On apprend les muscles un par un, en listes, et on oublie l'essentiel : un muscle ne sait faire qu'une chose, tirer, et tout le reste découle de l'endroit où il s'attache. Cette fiche montre ce mécanisme en 3D animée — les os tournent autour de l'axe articulaire mesuré sur eux, et le trajet du muscle se raccourcit sous vos yeux. Puis elle dit ce qui, dans les essais, renforce vraiment un muscle, et ce qui répare un tendon abîmé. Y compris quand la réponse est « rien de ce qu'on croyait ».
Huit idées qui valent pour tous les muscles, puis la carte des 11 mouvements animés.
Cinq régions, 11 mouvements, 60 couples muscle-mouvement. Chaque animation fait tourner les os autour de l'axe articulaire mesuré sur eux, et recalcule le trajet de chaque muscle.
Les modèles se manipulent à la main : glisser pour tourner, curseur pour parcourir le mouvement, clic sur un muscle pour l'isoler.
Un modèle qu'on ne sait pas critiquer est un modèle qu'on croit. Voici comment celui-ci est fabriqué, et où il s'arrête.
La page affiche, pour chaque muscle, de combien son trajet se raccourcit quand le mouvement se fait : c'est l'excursion. Le chiffre de bras de levier cité à côté est autre chose : la distance du muscle au centre de l'articulation — la sphère ajustée sur la tête humérale —, toutes directions confondues. Les deux divergent : en abduction, le supra-épineux a une excursion de 13 mm par radian pour une distance au centre d'environ 22 mm. Et un muscle qui passe loin du centre peut n'avoir presque aucune excursion dans un mouvement donné, parce que c'est la composante autour de l'axe de ce mouvement qui compte : le subscapulaire est à 27 mm du centre et n'a que 10 mm d'excursion en abduction, ce qui est exactement ce qu'on attend d'un muscle dont le métier n'est pas d'abduire.
Les amplitudes affichées à côté de chaque mouvement viennent du barème indicatif d'invalidité annexé au Code de la sécurité sociale9 : ce sont des repères conventionnels d'un texte médico-légal, sans effectif ni écart-type. Quand le barème donne l'amplitude d'un ensemble — 170° pour l'élévation du bras, scapula comprise — la fiche n'anime que la part de l'articulation modélisée et le dit.
C'est la région la mieux étayée de la fiche : la dérivation automatique, le Gray de 1918 et une étude de bras de levier par IRM donnent la même réponse1011.
Moins qu'on ne l'espère, et c'est important à dire avant de prescrire. Dans l'essai GRASP, 708 patients avec une pathologie de coiffe : six séances d'exercice progressif encadrées ne font pas mieux qu'une seule séance de conseils à 12 mois14. Cela ne veut pas dire que l'exercice est inutile — cela veut dire que l'essentiel de son effet ne vient pas du nombre de séances. Voir Épaule, coude, poignet pour les protocoles.
La flexion et la prono-supination se font autour de deux axes différents, et cette distinction explique la plupart des douleurs de coude.
Le biceps apparaît dans les deux mouvements : fléchisseur du coude et supinateur de l'avant-bras. C'est pour cela qu'on teste sa force coude fléchi et main en supination — et qu'une rupture de son chef long se voit surtout sur la supination.
C'est la région où le modèle a le plus buté sur ses limites, et où il le dit.
L'extension de hanche n'a que 20° d'amplitude utile dans le modèle, et les trois extenseurs y varient peu (2 à 7 %). Ce n'est pas une faiblesse du modèle : c'est la raison pour laquelle les exercices d'extension de hanche se font avec une résistance et non en amplitude — on n'a pas de course à parcourir, on a une charge à vaincre.
Le mouvement le plus simple à modéliser, et celui où les rôles sont les plus nets.
Le gastrocnémien médial raccourcit beaucoup à la flexion du genou (−58 % dans le modèle, chiffre à prendre comme un ordre de grandeur) : il croise le genou et la cheville. D'où la règle d'examen : on étire le gastrocnémien genou tendu, et on isole le soléaire genou fléchi.
Un rapport de force déséquilibré, qui explique la fréquence des tendinopathies calcanéennes et la lenteur de leur récupération.
Le point clinique : sur une tendinopathie calcanéenne, on ne fait pas arrêter de courir. Un essai a comparé la poursuite de la course et des sauts sous surveillance de la douleur à six semaines d'arrêt : aucune différence sur la vitesse d'amélioration16. Voir Jambe, cheville, pied.
