En France, environ une femme sur six a des fuites d'urine (davantage avec l'âge), un homme âgé sur cinq à sur trois,12 et, dans une enquête française, deux femmes concernées sur trois n'avaient pas consulté pour cela.3 Pourtant, chez la majorité, quelques questions, un examen simple et un calendrier des mictions suffisent à poser le type de fuite et à proposer un traitement efficace sans aucun examen spécialisé. Cette fiche donne l'orientation en deux minutes, chaque test décrit et chiffré, les scores calculés, la rééducation et où la trouver, les médicaments et leurs pièges, la chirurgie, et ce que personne n'explique : comment choisir et faire financer les protections.
Dix points à retenir, puis le parcours selon la situation. Chaque point renvoie à la section qui le détaille et le source.
| Situation | Première ligne | Ensuite |
|---|---|---|
| Femme, fuites à l'effort | Rééducation périnéale supervisée ≥ 3 mois ; « serrer avant de tousser » ; poids si IMC > 30 (14, 13) | Pessaire ou dispositif (16) ; avis chirurgical (20) |
| Urgenturie (femme ou homme) | Rééducation vésicale ≥ 6 semaines, technique contre l'urgence, caféine (14, 13) | Médicament selon le terrain (18) ; si le traitement médicamenteux échoue malgré un changement de molécule, toxine ou neuromodulation (19) |
| Incontinence mixte | Traiter d'abord la composante qui gêne le plus, avec les deux rééducations5 | Selon la composante restante |
| Homme après prostatectomie | Exercices du périnée expliqués à tous ; kinésithérapeute selon le besoin ; les séances individuelles systématiques n'ont pas fait mieux que les conseils dans l'essai MAPS23 | Urologue si persistance à 1 an ou fuites sévères à 6 mois : bandelette ou sphincter artificiel (21) |
| Homme, jet faible et vessie qui reste pleine | Résidu post-mictionnel ; pas d'antimuscarinique en cas de rétention (18) | Urologue si résidu > 200 mL (02) |
| Après un accouchement | Rééducation si les fuites persistent à 3 mois : sage-femme, ou kinésithérapeute à partir du 90e jour, prise en charge à 100 %242526 | Comme la femme qui fuit à l'effort (24) |
| Personne âgée, troubles cognitifs, EHPAD | Causes transitoires et médicaments d'abord ; mictions incitées ; prudence anticholinergique (22) | Protections adaptées, peau, aidants (17) |
| Maladie neurologique | Protéger les reins : résidu, suivi spécialisé, autosondage si besoin (23) | Médecine physique et de réadaptation, neuro-urologie |
Le NICE demande de classer l'incontinence dès la première consultation (effort, urgenturie ou mixte) et de commencer le traitement sur cette base, en visant d'abord la composante prédominante quand elle est mixte.5 Cet outil enchaîne les trois gestes : les signes d'alerte de la section 02, les trois questions du 3IQ et l'indice de sévérité de Sandvik (section 04, section 05).
Chez l'homme, ces trois questions (3IQ) n'ont été validées que chez la femme : l'orientation reste indicative.
La plupart des incontinences se prennent en charge en ville avec un bilan simple. Quelques signes imposent un avis ou un examen avant tout traitement : on les cherche à chaque consultation, chez la femme comme chez l'homme.
| Signe | Ce qu'il peut cacher | Conduite |
|---|---|---|
| Rétention aiguë : impossibilité d'uriner, vessie tendue et douloureuse | Obstacle (prostate), médicament, constipation, cause neurologique | Drainage vésical en urgence.28 Porteur d'un sphincter urinaire artificiel : jamais de sonde sans désactivation préalable, urologue de garde ou urgences (section 21).2936 |
| Toute hématurie sans infection | Tumeur, calcul | Avis urologique, quel que soit l'âge.6 Les seuils qui suivent sont ceux de l'adressage rapide en filière cancer du NICE. |
| Hématurie visible à 45 ans ou plus, sans infection, ou qui persiste ou revient après traitement d'une infection | Cancer de la vessie ou du rein | Adressage rapide à l'urologue (filière cancer).37 |
| Hématurie microscopique à 60 ans ou plus, avec brûlures mictionnelles ou leucocytes sanguins élevés | Cancer de la vessie | Même filière.37 |
| Infections urinaires récidivantes ou persistantes inexpliquées | Tumeur, calcul, résidu, fistule | Avis (non urgent après 60 ans) ; cystoscopie possible.62737 |
| Douleur vésicale ou urétrale persistante, douleur pelvienne associée aux fuites | Cystite interstitielle, tumeur, calcul, complication d'une bandelette | Avis spécialisé.5638 |
| Vessie palpable après la miction, difficulté à vider, résidu post-mictionnel au-dessus de 200 mL | Rétention chronique avec fuites par regorgement | Avis urologique.52738 Créatininémie (section 07). |
| Fuite permanente, jour et nuit, sans effort ni envie | Fistule (après chirurgie, radiothérapie ou accouchement) | Avis urologique ou gynécologique.56 |
| Troubles sensitifs du périnée, perte de la sensation du passage des urines ou des selles, incontinence récente | Atteinte neurologique (moelle, queue de cheval, sclérose en plaques…) | Urgence, imagerie le jour même, si elle est récente (apparue en quelques jours ou semaines) (section 23) ; sinon avis neuro-urologique.5627 |
| Masse pelvienne ou abdominale | Fibrome, kyste, tumeur, globe | Imagerie et avis.5 |
| Incontinence anale associée | Lésion sphinctérienne, cause neurologique | Avis spécialisé.5 |
| Antécédent de chirurgie de l'incontinence, de chirurgie pour cancer pelvien, de radiothérapie pelvienne | Complication, fibrose, fistule | Avis spécialisé.56 |
| Énurésie apparue à l'âge adulte | Rétention à haute pression, hyperactivité vésicale, cause neurologique | Avis.639 |
| Protéinurie persistante | Néphropathie | Bilan rénal.38 |
| Situation | Interlocuteur habituel |
|---|---|
| Homme (presque toutes les situations), hématurie, rétention, cancer suspect | Urologue |
| Incontinence d'effort à opérer, prolapsus, complication de bandelette, fistule | Urologue ou gynécologue formé à la pelvi-périnéologie (« urogynécologue ») |
| Maladie neurologique, vessie neurologique | Médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) ou neuro-urologue (section 23) |
| Personne âgée fragile, troubles cognitifs, polymédication, chutes | Gériatre (section 22) |
| Incontinence anale associée | Proctologue ou gastro-entérologue |
| Rééducation | Kinésithérapeute ou sage-femme (section 15) |
Répartition d'usage, qui dépend de l'offre locale : aucune des recommandations lues ne la fixe.
Le type d'incontinence (effort, urgence, mixte) se diagnostique à l'interrogatoire. L'examen confirme la fuite, cherche un globe, un prolapsus, une fistule ou un signe neurologique, et évalue les muscles du périnée.
