Professionnalisme · exercice libéral

URSSAF, CARMF :
ce qui reste vraiment

Entre le chiffre d'affaires qu'on annonce en salle de garde et le revenu qui arrive sur le compte, il y a deux organismes, une dizaine de lignes de cotisations et un barème progressif. Cet outil fait le trajet complet, du superbrut au net disponible, puis va plus loin : micro-BNC, prévoyance en cas d'invalidité, retraite. Pensé pour l'interne qui s'installe. Chaque taux est modifiable ; aucune donnée ne quitte le navigateur.

Par le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau — pensé pour l'interne qui s'installe (sources en fin de page).
Barèmes 2026 · PASS 48 060 € · abattement d'assiette 26 % · URSSAF PAM · CARMF · barème IR 2026
Estimation indicative pour professionnels — ne remplace ni un décompte officiel, ni un expert-comptable.
🔒 Calcul 100 % local — rien n'est envoyé sur internet
Première version : 2026-07-17Dernière révision : 2026-07-18
01 — SITUATION

Spécialité, secteur et foyer

Trois paramètres commandent tout le reste. Le secteur pilote la prise en charge des cotisations : en secteur 1, la CPAM prend en charge l'essentiel de la cotisation maladie et les deux tiers de l'ASV ; l'OPTAM ouvre une participation maladie partielle mais pas l'aide sur l'ASV[8]. Le nombre de parts fiscales pilote l'impôt.

02 — ACTIVITÉ

Estimer le superbrut

Le chiffre d'affaires d'un généraliste a deux moitiés qu'on confond souvent : les honoraires d'actes (consultations et visites, majorations comprises) et les rémunérations forfaitaires (forfait patientèle médecin traitant, ROSP, forfait structure, ACI, permanence des soins), versées à part. Ces forfaits pèsent en moyenne 17 % du total des honoraires d'un MG[1] : la recette par acte ne les inclut pas.

Calée par défaut sur la moyenne régionale des généralistes (référentiel du RIAP 2025, ≈ 38 €/acte, majorations et actes techniques compris)[2].
03 — DÉPENSES

Ce que coûte le cabinet

Ces dépenses s'entendent hors cotisations sociales personnelles. L'URSSAF et la CARMF ne sont pas des dépenses professionnelles à saisir ici — elles sont calculées automatiquement plus bas à partir du revenu, et les réintroduire reviendrait à les compter deux fois. Les postes ci-dessous sont pré-remplis avec des ordres de grandeur d'un généraliste installé (structure moyenne UNASA 2024[3]) ; ajustez-les, ou partez d'un autre profil.

Total dépenses professionnelles

Revenus & assiette

04 — DÉTAIL

Ligne à ligne, où part l'argent

Chaque poste avec son assiette réelle et son taux : les assiettes ne sont pas les mêmes d'une ligne à l'autre, et c'est précisément ce qui rend le total difficile à deviner de tête.

PosteAssietteTauxMontant
* CURPS plafonnée à 240 €. Les montants forfaitaires (CFP, invalidité-décès, part forfaitaire de l'ASV) ne dépendent pas de l'assiette.
Hypothèses & taux 2026 (modifiables)

Les taux ci-dessous sont pré-remplis avec les barèmes 2026. Les ajuster met le calcul à jour en direct.

05 — RÉSULTAT

Du superbrut au net disponible

La cascade complète, dans l'ordre où les prélèvements s'appliquent.

Part URSSAF
du revenu brut social
Part CARMF
du revenu brut social
Impôt sur le revenu
estimation
Revenu net « poche »
après cotis. & impôt
Prélèvement global
sur le revenu (CA − dépenses)
💡 Le réflexe à garder toute sa carrière : mettre ~50 % de côté
Gardez en réserve de l'ordre de la moitié de ce que vous gagnez — le prélèvement global ci-dessus tourne autour de 50 % — pour absorber cotisations et impôts sans jamais vous mettre en difficulté. C'est le conseil à retenir de cette page.

Pourquoi c'est vital. Vos cotisations URSSAF et CARMF sont d'abord appelées à titre provisionnel sur votre revenu d'il y a deux ans, puis régularisées quand le revenu réel est connu. Une bonne année, vous paierez « trop peu » sur le moment… puis une lourde régularisation suit. Et si le revenu chute, vous devez quand même payer sur l'année passée, plus haute. Le montant calculé ici (cotisations dues sur l'année) peut donc différer de ce que vous versez une année donnée — d'où l'épargne de sécurité.

