusieurs signes, ou un signe cardinal évocateur, qui fait le signal.

Par le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau — fiche rédigée et vérifiée (sources en fin de page).
Repérage fondé sur les critères diagnostiques primaires et les recommandations (Gand, NIH/NF1, Amsterdam, EDS 2017…) ; ni EMC ni UpToDate cités. Schémas dessinés (libres de droit, sans photo de personne).
Aide au raisonnement — le diagnostic moléculaire et la prise en charge relèvent du généticien et du spécialiste d'organe. Déficience intellectuelle : voir aussi Pédiatrie et Psychiatrie ; risque aortique/cardiaque : Cœur & vaisseaux.
Première version : 2026-07-15Dernière révision : 2026-07-15
Par où commencer
00 — AIGUILLAGE

Du signe d'appel au syndrome, pas à pas

Répondez aux questions : à chaque étape le parcours indique le signe à rechercher, puis où aller selon ce qu'on trouve, jusqu'au syndrome à évoquer et à la conduite. Cliquez sur le nom d'un signe (pastille 🔍) pour sa définition et sa recherche.

Le réflexe qui prime. Certains signes sont des urgences ou des cardinaux à ne jamais banaliser : habitus marfanoïde (risque de dissection aortique), mort subite familiale précoce, peau fine translucide avec ecchymoses (Ehlers-Danlos vasculaire), xanthomes tendineux, cancers en agrégat familial. Adresser même sur un seul de ces signes.

01 — À NE PAS MANQUER

Les signes génétiques qui engagent le pronostic

Rares mais graves : un seul de ces signes justifie une exploration (parfois urgente) et un adressage.

Habitus marfanoïde + douleur thoracique brutale dissection

Reconnaître
Grande taille, membres longs, arachnodactylie ± ectopie du cristallin, avec douleur thoracique/dorsale brutale.
Agir
Urgence : imagerie aortique immédiate (dissection). Hors urgence : écho de la racine aortique + génétique.1

Mort subite familiale précoce cardio-génétique

Reconnaître
Décès subit < 40-50 ans chez un apparenté, syncopes d'effort/émotion, cardiomyopathie familiale.
Agir
ECG, écho cardiaque, avis cardio-génétique (cardiomyopathie, QT long — score de Schwartz, Brugada) ; dépistage familial.2

Ehlers-Danlos vasculaire COL3A1

Reconnaître
Peau fine et translucide (veines visibles), ecchymoses faciles, aspect vieilli des extrémités ; risque de ruptures artérielles/digestives/utérines.
Agir
Repérage = urgence relative : adresser en génétique sans délai.3

Hypercholestérolémie familiale IDM précoce

Reconnaître
Xanthomes tendineux (tendon d'Achille, extenseurs), arc cornéen avant 45 ans, xanthélasma, IDM précoce personnel ou familial.
Agir
Bilan lipidique, dépistage familial en cascade, adresser (critères DLCN/Simon Broome).4

Cancers en agrégat familial oncogénétique

Reconnaître
Sein/ovaire jeunes, bilatéraux, triple-négatifs, sein masculin (BRCA) ; côlon/endomètre précoces sur ≥ 2-3 apparentés, 2 générations (Lynch, règle 3-2-1).
Agir
Consultation d'oncogénétique (Amsterdam II / Bethesda).56
02 — REPÈRES MORPHOLOGIQUES

Reconnaître et nommer les signes

Les signes se décrivent avec des mots précis. Schémas volontairement neutres (aucune photo de personne) : ils isolent le signe pour l'apprendre.

Le visage

Repères morphologiques du visage 1 2 3 4 5 6
  1. Hypertélorisme — yeux trop écartés (augmentation de la distance inter-orbitaire) ; à distinguer du télécanthus (canthi internes écartés, orbites normales).
  2. Fentes palpébrales obliques — en haut et en dehors (« mongoloïdes », trisomie 21) ou en bas et en dehors (Noonan, Treacher-Collins).
  3. Épicanthus — repli cutané masquant le canthus interne.
  4. Oreilles bas implantées / mal ourlées — leur bord supérieur passe sous la ligne des canthi (repère orange).
  5. Ensellure nasale plate + philtrum long et lisse — évocateurs (ensemble alcoolisation fœtale : philtrum lisse + lèvre supérieure fine + fentes courtes).
  6. Micrognathie / rétrognathie — menton fuyant (séquence de Pierre Robin, Treacher-Collins).

