SemioClic · sémiologie fondée sur les preuves

Bassin & hanche :
la localisation oriente,
l'aine parle pour la hanche

Une sémiologie du bassin et de la hanche organisée par région : aine (coxo-fémorale), bord latéral (trochanter), fesse (sacro-iliaque, piriforme, ischion), pubis du sportif, ressaut, hanche de l'enfant, traumatismes. Deux repères : une vraie douleur de hanche est inguinale et irradie au genou ; la plupart des tests sont peu spécifiques (ils écartent plus qu'ils ne confirment). Toujours penser aux urgences : fracture du col, arthrite septique, épiphysiolyse de l'ado, nécrose avasculaire.

Par le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau — fiche rédigée et vérifiée (sources en fin de page).
Cadre : un traité de sémiologie de l'appareil locomoteur (examen de la hanche) et la littérature EBM (revues JAMA/Br J Sports Med, séries de Laslett, Grimaldi, Birrell, Reiman).
Les lombosciatiques et cruralgies restent dans la fiche Rachis & sacro-iliaque. Aide au raisonnement — ne remplace ni l'examen, ni l'imagerie, ni l'avis spécialisé.
Première version : 2026-07-13Dernière révision : 2026-07-14
Par où commencer
00 — AIGUILLAGE

De la plainte au diagnostic, pas à pas

Répondez aux questions : à chaque étape, le parcours propose le test à faire, puis où aller selon le résultat. Cliquez sur le nom d'un test (pastille 🔍) pour afficher sa technique et sa valeur. Deux réflexes : la douleur inguinale parle pour la hanche ; penser aux urgences (fracture, infection, épiphysiolyse, nécrose).

L'honnêteté de la hanche. C'est une articulation profonde, difficile à examiner : la plupart des tests (FADIR, FABER, log roll) sont très sensibles mais peu spécifiques — ils écartent plus qu'ils ne confirment. Les seuls domaines bien validés sont la rotation interne (coxarthrose), l'appui monopodal (tendinopathie fessière) et la batterie sacro-iliaque. Toujours : la douleur inguinale oriente la hanche, la fessière un carrefour, et une douleur de genou chez l'enfant impose d'examiner la hanche.

01 — URGENCES & PIÈGES

Ce qu'il ne faut pas manquer

Sept situations où le bassin ou la hanche imposent un geste ou un adressage rapide — traumatiques, infectieuses, ischémiques, ou propres à l'enfant.

Fracture de l'extrémité supérieure du fémur Sujet âgé/ostéoporotique après une chute : douleur inguinale, impotence, membre raccourci en rotation externe si déplacée. ⚠️ Une fracture engrenée ou occulte peut garder l'appui et une radiographie normale : devant une forte suspicion, IRM/TDM (la percussion pubo-patellaire aide). Avis chirurgical, prise en charge de l'ostéoporose et des chutes.
Arthrite septique de hanche Fièvre, douleur intense, impotence totale avec refus d'appui, hanche fléchie en rotation externe. Chez l'enfant fébrile qui boite, c'est le diagnostic à éliminer en priorité (critères de Kocher). Échographie, ponction, avis chirurgical et antibiothérapie en urgence.
Épiphysiolyse fémorale supérieure (adolescent) Ado (souvent en surpoids), douleur de la hanche ou du genou, boiterie, membre en rotation externe. Toute douleur de genou de l'ado impose d'examiner la hanche. Décharge immédiate (interdire l'appui), radiographies (profil de Lauenstein), avis chirurgical urgent — risque de nécrose et de bascule.
Nécrose avasculaire de la tête fémorale Coxalgie inguinale d'aggravation sur terrain à risque (corticothérapie, alcool, drépanocytose, lupus) : aucun signe clinique spécifique, radiographie souvent normale au début → IRM sans tarder (le stade précoce change le pronostic).
Fracture instable de l'anneau pelvien Traumatisme à haute énergie : une fracture instable du bassin peut saigner massivement (urgence hémodynamique) et léser les organes/nerfs pelviens. Chez le sujet âgé, penser aux fractures de fragilité (branches, sacrum), souvent occultes.
Luxation de hanche (ou de prothèse) Traumatisme violent (choc du tableau de bord) ou prothèse : attitude vicieuse, rechercher une atteinte du nerf sciatique et les pouls. Réduction en urgence (le retard majore le risque de nécrose).
Douleur osseuse non mécanique (suspicion tumorale) Une coxalgie/douleur inguinale non mécanique, nocturne, non calmée par le repos, avec altération de l'état général ou antécédent néoplasique (prostate, sein, rein, poumon, thyroïde ; myélome), doit faire évoquer une métastase ou une lésion osseuse ; chez le sujet jeune, une tumeur primitive (ostéome ostéoïde : douleur nocturne calmée par l'aspirine). Radiographie ± IRM, bilan.
Douleur projetée (à ne pas « traiter » comme une hanche) Une pathologie pelvienne ou abdominale (appendicite, colique néphrétique, colite, anévrisme, pathologie gynécologique) peut irradier à l'aine ; une radiculopathie lombaire haute (L2-L4) donne une cruralgie antérieure. Examiner l'abdomen, le rachis et les pouls.
La localisation oriente
02 — AINE & HANCHE

