Chez l'enfant, on ne « met pas au régime » : le plus souvent, il suffit de stabiliser le poids pendant qu'il grandit — c'est la taille qui rattrape. Tout se joue en famille, dans la durée, et sans culpabiliser. Voici de quoi se situer (l'IMC de l'enfant, ce n'est pas celui de l'adulte) et agir sur les bons leviers.
Chez l'enfant, la corpulence change avec l'âge et le sexe. On ne peut pas utiliser les seuils adultes (25 et 30) : on lit l'IMC sur une courbe de corpulence.
L'IMC (poids ÷ taille²) se calcule pareil à tout âge, mais son interprétation dépend de l'âge et du sexe : un IMC de 19 est banal à 15 ans, mais signe déjà une obésité à 4 ans. On reporte donc l'IMC sur la courbe de corpulence du carnet de santé.1
Plus qu'un chiffre isolé, ce qui compte c'est la trajectoire. Après la naissance, l'IMC monte, puis redescend, puis remonte vers 5–6 ans : ce point bas s'appelle le rebond d'adiposité. Un rebond plus précoce qu'attendu, ou une ascension qui change de couloir vers le haut, sont les meilleurs signaux d'alerte — bien avant que l'enfant ne « paraisse » en surpoids.1
Entrez l'âge, le sexe, la taille et le poids : l'outil calcule l'IMC et le compare aux seuils IOTF de l'âge et du sexe (2 à 18 ans). Il ne remplace pas le report sur la courbe du carnet de santé.
« 8 ans 6 mois » = 8,5. Rappel : chez l'enfant, un IMC élevé ne veut pas dire « il faut maigrir » — voir la suite. Reportez aussi l'IMC sur la courbe de corpulence du carnet de santé pour visualiser la trajectoire.2
Le message le plus important de toute la fiche — et le plus contre-intuitif.
La prise en charge est multidisciplinaire (médecin, diététique, activité physique, soutien psychologique si besoin) et coordonnée par le médecin de l'enfant.1
Choisissez 1 à 3 objectifs concrets à travailler en famille (pas plus). L'outil prépare un plan à imprimer et à afficher sur le frigo.
Les repères officiels PNNS et OMS — ceux qui nourrissent le plan famille.
| Levier | Le bon repère |
|---|---|
| Boissons | L'eau est la seule boisson indispensable. Sodas et jus (même « light ») : au plus 1 verre/jour, et le moins possible. |
| Bouger | Au moins 60 min/jour d'activité modérée à soutenue (jeu actif, vélo, sport). Le plaisir avant la performance. |
| Sédentarité | Casser les temps assis : pas plus de 2 h d'affilée assis (6–11 ans). |
| Écrans | ≤ 2 h/jour (6–11 ans), aucun écran l'heure avant le coucher, pas d'écran dans la chambre ni pendant les repas. |
| Sommeil | Horaires réguliers ; 9 à 12 h/jour (6–11 ans). Le manque de sommeil favorise la prise de poids. |
| Assiette | 5 fruits et légumes/jour ; moins de produits gras, sucrés, salés et ultra-transformés. |
| Repas | Un petit-déjeuner, des repas à table, en famille, sans écran ; on limite le grignotage. |
Repères : PNNS / Manger-Bouger4 ; activité physique OMS (≥ 60 min/j, 5–17 ans)5 ; écrans des plus jeunes, OMS.6 Les durées de sommeil et d'écran par tranche d'âge fine sont détaillées sur Manger-Bouger.
La plupart des situations se gèrent avec le médecin traitant. Certains signaux imposent un avis plus poussé.
On ne met pas votre enfant au régime. Le but n'est presque jamais de « maigrir » : c'est de stabiliser le poids pendant qu'il grandit. En grandissant, il « se rééquilibre » tout seul.
On agit en famille, sans culpabiliser. Les mêmes règles pour tout le monde ; on félicite les efforts, jamais le poids. Les remarques blessantes aggravent les choses.
Les gestes qui comptent : de l'eau (pas de sodas ni jus) ; bouger ≥ 1 h/jour ; moins d'écrans (aucun avant de dormir) ; un sommeil suffisant ; des repas à table, en famille, sans écran. Une habitude à la fois.
On suit la courbe, pas la balance. Le signal, c'est la trajectoire (le « couloir »), à voir avec le médecin.
Une aide existe : pour les 3–12 ans, « Mission : retrouve ton cap » est remboursée à 100 % — parlez-en au médecin.