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Thérapeutique · prescription

Préparations magistrales, celles qui marchent

Une préparation magistrale n'a de sens que si elle passe deux tests à la fois : elle a montré une efficacité, et il n'existe pas de spécialité équivalente disponible. Beaucoup de « classiques » échouent au premier test ; d'autres, au second — et certaines, longtemps utiles, ont été rattrapées par une spécialité. On commence par les deux outils — la grille de remboursement, puis l'ordonnancier — avant le catalogue complet de celles qui ont des preuves — magistrales et officinales —, avec les formules exactes et, pour chacune, ce qui reste justifié aujourd'hui en France. Puis le formulaire traditionnel passé au banc d'essai, et ce qu'il faut abandonner.

Par le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau — fiche vérifiée et sourcée (références en fin de page).
Pour les MG, les internes, les pharmaciens et les patients curieux. Ne remplace pas l'avis du médecin ni celui du pharmacien qui exécute la préparation.
Première version : 2026-08-02Dernière révision : 2026-08-02
La réponse
00 — LA RÈGLE

Ma préparation est-elle remboursable ?

À poser avant tout le reste : c'est la grille à laquelle toute la fiche renvoie. Quand une section dit « le critère 3 n'est pas rempli », c'est de ces cases qu'elle parle.

Ma préparation est-elle remboursable ?

Cochez ce qui est vrai. Les quatre conditions doivent être réunies en même temps. Outil pédagogique : il reformule la règle, il ne décide pas à la place de la caisse.
🔒 Rien n'est envoyé sur internet. Tout se passe sur votre appareil.

Ces conditions sont fixées par l'Assurance Maladie1 et s'appliquent aussi bien aux préparations magistrales qu'officinales. La rédaction complète de l'ordonnance et le modèle sont en § 12.

01 — ORDONNANCIER

Trouver la préparation, et l'ordonnance

Cliquez sur une indication — elles sont rangées de la tête aux pieds, puis par situation. Vous obtenez la formule exacte, la posologie, le niveau de preuve, le statut de remboursement, les pièges, et l'ordonnance avec la mention obligatoire, prête à recopier.

Contenu figé, identique à celui des sections détaillées ci-dessous. Aucun calcul : c'est un aide-mémoire de prescription, pas un moteur de décision. Un bandeau rouge signale les préparations qui ne remplissent pas les conditions de prise en charge, ou qu'il vaut mieux ne pas prescrire.
🔒 Rien n'est envoyé sur internet. Tout se passe sur votre appareil.

La quantité à délivrer, l'excipient et le conditionnement se discutent avec le pharmacien préparateur : c'est lui qui connaît la faisabilité, la stabilité et le délai. Un appel avant de prescrire évite au patient un aller-retour inutile.

02 — L'ESSENTIEL

Le catalogue, indication par indication

Dix-sept entrées dans l'ordonnancier, regroupées ici par grande situation. Pour chacune : le niveau de preuve, et surtout le statut français — car une préparation qui marche mais dont l'équivalent est commercialisé n'est ni justifiée ni remboursable. Lisez la dernière colonne autant que les étoiles : plusieurs de ces préparations ont des preuves mais n'ont plus de raison d'être exécutées en officine, une spécialité les ayant rattrapées.

IndicationPréparationPreuveStatut en France
Fissure anale chroniqueDiltiazem 2 % pommade★★Aucun diltiazem topique n'a d'AMM en France — mais une spécialité de nifédipine est désormais remboursée, ce qui change la donne.23
MélasmaTrio de Kligman (hydroquinone + trétinoïne + corticoïde)★★★L'hydroquinone est interdite en cosmétique : la magistrale est la seule voie légale.4
Hyperkératoses étenduesVaseline salicylée 5–40 %★★Une spécialité à 50 % existe pour les petites lésions ; la magistrale ne se justifie que sur de grandes surfaces.56
Molluscum contagiosumHydroxyde de potassium 5–10 %★★Molusderm (10 %), Molutrex et Poxkare (5 %) sans ordonnance → magistrale devenue inutile.78
Hyperhidrose axillaireGlycopyrronium 1 % crème★★Aucune spécialité en France ; anti-transpirants d'aluminium à essayer d'abord.9
Douleur de mucite radiqueBain de bouche à la doxépine 25 mg/5 mL★★Effet réel mais inférieur au seuil de pertinence clinique — à ne pas survendre.10
Sécheresse oculaire sévèreCollyre au sérum autologue★★Préparation hospitalière (PUI / établissement de transfusion), pas d'officine.11
Abcès de cornée sévèreCollyres « renforcés » (céfazoline, tobramycine…)Préparation hospitalière. L'essai disponible montre surtout qu'une fluoroquinolone du commerce fait aussi bien dans les formes non perforées.12
Lichen plan buccal érosifClobétasol 0,05 % en base adhésive buccale★★Aucune base adhésive buccale commercialisée en France : pleinement justifiée.13
Psoriasis, eczéma lichénifiéCoaltar, ichtyolInterdits en cosmétique, mais prescriptibles en préparation : la magistrale reste la voie d'accès.14
Enfant : dose ou forme absenteSolution buvable / gélules dosées★★★L'usage le plus fréquent et le plus légitime. C'est la molécule qui est validée, pas la préparation.15
Diarrhée aiguë de l'enfantRéhydratation orale OMS (officinale)★★★L'officinale la mieux validée au monde : moins de perfusions non programmées, OR 0,61 (0,47–0,81). Sachets prêts à l'emploi pris en charge sur prescription avant 5 ans (Adiaril, Viatol, Picolite...).161
Hygiène des mainsSolution hydro-alcoolique OMS (officinale)★★★Formulation conçue pour la production locale ; ressortie lors des pénuries de 2020.17
Rupture de stock d'une spécialitéPréparation de dépannage autorisée par l'ANSMselon la moléculeCadre créé par le décret du 4 août 2025 ; liste évolutive, publiée par l'Assurance Maladie.1819

★★★ = plusieurs essais randomisés concordants ou méta-analyse ; ★★ = essai randomisé contre placebo/comparateur, mais effet modeste, essais peu nombreux, population limitée ou méta-analyses discordantes ; ★ = usage établi mais preuve indirecte, ou essai ne montrant pas d'avantage sur l'alternative disponible. Le détail chiffré de chaque ligne, avec la formule, est dans la section correspondante.

« Crevasses » : deux situations opposées sous un seul mot.
Crevasses du mamelon (allaitement) — la fameuse pommade tri-thérapie, très demandée, ne fait pas mieux que la lanoline dans l'essai qui les a comparées ; le traitement, c'est la correction de la prise du sein (§ 10).
Crevasses des mains et des talons (hyperkératose, xérose) — là, les kératolytiques ont des données : urée à forte concentration et vaseline salicylée (§ 03). Mais un émollient équivalent est remboursé en pharmacie sous le libellé « glycérol / vaseline / paraffine, crème » (3,53 € les 250 g), ce qui rend la préparation rarement justifiée.
Le même mot, deux réponses inverses : c'est un bon exemple de ce que ce catalogue sert à trancher.
Les trois questions avant de prescrire une magistrale.
1. Est-ce que ça marche ? — la préparation elle-même n'a jamais d'AMM, donc jamais d'essai réglementaire : il faut des essais publiés sur la molécule à cette concentration et par cette voie.
2. Existe-t-il une spécialité équivalente disponible ? — si oui, la magistrale n'est ni justifiée juridiquement, ni remboursable.20
3. Ai-je écrit la mention obligatoire ? — sans elle, le patient paie tout (§ 12).21
Ce que cette fiche ne dit pas. Une préparation absente de cette liste n'est pas forcément inutile : elle peut simplement n'avoir jamais été évaluée. « Pas de preuve d'efficacité » ≠ « preuve d'inefficacité ». La différence est faite explicitement à chaque fois, y compris dans la section « folklore », où certaines préparations ont bel et bien été testées — et ont échoué.
Le catalogue
03 — PEAU & PHANÈRES

Dermatologie : le gros du contingent

C'est là que se concentrent les magistrales qui tiennent debout — et aussi la plus grande densité de folklore. Vue d'ensemble d'abord, détail ensuite. Les préparations traditionnelles nommées (cold cream, Dalibour, baume du commandeur…) ont leur propre section, § 04.

PréparationIndicationPreuveFaut-il encore la préparer ?
Trio de KligmanMélasma★★★Oui — l'hydroquinone n'a aucune autre voie légale.
Acide salicylique 5–40 %Hyperkératoses, verrues★★Sur grande surface seulement : une spécialité à 50 % existe pour les petites lésions.
Urée 10–40 %Xérose, kératodermies, crevasses★★Rarement — la gamme SVR Xerial couvre 5 à 50 % sans ordonnance.22
Glycopyrronium 1–2 %Hyperhidrose, syndrome de Frey★★Oui — aucune spécialité en France.
Chlorure d'aluminium 15–25 %Hyperhidrose★★Non — détranspirants au chlorure d'aluminium sans ordonnance (Etiaxil).23
Hydroxyde de potassium 5–10 %Molluscum contagiosum★★Non — Molusderm 10 %, Molutrex et Poxkare 5 %, sans ordonnance.
Cantharidine 0,7 %Molluscum contagiosum★★★Impossible — non disponible en France.
Soufre précipité 8–10 %Gale (nourrisson, grossesse)★★Non retenue par les recommandations françaises.
Coaltar, ichtyolPsoriasis, eczéma lichénifié, dermite séborrhéiquePossible — interdits en cosmétique, la magistrale reste la voie d'accès.
Métronidazole 0,75 %Rosacée, plaies malodorantesNon — spécialité commercialisée.
Émollients (cold cream, cérat, glycérolé d'amidon)Xérose, dermatite atopique★★Voir § 04 — la classe a des preuves, la formule non.
Colorants et baumes traditionnelsEczématides, crevasses, intertrigoVoir § 04 — aucune preuve d'essai retrouvée.

La colonne de droite est celle qui compte en pratique : une préparation peut avoir de bonnes preuves et n'avoir plus aucune raison d'être exécutée en officine.