416 entrées pour 335 entités anatomiques distinctes, filtrables par niveau, par région et par mot. Chaque fiche dit d'où vient ce qu'elle affiche, et sous quelle licence.
Trois niveaux, parce qu'on n'a pas besoin de la même chose selon qu'on révise un examen ou qu'on cherche pourquoi une épaule ne tourne plus :
Pourquoi 416 lignes et non 335. Quand la Terminologia Anatomica découpe un muscle en parties sans les nommer séparément (l'orbiculaire de l'œil et ses trois parties), chaque partie occupe une ligne et porte la mention « partie n sur N ». À l'inverse, une série numérotée (quatre lombricaux de la main) compte pour quatre entités. Le compte d'entités retenu ici — nom latin, à défaut nom français, plus le rang — est une convention parmi d'autres : il est calculé par le constructeur de la page, jamais recopié, mais il n'a pas de valeur canonique. Répondre « combien y a-t-il de muscles ? » par un seul nombre, c'est toujours choisir une convention en silence.
Une précision d'honnêteté : si les 309 autres entrées restent sous CC BY-SA, ce n'est pas parce que le Gray de 1918 ignorerait ces muscles — il en décrit la plupart. C'est que la réécriture depuis le Gray n'a été faite que pour le niveau essentiel, celui qu'on examine et qu'on rééduque. Le reste attend.
Ce que la synthèse la plus récente retient, et la phrase qui dispense d'acheter du matériel.
La prise de position 2026 de l'American College of Sports Medicine est une synthèse de 137 revues systématiques portant sur plus de 30 000 participants ; elle remplace celle de 2009220. Deux réglages ressortent, et un troisième constat qui change la pratique :
Cette dernière ligne mérite d'être citée telle quelle : l'entraînement jusqu'à la fatigue momentanée, le type de matériel, la complexité de l'exercice, la structure des séries, le temps sous tension, l'occlusion vasculaire et la périodisation n'ont pas eu d'impact consistant2. Autrement dit, le débat sur le matériel n'est pas le bon débat : ce qui décide est la charge relative et le volume hebdomadaire.
Une méta-analyse en réseau distingue nettement les deux objectifs : 178 études et 5 097 participants pour la force, 119 études et 3 364 participants pour l'hypertrophie21. La force répond surtout à la charge ; le volume musculaire répond surtout au nombre de séries, avec une relation dose-réponse graduée — chaque série hebdomadaire supplémentaire apporte environ +0,4 % de gain, et l'écart entre volumes hauts et bas dans une même étude vaut +3,9 %22.
L'amplitude complète fait mieux que l'amplitude partielle, sur les deux tableaux (taille d'effet 0,56 pour la force, 0,88 pour l'hypertrophie)2. C'est le réglage le plus rentable et le plus facile à corriger en consultation : descendre complètement.
Le renforcement est associé à une mortalité plus basse — avec un plafond, et une condition.
Une cohorte de 147 374 personnes suivies jusqu'à 30 ans (35 798 décès) trouve une association qui culmine autour de 90 à 119 minutes de renforcement par semaine24 :
Ce que ces chiffres ne sont pas. Des cohortes d'observation, pas des essais : elles ne montrent pas que le renforcement cause cette baisse, et le biais qui menace est connu — qui soulève des poids trois fois par semaine va souvent mieux par ailleurs. La population compte aussi : trois cohortes de professionnels de santé et d'infirmières américains, activité déclarée par questionnaire ; ce n'est ni la population générale, ni la France24.
La condition. Dans une autre cohorte de 216 339 adultes âgés, la musculation n'était pas associée à la mortalité chez ceux qui ne pratiquaient aucune activité d'endurance25. Le renforcement ne remplace pas la marche, le vélo ou la nage : il s'y ajoute. C'est aussi la structure des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, qui demandent les deux26.
Chez la personne âgée, l'enjeu se déplace vers la sarcopénie, dont les seuils diagnostiques sont fixés par le consensus européen EWGSOP227 : c'est la force, mesurable au dynamomètre ou par le test de lever de chaise, qui fait le diagnostic — la masse musculaire ne vient que confirmer.
Et une mise en garde d'emblée : sur ce chapitre précis, la littérature est pauvre.
Ce qui suit est donc présenté pour ce que c'est : consensus de pratique — une manière éprouvée d'augmenter la difficulté sans matériel, dont l'ordre des paliers n'a été validé par aucun essai. Le critère de passage, lui, est tiré des données : passer au palier suivant quand on tient le haut de la fourchette en gardant 2 à 3 répétitions en réserve23.