Douleur inguinale : la coxo-fémorale

La douleur inguinale, irradiant au genou, avec limitation et douleur de la rotation interne, signe l'atteinte coxo-fémorale. Distinguer l'usure (coxarthrose), le conflit du sujet jeune (labrum), les tendinopathies péri-articulaires, et les urgences (nécrose, fracture, arthrite).

Le signe le plus utile : la rotation interne. Une limitation (et une douleur) de la rotation interne de hanche est le meilleur signe clinique de coxarthrose (Se ~0,86 pour l'arthrose modérée ; la restriction des 3 plans est plus spécifique, Sp ~0,88-0,93).12 Chez le sujet jeune, le test FADIR (conflit antérieur) est très sensible (Se ~0,94-0,99) : un test négatif écarte un conflit/labrum, un test positif ne le prouve pas.3

Coxarthrose

Sujet > 50 ans : douleur mécanique inguinale (irradiant au genou), boiterie, limitation progressive, rotation interne limitée. Radiographies (l'IRM n'est pas de 1re intention). Antalgie, activité adaptée, kinésithérapie ; prothèse dans les formes évoluées.

Conflit fémoro-acétabulaire & lésion du labrum

Sujet jeune/sportif : douleur inguinale d'effort, accrochage, « C-sign », FADIR positif. Radiographies (± angle alpha), arthro-IRM ; rééducation, parfois arthroscopie.

Tendinopathie / bursite de l'iliopsoas

Douleur inguinale antérieure à la flexion résistée et à la montée d'escaliers, ± ressaut antérieur. Repos relatif, kinésithérapie ; infiltration échoguidée si résistance.

Nécrose avasculaire & coxite (arthrite)

Nécrose : terrain à risque (corticoïdes, alcool, drépanocytose), radiographie normale au début → IRM (§01). Coxite : arthrite de hanche inflammatoire (spondyloarthrite, polyarthrite), septique (urgence) ou microcristalline — caractère inflammatoire/fébrile, VS/CRP, ponction si doute.

03 — BORD LATÉRAL

Douleur du grand trochanter

La douleur latérale, à la palpation du grand trochanter et en appui, oriente vers les tendons fessiers — mais penser au nerf cutané latéral de la cuisse (méralgie) et à une douleur référée dorso-lombaire.

