SemioClic · sémiologie fondée sur les preuves

Abdomen :
d'abord ne rien manquer,
puis cibler

La douleur abdominale, c'est le chapitre du « ne rien manquer » : environ 1 consultation sur 10 aux urgences, dont ~10 % de causes graves. La démarche se fait dans l'ordre — écarter d'abord les urgences vitales (péritonite, rupture d'anévrisme de l'aorte, ischémie mésentérique, grossesse extra-utérine, occlusion, angiocholite), doser un β-hCG chez toute femme en âge de procréer, puis localiser et cibler la manœuvre utile — dont on connaît la valeur réelle (sensibilité, spécificité, rapport de vraisemblance). Trois pièges à retenir : douleur disproportionnée à l'examen (ischémie), douleur épigastrique = penser à l'infarctus inférieur (ECG), et sujet âgé à sémiologie fruste. Au-delà de la douleur, la fiche couvre aussi l'ictère, les signes du foie, l'hémorragie digestive et la dysphagie.

Par le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau — fiche rédigée et vérifiée (sources en fin de page).
Cadre & valeurs : séries Rational Clinical Examination du JAMA, méta-analyses, et référentiels français (CDU-HGE item 269, SFMU, HAS, SNFGE, CNGOF, AFU).
Aide au raisonnement — ne remplace ni l'examen répété, ni le jugement clinique, ni l'imagerie ou l'avis chirurgical quand ils sont indiqués.
Première version : 2026-07-06Dernière révision : 2026-07-06
Par où commencer
00 — AIGUILLAGE

De la douleur au diagnostic, dans le bon ordre

La règle d'or : écarter les urgences vitales d'abord, doser un β-hCG chez toute femme en âge de procréer, puis se laisser guider par la topographie. À chaque étape, l'outil indique le signe utile et sa valeur. Tapez un diagnostic dans la recherche, ou déroulez le parcours. Cliquez un test (pastille 🔍) pour voir sa technique et sa valeur à droite.

Aide-mémoire — les 3 réflexes.β-hCG chez toute femme en âge de procréer avec douleur abdomino-pelvienne (grossesse extra-utérine)1. ② Douleur disproportionnée à un examen pauvre = ischémie mésentérique jusqu'à preuve du contraire (terrain : fibrillation atriale, artériopathie)2. ③ Masse abdominale pulsatile + hypotension = rupture d'anévrisme de l'aorte (la triade complète manque dans la moitié des cas)3. Et toujours : douleur épigastrique → un ECG (infarctus inférieur), et chez le sujet âgé une sémiologie fruste cache plus souvent une cause grave4.

01 — SIGNES D'ALARME & URGENCES

Ce qu'il faut écarter en premier

Toute douleur abdominale aiguë peut être le symptôme d'une urgence chirurgicale ou vitale. Ces signes imposent une prise en charge et/ou un adressage sans délai.

Le message des chiffres. Aucun signe d'examen isolé n'a un rapport de vraisemblance négatif assez bas pour exclure une cause grave. La rigidité est le meilleur signe d'irritation péritonéale (LR+ ~3,8), la défense (LR+ ~2,5) et le rebond (LR+ ~2) suivent78. En cas de doute, la clé est la réévaluation à quelques heures et le recours large à l'imagerie / à l'avis chirurgical.
02 — TOPOGRAPHIE

Penser par région… sans oublier que la douleur migre

La localisation oriente, mais reste indicative : une appendicite débute souvent en péri-ombilical avant de migrer en fosse iliaque droite, et un infarctus peut se projeter à l'épigastre.

RégionCauses principales à évoquer
ÉpigastreUlcère / dyspepsie, pancréatite, RGO — et infarctus du myocarde inférieur (ECG !)
Hypochondre droitColique biliaire, cholécystite, angiocholite, hépatite
Hypochondre gaucheSplénique (infarctus, rupture), pancréas (queue), angle colique gauche
Fosse iliaque droiteAppendicite, iléite (Crohn, infectieuse), adénolymphite mésentérique (enfant), gynéco / GEU
Fosse iliaque gaucheDiverticulite sigmoïdienne, constipation, gynéco / GEU
Péri-ombilicalDébut d'appendicite, ischémie mésentérique, anévrisme de l'aorte, occlusion du grêle
Hypogastre / pelvisRétention aiguë d'urine (globe), cystite / pyélonéphrite, gynéco (salpingite, torsion, GEU)
Fosse lombaire (flanc)Colique néphrétique, pyélonéphrite ; anévrisme (irradiation dorsale)
DiffusePéritonite, occlusion, ischémie mésentérique, gastro-entérite, cause métabolique
Causes dominantes par région — liste d'orientation, non exhaustive ; toujours réévaluer.4
Pour confirmer (repères). Pancréatite : lipasémie > 3× la normale (diagnostic sur 2 des 3 critères d'Atlanta)9. Diverticulite : scanner injecté de référence ; pas d'antibiotiques d'emblée dans les formes non compliquées sans terrain à risque10. Ischémie mésentérique : angio-TDM en urgence — un lactate normal ne l'exclut pas11. Syndrome de l'intestin irritable : critères de Rome IV (ce n'est pas un simple diagnostic d'élimination)12.
03 — DOULEURS PROJETÉES

Le ventre qui ne vient pas du ventre

Des causes extra-abdominales, parfois vitales, se projettent sur l'abdomen. À évoquer systématiquement quand l'examen abdominal ne « colle » pas.

04 — TERRAINS PARTICULIERS

La sémiologie change selon le terrain

05 — ICTÈRE & FOIE

Ictère, foie & hypertension portale

L'abdomen ne parle pas que par la douleur. L'inspection du foie et de ses complications — ictère, insuffisance hépatocellulaire, hypertension portale — livre des signes précieux.

Ictère

Loi de Courvoisier. Devant un ictère, une grosse vésicule palpable et indolore oriente vers un obstacle néoplasique (cancer de la tête du pancréas) plutôt que lithiasique (voir Éponymes).