Trio de Kligman (mélasma)

La formule princeps date de 1975 : trétinoïne 0,1 % + hydroquinone 5 % + dexaméthasone 0,1 % dans une pommade hydrophile. Ses auteurs avaient montré qu'aucun des trois composants n'était dispensable : retirer l'un d'eux faisait disparaître l'effet dépigmentant.24

La formule utilisée aujourd'hui est moins concentrée et mieux tolérée. Dans un essai randomisé chez 260 patients asiatiques atteints de mélasma modéré à sévère, la triple association (fluocinolone acétonide 0,01 % + hydroquinone 4 % + trétinoïne 0,05 %) a fait mieux que l'hydroquinone 4 % seule à 8 semaines : 64,2 % de mélasma « absent ou léger » contre 39,4 % — au prix de plus d'effets indésirables locaux (48,8 % vs 13,7 %, tous légers à modérés). Deux réserves de lecture : l'essai est en insu de l'investigateur seulement, et les rythmes d'application diffèrent entre les bras (1 fois par jour contre 2).4 Un essai français de 2023 retrouve une amélioration à 12 semaines (mMASI −2,84), une nouvelle triple association sans hydroquinone faisant au moins aussi bien — mais il est monocentrique, sur 40 patients, sans bras photoprotection seule : le −2,84 est une variation intra-groupe, pas une supériorité démontrée.25

Trio dépigmentant (formule moderne) Hydroquinone ................. 4 % Trétinoïne ................... 0,05 % Fluocinolone acétonide ....... 0,01 % (concentration testée dans l'essai) Excipient (crème) ............ qsp 30 g 1 application le soir sur les taches, sur peau sèche. Cure de 8 à 12 semaines, puis arrêt ou relais. Photoprotection SPF 50+ quotidienne, indispensable, toute l'année.
Sécurité. Trois écueils : le corticoïde (atrophie, dermite péri-orale, télangiectasies) impose de limiter la durée ; l'hydroquinone au long cours expose à l'ochronose exogène — un assombrissement paradoxal et durable ; la trétinoïne est contre-indiquée pendant la grossesse. À réserver au mélasma confirmé, pas à une demande esthétique. L'hydroquinone est interdite dans les cosmétiques en Europe : sa seule voie d'accès légale est la préparation magistrale sur prescription — ce qui en fait aussi une cible du marché parallèle des crèmes éclaircissantes.26

Vaseline salicylée (kératolyse, verrues)

L'acide salicylique topique est l'un des rares traitements des verrues à avoir un effet démontré : la revue Cochrane (85 essais, 8 815 participants) donne un risque relatif de guérison de 1,56 (IC 95 % 1,20–2,03) contre placebo, avec un effet plus net aux mains (RR 2,67) qu'aux pieds (RR 1,29). L'association acide salicylique + cryothérapie fait mieux que l'acide salicylique seul (RR 1,24).5

Attention à l'argument utilisé. On justifie souvent la magistrale par « les fortes concentrations n'existent pas dans le commerce » : c'est faux. La POMMADE M.O. COCHON à 50 % est une spécialité avec AMM, vendue sans ordonnance et non remboursée, indiquée en traitement local d'appoint des cors, durillons et verrues — avec la consigne expresse de ne pas l'appliquer sur de grandes surfaces, car elle est caustique.6 L'argument valable pour la magistrale n'est donc pas la concentration mais la surface : hyperkératoses étendues, kératodermies palmo-plantaires, où l'on veut une concentration modérée sur une large zone. Une fiche qui se voudrait rigoureuse et ne le dirait pas ferait échouer sa propre préparation au critère qu'elle enseigne.
Vaseline salicylée Acide salicylique ............ 5 % à 10 % (kératolyse d'entretien) ou ....... 20 % à 40 % (verrue plantaire, sous occlusion) Vaseline ..................... qsp 30 g Application quotidienne sur la lésion, en protégeant la peau saine (vernis incolore ou pansement découpé). Décapage à la lime entre 2 applications.
Ne pas banaliser. L'acide salicylique passe la barrière cutanée : sur grande surface, chez le jeune enfant, en cas d'insuffisance rénale ou d'application prolongée, le salicylisme (acouphènes, nausées, hyperventilation) est possible. Contre-indication de principe sur les zones étendues chez l'enfant, et prudence chez le diabétique ou l'artéritique — chez qui la kératolyse sur le pied doit être confiée au pédicure-podologue.

Hydroxyde de potassium (molluscum contagiosum)

Un essai randomisé contre placebo chez 2–16 ans a montré une disparition des lésions chez 55,3 % des enfants sous KOH 10 % contre 16,3 % sous placebo (p < 0,001), mais avec beaucoup plus d'effets indésirables locaux (72,3 % vs 31,8 %) — brûlure, irritation, dépigmentation transitoire.8 Une méta-analyse en réseau de 25 essais le classe parmi les traitements efficaces (OR 10,02 ; IC 95 % 4,64–21,64 contre placebo), aux côtés de la cryothérapie et de la podophyllotoxine.27

Le contrepoint mérite d'être connu : la revue Cochrane dédiée (22 essais, 1 650 participants) conclut qu'aucune intervention n'a démontré d'efficacité convaincante, et son estimation du KOH 10 % contre sérum salé n'est pas significative — RR 3,50 (IC 95 % 0,95–12,90) sur une seule étude de 20 participants.28 Deux lectures d'une même littérature : c'est ce qui vaut à cette préparation deux étoiles et non trois.

Mais d'abord : ne rien faire. Le molluscum guérit spontanément. Les mêmes auteurs rappellent que l'abstention reste justifiée pour une infection asymptomatique.27 Et en pratique française, des dispositifs médicaux à base de KOH sont vendus sans ordonnance en pharmacie : MOLUSDERM à 10 % (Pierre Fabre, dès 2 ans), MOLUTREX à 5 % (ACM, dispositif de classe IIa, dès 2 ans, flacon de 3 mL) et POXKARE à 5 % (Pediact, 2 mL).729 Les deux concentrations utiles étant couvertes, la préparation magistrale n'a en pratique plus lieu d'être dans cette indication — c'est un bon exemple de préparation efficace devenue inutile.
Le symétrique : efficace ailleurs, inaccessible ici. La cantharidine 0,7 %, longtemps utilisée en préparation magistrale contre le molluscum, dispose depuis 2020 des données les plus solides du domaine : deux essais de phase III (528 participants) montrent une guérison complète chez 46,3 % et 54,0 % des enfants contre 17,9 % et 13,4 % sous véhicule (p < 0,001) — au prix d'effets locaux chez 95 à 99 % d'entre eux (vésicules, douleur, prurit, croûtes), le plus souvent légers.30 Elle n'est pas commercialisée en France et la matière première n'y est pas disponible : c'est l'exact miroir du soufre dans la gale, et une bonne illustration de ce que la géographie fait à la thérapeutique.

Glycopyrronium topique (hyperhidrose)

Essai de phase IIIa, 171 patients avec hyperhidrose axillaire primaire : la crème au bromure de glycopyrronium 1 % réduit significativement la production de sueur à 4 semaines (critère principal exprimé en valeurs logarithmiques, p = 0,004 ; −197 mg vs −83 mg). Les répondeurs sont deux fois plus nombreux — mais le chiffre dépend beaucoup de l'échelle : 60 % contre 26 % sur la qualité de vie, seulement 23 % contre 12 % sur l'échelle de sévérité HDSS. Effet indésirable attendu : bouche sèche chez 16 % des patients — c'est un anticholinergique, même appliqué localement.9

À signaler : c'est l'unique essai pivot, et la majorité de ses auteurs sont salariés du laboratoire qui développe le produit. Cela n'invalide pas le résultat, mais interdit de le traiter comme une donnée indépendante.

Crème au glycopyrronium Glycopyrronium (bromure) ..... 1 % à 2 % Excipient (crème) ............ qsp 30 g 1 application le soir sur peau sèche (aisselles, ou front dans le syndrome de Frey), puis lavage des mains. Réévaluation à 4 semaines.
Avant d'en arriver là. Les détranspirants au chlorure d'aluminium — gamme Etiaxil, la plus demandée en pharmacie sur ce motif — sont vendus sans ordonnance et constituent la première ligne.23 La magistrale au glycopyrronium se discute en cas d'échec, ou pour une sudation gustative (syndrome de Frey), où l'anti-transpirant est peu adapté. Prudence chez le sujet âgé et en cas de glaucome par fermeture de l'angle, d'adénome prostatique ou de troubles cognitifs : la charge anticholinergique se cumule. À écarter en cas de myasthénie, de rétention urinaire, d'obstruction digestive ou d'insuffisance hépatique ou rénale sévère. Le lavage des mains après application n'est pas cosmétique : un contact main-œil peut provoquer une mydriase unilatérale, parfois prise à tort pour un signe neurologique. Pas de données chez l'enfant.

Deux qui marchent — mais qui n'ont plus lieu d'être en magistrale

04 — LE FORMULAIRE CLASSIQUE

Cold cream, Dalibour, baume du commandeur : au banc d'essai

Ce sont les formules qu'on recopie d'un carnet à l'autre depuis des décennies, souvent reprises des formulaires des fabricants d'excipients. Elles méritent mieux qu'un silence : voici, pour chacune, ce que dit la preuve — et surtout ce que dit le remboursement, car plusieurs d'entre elles ne remplissent pas les critères alors qu'on y appose la mention obligatoire.

Les excipients émollients : cold cream, cérat de Galien, glycérolé d'amidon

Ce sont des préparations officinales inscrites au Formulaire national, pas des magistrales au sens strict. Leurs formules historiques, telles que les reprend la documentation des fabricants d'excipients :14

Cérat de Galien (Formulaire national) Cold cream (Formulaire national) Cire blanche .............. 130 g Blanc de baleine .......... 16 g Huile d'amande ............ 535 g Cire blanche ............... 8 g Eau de rose ............... 330 g Huile d'amande ............ 55 g Borate de sodium ........... 5 g Eau de rose ............... 16 g Essence de rose ....... 11 gouttes Glycérolé d'amidon Teinture de benjoin ........ 4 g Amidon .................... 6,6 % Borate de sodium .......... 0,5 g Eau ....................... 6,6 % Glycérine ................. 86,8 %
La preuve existe — mais elle porte sur la classe, pas sur la formule. La revue Cochrane des émollients dans l'eczéma est claire : les émollients réduisent les poussées, diminuent le recours aux dermocorticoïdes et améliorent les scores, et leur association aux dermocorticoïdes fait mieux que le dermocorticoïde seul.35 Rien n'établit en revanche qu'un cold cream préparé fasse mieux qu'un émollient du commerce. Ce que vous prescrivez alors, c'est un émollient — et l'argument « absence de spécialité équivalente disponible » est difficile à tenir dans un rayon qui en compte des dizaines.
Deux ingrédients à connaître dans les formules historiques.
• Le borate de sodium (borax) des formules du Formulaire national est classé CMR catégorie 1B au règlement européen CLP — mention H360FD, « peut nuire à la fertilité » et « peut nuire au fœtus » — et les borates sont à ce titre interdits dans les cosmétiques.36 Cela ne condamne pas un usage local et bref chez l'adulte, mais invite à la prudence sur grande surface, chez le nourrisson et chez la femme enceinte — précisément les situations où l'on prescrit le plus d'émollients.
• La teinture de benjoin du cold cream historique est un allergène de contact classique.
Les excipients modernes vendus aux officines ont, pour cette raison, remplacé l'huile d'amande par de la paraffine et retiré benjoin et essence de rose.14 Demandez au pharmacien la composition exacte de l'excipient qu'il utilise : sous un même nom de formule, deux compositions circulent.
Les officinales qui, elles, ont fait leurs preuves. Toutes les préparations du formulaire ne sont pas du folklore : deux officinales comptent parmi les interventions les mieux validées de la médecine.
• La solution de réhydratation orale à osmolarité réduite réduit le recours aux perfusions non programmées dans la diarrhée aiguë de l'enfant (OR 0,61 ; IC 95 % 0,47–0,81), avec moins de vomissements et un moindre volume de selles.1 Elle a sauvé plus de vies que la plupart des molécules de cette fiche. En France, des sachets prêts à l'emploi (Adiaril, Viatol, Novalac Hydranova, Physiosalt Picolite...), pris en charge sur prescription avant 5 ans,16 la rendent inutile à préparer — mais elle reste l'archétype de ce qu'une formule simple peut accomplir.
• La solution hydro-alcoolique de l'OMS, conçue pour la production locale, dont la teneur en glycérol a été calibrée par essai randomisé entre tolérance cutanée et efficacité antimicrobienne.17 On s'en est souvenu en 2020, quand les officines se sont remises à la fabriquer.
La leçon vaut pour toute la fiche : ce n'est pas l'ancienneté d'une formule qui décide de sa valeur, c'est l'existence d'un essai.