Pour voir quels muscles travaillent dans ces mouvements, les animations des sections précédentes sont utiles : le pont fessier est une extension de hanche (hanche), la pompe une extension de coude plus une antépulsion d'épaule (coude, épaule).
Ce qu'on peut annoncer à un patient qui commence, et à un patient qui s'arrête.
Les courbatures apparaissent surtout après un travail en allongement inhabituel, culminent vers 24 à 48 heures et cèdent seules. Pour les prévenir, les étirements ne servent pas : la revue Cochrane trouve un effet d'environ un demi-point à un point sur une échelle de 10038 — c'est-à-dire rien de perceptible. Un dernier point qui rassure en consultation : après un exercice excentrique inhabituel chez 203 sujets, 111 avaient une créatine-kinase au-delà de 2 000 U/L au quatrième jour et 51 au-delà de 10 000, sans aucune altération de la fonction rénale ni myoglobinurie visible39. Une CK élevée après une séance inhabituelle n'est pas une rhabdomyolyse.
Où le risque est réel, où il est surestimé, et ce qu'on répond aux questions qu'on nous pose vraiment.
Les mesures intra-artérielles pendant un effort de musculation trouvent des pics élevés — 320/250 mmHg en moyenne à la presse à cuisses bilatérale, un sujet dépassant 480/35040. Mais le résultat vraiment utile est ailleurs : l'ampleur de la réponse tensionnelle dépend du degré d'effort, pas de la force réellement produite41, et la manœuvre de Valsalva devient inévitable au-delà d'environ 80 % de la contraction maximale. Conséquence pratique : dire « pas de charge lourde » ne protège pas, puisqu'un effort maximal avec une charge légère produit la même réponse. Ce qu'on règle, c'est le nombre de répétitions en réserve — et on apprend à souffler pendant l'effort.
L'incidence documentée est de 7 à 8 pour 10 000 personnes-années chez les militaires contre environ 2 pour 10 000 en population civile, avec une insuffisance rénale aiguë dans environ 8 % des cas hospitalisés42. Les situations à risque sont l'effort inhabituel, intense, prolongé, en ambiance chaude, chez un sujet non entraîné — pas la séance de renforcement progressive d'un patient suivi.
Quatre réponses, et l'outil écrit le volume hebdomadaire, les paliers de départ et les zones d'incertitude. Rien n'est envoyé sur internet.
Charger progressivement, tolérer une douleur qui cède, laisser du temps. Puis les exceptions, qui comptent autant que la règle.
Le fond de tous les protocoles qui suivent est le même : charger le tendon ou le muscle, progressivement, sans chercher l'indolence immédiate. Ce qui varie est la charge, le rythme et ce qu'on autorise comme douleur. Et le premier réflexe à désapprendre est l'arrêt : sur une tendinopathie calcanéenne, poursuivre la course et les sauts sous surveillance de la douleur ne ralentit pas la récupération par rapport à six semaines d'arrêt16.
Nuance que les protocoles « douloureux » font souvent oublier : travailler dans la douleur apporte un bénéfice réel mais petit et court — taille d'effet −0,27 (−0,54 à −0,05) à court terme, nul à moyen et long terme, sur 7 essais et 385 patients52. Autrement dit : « avoir mal pendant l'exercice n'est pas un problème » est défendable ; « il faut avoir mal pour guérir » ne l'est pas. Un patient qui travaille à 5 sur 10 pendant douze semaines n'en retirera pas davantage à moyen terme qu'en travaillant sans douleur.
La question n'est pas théorique : c'est la situation ordinaire d'une partie des patients, et prescrire un protocole supervisé qu'ils n'atteindront pas revient à ne rien prescrire. Trois repères, tirés des essais eux-mêmes plutôt que de la débrouille :
Une réserve à ne pas escamoter : ces protocoles ont été testés avec un contact initial — une séance d'explication, souvent une vidéo, parfois un appel de suivi. « Sans kinésithérapeute » ne veut pas dire « sans personne » : le temps d'explication en consultation, lui, n'est pas optionnel, et c'est probablement le facteur le moins également réparti de tous.
Dernier point de méthode, et il explique quelques blancs dans les pages qui suivent : certains essais ne publient pas leurs doses. Quand les séries et les répétitions ne figurent ni dans l'article ni dans une annexe accessible, la fiche écrit « non publié » au lieu d'inventer un « 3 × 15 » d'apparence sérieuse. Quand elles existent — Alfredson, Holmgren, Bahr, le protocole L — elles sont données.