| Thème | Question concrète | Ce que ça oriente |
|---|---|---|
| Fuite à l'effort | « Fuyez-vous quand vous toussez, éternuez, riez, sautez, portez une charge, changez de position ? » | Incontinence d'effort.27 |
| Envie pressante | « Avez-vous des envies si fortes que vous ne pouvez pas attendre ? Fuyez-vous avant d'arriver aux toilettes ? » | Urgenturie et incontinence par urgenturie. La fuite liée à l'envie pressante est l'élément le plus utile au diagnostic.40 Ne pas confondre avec une pollakiurie de précaution (uriner souvent « au cas où »).27 |
| Fuite sans effort ni envie | « Fuyez-vous sans rien sentir, en marchant, en vous levant, en permanence ? » | Fistule, regorgement, insuffisance sphinctérienne (section 02).6 |
| Fréquence et quantité des fuites | « Combien de fois par jour ou par semaine ? Quelques gouttes, un petit jet, ou tout part ? » | Sévérité (indice de Sandvik, section 05).3341 |
| Protections | « Portez-vous une protection en dehors des règles ? Laquelle, combien par jour ? Changez-vous de sous-vêtements ? » | Nombre approximatif de fuites et retentissement.27 |
| Mictions de jour et de nuit | « Combien de fois urinez-vous dans la journée ? Combien de fois vous levez-vous la nuit pour uriner ? » | Pollakiurie, nycturie ; à objectiver par le catalogue (section 06).27 |
| Vidange | « Devez-vous pousser ? Le jet est-il faible, haché ? Avez-vous l'impression de mal vider ? Des gouttes après vous être rhabillé ? » | Dysurie, obstacle, vessie qui se contracte mal, regorgement ; chez l'homme, gouttes retardataires.2735 |
| Brûlures, sang, douleur | « Avez-vous des brûlures, du sang dans les urines, une douleur ? » | Infection, tumeur, calcul.27 |
| Soif, œdèmes | « Buvez-vous beaucoup ? Avez-vous les jambes gonflées le soir ? » | Diabète, hypercalcémie, insuffisance cardiaque ou veineuse (urines nocturnes).27 |
| Transit | « Êtes-vous constipé ? Perdez-vous des gaz ou des selles ? » | Constipation, fécalome, incontinence anale associée.527 |
| Sexualité | « Les rapports sont-ils douloureux, le vagin sec ? » ; chez l'homme : troubles de l'érection. | Atrophie vulvo-vaginale ; chez l'homme, motif d'envisager PSA et toucher rectal.2737 |
| Prolapsus | « Sentez-vous une boule, une pesanteur dans le vagin ? » | Prolapsus à chercher à l'examen.27 |
| Grossesses, accouchements | Nombre d'enfants, voie basse, forceps, ventouse, déchirure ; énurésie dans l'enfance. | Facteurs de risque (trois enfants ou plus, traumatisme obstétrical).27 |
| Chirurgies, irradiation | Hystérectomie, chirurgie de l'incontinence ou du prolapsus, radiothérapie pelvienne ; chez l'homme, prostatectomie, résection de prostate. | Facteur de risque ou motif d'avis (section 02).52227 |
| Neurologie, diabète | Sclérose en plaques, Parkinson, AVC, lombosciatique, neuropathie diabétique. | Vessie neurologique (section 23).27 |
| Cognition, humeur, mobilité | Confusion, dépression, troubles cognitifs, difficultés à se déplacer ou à se déshabiller. | Incontinence « fonctionnelle » (section 22).27 |
| Médicaments | Diurétiques, alpha-bloquants, antidépresseurs imipraminiques, antipsychotiques, antiparkinsoniens, antihistaminiques, morphiniques, décongestionnants nasaux, hypnotiques et anxiolytiques. | Cause iatrogène, surtout en cas de polymédication (section 18).27 |
| Boissons | Volume, répartition dans la journée, café, alcool. | Erreurs hygiéno-diététiques (section 13).27 |
| Toux chronique, poids | Bronchite chronique, tabac, surpoids. | Facteurs aggravants.27 |
| Gêne et attentes | « Qu'est-ce qui vous gêne le plus ? Qu'avez-vous arrêté de faire ? Que seriez-vous prêt(e) à faire ? » | Retentissement ; décision partagée.27 |
Une incontinence de début brutal, présente depuis moins de 6 semaines, est souvent réversible.38 Le moyen mnémotechnique anglais DIAPPERS, issu de Resnick et Yalla (1985), liste les causes à corriger avant de parler d'incontinence établie.38 Le détail chez la personne âgée est en section 22.
| Lettre | Cause | À faire |
|---|---|---|
| D | Delirium : confusion aiguë | Traiter la cause ; mesurer le résidu (une rétention peut se révéler par une confusion). |
| I | Infection urinaire aiguë | Bandelette (test 4.9). |
| A | Atrophie vaginale (« vaginite atrophique ») | Voir la nuance ci-dessous. |
| P | Pharmaceuticals : médicaments | Revoir l'ordonnance. |
| P | Psychological : troubles psychiques, surtout dépression | Dépister, traiter. |
| E | Excess urine output : excès de diurèse (hyperglycémie…) | Glycémie, apports, horaire des diurétiques, catalogue (section 06). |
| R | Restricted mobility : mobilité réduite, ou rétention réversible (d'origine médicamenteuse…) | Aménager l'accès aux toilettes ; mesurer le résidu. |
| S | Stool impaction : fécalome | Toucher rectal, traiter la constipation. |
Liste lue dans Khandelwal et Kistler 2013, qui la reprend de Resnick et Yalla (N Engl J Med 1985) ; l'article original de Resnick n'a pas été relu ici (pas d'abstract en ligne).38
Chaque test est décrit pour être fait demain : préparation, geste, ce qui est positif, ce qu'il teste, ce qu'il vaut. Les autres sections renvoient ici.
| Test | À faire ? | Valeur diagnostique |
|---|---|---|
| Questions simples (interrogatoire) | Toujours | Effort : LR+ 2,2, LR− 0,39. Urgenturie : LR+ 4,2, LR− 0,48.40 |
| 3IQ (3 questions) | Oui, en soins primaires | Urgenturie : LR+ 3,29, LR− 0,32. Effort : LR+ 2,13, LR− 0,24.7 |
| Test à la toux | Oui | LR+ 3,1, LR− 0,36.40 |
| Évaluation clinique complète | — | Effort : LR+ 3,7, LR− 0,20. Urgenturie : LR+ 2,2, LR− 0,63.40 |
| Bonney, Marshall | Non | Agissent en écrasant l'urètre ; ne prédisent rien de fiable.54647 |
| Q-tip test | Non | Se 90 % mais Sp faible ; n'ajoute rien à l'examen.54849 |
| Pad test | Pas en routine ; pour quantifier | 1 h : peu reproductible ; 24 h : seuil 4,4 g.5650 |
| Testing périnéal | Oui, avant la rééducation | Reproductibilité passable (kappa 0,37).551 |
| Résidu post-mictionnel | Selon le contexte | Pas de seuil consensuel.652 |
| Bandelette urinaire | Oui | Infection : Se 29 %, Sp 99 % (LR+ 29, LR− 0,72, calc.).53 |
LR de l'interrogatoire et du test à la toux : valeurs résumées de la revue JAMA « Rational Clinical Examination » (40 études, femmes). Seul l'abstract a été accessible ; le détail symptôme par symptôme n'a pas pu être lu. Les données manquent chez l'homme.40
| Ce que c'est | Demander si la fuite survient à l'effort (toux, éternuement, rire, sport) ou avec une envie pressante. |
|---|---|
| Valeur | Fuite à l'effort : LR+ 2,2 ; LR− 0,39. Fuite avec envie pressante : LR+ 4,2 ; LR− 0,48. C'est l'élément le plus utile pour l'incontinence par urgenturie.40 |
| Version standardisée | Le 3IQ (calculateur, section 05).7 |
| Limite | Le type d'incontinence est un diagnostic d'interrogatoire qui ne dit rien du mécanisme.27 |
| Préparation | Vessie contenant 200 à 400 mL.44 En pratique : demander de venir sans avoir uriné depuis une à deux heures, ou faire boire ; noter le volume s'il est connu (échographie, remplissage). |
|---|---|
| Position | Couchée en position gynécologique, lèvres écartées. Si le test est négatif couchée, le refaire debout, jambes écartées, au-dessus d'une alèse ou avec une protection.3844 |
| Geste | Faire tousser fort, 1 à 4 fois, en regardant directement le méat urétral.44 Demander de ne pas serrer le périnée.38 |
| Positif si | Une fuite part du méat en même temps que la toux et s'arrête avec elle.3844 |
| Piège | Une fuite qui survient 5 à 15 secondes après la toux évoque une contraction de la vessie déclenchée par la toux (hyperactivité), pas une incontinence d'effort.38 |
| Ce que ça teste | La capacité de l'urètre et du plancher à rester fermés quand la pression abdominale monte : c'est le signe d'incontinence d'effort. |
| Valeur | Positif : LR+ 3,1 ; négatif : LR− 0,36.40 Contre l'urodynamique, sur 55 femmes : Se 90 %, Sp 80 % (LR+ 4,5, LR− 0,13, calc.).54 Même résultat à une à quatre semaines d'intervalle chez 90 % des femmes.55 |
| Faux négatifs | Vessie trop vide, toux trop faible, périnée contracté, gros prolapsus qui coude l'urètre.38 Un test négatif n'élimine pas l'incontinence d'effort.27 |
| Prolapsus | Refaire le test après avoir réduit le prolapsus (valve, compresse, pessaire) : une fuite qui n'apparaît qu'alors est une incontinence « masquée », à chercher avant toute chirurgie du prolapsus.2741 |
| Chez l'homme | Même geste, debout. Les données de validité viennent presque toutes de femmes.40 |