06 — MICRO-BNC

Et en micro-BNC ?

Le micro-BNC est un régime fiscal simplifié, accessible tant que les recettes ne dépassent pas 83 600 € (seuil 2026[11]). Au lieu de déduire ses frais réels, on applique un abattement forfaitaire de 34 % pour l'impôt. Séduisant sur le papier, rarement gagnant pour un médecin en activité.

Le piège des cotisations. L'abattement de 34 % ne concerne que l'impôt. Les cotisations URSSAF (PAMC) et CARMF restent dues, sur une assiette égale aux recettes après abattement de 34 %, et ne sont pas déductibles en plus : les 34 % sont réputés couvrir tous les frais, cotisations comprises[11]. En déclaration contrôlée (2035), au contraire, frais réels et cotisations se déduisent pour leur montant réel.

Pourquoi le réel gagne presque toujours. Le micro-BNC n'est avantageux que si frais réels + cotisations déductibles < 34 % des recettes. Or les cotisations sociales d'un médecin pèsent déjà, à elles seules, 20 à 40 % du revenu ; en ajoutant les frais, on dépasse presque toujours 34 %. Le micro ne se justifie que pour des recettes faibles avec très peu de charges (remplaçant débutant, activité accessoire).

Attention au faux ami. Un médecin conventionné peut être au micro-BNC tout en gardant son statut PAMC et la prise en charge CPAM du secteur 1[11]. Mais il ne relève pas du micro-social « auto-entrepreneur » (≈ 25,6 %) : appliquer ce taux à un médecin est une erreur classique des simulateurs grand public.

07 — INVALIDITÉ, MATERNITÉ & DÉCÈS

Et en cas de coup dur ?

Avant de signer une prévoyance ou un PER en sortant d'internat, il faut savoir ce que versent déjà les régimes obligatoires. Les montants dépendent de votre classe de cotisation et de votre situation familiale (réglée en section 01 : statut et enfants à charge).

Votre situationMontantPar mois
* Classe B (revenu entre 1 et 3 PASS) : rente d'invalidité interpolée, à confirmer auprès de la CARMF. Majoration conjoint (invalidité) : marié depuis ≥ 2 ans, ressources du conjoint ≤ 31 252 €/an ; bonification familiale dès 3 enfants. Rente éducation servie jusqu'à 21 ans (25 si études), portée à 17 114 €/an par enfant orphelin des deux parents. Rente au conjoint survivant (décès) : de 8 557 à 17 114 €/an selon les points acquis par le médecin décédé — durée de cotisation + années restant jusqu'à ses 60 ans (40 points forfaitaires + 60 % des points acquis, bornés à 45–90) —, pas selon les revenus du conjoint ; +10 % si trois enfants issus de l'union. IJ CARMF réduites de moitié à partir de 70 ans. Montants bruts 2026[9] ; exemple : classe A marié + 3 enfants ≈ 61 500 €/an, classe C ≈ 73 200 €/an.

Et la maternité / paternité ?

Une médecin conventionnée relève du régime PAMC : c'est la CPAM, pas la CARMF, qui verse ces prestations forfaitaires[12] (montants 2026).