Deux tests utiles pour la tendinopathie fessière. La palpation du grand trochanter est sensible (Se ~0,80 : indolore → peu probable) et l'appui monopodal 30 s est très spécifique (Sp ≈ 1,00, LR+ ≈ 12 : positif → bon argument de confirmation).4 L'épreuve de Trendelenburg (chute du bassin controlatéral) signe une faiblesse des abducteurs (Se ~0,73/Sp ~0,77).5

Syndrome douloureux du grand trochanter (tendinopathie fessière)

Douleur latérale à la palpation du trochanter, en appui monopodal et couché sur le côté (gêne le sommeil). Tendinopathie des moyen/petit fessiers ± bursite. Longtemps prise pour une « sciatique » ou une « arthrose de hanche ». Rééducation (renforcement des abducteurs), gestion des charges.

Méralgie paresthésique

Paresthésies/brûlures du bord antéro-latéral de la cuisse, sans déficit moteur : compression du nerf cutané latéral de la cuisse près de l'épine iliaque antéro-supérieure (obésité, ceinture serrée, grossesse, diabète). Diagnostic clinique ; lever la compression.

Syndrome de la charnière dorso-lombaire (Maigne)

Douleur projetée à la crête iliaque, à l'aine ou au trochanter depuis un segment T12-L1 : point de crête douloureux, douleur au « pincer-rouler ». Le grand piège de la « fausse hanche »/« fausse tendinite ».

04 — FESSE & SACRO-ILIAQUE

La fesse, un carrefour

La fesse mêle sacro-iliaque, muscle piriforme (nerf sciatique), ischion (tendons/bourse) et rachis (racine S1). La topographie et une batterie de tests trient — car les tests sacro-iliaques isolés ne valent rien.

Sacro-iliaque : la batterie de Laslett. Ce ne sont pas les tests isolés qui comptent mais leur combinaison : ≥ 3 tests de provocation positifs sur 6 (distraction, compression, thigh thrust, sacral thrust, Gaenslen) → Se ~0,94 / Sp ~0,78 contre un bloc anesthésique6, confirmé indépendamment (Se ~0,85 / Sp ~0,79, LR+ ~4,0).7 Pour le piriforme, la combinaison des tests (assis + actif) oriente (Se ~0,91/Sp ~0,80, étude unique).8

Douleur sacro-iliaque (mécanique)

Douleur fessière/de la charnière, parfois post-partum ou après un faux mouvement. Batterie de Laslett (≥ 3/6). Écarter une sacro-iliite inflammatoire (terrain, IRM). Rééducation, ceinture ; infiltration échoguidée si résistance.

Sacro-iliite inflammatoire

Fessalgie inflammatoire à bascule, sujet jeune, dans une spondyloarthrite (l'atteinte axiale rachidienne relève de la fiche Rachis). L'IRM des sacro-iliaques (œdème osseux), la CRP et le HLA-B27 confirment (critères ASAS).

Syndrome du piriforme & ischio-jambiers

Piriforme (syndrome fessier profond) : douleur fessière profonde ± sciatalgie non discale, aggravée assis ; diagnostic d'élimination. Ischion : tendinopathie proximale des ischio-jambiers / bursite ischiatique — douleur à la tubérosité ischiatique, assise et course (coureur, sprinteur).

Sciatique radiculaire (→ fiche Rachis)

Une fessalgie qui descend dans la jambe selon un trajet radiculaire (L5, S1) est une sciatique d'origine rachidienne : voir la fiche Rachis & sacro-iliaque (Lasègue, slump, examen radiculaire).

05 — PUBIS & RESSAUT

Pubalgie du sportif & hanche à ressort

Chez le sportif, la « douleur de l'aine » recouvre la pubalgie ; toujours éliminer une hernie. Le ressaut (coxa saltans) est un motif fréquent, le plus souvent bénin.

Pubalgie du sportif

Football, course : atteinte intriquée de la symphyse pubienne, des adducteurs et des droits de l'abdomen. Douleur au squeeze test des adducteurs (sensible, peu spécifique) et à la palpation pubienne. Radiographies, IRM ; rééducation du couple abdominaux-adducteurs.

