Entre le chiffre d'affaires qu'on annonce en salle de garde et le revenu qui arrive sur le compte, il y a deux organismes, une dizaine de lignes de cotisations et un barème progressif. Cet outil fait le trajet complet, du superbrut au net disponible, puis va plus loin : micro-BNC, prévoyance en cas d'invalidité, retraite. Pensé pour l'interne qui s'installe. Chaque taux est modifiable ; aucune donnée ne quitte le navigateur.
🔒 Calcul 100 % local — rien n'est envoyé sur internetTrois paramètres commandent tout le reste. Le secteur pilote la prise en charge des cotisations : en secteur 1, la CPAM prend en charge l'essentiel de la cotisation maladie et les deux tiers de l'ASV ; l'OPTAM ouvre une participation maladie partielle mais pas l'aide sur l'ASV[8]. Le nombre de parts fiscales pilote l'impôt.
Le chiffre d'affaires d'un généraliste a deux moitiés qu'on confond souvent : les honoraires d'actes (consultations et visites, majorations comprises) et les rémunérations forfaitaires (forfait patientèle médecin traitant, ROSP, forfait structure, ACI, permanence des soins), versées à part. Ces forfaits pèsent en moyenne 17 % du total des honoraires d'un MG[1] : la recette par acte ne les inclut pas.
Ces dépenses s'entendent hors cotisations sociales personnelles. L'URSSAF et la CARMF ne sont pas des dépenses professionnelles à saisir ici — elles sont calculées automatiquement plus bas à partir du revenu, et les réintroduire reviendrait à les compter deux fois. Les postes ci-dessous sont pré-remplis avec des ordres de grandeur d'un généraliste installé (structure moyenne UNASA 2024[3]) ; ajustez-les, ou partez d'un autre profil.
Chaque poste avec son assiette réelle et son taux : les assiettes ne sont pas les mêmes d'une ligne à l'autre, et c'est précisément ce qui rend le total difficile à deviner de tête.
| Poste | Assiette | Taux | Montant |
|---|
Les taux ci-dessous sont pré-remplis avec les barèmes 2026. Les ajuster met le calcul à jour en direct.
La cascade complète, dans l'ordre où les prélèvements s'appliquent.
Pourquoi c'est vital. Vos cotisations URSSAF et CARMF sont d'abord appelées à titre provisionnel sur votre revenu d'il y a deux ans, puis régularisées quand le revenu réel est connu. Une bonne année, vous paierez « trop peu » sur le moment… puis une lourde régularisation suit. Et si le revenu chute, vous devez quand même payer sur l'année passée, plus haute. Le montant calculé ici (cotisations dues sur l'année) peut donc différer de ce que vous versez une année donnée — d'où l'épargne de sécurité.
Le micro-BNC est un régime fiscal simplifié, accessible tant que les recettes ne dépassent pas 83 600 € (seuil 2026[11]). Au lieu de déduire ses frais réels, on applique un abattement forfaitaire de 34 % pour l'impôt. Séduisant sur le papier, rarement gagnant pour un médecin en activité.
Le piège des cotisations. L'abattement de 34 % ne concerne que l'impôt. Les cotisations URSSAF (PAMC) et CARMF restent dues, sur une assiette égale aux recettes après abattement de 34 %, et ne sont pas déductibles en plus : les 34 % sont réputés couvrir tous les frais, cotisations comprises[11]. En déclaration contrôlée (2035), au contraire, frais réels et cotisations se déduisent pour leur montant réel.
Pourquoi le réel gagne presque toujours. Le micro-BNC n'est avantageux que si frais réels + cotisations déductibles < 34 % des recettes. Or les cotisations sociales d'un médecin pèsent déjà, à elles seules, 20 à 40 % du revenu ; en ajoutant les frais, on dépasse presque toujours 34 %. Le micro ne se justifie que pour des recettes faibles avec très peu de charges (remplaçant débutant, activité accessoire).
Attention au faux ami. Un médecin conventionné peut être au micro-BNC tout en gardant son statut PAMC et la prise en charge CPAM du secteur 1[11]. Mais il ne relève pas du micro-social « auto-entrepreneur » (≈ 25,6 %) : appliquer ce taux à un médecin est une erreur classique des simulateurs grand public.