Prestation (médecin conventionné)MontantPar mois
Maternité — congé de 16 semaines (26 dès le 3ᵉ enfant, plus si multiples ; minimum 8, dont 6 après l'accouchement)
Allocation forfaitaire de repos maternel4 005 € (1 mois de PASS, en 2 fois)forfait
Indemnité journalière forfaitaire (durée du congé)65,84 €/jour≈ 2 000 €/mois
Avantage supplémentaire (secteur 1/OPTAM)3 100 €/mois (2 066 € en secteur 2), ≤ 3 mois3 100 €/mois
Paternité — 25 jours (32 pour une naissance multiple)
Indemnité journalière forfaitaire65,84 €/jour≈ 2 000 €/mois
Avantage supplémentaire (secteur 1/OPTAM)≈ 2 232 € (versé en une fois)forfait
Prestations versées par la CPAM (régime PAMC), pas par la CARMF, qui accorde toutefois des points retraite gratuits pour le trimestre d'accouchement. L'avantage supplémentaire suit le barème conventionnel (avenant 9, 2022) ; actualité 2026 à confirmer.
Prévoyance et internes enceintes. Les régimes obligatoires couvrent plutôt bien la maternité d'une médecin conventionnée (allocation + IJ + avantage supplémentaire ≈ 3 100 €/mois). Le vrai trou est ailleurs : une grossesse pathologique avec arrêt prolongé bascule dans le régime incapacité, avec ses 90 jours de carence côté CARMF. C'est ce risque-là — pas le congé maternité standard — qu'une prévoyance complémentaire vient couvrir : à peser avant de souscrire, sans se laisser vendre l'inutile.
Ce sont des montants bruts. Rentes et IJ de la CARMF sont imposables à l'impôt sur le revenu en catégorie « pensions » et supportent la CSG-CRDS-CASA, prélevées à la source sur le brut[9] ; les IJ de la CPAM sont aussi imposables. Comptez un net de l'ordre de 80 à 90 % du brut.
Internes : ne vous précipitez pas sur la prévoyance. En sortant d'internat, on vous en proposera vite une. Or la couverture obligatoire existe déjà (ci-dessus), et vos premières priorités sont souvent ailleurs : trésorerie d'installation, RCP, emprunts. Repérez le vrai manque — surtout les 90 premiers jours d'arrêt, mal couverts, et le niveau de rente sans enfant — avant de signer. Une prévoyance Madelin bien ciblée (déductible) est utile ; une souscrite sous pression commerciale l'est moins.
08 — RETRAITE

Et pour ma retraite ?

La retraite du médecin libéral s'empile sur trois étages gérés par la CARMF, chacun fonctionnant par points. Voici les ordres de grandeur — mais seul info-retraite.fr ou votre relevé CARMF donne un chiffre fiable, car la conversion revenu → points dépend finement de chaque année cotisée.

ÉtageValeur du point 2026Pension moyenne servie
Régime de base (CNAVPL)0,6599 €≈ 8 100 €/an
Complémentaire vieillesse (RCV)77,14 €≈ 16 300 €/an
ASV (avantage social vieillesse)11,82 €≈ 11 700 €/an
Total, carrière pleine≈ 36 100 €/an (≈ 3 010 €/mois)
Pension moyenne servie aux médecins retraités, tous secteurs, base mars 2026[9]. Réversion au conjoint : 54 % (base), 60 % (complémentaire), 50 % (ASV).
Le chiffre fiable est ailleurs. Cette moyenne suppose une carrière pleine ; votre pension dépend du nombre d'années cotisées et de votre revenu chaque année. Pour une estimation personnalisée, connectez-vous à info-retraite.fr (tous régimes) ou à votre espace CARMF.

Faut-il racheter des trimestres ?

Les longues études laissent des trimestres manquants. On peut en racheter jusqu'à 12 (années d'études supérieures ou années civiles incomplètes)[14]. Estimez le coût — en gardant ses limites en tête.

Deux options. Le « taux seul » ne sert qu'à réduire ou annuler la décote ; le « taux + durée » augmente aussi la durée d'assurance (donc le montant de la pension), mais coûte environ 50 % de plus.

Intérêt et limites. Le versement est intégralement déductible du revenu imposable l'année du paiement — d'autant plus intéressant à tranche élevée. Racheter jeune coûte moins cher (tarif réduit « études » si avant 40 ans, ou dans les 10 ans suivant la fin des études). Mais racheter juste avant un départ à taux plein « naturel » (67 ans) est souvent peu rentable, et la réforme du cumul emploi-retraite de 2027 rabote l'un de ses intérêts (le départ anticipé avec reprise d'activité déplafonnée grâce aux trimestres rachetés)[14]. Le rachat agit sur le régime de base seulement, pas sur la complémentaire ni l'ASV. Seul le simulateur officiel (Assurance retraite / eCARMF) donne un chiffre définitif.

09 — ÉPARGNE

Comment gérer simplement son épargne ?

Une fois l'épargne de précaution en place, placer son argent n'a pas à être compliqué ni chronophage. Voici les grandes lignes, et comment ne pas se faire avoir.