Les extrémités

Plis palmaires : normal vs pli transverse unique normal — 2 plis pli unique + clinodactylie
  1. Pli palmaire transverse unique — un seul pli traverse toute la paume (au lieu de deux). Classique dans la trisomie 21 — mais présent chez ~4 % de la population normale : ne compte qu'associé à d'autres signes.
  2. Clinodactylie du 5e doigt — incurvation de l'auriculaire vers l'annulaire (brièveté de la 2e phalange) ; fréquente, peu spécifique isolément.
  3. Signes de Marfansigne du pouce (Steinberg) : le pouce, replié dans la paume poing fermé, dépasse le bord de la main ; signe du poignet (Walker-Murdoch) : le pouce et l'auriculaire se recouvrent en encerclant le poignet opposé.

L'arbre généalogique

Symboles de l'arbre généalogique homme femme atteint(e) porteur/-euse décédé(e) consanguinité cas index

Signes d'appel de l'arbre généalogique : consanguinité · plusieurs apparentés atteints · fausses couches ou morts néonatales répétées · morts subites précoces · cancers multiples et survenant jeunes · transmission verticale de génération en génération (dominant) ou touchant surtout les garçons via les femmes (lié à l'X).

03 — SIGNES D'APPEL PAR SYNDROME

Du morphotype au syndrome à évoquer

Tableaux de reconnaissance : le but est d'évoquer et d'adresser, pas de diagnostiquer. Plusieurs syndromes ont un risque cardiaque qui impose une écho (Williams, Noonan, 22q11, Turner, Marfan).

Signes d'appelÉvoquerConduite
Dysmorphie faciale
Fentes obliques ↑, épicanthus, macroglossie, hypotonie, pli uniqueTrisomie 217Génétique + écho cardiaque (CAV/CIV)
Faciès « lutin », sociabilité excessive, iris stellaire, retardWilliams-Beuren8Génétique + écho (sténose aortique supravalvulaire) + calcémie
Hypertélorisme, ptosis, cou court/palmé, thorax en bouclier, petite tailleNoonan9Génétique + écho (sténose pulmonaire, CMH)
Micrognathie, fente vélaire, nasillement, oreilles dysplasiquesMicrodélétion 22q11.210Génétique + écho (conotroncal) + calcémie + immunité
Fentes courtes, philtrum long/lisse, lèvre fine, microcéphalie + alcool fœtalTSAF / SAFÉvaluation neurodéveloppementale (non génétique)
Visage « en hache », ptosis, calvitie + myotonie (peine à relâcher la poignée de main), multisystèmeDystrophie myotonique de Steinert11ECG/Holter (BAV) + génétique + neuro
Croissance / taille
Fille : petite taille, cou palmé, impubérisme, lymphœdèmeTurner (45,X)12Caryotype + écho/IRM (coarctation, bicuspidie)
Petite taille rhizomélique, macrocéphalie, mains en tridentAchondroplasie13Génétique / orthopédie
Hypotonie néonatale puis hyperphagie/obésité, hypogonadisme, DIPrader-Willi14Génétique (méthylation 15q11-q13)
Homme grand, petits testicules, gynécomastie, infertilitéKlinefelter (47,XXY)15Caryotype
Déficience intellectuelle + dysmorphie
Garçon : DI, visage allongé, grandes oreilles, macro-orchidie, autismeX fragile (FMR1)16Génétique (FMR1/CGG) — 1re cause héréditaire de DI
DI, rires immotivés, ataxie, épilepsie, absence de langageAngelmanGénétique (15q11-q13 maternel)
Fille : régression 6-18 mois, stéréotypies des mains, ralentissement du PCRett (MECP2)Génétique
Un enfant avec plusieurs de ces signes (dysmorphie + extrémités + croissance + retard) doit être adressé, même sans diagnostic présumé. Les signes cutanés (café-au-lait, angiofibromes, hyperlaxité) et les critères chiffrés sont détaillés aux §04-05.
04 — CATALOGUE DES SIGNES

Chaque signe : définition, recherche & valeur

Comment rechercher chaque signe et ce qu'il vaut. Les seuils chiffrés sont issus des critères primaires (café-au-lait, Beighton) ; les détails de points des grilles complexes sont à recouper (voir §05).