Et le contrepoint, à donner en même temps : la décompression sous-acromiale chirurgicale ne fait pas mieux qu'une arthroscopie factice62, et six séances encadrées ne battent pas une séance de conseils14. Encore faut-il dire ce qu'était cette séance : une heure, même examen initial, avec livret, carnet de suivi, bande élastique fournie et vidéos, et des exercices à faire seul cinq fois par semaine. Ce n'est pas « quinze minutes d'explications » : c'est exactement le genre de support écrit que cette fiche essaie de produire. À noter aussi qui était inclus : épaules non traumatiques, sans luxation, sans fracture, sans rupture transfixiante à opérer et sans maladie neurologique14.
à ne pas faire L'infiltration de corticoïde soulage vite puis nuit : à un an, 83 % de guérisons contre 96 % après injection placebo, avec 54 % de récidives contre 12 %5. L'histoire naturelle est favorable, et l'exercice excentrique des extenseurs du poignet est le traitement de fond retenu63.
La seule région où l'on ne pousse pas dans la douleur. L'étirement passif intensif fait moins bien que la « négligence supervisée » — exercices dans les limites de la douleur et explications — avec 63 % contre 89 % de bons résultats à 24 mois47. En pratique de recours, l'essai UK FROST autorise jusqu'à douze séances de kinésithérapie sur douze semaines, associées à une infiltration64 ; la comparaison des traitements ne dégage pas de vainqueur net65.
preuve très faible Les exercices de glissement tendineux et nerveux sont proposés en complément, mais la certitude est très faible66, et le contenu exact des programmes n'est pas détaillé dans les essais lus67. À l'inverse, l'attelle nocturne et la chirurgie ont, elles, une place documentée : la fiche ne prétend pas que les exercices remplacent l'une ou l'autre.
démontré C'est le domaine où l'exercice est le mieux établi : la revue Cochrane rassemble 249 essais d'exercice et conclut à un effet cliniquement important sur la douleur, avec une certitude modérée55. Aucun type d'exercice ne domine les autres de façon convaincante56 — ce qui est une bonne nouvelle en consultation : on prescrit ce que le patient acceptera de faire.
La recommandation française cadre le reste : rester actif, pas d'imagerie en l'absence de signal d'alarme, et réévaluation entre deux et quatre semaines68. Sur le repos au lit, la revue Cochrane est nette : il ne fait pas mieux que rester actif69. Et sur l'organisation des soins, un essai a montré qu'un modèle de soins stratifié selon le risque améliore les résultats70.
pas de protocole standardisé Il n'existe pas, pour la sciatique, de protocole d'exercice comparable à ceux du tendon : aucune des sources lues ne décrit séries, répétitions ni progression7374. Ce qui est établi concerne le pronostic et la chirurgie : dans un essai de 283 patients avec sciatique sévère depuis six à douze semaines, la chirurgie précoce accélère le soulagement sans changer le résultat à un an75.
démontré C'est le plus beau résultat de cette partie : l'éducation associée à l'exercice bat l'infiltration de corticoïde, à huit semaines et encore à un an4. Nombre de patients à traiter pour un succès : 2 contre l'abstention.
Les exercices en allongement raccourcissent le délai de retour au sport : 28 jours contre 51 chez des footballeurs, 49 contre 86 chez des sprinteurs et sauteurs, avec les rares récidives toutes survenues dans les bras conventionnels7879.
En prévention, l'exercice nordique est souvent annoncé à « −50 % de lésions ». Réanalysé en ne gardant que les essais qui randomisaient réellement cet exercice, le résultat devient non concluant (RR 0,56 ; 0,20-1,52)81 — et il n'est réalisé en totalité que dans 10,7 % des saisons de clubs professionnels82.
démontré Le consensus international est explicite : exercice de la hanche et du genou, pas du genou seul, et pas d'électrothérapie15.
Deux protocoles de référence exigent des machines : la charge lourde et lente de Kongsgaard61 et le programme progressif de Breda60, qui reposent sur la presse à cuisses ou la chaise à quadriceps. Le premier stade de Breda, lui, est reproductible partout : cinq répétitions de 45 secondes de maintien isométrique du quadriceps à mi-course, tous les jours.
Et il existe une alternative testée sans machine : le squat sur une jambe sur un plan incliné à 25°, descente avec la jambe douloureuse et remontée avec l'autre, 3 séries de 15, deux fois par jour, pendant 12 semaines84. Particularité à annoncer au patient : ce protocole est volontairement douloureux (les auteurs demandent une douleur d'au moins 5 sur 10 pendant l'exercice), ce qui n'est pas la règle ailleurs dans cette fiche.
démontré L'exercice réduit la douleur et améliore la fonction85, et il figure en première ligne des recommandations internationales86. Le détail utile, déjà cité plus haut : viser un objectif à la fois, cibler le quadriceps, et au moins trois séances supervisées par semaine si c'est possible49.