Un préalable avant d'écouter votre banque ou votre assureur. Le « conseiller » qui vous reçoit est souvent un commercial rémunéré sur ce qu'il vend. Trois réflexes suffisent : exigez tous les frais par écrit (entrée, gestion annuelle, arbitrage), comparez à un courtier en ligne, et ne signez jamais le jour même. Les deux questions ci-dessous — le PER, puis où placer — sont les vraies réponses à se poser soi-même avant tout rendez-vous.

Faut-il ouvrir un PER ?

La déduction n'est qu'un report. Les versements sur un PER (ou un ancien contrat Madelin) se déduisent du revenu imposable à l'entrée — mais on est imposé à la sortie. Le gain réel dépend de l'écart entre votre tranche marginale aujourd'hui et à la retraite, augmenté d'un effet de trésorerie (l'économie d'impôt reste investie). Ce n'est pas une exonération.

À la sortie, moins souple qu'il n'y paraît. Sur un PER, le capital correspondant aux versements déduits est réimposé au barème de l'IR (les gains au PFU de 30 %) ; sorti en une fois, il peut vous faire changer de tranche l'année du retrait. Un contrat Madelin ne sort qu'en rente viagère (jamais en capital), imposée comme une pension. Et l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf achat de la résidence principale ou accident de la vie[13].

Internes : ne vous précipitez pas. À faible tranche en début de carrière, la déduction rapporte peu ; mieux vaut souvent garder la main sur son épargne (PEA, compte-titres, immobilier locatif) et n'arbitrer vers un PER que lorsque la tranche marginale grimpe. Un PER ou une prévoyance signés sous pression, en sortant d'internat, sont rarement le bon premier réflexe.

Où placer son épargne ? Le match des enveloppes

Aucune n'est « la meilleure » dans l'absolu : tout dépend de votre horizon, de votre besoin de liquidité et de votre tranche d'imposition. Un panachage est la règle.

EnveloppeAtoutsLimites
Livrets réglementés
Livret A, LDDS
Liquides, garantis, exonérés d'impôt : le socle de l'épargne de précaution — visez ~50 % de vos revenus N-1 à conserver pour couvrir cotisations et coups durs.Rendement faible, plafonnés : à réserver au coussin de sécurité, pas au long terme.
Résidence principaleSécurise le logement, plus de loyer dès la fin du prêt remboursé, plus-value exonérée à la revente ; « loyer qu'on s'épargne ».Immobilise l'apport et endette ; peu liquide ; frais d'achat (~8 %) ; ne rapporte aucun revenu.
Remboursement anticipé d'emprunt« Rendement » garanti égal au taux du crédit, sans risque ni impôt ; réduit le stress.Argent immobilisé ; inutile si le taux du prêt est bas face à un placement mieux rémunéré.
PEA
actions
Gains exonérés d'IR après 5 ans (hors prélèvements sociaux 17,2 %) ; idéal actions long terme.Actions européennes seulement ; plafond 150 000 € ; retrait avant 5 ans = clôture.
Compte-titres
CTO
Aucun plafond, tous supports (actions monde, ETF, obligations), totalement liquide.Chaque gain réalisé taxé au PFU 30 % ; aucun avantage fiscal.
Assurance vieSouple, fiscalité douce après 8 ans (abattement annuel), atout transmission : 152 500 € par bénéficiaire hors succession (versements avant 70 ans)[15].Frais (versement, gestion) ; fonds euros peu rémunérateur ; unités de compte à risque.
PERVersements déduits du revenu imposable à l'entrée ; utile à tranche marginale élevée.Bloqué jusqu'à la retraite ; réimposé à la sortie (voir ci-dessus) ; report, pas cadeau.
Immobilier locatifEffet de levier du crédit ; revenus réguliers ; actif tangible.Illiquide ; gestion, vacance, travaux ; revenus fonciers fiscalisés à la TMI + 17,2 % — mais on déduit les frais réels, et un déficit foncier s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an (21 400 € si rénovation énergétique)[15].
SCPIImmobilier sans gestion, mutualisé, ticket d'entrée modéré.Frais d'entrée élevés (~10 %) ; liquidité limitée ; revenus fonciers imposés comme le locatif.
LMNP
meublé
Loue meublé au réel : l'amortissement du bien efface l'impôt sur les loyers pendant des années.Depuis la loi de finances 2025 (cessions dès le 15/02/2025), les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value à la revente : l'avantage n'est plus définitif, l'ardoise à la sortie est plus lourde[16].
Ordre de priorité fréquent pour un jeune médecin : épargne de précaution (livrets) → résidence principale → PEA / assurance vie → PER quand la tranche monte → immobilier / SCPI pour diversifier. Autres pistes plus marginales : PEE/PERCO si conjoint salarié, groupements forestiers, art ou crypto (spéculatif, non conseillé comme socle). À adapter avec un conseil indépendant, non commissionné.