| Geste classique | Après une toux qui fait fuir, l'examinateur place deux doigts (Bonney) ou deux pinces (Marshall) dans le vagin, de chaque côté du col de la vessie, pour le soutenir sans comprimer l'urètre, et refait tousser. L'arrêt de la fuite était censé prédire le succès d'une chirurgie de soutènement. Description classique : les articles lus discutent le mécanisme et la valeur, pas le détail du geste.5657 |
|---|---|
| Pourquoi abandonnées | Les études urodynamiques montrent que la manœuvre arrête la fuite en écrasant l'urètre, et non en le replaçant.4647 Elle ne distingue pas l'insuffisance sphinctérienne de l'instabilité vésicale.47 Une revue française reconnaît l'absence de preuve formelle, malgré deux études favorables (valeur prédictive positive de 96 à 100 % pour la bandelette).56 |
| Recommandation | Ne pas utiliser les tests de Bonney et de Marshall (ni le Q-tip ni le « Fluid-Bridge ») dans l'évaluation de l'incontinence.5 |
| Geste | Position gynécologique ; un coton-tige stérile lubrifié (gel anesthésique) est introduit dans l'urètre jusqu'au col vésical ; on mesure l'angle de sa tige par rapport à l'horizontale, au repos puis en poussée. |
|---|---|
| Positif si | Déplacement d'au moins 30° : hypermobilité urétrale.5859 |
| Ce que ça teste | La mobilité de l'urètre, liée au défaut de soutien de la paroi vaginale antérieure, pas le diagnostic urologique.60 |
| Valeur | Positif chez plus de 90 % des incontinences d'effort, mais aussi chez plus d'un tiers des hyperactivités vésicales et près de la moitié des femmes avec un trouble de la statique sans incontinence : spécificité faible.48 N'ajoute rien à l'interrogatoire et à l'examen.49 Accord de 57 % seulement entre deux mesures quand l'angle est entre 21 et 49°.59 |
| Inconfort | Douleur moyenne 3,15 sur 10, contre 0,72 pour une simple observation de la mobilité urétrale, que 83 % des femmes préfèrent.58 |
| Recommandation | Ne pas l'utiliser.5 La question de la mobilité urétrale avant chirurgie relève du spécialiste. |
| Principe | Peser une protection avant et après une heure d'activités codifiées : 1 g de poids gagné = 1 mL d'urine perdue. C'est le seul pad test standardisé.6162 |
|---|---|
| Préparation | Protection pesée d'avance sur une balance au gramme (ou plus précise), mise en place sans uriner.62 |
| Déroulé | 0 à 15 min : boire 500 mL de liquide sans sel, au repos. 15 à 45 min : marcher, avec un étage monté et descendu. 45 à 60 min : se lever d'une chaise 10 fois, tousser fort 10 fois, courir sur place 1 minute, ramasser un objet au sol 5 fois, se laver les mains sous l'eau courante 1 minute. Puis repeser.62 |
| Positif si | Plus de 1 g (module ICS) ; l'EAU retient 1,4 g.662 Sévérité : moins de 10 mL légère, 11 à 50 mL modérée, plus de 50 mL sévère.62 |
| Valeur | Spécificité bonne, sensibilité basse.6 Ajouté au test à la toux, il n'améliore pas le diagnostic (Se 90 %, Sp 65 %).63 Peu reproductible : deux tests à une semaine d'intervalle diffèrent de −44 à +66 g.50 |
| Ce que ça teste | La quantité de fuite à l'effort, pas le mécanisme.62 |
| Place | Pas en routine.5 Utile pour quantifier, surtout pour suivre un traitement.6 |
| Geste | Le patient porte des protections pesées d'avance pendant 24 h d'activités habituelles ; il range chaque protection usagée dans un sachet fermé (pour éviter l'évaporation) et rapporte le tout, ou les pèse lui-même sur une balance de cuisine précise au gramme. |
|---|---|
| Positif si | Plus de 4 g en 24 h (ICS) ; l'EAU retient 4,4 g.662 Chez les femmes et les hommes continents, le gain médian est de 0,3 g, et 95 % restent sous 1,3 g.64 |
| Sévérité | 1,3 à 20 g : légère ; 21 à 74 g : modérée ; 75 g ou plus : sévère.65 |
| Valeur | Plus sensible que le test d'1 heure, mais difficile à standardiser (varie avec l'activité).6 Un seul jour suffit : corrélation de 0,881 avec la moyenne de 7 jours.66 Contre l'urodynamique, il fait moins bien que le test à la toux (Se 60 %, Sp 60 %).54 |
| Chez l'homme | Après prostatectomie, le nombre de protections et leur état (presque sèche, humide, trempée) décrits par le patient reflètent bien la pesée.67 D'un jour à l'autre, la pesée varie beaucoup selon l'activité.68 |
| Contradiction | Le diaporama ICS attribue jusqu'à 7 g par 24 h aux pertes vaginales, en citant une étude qui mesure en réalité 0,3 g en médiane : retenir les chiffres de l'étude source.6264 |
| Préparation | Vessie vide. Expliquer le geste et demander l'accord. |
|---|---|
| Position | Femme : position gynécologique, un ou deux doigts dans le vagin (la palpation à deux doigts est plus reproductible).69 Homme : doigt dans le rectum, glissé le long de la paroi postérieure.45 |
| Consigne | « Serrez et remontez, comme pour retenir un gaz ou une envie d'uriner, sans pousser, sans serrer les fesses ni bloquer la respiration. » |
| Mouvement attendu | Une élévation (le doigt est aspiré vers le haut). Une descente pendant la tentative de contraction est anormale : la patiente pousse au lieu de serrer.45 |
| Cotation (P) | Échelle d'Oxford modifiée en 6 grades : 0 aucune contraction ; 1 frémissement ; 2 faible ; 3 modérée ; 4 bonne ; 5 forte.5170 |
| PERFECT | P : puissance (Oxford) ; E : endurance, durée de maintien jusqu'à 10 s ; R : répétitions de ce maintien, jusqu'à 10 ; F : contractions rapides, jusqu'à 10 ; ECT : chaque contraction est chronométrée.6970 |
| Valeur | Accord entre deux examinateurs passable (kappa 0,37 ; même grade dans 45 % des cas, presque toujours à un grade près) ; pas de lien avec la pression vaginale mesurée.51 Meilleur à deux doigts qu'à un.69 |
| Place | Indispensable pour vérifier que la contraction est correcte avant une rééducation supervisée ; insuffisant pour mesurer finement la force.551 |
| Indications | Symptômes de vidange difficile, infections récidivantes, globe, sujet âgé, avant un médicament anticholinergique ou une chirurgie ; chez l'homme, dans l'évaluation initiale.52735 L'EAU la propose chez toutes les femmes à l'évaluation initiale.6 |
|---|---|
| Geste | Faire uriner dans ses conditions habituelles (toilettes, intimité, sans se presser), puis mesurer le volume restant dans les minutes qui suivent.5271 |
| Méthode | Échographie ou appareil portable (bladder scan), préférés au sondage, mieux toléré et sans risque d'infection.5652 Les trois méthodes donnent des volumes comparables.72 |
| Repères | Femmes asymptomatiques : médiane 19 mL ; 95 % à 100 mL ou moins.71 Lecture pratique : moins de 50 mL normal, 100 à 200 mL à refaire, plus de 200 mL évoque un regorgement.38 Au-delà de 200 à 300 mL, dysfonction vésicale marquée.52 |
| Fragilité des seuils | Il n'existe pas de définition consensuelle d'un résidu significatif.652 Une mesure isolée n'est pas fiable : chez des hommes avec une grosse prostate, le résidu variait de 150 à 670 mL d'une mesure à l'autre.73 Un résidu élevé se recontrôle avant d'en tirer une conclusion.738 |
| Rendement mictionnel | L'EAU propose d'ajouter le rendement : volume uriné / (volume uriné + résidu) × 100.6 |
| Chez l'homme | Avec un seuil de 50 mL, le résidu prédit mal l'obstruction (valeur prédictive positive 63 %, négative 52 %) ; 350 mL ou plus annoncent un risque de progression.35 |
| Contradiction | Les recommandations françaises de 2003 jugeaient la mesure échographique « pas fiable » ; une revue de 2025 conclut au contraire à la précision des appareils portables.2772 |
| Indications | Toute personne qui consulte pour une incontinence : sang, glucose, protéines, leucocytes, nitrites.56 |
|---|---|
| Geste | Urines du milieu du jet, dans un récipient propre ; tremper, lire au temps indiqué par le fabricant. |
| Lecture | Signes d'infection et leucocytes + nitrites positifs : ECBU et traitement. Signes d'infection mais bandelette négative pour l'un des deux : ECBU, antibiotique discuté. Pas de signe d'infection mais leucocytes + nitrites : ECBU, pas d'antibiotique sans le résultat. Pas de signe et bandelette négative : pas d'ECBU.5 En France, la SPILF ne retient que deux situations pour rechercher et traiter une colonisation urinaire (bactériurie sans symptôme) : la grossesse à partir du 4e mois et avant une procédure urologique invasive programmée (par exemple bilan urodynamique, cystoscopie, injection de toxine).74 |
| Valeur | Chez 265 femmes incontinentes : Se 29 %, Sp 99 % pour l'infection (LR+ 29, LR− 0,72, calc.) ; VPN 92 %.53 Leucocytes et nitrites négatifs rendent une bactériurie peu probable.6 |
| Piège | Ne pas traiter une bactériurie asymptomatique du sujet âgé pour améliorer l'incontinence : cela ne change rien.6 Après une infection traitée, réévaluer les symptômes.6 |