D'abord ne pas manquer la fracture : les règles d'Ottawa ont un rapport de vraisemblance négatif de 0,08, ce qui ramène la probabilité de fracture sous 1,4 % quand elles sont négatives (pour une prévalence de 15 %), avec une sensibilité proche de 100 % et une réduction de 30 à 40 % des radiographies inutiles94. La recommandation française de 2025 les reprend avec ses grades par tranche d'âge, et ajoute un outil utile là où l'imagerie n'est pas à portée : « le diapason à 128 Hz et les critères Bernois doivent être utilisés pour déterminer si la radiographie est indiquée, notamment dans un contexte où l'accès à la radiographie n'est pas aisé »95. Ensuite, l'exercice : les trois familles utiles sont le renforcement, la mobilisation articulaire et le travail proprioceptif, avec un effet qui apparaît au-delà de quatre semaines96. Et le résultat inattendu déjà cité : sur la récidive à un an, l'attelle semi-rigide portée en sport fait mieux que l'entraînement neuromusculaire4897.
rien d'étayé à prescrire C'est le point le plus inconfortable de la fiche : pour la douleur tibiale d'effort, aucun traitement n'est exempt de biais, et l'étirement comme le renforcement figurent parmi ce qui n'a pas fait la preuve de son efficacité98. Prescrire un protocole ici serait inventer.
Choisir la situation. Ce qui s'affiche se lit sur deux plans : ce qui vous concerne (preuve, protocole tel qu'il a été testé, population de l'essai) reste à l'écran ; ce que le patient emporte est écrit pour lui, et c'est la seule chose qui s'imprime.
C'est la partie où les croyances les mieux installées tombent le plus vite.
démontré Le renforcement. Sur 26 610 participants, avec une relation dose-effet : plus le volume de renforcement augmente, plus le risque baisse3103. Chez le coureur novice précisément, le seul essai randomisé dédié — 325 participants, 24 semaines, trois bras — trouve un rapport de risque de 0,66 (0,45-0,97) pour le programme hanche et gainage104.
démontré L'adduction de Copenhague pour l'aine : un seul exercice, 41 % de problèmes d'aine en moins76. Et le programme d'échauffement FIFA 11+ réduit les blessures de 39 % — alors que son prédécesseur, le FIFA 11, ne montrait rien105.
| Croyance | Ce que disent les données |
|---|---|
| La règle des 10 % par semaine | Testée dans un essai randomisé de 532 novices : 20,8 % contre 20,3 % de blessés, p = 0,90106. Le seul signal observationnel porte sur un seuil de 30 %, dans un sous-groupe, et n'est pas significatif107. |
| Le rapport charge aiguë / charge chronique | « Aucune preuve ne soutient son usage » : métrique inexacte qui « ajoute du bruit et crée des artefacts »108. La méta-analyse 2025 place son optimum entre 0,8 et 1,3 avec un intervalle de 0,14 à 0,94 — c'est-à-dire rien109. |
| La pronation abîme les genoux | Pas d'association dans une cohorte prospective de coureurs novices110. |
| La chaussure choisie selon la forme du pied | Rate ratio 1,03, certitude modérée : c'est la conclusion ferme de la revue Cochrane111. Aucun type de chaussure ne fait mieux qu'un autre. |
| Les étirements préviennent les blessures | RR 0,96 (0,85-1,10) : le seul bras sans effet de la méta-analyse3. |
Sujet où l'on dit beaucoup de choses sans données. Ce qui est publié : les coureurs novices avec un indice de masse corporelle élevé ralentissent spontanément (environ 1,7 km/h de moins) mais ne raccourcissent pas leurs sorties112 ; dépasser 3 km la première semaine quand l'indice dépasse 30 est associé au risque113 ; l'effet protecteur de l'amorti n'existe que chez les coureurs légers et disparaît chez les plus lourds114 ; et la proportion de blessures du genou est plus basse de 12 à 13 points chez les coureurs en surpoids ou obèses115 — ils se blessent ailleurs, pas moins. Conclusion pratique : cadrer la distance des premières semaines, pas l'allure, et ne pas promettre qu'une chaussure amortie protégera.