Concrètement, dans un PEA ou un CTO : les ETF

Ce qui marche « scientifiquement », sans se prendre la tête et sans y passer du temps.

Un ETF (ou tracker) est un fonds qui réplique tout un indice — par exemple les 1 400 plus grandes entreprises mondiales (MSCI World) — pour des frais minuscules (~0,2 %/an, contre 1,5–2 % pour un fonds « maison »).

La gestion passive (ETF) bat la plupart des gérants actifs sur le long terme : sur 10-15 ans, plus de 85 % des fonds gérés « à la main » font moins bien que leur indice, frais compris (études SPIVA). Autrement dit, un ETF mondial diversifié + des versements réguliers — la méthode dite du DCA (dollar cost averaging, ou « investissement programmé » : un montant fixe à intervalle fixe, qui lisse mécaniquement les hauts et les bas du marché) —, et on ne s'en occupe plus : c'est la stratégie la plus efficace pour la plupart des gens.

Où le loger. Dans un PEA, un ETF éligible (actions européennes, ou ETF « World » synthétiques éligibles) est exonéré d'impôt après 5 ans (hors prélèvements sociaux 17,2 %) : c'est l'enveloppe reine pour les actions. Dans un compte-titres (CTO), tout l'univers est accessible (ETF World classiques), mais chaque vente en bénéfice subit la flat tax (PFU 30 %) — d'où l'intérêt de laisser courir sans vendre, et de remplir d'abord le PEA.

Capitalisant ou distribuant ? Un ETF capitalisant réinvestit automatiquement les dividendes dans le fonds (effet boule de neige, intérêts composés, et imposition repoussée) ; un ETF distribuant vous verse les dividendes. En phase d'épargne, préférez le capitalisant — surtout en compte-titres, où chaque dividende versé subirait la flat tax de 30 %. En PEA, les deux sont fiscalement équivalents (rien n'est imposé tant qu'on ne retire pas), le capitalisant gardant l'avantage pratique de tout réinvestir sans y penser[16].

À ne pas confondre avec le trading : acheter/vendre au gré de l'actualité fait perdre la majorité des particuliers. La force des ETF, c'est justement de ne rien faire — acheter régulièrement, garder longtemps.

10 — VÉHICULE

Acheter sa voiture en pro, ou barème kilométrique ?

Deux façons de déduire sa voiture — et un piège fréquent à la revente.

Barème kilométriqueFrais réels (véhicule à l'actif)
PrincipeVoiture gardée dans le patrimoine privé ; on déduit un forfait par km pro (usure, entretien, carburant).Voiture inscrite au registre des immobilisations ; on déduit l'amortissement + les frais réels.
Favorable si…Petit ou moyen kilométrage pro ; voiture ancienne, déjà amortie ou peu chère.Gros rouleur ; voiture chère et récente (amortissement + frais réels > forfait).
En plusPéages et stationnement déductibles en sus ; +20 % pour un véhicule 100 % électrique.Tous les frais réels (assurance, réparations, intérêts d'emprunt) au prorata professionnel.
Le piège à la reventeAucune plus-value professionnelle : la voiture est privée.Plus-value professionnelle imposable : les amortissements ont abaissé la valeur comptable, la revente est taxée.
Barème kilométrique 2026 identique à 2025 (gelé, 3ᵉ année). Ordre de grandeur : le barème km est souvent gagnant jusqu'à ~10 000 km/an de trajets pro ; au-delà, et avec une voiture coûteuse, les frais réels prennent l'avantage — mais le vrai point de bascule dépend du prix, de l'âge et de la part pro, à calculer au cas par cas[17].
Le réflexe. Beaucoup de médecins choisissent le barème kilométrique : plus simple, et surtout sans mauvaise surprise fiscale à la revente. Les frais réels ne se justifient que pour un gros rouleur avec un véhicule cher ; l'option se choisit pour l'année entière, à reconduire ou non.
11 — MÉTHODE

Ce que le calcul fait, et ce qu'il ne fait pas

Un chiffre d'estimation ne vaut que par les hypothèses qu'il assume. Les voici, en clair.