| Ce que c'est | Trois questions auto-remplies, environ 30 secondes, pour classer l'incontinence de la femme en effort, urgenturie, mixte ou autre (calculateur, section 05).7 |
|---|---|
| Valeur | Urgenturie : Se 0,75 ; Sp 0,77 ; LR+ 3,29 ; LR− 0,32. Effort : Se 0,86 ; Sp 0,60 ; LR+ 2,13 ; LR− 0,24. Reproductibilité à une semaine : kappa 0,65 à 0,69.7 |
| Population | 301 femmes de plus de 40 ans, incontinence d'au moins 3 épisodes par semaine, sans motif d'adressage (pas de chirurgie antérieure, de maladie neurologique, de prolapsus symptomatique sévère) : des critères proches d'une patientèle de soins primaires, mais un recrutement par des urologues et urogynécologues de centres universitaires ; une validation en médecine générale reste à faire.7 |
| Comme test | Une fois, aux toilettes : commencer à uriner, puis essayer d'arrêter le jet. Y parvenir vite témoigne d'une bonne commande du périnée ; le test est reproductible et corrélé à la force palpée.75 |
|---|---|
| Comme exercice : non | Interrompre le jet à répétition augmente le résidu (36,7 mL contre 8,2 mL) et rend la miction moins efficace : à ne pas utiliser comme exercice de rééducation.76 Les exercices sont en section 14. |
| Sensibilité en selle | Toucher léger et piqûre sur le périnée et la région péri-anale, de chaque côté, en cherchant une zone d'hypoesthésie ou d'anesthésie.45 |
|---|---|
| Tonus anal | Doigt dans l'anus : tonus de repos, puis contraction volontaire (« serrez mon doigt »).45 |
| Réflexe anal | Piquer la peau péri-anale : contraction réflexe du sphincter. Réflexe douloureux : prévenir, répéter plusieurs piqûres rapides. Souvent absent chez le sujet âgé, et parfois sans aucune lésion nerveuse.45 |
| Réflexe bulbocaverneux | Femme : pincer doucement le clitoris ; homme : presser le gland, un doigt dans le rectum. Positif : contraction du sphincter anal.45 |
| Ce que ça teste | L'arc réflexe sacré S2-S4 et le nerf pudendal.45 |
| Valeur | Un réflexe bulbocaverneux cliniquement absent ne prouve pas grand-chose : absent des deux côtés chez 21 % de femmes dont le réflexe électrique était présent dans 91 % des cas.77 C'est l'ensemble (sensibilité, tonus, réflexes, histoire) qui compte. |
| Ce que c'est | Le système POP-Q (ICS, sociétés américaines d'urogynécologie et de chirurgie gynécologique, 1996) décrit, mesure en centimètres et classe en stades le prolapsus, site par site, en poussée.78 |
|---|---|
| En médecine générale | Noter le compartiment (antérieur, moyen, postérieur) et si le prolapsus reste dans le vagin ou dépasse l'orifice vulvaire : c'est ce qui fait adresser (section 02).38 Le stadage détaillé relève du spécialiste ; les stades n'ont pas été recopiés ici, faute d'avoir pu relire le texte source. |
L'indice de Sandvik (2 questions) et l'ICIQ-UI SF (4 questions) mesurent la sévérité ; le 3IQ classe le type ; l'IPSS sert chez l'homme. Les calculateurs ci-dessous aident au calcul : ils ne remplacent pas le questionnaire officiel, à faire remplir par le patient.
| Outil | Usage | Cotation et seuils | Français | Droits |
|---|---|---|---|---|
| ICIQ-UI SF | Sévérité et retentissement, femmes et hommes | 0–21 ; 1–5 légère, 6–12 modérée, 13–18 sévère, 19–21 très sévère.34 Différence minimale importante : 1,5 à 2,5 points selon les études.7980 | Version française officielle (iciq.net) ; publication de validation française non retrouvée.81 | Droit d'auteur ICIQ ; usage clinique gratuit sur demande.81 |
| Indice de Sandvik (ISI) | Sévérité en 2 questions | Fréquence × quantité, 1–12 : 1–2 légère, 3–6 modérée, 8–9 sévère, 12 très sévère.733 | Pas de version française validée retrouvée : traduction de travail ci-dessous. | Publié en revue ; pas de licence retrouvée. |
| 3IQ | Type (effort, urgenturie, mixte) chez la femme | Selon la réponse à la question 3.7 | Pas de version française validée retrouvée : traduction de travail. | Publié en revue (texte en libre accès sur PMC). |
| IPSS | Symptômes du bas appareil chez l'homme | 7 questions cotées 0–5, total 0–35 : 0 sans symptôme, 1–7 léger, 8–19 modéré, 20–35 sévère ; + une question de qualité de vie.3582 | Version française validée (1994).83 | Questionnaire très diffusé ; libellés non reproduits ici, détenteur des droits non vérifié. |
| USP | Tous symptômes urinaires, hommes et femmes | 13 questions, 3 domaines : effort 0–9, hyperactivité 0–21, dysurie 0–9.8485 | Conçu en français (Association française d'urologie).84 | Détenteur des droits non vérifié : pas de reproduction. |
| MHU (Mesure du handicap urinaire) | Symptômes, échelle française ancienne | Non reproduite : source primaire non retrouvée. | Oui | Non vérifié. |
| Ditrovie | Qualité de vie, impériosité | Version longue : 24 items, 5 dimensions.86 | Conçu en français.86 | Non vérifié. |
| Contilife | Qualité de vie, incontinence d'effort | Profil par dimensions.87 | Validé en français.87 | Non vérifié. |
| PGI-I, PGI-S | Suivi : amélioration, sévérité ressentie | PGI-I : 7 réponses, de « beaucoup mieux » à « beaucoup moins bien ».8088 | Pas de validation française retrouvée. | — |
Les recommandations françaises de 2003 proposaient Contilife et Ditrovie pour mesurer la qualité de vie.27 Ditrovie a été construit à partir d'une échelle plus ancienne, la MHU.86
Pour le soignant qui a sous les yeux le questionnaire rempli. Les libellés ci-dessous résument les réponses ; ils ne sont pas le questionnaire. Faire remplir la version française officielle, téléchargeable gratuitement pour l'usage clinique après inscription sur iciq.net.81
Score = fréquence + quantité + gêne (0 à 21) ; la question sur les circonstances des fuites n'est pas cotée.8189 Catégories de Klovning (2009).34 Un changement d'au moins 4 à 5 points correspond à un succès ressenti après traitement.90
Deux questions, à poser telles quelles. Traduction de travail, non validée en français.
Libellés de la fréquence d'après le tableau I de l'article de 1993 ; quantité en 3 niveaux d'après la version de 2000 (libellés relus dans une reproduction de 2022).339192 Pertes moyennes au pad test de 24 h : 7 g (légère), 39 g (modérée), 102 g (sévère), 200 g (très sévère).93
Traduction de travail de la figure 1 de Brown et al. (2006), non validée en français.7
2. « Au cours des 3 derniers mois, avez-vous eu des fuites… » (cocher tout ce qui s'applique)
Seule la question 3 classe ; la question 2 familiarise avec les types de fuite.7
Reporter la cote (0 à 5) de chaque question du questionnaire rempli par le patient. Le patient doit le remplir lui-même : rempli par le médecin, le score est surestimé de 1,3 point en moyenne.94 Les intitulés ci-dessous résument le thème de chaque question.82
Catégories de l'EAU.35 L'IPSS n'explore ni l'incontinence ni les symptômes après la miction : pour les fuites, l'associer à l'ICIQ-UI SF.35
Le catalogue (ou calendrier) mictionnel consigne, miction par miction, l'heure et la quantité, avec les fuites, les envies pressantes et les boissons. Il objective la pollakiurie, la nycturie, les fuites et la diurèse, et fait souvent prendre conscience au patient de ses habitudes.
| Terme | Définition | Seuil |
|---|---|---|
| Nycturie | Nombre de mictions pendant la période principale de sommeil, chacune suivie d'un rendormissement ou de l'intention de se rendormir.39 | — |
| Volume urinaire nocturne | Mictions de la période de sommeil + première miction après le lever.39 | — |
| Volume uriné de 24 h | Toutes les mictions sur 24 h, sans la première miction du matin du jour 1, avec celle du lendemain.39 | — |
| Polyurie de 24 h | Diurèse excessive sur 24 h.39 | Plus de 40 mL/kg/24 h (2,8 L pour 70 kg).39 |
| Index de polyurie nocturne (NPi) | Volume nocturne / volume de 24 h.39 | Plus de 33 % chez le sujet âgé (plus de 65 ans), plus de 20 % chez le jeune, entre les deux à l'âge moyen ; seuils peu validés.39 |
| Volume mictionnel maximal | Le plus gros volume uriné en une fois sur le catalogue : il reflète la capacité fonctionnelle de la vessie.39101 | Pas de seuil retenu ici. |
| Index de nycturie (Ni) | Volume nocturne / volume mictionnel maximal.39102 | Plus de 1 : la nuit produit plus que la vessie ne contient. Plus de 1,5 : surproduction nocturne.39 |
| Index de capacité vésicale nocturne (NBCi) | Nombre réel de mictions nocturnes − (Ni − 1).101 | Plus de 0 : capacité vésicale nocturne diminuée.101 |
Recopier le catalogue du patient, ligne par ligne, dans l'ordre chronologique. Une ligne peut porter une boisson, une miction, une fuite ou un repère (coucher, lever).