Hypertélorisme vs télécanthus

Recherche
Comparer la distance interpupillaire (reflet de l'écart orbitaire osseux) et la distance intercanthale interne ; rapporter aux abaques (âge/sexe).
Positif si
Hypertélorisme = interpupillaire augmentée ; télécanthus = intercanthale augmentée avec interpupillaire normale.
Teste
Un vrai écartement orbitaire (à ne pas coter sans mesure — l'épicanthus trompe).
Valeur
Orientant, à intégrer au tableau dysmorphique.

Signes de Marfan : pouce (Steinberg) & poignet (Walker-Murdoch)

Recherche
Steinberg : pouce en adduction dans la paume poing fermé. Walker-Murdoch : enserrer le poignet controlatéral avec le pouce et le 5e doigt.
Positif si
Steinberg : la phalange distale du pouce dépasse le bord ulnaire de la main. Walker-Murdoch : pouce et auriculaire se chevauchent.
Teste
L'arachnodactylie / laxité (éléments du score systémique de Gand).
Valeur
Signes mineurs : à intégrer au score ; les décisions reposent sur la racine aortique et l'ectopie du cristallin.1

Taches café-au-lait & lentigines des plis

Recherche
Compter les macules à bords nets ; mesurer le plus grand diamètre ; chercher les lentigines axillaires/inguinales (signe de Crowe).
Positif si
≥ 6 taches de diamètre > 5 mm avant la puberté ou > 15 mm après (critère NF1).
Teste
Une neurofibromatose de type 1 (ou syndrome de Legius si café-au-lait + lentigines sans neurofibrome).
Valeur
Seuil robuste ; 1-5 taches isolées sont banales.1718

Hypermobilité — score de Beighton (0-9)

Recherche
1 point/côté : 5e doigt en hyperextension > 90°, pouce au contact de l'avant-bras, coude > 10°, genou > 10° ; + 1 point : paumes à plat au sol, genoux tendus.
Positif si
Hypermobilité généralisée : ≥ 6 pré-pubère, ≥ 5 adulte, ≥ 4 après 50 ans.
Teste
Une hyperlaxité (élément du diagnostic d'Ehlers-Danlos hypermobile).
Valeur
Nécessaire mais non suffisant (l'hyperlaxité isolée est fréquente et bénigne).3

Signes de l'hypercholestérolémie familiale

Recherche
Palper les tendons d'Achille et les extenseurs (xanthomes) ; inspecter la cornée (arc) et les paupières (xanthélasma).
Positif si
Xanthomes tendineux (très spécifiques) ; arc cornéen avant 45 ans.
Teste
Une hypercholestérolémie familiale (fort poids dans DLCN / Simon Broome).
Valeur
Un arc cornéen après 60 ans est banal (gérontoxon) ; avant 45 ans il alerte.4

Macro-orchidie (orchidomètre de Prader)

Recherche
Comparer le volume testiculaire aux billes calibrées, en tenant compte de l'âge/stade pubertaire.
Positif si
Volume augmenté, surtout en post-puberté.
Teste
Le syndrome de l'X fragile (chez un garçon avec DI + visage allongé + grandes oreilles).
Valeur
Évocateur dans le contexte ; à intégrer au tableau.16

Pli palmaire transverse unique

Recherche
Chercher un pli unique traversant toute la paume (au lieu de deux) ; noter la bilatéralité.
Positif si
Un seul pli, surtout bilatéral et associé à d'autres signes.
Teste
Une aneuploïdie (trisomie 21) dans un contexte évocateur.
Valeur
Peu spécifique isolé : présent chez ~ 1 personne sur 20-30 en population normale.
05 — CRITÈRES DIAGNOSTIQUES

Les grilles de référence, en repères

Avertissement de rigueur : les PMID sont vérifiés, et les seuils cardinaux ci-dessous sont robustes ; en revanche le détail des points des grilles complexes (score systémique de Gand, points du score de Schwartz, points DLCN, liste fine des critères mineurs de la sclérose tubéreuse et des sous-critères Bethesda) est à recontrôler sur le texte intégral avant tout usage formel — c'est le généticien qui applique la grille.