Huit localisations sont à haut risque de complication et changent la conduite : col fémoral versant tension, patella, crête antérieure du tibia, malléole médiale, talus, naviculaire, base du cinquième métatarsien, sésamoïdes101. Devant l'une d'elles : imagerie, décharge, avis. Ailleurs, le repos relatif indolore suffit le plus souvent, avec un bon pronostic.
Ce que la fiche ne peut pas donner : aucun critère de reprise de la course chiffré et validé n'existe, pour aucune localisation. La formulation la plus honnête est celle du consensus ischio-jambiers : progression pilotée par la capacité et les symptômes, indolore pour le sprint, sans calendrier imposé116.
La revue systématique de référence (22 études) conclut qu'il n'y a « aucune preuve forte soutenant ou réfutant l'association » pour la plupart des facteurs examinés, et qu'il existe une preuve modérée contre l'association avec les amplitudes de rotation, la nage de spécialité, la fréquence d'entraînement, le sexe, l'âge et la taille12. Le seul facteur modifiable retenu est l'endurance de force des muscles postérieurs de l'épaule. Or les programmes de renforcement améliorent la force et le rapport rotateurs externes/internes au-delà de douze semaines sans diminution démontrée de la douleur117 : plausible, non prouvé. À dire au nageur tel quel.
Cadre de repérage utile, mais à ne pas manier comme un diagnostic : la disponibilité énergétique est « impossible à mesurer avec assez de précision sur le terrain », le raisonnement diagnostique officiel est circulaire et la causalité n'est pas démontrée118. Ce qui reste : devant une fracture de contrainte, une aménorrhée, une fatigue inexpliquée ou une perte de performance chez un sportif, on cherche un apport insuffisant — sans se croire autorisé à en faire une étiologie.
Chez les patients, chez les sportifs, et quelques-unes chez nous.
Ce qui fait arrêter l'auto-exercice et demander un avis. Avec le délai quand il est sourcé — et dit comme proposition quand il ne l'est pas.
| Situation | Délai | Source |
|---|---|---|
| Douleur osseuse inexpliquée chez un mineur | 48 h | Radiographie « très urgente » dans les 48 heures ; l'avis spécialisé dans les 48 heures n'est dû que si la radiographie évoque un sarcome6 |
| Suspicion de syndrome de la queue de cheval | 4 h | IRM en urgence, filière nationale dédiée7 |
| Suspicion d'infection disco-vertébrale | 72 h | Recommandation française 2022123 |
| Suspicion de syndrome de loge | 30 min | Évaluation dans les 30 minutes, décision chirurgicale dans l'heure124 |
| Lombalgie commune sans signe d'alarme | 2 à 4 sem. | Réévaluation, pas d'imagerie d'emblée68 |
Code couleur : rouge = délai issu d'une recommandation ou d'un texte officiel ; gris = proposition de la fiche, non sourcée. Tous les délais de ce tableau sont rouges : ce sont les seuls que la fiche a trouvés sourcés.
Citer un rapport de vraisemblance sans donner les critères qui le produisent rend le chiffre inutilisable. Voici donc les critères, tels que les articles les énoncent.
| Règle | Critères | Ce qu'elle vaut |
|---|---|---|
| Ottawa, cheville | Douleur de la région malléolaire et l'un des trois : douleur osseuse au bord postérieur ou à la pointe d'une malléole ; impossibilité de prendre appui immédiatement et à l'examen (quatre pas) ; âge de 55 ans ou plus (version de dérivation)125126 | Rapport de vraisemblance négatif 0,08 ; sensibilité proche de 100 % ; 30 à 40 % de radiographies évitées94 |
| Ottawa, médio-pied | Douleur du médio-pied et l'un des trois : douleur osseuse du naviculaire ; douleur osseuse de la base du cinquième métatarsien ; impossibilité de prendre appui126 | Rapport de vraisemblance négatif 0,08 ; chez l'enfant 0,0794 |
| Ottawa, genou | Cinq items : âge 55 ans ou plus ; douleur de la tête de la fibula ; douleur isolée de la patella ; impossibilité de fléchir à 90° ; impossibilité de prendre appui immédiatement et à l'examen (quatre pas)127 | Un seul item présent suffit à indiquer la radiographie |
| Cheville : ce que dit la recommandation française | Ottawa recommandé de 18 à 65 ans (grade A), de 5 à 17 ans (B), après 65 ans (C). Et, si un critère d'Ottawa est positif : « le diapason à 128 Hz et les critères Bernois doivent être utilisés pour déterminer si la radiographie est indiquée, notamment dans un contexte où l'accès à la radiographie n'est pas aisé » (accord d'experts)95 | Utile en zone sous-équipée |