Calculs selon la terminologie ICS 2019 : nuit = lignes entre « coucher » et « lever » ; la première miction après « lever » compte dans la nuit et dans les 24 h ; la première miction de la feuille (celle du matin du jour) compte comme miction de jour mais pas dans le volume de 24 h.39 Le NBCi suit Park et al. (2025).101
Une incontinence d'effort typique et isolée se rééduque après une simple bandelette urinaire. Le bilan urodynamique ne sert pas avant une première chirurgie d'une incontinence d'effort simple : deux grands essais l'ont montré.
| Examen | Quand | Quand ce n'est pas utile |
|---|---|---|
| Bandelette urinaire | Toujours, à la première consultation.56 | — |
| ECBU | Selon la bandelette et les symptômes (test 4.9) ; avant un bilan urodynamique ou une cystoscopie.527 | Bandelette négative sans symptôme d'infection.5 |
| Résidu post-mictionnel (échographie ou bladder scan) | Symptômes de vidange, infections récidivantes, sujet âgé, avant anticholinergique ou chirurgie, homme.5273541 | Avant une rééducation de première intention d'une incontinence d'effort.27 |
| Créatininémie (DFG estimé) | Rétention, gros résidu, vessie neurologique suspectée. Indication déduite : les recommandations lues ne la listent pas, mais une fonction rénale anormale fait demander l'imagerie du haut appareil.635 | En routine. |
| Échographie de l'appareil urinaire | Homme avec gros résidu, hématurie ou antécédent de calcul.35 | Femme : pas d'imagerie en dehors de la mesure du résidu ; pas d'échographie du haut appareil dans le bilan initial.5627 |
| Débitmétrie (homme) | Proposée dans le bilan initial (recommandation faible) ; recommandée avant un traitement médical ou invasif.35 | Volume uriné inférieur à 150 mL : à refaire.35 |
| PSA (homme) | Si un diagnostic de cancer changerait la conduite, après information.35 | Si le résultat ne changerait rien à la conduite.35 |
| Cystoscopie | Hématurie, infections à répétition, tumeur suspectée : par l'urologue.27 | Bilan initial d'une incontinence isolée.527 |
| Bilan urodynamique | Voir ci-dessous. | Avant rééducation ; avant une première chirurgie d'une incontinence d'effort non compliquée.5641 |
| Échographie périnéale, IRM pelvienne | Bilan spécialisé (mobilité du col, releveurs, complication de bandelette).6 | Pas d'imagerie de routine ; l'IRM n'apporte pas plus que l'examen pour un prolapsus.56 |
| Explorations électrophysiologiques du périnée | Bilan spécialisé d'une atteinte neurologique du périnée (non détaillé ici). Le réflexe enregistré est retrouvé bien plus souvent que le réflexe clinique.77 | Bilan courant d'une incontinence. |
À adapter : rayer les lignes inutiles. Une incontinence d'effort typique et isolée de la femme jeune n'a besoin que de la bandelette au cabinet.527
Joindre au patient un catalogue vierge (section 06) et, si besoin, l'ICIQ-UI SF officiel (section 05).
La vessie stocke à basse pression, l'urètre reste fermé grâce à ses sphincters, le plancher pelvien sert d'appui. Chez la femme, c'est surtout le soutien et la fermeture de l'urètre qui s'usent ; chez l'homme, c'est la prostate et sa chirurgie qui changent la donne.
Schémas simplifiés, proportions non respectées : ils montrent les rapports entre organes, pas leur taille. Couleurs doublées par un numéro (palette Okabe-Ito).
| Théorie | Ce qu'elle dit | Sur quoi elle repose | Ce qu'on en sait aujourd'hui |
|---|---|---|---|
| Hamac sous-urétral (DeLancey, 1994) | À la toux, l'urètre est écrasé contre un « hamac » (paroi vaginale antérieure + fascia) ; si le hamac lâche, l'urètre fuit vers le bas au lieu d'être fermé. | Dissection de 61 cadavres et simulation de poussée.120 | Description anatomique solide. Mais chez les femmes vivantes, la fermeture de l'urètre pèse plus que son soutien (ci-dessous).121 |
| Théorie intégrale (Petros & Ulmsten, 1990) | Une même laxité du vagin et de ses ligaments expliquerait à la fois les fuites d'effort et les urgenturies. | Article de théorie, sans essai.122 | A débouché sur la bandelette sous-urétrale : la première série d'Ulmsten (75 femmes) rapportait 84 % de guérison à 2 ans, sans groupe témoin.123 Le versant « urgenturie par laxité » reste une hypothèse : nous n'avons pas trouvé d'essai qui le valide (recherche non exhaustive). |
| Système | Origine | Nerf | Messager → récepteur | Effet |
|---|---|---|---|---|
| Parasympathique | Moelle S2-S4 | Nerfs pelviens | Acétylcholine → M3 | Contraction du détrusor (vidange) |
| Sympathique | Moelle T11-L2 | Nerf hypogastrique | Noradrénaline → β3 / α1 | Relâche le détrusor (β3) ; contracte le muscle lisse de l'urètre (α1) : stockage |
| Somatique | Moelle S2-S4 (noyau d'Onuf) | Nerf pudendal | Acétylcholine → récepteurs nicotiniques | Contraction volontaire du sphincter strié |
D'après Fowler 2008, texte intégral.125 Les manuels donnent parfois T10-L1 ou T10-L2 pour le sympathique : la revue de référence retient T11-L2.
| Point | Femme | Homme |
|---|---|---|
| Urètre | Court (19-45 mm), rectiligne108 | Long, traverse la prostate puis la membrane périnéale107 |
| Sphincter strié | Ancré à l'élévateur de l'anus111 | Sans attache à l'élévateur ; surtout autour de l'urètre membraneux107111 |
| Soutien de l'urètre | Hamac vaginal : peut devenir hypermobile120 | Pas d'hypermobilité significative117 |
| Grandes agressions | Accouchement (élévateur, nerf pudendal), âge, ménopause | Chirurgie et radiothérapie de la prostate, obstacle prostatique |
| Mécanisme habituel d'une IU d'effort | Mixte : clôture urétrale insuffisante ± défaut de soutien121 | Insuffisance sphinctérienne117 |
Tant que la pression dans l'urètre dépasse celle de la vessie, rien ne fuit. Les fuites viennent d'un urètre qui ne ferme plus, d'une vessie qui se contracte quand il ne faut pas, d'une vessie trop pleine, ou d'un chemin qui contourne l'urètre.
| Mesure | Valeurs observées | Ce qu'il faut en retenir |
|---|---|---|
| Mictions par 24 h | Médiane 8 ; 95 % des femmes en font moins de 13127 · moyenne 6,0 (20-29 ans) à 8,5 (> 70 ans) chez l'homme, 6,9 à 8,2 puis 7,8 chez la femme128 | Il n'existe pas de seuil officiel : la pollakiurie est une plainte, pas un chiffre.129 Le « plus de 8 par 24 h » des études sur l'hyperactivité vésicale est un seuil arbitraire.117 |
| Mictions nocturnes | Moyenne 0,5 (homme jeune) à 1,6 (> 70 ans) ; 0,7 à 1,4 chez la femme128 | Une par nuit ne gêne pas ; à partir de deux, la qualité de vie baisse.130 |
| Volume par miction | Moyenne de 313 à 209 mL chez l'homme, de 274 à 240 mL chez la femme, en baissant avec l'âge128 | Le volume maximal d'un catalogue mictionnel approche la capacité fonctionnelle (section 06). |
| Diurèse des 24 h | ≈ 1,7 L en moyenne128 | Polyurie au-delà de 40 mL/kg/24 h (≈ 2,8 L pour 70 kg).39 |
| Capacité vésicale (cystomanométrie) | Moyenne 522 mL chez les femmes les plus âgées d'une série de 85 femmes131 | L'ICS ne fixe pas de norme ; la capacité ne diminue pas avec l'âge en soi, mais en cas d'hyperactivité détrusorienne.131 |
Nycturie au sens ICS 2019 : nombre de mictions pendant la période principale de sommeil, chacune suivie de sommeil ou de l'intention de se rendormir.39 Les repères viennent de populations néerlandaise et américaine ; aucune donnée française de référence retrouvée.