CadreRepère décisionnel
Marfan — Gand révisée1Cardinaux : dilatation de la racine aortique (Z ≥ 2) + ectopie du cristallin. Sans antécédent familial : aorte + ectopie ; ou aorte + FBN1 ; ou aorte + score systémique ≥ 7 (détail des points à recouper).
NF1 — NIH / révision 20211718≥ 2 critères parmi : ≥ 6 café-au-lait (5/15 mm) · ≥ 2 neurofibromes ou 1 plexiforme · lentigines des plis · gliome optique · ≥ 2 nodules de Lisch (ou anomalies choroïdiennes) · lésion osseuse · variant NF1. Café-au-lait + lentigines seuls → Legius.
Sclérose tubéreuse1920Certain = 2 majeurs ou 1 majeur + ≥ 2 mineurs ; un variant TSC1/TSC2 suffit. Majeurs : macules hypomélaniques, angiofibromes, fibromes unguéaux, peau de chagrin, rhabdomyome, angiomyolipomes, atteintes cérébrales…
Ehlers-Danlos — 2017313 sous-types ; confirmation moléculaire sauf le type hypermobile (clinique : Beighton + signes systémiques + exclusion). Forme vasculaire (COL3A1) = haut risque.
Lynch — Amsterdam II5 / Bethesda6Règle « 3-2-1 » (robuste) : ≥ 3 apparentés (1 au 1er degré) · ≥ 2 générations · ≥ 1 cas < 50 ans, spectre Lynch, PAF exclue. Bethesda = indications de test MSI/IHC de la tumeur.
Hypercholestérolémie familiale4Grilles DLCN (points ; certaine > 8, probable 6-8, possible 3-5) et Simon Broome ; xanthomes tendineux et arc cornéen < 45 ans pèsent lourd (points à recouper).
QT long — score de Schwartz2Score pondéré (ECG + clinique + familial) ; un QTc ≥ 480 ms pèse le plus. Probabilité : faible ≤ 1, intermédiaire 2-3, élevée ≥ 4 (points à recouper).
06 — ÉPONYMES

Les noms derrière les syndromes

Mini-biographies. Les dates (« à vérifier ») viennent de connaissances générales ; les critères modernes sont, eux, référencés.

Antoine Marfan

Pédiatre français · 1858–1942 (à vérifier)

Décrit en 1896 une fillette aux membres démesurés (« dolichosténomélie »).

Le syndrome : atteinte du tissu conjonctif (FBN1) — aorte (dilatation/dissection), cristallin (ectopie), squelette. Critères de Gand.1

John Langdon Down

Médecin britannique · 1828–1896 (à vérifier)

Décrit en 1866 le tableau clinique de la trisomie 21 (dont la cause chromosomique sera établie par Lejeune en 1959).

Le syndrome : trisomie 21 ; suivi de santé structuré.7

Friedrich von Recklinghausen

Pathologiste allemand · 1833–1910 (à vérifier)

Décrit la neurofibromatose (« maladie de von Recklinghausen »).

Le signe : NF1 — taches café-au-lait, neurofibromes, nodules de Lisch. Critères NIH révisés.17

Désiré-Magloire Bourneville

Neurologue français · 1840–1909 (à vérifier)

Décrit la sclérose tubéreuse (« maladie de Bourneville »).

Le signe : angiofibromes, macules achromiques, atteintes cérébrale/rénale/cardiaque. Critères révisés.19

Edvard Ehlers & Henri-Alexandre Danlos

Dermatologues (danois · français) · début XXe (à vérifier)

Décrivent l'association hyperlaxité cutanée et articulaire + fragilité.

Le syndrome : 13 sous-types ; la forme vasculaire est la plus dangereuse. Classification 2017.3

Henry T. Lynch

Interniste américain · 1928–2019 (à vérifier)

Décrit le cancer colorectal héréditaire non polyposique (« syndrome de Lynch »).

Le signe : agrégat familial côlon/endomètre précoce. Critères d'Amsterdam.5

Henry Turner & Harry Klinefelter

Endocrinologues américains · années 1930-1940 (à vérifier)

Décrivent deux anomalies gonosomiques.