Émollients de l'enfant : le vrai levier n'est pas la préparation, c'est le libellé de l'ordonnance

La question se pose sans arrêt : un enfant en xérose sévère ou en dermatite atopique a besoin de grosses quantités — le NICE chiffre le besoin à 250 à 500 g par semaine d'émollient sans parfum, à renouveler largement, y compris pour l'école.37 D'où la tentation de faire préparer de gros pots. Avant d'y venir, un piège de prescription coûte plus cher aux familles que tout le reste :

Écrire « Dexeryl » n'ouvre plus droit au remboursement. Le produit sous ce nom est devenu un dispositif médical non remboursé. Pour que la famille soit remboursée, il faut prescrire en toutes lettres « glycérol / vaseline / paraffine, crème » : le générique correspondant a une AMM, est remboursé à 15 %, et coûte 3,53 € le tube de 250 g (2,51 € + 1,02 € d'honoraire de dispensation).3839 Deux mots sur l'ordonnance changent le reste à charge d'une famille qui consomme un à deux tubes par semaine.
Conséquence pour la magistrale. Une spécialité remboursée et bon marché existant pour cet usage exact, une préparation d'émollient ne remplit pas le critère 3 dans le cas général : ni justifiée, ni prise en charge.1 Elle le devient dans une situation précise et documentable, et c'est la plus fréquente en pratique : l'intolérance au conservateur. Le princeps comme tous les génériques contiennent du parahydroxybenzoate de propyle (E216), avec la mention réglementaire « peut provoquer des réactions allergiques ».38 Chez un enfant atopique sensibilisé aux parabènes — eczéma qui s'aggrave à l'application, test épicutané positif —, il n'existe alors plus de spécialité adaptée, et la préparation retrouve sa justification. Écrivez ce motif dans le dossier : c'est lui qui tient, pas le volume.

Ordonnances d'émollient en préparation

1 · Réplique sans conservateur de la formule de référence Glycérol ..................... 15 g Vaseline ..................... 8 g Paraffine liquide ............ 2 g Excipient émulsion, sans conservateur ni parfum ................. qsp 100 g Q.S.P. 500 g. À renouveler. 1 à 2 applications par jour sur tout le corps, après la toilette. Prescription à but thérapeutique en l'absence de spécialités équivalentes disponibles.

Reprend la composition de la spécialité38 en retirant le parabène. Contrepartie à connaître : une émulsion aqueuse sans conservateur se contamine — d'où une date limite d'utilisation courte, un conditionnement en flacon-pompe ou en petits tubes plutôt qu'en pot où l'on plonge les doigts, et parfois une conservation au frais. C'est précisément pour cela que l'industrie met un conservateur : on échange un risque allergique contre un risque microbiologique, et il faut le dire à la famille.

2 · Émollient sans eau — donc sans conservateur nécessaire Vaseline blanche ............. 50 g Paraffine liquide ............ 50 g (ou excipient pommade anhydre, qsp 100 g) Q.S.P. 500 g. À renouveler. Application en couche fine sur peau encore humide, après le bain. Prescription à but thérapeutique en l'absence de spécialités équivalentes disponibles.

La solution la plus élégante au problème du conservateur : un corps gras anhydre n'a pas besoin d'être conservé, puisqu'il n'y a pas d'eau où les micro-organismes pousseraient. C'est aussi le plus occlusif, donc le plus efficace sur une xérose sévère — au prix d'un toucher gras que beaucoup d'enfants et de parents refusent. À proposer pour la nuit, avec une crème le jour.

3 · Émollient apaisant au glycérolé d'amidon Glycérolé d'amidon ........... 20 g Excipient cold cream ......... qsp 200 g (soit 10 % de glycérolé d'amidon) Q.S.P. 2 pots. À renouveler. 1 à 2 applications par jour. Prescription à but thérapeutique en l'absence de spécialités équivalentes disponibles.

Formule diffusée par les fabricants d'excipients.30 Chez l'enfant, exigez du pharmacien un excipient sans borate de sodium (classé CMR 1B) et sans teinture de benjoin : les formules historiques du Formulaire national en contiennent, les excipients modernes les ont retirés. C'est la vérification la plus importante de cette ordonnance.

Ce qui compte plus que la formule. Aucun essai n'a montré la supériorité d'un émollient préparé sur un produit fini : la preuve porte sur la classe.31 Ce qui change le résultat, c'est la quantité réellement appliquée et la régularité. Prescrire 500 g renouvelables, expliquer que l'émollient s'applique sur tout le corps, y compris quand la peau va bien, et fournir un second contenant pour l'école : ces trois gestes pèsent plus que le choix entre trois excipients.37

Solutions et baumes traditionnels : ce que j'ai trouvé, et ce que je n'ai pas trouvé

Six formules courantes, et leur verdict

Ces formules circulent largement, notamment via les formulaires des fabricants d'excipients. Toutes portent la mention obligatoire ; toutes ne la méritent pas.

FormuleCe que vaut la preuveVerdict remboursement
Acide salicylique 20 g
+ pommade QSP 50 g
(= 40 %)kératose séborrhéique
Aucun essai randomisé d'acide salicylique dans la kératose séborrhéique retrouvé. Le seul topique réellement validé dans cette indication est le peroxyde d'hydrogène à 40 %, sur deux essais de phase III.13Critère 1 fragile. La kératose séborrhéique est bénigne : si l'objectif est esthétique, la préparation sort du champ thérapeutique et n'est pas prise en charge.20 La gêne fonctionnelle ou le doute diagnostique changent la donne — mais alors c'est l'histologie qui prime.
Acide salicylique 20 g
+ pommade QSP 50 g — verrue
Bonne. Acide salicylique contre placebo : RR de guérison 1,56 (IC 95 % 1,20–2,03), meilleur aux mains qu'aux pieds.5Critère 3 à discuter. Une spécialité à 50 % existe sans ordonnance pour les petites lésions.6 La magistrale se défend sur une surface large ou une verrue mosaïque étendue.
Acide salicylique 10 g
+ teinture de thuya 5 g
+ onguent 10 g — verrue
Mitigée. Le salicylé fait le travail ; le thuya n'a aucune donnée en application locale.42Exclue. Les préparations à base de plantes sont explicitement écartées du remboursement au titre de l'efficacité thérapeutique.20 Retirer le thuya rend la préparation à la fois plus simple et remboursable.
Acide salicylique 5 g
+ acide lactique 2,5 g
+ pommade QSP 50 g — callosités
Plausible par la classe : l'association salicylique + lactique est exactement celle d'une spécialité de référence des verrues.Critère 3 à discuter. DUOFILM associe acide salicylique 16,7 % et acide lactique 15 % dans un collodion.44 Votre formule est bien plus diluée (10 % / 5 %) et en pommade : défendable pour traiter large, là où le collodion ne convient pas.
Glycérolé d'amidon 20 g
+ Cold Cream QSP 200 g
(ou 35 g + 300 mL fluide)
De classe. Les émollients ont des preuves solides dans l'eczéma35 ; rien n'établit la supériorité de cette formule sur un émollient du commerce.Critères 1 et 3 fragiles. L'offre commerciale d'émollients est pléthorique, et une visée de simple hygiène ou de confort sort du champ remboursable.20 Reste l'argument réel de l'intolérance aux conservateurs et parfums des produits finis — à écrire dans le dossier si c'est le motif.
Baume du commandeur 5 g
+ Cérat QSP 50 g — crevasses
sous pansement occlusif
Aucune. Pas d'essai clinique retrouvé.41Exclue — teinture entièrement végétale.20 Et un signal de sécurité : myrrhe, benjoin, baume de Tolu et millepertuis sont des sensibilisants connus, et le fournisseur mentionne lui-même le risque. Les appliquer sous occlusif sur une peau lésée réunit les trois conditions qui favorisent une sensibilisation de contact. Sur des crevasses, un émollient épais ou une préparation à l'urée est plus défendable.
Kératose séborrhéique : les alternatives valent mieux que la préparation. Puisque la question revient souvent, voici ce que dit le seul essai comparatif récent (30 patients, 123 lésions, allocation randomisée) :
Curetage : 87,5 % de disparition — le plus efficace, le meilleur résultat esthétique jugé par des observateurs en aveugle, et surtout le seul geste qui permet une confirmation histologique. Premier choix sur les lésions épaisses et hyperkératosiques.
Laser 532 nm : 55 % — le moins d'effets indésirables mais le plus douloureux ; c'est pourtant celui que 67 % des patients préféraient pour l'avenir, pour l'absence de saignement et de pansement.
Cryothérapie : 50 % — efficacité comparable au laser, « alternative peu coûteuse » selon les auteurs, au prix de davantage d'effets indésirables. C'est le geste le plus accessible en cabinet de médecine générale.45
À comparer aux 25 à 34 % de lésions blanchies sous peroxyde d'hydrogène 40 %.40 Et l'abstention reste une option pleinement défendable : la kératose séborrhéique est bénigne, et l'essai lui-même parle de « préoccupation esthétique ». Une lésion pigmentée qui change doit être vue avant d'être détruite, pas après.
« Et le laser à 93 % ? » — attention au type d'étude. Une série publiée en 2008 rapporte 93 % de disparition des kératoses séborrhéiques au laser 532 nm avec « rehaussement de couleur » (marqueur rouge ou sous-sulfate de fer appliqué sur la lésion pour augmenter l'absorption).46 Le chiffre est spectaculaire, mais ce n'est pas le même niveau de preuve : série d'un seul opérateur sur sa propre patientèle, sans groupe témoin, sans randomisation, évaluation non aveugle, deux appareils commerciaux nommément cités. En face, les 55 % viennent d'une comparaison randomisée intra-patient avec évaluation en aveugle par 125 observateurs.45 L'écart entre les deux chiffres est le motif le plus classique de la littérature : une série ouverte non contrôlée surestime presque toujours. La technique de rehaussement de couleur est en revanche une vraie différence méthodologique, qui mériterait d'être testée dans un essai contrôlé.
Faut-il s'équiper ? La CCAM répond avant la biblio. Pour un médecin généraliste qui voit beaucoup de kératoses séborrhéiques, la question économique tranche plus vite que la question d'efficacité.
GesteCodeTarif secteur 1Efficacité (essai 2025)
Cryothérapie, 1–10 lésions hors visageQZNP00421,55 €50 %
Cryothérapie, 1–10 lésions du visageQANP00728,80 €50 %
Curetage, 1–5 lésionsQZFA01323,43 €87,5 %
Curetage, 6 lésions ou plusQZFA02243,62 €87,5 %
Laser vasculaire ou lampe flash, < 30 cm²QZNP00148,00 €
Le point décisif : le code laser QZNP001 est réservé au laser vasculaire et à la lampe flash, pour angiomes plans, hémangiomes et cicatrices de brûlure — la kératose séborrhéique n'y figure pas.47 Autrement dit, traiter une kératose séborrhéique au laser n'a aucun code facturable à l'Assurance Maladie : c'est une activité entièrement hors nomenclature, pour un investissement en capital et une formation dédiée.

À l'inverse, le curetage se code, coûte le prix d'une curette, fait presque deux fois mieux que la cryothérapie, obtient le meilleur résultat esthétique en évaluation aveugle, est mieux tarifé que la cryothérapie dès 6 lésions (43,62 € contre 25,77 €) — et il est le seul à fournir un prélèvement analysable.4849 Ses inconvénients réels : saignement (d'où l'hémostatique), parfois une anesthésie locale, et un pansement — c'est précisément ce qui faisait préférer le laser aux patients de l'essai.