| Récepteur | Où | Effet quand on le stimule | Ce qui en découle |
|---|---|---|---|
| Muscarinique M3 (M2 accessoire) | Détrusor ; aussi urothélium et nerfs sensitifs | Contraction du détrusor (M3 surtout) | Antimuscariniques, et leurs effets indésirables ailleurs (bouche, intestin, œil, cerveau) — section 18132 |
| Bêta-3 adrénergique | Détrusor | Relâchement : la vessie se laisse remplir | Agonistes β3 — section 18125 |
| Alpha-1 adrénergique | Muscle lisse du col et de l'urètre | Contraction : l'urètre se ferme | Les α-bloquants relâchent cette zone — section 18125 |
| Nicotinique | Sphincter strié | Contraction volontaire | Cible de la rééducation (commande volontaire) — section 14125 |
| Fibres sensitives C | Paroi vésicale | Silencieuses normalement ; après lésion médullaire, elles portent un réflexe mictionnel anormal | Toxine botulique et neuromodulation — section 19125 |
| Mécanisme | Ce qui se passe | Type clinique | Qui surtout |
|---|---|---|---|
| Hypermobilité urétrale | Le soutien lâche : à l'effort, l'urètre descend au lieu d'être écrasé | Effort | Femme (l'homme n'a pas d'hypermobilité significative)117120 |
| Insuffisance sphinctérienne | L'urètre ne ferme plus assez (pression de clôture basse) | Effort, parfois fuites au moindre geste | Femme, surtout âgée (la pression de clôture baisse avec l'âge) ; homme après prostatectomie117121134 |
| Hyperactivité détrusorienne | Contractions involontaires du détrusor pendant le remplissage | Urgenturie | Les deux sexes ; atteinte neurologique, obstacle, idiopathique117 |
| Compliance basse | La pression monte en continu pendant le remplissage, capacité réduite | Fuites liées à la vessie « rigide » | Surtout vessie neurologique (section 23)117 |
| Regorgement | Vessie en rétention chronique qui déborde : obstacle (prostate, sténose) ou détrusor trop faible | Gouttes permanentes, jet faible | Surtout l'homme (obstacle prostatique) ; détrusor hypoactif dans les deux sexes117 |
| Fonctionnel | Vessie et urètre normaux, mais impossible d'atteindre les toilettes à temps (mobilité, cognition) | Liée au handicap | Personne âgée, EHPAD117 |
| Extra-urétral | L'urine sort par un autre chemin : fistule, uretère ectopique | Fuite permanente | Femme (chirurgie pelvienne, accouchement)129135 |
| Neurologique | Lésion au-dessus du pont : perte du frein, capacité réduite, hyperactivité ; lésion médullaire : réflexe anormal par fibres C | Urgenturie, parfois rétention | Voir section 23125 |
Un même patient cumule souvent plusieurs mécanismes. Des contractions détrusoriennes peuvent aussi se voir en urodynamique chez des personnes sans aucun symptôme.117
Les définitions sont celles de l'International Continence Society (ICS) : ce sont des plaintes, posées à l'interrogatoire, pas des diagnostics urodynamiques. La plupart des fuites sont d'effort, par urgenturie ou mixtes ; les autres types sont rares mais changent tout.
| Type | Définition (plainte) |
|---|---|
| IU d'effort (IUE) | Fuite involontaire à l'effort, à l'exercice physique, à l'éternuement ou à la toux.129 L'ICS suggère « liée à l'activité » dans les langues où « stress » prête à confusion.117 |
| IU par urgenturie (IUU) | Fuite involontaire accompagnée ou immédiatement précédée d'une urgenturie.129 |
| IU mixte (IUM) | Fuites à la fois avec l'urgenturie et à l'effort, à la toux ou à l'éternuement.129 |
| Hyperactivité vésicale (HAV) | Urgenturie, avec ou sans IU, habituellement avec pollakiurie et nycturie, en l'absence d'infection ou d'autre pathologie évidente.117129 « HAV humide » avec fuites, « sèche » sans.117 |
| IU par regorgement | Fuites en présence d'une vessie trop pleine ; « rétention avec regorgement » quand la vessie est en rétention.117 |
| IU liée au handicap (« fonctionnelle ») | Fuites parce qu'une incapacité physique ou mentale empêche d'atteindre les toilettes à temps.117 |
| IU continue | Perte d'urine permanente.117 |
| IU extra-urétrale (signe) | Urine qui sort par un autre orifice que le méat urétral : fistule, uretère ectopique.129 |
| IU insensible | La personne constate qu'elle a fui, sans savoir quand ni comment.117 |
| IU posturale | Fuite au changement de position (couché ou assis → debout).117 |
| Énurésie | Fuites intermittentes pendant le sommeil (« nocturne » si pendant la période principale de sommeil).39 |
| IU post-mictionnelle (gouttes retardataires) | Écoulement involontaire de quelques gouttes juste après avoir fini d'uriner.117 |
| IU coïtale | Fuite pendant ou après un rapport sexuel vaginal.143 |
| IU à l'excitation sexuelle · climacturie | Fuite lors de l'excitation ou de la masturbation · fuite au moment de l'orgasme (surtout après prostatectomie).117 |
| IU au fou rire (« giggle ») | Citée par l'ICS parmi les incontinences « situationnelles », avec les fuites des crises d'épilepsie.144 |
Le rapport de référence pour la femme est le rapport conjoint IUGA/ICS de 2010 (plus de 250 définitions)145 ; les définitions ci-dessus sont tirées des rapports ICS de 2018-2019 lus en texte intégral, qui les reprennent pour les deux sexes.
| Type | Mécanisme | Ce que dit le patient | Qui | Premier geste | Traitement |
|---|---|---|---|---|---|
| Effort | Urètre qui ferme mal ± soutien qui lâche | « Je fuis quand je tousse, je cours, je porte » | Femme surtout ; homme après prostatectomie | Test à la toux, catalogue (04, 06) | 14, 20, 21 |
| Urgenturie / HAV | Hyperactivité détrusorienne, sensibilité accrue | « Quand ça vient, je n'ai pas le temps d'arriver » | Les deux sexes, de plus en plus avec l'âge | Bandelette urinaire, catalogue, résidu (04) | 13, 14, 18, 19 |
| Mixte | Les deux | Les deux plaintes | Femme | Chercher la composante qui gêne le plus | Traiter d'abord la plus gênante |
| Regorgement | Rétention chronique (obstacle ou détrusor faible) | « Ça goutte tout le temps », jet faible, poussée | Homme surtout | Résidu post-mictionnel (04), créatinine | Adresser (02), 16 |
| Liée au handicap | Mobilité, cognition, environnement | « Je n'arrive pas aux toilettes » | Personne âgée, EHPAD | Accès aux toilettes, aides techniques | 22 |
| Extra-urétrale / continue | Fistule, uretère ectopique | « Je suis mouillée en permanence, même sans rien faire » | Femme | Examen au spéculum ; adresser | 02 |
| Post-mictionnelle | Urine restée dans l'urètre après la miction (inféré de la définition) | « Quelques gouttes dans le slip après avoir rangé » | Homme | Expliquer | 14 |
| Neurologique | Lésion cérébrale, médullaire ou périphérique | Variable | SEP, Parkinson, AVC, blessé médullaire… | Examen neurologique | 23 |
Colonnes « premier geste » et « traitement » : renvois aux sections qui les détaillent et les sourcent. Tout test cité est décrit en section 04.