Hernie inguinale / fémorale

Masse ou gêne à l'aine impulsive à la toux, parfois prise pour une hanche. La hernie fémorale (sous le ligament inguinal, chez la femme) risque l'étranglement. Avis chirurgical ; urgence si irréductible/douloureuse.

Ressaut de hanche (coxa saltans)

Externe : la bandelette ilio-tibiale accroche le grand trochanter (Ober) — ressaut latéral. Interne : le tendon de l'iliopsoas accroche l'éminence ilio-pectinée — claquement antérieur/inguinal. Le plus souvent bénin ; kinésithérapie si gênant.

06 — HANCHE DE L'ENFANT

Boiterie et douleur de l'enfant

Deux règles d'or : une boiterie fébrile = arthrite septique jusqu'à preuve du contraire ; une douleur de genou chez l'enfant/l'ado impose d'examiner la hanche. L'âge oriente le diagnostic.

L'âge fait le tri. Nourrisson : dépistage de la luxation congénitale (Ortolani/Barlow, limitation d'abduction, asymétrie des plis)9. 3-8 ans, post-viral, peu fébrile : synovite transitoire (diagnostic d'élimination). 4-8 ans, insidieux : Legg-Perthes-Calvé. Adolescent, rotation externe : épiphysiolyse (urgence). Fièvre + impotence totale à tout âge : arthrite septique (urgence).

Arthrite septique & synovite transitoire

Septique (§01) : fièvre, impotence totale, refus d'appui → ponction, urgence. Synovite transitoire (« rhume de hanche », 3-8 ans) : boiterie post-virale, fébricule, état conservé, mobilité peu limitée — mais c'est un diagnostic d'élimination (écarter le septique : critères de Kocher, CRP, échographie).

Épiphysiolyse fémorale supérieure

Adolescent (± surpoids) : douleur hanche/genou, boiterie, membre en rotation externe, rotation interne limitée. Urgence : décharge, radiographies (Lauenstein), avis chirurgical (§01).

Legg-Perthes-Calvé & luxation congénitale

Legg-Perthes-Calvé (4-8 ans, garçon) : boiterie insidieuse peu douloureuse, douleur projetée au genou, apyrétique ; nécrose idiopathique de la tête. Luxation congénitale : dépistage néonatal répété (Ortolani/Barlow, abduction limitée, plis, Galeazzi) ; échographie, avis orthopédique — un retard mène à la coxarthrose précoce.

07 — TRAUMATISMES

Fractures & luxations

Après une chute (sujet âgé) ou un traumatisme à haute énergie : chercher un raccourcissement-rotation externe (col déplacé), une instabilité pelvienne, une attitude vicieuse (luxation). La radiographie normale n'exclut pas une fracture occulte.

La fracture occulte du col. Devant une douleur de hanche post-chute avec radiographie normale mais impotence/douleur à l'appui, ne pas rassurer trop vite : la percussion pubo-patellaire (son transmis atténué) a une Se ~0,95/Sp ~0,86 pour une fracture occulte du col — un son atténué justifie l'IRM/TDM.10

Fracture de l'extrémité supérieure du fémur

Sujet âgé/ostéoporotique, chute : douleur inguinale, membre raccourci-rotation externe si déplacée (mais engrenée = appui parfois possible). Radiographies ; IRM/TDM si occulte suspectée (§01). Chirurgie, ostéoporose, prévention des chutes.

Fracture de l'anneau pelvien

Haute énergie (jeune) ou fragilité (sujet âgé) : douleur du bassin/pubis/sacrum. Une fracture instable saigne (urgence hémodynamique). Fractures de fragilité souvent occultes (TDM/IRM).