Activité. Superbrut = nombre d'actes × recette moyenne par acte, divisé par (1 − part des forfaits). La recette par acte inclut les majorations et les actes techniques mais pas les rémunérations forfaitaires (FPMT, ROSP, forfait structure, ACI, permanence des soins), qui pèsent en moyenne 17 % des honoraires totaux d'un MG[1]. La valeur pédiatre par défaut est indicative (pas de référentiel régional public) : à ajuster.

Dépenses. Estimateur par postes, calé sur la structure moyenne de la profession (UNASA 2024[3]). Le profil « Cabinet Michaël » reprend la moyenne 2023-2025 des déclarations 2035 du Dr Rochoy, hors cotisations sociales, CSG et amortissements. L'estimateur ne comprend que les charges externes du cabinet : ni l'URSSAF, ni la CARMF, ni la CSG ne doivent y figurer — elles sont calculées séparément et rappelées en grisé.

Secteur et OPTAM. En secteur 1, l'Assurance maladie prend en charge l'essentiel de la cotisation maladie (résiduel ≈ 0,10 %) et les deux tiers de l'ASV. Le secteur 2 OPTAM ouvre une participation maladie sur la part d'activité à tarif opposable — modélisée ici comme le secteur 1 —, mais pas la participation ASV, qui reste au niveau du secteur 2[8]. Le secteur 2 non-OPTAM paie maladie et ASV à taux plein. L'ampleur exacte de la participation OPTAM dépend de la caisse : à confirmer localement.

Modèle de cotisations. Le revenu brut social = chiffre d'affaires − dépenses professionnelles (hors cotisations personnelles). Les cotisations proportionnelles URSSAF (maladie, allocations familiales) sont calculées sur une assiette réduite = revenu brut social − abattement de 26 % (plancher 1,76 % du PASS, plafond 130 %)[5]. La CSG-CRDS porte sur le revenu brut social. Les cotisations CARMF sont assises sur le revenu professionnel net[6].

Impôt. Revenu imposable ≈ revenu brut social − cotisations obligatoires déductibles − CSG déductible (6,8 pts), puis barème progressif 2026 avec quotient familial et décote[7]. Le plafonnement du quotient familial n'est pas appliqué.

Estimation indicative. Simplifications assumées : activité 100 % conventionnée, revenus réguliers d'une année sur l'autre, pas de cotisations Madelin, pas de crédits d'impôt, cotisations CARMF assises sur le revenu de l'année. À recouper avec les décomptes URSSAF/CARMF et l'avis d'un expert-comptable. Repère : le revenu d'activité net moyen d'un omnipraticien libéral était de 98 300 € en 2021 (DREES)[4].
12 — SOURCES

Sources

Barèmes et données de cadrage, consultés le 17 juillet 2026.