Les chiffres varient de 1,5 à 70 % selon la définition retenue (une goutte par an ou des fuites quotidiennes) et la façon d'interroger. Retenir des ordres de grandeur, et distinguer ce qui est associé à l'IU de ce qui la cause.
| Étude | Population | Prévalence |
|---|---|---|
| Cinq enquêtes françaises (2016) | Fecond, Baromètre santé, GAZEL, NutriNet | De 1,5 à 39 % selon l'enquête ; 17 % dans les échantillons représentatifs, soit ≈ 5,35 millions de Françaises, dont ≈ 1,54 million avec des fuites quotidiennes1 |
| Salles d'attente de généralistes français (2007) | 2183 femmes vues par 241 médecins | 26,8 %, croissant avec l'âge, l'IMC et le nombre d'enfants4 |
| Quatre pays européens (2004) | Enquête postale, fuites dans le dernier mois | France 44 % (Allemagne 41 %, Royaume-Uni 42 %, Espagne 23 %)3 |
| EPINCONT, Norvège (2000) | 27 936 femmes ≥ 20 ans | 25 % de fuites ; ≈ 7 % d'IU significative (modérée à sévère et gênante)146 |
| État de Washington (2005) | 3536 femmes de 30 à 90 ans | 45 % ; de 28 % (30-39 ans) à 55 % (80-90 ans)151 |
| Revue (2019) | Études de population | Le plus souvent 25 à 45 % ; plus de 40 % après 70 ans ; incidence annuelle 1 à 9 %, rémission 4 à 30 %152 |
Données françaises : surtout transversales et déclaratives ; pas de cohorte française de référence retrouvée sur l'incidence (Constances non exploitée à notre connaissance pour l'IU — recherche non exhaustive).
| Essai ProtecT : port de protections | Surveillance active | Prostatectomie | Radiothérapie |
|---|---|---|---|
| À 6 mois | 4 % | 46 % | 5 % |
| À 12 mois | 4 % | 26 % | 4 % |
| À 6 ans | 8 % | 17 % | 4 % |
1643 hommes avec cancer localisé, randomisés ; texte intégral lu.142 Dans le groupe surveillance active, la fonction urinaire se dégrade lentement au fil des années.
Légende : causal probable = lien appuyé par des essais ou une relation dose-effet cohérente ; association = lien observé, causalité non démontrée ; discuté = résultats contradictoires ou biais importants. Mesures d'effet : OR (aOR s'il est ajusté) et RR.
| Facteur | Ampleur | Niveau | Modifiable ? |
|---|---|---|---|
| Âge | De 28 % (30-39 ans) à 55 % (80-90 ans) chez la femme151 ; l'urètre ferme moins bien avec l'âge134 | causal probable | Non |
| Parité | Le premier accouchement pèse le plus : RR 2,2 (primipares) et 3,3 (grandes multipares) à 20-34 ans ; plus d'effet après 65 ans ; seulement IU d'effort et mixte162 | causal probable | Non |
| Voie basse vs césarienne | IU 10,1 % (nullipares), 15,9 % (césarienne), 21,0 % (voie basse)163 ; à long terme IU d'effort aOR 1,85 (+8 points), IU par urgenturie aOR 1,30 (+2,6 points)164 ; 20 ans après : 40,3 vs 28,8 %, soit 8 à 9 césariennes pour éviter une IU165 | association forte et cohérente | Ne justifie pas des césariennes de convenance (avis des auteurs)163165 |
| Forceps, ventouse | Pas de différence avec la voie basse spontanée pour l'IU d'effort (aOR 1,11, non significatif)164 ; non significatifs dans EPINCONT166 | discuté | — |
| Gros bébé (≥ 4000 g) | OR 1,1 (IU) à 1,2 (IU d'effort), trop faible pour expliquer le lien voie basse-IU166 ; plus de lésions nerveuses en EMG140 | association faible | Non |
| Surpoids, obésité | Fort pour tous les types167 ; IMC ≥ 30 : OR 3,10 d'IU sévère168 ; +8 % de risque par point d'IMC165 ; perdre du poids réduit les fuites dans les essais15169 | causal probable | Oui — section 13 |
| Tabac | Associé seulement au-delà de 20 cigarettes/j dans EPINCONT167 ; tabac actuel associé dans la Nurses' Health Study II168 | association | Oui |
| Constipation, poussée | Poussée défécatoire dès le jeune âge adulte chez 30 % des femmes avec IU d'effort contre 4 % des témoins (petite étude)170 | association (preuve faible) | Oui |
| Toux chronique | La majorité des femmes adressées pour toux chronique signalent des fuites à la toux (consultation spécialisée)171 | association (preuve faible) | Souvent (traiter la cause) |
| Ménopause | Périménopause : fuites mensuelles ×1,3 à ×1,5, pas les fuites fréquentes137 ; œstrogènes oraux : IU d'effort augmentée (RR 1,87 à 2,15)43 | discuté | — |
| Hystérectomie | OR 1,6 après 60 ans, pas avant172 ; chirurgie de l'IU d'effort ×2,4 ensuite (cohorte suédoise)173 | discuté (études d'observation, biais d'indication possibles) | Peser avant une hystérectomie pour cause bénigne |
| Diabète | Diabète de type 2 associé chez la femme168 ; diabète récent → fuites plus fréquentes137 ; OR 1,36 chez l'homme2 | association | Équilibre : effet non démontré |
| Troubles cognitifs, démence | 51 % d'IU chez les résidents déments contre 26 %157 ; associés à l'IU en institution156 et chez l'homme âgé2 | association forte | En partie (accès aux toilettes) — section 22 |
| AVC, infection urinaire (homme) | OR 1,54 et 3,492 | association | Infection : oui |
| Médicaments | Certains médicaments favorisent les fuites : liste et sources en section 18 | — | Souvent |
| Sport à fort impact | IU chez 36 % des sportives ; risque 177 % plus élevé que chez les sédentaires (8 études)174 | association | Voir section 24 |
| Hérédité | Jumelles : la génétique explique ≈ 40 % de la variabilité du risque d'être opérée d'une IU d'effort175 ; filles de mères incontinentes RR 1,3176 ; influence génétique nette pour l'IU, plus faible pour l'hyperactivité vésicale154 | causal probable (part génétique) | Non |
| Origine | IU hebdomadaire : 36 % (hispaniques), 30 % (blanches), 25 % (noires), 19 % (asiatiques) aux États-Unis ; IU d'effort moins fréquente chez les femmes noires (aOR 0,36) et asiatiques (0,54), IU par urgenturie comparable177 | association (facteurs inconnus) | Non |
« Médicaments » : la ligne ne fait que renvoyer à la section 18, qui les source. « Causal probable » pour la parité et l'hérédité repose sur la cohérence des études d'observation et la plausibilité (lésions de l'élévateur, études de jumelles), pas sur des essais.
Une seule mesure de prévention est démontrée par des essais : la rééducation du périnée chez la femme enceinte encore continente. La perte de poids réduit l'apparition des fuites chez les personnes en surpoids. Pour le tabac, la constipation, la toux ou le sport, on sait qu'ils s'associent aux fuites, pas qu'agir dessus les prévient.
| Facteur | Ce que montrent les études | Poids réel |
|---|---|---|
| Surpoids, obésité | Look AHEAD (femmes diabétiques de type 2 en surpoids) : 10,5 % de nouvelles incontinences à 1 an avec le programme intensif (-7,7 kg) contre 14,0 % ; chaque kilo perdu réduit le risque de 3 %, une perte de 5 à 10 % du poids de 47 %.180 | Démontré (analyse d'un essai randomisé) |
| Tabac | Associé à l'incontinence seulement au-delà de 20 cigarettes par jour (27 936 femmes norvégiennes)167 ; associé à l'apparition d'une hyperactivité vésicale en un an (6424 femmes).181 | Association ; aucun essai d'arrêt du tabac sur les fuites |
| Constipation, efforts de poussée | Facteur de risque modifiable listé par le NICE.179 Aucun essai montrant que traiter la constipation prévient les fuites urinaires (non retrouvé). | Association ; bon sens |
| Toux chronique | Citée par le NICE comme facteur de risque, surtout d'incontinence des selles et des gaz.179 | Association |
| Sédentarité | Le manque d'exercice est un facteur de risque (NICE)179 ; l'activité de faible intensité est faiblement associée à moins de fuites.167 | Association faible |
| Sport à fort impact (sauts, course, trampoline) | 36 % de fuites chez les sportives, risque 2,8 fois celui des sédentaires (8 études observationnelles)174 ; mais les anciennes athlètes d'élite ne fuient pas plus que les autres femmes plus tard (36,5 % contre 36,9 %), fuir pendant la carrière prédisant en revanche les fuites ultérieures (OR 8,57).182 | Association ; pas de preuve que le sport abîme durablement le périnée |
| Ménopause | Œstrogènes vaginaux : voir section 18 ; fréquence selon l'âge : section 11. | — |
À proposer d'emblée, en même temps que la rééducation, jamais à la place : le NICE demande de ne pas attendre la perte de poids pour traiter.179 Ce qui suit distingue ce qui est chiffré par des essais et ce qui relève du bon sens.