Luxation de hanche & fracture de contrainte

Luxation (haute énergie ou prothèse) : attitude vicieuse, chercher le nerf sciatique et les pouls, réduction urgente. Fracture de contrainte (coureur, ostéoporose) : douleur d'effort progressive, radio initiale normale, fulcrum test → IRM ; décharge (une fracture du col peut se compléter).

La boîte à outils
08 — ANATOMIE PALPATOIRE

Repères par face

La hanche est une articulation profonde (tête fémorale dans l'acétabulum, cerclée du labrum) : on la lit surtout par la localisation de la douleur et les amplitudes.11

Face antérieure (aine)

Épine iliaque antéro-supérieure, symphyse pubienne, ligament inguinal, artère et veine fémorales ; l'articulation coxo-fémorale se projette sous le tiers moyen du ligament inguinal, juste en dehors de l'artère fémorale. C'est là que se ressent la vraie douleur de hanche.

Face latérale & postérieure

Grand trochanter (~10 cm sous la crête iliaque), bourse trochantérienne, insertion des moyen/petit fessiers. En arrière : épine iliaque postéro-supérieure (fossette de Vénus, en regard de S1), crêtes iliaques, ischion (bourse ischiatique, tendons ischio-jambiers), muscles pelvitrochantériens (piriforme) traversés par le nerf sciatique.

Amplitudes normales

Flexion ~140° (genou fléchi ; 90° genou tendu), extension 10-20°, abduction 40-45°, adduction 20-30°, rotation externe 45-55°, rotation interne 30-40°. À la hanche, la mobilisation passive prime ; une limitation de la rotation interne est le signe le plus rentable d'une coxopathie.

09 — EXAMEN

L'examen pas-à-pas

Un ordre structuré et toujours comparatif, la mobilisation passive au centre.11

  1. Interrogatoire — localisation (aine → hanche ; latéral → trochanter ; fesse → carrefour), irradiation au genou, mécanique vs inflammatoire, terrain (âge, sport, corticoïdes, chute), boiterie, périmètre de marche.
  2. Démarche & inspection — boiterie, esquive d'appui (démarche antalgique), démarche « en canard » (abducteurs), attitude en flexion-rotation externe (coxalgie), asymétrie des membres, position des crêtes iliaques et des ÉIAS.
  3. Palpation par face — antérieure (ÉIAS, symphyse, ligament inguinal, pouls fémoral), latérale (grand trochanter, bourse), postérieure (ÉIPS, crêtes, ischion + ischio-jambiers, pelvitrochantériens).
  4. Mobilisation passive — flexion, abduction/adduction, rotations (hanche à 90°) ; comparer, chercher une limitation (surtout rotation interne) et une douleur reproduite.
  5. Tests ciblés — rotation interne et FADIR (coxo-fémorale) ; palpation du trochanter + appui monopodal + Trendelenburg (abducteurs) ; batterie sacro-iliaque et tests du piriforme (fesse) ; squeeze et hernie (pubis) ; Ober/Thomas (rétractions).
  6. Contexte & projeté — après un traumatisme : membre (longueur, rotation), nerf sciatique, pouls, percussion pubo-patellaire si radio normale. Toujours examiner le rachis (radiculalgie), l'abdomen et le pelvis (douleur projetée) ; chez l'enfant, température et hanche devant toute douleur de genou.

Rappel de valeur. Peu de tests de hanche « font » le diagnostic : on combine l'histoire, la localisation, les amplitudes (rotation interne) et deux ou trois manœuvres ciblées.3

10 — CATALOGUE

Les tests, décrits pour être reproduits

Comment faire chaque manœuvre et sa valeur. Détail complet dans le panneau de l'aiguillage (§00).

Coxo-fémorale Présentiel

Valeur
Rotation interne limitée = meilleur signe de coxarthrose (Se ~0,86 modérée ; 3 plans plus spécifique)12. FADIR très sensible pour conflit/labrum (Se ~0,94-0,99, peu spécifique)3. Log roll = le plus spécifique de l'intra-articulaire.