| Coiffe : les tests qui comptent | Ce n'est pas la provocation de douleur qui informe le plus, mais le déficit actif : le patient ne tient pas la position dans laquelle on place son bras (« lag tests »)13 | Lag test en rotation externe positif : LR+ 7,2 (1,7-31) ; en rotation interne positif : LR+ 5,6 (2,6-12) ; normal : LR− 0,04, le meilleur test pour écarter une rupture transfixiante. Réserve des auteurs : tous ces gestes ont été faits par des spécialistes, la transposition en soins primaires est inconnue |
| Sarcopénie : les seuils | Force de préhension au dynamomètre, ou test des cinq levers de chaise27 | Préhension < 27 kg chez l'homme, < 16 kg chez la femme ; cinq levers de chaise en plus de 15 secondes |
| Signe | Ce qu'il fait craindre | Ce qu'on en sait |
|---|---|---|
| Anesthésie en selle, troubles sphinctériens récents, déficit moteur progressif | Syndrome de la queue de cheval | Urgence, IRM immédiate ; la filière nationale britannique fournit même une carte d'information au patient à qui l'on renvoie chez lui avec une surveillance7 |
| Antécédent de cancer | Métastase vertébrale | Le seul drapeau rouge dont la probabilité après test est réellement élevée dans la revue de référence120 |
| Fièvre, immunodépression, toxicomanie intraveineuse, geste rachidien récent | Infection disco-vertébrale | La fièvre manque une fois sur deux : son absence ne rassure pas123 |
| Traumatisme, corticothérapie prolongée, âge avancé | Fracture vertébrale | Combinaison de facteurs plus informative qu'un signe isolé120 |
Deux règles validées permettent de décider d'une imagerie après traumatisme : la règle canadienne du rachis cervical et les critères NEXUS. En dehors du traumatisme, la recommandation britannique liste les signes qui doivent faire suspecter une compression médullaire128, et un regroupement de signes d'insuffisance vertébro-basilaire a été proposé, avec ses rapports de vraisemblance129. À ne pas attribuer au cadre international de l'IFOMPT une formule (« 5 D et 3 N ») qui n'y figure pas.
Le consensus de Doha, qui structure la sémiologie de l'aine du sportif, comporte une colonne « à ne pas manquer »130 : fracture de contrainte du col fémoral (versant tension, à haut risque101), nécrose de la tête fémorale, arthrite septique, tumeur osseuse, hernie étranglée, pathologie urogénitale ou digestive projetée. Une douleur d'aine qui réveille la nuit, qui s'aggrave à la mise en charge ou qui empêche l'appui n'est pas une pubalgie d'entraînement.
Après traumatisme, les règles d'Ottawa du genou et de la cheville décident de la radiographie94131, et la recommandation française de 2025 reprend celles de la cheville avec des grades par tranche d'âge95. Pour le genou non traumatique, la fiche doit avouer une lacune : aucune liste de drapeaux rouges sourcée n'a pu être constituée.
À la jambe, le piège est la fracture de contrainte prise pour une périostite : le critère des « moins de 5 cm » est circulaire, et il faut se fier au site (crête antérieure du tibia à haut risque101), au saut monopodal douloureux et aux signes de gravité décrits sur les grades d'imagerie99132.
À l'épaule, quatre signes sont sourcés — déficit de force franc évoquant une rupture massive, avec les rapports de vraisemblance des tests de « lag »13, atteinte neurologique, signes généraux évoquant une tumeur ou une infection6 — et trois manquent, notamment la cause cardiaque projetée, pour laquelle aucune source exploitable n'a été trouvée. Au poignet, la fracture du scaphoïde reste le diagnostic à ne pas manquer, avec la valeur diagnostique connue de l'examen initial133134. Au coude, aucun drapeau rouge régional sourcé : c'est écrit comme tel plutôt que comblé.
134 références citées. Ce que vous lisez plus haut ne vaut que par ce que dit cette section.
Comment cette page a été écrite. Sujet, besoin clinique et cahier des charges : Dr Michaël Rochoy. Rédaction et recherche des sources assistées par une intelligence artificielle, selon un protocole de vérification automatique : cinq dossiers de sources constitués séparément (myologie de référence, renforcement, pathologies et protocoles, drapeaux rouges, sport), chaque identifiant PubMed résolu un par un sur sa notice officielle, chaque chiffre recopié du résumé ou du texte intégral lu, et la bibliographie ci-dessous reconstruite automatiquement depuis PubMed. Aucune relecture humaine indépendante à ce jour.