Avant de signer une prévoyance ou un PER en sortant d'internat, il faut savoir ce que versent déjà les régimes obligatoires. Les montants dépendent de votre classe de cotisation et de votre situation familiale (réglée en section 01 : statut et enfants à charge).
| Votre situation | Montant | Par mois |
|---|
Une médecin conventionnée relève du régime PAMC : c'est la CPAM, pas la CARMF, qui verse ces prestations forfaitaires[12] (montants 2026).
| Prestation (médecin conventionné) | Montant | Par mois |
|---|---|---|
| Maternité — congé de 16 semaines (26 dès le 3ᵉ enfant, plus si multiples ; minimum 8, dont 6 après l'accouchement) | ||
| Allocation forfaitaire de repos maternel | 4 005 € (1 mois de PASS, en 2 fois) | forfait |
| Indemnité journalière forfaitaire (durée du congé) | 65,84 €/jour | ≈ 2 000 €/mois |
| Avantage supplémentaire (secteur 1/OPTAM) | 3 100 €/mois (2 066 € en secteur 2), ≤ 3 mois | 3 100 €/mois |
| Paternité — 25 jours (32 pour une naissance multiple) | ||
| Indemnité journalière forfaitaire | 65,84 €/jour | ≈ 2 000 €/mois |
| Avantage supplémentaire (secteur 1/OPTAM) | ≈ 2 232 € (versé en une fois) | forfait |
La retraite du médecin libéral s'empile sur trois étages gérés par la CARMF, chacun fonctionnant par points. Voici les ordres de grandeur — mais seul info-retraite.fr ou votre relevé CARMF donne un chiffre fiable, car la conversion revenu → points dépend finement de chaque année cotisée.
| Étage | Valeur du point 2026 | Pension moyenne servie |
|---|---|---|
| Régime de base (CNAVPL) | 0,6599 € | ≈ 8 100 €/an |
| Complémentaire vieillesse (RCV) | 77,14 € | ≈ 16 300 €/an |
| ASV (avantage social vieillesse) | 11,82 € | ≈ 11 700 €/an |
| Total, carrière pleine | — | ≈ 36 100 €/an (≈ 3 010 €/mois) |
Les longues études laissent des trimestres manquants. On peut en racheter jusqu'à 12 (années d'études supérieures ou années civiles incomplètes)[14]. Estimez le coût — en gardant ses limites en tête.
Deux options. Le « taux seul » ne sert qu'à réduire ou annuler la décote ; le « taux + durée » augmente aussi la durée d'assurance (donc le montant de la pension), mais coûte environ 50 % de plus.
Intérêt et limites. Le versement est intégralement déductible du revenu imposable l'année du paiement — d'autant plus intéressant à tranche élevée. Racheter jeune coûte moins cher (tarif réduit « études » si avant 40 ans, ou dans les 10 ans suivant la fin des études). Mais racheter juste avant un départ à taux plein « naturel » (67 ans) est souvent peu rentable, et la réforme du cumul emploi-retraite de 2027 rabote l'un de ses intérêts (le départ anticipé avec reprise d'activité déplafonnée grâce aux trimestres rachetés)[14]. Le rachat agit sur le régime de base seulement, pas sur la complémentaire ni l'ASV. Seul le simulateur officiel (Assurance retraite / eCARMF) donne un chiffre définitif.
Une fois l'épargne de précaution en place, placer son argent n'a pas à être compliqué ni chronophage. Voici les grandes lignes, et comment ne pas se faire avoir.
La déduction n'est qu'un report. Les versements sur un PER (ou un ancien contrat Madelin) se déduisent du revenu imposable à l'entrée — mais on est imposé à la sortie. Le gain réel dépend de l'écart entre votre tranche marginale aujourd'hui et à la retraite, augmenté d'un effet de trésorerie (l'économie d'impôt reste investie). Ce n'est pas une exonération.
À la sortie, moins souple qu'il n'y paraît. Sur un PER, le capital correspondant aux versements déduits est réimposé au barème de l'IR (les gains au PFU de 30 %) ; sorti en une fois, il peut vous faire changer de tranche l'année du retrait. Un contrat Madelin ne sort qu'en rente viagère (jamais en capital), imposée comme une pension. Et l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf achat de la résidence principale ou accident de la vie[13].