Les syndromes : Turner (45,X — fille, petite taille, cardiopathie)12 ; Klinefelter (47,XXY — homme, hypogonadisme).15

Jacqueline Noonan

Cardio-pédiatre américaine · 1928–2020 (à vérifier)

Décrit un « Turner-like » à caryotype normal, des deux sexes.

Le syndrome : dysmorphie, petite taille, sténose pulmonaire / CMH.9

Hans Steinert — dystrophie myotonique

Neurologue allemand · 1875–1911 (à vérifier)

Décrit en 1909 la dystrophie myotonique (« maladie de Steinert »).

Le signe : faciès myopathique « en hache » + myotonie (peine à relâcher) + atteinte multisystémique (cœur, cristallin, endocrine) ; expansion CTG avec anticipation.11
07 — PIÈGES À ÉVITER

Ne pas sur- ni sous-interpréter

La sémiologie génétique se trompe dans les deux sens : trop diagnostiquer sur un signe banal, ou banaliser un signal familial.

Le pli palmaire unique isolé banal

Piège
Évoquer une trisomie 21 sur ce seul signe.
Réalité
Présent chez ~ 1 personne sur 20-30, souvent unilatéral et familial. Ne compte qu'associé à d'autres signes.

1 à 5 taches café-au-lait banal

Piège
Parler de NF1 devant quelques taches.
Réalité
Banales chez l'enfant sain ; le seuil NF1 est ≥ 6 avec les bornes de taille. Une grande tache segmentaire évoque un autre cadre (mosaïcisme).

Dysmorphies mineures isolées non spécifiques

Piège
Coter chaque épicanthus, clinodactylie, oreille « un peu bas implantée ».
Réalité
La plupart sont sans signification chez un enfant par ailleurs normal. C'est l'ASSOCIATION qui fait le signal.

Hyperlaxité isolée fréquente

Piège
Diagnostiquer un Ehlers-Danlos sur la seule souplesse.
Réalité
Fréquente (enfant, danseur, sportif) ; sans les autres critères (peau, fragilité, familial), ce n'est pas un EDS. Ne pas sur-diagnostiquer le hEDS.

Âgisme inverse : banaliser le « familial » à ne pas manquer

Piège
Attribuer une DI « familiale », une mort subite « de fatigue », des ruptures « de malchance ».
Réalité
L'agrégation familiale est justement le signal génétique. Une hypermobilité « de famille » avec ruptures/anévrismes est alarmante (EDS vasculaire), pas rassurante.
08 — SOURCES

Sources & méthode

Critères diagnostiques primaires et recommandations, PMID vérifiés sur PubMed. Rigueur assumée : les seuils cardinaux sont fiables, mais le détail des points des grilles (Gand, Schwartz, DLCN, mineurs TSC/Bethesda) est à recontrôler sur le texte intégral avant tout usage formel. Adressage BRCA et critères du TSAF : à compléter sur les référentiels nationaux. Ni EMC ni UpToDate ne sont cités. Schémas dessinés par l'auteur (libres de droit, sans photo de personne).