Insuffisance hépatocellulaire & hépatopathie chronique

Aucun signe n'est spécifique isolément, mais leur association est très évocatrice.

Angiomes stellaires

Réalisation
Inspecter le thorax et les membres supérieurs (territoire cave supérieur).
Positif si
Dilatations artériolaires en étoile centrées par un point, à recoloration centrifuge à la pression ; significatifs si > 5.
Teste
Une hépatopathie chronique (hyperœstrogénie).
Valeur
À ne pas confondre avec les taches rubis, très fréquentes et sans décoloration à la pression.

Astérixis (flapping tremor)

Réalisation
Bras tendus, poignets et doigts en extension, maintenir la posture quelques secondes.
Positif si
Brusques mouvements de flexion-extension asynchrones — une interruption du tonus (≠ tremblement).
Teste
Une encéphalopathie hépatique (non spécifique : autres encéphalopathies métaboliques).
Valeur
Signe d'alarme d'insuffisance hépatocellulaire décompensée.

Hypertension portale & ascite

Ascite : matité déclive & signe du flot

Réalisation
Percussion en décubitus dorsal puis latéral ; le signe du flot se cherche à deux : une main perçoit l'onde transmise quand l'autre percute le flanc opposé (un aide bloque la paroi avec le tranchant de la main).
Positif si
Matité déclive et mobile (concave vers le haut debout, se déplaçant en décubitus latéral) ; onde transmise (flot).
Teste
Un épanchement liquidien intrapéritonéal (ascite).
Valeur
La matité déclive mobile distingue l'ascite d'une matité non déclive (surcharge adipeuse). Mesurer le périmètre ombilical pour le suivi. En cas d'ascite abondante, un organe (foie, rate) peut être perçu par ballottement (« signe du glaçon »).

Sémiologie hépato-digestive d'après le manuel de sémiologie de l'appareil digestif fourni (signes cliniques classiques) ; référence exacte de l'ouvrage à préciser.

06 — AUTRES MOTIFS DIGESTIFS

Au-delà de la douleur : saigner, avaler, aller à la selle

Hémorragie digestive

Syndrome œsophagien

Proctologie

07 — EXAMEN PAS-À-PAS

Un examen abdominal complet en 7 temps

  1. Constantes & état général — pouls, pression artérielle, température, fréquence respiratoire, SpO₂ ; rechercher un choc. Un ECG si douleur épigastrique / terrain cardiovasculaire.
  2. Inspection — cicatrices (bride ?), météorisme, ondulations péristaltiques, ecchymoses péri-ombilicale (Cullen) ou des flancs (Grey-Turner, tardives et rares)13.
  3. Auscultation — bruits hydro-aériques : silence (péritonite, iléus) ou lutte (occlusion mécanique).
  4. Percussion — tympanisme (météorisme), matité déclive (épanchement), douleur à la percussion (irritation péritonéale, mieux tolérée que le rebond)14.
  5. Palpation — douce puis profonde, en commençant loin de la zone douloureuse : défense, contracture, masse, signe de Murphy, points appendiculaires ; signe de Carnett pour distinguer paroi et viscère15.
  6. Orifices herniaires & organes génitaux — palper systématiquement les orifices herniaires (hernie étranglée) ; examiner les bourses chez le garçon.
  7. Ne pas oublierβ-hCG (femme), bandelette urinaire, glycémie ; le toucher rectal n'a pas de valeur pour diagnostiquer une appendicite (LR+ ~1,2, non significatif) et n'est pas systématique16.
08 — CATALOGUE DES SIGNES

Les manœuvres et ce qu'elles valent

Pour chaque signe : comment le chercher, ce qu'il teste et sa valeur (Se, Sp, rapport de vraisemblance). Retenez qu'aucun signe isolé ne suffit — c'est la combinaison clinique + biologie qui tranche.

Irritation péritonéale

Défense, contracture & douleur à la décompression (Blumberg)

Réalisation
Palpation profonde progressive ; la défense est une contraction réflexe à la palpation, la contracture une rigidité permanente et invincible. Le rebond (Blumberg) : douleur au relâchement brusque de la main.
Positif si
Contraction réflexe (défense), rigidité (contracture), ou douleur vive à la décompression (rebond).
Teste
Une irritation péritonéale / un abdomen chirurgical.
Valeur
Rigidité LR+ ~3,8 ; défense LR+ ~2,5 (LR− 0,30) ; rebond LR+ ~2 (fourchette large, 1,1–6,3) — très douloureux et peu spécifique pris isolément78. Rebond : Se ~82 %/Sp ~89 % dans une série14.

Test de la toux

Réalisation
Demander au patient de tousser et observer si cela réveille une douleur localisée (substitut moins douloureux du rebond).
Positif si
La toux déclenche une douleur abdominale localisée.
Teste
Une irritation péritonéale.
Valeur
Se ~78 %/Sp ~79 % dans l'étude princeps ; sensible mais spécificité variable — un test positif oriente, un test négatif n'exclut pas17.

Signe de Carnett (paroi vs viscère)

Réalisation
Repérer le point douloureux, puis demander au patient de contracter les muscles abdominaux (relever la tête/les jambes) et repalper.
Positif si
La douleur augmente à la contraction (origine pariétale : hématome, névralgie, ACNES).
Teste
Distingue une douleur de la paroi d'une douleur viscérale (qui, elle, diminue).
Valeur
Douleur pariétale : LR+ ~2,6 · LR− ~0,23 (Se ~78 %/Sp ~88 %) ; chiffres hétérogènes selon les séries — un Carnett positif n'exclut pas formellement une cause viscérale15. La principale cause de douleur pariétale chronique est l'ACNES (compression d'un nerf cutané) ; reconnaître une douleur de paroi évite des explorations viscérales inutiles18.