Ce qui n'est pas cité, par règle. Ni EMC, ni AKOS, ni UpToDate. Ces traités ont servi de carte pour remonter aux sources primaires, qui sont seules citées.
Les modèles 3D. Maillages BodyParts3D, © The Database Center for Life Science, licence Creative Commons Attribution-Partage dans les mêmes conditions 2.1 Japon8 : les modèles dérivés de cette fiche restent sous cette licence. Les axes articulaires, les attaches musculaires et les trajets sont calculés sur ces maillages, jamais saisis à la main ; la méthode et ses neuf versions successives sont documentées dans le dossier de travail. Le constructeur refuse d'écrire un mouvement dont un agoniste s'allongerait, dont un trajet sauterait d'un angle au suivant ou dont une attache flotterait à plus de 8 mm de l'os — ce garde-fou a bloqué huit cas, tous corrigés ou déclarés non modélisables.
Le dictionnaire des muscles. Nomenclature latine de la Terminologia Anatomica, dont le texte précise que ses termes individuels sont dans le domaine public17 ; descriptions des 81 muscles du niveau essentiel réécrites en français depuis le Gray de 1918, domaine public10 (73 entièrement, 8 partiellement, aucune absente) — un contrôle par tirage au sort de huit entrées a retrouvé le passage d'origine dans les huit cas, avec deux corrections de formulation.
Attribution des champs sous licence libre. Les champs origine, insertion, innervation et action des entrées non réécrites depuis le Gray proviennent de l'article List of skeletal muscles of the human body, par les contributeurs de Wikipédia, Wikipédia en anglais, version du 17 avril 2026 (oldid 1349360120)18, sous licence Creative Commons Attribution — Partage dans les mêmes conditions 4.0 International19. Œuvre modifiée : séries numérotées éclatées une ligne par muscle avec leur rang, appariement à la nomenclature latine de la Terminologia Anatomica, champs normalisés, colonnes artère et antagoniste écartées, aucune traduction. Ces champs concernent 309 des 416 entrées (249 sous cette seule licence, 60 mêlées au Gray) et, conformément à la clause de partage à l'identique, eux et leurs adaptations ne peuvent être rediffusés que sous CC BY-SA 4.0. La traçabilité de cette version a été vérifiée : rejouer l'extracteur sur le wikitexte de l'oldid 1349360120 reproduit le tableau de travail à l'identique.
Les amplitudes articulaires viennent du barème indicatif d'invalidité annexé au Code de la sécurité sociale9. C'est un texte médico-légal : ses valeurs sont des repères conventionnels, sans effectif, sans écart-type, sans distinction d'âge ni de sexe. L'étude de goniométrie qui donnerait cette dispersion est payante et n'a pas été lue. Enfin, Légifrance refusant l'accès automatisé, ces valeurs ont été relevées sur un miroir : à revérifier sur Légifrance avant réutilisation.
Réserves sur la 3D, en clair. Un seul sujet adulte, donc aucune variabilité. Les muscles ne se déforment pas : seuls les os bougent. Les variations de longueur affichées sont celles du modèle, et pour un muscle court très proche de l'axe elles sont exagérées (l'anconé y perd 86 % de sa longueur, ce qu'aucun muscle ne fait) : ces cas sont marqués. Les bras de levier du modèle à l'épaule ont été confrontés à une mesure par IRM chez 20 sujets vivants1 : écart de −1,6 mm pour le supra-épineux, −0,1 pour l'infra-épineux, mais +4,4 et +3,8 mm pour le petit rond et le subscapulaire. Bon ordre de grandeur, dispersion trois fois trop large. Et cette confrontation ne vaut que pour l'épaule : les distances à l'axe affichées au coude, à la hanche, au genou et à la cheville n'ont été comparées à aucune mesure externe. Elles sont cohérentes entre elles et avec l'anatomie, ce qui n'est pas une validation — à lire comme des ordres de grandeur du modèle, non comme des bras de levier mesurés.
Ce qui manque, et qu'il faudra combler.
Deux chiffres corrigés en cours de route, pour mémoire : le pronostic de l'aponévrosite plantaire souvent cité comme « 50 % à 10 ans » est en réalité de 45,6 % à 10 ans (50,0 % étant la valeur à 5 ans)92, et la douleur résiduelle « 40 % à 2 ans » est de 42 %93. Les deux venaient d'une source de seconde main qui mélangeait deux lignes d'un même tableau.