Tendinopathie fessière & abducteurs Présentiel

Valeur
Palpation du trochanter Se ~0,80 (exclusion) ; appui monopodal 30 s Sp ≈1,00, LR+ ≈12 (confirmation)4. Trendelenburg Se ~0,73/Sp ~0,77 (moyen fessier).5

Sacro-iliaque & piriforme Présentiel

Valeur
Batterie de Laslett ≥ 3/6 : Se ~0,94/Sp ~0,786 (confirmé Se ~0,85/Sp ~0,79)7. Tests du piriforme (assis + actif) Se ~0,91/Sp ~0,80 (étude unique).8

Fracture occulte Présentiel

Valeur
Percussion pubo-patellaire : Se ~0,95/Sp ~0,86 pour une fracture occulte du col (radiographie normale → IRM/TDM).10 Fulcrum test = orientation d'une fracture de contrainte.

Tests descriptifs / non validés Présentiel

À interpréter avec prudence
FABER (hanche vs SI — la localisation oriente), Ober et Thomas (rétractions), squeeze test (pubalgie), recherche de hernie, Ortolani/Barlow (nourrisson) : signes utiles mais sans Se/Sp consolidées — pas de chiffres. Freiberg/Pace/Beatty (piriforme) : abandonnés faute de validation.
11 — RÉCAP

Valeur diagnostique des tests

Un LR+ > 10 ou un LR− < 0,1 déplace fortement la probabilité ; entre 0,5 et 2, le test ne change presque rien. « — » = valeur non fournie par la source (rien n'est inventé).

Se/Sp ; sources en fin de page. Beaucoup de tests de hanche sont sensibles mais peu spécifiques (ils écartent, ne confirment pas).
Test (cible)SeSpStatutSource
Coxo-fémorale
Rotation interne limitée (coxarthrose)~0,86basse1 planBirrell 20012
Restriction des 3 plans (coxarthrose)~0,33-0,54~0,88-0,93plus spécifiqueBirrell 20012
FADIR (conflit / labrum)~0,94-0,99basseexclusionReiman 20153
Tendinopathie fessière & abducteurs
Palpation du grand trochanter~0,80basseexclusionGrimaldi 20174
Appui monopodal 30 s≈1,00LR+ ≈12Grimaldi 20174
Trendelenburg (moyen fessier)~0,73~0,77petit nBird 20015
Sacro-iliaque & piriforme
Batterie SI ≥ 3/6 (Laslett)~0,94~0,78vs blocLaslett 20056
Batterie SI ≥ 3 (van der Wurff)~0,85~0,79LR+ ~4,0van der Wurff 20067
Tests du piriforme (assis + actif)~0,91~0,80étude uniqueMartin 20148
Fracture occulte
Percussion pubo-patellaire (col)~0,95~0,86radio normaleReiman 201310
Trois messages. (1) La douleur inguinale parle pour la hanche ; la rotation interne limitée est le meilleur signe de coxarthrose.1 (2) Les tests intra-articulaires (FADIR, FABER, log roll) sont sensibles mais peu spécifiques : ils écartent. (3) Les rares tests de confirmation sont l'appui monopodal (tendinopathie fessière) et la batterie sacro-iliaque.
Aller plus loin
12 — ÉPONYMES

Éponymes du bassin & de la hanche

Par ordre alphabétique ; « L'article » renvoie à la source primaire quand elle est identifiable.

Manœuvres de Barlow & Ortolani

Marino Ortolani (1937) & Thomas Barlow (1962)

Dépistage néonatal de la luxation congénitale : Barlow luxe une hanche instable (adduction + pression postérieure), Ortolani réduit une hanche luxée (abduction + poussée antérieure) — chacun perçu comme un ressaut (« clunk »).

À retenir : le ressaut, avec la limitation d'abduction et l'asymétrie des plis, est le socle du dépistage (§06).