Internes : ne vous précipitez pas. À faible tranche en début de carrière, la déduction rapporte peu ; mieux vaut souvent garder la main sur son épargne (PEA, compte-titres, immobilier locatif) et n'arbitrer vers un PER que lorsque la tranche marginale grimpe. Un PER ou une prévoyance signés sous pression, en sortant d'internat, sont rarement le bon premier réflexe.
Aucune n'est « la meilleure » dans l'absolu : tout dépend de votre horizon, de votre besoin de liquidité et de votre tranche d'imposition. Un panachage est la règle.
| Enveloppe | Atouts | Limites |
|---|---|---|
| Livrets réglementés Livret A, LDDS | Liquides, garantis, exonérés d'impôt : le socle de l'épargne de précaution — visez ~50 % de vos revenus N-1 à conserver pour couvrir cotisations et coups durs. | Rendement faible, plafonnés : à réserver au coussin de sécurité, pas au long terme. |
| Résidence principale | Sécurise le logement, plus de loyer dès la fin du prêt remboursé, plus-value exonérée à la revente ; « loyer qu'on s'épargne ». | Immobilise l'apport et endette ; peu liquide ; frais d'achat (~8 %) ; ne rapporte aucun revenu. |
| Remboursement anticipé d'emprunt | « Rendement » garanti égal au taux du crédit, sans risque ni impôt ; réduit le stress. | Argent immobilisé ; inutile si le taux du prêt est bas face à un placement mieux rémunéré. |
| PEA actions | Gains exonérés d'IR après 5 ans (hors prélèvements sociaux 17,2 %) ; idéal actions long terme. | Actions européennes seulement ; plafond 150 000 € ; retrait avant 5 ans = clôture. |
| Compte-titres CTO | Aucun plafond, tous supports (actions monde, ETF, obligations), totalement liquide. | Chaque gain réalisé taxé au PFU 30 % ; aucun avantage fiscal. |
| Assurance vie | Souple, fiscalité douce après 8 ans (abattement annuel), atout transmission : 152 500 € par bénéficiaire hors succession (versements avant 70 ans)[15]. | Frais (versement, gestion) ; fonds euros peu rémunérateur ; unités de compte à risque. |
| PER | Versements déduits du revenu imposable à l'entrée ; utile à tranche marginale élevée. | Bloqué jusqu'à la retraite ; réimposé à la sortie (voir ci-dessus) ; report, pas cadeau. |
| Immobilier locatif | Effet de levier du crédit ; revenus réguliers ; actif tangible. | Illiquide ; gestion, vacance, travaux ; revenus fonciers fiscalisés à la TMI + 17,2 % — mais on déduit les frais réels, et un déficit foncier s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an (21 400 € si rénovation énergétique)[15]. |
| SCPI | Immobilier sans gestion, mutualisé, ticket d'entrée modéré. | Frais d'entrée élevés (~10 %) ; liquidité limitée ; revenus fonciers imposés comme le locatif. |
| LMNP meublé | Loue meublé au réel : l'amortissement du bien efface l'impôt sur les loyers pendant des années. | Depuis la loi de finances 2025 (cessions dès le 15/02/2025), les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value à la revente : l'avantage n'est plus définitif, l'ardoise à la sortie est plus lourde[16]. |
Ce qui marche « scientifiquement », sans se prendre la tête et sans y passer du temps.
Un ETF (ou tracker) est un fonds qui réplique tout un indice — par exemple les 1 400 plus grandes entreprises mondiales (MSCI World) — pour des frais minuscules (~0,2 %/an, contre 1,5–2 % pour un fonds « maison »).
La gestion passive (ETF) bat la plupart des gérants actifs sur le long terme : sur 10-15 ans, plus de 85 % des fonds gérés « à la main » font moins bien que leur indice, frais compris (études SPIVA). Autrement dit, un ETF mondial diversifié + des versements réguliers — la méthode dite du DCA (dollar cost averaging, ou « investissement programmé » : un montant fixe à intervalle fixe, qui lisse mécaniquement les hauts et les bas du marché) —, et on ne s'en occupe plus : c'est la stratégie la plus efficace pour la plupart des gens.
Où le loger. Dans un PEA, un ETF éligible (actions européennes, ou ETF « World » synthétiques éligibles) est exonéré d'impôt après 5 ans (hors prélèvements sociaux 17,2 %) : c'est l'enveloppe reine pour les actions. Dans un compte-titres (CTO), tout l'univers est accessible (ETF World classiques), mais chaque vente en bénéfice subit la flat tax (PFU 30 %) — d'où l'intérêt de laisser courir sans vendre, et de remplir d'abord le PEA.