Et la réserve qui relativise tout le tableau : ces codes portent la mention « les actes à visée esthétique ne peuvent pas être facturés ».48 Or une large part de la demande sur les kératoses séborrhéiques est esthétique. Dans ce cas, aucune de ces lignes n'est facturable et la comparaison des tarifs perd son objet : le choix se fait alors sur l'efficacité, la simplicité du geste et le confort du patient — pas sur la cotation. La gêne fonctionnelle (frottement, saignement au contact, irritation sous un vêtement) doit être réelle et tracée pour coter.
Le geste qui règle le problème n'est probablement pas un laser. Un essai en split-face a comparé, chez 30 patients porteurs chacun de 4 kératoses séborrhéiques faciales similaires, quatre techniques tirées au sort lésion par lésion : cryothérapie, électrodessication, laser CO2 et laser Er:YAG. Résultat : électrodessication, CO2 et Er:YAG font jeu égal — aucune différence significative entre eux — et tous trois font significativement mieux que la cryothérapie (p < 0,001), avec une satisfaction des patients significativement plus basse dans le groupe cryothérapie. Douleur et brûlure négligeables dans les quatre groupes ; l'érythème dure plus longtemps après Er:YAG.50

Autrement dit : un électrocoagulateur de cabinet — équipement courant, sans rapport de prix avec un laser, et qui cautérise au lieu de faire saigner — obtient dans le seul essai qui les compare tête à tête le même résultat qu'un laser CO2. Pour un praticien gêné par le saignement du curetage et déçu par la cryothérapie, c'est l'option à considérer avant tout investissement lourd.
Si l'on veut vraiment un laser : le 532 nm n'est pas le bon. Une revue de portée de 2026 (22 études, 1 492 patients) sépare nettement deux familles. Les ablatifs — CO2 et Er:YAG — obtiennent une disparition en une seule séance jusqu'à 90 % des lésions. Les modalités non ablatives sélectives du pigment — dont le 532 nm KTP, mais aussi alexandrite 755 nm, Nd:YAG 1 064 nm, colorant pulsé 585 nm et picoseconde — demandent en moyenne 1 à 3 séances. Récidive de 0 à 6 % à 12 mois, effets indésirables légers et transitoires.51

C'est cohérent avec la série de 2008 : son auteur devait appliquer un marqueur rouge ou du sous-sulfate de fer sur la lésion pour que le faisceau vert soit absorbé.49 La kératose séborrhéique n'est pas une cible naturelle du 532 nm — on lui en fabrique une. Un ablatif travaille, lui, directement sur le relief kératosique.
Avant d'acheter quoi que ce soit — laser ou bistouri électrique.
Prévenir son assureur. Depuis la loi du 4 mars 2002, la responsabilité civile professionnelle doit couvrir tous les actes que le praticien entend pratiquer : c'est le garde-fou le plus concret, davantage qu'un diplôme.
Formation. Aucun texte ne réserve les lasers à une spécialité, mais un médecin doit pouvoir justifier d'une formation adaptée — d'où les diplômes universitaires de lasers médicaux, attendus en pratique par les assureurs et les juridictions. L'électrochirurgie ne relève pas de ce cadre.
Aucune de ces techniques ne laisse de prélèvement analysable — ni cryothérapie, ni électrodessication, ni laser. Le doute diagnostique impose le curetage ou l'exérèse, pas la destruction.
• Points pratiques de l'électrochirurgie : anesthésie locale souvent nécessaire, précaution en cas de pacemaker ou défibrillateur implanté, aspiration des fumées.
Ordres de grandeur constatés chez des distributeurs français (août 2026, à confirmer par devis) : un Surtron 80 monopolaire/bipolaire se trouve à partir d'environ 1 090 € TTC52 ; un Hyfrecator 2000, l'appareil de référence de l'électrochirurgie de cabinet, autour de 2 140 € TTC avec manche autoclavable, électrodes d'essai et support mural.53 À quoi s'ajoutent les électrodes consommables. Deux ordres de grandeur en dessous d'un laser ablatif.
Ce que ce tableau ne dit pas. Qu'il faille arrêter de soulager ces patients. Trois de ces six formules restent défendables moyennant un ajustement — retirer le thuya, réserver la magistrale aux grandes surfaces, documenter l'intolérance aux produits finis. Les deux qui posent un vrai problème sont le baume du commandeur (végétal, sensibilisant, sous occlusif) et l'usage esthétique de la kératose séborrhéique. Et une remarque de méthode : la documentation commerciale qui diffuse ces formules décrit encore les règles de remboursement d'un accord de 199714 — les quatre critères cumulatifs actuels sont bien plus restrictifs (§ 12).
05 — LE CAS D'ÉCOLE

Fissure anale : la magistrale la plus prescrite — et la plus discutable

C'est le cas d'école, mais pas pour la raison qu'on croit : les preuves y sont plus faibles qu'il n'y paraît, et l'argument juridique qui justifiait la préparation vient de s'affaiblir. À lire en entier avant de reprendre l'ordonnance habituelle.

Ce que disent les essais

La donnée qui refroidit — et qu'il faut connaître. La méta-analyse conduite selon la méthode GRADE (37 essais randomisés) est nettement moins flatteuse : la trinitrine bat le placebo (RR 1,96 ; IC 95 % 1,35–2,84), le diltiazem bat marginalement la trinitrine (RR 1,16 ; 1,01–1,33) — mais le diltiazem ne se distingue pas du placebo : RR 1,65 (IC 95 % 0,64–4,23), avec une hétérogénéité massive (I² = 92 %). Les auteurs concluent explicitement que, malgré l'usage répandu du diltiazem topique, davantage de données sont nécessaires pour établir l'efficacité des inhibiteurs calciques par rapport au placebo.3

C'est pourquoi cette fiche cote le diltiazem ★★ et non ★★★. L'objection inverse est recevable — la revue Cochrane et la méta-analyse en réseau sont plus favorables, et l'usage clinique est massif. Mais un prescripteur qui découvrirait ailleurs la phrase « pas de différence significative de cicatrisation entre diltiazem et placebo » aurait raison de se sentir trompé : autant la lire ici. À noter aussi qu'un classement en méta-analyse en réseau indique qui arrive devant, pas si le premier fait mieux que le placebo.

Les formules

Diltiazem 2 % (le plus documenté) Diltiazem (chlorhydrate) ..... 0,8 g Excipient (crème ou vaseline) qsp 40 g → 2 % 1 application péri-anale et endo-anale (bout du doigt ganté) 2 à 3 fois par jour, pendant 6 à 8 semaines.
Nifédipine (formule publiée par la SNFCP) Nifédipine ................... 1,2 g Lanovaseline ................. 60 g Paraffine .................... 4 mL À conserver au frais et à l'abri de la lumière. 2 applications par jour.

Le choix de l'excipient revient au pharmacien. La formule nifédipine reprise ici est celle diffusée par la Société nationale française de colo-proctologie55 — qui la propose explicitement pour les pays où NIFEXINE n'est pas commercialisée. Celle qui circule dans les textes de formation continue en hépato-gastro-entérologie (nifédipine 300 mg + lanovaseline 15 g + paraffine 1 mL)56 n'est pas une variante concurrente : c'est exactement la même formule au quart des quantités, pour un tube de 15 g au lieu de 60 g. Aucun désaccord entre sociétés savantes, donc.

Ce qu'il faut faire, en pratique. Le socle reste la régularisation du transit (fibres, hydratation, laxatif osmotique si besoin) et l'arrêt des efforts de poussée : c'est le traitement de fond, le topique ne fait qu'accompagner la cicatrisation en levant l'hypertonie sphinctérienne. Ensuite, dans l'ordre : NIFEXINE (évaluée, remboursée), puis la magistrale de diltiazem en cas d'échec ou d'intolérance, puis l'avis proctologique — la sphinctérotomie restant nettement plus efficace que tout traitement médical, au prix d'un risque d'incontinence.2
Grossesse et allaitement : la question se pose souvent, et la fiche ne peut pas y répondre seule. La fissure anale est fréquente en péri-partum. Or une préparation magistrale n'a aucun dossier : il n'existe donc, par construction, aucune donnée de grossesse propre au diltiazem topique. Je n'ai pas pu consulter le résumé des caractéristiques de NIFEXINE ce tour-ci — avant toute prescription chez une femme enceinte ou allaitante, vérifier ce RCP et interroger le CRAT (Centre de référence sur les agents tératogènes, lecrat.fr), qui est la référence française sur ce point. Dans le doute, privilégier les mesures de transit seules, dont l'innocuité n'est pas en question.

Le point réglementaire à connaître

NIFEXINE est désormais remboursée — l'argument principal de la magistrale tombe en partie. Cette crème rectale (nifédipine 0,3 % + lidocaïne 1,5 %), indiquée dans la douleur de la fissure anale chronique de l'adulte, est prise en charge à 15 % depuis l'avis de la Haute Autorité de santé du 1er février 2023 (SMR faible, ASMR V) : 9,95 € + 1,02 € d'honoraire de dispensation.57 RECTOGESIC (trinitrine 0,4 %) a une AMM sans remboursement, avec des céphalées chez près d'un tiers des utilisateurs.56

Conséquence pratique, à assumer : il existe maintenant, dans cette indication, une spécialité évaluée et remboursée. Le critère « absence de spécialité équivalente disponible » devient donc difficile à soutenir pour une magistrale de nifédipine, et discutable même pour le diltiazem — molécule différente, mais même classe et même indication. Je n'ai trouvé aucune position écrite de l'Assurance Maladie tranchant ce point : la lecture prudente est d'essayer NIFEXINE d'abord, et de réserver la magistrale de diltiazem à l'échec, à l'intolérance ou à la contre-indication — en le notant dans le dossier.
Un écart de concentration à ne pas ignorer. La spécialité titre 0,3 % de nifédipine ; les formules magistrales françaises citées plus haut titrent, calcul fait, environ 2 % — soit près de sept fois plus. Le passage systémique d'un inhibiteur calcique n'est pas théorique : la revue Cochrane rapporte, pour cette classe, des effets indésirables de type céphalées et hypotension.2 À concentration élevée et sur une muqueuse lésée, la prudence s'impose : prévenir le patient des céphalées, bouffées vasomotrices et malaises au lever, et reconsidérer la dose si la fissure est étendue.
06 — ŒIL

Collyres préparés : hôpital seulement

Trois préparations avec des preuves — mais aucune ne se fait en officine de ville. À connaître pour savoir vers qui adresser, pas pour prescrire.

Sérum autologue

Collyre fabriqué à partir du sérum du patient (typiquement dilué à 20 %). Une méta-analyse de 12 essais randomisés dans la sécheresse oculaire montre, contre larmes artificielles : test de Schirmer +2,35 mm, temps de rupture du film lacrymal +2,83 s, score OSDI −10,54 points, et moins d'effets indésirables — mais ce dernier résultat est à la limite de la signification (RR 0,36 ; IC 95 % 0,13–0,99 ; p = 0,048) et la méta-analyse inclut quatre bases de données chinoises : à ne pas présenter comme un fait établi.11 Indications : sécheresse sévère réfractaire, kératite neurotrophique, greffon. Circuit : prescription hospitalière, prélèvement, préparation en PUI ou en établissement de transfusion, conservation congelée.