  1. CNAM / Assurance Maladie. Zoom sur les médecins généralistes libéraux — fiche 2024 (données 2024). assurance-maladie.ameli.frRémunérations forfaitaires = 17 % des honoraires sans dépassement ; honoraires moyens secteur 1 : 182 231 €. Base tarifaire G = 26,50 € (revalorisation à 30 € au 22/12/2024, effet plein en 2025).
  2. CNAM. Relevé individuel d'activité et de prescriptions (RIAP) — référentiel régional 2025.Recette moyenne par acte des généralistes de la région ≈ 38 €/acte (montants remboursés ÷ nombre d'actes ; majorations et actes techniques inclus, hors forfaits). Base tarifaire G = 30 €.
  3. UNASA. Données statistiques sur la profession libérale — médecine générale (données 2024, éch. 6 331 MG). angak.frStructure moyenne des charges en % des recettes : loyers 5,1 · personnel 5,1 · déplacements 3,1 · TFSE 2,8 · locations 1,5 · honoraires 1,7 · assurances 0,8. Cotisations sociales (14,8 %) et impôts/CSG (5,4 %) comptés à part.
  4. DREES. Les revenus d'activité des médecins libéraux — Études & Résultats n°1322 (données 2021). drees.solidarites-sante.gouv.frRevenu d'activité net moyen des omnipraticiens : 98 300 € (2021).
  5. URSSAF. Réforme de l'assiette sociale des indépendants · Taux de cotisations PAM (maj 20/03/2026) · PASS 2026 (48 060 €). Réforme · Taux PAM · Secteur 1Abattement 26 % (plancher 1,76 % du PASS, plafond 130 %), maladie, allocations familiales, CSG-CRDS, IJ, CURPS, CFP.
  6. CARMF. Mémento « Chiffres clés 2026 » · taux de cotisations. carmf.frRetraite de base, complémentaire vieillesse, ASV (forfait S1 1 917 € / S2 5 751 €), invalidité-décès.
  7. Service-Public. Barème de l'impôt sur le revenu 2026. service-public.gouv.frTranches, quotient familial, décote.
  8. Assurance Maladie. Maîtrise des dépassements : OPTAM et OPTAM-CO. ameli.frL'OPTAM ouvre une participation maladie sur la part d'activité à tarif opposable ; la participation ASV reste réservée au secteur 1.
  9. CARMF. Mémento 2026 & guide « Incapacité temporaire et invalidité » 2026. Guide incapacitéRente invalidité (classe A 23 662 € → C 31 549 €), IJ dès le 91ᵉ jour (65,84 → 197,51 €/j), capital décès 71 500 €, rente éducation 10 078 €/an. Valeurs de point retraite 2026 et pension moyenne servie.
  10. Assurance Maladie. Arrêt maladie du professionnel libéral (IJ maladie depuis le 1er juillet 2021). ameli.frIJ du 4ᵉ au 90ᵉ jour = 1/730ᵉ du revenu moyen des 3 dernières années, plafond 3 PASS → max 197,51 €/j (2026).
  11. Service-Public / DGFiP. Régime micro-BNC (seuil 83 600 € en 2026) · brochure IR 2026 « Praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés ». Micro-BNC · Brochure IR 2026Abattement forfaitaire 34 % (impôt seulement) ; cotisations sociales dues sur recettes × 66 %, non déductibles en plus ; compatibilité PAMC secteur 1.
  12. Assurance Maladie. Prestations maternité / paternité des PAMC · aide financière (avantage supplémentaire maternité). ameli.fr — PAMC · aide financièreAllocation forfaitaire de repos maternel 4 005 € (= PMSS 2026), IJ forfaitaire 65,84 €/j, ASM ≈ 3 100 €/mois (secteur 1/OPTAM, barème avenant 9 — actualité 2026 à confirmer).
  13. Service-Public / DGFiP. Plan d'épargne retraite (PER) — fiscalité et déblocage · rentes viagères (Madelin). service-public.gouv.fr — PERSortie : versements déduits imposés au barème IR, gains au PFU 30 % ; blocage jusqu'à la retraite (sauf résidence principale, accidents de la vie) ; Madelin en rente viagère (régime pensions).
  14. L'Assurance retraite / CNAV / CNAVPL. Rachat de trimestres (VPLR) : barème 2026, options taux seul / taux + durée, régimes. lassuranceretraite.fr · CNAVPLJusqu'à 12 trimestres ; barème par âge (circulaire CNAV 5 févr. 2026) ; déductible du revenu ; CARMF (libéral) ou CARSAT (salarié). La réforme du cumul emploi-retraite (2027) rabote l'intérêt du départ anticipé.
  15. Légifrance / BOFiP. Assurance vie (art. 990 I CGI) & déficit foncier. art. 990 I · BOFiP RFPIAbattement transmission 152 500 € par bénéficiaire (versements avant 70 ans). Déficit foncier imputable 10 700 €/an (21 400 € rénovation énergétique, prolongé jusqu'à fin 2027).
  16. Loi de finances 2025 / presse spécialisée. Réforme LMNP (art. 84, cessions dès le 15/02/2025) & ETF capitalisant/distribuant. LégiFiscal (LMNP) · ETF cap./dist.LMNP : amortissements réintégrés dans la plus-value à la revente. ETF capitalisant préférable en phase d'épargne (report d'imposition, boule de neige).
  17. Service-Public / BOFiP. Barème kilométrique 2026 & frais réels véhicule (BNC). Barème km 2026Barème 2026 = 2025 (gelé) ; +20 % électrique. Frais réels (véhicule à l'actif) = plus-value professionnelle à la revente ; barème km (véhicule privé) = aucune plus-value pro.