L'article : Barlow TG. Early diagnosis and treatment of congenital dislocation of the hip. J Bone Joint Surg Br. 1962;44:292-301.

Maladie de Legg-Calvé-Perthes

Arthur Legg, Jacques Calvé & Georg Perthes · 1910

Ostéochondrite primitive (nécrose idiopathique) de la tête fémorale de l'enfant, décrite indépendamment la même année par les trois auteurs.

À retenir : boiterie de l'enfant de 4-8 ans, douleur souvent projetée au genou (§06).

L'article : Legg AT. An obscure affection of the hip joint. Boston Med Surg J. 1910;162:202-204 ; Calvé J (1910) ; Perthes G (1910).

Épreuve d'Ober

Frank Roberts Ober · chirurgien orthopédiste américain · 1936

Recherche d'une rétraction de la bandelette ilio-tibiale : en décubitus latéral, la jambe supérieure amenée en abduction-extension ne se laisse pas redescendre.

À retenir : ressaut externe de hanche, syndrome de la bandelette ilio-tibiale (§05).

L'article : Ober FR. The role of the iliotibial band and fascia lata as a factor in the causation of low-back disabilities and sciatica. J Bone Joint Surg. 1936;18:105-110.

Manœuvre / test de Patrick (FABER)

Hugh Talbot Patrick · neurologue américain · 1917

Flexion-ABduction-Rotation Externe de la hanche (talon sur le genou opposé), pour distinguer une atteinte de hanche (douleur inguinale) d'une atteinte sacro-iliaque (douleur postérieure).

À retenir : peu spécifique ; la localisation de la douleur oriente (§02, §04).

L'article : Patrick HT. Brachial neuritis and sciatica. JAMA. 1917;69:2176-2179.

Manœuvre de Thomas

Hugh Owen Thomas · chirurgien gallois · 1876

Démasque un flexum de hanche : la flexion maximale de la hanche controlatérale efface la lordose et révèle le soulèvement de la cuisse examinée.

À retenir : flexum de la coxarthrose évoluée ou rétraction du psoas (§09).

L'article : Thomas HO. Diseases of the Hip, Knee, and Ankle Joints. Liverpool: Dobb & Co; 1876.

Épreuve de Trendelenburg

Friedrich Trendelenburg · chirurgien allemand · 1895

En appui monopodal, la chute du bassin du côté opposé signe une insuffisance des muscles abducteurs (moyen fessier) de la hanche portante.

À retenir : faiblesse des abducteurs (tendinopathie fessière, coxopathie, atteinte du nerf fessier supérieur) — §03.

L'article : Trendelenburg F. Über den Gang bei angeborener Hüftgelenksluxation. Dtsch Med Wochenschr. 1895;21:21-24.

13 — SIGNES ABANDONNÉS

Vieux signes, croyances révisées

Des signes simples encore utiles — et des habitudes que les preuves ont corrigées.

Des vieux signes encore utiles

Des habitudes que les preuves ont corrigées

14 — AUTO-EXERCICES

Ordonnances d'auto-exercices (fondées sur les preuves)

Des programmes simples, à domicile, prêts à copier-coller dans l'ordonnance. Chaque bloc porte son niveau de preuve ; le bouton « copier » met le texte dans le presse-papier.

À adapter au patient. Ces programmes génériques ne remplacent pas une prescription de kinésithérapie personnalisée quand elle est indiquée ; la douleur pendant l'exercice reste acceptable si elle est modérée (≤ 3-5/10) et se calme avant le lendemain. Reconsulter devant une fièvre, une hanche chaude et gonflée, une douleur après une chute, ou une douleur descendant dans la jambe avec faiblesse, ou en l'absence d'amélioration après ~6 semaines.
Comment lire le rythme : « 3 × 10 » = 3 séries de 10 mouvements, avec une courte pause entre chaque série ; « 5 × 20-45 s » = 5 fois, en tenant la position 20 à 45 secondes ; « 3 fois/semaine » = 3 jours dans la semaine (pas tous les jours) ; « un jour sur deux » = un jour oui, un jour non.
Douleur pendant l'exercice — règle des couleurs : VERT (0-3/10) continuez ; ORANGE (4-5/10) continuez si la douleur redescend dans l'heure et le lendemain matin ; ROUGE (> 5/10, douleur qui augmente de jour en jour, ou gonflement) arrêtez et réduisez. Matériel : « élastique » = bande élastique de rééducation (en pharmacie).