Collyres « renforcés »

Antibiotiques à concentration très supérieure aux collyres du commerce (par exemple céfazoline 5 % et tobramycine 1,3 %), préparés à l'hôpital pour les abcès de cornée. Un essai d'équivalence chez 204 patients porteurs d'ulcères cornéens bactériens non perforés a conclu que la gatifloxacine 0,3 % en monothérapie équivalait à l'association renforcée céfazoline–tobramycine (différence de cicatrisation 5,4 %, IC 90 % −4,5 à 15,3, pour une marge d'équivalence fixée à ± 20 %).12

Comment le lire. Une marge d'équivalence de ± 20 % est large : « équivalent » signifie ici « pas différent de plus de 20 % », ce qui n'exclut pas un écart cliniquement réel. La lecture prudente reste : dans les formes non sévères, une fluoroquinolone du commerce suffit ; les collyres renforcés se réservent aux formes graves, en milieu spécialisé, où le pari sur une équivalence approximative n'est pas acceptable.

Tacrolimus 0,03 % — et pourquoi il n'entre pas au catalogue

On cite volontiers, dans la kératoconjonctivite vernale, un essai randomisé en double insu du tacrolimus 0,03 %. En le relisant, il ne démontre pas ce qu'on lui fait dire : il porte sur 21 patients, utilise une pommade ophtalmique (et non un collyre), et compare tacrolimus + olopatadine à tacrolimus + placebo — donc sans aucun bras sans tacrolimus. Aucune démonstration d'efficacité n'était possible par construction, et tous les résultats sont non significatifs (symptômes p = 0,205 ; signes p = 0,205). Les auteurs eux-mêmes appellent des essais contrôlés plus larges.58 C'est un bon exemple de citation qui circule au-delà de ce qu'elle contient.

Surtout, la ciclosporine en collyre à 1 mg/mL (VERKAZIA) a obtenu une autorisation européenne de mise sur le marché en 2018 dans la kératoconjonctivite vernale sévère de l'enfant à partir de 4 ans et de l'adolescent, remboursée à 65 %, avec prescription réservée aux ophtalmologues.59 C'est elle qu'il faut essayer en premier ; la préparation de tacrolimus se discute en recours, en milieu spécialisé.

07 — BOUCHE, PLAIES, SOINS DE SUPPORT

Là où l'on prépare beaucoup, et où l'on prouve peu

Un cas positif (la doxépine), à condition de ne pas exagérer sa portée — et deux cas où l'essai a été fait et n'a rien montré.

Bain de bouche à la doxépine (mucite radique)

Deux essais de phase III, tous deux positifs sur leur critère principal :

Bain de bouche à la doxépine (schéma des essais) Doxépine (chlorhydrate) ...... 25 mg Eau .......................... 5 mL Garder en bouche 1 minute, puis recracher. À renouveler selon la douleur.
Adaptation française, non validée telle quelle. Les essais utilisaient une solution reconstituée à 25 mg/5 mL. En France, la doxépine existe en solution buvable de 10 mg/mL (spécialité QUITAXON) — information que je n'ai pas vérifiée sur le résumé des caractéristiques du produit ce tour-ci : à confirmer auprès du pharmacien, la disponibilité des formes évoluant. Une dilution à partir de cette solution est possible en pratique, mais elle n'a pas été évaluée sous cette forme. Et le message le plus honnête reste celui de l'essai le plus large : le bénéfice est réel mais petit — à proposer, pas à promettre.

Corticoïde en base adhésive buccale (lichen plan érosif)

Une indication qui manquait au catalogue, et qui coche les deux cases. La revue Cochrane des corticoïdes dans le lichen plan buccal (35 études, 1 474 participants) trouve, contre placebo, que la douleur a plus de chances d'être résolue sous corticoïde topique en base adhésive : RR 1,91 (IC 95 % 1,08–3,36) sur 2 études et 72 participants — preuve de faible certitude, la résolution clinique restant non concluante (RR 6,00 ; 0,76–47,58).61

Corticoïde en base adhésive buccale Clobétasol propionate ........ 0,05 % Base adhésive buccale ........ qsp 15 g Application en couche mince sur les lésions érosives, 2 à 3 fois par jour, après les repas, sans rincer. Réévaluation à 4 semaines.
Pourquoi elle reste justifiée. Aucune spécialité de corticoïde en base adhésive buccale n'est commercialisée en France : le critère « absence d'équivalent » est rempli, ce qui est rare. Surveillance : candidose buccale sous corticoïde prolongé — examiner la muqueuse à chaque contrôle. Et le lichen plan buccal érosif justifie un avis spécialisé et une surveillance : c'est une lésion à potentiel de transformation, qu'on ne traite pas à l'aveugle sans diagnostic établi.

Deux essais qui n'ont rien montré (nuance importante)

Ces deux préparations sont souvent présentées comme « réfutées ». C'est aller trop vite : ce sont des absences de preuve sur de petits effectifs, pas des preuves d'absence d'effet — exactement la distinction posée en § 02. Elles ne justifient pas une prescription de routine ; elles ne justifient pas non plus d'affirmer que « ça ne marche pas ».

Ce qui reste vrai en soins palliatifs. L'échec de ces deux préparations ne dit rien contre les pansements (charbon, argent) ni contre le métronidazole par voie générale sur l'odeur, qui relèvent d'autres données. Il dit seulement : ne pas faire préparer un gel dont l'essai a été fait et n'a rien montré.
08 — PÉDIATRIE

La vraie indication de masse

Ici, la question n'est pas « est-ce que ça marche ? » — la molécule est validée — mais « comment donner une dose qui n'existe pas dans une forme qu'un enfant peut avaler ».

Les préparations orales magistrales sont un pilier de la pédiatrie hospitalière européenne, faute de formes adaptées à l'enfant.15 Une enquête internationale de la Fédération internationale pharmaceutique confirme que la pratique reste très répandue et très hétérogène d'un pays à l'autre.65

Le glissement de raisonnement à éviter. Ce qui est démontré, c'est l'efficacité de la molécule — pas celle de votre préparation. Entre les deux, il y a la teneur réelle, l'homogénéité du mélange, la stabilité dans le temps et la précision du prélèvement à la maison. C'est précisément là que le risque se loge, et pas dans la pharmacologie.
09 — RUPTURES DE STOCK

Les préparations de dépannage (cadre 2025)

C'est la nouveauté réglementaire la plus utile à connaître : depuis 2025, la magistrale est un outil officiel de gestion des pénuries — mais sous un cadre strict.

Le décret n° 2025-760 du 4 août 2025, pris en application de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, organise la lutte contre les pénuries de médicaments et crée une catégorie nouvelle, la préparation officinale spéciale, que le ministre chargé de la santé peut autoriser à titre exceptionnel et temporaire lorsqu'un médicament industriel n'est plus disponible.19

La règle qui surprend. En cas de rupture, une préparation magistrale n'est pas remboursée automatiquement. Il faut d'abord une recommandation de l'ANSM désignant la préparation qui remplace la spécialité manquante, puis un arrêté ministériel fixant le tarif de remboursement et le prix de vente. Tant que ces deux textes ne sont pas publiés, la préparation reste à la charge du patient — et la prise en charge s'arrête à la date de remise à disposition du médicament fixée par l'ANSM.18

Exemples de préparations prises en charge à ce titre

MoléculePériode de prise en chargeArrêté
Quétiapine LPà partir du 24/02/2025arrêté du 21/02/2025
Sertraline15/05/2025 → 16/09/2025arrêté du 13/05/2025
Propranolol 40 mg21/02/2026 → 11/03/2026arrêté du 19/01/202640
Aprépitantà partir du 15/04/2026arrêté du 15/04/2026

Liste relevée sur la page dédiée de l'Assurance Maladie à la date de rédaction de cette fiche (2 août 2026).18 Elle est évolutive par nature : ces fenêtres ouvrent et se referment au fil des ruptures. Ne pas s'y fier sans vérifier la page à jour — c'est le seul contenu de cette fiche qui se périme en quelques semaines.

Ce qui ne marche pas
10 — LE FOLKLORE

Les classiques qui ne tiennent pas

Ce ne sont pas des préparations « pas encore étudiées » : pour la plupart, l'essai a été fait. Il a été négatif.

Crevasses du mamelon : la pommade tri-thérapie ne fait pas mieux que la lanoline

C'est la magistrale la plus prescrite dans l'allaitement — souvent appelée « pommade de Newman » ou crème tri-thérapie (antibiotique + corticoïde + antifongique). Elle a été évaluée :

Ce sur quoi porter l'effort. Dans les quatre études, toutes les participantes recevaient, dans les deux groupes, un accompagnement sur la position et la prise du sein.66 Attention à la portée de ce fait : cette prise en charge étant présente partout, elle n'a précisément pas été testée — la revue la présente comme une cause fréquente identifiée, pas comme un résultat d'essai. Ce qu'on peut dire honnêtement : c'est le geste que le consensus clinique et la plausibilité étiologique désignent, et c'est le socle sur lequel les crèmes n'ont rien ajouté. Le geste le plus utile en consultation n'est donc pas une ordonnance mais une observation de tétée, et l'orientation vers une consultante en lactation. Ajouter que la douleur va spontanément s'atténuer vers J7–J10 est en soi un soutien — c'est ce que les auteurs de la revue appellent la « guidance anticipatoire ».
Et le risque n'est pas nul. La pommade tri-thérapie apporte au nourrisson, à chaque tétée, un corticoïde, un antibiotique (avec sélection de résistances) et un antifongique, pour un bénéfice non démontré. Le rapport bénéfice/risque plaide contre la prescription de première intention.

Anesthésiques et psychotropes topiques dans la douleur neuropathique

La crème amitriptyline 2 % + kétamine 1 % a été testée dans un essai randomisé en double insu contre placebo, dans les syndromes douloureux neuropathiques : aucune différence sur la douleur.67 Un résultat utile à connaître, cette préparation continuant d'être demandée. Là encore, la nuance compte : les auteurs eux-mêmes suggèrent qu'une optimisation des doses serait nécessaire, des concentrations plus élevées ayant produit une analgésie significative dans un autre travail. Ce n'est donc pas « la voie topique ne marche pas », c'est « cette formule, à ces doses, n'a rien montré ».

Les colorants et solutions d'antan

11 — INTERDIT, EXCLU, RISQUÉ

Ce qu'on n'a pas le droit de préparer

La liberté de formulation n'est pas totale : certaines substances sont interdites en préparation, d'autres sont seulement exclues du remboursement. Les conséquences ne sont pas les mêmes.

Interdit

Hormones thyroïdiennes. Une décision de police sanitaire du 17 mai 2006 interdit l'importation, la préparation, la prescription et la délivrance de toute préparation magistrale, officinale ou hospitalière contenant de la poudre de thyroïde, des extraits thyroïdiens, des hormones thyroïdiennes ou leurs dérivés — y compris les préparations homéopathiques en dessous de la 2e dilution centésimale.70 C'est l'héritage direct des préparations amaigrissantes qui ont fait des victimes. Un prescripteur qui passerait outre engage sa responsabilité.

Exclu du remboursement (mais pas illégal)

Quatre critères doivent être remplis simultanément pour qu'une préparation soit prise en charge. Sont exclues, entre autres, les préparations à visée cosmétologique, diététique ou d'hygiène, celles à base de plantes ou d'oligo-éléments, et nommément les préparations à base de DHEA, de bêta-carotène ou de créatine.21

Le piège de la mention. Apposer la mention obligatoire sur une préparation qui relève d'un critère d'exclusion ne la rend pas remboursable : la mention est sans effet dans ce cas, et le pharmacien qui facturerait s'expose à une action en récupération d'indu.21 Autrement dit, la mention n'est pas une formule magique — c'est une attestation, et elle engage celui qui la signe.

Les risques propres à toute magistrale

Prescrire
12 — PRESCRIRE

L'ordonnance qui passe

Le cadre tient en quelques lignes — mais chaque ligne oubliée coûte un remboursement.