Appendicite

Douleur en fosse iliaque droite & point de McBurney

Réalisation
Palper le point de McBurney (union tiers externe–deux tiers internes de la ligne ombilic–épine iliaque antéro-supérieure droite).
Positif si
Douleur provoquée maximale en fosse iliaque droite.
Teste
Une appendicite (et autres causes de la FID).
Valeur
Douleur FID : LR+ ~7–8 (le signe le plus utile) ; migration péri-ombilic → FID : LR+ ~3,27.

Signes de Rovsing, du psoas & de l'obturateur

Réalisation
Rovsing : la palpation de la FIG réveille une douleur en FID. Psoas : douleur à l'extension passive de la cuisse droite (ou flexion active contre résistance) — appendice rétro-cæcal. Obturateur : douleur à la rotation interne de la hanche droite fléchie (appendice pelvien).
Positif si
Douleur provoquée en FID.
Teste
Une appendicite, selon la position de l'appendice.
Valeur
LR+ modestes : Rovsing ~2,5 ; psoas ~2,4 (LR− ~0,90, peu contributif si absent) ; l'obturateur a une valeur plus incertaine (donnée faible)719.

Voies biliaires

Signe de Murphy

Réalisation
Doigts sous le rebord costal droit ; demander une inspiration profonde.
Positif si
Arrêt inspiratoire brutal, douloureux (la vésicule enflammée bute sur la main).
Teste
Une cholécystite aiguë.
Valeur
Se ~65 %/Sp ~87 %, LR+ ~2,8 (intervalle de confiance large) — évocateur mais ne tranche pas seul ; l'imagerie (échographie) confirme20.

Triade de Charcot

Réalisation
Rechercher la triade fièvre + ictère + douleur de l'hypochondre droit.
Positif si
Les trois éléments coexistent.
Teste
Une angiocholite (obstruction biliaire infectée).
Valeur
Se poolée ~36 % (très variable), Sp ~93 % — bon pour confirmer, mauvais pour exclure ; préférer les critères de Tokyo (TG18)216.

Vasculaire & toucher rectal

Palpation d'un anévrisme de l'aorte abdominale

Réalisation
Palpation profonde péri-ombilicale, à la recherche d'une masse expansive et pulsatile.
Positif si
Masse battante et expansive (élargissement latéral).
Teste
Un anévrisme de l'aorte abdominale.
Valeur
Sensibilité fonction de la taille : ~29 % (3–3,9 cm), ~50 % (4–4,9 cm), ~76 % (≥ 5 cm) ; LR+ ~12–16 si masse perçue — une palpation normale n'exclut pas un anévrisme, surtout en cas de suspicion de rupture22. Dépistage : échographie chez l'homme de 65–75 ans fumeur23.

Toucher rectal

Réalisation
Recherche d'une douleur latéralisée, d'un fécalome, de sang, d'une masse.
Positif si
Douleur, sang, masse.
Teste
Utile pour un méléna, un fécalome, une masse rectale — pas pour affirmer une appendicite.
Valeur
Pour l'appendicite : LR+ ~1,24 (non significatif) — sans valeur diagnostique ; ne doit pas être systématique16.

Gestes systématiques

β-hCG, bandelette urinaire, ECG, orifices herniaires, bourses

Réalisation
β-hCG chez toute femme en âge de procréer ; bandelette urinaire (hématurie, leucocytes/nitrites) ; ECG si douleur épigastrique ; palpation des orifices herniaires ; examen des bourses chez le garçon.
Positif si
Selon le geste (β-hCG+, hématurie, sus-décalage, hernie non réductible, testicule ascensionné/horizontalisé).
Teste
GEU, colique néphrétique / infection urinaire, infarctus, hernie étranglée, torsion testiculaire.
Valeur
Réflexes de sécurité à haut rendement : un β-hCG évite de méconnaître une GEU1 ; une bandelette négative rend l'origine urinaire peu probable ; un ECG dépiste l'infarctus projeté.

Signes d'autrefois (tombés en désuétude)

Décrits dans d'anciens traités, aujourd'hui supplantés par l'imagerie et les scores — mais quelques-uns restent plausibles et utiles sans matériel (visite à domicile, zone sans imagerie). À prendre pour ce qu'ils sont : des signes d'orientation, non validés par les standards actuels.

Signe du talon (Markle, « heel-drop ») désuet

Réalisation
Le patient monte sur la pointe des pieds puis se laisse retomber brutalement sur les talons (chez un patient alité : ébranlement ou percussion du talon).
Positif si
Réveil d'une douleur abdominale localisée (souvent en fosse iliaque droite).
Teste
Une irritation péritonéale — équivalent « doux » et mieux toléré du signe de rebond.
Valeur
Dans la série originale, positif chez ~74 % des appendicites (localisant en FID dans ~71 %), jugé au moins aussi utile que la NFS et mieux supporté que le rebond ; Se/Sp modernes limitées.

Vieux signe perdu — le plus défendable : sans matériel, reproductible, idéal en visite ou sans imagerie. Source primaire : Markle GB. A simple test for intraperitoneal inflammation. Am J Surg. 1973;125(6):721-722 (confirmé : Arch Surg. 1985, PMID 3977592).

Signe de Kehr désuet

Réalisation
Rechercher une douleur rapportée à la pointe de l'épaule gauche, majorée jambes surélevées / en position de Trendelenburg, sans anomalie locale de l'épaule.
Positif si
Douleur scapulaire gauche inexpliquée.
Teste
Une irritation sous-diaphragmatique gauche par hémopéritoine.
Valeur
Mécanisme solide (douleur projetée par le nerf phrénique, C3–C5) mais inconstant. Signe d'alerte d'une rupture de rate, d'un hémopéritoine ou d'une GEU rompue ; l'écho (FAST) / la TDM confirment.

Vieux signe perdu, mais à connaître : un vrai signal d'alarme quand l'imagerie n'est pas immédiate. Décrit par Hans Kehr (chirurgien allemand, 1862–1916), vers 1905–1907 ; source primaire à vérifier.