  1. Loeys BL, Dietz HC, Braverman AC, et al. The revised Ghent nosology for the Marfan syndrome. J Med Genet. 2010;47(7):476-485. PMID:20591885Critères de Gand : racine aortique + ectopie du cristallin cardinales ; score systémique.
  2. Schwartz PJ, Moss AJ, Vincent GM, Crampton RS. Diagnostic criteria for the long QT syndrome. An update. Circulation. 1993;88(2):782-784. PMID:8339437Score de Schwartz (probabilité de LQTS).
  3. Malfait F, Francomano C, Byers P, et al. The 2017 international classification of the Ehlers-Danlos syndromes. Am J Med Genet C Semin Med Genet. 2017;175(1):8-26. PMID:2830622913 sous-types ; critères hEDS (Beighton) ; forme vasculaire à haut risque.
  4. Nordestgaard BG, Chapman MJ, Humphries SE, et al. Familial hypercholesterolaemia is underdiagnosed and undertreated in the general population: consensus statement of the European Atherosclerosis Society. Eur Heart J. 2013;34(45):3478-3490. PMID:23956253Grilles DLCN et Simon Broome ; xanthomes tendineux, arc cornéen < 45 ans.
  5. Vasen HF, Watson P, Mecklin JP, Lynch HT. New clinical criteria for hereditary nonpolyposis colorectal cancer (HNPCC, Lynch syndrome). Gastroenterology. 1999;116(6):1453-1456. PMID:10348829Critères d'Amsterdam II (règle 3-2-1).
  6. Umar A, Boland CR, Terdiman JP, et al. Revised Bethesda Guidelines for hereditary nonpolyposis colorectal cancer (Lynch syndrome) and microsatellite instability. J Natl Cancer Inst. 2004;96(4):261-268. PMID:14970275Indications de test MSI/IHC de la tumeur.
  7. Bull MJ, Trotter T, Santoro SL, et al. Health Supervision for Children and Adolescents With Down Syndrome. Pediatrics. 2022;149(5):e2022057010. PMID:35490285Trisomie 21 : suivi de santé structuré.
  8. Morris CA. Williams Syndrome. GeneReviews. 2017. PMID:20301427Williams-Beuren : sténose aortique supravalvulaire, hypercalcémie.
  9. Roberts AE, Allanson JE, Tartaglia M, Gelb BD. Noonan syndrome. Lancet. 2013;381(9863):333-342. PMID:23312968Noonan : dysmorphie, sténose pulmonaire, CMH.
  10. McDonald-McGinn DM, Hain HS, Emanuel BS, Zackai EH. 22q11.2 Deletion Syndrome. GeneReviews. 2020. PMID:20301696Microdélétion 22q11.2 : cardiopathie conotroncale, hypocalcémie, déficit immunitaire.
  11. Bird TD. Myotonic Dystrophy Type 1. GeneReviews [Internet]. 1999 (mise à jour 2024). PMID:20301344Dystrophie myotonique de Steinert (DM1) : faciès myopathique, myotonie, atteinte multisystémique, expansion CTG, anticipation.
  12. Gravholt CH, Andersen NH, Conway GS, et al. Clinical practice guidelines for the care of girls and women with Turner syndrome. Eur J Endocrinol. 2017;177(3):G1-G70. PMID:28705803Turner : dépistage cardiaque (coarctation, bicuspidie).
  13. Butler MG, Miller JL, Forster JL, et al. Genetic conditions of short stature: a review of three classic examples. Front Endocrinol (Lausanne). 2022;13:1006219. PMID:36339399Petites tailles génétiques (achondroplasie, Prader-Willi, Turner).
  14. Cassidy SB, Schwartz S, Miller JL, Driscoll DJ. Prader-Willi syndrome. Genet Med. 2012;14(1):10-26. PMID:22237428Hypotonie néonatale puis hyperphagie/obésité, hypogonadisme.
  15. Groth KA, Skakkebæk A, Høst C, et al. Klinefelter syndrome — a clinical update. J Clin Endocrinol Metab. 2013;98(1):20-30. PMID:23118429Klinefelter (47,XXY) : hypogonadisme, grande taille, infertilité.
  16. Hunter JE, Berry-Kravis E, Hipp H, Todd PK. FMR1 Disorders. GeneReviews. 2019. PMID:20301558X fragile : 1re cause héréditaire de déficience intellectuelle.
  17. Legius E, Messiaen L, Wolkenstein P, et al. Revised diagnostic criteria for neurofibromatosis type 1 and Legius syndrome: an international consensus recommendation. Genet Med. 2021;23(8):1506-1513. PMID:34012067Révision NF1, distinction Legius, ajout choroïde et variant NF1.
  18. National Institutes of Health Consensus Development Conference. Neurofibromatosis. Conference statement. Arch Neurol. 1988;45(5):575-578. PMID:3128965Critères NIH historiques (≥ 6 café-au-lait, seuils 5/15 mm).
  19. Northrup H, Krueger DA; International TSC Consensus Group. Tuberous sclerosis complex diagnostic criteria update. Pediatr Neurol. 2013;49(4):243-254. PMID:24053982Critères majeurs/mineurs ; critère génétique indépendant.
  20. Northrup H, Aronow ME, Bebin EM, et al. Updated International Tuberous Sclerosis Complex Diagnostic Criteria and Surveillance and Management Recommendations. Pediatr Neurol. 2021;123:50-66. PMID:34399110Mise à jour 2021.