Ce qu'est une préparation magistrale

Le code de la santé publique la définit comme tout médicament préparé selon une prescription médicale destinée à un malade déterminé, en l'absence de spécialité pharmaceutique adaptée ou disponible.20 Deux voisines à ne pas confondre : la préparation officinale (inscrite à la pharmacopée ou au formulaire national, préparée d'avance et dispensée directement) et la préparation hospitalière (faite en pharmacie à usage intérieur).20

La mention obligatoire, mot pour mot

Prescription à but thérapeutique en l'absence de spécialités équivalentes disponibles

Elle doit figurer sur l'ordonnance, écrite de la main du prescripteur ou saisie dans la zone dédiée de l'ordonnance électronique. Son absence entraîne un rejet du remboursement.21

Les quatre critères cumulatifs

Ils sont détaillés et testables en tête de fiche : § 00 — Ma préparation est-elle remboursable ?

Modèle d'ordonnance

Dr [Nom] — [adresse, RPPS] [Ville], le [date] Pour [Nom Prénom du patient], né(e) le [date] Préparation magistrale : Diltiazem (chlorhydrate) ..... 0,8 g Excipient (crème) ............ qsp 40 g (= diltiazem 2 %) Q.S.P. 1 tube de 40 g 1 application péri-anale et endo-anale 3 fois par jour, pendant 8 semaines. Prescription à but thérapeutique en l'absence de spécialités équivalentes disponibles. Signature
13 — IDÉES REÇUES

Six croyances à corriger

« Une préparation magistrale, c'est plus doux, plus naturel. »C'est un médicament, avec les mêmes principes actifs que l'industrie — mais sans AMM, sans notice et sans dossier d'évaluation du produit fini. Le corticoïde du trio de Kligman atrophie la peau exactement comme celui d'un tube du commerce.
« Du sur-mesure, c'est forcément mieux adapté. »Seulement quand aucune spécialité ne convient. Dans le cas contraire, on perd l'évaluation, la traçabilité et le remboursement, sans rien gagner. C'est d'ailleurs la définition légale : la magistrale suppose l'absence de spécialité adaptée ou disponible.20
« C'est remboursé comme un médicament. »Non : quatre conditions cumulatives, plus une mention obligatoire portée par le prescripteur (à la main ou dans la zone dédiée de l'ordonnance électronique). Et en cas de rupture de stock, il faut en outre une recommandation de l'ANSM et un arrêté tarifaire publiés.1821
« La crème tri-thérapie guérit les crevasses du mamelon. »Un essai randomisé sur 151 femmes ne retrouve aucune différence avec la simple lanoline, et la revue Cochrane conclut à des preuves insuffisantes pour toutes les options.4366 Le traitement, c'est la prise du sein.
« Les préparations à base de plantes sont remboursées si le médecin les prescrit. »Elles sont explicitement exclues du remboursement, comme les oligo-éléments et les préparations à visée cosmétique, diététique ou d'hygiène. Apposer la mention obligatoire n'y change rien.21
« Il n'y a pas d'effets indésirables, c'est juste du local. »Le glycopyrronium topique donne une bouche sèche chez 16 % des patients,9 le KOH une irritation chez près de trois enfants sur quatre,8 le bain de bouche à la doxépine des brûlures buccales.10 Un topique n'est pas une absence de médicament.
14 — MÉMO PATIENT

À emporter : votre préparation en pharmacie

Explications en mots simples. Le bouton ci-dessous n'imprime que ce mémo, pas toute la fiche.

C'est quoi ? Une préparation magistrale est un médicament que le pharmacien fabrique spécialement pour vous, à partir de la recette écrite par votre médecin. On y a recours quand aucun médicament tout prêt ne convient : parce que la dose n'existe pas, parce qu'il faut une crème particulière, ou parce que le médicament est en rupture.

Ce qu'il faut savoir avant de partir

Pour un enfant

Quand rappeler le médecin

Pour aller plus loin
15 — EN SAVOIR PLUS

Histoire, géographie, et un mot d'honnêteté

Registre « en savoir plus » : plus narratif que le reste, mais sourcé de la même façon.

Histoire : la magistrale était la règle, elle est devenue l'exception

Pendant l'essentiel de l'histoire de la pharmacie, tout médicament était une préparation : l'apothicaire composait au comptoir, à partir d'un formulaire. L'industrialisation du XXe siècle a inversé le rapport — la spécialité, produite en série, évaluée puis autorisée, est devenue la norme, et la préparation, le recours. Ce n'est pas un déclin technique : c'est le prix payé pour l'évaluation. Une spécialité a un dossier ; une préparation n'en a pas.

Le trio de Kligman illustre bien le mouvement inverse, plus rare : une formule née d'un article de 197524 qui, faute d'équivalent commercialisé en France, y survit sous forme magistrale un demi-siècle plus tard.26 Sa longévité tient à un détail rapporté dès l'article princeps — la synergie des trois composants, aucun ne fonctionnant seul.

Géographie : des pratiques très inégales

L'enquête internationale de la Fédération internationale pharmaceutique montre que la place des préparations orales magistrales varie fortement d'un pays à l'autre, en fonction des formes pédiatriques disponibles sur le marché national et des habitudes locales.65 Une même situation clinique se résout donc par une spécialité ici, par une préparation là. Corollaire pratique : une formule trouvée dans un article étranger n'est pas forcément réalisable en France — la disponibilité de la matière première tranche, comme le montre le cas de la cantharidine dans le molluscum : deux essais de phase III concluants aux États-Unis, aucune disponibilité en France.3133

Le volet « évolution » : pas d'objet ici

Honnêteté de cadrage. Les fiches de cette série comportent d'ordinaire un éclairage évolutionniste — pourquoi un trait ou une maladie persiste dans l'espèce. Ce sujet n'est pas une maladie : il n'a pas de volet évolutionniste, et en inventer un serait de l'ornement.

Le décalage réel est ailleurs, et il est industriel : le médicament est fabriqué pour un patient modal — un adulte de poids moyen, capable d'avaler un comprimé — alors que la population réelle comporte des nourrissons, des personnes âgées dysphagiques, des insuffisants rénaux et des allergiques aux excipients. La préparation magistrale est le rattrapage artisanal de cet écart. C'est aussi pourquoi l'un de ses usages les mieux fondés est l'adaptation pédiatrique, pilier documenté de la pharmacie hospitalière européenne15 — et non les crèmes dermatologiques auxquelles on pense d'abord. Réserve : je n'ai retrouvé aucune statistique française publiée répartissant les préparations magistrales par indication, ce classement en volume reste donc une impression, pas une mesure.
16 — SOURCES

Références & méthode

Méthode. Sélection en deux filtres explicites : (1) exister au moins un essai randomisé ou une méta-analyse évaluant la molécule à cette concentration et par cette voie ; (2) statut français vérifié — la préparation n'a d'intérêt que si aucune spécialité équivalente n'est disponible. Socle réglementaire : code de la santé publique (art. L.5121-1), pages de l'Assurance Maladie destinées aux médecins, ANSM (bonnes pratiques de préparation, police sanitaire), décret n° 2025-760 du 4 août 2025. Sources cliniques : revues Cochrane, méta-analyses et essais randomisés identifiés sur PubMed, plus les recommandations françaises (SNFCP, Centre de preuves en dermatologie) quand elles existent. Les compositions des préparations traditionnelles (cérat de Galien, cold cream, glycérolé d'amidon, type Dalibour, baume du commandeur) proviennent de la documentation de fabricants d'excipients : c'est une source fiable pour une formule, mais commerciale — ses affirmations d'efficacité n'ont pas été reprises, et son exposé des règles de remboursement, qui date d'un accord de 1997, est périmé. Les PMID et DOI ont été résolus automatiquement avant publication (existence et correspondance auteur/article).

Réserves, explicitement. (a) Fissure anale : je n'ai pas pu consulter le résumé des caractéristiques de NIFEXINE ce tour-ci — la conduite chez la femme enceinte ou allaitante doit être vérifiée sur ce document et auprès du CRAT. L'articulation entre la commercialisation d'une spécialité remboursée de nifédipine et la prise en charge d'une magistrale de diltiazem n'est tranchée par aucun texte que j'aie pu lire. (b) La disponibilité en France de la doxépine en solution buvable n'est pas vérifiée : à confirmer auprès du pharmacien, d'autant que les formes buvables semblent avoir disparu des bases récentes. (c) La disponibilité de la matière première soufre fait l'objet de sources divergentes, signalée comme telle dans le texte. (d) Le dithranol et l'acide trichloracétique ont été écartés faute d'avoir pu vérifier leur statut de commercialisation : leur absence n'est pas un jugement sur leur efficacité. (e) Le tableau des préparations de dépannage est daté du 2 août 2026 et se périme vite. (f) Les affirmations d'absence de preuve (eau de Dalibour) reposent sur des recherches PubMed du 2 août 2026 avec les termes indiqués, pas sur une revue systématique. (g) Aucun chiffre national consolidé sur le volume des préparations magistrales en France n'a pu être retrouvé dans une source officielle — c'est pourquoi cette fiche n'en donne aucun, y compris pour classer les indications par fréquence.

Un désaccord assumé. Le peroxyde d'hydrogène à 40 % dans la kératose séborrhéique figure à l'ordonnancier parce qu'il a des essais de phase III — mais je ne le recommande pas et je ne fournis pas de formule prête à recopier. Les chiffres réels sont modestes (4 à 8 % de disparition complète des lésions traitées), les réactions locales quasi constantes, le risque oculaire sérieux, la lésion bénigne, et la spécialité américaine a été retirée du marché en 2019. Le lecteur a les éléments pour juger autrement que moi.

Ce que la relecture a corrigé. Cette fiche a été relue à contexte frais après rédaction. Cinq erreurs de fond en sont sorties et ont été vérifiées puis corrigées : NIFEXINE présentée comme non remboursable alors qu'elle l'est à 15 % depuis 2023 ; une conclusion d'efficacité prêtée à un essai de tacrolimus qui ne la contient pas ; une cotation ★★★ du diltiazem que contredit une méta-analyse GRADE non citée ; l'affirmation qu'aucune spécialité d'acide salicylique fortement dosée n'existait ; et l'absence de toute mention de la grossesse dans une section qui livre une ordonnance prête à copier. Elles sont signalées ici parce qu'une fiche qui prétend distinguer la preuve du folklore se doit de montrer où elle s'est elle-même trompée.