Signe de Rosenstein (Sitkovskiy) désuet

Réalisation
Tourner le patient en décubitus latéral gauche, puis repalper la fosse iliaque droite.
Positif si
La douleur de la fosse iliaque droite augmente dans cette position.
Teste
Une appendicite (mise en tension du méso appendiculaire).
Valeur
Mécanisme plausible ; Se/Sp non validées — orientation seulement, supplanté par l'échographie et les scores.

Vieux signe perdu. Source primaire : Sitkovskiy PP. Об одном из клинических признаков… (un signe clinique de l'appendicite). Turkestansk med zhurn. 1922;1(1):37. L'attribution au nom « Rosenstein » (P. Rosenstein, 1875–1964) reste à vérifier.

Signe de Klein désuet

Réalisation
Repérer le point douloureux maximal en décubitus dorsal, puis tourner le patient (surtout l'enfant) en décubitus latéral gauche.
Positif si
Le point se déplace vers la gauche / l'ombilic → adénolymphite mésentérique (ganglions mobiles) ; il reste fixe en FID → appendicite (cæcum fixe).
Teste
Le diagnostic différentiel appendicite / adénolymphite mésentérique.
Valeur
Plausible (mobilité mésentérique) mais non validé ; l'échographie tranche mieux. Attention : des définitions erronées circulent — ne retenir que le « déplacement du point ».

Vieux signe perdu. Source : Klein W. Nonspecific mesenteric adenitis. Arch Surg. 1938;36(4):571-585 (source primaire à vérifier).

Ces signes anciens sont recensés à partir de la Medical Eponym Library (LITFL) et de la revue Clinical Medicine & Research (Abdominal Physical Signs & Medical Eponyms) ; leurs sources primaires sont citées ci-dessus, avec la mention « à vérifier » lorsque le texte d'origine n'a pas pu être consulté directement.

09 — SCORES & CALCULATEUR

Appendicite : scores d'Alvarado & AIR

Les scores d'appendicite servent surtout à stratifier le risque (qui rassurer, qui imager, qui adresser), pas à trancher seuls. Un score bas est un bon outil d'exclusion.

Calculateur — score d'Alvarado (appendicite)🔒 Calcul local, rien n'est envoyé sur internet
0/ 10 pts
Cochez les items présents pour obtenir le score.

Interprétation : 1–4 appendicite peu probable · 5–6 compatible, surveiller/réévaluer · 7–8 probable · 9–10 très probable. Au seuil ≥ 5, la sensibilité est ~99 % (bon test d'exclusion) ; au seuil ≥ 7, la spécificité ~81 %. Le score sur-estime le risque chez la femme et est incohérent chez l'enfant : rester prudent et s'appuyer sur l'imagerie2425.

Score AIR (Appendicitis Inflammatory Response)

Alternative souvent plus performante (CRP intégrée). Items : vomissements (1) ; douleur en FID (1) ; défense/décompression légère (1) / moyenne (2) / forte (3) ; température ≥ 38,5 °C (1) ; polynucléaires neutrophiles 70–84 % (1) / ≥ 85 % (2) ; leucocytes 10–14,9 (1) / ≥ 15 ×10⁹/L (2) ; CRP 10–49 (1) / ≥ 50 mg/L (2). Total /12. Risque : faible 0–4, intermédiaire 5–8, élevé 9–12 (version originale 2008 ; révision 2021 : 0–3 / 4–8 / 9–12)26.

Imagerie & conduite (repères). Échographie ou TDM selon le terrain (TDM plus sensible ; échographie ou IRM en 1re intention chez l'enfant et la femme enceinte pour éviter l'irradiation)27. Le traitement de référence de l'appendicite non compliquée reste la chirurgie ; l'antibiothérapie est une alternative, avec ~30–40 % d'appendicectomies dans l'année (plus si appendicolithe)28.
10 — RÉCAPITULATIF

Valeur des signes en un coup d'œil

SigneOriente versLR+LR−
Irritation péritonéale
Rigidité (contracture)Péritonite~3,80,82
Défense (guarding)Péritonite~2,50,30
Rebond (Blumberg)Péritonite~2 (1,1–6,3)variable (non exclusif)
Test de la touxPéritonite~1,6~0,5
Carnett positifDouleur pariétale~2,60,23
Appendicite
Douleur en FIDAppendicite~7–8~0,2
Migration → FIDAppendicite~3,20,50
RovsingAppendicite~2,50,83
PsoasAppendicite (rétro-cæcal)~2,40,90
Biliaire & vasculaire
MurphyCholécystite~2,8
Triade de CharcotAngiocholiteélevé (Sp ~93 %)~0,7 (Se ~36 %)
Masse pulsatile ≥ 5 cmAnévrisme aorte~12–16élevé (n'exclut pas)
Toucher rectalAppendicite~1,2 (NS)~0,85
LR = rapport de vraisemblance. Valeurs indicatives, agrégées de méta-analyses et séries782021221615.
11 — CONSEILS PATIENTS

Fiches conseils, en langage simple

Pour les causes bénignes et fréquentes une fois l'urgence écartée : des conseils clairs, prêts à copier-coller. Chaque fiche rappelle quand reconsulter.

Toujours d'abord écarter l'urgence. Ces conseils ne s'adressent qu'à des douleurs bénignes déjà évaluées. Reconsultez vite en cas de : douleur intense ou qui s'aggrave, fièvre, vomissements persistants, ventre dur, sang dans les selles ou les vomissements, malaise, ou pour une femme un retard de règles. En attendant : en automédication, sur un mal de ventre nouveau et non expliqué, ne prenez pas d'anti-inflammatoire (ibuprofène, aspirine) sans avis — cela peut aggraver un ulcère ou masquer une urgence ; le paracétamol est plus sûr. (Votre médecin peut, lui, en prescrire dans des cas précis, comme la colique néphrétique.) Et ne mangez/ne buvez rien si une opération est possible (douleur intense, ventre dur).
12 — EN SAVOIR PLUS

Pourquoi le ventre est si trompeur

La douleur viscérale, transmise par le système nerveux autonome, est mal localisée et se projette sur la ligne médiane selon l'origine embryologique de l'organe : intestin antérieur (estomac, duodénum, voies biliaires) → épigastre ; intestin moyen (grêle, appendice, côlon droit) → péri-ombilical ; intestin postérieur (côlon gauche, sigmoïde) → hypogastre. C'est pourquoi l'appendicite commence souvent en péri-ombilical : ce n'est que lorsque le péritoine pariétal, richement innervé, est irrité que la douleur migre et se localise en fosse iliaque droite — d'où la valeur du signe de migration. Cette même logique explique les douleurs projetées : un organe et une zone cutanée qui partagent un métamère « parlent » au même endroit.