Capitalisant ou distribuant ? Un ETF capitalisant réinvestit automatiquement les dividendes dans le fonds (effet boule de neige, intérêts composés, et imposition repoussée) ; un ETF distribuant vous verse les dividendes. En phase d'épargne, préférez le capitalisant — surtout en compte-titres, où chaque dividende versé subirait la flat tax de 30 %. En PEA, les deux sont fiscalement équivalents (rien n'est imposé tant qu'on ne retire pas), le capitalisant gardant l'avantage pratique de tout réinvestir sans y penser[16].
À ne pas confondre avec le trading : acheter/vendre au gré de l'actualité fait perdre la majorité des particuliers. La force des ETF, c'est justement de ne rien faire — acheter régulièrement, garder longtemps.
Deux façons de déduire sa voiture — et un piège fréquent à la revente.
| Barème kilométrique | Frais réels (véhicule à l'actif) | |
|---|---|---|
| Principe | Voiture gardée dans le patrimoine privé ; on déduit un forfait par km pro (usure, entretien, carburant). | Voiture inscrite au registre des immobilisations ; on déduit l'amortissement + les frais réels. |
| Favorable si… | Petit ou moyen kilométrage pro ; voiture ancienne, déjà amortie ou peu chère. | Gros rouleur ; voiture chère et récente (amortissement + frais réels > forfait). |
| En plus | Péages et stationnement déductibles en sus ; +20 % pour un véhicule 100 % électrique. | Tous les frais réels (assurance, réparations, intérêts d'emprunt) au prorata professionnel. |
| Le piège à la revente | Aucune plus-value professionnelle : la voiture est privée. | Plus-value professionnelle imposable : les amortissements ont abaissé la valeur comptable, la revente est taxée. |
Un chiffre d'estimation ne vaut que par les hypothèses qu'il assume. Les voici, en clair.
Activité. Superbrut = nombre d'actes × recette moyenne par acte, divisé par (1 − part des forfaits). La recette par acte inclut les majorations et les actes techniques mais pas les rémunérations forfaitaires (FPMT, ROSP, forfait structure, ACI, permanence des soins), qui pèsent en moyenne 17 % des honoraires totaux d'un MG[1]. La valeur pédiatre par défaut est indicative (pas de référentiel régional public) : à ajuster.
Dépenses. Estimateur par postes, calé sur la structure moyenne de la profession (UNASA 2024[3]). Le profil « Cabinet Michaël » reprend la moyenne 2023-2025 des déclarations 2035 du Dr Rochoy, hors cotisations sociales, CSG et amortissements. L'estimateur ne comprend que les charges externes du cabinet : ni l'URSSAF, ni la CARMF, ni la CSG ne doivent y figurer — elles sont calculées séparément et rappelées en grisé.
Secteur et OPTAM. En secteur 1, l'Assurance maladie prend en charge l'essentiel de la cotisation maladie (résiduel ≈ 0,10 %) et les deux tiers de l'ASV. Le secteur 2 OPTAM ouvre une participation maladie sur la part d'activité à tarif opposable — modélisée ici comme le secteur 1 —, mais pas la participation ASV, qui reste au niveau du secteur 2[8]. Le secteur 2 non-OPTAM paie maladie et ASV à taux plein. L'ampleur exacte de la participation OPTAM dépend de la caisse : à confirmer localement.
Modèle de cotisations. Le revenu brut social = chiffre d'affaires − dépenses professionnelles (hors cotisations personnelles). Les cotisations proportionnelles URSSAF (maladie, allocations familiales) sont calculées sur une assiette réduite = revenu brut social − abattement de 26 % (plancher 1,76 % du PASS, plafond 130 %)[5]. La CSG-CRDS porte sur le revenu brut social. Les cotisations CARMF sont assises sur le revenu professionnel net[6].
Impôt. Revenu imposable ≈ revenu brut social − cotisations obligatoires déductibles − CSG déductible (6,8 pts), puis barème progressif 2026 avec quotient familial et décote[7]. Le plafonnement du quotient familial n'est pas appliqué.
Barèmes et données de cadrage, consultés le 17 juillet 2026.