Ce que cette fiche n'est pas. Un formulaire de préparation. Les quantités, excipients et conditions de conservation relèvent du pharmacien préparateur et des bonnes pratiques de préparation ; les formules citées sont celles publiées dans les sources indiquées, reproduites pour la discussion clinique.
  1. Kim Y, Hahn S, Garner P. Solution de réhydratation orale à osmolarité réduite dans la déshydratation par diarrhée aiguë de l'enfant : revue Cochrane (moins de perfusions non programmées, OR 0,61 ; IC 95 % 0,47-0,81). Cochrane Database Syst Rev. 2001;(2):CD002847. PMID 11406049 · doi:10.1002/14651858.CD002847
  2. Nelson RL, Thomas K, Morgan J, Jones A. Non surgical therapy for anal fissure. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(2):CD003431. PMID 22336789 · doi:10.1002/14651858.CD003431.pub3
  3. Jin JZ, Hardy MO, Unasa H, et al. Efficacité des topiques de sphinctérotomie chimique dans la fissure anale : revue systématique et méta-analyse selon la méthode GRADE (37 essais randomisés) — pas de différence significative de cicatrisation entre diltiazem et placebo, RR 1,65 (IC 95 % 0,64-4,23), I² = 92 %. Int J Colorectal Dis. 2022;37(1):1-15. PMID 34608561 · doi:10.1007/s00384-021-04040-3
  4. Chan R, Park KC, Lee MH, et al. Triple association fixe (fluocinolone 0,01 % + hydroquinone 4 % + trétinoïne 0,05 %) versus hydroquinone 4 % dans le mélasma modéré à sévère : essai randomisé. Br J Dermatol. 2008;159(3):697-703. PMID 18616780 · doi:10.1111/j.1365-2133.2008.08717.x
  5. Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, Holland R, Abbott R. Traitements topiques des verrues cutanées (85 essais, 8 815 participants ; acide salicylique RR 1,56). Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD001781. PMID 22972052 · doi:10.1002/14651858.CD001781.pub3
  6. Base de données publique des médicaments (ANSM, HAS, UNCAM). POMMADE M.O. COCHON 50 % : acide salicylique 50 g pour 100 g, spécialité avec AMM non remboursée, traitement local d'appoint des cors, durillons et verrues ; caustique, ne pas appliquer sur de grandes surfaces. Consulté le 2 août 2026. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  7. VIDAL ; laboratoire ACM. Dispositifs médicaux à l'hydroxyde de potassium 5 % pour le molluscum contagiosum : POXKARE (Pediact, flacon de 2 mL, application matin et soir jusqu'à inflammation locale, 2 à 10 jours) et MOLUTREX (ACM, classe IIa, dès 2 ans, flacon de 3 mL). Consulté le 2 août 2026. vidal.fr
  8. Giner-Soriano M, Teixidó C, Marsal JR, et al. Hydroxyde de potassium 10 % topique dans le molluscum contagiosum de l'enfant : essai randomisé contre placebo (55,3 % vs 16,3 %). J Dermatolog Treat. 2019;30(8):750-6. PMID 30668179 · doi:10.1080/09546634.2019.1573305
  9. Abels C, Soeberdt M, Kilic A, et al. Crème au bromure de glycopyrronium 1 % dans l'hyperhidrose axillaire primaire : essai randomisé de phase IIIa (171 patients). Br J Dermatol. 2021;185(2):315-22. PMID 33445205 · doi:10.1111/bjd.19810
  10. Sio TT, Le-Rademacher JG, Leenstra JL, et al. Bain de bouche à la doxépine ou diphénhydramine-lidocaïne-antiacide versus placebo dans la douleur de mucite radique : essai randomisé Alliance A221304 (effet inférieur au seuil de pertinence clinique). JAMA. 2019;321(15):1481-90. PMID 30990550 · doi:10.1001/jama.2019.3504
  11. He CZ, Zeng ZJ, Liu JQ, Qiu Q, He Y. Collyre au sérum autologue dans la sécheresse oculaire : revue systématique et méta-analyse de 12 essais randomisés. Front Med (Lausanne). 2024;11:1430785. PMID 39346942 · doi:10.3389/fmed.2024.1430785
  12. Sharma N, Arora T, Jain V, et al. Gatifloxacine 0,3 % versus collyres renforcés tobramycine-céfazoline dans les ulcères cornéens bactériens non perforés : essai randomisé. Cornea. 2016;35(1):56-61. PMID 26509763 · doi:10.1097/ICO.0000000000000664
  13. Baumann LS, Blauvelt A, Draelos ZD, et al. Solution topique de peroxyde d'hydrogène à 40 % dans les kératoses séborrhéiques : deux essais randomisés de phase III contre placebo. J Am Acad Dermatol. 2018;79(5):869-77. PMID 29864467 · doi:10.1016/j.jaad.2018.05.044
  14. Laboratoires Spirig (Excipial). Les préparations magistrales en dermatologie : formules du Formulaire national (cérat de Galien, cold cream), composition du glycérolé d'amidon (amidon 6,6 %, eau 6,6 %, glycérine 86,8 %), préparations type Dalibour, coaltar et ichtyol. Document commercial d'un fabricant d'excipients, utilisé ici pour les compositions ; ses indications thérapeutiques et son exposé des règles de remboursement (accord de 1997) sont périmés. excipial.fr
  15. Brion F, Nunn AJ, Rieutord A. Préparations magistrales orales pour enfants dans les hôpitaux européens. Acta Paediatr. 2003;92(4):486-90. PMID 12801118 · doi:10.1111/j.1651-2227.2003.tb00583.x
  16. Le Quotidien du Pharmacien. Solutés de réhydratation orale disponibles en France (Adiaril, GES 45, Novalac Hydranova, Physiosalt Picolite, Viatol, Ydrovil, Fanolyte, Nutriben SRO…) : sachets à diluer dans 200 mL d'eau faiblement minéralisée, pris en charge sur prescription chez le nourrisson et l'enfant de moins de 5 ans en diarrhée aiguë. Consulté le 2 août 2026. lequotidiendupharmacien.fr
  17. Menegueti MG, Laus AM, Ciol MA, et al. Teneur en glycérol de la formulation hydro-alcoolique de l'OMS : compromis entre tolérance cutanée et efficacité antimicrobienne (essai randomisé en crossover). Antimicrob Resist Infect Control. 2019;8:109. PMID 31285821 · doi:10.1186/s13756-019-0553-z
  18. Assurance Maladie (ameli). Médicaments en rupture ou en tension : prise en charge provisoire de préparations magistrales (recommandation ANSM + arrêté tarifaire ; liste des molécules et périodes). Consulté le 2 août 2026. ameli.fr
  19. République française. Décret n° 2025-760 du 4 août 2025 (pénuries de médicaments ; création des préparations officinales spéciales, art. R.5121-222 à R.5121-224 CSP). JORF n° 0180 du 5 août 2025. legifrance.gouv.fr
  20. République française. Code de la santé publique, art. L.5121-1 : définitions des préparations magistrale, hospitalière et officinale. Version en vigueur depuis le 28 décembre 2023. legifrance.gouv.fr
  21. Assurance Maladie (ameli). Préparations magistrales et officinales : règles générales — mention obligatoire, quatre critères cumulatifs de prise en charge, catégories exclues (plantes, oligo-éléments, DHEA, bêta-carotène, créatine ; visées cosmétique, diététique, d'hygiène). Consulté le 2 août 2026. ameli.fr
  22. SVR (fiches parapharmacie VIDAL et distributeurs). Gamme Xerial : soins à l'urée de 5 % à 50 % vendus sans ordonnance (Xerial 30 crème pieds à 30 %, Xerial 40 ongles, Xerial 50 Extrême anti-callosités à 50 %, Xerial DM à 15 %). Gammes concurrentes : Avène Akerat, Uriage Kératosane. Consulté le 2 août 2026. vidal.fr
  23. Etiaxil. Détranspirants au chlorure d'aluminium, vendus sans ordonnance en pharmacie ; application le soir sur peau propre et sèche dans l'hyperhidrose. Consulté le 2 août 2026. etiaxil.fr
  24. Kligman AM, Willis I. Une nouvelle formule dépigmentante (trétinoïne 0,1 % + hydroquinone 5 % + dexaméthasone 0,1 %) : aucun composant n'est dispensable. Arch Dermatol. 1975;111(1):40-8. PMID 1119822
  25. Bertold C, Fontas E, Singh T, et al. Nouvelle triple association versus trio de Kligman dans le mélasma : essai randomisé en double insu sur 24 semaines (Nice). J Eur Acad Dermatol Venereol. 2023;37(12):2601-7. PMID 37620285 · doi:10.1111/jdv.19455
  26. Le Moniteur des pharmacies. Hydroquinone : interdite dans les cosmétiques, accessible uniquement en préparation magistrale sur prescription. Consulté le 2 août 2026. lemoniteurdespharmacies.fr
  27. Chao YC, Ko MJ, Tsai WC, Hsu LY, Wu HY. Efficacité comparée des traitements du molluscum contagiosum : méta-analyse en réseau (25 ECR, 2 123 participants ; KOH OR 10,02). J Dtsch Dermatol Ges. 2023;21(6):587-97. PMID 37199262 · doi:10.1111/ddg.15063
  28. van der Wouden JC, van der Sande R, Kruithof EJ, et al. Interventions dans le molluscum contagiosum cutané : revue Cochrane (22 essais, 1 650 participants ; aucune intervention d'efficacité convaincante ; KOH vs sérum salé RR 3,50, IC 95 % 0,95-12,90, 1 étude, 20 participants). Cochrane Database Syst Rev. 2017;(5):CD004767. PMID 28513067 · doi:10.1002/14651858.CD004767.pub4
  29. VIDAL. MOLUSDERM, solution cutanée à base d'hydroxyde de potassium 10 % : dispositif médical vendu sans ordonnance pour le molluscum contagiosum de l'adulte et de l'enfant à partir de 2 ans ; des solutions à 5 % sont également commercialisées. Consulté le 2 août 2026. vidal.fr
  30. Eichenfield LF, McFalda W, Brabec B, et al. Cantharidine 0,7 % dans le molluscum contagiosum : deux essais randomisés de phase III (528 participants) — guérison complète 46,3 % et 54,0 % contre 17,9 % et 13,4 % sous véhicule ; effets indésirables locaux chez 95-99 %. JAMA Dermatol. 2020;156(12):1315-23. PMID 32965495 · doi:10.1001/jamadermatol.2020.3238
  31. Sharquie KE, Al-Rawi JR, Noaimi AA, Al-Hassany HM. Traitement de la gale par pommade au soufre à 8 % et 10 % selon différents schémas d'application : essai randomisé comparatif. J Drugs Dermatol. 2012;11(3):357-64. PMID 22395587
  32. Base de données publique des médicaments (ANSM, HAS, UNCAM). TOPISCAB 5 % crème : première spécialité de perméthrine avec AMM en France, commercialisée depuis juillet 2015, gale de l'adulte et de l'enfant à partir de 2 mois ; 18,72 € TTC, remboursée à 65 %. Consulté le 2 août 2026. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  33. Centre de preuves en dermatologie (Société française de dermatologie). Gale commune chez l'enfant de moins de 15 kg, la femme enceinte ou allaitante — actualisation janvier 2024 (perméthrine 5 % privilégiée avant 1 an ; ivermectine selon le terrain). reco.sfdermato.org
  34. Ademola J, Frazier C, Kim SJ, Theaux C, Saudez X. Évaluation clinique de l'urée 40 % et du lactate d'ammonium 12 % dans la xérose. Am J Clin Dermatol. 2002;3(3):217-22. PMID 11978141 · doi:10.2165/00128071-200203030-00007
  35. van Zuuren EJ, Fedorowicz Z, Christensen R, Lavrijsen A, Arents BWM. Émollients et hydratants dans l'eczéma : revue Cochrane. Cochrane Database Syst Rev. 2017;(2):CD012119. PMID 28166390 · doi:10.1002/14651858.CD012119.pub2
  36. Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Acide borique et tétraborates de disodium (borax) : fiche toxicologique n° 138 — classification CMR catégorie 1B au règlement CLP, mentions de danger H360FD. Consulté le 2 août 2026. inrs.fr
