Le traitement hormonal de la ménopause (THM) a été enterré par la WHI en 2002, puis réhabilité par la notion de « fenêtre d'opportunité ». Bien posé — estradiol transdermique + progestérone, au bon moment — c'est le traitement le plus efficace des bouffées de chaleur, avec un profil de risque maîtrisable. Chaque chiffre est rattaché à sa source primaire.
Le diagnostic est clinique. Avant de parler traitement, trois situations à distinguer car elles changent la conduite.
Le THM traite des symptômes qui altèrent la qualité de vie ; ce n'est pas un traitement préventif systématique de la cinquantaine.
C'est la clé de lecture de toute la littérature : le rapport bénéfice/risque dépend de l'âge et de l'ancienneté de la ménopause au moment où l'on commence.
Cocher les antécédents présents. Une seule case = THM systémique contre-indiqué (l'estrogène local vaginal, lui, reste souvent possible — section 10).
Pas de biologie systématique en l'absence de facteur de risque — surtout pas de dosage hormonal.
Réglez le profil : l'outil propose le schéma préférentiel (voie, estrogène, progestatif, rythme). Le socle reste partout le même — estradiol transdermique ± progestérone.
Le schéma préférentiel français et international : 17β-estradiol transdermique + progestérone micronisée (ou dydrogestérone)4. Deux choix de molécule comptent vraiment : la voie de l'estrogène et le type de progestatif.
| Progestatif | Dose | Risque sein (E3N) | Statut THM |
|---|---|---|---|
| Progestérone micronisée (Utrogestan) | 100–200 mg ≥ 12 j/mois | RR 1,00 (0,83–1,22) | Préférentiel |
| Dydrogestérone (Duphaston) | 10 mg ≥ 12 j/mois | RR 1,16 (0,94–1,43) | Préférentiel |
| DIU au lévonorgestrel | 52 mg | données limitées | Alternative |
| Chlormadinone, cyprotérone, nomégestrol, médrogestone | — | accru | À ne pas utiliser en THM |
| Tibolone | — | accru | N'a plus sa place |
Le THM n'est ni miracle ni poison : un bénéfice symptomatique net, des risques réels mais modestes et dépendants de la voie et de la molécule.
| Risque | Estrogène seul | Estro-progestatif | Modulateur |
|---|---|---|---|
| Cancer du sein14 | RR 1,33 | RR 1,9–2,3 | moindre avec progestérone micronisée / dydrogestérone12 |
| MTEV | accru (oral) | accru (oral) | neutre par voie transdermique910 |
| AVC | HR 1,39 (oral)15 | HR 1,41 (oral)7 | neutre si transdermique ≤ 50 µg11 |
| Coronaropathie | neutre/protecteur si fenêtre15 | ↑ si initiation tardive7 | favorable si début < 60 ans / < 10 ans5 |
| Cancer de l'endomètre | ↑ si sans progestatif | prévenu par le progestatif | → progestatif obligatoire si utérus |
Sujet français majeur (alertes ANSM / EPI-PHARE). À bien distinguer : les progestatifs du THM ne sont pas ceux qui posent problème.
Sécheresse vaginale, dyspareunie, troubles urinaires : 50–70 % des femmes ménopausées, très sous-traité. Souvent isolé — et il ne relève pas du THM systémique.
En cas de contre-indication, de refus ou de réponse insuffisante. Aucune n'égale l'efficacité du THM, mais certaines sont utiles.
| Traitement | Dose | Niveau de preuve | À savoir |
|---|---|---|---|
| Fézolinétant (Veoza) — antagoniste NK3 | 45 mg/j | élevé (SKYLIGHT)21 | non remboursé ; bilan hépatique avant puis à 3/6/9 mois (alerte ANSM). CI : insuffisance hépatique, inhibiteurs CYP1A2. |
| Venlafaxine (IRSNa) | 37,5–75 mg/j | modéré22 | off-label ; compatible avec le tamoxifène. |
| Paroxétine (ISRS) | 7,5–20 mg/j | modéré23 | off-label en France ; CI avec le tamoxifène (inhibe le CYP2D6). |
| Gabapentine | 300–900 mg/j | modéré24 | utile sur les bouffées nocturnes / le sommeil. |
| Clonidine | 0,1 mg ×2/j | faible24 | tolérance médiocre (hypotension). |
| Phytoestrogènes (isoflavones, actée) | — | faible25 | pas de bénéfice clair ; prudence après cancer du sein. |
La thérapie cognitivo-comportementale a un effet démontré sur les bouffées, le sommeil et l'humeur — seule ou en association.
Sept croyances tenaces, et ce que dit la preuve.
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Pour le lecteur curieux : comment le THM est passé de panacée à poison puis à traitement raisonné, et pourquoi la ménopause existe.
Cesser de se reproduire des décennies avant de mourir est rarissime dans le règne animal — on ne le connaît bien que chez l'humain et quelques cétacés (orques, globicéphales). Pourquoi la sélection a-t-elle favorisé un tel arrêt ? Deux hypothèses, non exclusives.