Idée reçue. « Un ventre souple élimine une urgence. » Faux : anévrisme, ischémie mésentérique débutante, occlusion haute, infarctus projeté, GEU non rompue peuvent s'accompagner d'un abdomen peu impressionnant. C'est le terrain, le caractère de la douleur et la réévaluation qui protègent — pas la seule palpation.
13 — ÉPONYMES

Qui se cache derrière les signes ?

Beaucoup de signes du ventre portent le nom de leur descripteur ; les voici par ordre alphabétique, avec l'article d'origine.

Alfredo Alvarado — score d'Alvarado

Chirurgien · 1986 (données biographiques rares)

Peu d'éléments biographiques vérifiables au-delà de sa publication princeps.

Le score (1986) : score en 10 points prédictif de l'appendicite, dérivé de huit facteurs cliniques et biologiques sur 305 patients4.
L'article : Alvarado A. A practical score for the early diagnosis of acute appendicitis. Ann Emerg Med. 1986;15(5):557-564.

Jacob Moritz Blumberg — signe de Blumberg

Chirurgien & gynécologue allemand · 1873–1955

Formé à Breslau (Wrocław) auprès de Mikulicz, il invente un gant en caoutchouc pour la stérilisation des mains du chirurgien, puis organise à Berlin des consultations prénatales et un institut de radiologie.

Le signe (1907) : douleur à la décompression brusque de la paroi (douleur de rebond), témoin d'irritation péritonéale.
L'article : Blumberg JM. Über ein diagnostisches Symptom bei Appendicitis. Münch Med Wochenschr. 1907;54:1177-1178.

Herman Boerhaave — syndrome de Boerhaave

Médecin néerlandais · 1668–1738

Polymathe de Leyde (médecine, chimie, botanique), il rénove l'enseignement en instaurant la clinique au lit du malade. En 1724, il rapporte la rupture mortelle de l'œsophage du grand-amiral van Wassenaer après des vomissements violents.

Le syndrome (1724) : rupture spontanée de l'œsophage sur hyperpression (vomissements), avec passage du contenu dans le médiastin — urgence vitale.
L'article : Boerhaave H. Atrocis, nec descripti prius, morbi historia. Leyde ; 1724.

George Budd & Hans Chiari — syndrome de Budd-Chiari

Médecin britannique (1808–1882) & anatomopathologiste autrichien (1851–1916)

George Budd, professeur de médecine au King's College de Londres, décrit en 1845 des obstructions des veines hépatiques ; en 1899, l'anatomopathologiste Hans Chiari (Prague) en donne la description de référence.

Le syndrome : obstruction du drainage veineux hépatique (veines sus-hépatiques), cause d'hypertension portale.
L'article : Budd G. On Diseases of the Liver. Londres : J. Churchill ; 1845. — Chiari H. Beitr Pathol Anat. 1899;26:1-18.

John Berton Carnett — signe de Carnett

Chirurgien américain · 1890–1988 (dates précises non consolidées)

Professeur de chirurgie à l'University of Pennsylvania, il dirige un hôpital de campagne de l'armée américaine pendant la Première Guerre mondiale.

Le signe (1926) : si la douleur persiste ou augmente quand le patient contracte sa paroi abdominale (tête/jambes soulevées), l'origine est pariétale ; si elle diminue, elle est viscérale.
L'article : Carnett JB. Intercostal neuralgia as a cause of abdominal pain and tenderness. Surg Gynecol Obstet. 1926;42:625-632.

Jean-Martin Charcot — triade de Charcot

Neurologue français · 1825–1893

Fondateur de la neurologie moderne, il crée à partir de 1862 la célèbre clinique de la Salpêtrière. La triade biliaire n'est qu'un de ses très nombreux éponymes (dont la maladie de Charcot-Marie-Tooth).

La triade : ictère + fièvre (avec frissons) + douleur de l'hypochondre droit, évocatrice d'angiocholite. (À distinguer de la triade neurologique « de Charcot ».)
L'article : Charcot J-M. Leçons sur les maladies du foie, des voies biliaires et des reins. Paris ; 1877 (18e leçon). Triade nommée rétrospectivement.

Ludwig Georg Courvoisier — loi de Courvoisier

Chirurgien suisse · 1843–1918

Formé à Bâle puis à Londres et Vienne (auprès de Spencer Wells et Billroth), chirurgien-chef du Diakonissenspital de Riehen pendant près de cinquante ans, pionnier de la chirurgie des voies biliaires.

La loi (1890) : une grosse vésicule biliaire palpable et indolore est peu probablement lithiasique — elle fait suspecter une obstruction néoplasique (ex. cancer de la tête du pancréas).
L'article : Courvoisier LG. Casuistisch-statistische Beiträge zur Pathologie und Chirurgie der Gallenwege. Leipzig : F. C. W. Vogel ; 1890.

Jean Cruveilhier & P. C. von Baumgarten — syndrome de Cruveilhier-Baumgarten

Anatomopathologiste français (1791–1874) & allemand (1848–1928)

Cruveilhier, premier titulaire de la chaire d'anatomie pathologique à Paris, et Baumgarten, professeur à Tübingen, ont donné leur nom à la reperméabilisation de la veine ombilicale au cours de l'hypertension portale.