  37. National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Eczéma atopique de l'enfant de moins de 12 ans (CG57) et standard de qualité QS44 : prescrire de grandes quantités d'émollient sans parfum, 250 à 500 g par semaine, disponibles aussi à l'école ; application sur tout le corps y compris hors poussée. nice.org.uk
  38. Base de données publique des médicaments (ANSM, HAS, UNCAM). Glycérol 15 g / vaseline 8 g / paraffine liquide 2 g pour 100 g ; traitement d'appoint des états de sécheresse cutanée (dermatite atopique, ichtyoses, psoriasis), adulte et enfant y compris nourrisson ; tube de 250 g ; remboursé à 15 %, 2,51 € + 1,02 € d'honoraire ; excipient à effet notoire : parahydroxybenzoate de propyle (E216), peut provoquer des réactions allergiques. Consulté le 2 août 2026. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  39. Le Moniteur des pharmacies. Dexeryl est désormais un dispositif médical non remboursé ; pour délivrer un générique remboursé, le prescripteur doit porter la mention « glycérol/vaséline/paraffine » sur l'ordonnance. Consulté le 2 août 2026. lemoniteurdespharmacies.fr
  40. République française. Arrêté du 19 janvier 2026 fixant le prix de vente au public des préparations magistrales à base de propranolol prises en charge par l'assurance maladie. legifrance.gouv.fr
  41. Excipial (Galderma). Baume du Commandeur : macération alcoolique de racines d'angélique et d'hypericum, myrrhe, oliban, benjoin, baume de Tolu et aloès ; antiseptique cicatrisant ; concentration maximale 10 % en onguent ; risque de sensibilisation. Consulté le 2 août 2026. excipial.fr
  42. Dey S, Ghosh A, Das D, et al. Essai pilote randomisé contre placebo de médicaments homéopathiques individualisés dans les verrues cutanées. Homeopathy. 2021;110(3):149-59. Cité ici comme seule donnée randomisée touchant au thuya : elle ne concerne pas la teinture mère en application locale. PMID 33761570 · doi:10.1055/s-0040-1722232
  43. Dennis CL, Schottle N, Hodnett E, McQueen K. Pommade « tout usage » pour mamelons versus lanoline chez 151 femmes allaitantes avec mamelons lésés : essai randomisé en double insu (aucune différence de douleur à une semaine). Breastfeed Med. 2012;7(6):473-9. PMID 22428572 · doi:10.1089/bfm.2011.0121
  44. Base de données publique des médicaments (ANSM, HAS, UNCAM). DUOFILM : acide salicylique 16,7 g et acide lactique 15 g pour 100 g dans un collodion souple ; verrues plantaires, vulgaires et mosaïques. Consulté le 2 août 2026. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  45. Timmermann V, Krengel S, Mrowka P, Haase O. Kératose séborrhéique : curetage contre laser 532 nm contre cryothérapie propane-butane, étude interventionnelle prospective (30 patients, 123 lésions) — disparition 87,5 % / 55 % / 50 % (p < 0,01). Lasers Surg Med. 2025;57(7):581-9. PMID 40619638 · doi:10.1002/lsm.70042
  46. Culbertson GR. Traitement des kératoses séborrhéiques par laser diode 532 nm avec rehaussement de couleur : série de 326 patients et 1 567 lésions, 93 % de disparition complète. Série ouverte non contrôlée, opérateur unique, évaluation non aveugle — citée ici comme contraste méthodologique. Dermatol Surg. 2008;34(4):525-8. PMID 18248487 · doi:10.1111/j.1524-4725.2007.34098.x
  47. Aide au codage (CCAM). QZNP001, tarif secteur 1 de 48,00 € : indications limitées aux angiomes plans, hémangiomes sévères ou ulcérés, radiodermites et cicatrices de brûlure du visage — la kératose séborrhéique n'y figure pas. Consulté le 2 août 2026. aideaucodage.fr
  48. Aide au codage (CCAM). QZFA013, exérèse de 1 à 5 lésions cutanées par curetage : tarif secteur 1 de 23,43 € ; QZFA022 pour 6 lésions ou plus, 43,62 €. Mention : les actes à visée esthétique ne peuvent pas être facturés. Consulté le 2 août 2026. aideaucodage.fr
  49. Aide au codage (CCAM). QZNP004 : tarif secteur 1 de 21,55 € ; codes voisins QANP007 (visage, 28,80 €) et QZNP012 (11 à 50 lésions, 25,77 €). Consulté le 2 août 2026. aideaucodage.fr
  50. Zaresharifi S, Robati RM, Dadkhahfar S, Forouzanfar MM, Zaresharifi N. Cryothérapie, électrodessication, laser CO2 et laser Er:YAG dans la kératose séborrhéique : essai en split-face (30 patients, 4 lésions faciales similaires chacun, allocation aléatoire par lésion) — électrodessication, CO2 et Er:YAG équivalents entre eux et supérieurs à la cryothérapie (p < 0,001) ; satisfaction plus basse sous cryothérapie. Dermatol Ther. 2021;34(5):e15083. PMID 34342933 · doi:10.1111/dth.15083
  51. Stirrat T, Thakker S, Bejugam D, et al. Lasers dans la kératose séborrhéique : revue de portée PRISMA (22 études, 1 492 patients) — ablatifs CO2 et Er:YAG jusqu'à 90 % de disparition en une séance ; modalités non ablatives sélectives du pigment, dont KTP 532 nm, 1 à 3 séances ; récidive 0 à 6 % à 12 mois. Dermatol Surg. 2026;52(4):338-43. PMID 40937913 · doi:10.1097/DSS.0000000000004868
  52. Laboderm (distributeur français). Bistouri électrique Surtron 80, monopolaire et bipolaire, à partir d'environ 1 090 € TTC. Prix relevé le 2 août 2026, à confirmer par devis. laboderm.fr
  53. Help Medical (distributeur français). Hyfrecator 2000 de Conmed, générateur d'électrochirurgie monopolaire et bipolaire 0-35 W : 2 138,40 € TTC, livré avec manche autoclavable, électrodes d'essai et support mural. Prix relevé le 2 août 2026, à confirmer par devis. helpmedical.fr
  54. Wang C, Ni J, Xiong Y, Chen J, Li B, Xu L. Efficacité comparée du diltiazem, de la trinitrine, de la nifédipine, du minoxidil et de la lidocaïne dans la fissure anale : revue systématique et méta-analyse en réseau (22 ECR, 1 770 patients). Int J Surg. 2025;111(4):3020-9. PMID 39878173 · doi:10.1097/JS9.0000000000002263
  55. Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP). Fissure anale — fiches techniques : formule magistrale de nifédipine (1,2 g + lanovaseline 60 g + paraffine 4 mL), conservation au frais et à l'abri de la lumière ; délai de 6 à 8 semaines avant de conclure à l'échec. Consulté le 2 août 2026. snfcp.org
  56. FMC-HGE. Traitement de la fissure anale (POSTU 2021) : formule nifédipine 300 mg + lanovaseline 15 g + paraffine 1 mL, 2 fois par jour ; RECTOGESIC avec AMM sans remboursement, céphalées chez près d'un tiers des utilisateurs. fmcgastro.org
  57. Base de données publique des médicaments (ANSM, HAS, UNCAM). NIFEXINE, crème rectale : nifédipine 0,30 g et chlorhydrate de lidocaïne 1,50 g pour 100 g ; douleur de la fissure anale chronique de l'adulte ; remboursement 15 %, prix 9,95 € + 1,02 € d'honoraire ; avis de la Haute Autorité de santé du 1er février 2023 (SMR faible, ASMR V). Consulté le 2 août 2026. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  58. Müller GG, José NK, de Castro RS, de Holanda EC. Tacrolimus 0,03 % topique en monothérapie dans la kératoconjonctivite vernale : essai randomisé en double insu. Eye Contact Lens. 2014;40(2):79-83. PMID 24418865 · doi:10.1097/ICL.0000000000000001
  59. VIDAL. VERKAZIA (ciclosporine 1 mg/mL, collyre en émulsion) : AMM européenne du 6 juillet 2018 dans la kératoconjonctivite vernale sévère de l'enfant à partir de 4 ans et de l'adolescent ; remboursement à 65 % ; prescription réservée aux ophtalmologues. vidal.fr
  60. Leenstra JL, Miller RC, Qin R, et al. Bain de bouche à la doxépine versus placebo dans la douleur de mucite radique aiguë : essai de phase III (NCCTG-N09C6). J Clin Oncol. 2014;32(15):1571-7. PMID 24733799 · doi:10.1200/JCO.2013.53.2630
  61. Lodi G, Manfredi M, Mercadante V, Murphy R, Carrozzo M. Corticothérapies dans le lichen plan buccal : revue Cochrane (35 études, 1 474 participants) — résolution de la douleur sous corticoïde en base adhésive contre placebo RR 1,91 (IC 95 % 1,08-3,36), 2 études, 72 participants, faible certitude. Cochrane Database Syst Rev. 2020;(2):CD001168. PMID 32108333 · doi:10.1002/14651858.CD001168.pub3
  62. Vernassiere C, Cornet C, Trechot P, et al. Morphine topique sur les ulcères cutanés chroniques douloureux : essai randomisé en double insu (résultat négatif). J Wound Care. 2005;14(6):289-93. PMID 15974417 · doi:10.12968/jowc.2005.14.6.26793
  63. Adderley UJ, Holt IG. Topiques et pansements des plaies tumorales : revue Cochrane (métronidazole topique non significatif ; preuves insuffisantes). Cochrane Database Syst Rev. 2014;(5):CD003948. PMID 24832784 · doi:10.1002/14651858.CD003948.pub3
  64. Base de données publique des médicaments (ANSM, HAS, UNCAM). ROZEX 0,75 % (métronidazole), gel et crème pour application cutanée, indiqué dans la rosacée. Consulté le 2 août 2026. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  65. Fadda HM, et al. Préparations orales extemporanées pédiatriques et pratiques : étude mondiale de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP). Eur J Pharm Biopharm. 2024;204:114483. PMID 39245358 · doi:10.1016/j.ejpb.2024.114483
  66. Dennis CL, Jackson K, Watson J. Interventions pour traiter les mamelons douloureux chez la femme allaitante : revue Cochrane (4 essais, 656 femmes ; preuves insuffisantes ; douleur légère vers J7-J10 quel que soit le traitement). Cochrane Database Syst Rev. 2014;(12):CD007366. PMID 25506813 · doi:10.1002/14651858.CD007366.pub2
  67. Lynch ME, Clark AJ, Sawynok J, Sullivan MJ. Amitriptyline 2 % et kétamine 1 % topiques dans les syndromes douloureux neuropathiques : essai randomisé contre placebo (résultat négatif). Anesthesiology. 2005;103(1):140-6. PMID 15983466 · doi:10.1097/00000542-200507000-00021
  68. Habibi M, Mahyar A, Heidari R, Javadi A, Mahyar S. Eau de Dalibour versus alcool pour les soins du cordon ombilical : essai clinique chez 178 nouveau-nés. J Trop Pediatr. 2014;60(4):292-6. PMID 24567312 · doi:10.1093/tropej/fmu013
  69. Base de données publique des médicaments (ANSM, HAS, UNCAM). Éosine aqueuse à 2 % : colorant asséchant, très faiblement antiseptique, en traitement d'appoint des lésions cutanées susceptibles de se surinfecter. Consulté le 2 août 2026. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  70. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Décision du 17 mai 2006 : interdiction des préparations contenant thyroïde, extraits ou hormones thyroïdiennes (y compris préparations homéopathiques en deçà de la 2e centésimale hahnemannienne). legifrance.gouv.fr
  71. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Préparations hospitalières, magistrales et officinales : cadre réglementaire, bonnes pratiques de préparation, préparations à risque particulier (formes stériles, substances CMR, enfants de moins de 12 ans). Consulté le 2 août 2026. ansm.sante.fr