Quel arthropode a piqué ? Comment soulager une réaction locale, quand s'inquiéter (anaphylaxie), comment retirer un dard ou une tique, et quel répulsif selon l'âge. La plupart des piqûres sont bénignes — l'enjeu est de repérer le petit nombre qui ne l'est pas.
Aucune recommandation française n'existe pour identifier une piqûre d'après son seul aspect : ces repères sont des indices dermatologiques, à confronter au contexte (saison, lieu, horaire, animaux). L'aspect n'est jamais formel.
| Arthropode | Lésion & indice | Où / contexte | Douleur ou prurit | ⚠ Alerte |
|---|---|---|---|---|
| Moustique | Petite papule prurigineuse | Zones découvertes ; surtout la nuit | Prurit | — |
| Moustique tigre (Aedes) | Rougeur ~3 cm, bouton dur, parfois douloureux | Diurne, en métropole | Prurit ± douleur | Fièvre brutale, douleurs, éruption les jours suivants → dengue/chikungunya/Zika25 |
| Taon | Piqûre lacérante, léger saignement | Été, près de l'eau / du bétail | Douleur d'emblée | — |
| Aoûtat | Papules rouge vif très prurigineuses | Zones de striction (ceinture, chaussettes), plis ; fin d'été, herbes | Prurit intense | — |
| Puce | Petites papules groupées / alignées (3 en ligne) | Chevilles, mollets ; animaux, sol | Prurit | — |
| Punaise de lit | Papules « en rang d'oignon », point central | Zones découvertes la nuit (bras, dos) ; literie | Prurit, plus marqué le matin | Aucune maladie transmise |
| Tique | Indolore ; arthropode fiché visible | Plis, cuir chevelu, aine ; forêt/herbes | Indolore | Érythème migrant 3–30 j après (→ §05) |
| Guêpe / abeille / frelon | Douleur vive, œdème ; abeille = dard laissé | Été, près des nids/ruches | Douleur immédiate | Réaction générale (urticaire, gêne respiratoire, malaise) ou piqûre bouche/gorge → 15 |
| Chenille processionnaire | Pas une piqûre : poils urticants → plaques rouges qui grattent | Pinèdes/chênes ; sans contact direct (vent) | Prurit + brûlure | Atteinte des yeux ou respiratoire → avis/urgence (→ §07) |
| Araignée (métropole) | Morsure (2 points) — très rare | Risque réel très faible | Variable | Surdiagnostic : la plupart des « morsures d'araignée » sont en fait des infections (staph.) ou d'autres piqûres |
Penser aussi à la gale devant un prurit diffus à recrudescence nocturne avec entourage qui se gratte : sillons aux espaces interdigitaux et poignets, lésions génitales chez l'homme — ce n'est pas une « piqûre » mais un acarien, et le traitement est spécifique.
Araignées : pas de panique. En métropole, aucune des ~1 600 espèces n'est mortelle. Deux espèces à risque marginal existent au sud (malmignatte « veuve noire » méditerranéenne, recluse) mais les morsures graves sont exceptionnelles. Une lésion nécrotique étiquetée « araignée » est le plus souvent une infection à staphylocoque.12
La piqûre simple (petit bouton qui gratte) guérit seule. On soulage, sans sur-traiter. Pas de recommandation française dédiée : les posologies sont fermes (RCP, CRAT), la stratégie est empirique.
Corticoïde local (dermocorticoïde). Pour une piqûre banale, un dermocorticoïde d'activité faible en cure très courte suffit.
Antihistaminique oral (anti-H1) de 2e génération si le prurit gêne. Tous utilisables pendant la grossesse (CRAT).
| Molécule (princeps) | Adulte | Enfant | Grossesse / allaitement |
|---|---|---|---|
| Cétirizine (Zyrtec) | 10 mg/j | 6–12 ans : 5 mg ×2 ; 2–6 ans : 2,5 mg ×2 (dès 2 ans) | Utilisable tout terme |
| Lévocétirizine (Xyzall) | 5 mg/j | ≥ 6 ans : 5 mg ; 2–6 ans : 2,5 mg/j | Utilisable tout terme |
| Loratadine (Clarityne) | 10 mg/j | > 30 kg : 10 mg ; ≤ 30 kg : 5 mg (sirop dès 2 ans) | Utilisable tout terme |
| Desloratadine (Aerius) | 5 mg/j | 6–11 ans : 2,5 mg ; 1–5 ans : 1,25 mg (sirop dès 1 an) | Utilisable tout terme |
Antalgique si douleur : paracétamol (adulte 1 g ×3–4/j, max 3–4 g/j ; enfant 15 mg/kg/6 h). À préférer aux AINS/aspirine chez l'enfant.
À retenir. Froid + corticoïde local faible (cure courte) + anti-H1 oral si besoin = l'essentiel. Tout le reste est accessoire, et l'antiseptique systématique est inutile.3456
Rougeur et œdème > 10 cm qui s'étendent et persistent au-delà de 24 h, régressant en général en moins d'une semaine. C'est impressionnant mais ce n'est pas une allergie générale (moins de 5 % évoluent vers une réaction systémique grave).