Le syndrome : circulation collatérale péri-ombilicale (« tête de méduse ») avec souffle veineux ombilical, sur hypertension portale.
L'article : Baumgarten P. Ueber vollständiges Offenbleiben der Vena umbilicalis. Arb Geb Pathol Anat. 1908;6:93-110 (antériorités : Pégot 1833, Cruveilhier ; dates variables, à vérifier).

Thomas Stephen Cullen — signe de Cullen

Gynécologue canadien · 1868–1953

Né en Ontario, formé à Toronto puis à Johns Hopkins (et Göttingen), il y dirige la pathologie gynécologique et travaille sur la grossesse extra-utérine et le cancer utérin.

Le signe (1918) : ecchymose bleutée péri-ombilicale — décrite d'abord dans la GEU rompue, aujourd'hui associée aux hémorragies rétropéritonéales (ex. pancréatite aiguë).
L'article : Cullen TS. A new sign in ruptured extrauterine pregnancy. Am J Obstet Dis Women Child. 1918;78:457.

Jean-Baptiste H. Dance — signe de Dance

Anatomo-pathologiste français · 1797–1832

Pathologiste parisien mort à 35 ans du choléra lors de l'épidémie de 1832, il laisse son nom à sa description des invaginations intestinales.

Le signe (1826) : sensation de vide / rétraction de la fosse iliaque droite dans l'invagination intestinale aiguë (le cæcum ayant « télescopé » vers l'aval), souvent avec un boudin palpable ailleurs.
L'article : Dance JBH. Mémoire sur les invaginations morbides des intestins. Répertoire général d'anatomie et de physiologie pathologiques. 1826;1:195-214 (éditeur à vérifier).

William E. Fothergill — signe de Fothergill

Obstétricien britannique · 1865–1926

Obstétricien de Manchester (il laisse son nom à l'« opération de Manchester-Fothergill »), il décrit en 1926 un signe distinguant une masse de la paroi d'une masse intra-abdominale.

Le signe (1926) : une masse de la paroi (hématome des grands droits) reste palpable et ne franchit pas la ligne médiane quand on contracte les grands droits — complément du signe de Carnett. (À ne pas confondre avec John Fothergill, XVIIIe s.)
L'article : Fothergill WE. Haematoma in the abdominal wall simulating pelvic new growth. BMJ. 1926;1(3413):941-942.

George Grey Turner — signe de Grey Turner

Chirurgien britannique · 1877–1951

Diplômé de la Newcastle Medical School, Fellow du Royal College of Surgeons en 1903, il devient professeur de chirurgie à l'université de Durham en 1927.

Le signe (1920) : ecchymose des flancs, témoin d'une hémorragie rétropéritonéale, classiquement associée à la pancréatite aiguë.
L'article : Grey Turner G. Local discoloration of the abdominal wall as a sign of acute pancreatitis. Br J Surg. 1920;7:394-395.

G. Kenneth Mallory & Soma Weiss — syndrome de Mallory-Weiss

Anatomopathologiste (1900–1986) & interniste (1898–1942) américains

À Boston, l'anatomopathologiste G. K. Mallory et l'interniste Soma Weiss (né en Transylvanie) décrivent en 1929 quinze patients ayant saigné après des vomissements, souvent sur terrain alcoolique.

Le syndrome (1929) : déchirure longitudinale de la jonction gastro-œsophagienne après vomissements, cause d'hématémèse.
L'article : Mallory GK, Weiss S. Hemorrhages from lacerations of the cardiac orifice of the stomach due to vomiting. Am J Med Sci. 1929;178(4):506-514.

Charles McBurney — point de McBurney

Chirurgien américain · 1845–1913

Diplômé de Harvard puis docteur en médecine au College of Physicians and Surgeons de l'université Columbia (New York) en 1870, il exerce à New York, devient chirurgien au Bellevue Hospital puis chirurgien-chef au Roosevelt Hospital.

Le repère (1889) : point de sensibilité maximale de l'appendicite, à l'union du tiers externe et des deux tiers internes de la ligne épine iliaque antéro-supérieure droite–ombilic. (À distinguer de l'incision de McBurney, 1894.)
L'article : McBurney C. Experience with early operative interference in cases of disease of the vermiform appendix. N Y Med J. 1889;50:676-684.

John Benjamin Murphy — signe de Murphy

Chirurgien américain · 1857–1916

Docteur du Rush Medical College (Chicago) en 1879, perfectionné à Vienne, Munich, Berlin et Heidelberg, il devient une figure de la chirurgie américaine (plusieurs éponymes portent son nom, dont le « bouton de Murphy »).

Le signe (1903) : arrêt inspiratoire douloureux à la palpation de l'hypochondre droit, évocateur de cholécystite aiguë.
L'article : Murphy JB. The diagnosis of gall-stones. Med News. 1903;82:825-833.

Benedict M. Reynolds & Everett L. Dargan — pentade de Reynolds

Chirurgiens américains · Reynolds 1925–2019 ; Dargan : dates non retrouvées

En 1959, ces deux chirurgiens new-yorkais décrivent, à partir d'une courte série, l'angiocholite obstructive suppurée.

La pentade (1959) : triade de Charcot + choc (hypotension) + confusion — marque une angiocholite grave.
L'article : Reynolds BM, Dargan EL. Acute obstructive cholangitis: a distinct clinical syndrome. Ann Surg. 1959;150(2):299-303.

Niels Thorkild Rovsing — signe de Rovsing

Chirurgien danois · 1862–1927

Docteur en médecine de Copenhague, professeur de chirurgie opératoire, il joue un rôle majeur dans la création du Rigshospitalet (ouvert en 1910) et cofonde la Société danoise de chirurgie.

Le signe (1907) : la palpation-pression de la fosse iliaque gauche réveille une douleur en fosse iliaque droite, en faveur d'une appendicite. (Antériorité reconnue : E. Perman, 1904.)
L'article : Rovsing NT. Indirektes Hervorrufen des typischen Schmerzes an McBurney's Punkt. Zentralbl Chir. 1907;34:1257-1259.