Sources des programmes (médecine fondée sur les preuves) : Tendinopathie fessière12 · Arthrose de hanche1314 · Pubalgie15.

15 — SOURCES

Méthode & références

Méthode. Le socle sémiologique (anatomie, examen par face, diagnostic différentiel par localisation, amplitudes, manœuvres) suit un traité d'examen de l'appareil locomoteur11, complété pour l'exhaustivité des entités par un traité d'appareil locomoteur (coxarthrose, pathologie périarticulaire, sacro-iliaque, pubalgie, luxations, hanche de l'enfant). Les valeurs diagnostiques (Se/Sp) proviennent de revues systématiques et de séries de validation primaires, vérifiées sur PubMed. Conformément à l'usage, ni EMC ni UpToDate ne sont cités. Les lombosciatiques et cruralgies (radiculalgies) restent dans la fiche Rachis & sacro-iliaque.

Réserves honnêtes. (1) La sémiologie de la hanche est peu spécifique : la plupart des tests (FADIR, FABER, log roll) écartent plus qu'ils ne confirment. (2) Plusieurs valeurs viennent de petites séries (Trendelenburg n=24 ; piriforme = étude unique) : affichées avec cette réserve. (3) La pubalgie, la nécrose avasculaire, le ressaut, les manœuvres de Freiberg/Pace/Beatty n'ont pas de Se/Sp validée : présentés sans chiffre. « — » = valeur non fournie par la source ; sources primaires des éponymes dans chaque carte (§12).

  1. Metcalfe D, Perry DC, Claireaux HA, et al. Does this patient have hip osteoarthritis? The Rational Clinical Examination systematic review. JAMA. 2019;322(23):2323-2333. PMID:31846019Coxarthrose : la limitation de rotation interne est le signe clinique le plus utile.
  2. Birrell F, Croft P, Cooper C, et al. Predicting radiographic hip osteoarthritis from range of movement. Rheumatology (Oxford). 2001;40(5):506-512. PMID:11371658Rotation interne limitée (1 plan) Se ~0,86 ; restriction 3 plans plus spécifique (Sp ~0,88-0,93).
  3. Reiman MP, Goode AP, Cook CE, et al. Diagnostic accuracy of clinical tests for the diagnosis of hip femoroacetabular impingement/labral tear: a systematic review with meta-analysis. Br J Sports Med. 2015;49(12):811. PMID:25515771FADIR/flexion-rotation interne : très sensibles (Se ~0,94-0,99), peu spécifiques — dépistage.
  4. Grimaldi A, Mellor R, Nicolson P, et al. Utility of clinical tests to diagnose MRI-confirmed gluteal tendinopathy in patients presenting with lateral hip pain. Br J Sports Med. 2017;51(6):519-524. PMID:27633027Palpation trochanter Se ~0,80 (exclusion) ; appui monopodal 30 s Sp ≈1,00, LR+ ≈12 (confirmation).
  5. Bird PN, Oakley SP, Shnier R, Kirkham BW. Prospective evaluation of magnetic resonance imaging and physical examination findings in patients with greater trochanteric pain syndrome. Arthritis Rheum. 2001;44(9):2138-2145. PMID:11592379Trendelenburg Se ~0,73/Sp ~0,77 pour l'atteinte du moyen fessier (petit effectif).
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