À suspecter devant des croûtes couleur miel (mélicériques), ou un placard chaud, douloureux, extensif (dermohypodermite), une traînée rouge, de la fièvre.
Piège fréquent. Une grosse réaction locale inflammatoire (rouge, chaude, < 24–48 h) est souvent confondue avec une cellulite infectieuse et traitée par antibiotique à tort. Sans signe de surinfection vraie, pas d'antibiotique.78
L'anaphylaxie est rare mais vitale. Le traitement, c'est l'adrénaline intramusculaire, sans retard, et le 15.
Adrénaline en intramusculaire, face antéro-latérale de la cuisse (jamais la fesse) :
Position : allongé, jambes surélevées. Ne jamais asseoir ni relever brutalement la personne (risque d'arrêt cardiaque). PLS si vomissements/inconscience ; demi-assis si la gêne respiratoire domine. Appeler le 15 systématiquement (risque de rechute « biphasique » → surveillance hospitalière).
Approvisionnement. Les auto-injecteurs connaissent des tensions de stock (2025–2026) : disponibilités variables selon les marques. Vérifiez le point ANSM le plus récent au moment de prescrire.10
Seule l'abeille laisse son dard (avec le sac à venin) ; guêpe et frelon non. Le venin continue d'être injecté tant que le dard est en place : retirez-le le plus vite possible, par n'importe quel moyen (ongle, carte, pince). La rapidité compte, pas la méthode.11
La grande majorité des piqûres ne transmettent rien. L'enjeu : retirer vite et bien, puis surveiller la peau pendant un mois.
Après une piqûre reconnue en Europe, le risque de développer une borréliose est faible — de l'ordre de 1 à 3 % (maladie clinique), même en zone à risque ; environ 5 % si l'on compte les séroconversions sans symptôme. Il augmente avec la durée d'attachement et l'engorgement de la tique — jusqu'à ~14 % dans le pire cas documenté (tique gorgée et porteuse de Borrelia).28
Le seuil « 24 h = sans risque » n'est pas une garantie. Il vient de modèles animaux ; la tique européenne (Ixodes ricinus) peut transmettre plus tôt. Plus le retrait est précoce, mieux c'est — mais une infection n'est jamais totalement exclue.28
Gradient régional d'endémicité d'après Santé publique France (est & centre = risque plus élevé ; ouest & pourtour méditerranéen = plus faible).30 Fourchettes de risque indicatives, issues de cohortes européennes.28
Une plaque rouge qui s'agrandit autour du point de piqûre, 3 à 30 jours après (souvent 1–2 semaines) : c'est l'érythème migrant, présent dans environ 80 % des Lyme précoces. Sa présence suffit au diagnostic — pas de sérologie (souvent négative à ce stade) — et impose un traitement antibiotique immédiat (doxycycline, ou amoxicilline).1329
Vous pouvez signaler la piqûre et envoyer la tique au programme de recherche participative CiTIQUE / signalement-tique.fr : utile pour la surveillance collective.1531 Mais aucun résultat individuel n'est rendu, et faire tester la tique ne sert pas à la décision : une tique porteuse de Borrelia ne veut pas dire que vous êtes infecté, et une tique négative n'exclut rien. La conduite repose sur la surveillance de la peau, pas sur la tique.2931
La France (HAS / SPILF) ne recommande aucune antibioprophylaxie après une piqûre, dans aucune situation — y compris grossesse, enfant, piqûres multiples ou attachement prolongé.1429 (Les États-Unis proposent, eux, une dose unique de doxycycline dans les 72 h en cas de piqûre à haut risque : position différente, non retenue en France.32)
À retenir. Retrait au tire-tique sans produit → désinfection APRÈS → surveillance 4 semaines. Consultez si plaque qui s'agrandit, fièvre ou signes neurologiques. Quel que soit le « risque » estimé, la conduite est la même.121314
Ressources officielles. stop-punaises.gouv.fr · numéro national 0 806 706 806.2627
Ce n'est pas une piqûre : ses poils urticants, projetés par le vent, provoquent une réaction de la peau (parfois sans contact direct avec la chenille).
Le pin et le chêne processionnaires sont classés « nuisibles à la santé humaine » (décret 2022) ; la lutte et le signalement relèvent des arrêtés locaux (préfecture/mairie), pas d'une déclaration nationale obligatoire.1617
La meilleure piqûre est celle qu'on évite. Répulsif cutané, vêtements couvrants et moustiquaire imprégnée sont les mesures qui marchent. Repères du HCSP 2025 et de la reco PPAV (label HAS).
Divergences entre documents officiels conservées telles quelles : citriodiol grossesse 10 % vs 20 % ; seuil DEET enfant < 2 ans vs < 12 ans selon la source.181920
Sources : pompes à venin21 ; urine/méduse22 ; éther/tique23 ; antibiotique inutile78.
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