Sources biographiques : whonamedit.com, LITFL (Eponymous), Wikipedia et articles historiques PubMed.

14 — SIGNES ABANDONNÉS

Signes abandonnés (et pourquoi)

À la différence des « vieux signes perdus » encore défendables (catalogue des signes), ceux-ci ont été délaissés à juste titre : jamais validés, invasifs, ou trop peu performants. On les décrit pour la culture — et pour savoir pourquoi on ne les fait plus.

Signe de Boas abandonné

Description
Zone d'hyperesthésie / sensibilité de la région dorsale droite (T10–T12, « point de Boas »), cherchée dans la colique hépatique / cholécystite.
Pourquoi abandonné
Sensibilité < 7 % ; supplanté par le signe de Murphy et l'échographie.

I. Boas (1858–1938), Diagnostik und Therapie der Magenkrankheiten, 1894 ; source à vérifier.

Signe d'Aaron abandonné

Description
Pression ferme et maintenue sur le point de McBurney provoquant une douleur/gêne projetée à l'épigastre ou au précordium (« appendicite chronique »).
Pourquoi abandonné
Jamais validé (aucune Se/Sp) ; la notion d'« appendicite chronique » est aujourd'hui contestée.

Aaron CD. A sign indicative of chronic appendicitis. JAMA. 1913;60(5):350-351.

Signe de Ten Horn abandonné

Description
Douleur en fosse iliaque droite à la traction douce du cordon spermatique / testicule droit (appendicite).
Pourquoi abandonné
Non validé, peu reproductible, inconfortable, limité au sexe masculin.

Attribué à C. ten Horn ; source primaire à vérifier.

Signe de Bastedo abandonné

Description
Douleur au point de McBurney provoquée par la dilatation du côlon à l'air insufflé (appendicite).
Pourquoi abandonné
Invasif, inconfortable, non dénué de risque ; remplacé par l'imagerie.

Bastedo WA. Artificial dilation of stomach and colon as aids in abdominal diagnosis. St Luke's Hosp Med Surg Rep. 1910;2:104-111.

15 — SOURCES

Méthode & bibliographie

Sources françaises d'abord (CDU-HGE, SFMU, HAS, SNFGE, CNGOF, AFU), puis séries Rational Clinical Examination du JAMA et méta-analyses. Chaque valeur chiffrée renvoie à sa référence.

Méthode & réserves honnêtes. Il n'existe pas de recommandation HAS unique « douleurs abdominales aiguës » : le socle de tri est le référentiel CDU-HGE (item 269), la SFMU et les sociétés d'organe. Les rapports de vraisemblance sont indicatifs (populations et définitions variables d'une étude à l'autre) : les valeurs de Wagner 1996 sont reprises via des synthèses secondaires et certains LR de signes (McBurney, obturateur) n'ont pas de chiffre primaire robuste. La sensibilité de la triade de Charcot varie de 7 à 72 % selon les séries (valeur poolée ~36 %). Les seuils d'endoscopie de la dyspepsie et le seuil de discrimination du β-hCG diffèrent entre référentiels français et anglo-saxons. En cas de doute : réévaluation clinique et imagerie priment sur tout score.
Périmètre & choix (exhaustivité). Certaines entités sont volontairement traitées comme sous-diagnostics plutôt que comme endpoints séparés, car leur présentation et leur bilan au premier recours sont identiques : cholangiocarcinome et ampullome sont regroupés sous « obstacle néoplasique » (loi de Courvoisier) ; les varices œsophagiennes sont atteignables via l'hémorragie haute ; le carcinome hépatocellulaire relève du suivi de la cirrhose. Sont hors champ, avec la raison : la surveillance endoscopique détaillée de l'œsophage de Barrett (protocole spécialisé — la fiche en signale seulement le risque et l'indication d'endoscopie) ; la typhlite (entérocolite du neutropénique, contexte hospitalier — signalée dans « Terrains particuliers ») ; les signes historiques abandonnés sans valeur non retenus (ex. clapotage à jeun de Bouveret) qui n'apportent rien au raisonnement actuel.
  1. Neveu M-E, Capmas P. Grossesse extra-utérine. Rev Prat. 2019;69(4):e111-e115. PMID à vérifierβ-hCG systématique chez toute femme en âge de procréer.
  2. Bala M, Catena F, Kashuk J, et al. Acute mesenteric ischemia: updated guidelines of the WSES. World J Emerg Surg. 2022;17:54. PMID:36261857 · doi:10.1186/s13017-022-00443-xDouleur disproportionnée = ischémie jusqu'à preuve du contraire ; mortalité 50–80 %.
  3. Assar AN, Zarins CK. Ruptured abdominal aortic aneurysm: a surgical emergency with many clinical presentations. Postgrad Med J. 2009;85(1003):268-273. PMID:19520879 · doi:10.1136/pgmj.2008.074666Triade complète absente dans ~50–75 % des ruptures.
  4. Yew KS, George MK, Allred HB. Acute abdominal pain in adults: evaluation and diagnosis. Am Fam Physician. 2023;107(6):585-596. PMID:37327158Approche diagnostique de la douleur abdominale aiguë de l'adulte.
  5. Haute Autorité de Santé. Occlusion intestinale : place de l'imagerie (ASP non indiqué, scanner de référence). HAS ; 2009. URL: has-sante.frScanner abdomino-pelvien = examen de référence de l'occlusion.
  6. Kiriyama S, Kozaka K, Takada T, et al. Tokyo Guidelines 2018: diagnostic criteria and severity grading of acute cholangitis. J Hepatobiliary Pancreat Sci. 2018;25(1):17-30. PMID:29032610 · doi:10.1002/jhbp.512Critères TG18 de l'angiocholite (supérieurs à la triade de Charcot).
  7. Wagner JM, McKinney WP, Carpenter JL. Does this patient have appendicitis? JAMA. 1996;276(19):1589-1594. PMID:8918857Rational Clinical Examination — valeur des signes de l'appendicite (adulte).
  8. Andersson REB. Meta-analysis of the clinical and laboratory diagnosis of appendicitis. Br J Surg. 2004;91(1):28-37. PMID:14716790 · doi:10.1002/bjs.4464Méta-analyse : signes péritonéaux + inflammatoires, valeur en combinaison.
  9. Banks PA, Bollen TL, Dervenis C, et al. Classification of acute pancreatitis — 2012: revision of the Atlanta classification. Gut. 2013;62(1):102-111. PMID:23100216 · doi:10.1136/gutjnl-2012-302779Diagnostic : 2/3 critères, lipase > 3× la normale.
  10. Haute Autorité de Santé. Prise en charge médicale et chirurgicale de la diverticulite colique. HAS ; 2017. URL: has-sante.frScanner de référence ; abstention d'antibiotiques dans les formes non compliquées.
  11. Cudnik MT, Darbha S, Jones J, et al. The diagnosis of acute mesenteric ischemia: a systematic review and meta-analysis. Acad Emerg Med. 2013;20(11):1087-1100. PMID:24238311 · doi:10.1111/acem.12254Un lactate normal n'exclut pas ; angio-TDM = référence.
  12. Mearin F, Lacy BE, Chang L, et al. Bowel disorders (Rome IV). Gastroenterology. 2016;150(6):1393-1407. PMID:27144627 · doi:10.1053/j.gastro.2016.02.031Critères de Rome IV du syndrome de l'intestin irritable.
  13. Mookadam F, Cikes M. Cullen's and Turner's signs. N Engl J Med. 2005;353(13):1386. PMID:16192483 · doi:10.1056/NEJMicm040796Ecchymoses péri-ombilicale / des flancs (rares, tardives).
  14. Golledge J, Toms AP, Franklin IJ, et al. Assessment of peritonism in appendicitis. Ann R Coll Surg Engl. 1996;78(1):11-14. PMID:8659965Rebond Se ~82 %/Sp ~89 % ; percussion douloureuse.
  15. Takada T, Ikusaka M, Ohira Y, et al. Diagnostic usefulness of Carnett's test in psychogenic abdominal pain. Intern Med. 2011;50(3):213-217. PMID:21297322 · doi:10.2169/internalmedicine.50.4179Signe de Carnett (paroi vs viscère) : LR+ ~2,6.
  16. Takada T, Nishiwaki H, Yamamoto Y, et al. The role of digital rectal examination for diagnosis of acute appendicitis: a systematic review and meta-analysis. PLoS One. 2015;10(9):e0136996. PMID:26332867 · doi:10.1371/journal.pone.0136996Toucher rectal : LR+ 1,24 (NS) — sans valeur pour l'appendicite.
  17. Bennett DH, Tambeur LJ, Campbell WB. Use of coughing test to diagnose peritonitis. BMJ. 1994;308(6940):1336. PMID:8019222 · doi:10.1136/bmj.308.6940.1336Test de la toux : substitut sensible du rebond.
  18. Shian B, Larson ST. Abdominal wall pain: clinical evaluation, differential diagnosis, and treatment. Am Fam Physician. 2018;98(7):429-436. PMID:30252418Douleur pariétale, signe de Carnett, ACNES.
  19. Bundy DG, Byerley JS, Liles EA, et al. Does this child have appendicitis? JAMA. 2007;298(4):438-451. PMID:17652298 · doi:10.1001/jama.298.4.438Rational Clinical Examination — appendicite de l'enfant (fièvre, rebond).
  20. Trowbridge RL, Rutkowski NK, Shojania KG. Does this patient have acute cholecystitis? JAMA. 2003;289(1):80-86. PMID:12503981 · doi:10.1001/jama.289.1.80Signe de Murphy : LR+ ~2,8 (IC large).
  21. Rumsey S, Winders J, MacCormick AD. Diagnostic accuracy of Charcot's triad: a systematic review. ANZ J Surg. 2017;87(4):232-238. PMID:28213923 · doi:10.1111/ans.13907Triade de Charcot : Se ~36 %, Sp ~93 %.
  22. Lederle FA, Simel DL. Does this patient have abdominal aortic aneurysm? JAMA. 1999;281(1):77-82. PMID:9892455 · doi:10.1001/jama.281.1.77Sensibilité de la palpation selon la taille de l'anévrisme.
  23. Haute Autorité de Santé. Anévrysme de l'aorte abdominale : dépistage et prévention. HAS ; 2012. URL: has-sante.frÉchographie unique, homme 65–75 ans fumeur ; seuil AAA ≥ 30 mm.
  24. Alvarado A. A practical score for the early diagnosis of acute appendicitis. Ann Emerg Med. 1986;15(5):557-564. PMID:3963537Score d'Alvarado (MANTRELS), /10.
  25. Ohle R, O'Reilly F, O'Brien KK, et al. The Alvarado score for predicting acute appendicitis: a systematic review. BMC Med. 2011;9:139. PMID:22204638 · doi:10.1186/1741-7015-9-139Validation : Se ~99 % au seuil ≥ 5 ; sur-estimation chez la femme.
  26. Andersson M, Andersson RE. The Appendicitis Inflammatory Response (AIR) score. World J Surg. 2008;32(8):1843-1849. PMID:18553045 · doi:10.1007/s00268-008-9649-yScore AIR (/12), CRP intégrée ; performance > Alvarado.
  27. Doria AS, Moineddin R, Kellenberger CJ, et al. US or CT for diagnosis of appendicitis in children and adults? A meta-analysis. Radiology. 2006;241(1):83-94. PMID:16928974 · doi:10.1148/radiol.2411050913Performances de l'échographie et du scanner.
  28. CODA Collaborative; Flum DR, et al. A randomized trial comparing antibiotics with appendectomy for appendicitis. N Engl J Med. 2020;383(20):1907-1919. PMID:33017106 · doi:10.1056/NEJMoa2014320Antibiotiques vs appendicectomie ; ~30–40 % opérés selon appendicolithe.