| Boisson | Données | Conseil |
|---|---|---|
| Café, caféine | Essai (95 patients) : réduire la caféine diminue l'urgence et la fréquence à un mois189 ; mais passer au décaféiné n'a rien changé dans une autre étude188 ; et la consommation au long cours n'aggrave pas l'incontinence sur 2 ans (21 564 femmes).190 | Essai de réduction en cas d'hyperactivité vésicale (NICE)5 ; à garder seulement si la personne voit une différence |
| Thé | Risque légèrement plus élevé chez les buveuses de thé (étude transversale).167 | Association faible ; même conseil que le café |
| Alcool | Pas d'association notable avec l'incontinence dans EPINCONT.167 | Pas de preuve d'effet sur les fuites |
| Boissons gazeuses | Associées à l'apparition d'une hyperactivité vésicale et d'une incontinence d'effort en un an (6424 femmes).181 | Association, pas d'essai : essai d'arrêt possible |
Aucun essai n'évalue ces mesures une par une : c'est du bon sens, utile surtout chez la personne âgée ou à mobilité réduite (voir section 22). Le NICE rappelle que urinals et aides aux toilettes ne traitent pas l'incontinence : ils aident à faire face en attendant le traitement, en complément, ou au long cours une fois les traitements essayés.5
Premier traitement de toute incontinence d'effort ou mixte de la femme, au moins 3 mois, supervisée. Les appareils (biofeedback, électrostimulation) n'apportent presque rien de plus. Pour les urgenturies, la rééducation vésicale et les techniques contre l'urgence font aussi bien que les médicaments, chez la femme comme chez l'homme.
| Technique | Ce que montrent les essais | Place |
|---|---|---|
| Biofeedback | Cochrane 2011 : plus de femmes guéries ou améliorées, mais avec davantage de contacts avec le soignant, ce qui brouille l'effet.197 Mise à jour 2025 (41 études) : aucune différence de qualité de vie (haute certitude), 0,29 fuite de moins par 24 h, peu ou pas de différence de guérison.198 Essai OPAL (600 femmes) : aucun bénéfice à 24 mois (ICIQ 8,2 contre 8,5).199 | Pas en routine ; à envisager si la femme ne sait pas contracter (NICE).5 |
| Électrostimulation | Mieux que rien (guérison ressentie RR 2,31 ; preuve modérée) ; pas de différence démontrée face aux exercices (RR 0,85) ni ajoutée aux exercices (RR 1,10 ; preuve faible).200 | Pas en routine ni avec les exercices ; pour aider à percevoir ses muscles quand la contraction est absente.5179 |
| Cônes vaginaux | Mieux que rien, probablement autant que les exercices (RR 1,01) ; essais petits, abandons fréquents.201 | Option si la femme les accepte ; non remboursés (aucun code LPP retrouvé). |
| Applications, e-santé | Application Tät (123 femmes) : score ICIQ-UI SF réduit de 3,2 points de plus que sans traitement à 3 mois ; 41 % s'exerçaient chaque jour.202 Consigne par e-santé plutôt qu'écrite : peut-être légèrement meilleure (faible certitude).193 | Utile pour l'observance ou faute de rééducateur proche (NICE : envisager les outils numériques).179 |
Trois règles : trouver ses muscles sans s'entraîner sur le « stop-pipi » (interrompre le jet augmente le résidu : 36,7 mL contre 8,2 mL)76 ; chez l'homme, la consigne « rentrer le bout du pénis » recrute le mieux le sphincter de l'urètre208 ; associer contractions longues (endurance), rapides (réaction) et verrouillage à l'effort.192207 Les durées précises (5 secondes de serrage, 15 minutes d'allongement des intervalles…) sont des repères d'usage : les essais ont utilisé des protocoles très variés, peu comparés entre eux.193
Sources des exercices : recherche des muscles76208 ; dose5192 ; progression des positions179 ; verrouillage207 ; urgence204 ; vessie203 ; post-partum24 ; prostatectomie.185
Règles lues dans la NGAP (version en vigueur du 21/06/2026), le code de la santé publique et les textes de l'Assurance maladie, au 05/10/2026. Les cotations et les conditions d'accès direct changent souvent : vérifier la date.
| Point | Règle |
|---|---|
| Acte | « Rééducation périnéale active sous contrôle manuel et/ou électrostimulation et/ou biofeedback » : 8,5 RAB pour le masseur-kinésithérapeute, SF 7,5 pour la sage-femme (titre XIV, chapitre II, article 8) ; aucune mention d'accord préalable pour cet acte.196 |
| Ordonnance | Prescription écrite du médecin mentionnant l'indication médicale ; le médecin peut préciser sa prescription (nombre de séances, techniques), et elle s'impose alors au kinésithérapeute.196 |
| Séance | Environ 30 minutes ; le rééducateur se consacre exclusivement à son patient (une seule cotation par séance).196 |
| Bilan du kiné | Bilan-diagnostic kinésithérapique forfaitaire (10,7 AMK) pour 1 à 10 séances, puis à la 30e, puis toutes les 20 ; fiche synthétique adressée au prescripteur au début et au terme d'un traitement d'au moins 10 séances, avec, le cas échéant, une proposition de prolongation.196 |
| Renouvellement | Le kinésithérapeute peut, sauf indication contraire du médecin, renouveler et adapter une prescription initiale de moins d'un an.209210 |
| À domicile | Frais de déplacement remboursés en plus de l'acte quand celui-ci doit être fait au domicile : l'écrire sur l'ordonnance si la personne ne peut pas se déplacer.196 |
Le nombre de 10 séances est un point de départ d'usage, non imposé par la NGAP : le kiné le réévalue dans son bilan. Remplacer les dates entre crochets.
Liens vérifiés le 05/10/2026 : par exemple, la recherche « Homme » dans le Pas-de-Calais renvoie une page de 7 résultats, contre 13 sans filtre. Tout masseur-kinésithérapeute diplômé peut pratiquer la rééducation périnéale ; l'annuaire ne recense que les adhérents de l'association, et un rééducateur absent de la liste n'est pas moins compétent.
Le pessaire est de nouveau remboursé depuis octobre 2024. Chez l'homme, l'étui pénien convient aux longues durées, la pince seulement à de courtes activités. Le sondage intermittent traite la rétention ; la sonde à demeure est un dernier recours. Montants et conditions lus dans la LPP au 05/10/2026.
| Pessaire : remboursement (LPP, code 1118040) | Règle lue |
|---|---|
| Tarif | 45,84 €, prix limite de vente identique (pas de dépassement), depuis le 04/10/2024.215 |
| Indications | Prolapsus génital quel que soit le stade ; incontinence urinaire d'effort, « en particulier lorsqu'il existe un prolapsus associé, pour les patientes à très haut risque chirurgical ou qui refusent la chirurgie ou en solution d'attente avant une chirurgie ».215 |
| Prescripteur | Médecin, sage-femme, masseur-kinésithérapeute ou infirmière de pratique avancée, formés aux prolapsus et à l'incontinence.215 |
| Ordonnance | Après une période d'essai (kits de formes et de tailles fournis aux prescripteurs) ; l'ordonnance précise la forme et la taille.215 |
| Suivi | Consultation dans les 4 à 6 semaines au plus après le début d'un nouveau pessaire.215 |
| Renouvellement | Pas avant 2 ans, sauf pessaire hors d'usage, irréparable ou inadapté.215 |
Les protections absorbantes ne figurent pas sur la liste des produits remboursés ; les étuis péniens, poches et sondes, oui. Entre les deux, un patchwork d'aides départementales et sociales que le médecin déclenche par une ordonnance et un certificat bien rédigés. Règles lues dans les textes au 05/10/2026.
L'ICS distingue sept catégories de protections jetables portées sur le corps : protection anatomique, protection sans film, protection masculine, étui absorbant masculin, slip absorbant, change complet, protection à ceinture.222 S'y ajoutent les lavables et les alèses.
| Produit | Pour qui | Ce que montrent les essais comparatifs |
|---|---|---|
| Protège-slip, petite protection anatomique | Femme, fuites légères (effort, quelques gouttes) | Chez 85 femmes : la protection jetable pour incontinence fuit moins et est préférée à la serviette menstruelle, elle-même devant la culotte lavable puis la garniture lavable.223 |
| Protection anatomique moyenne ou grande + slip filet | Fuites modérées à abondantes, personne autonome ou aidée debout | La moins chère des formes jetables ; fuit davantage que les autres formes, de jour comme de nuit.224225226 |
| Slip absorbant jetable (« pants ») | Personne qui tient debout et va aux toilettes, seule ou aidée | Préféré par les femmes le jour (et la nuit à domicile) mais le plus cher ; facile et rapide à mettre debout pour les soignants.224225 |
| Change complet (à attaches) | Fuites abondantes, personne alitée ou très dépendante (pour les selles, aucun modèle n'a fait ses preuves) | Chez l'homme, modèle jetable le plus coût-efficace jour et nuit ; en maison de retraite, préféré la nuit chez la femme.224 |
| Coquille masculine | Homme, fuites légères (par exemple après prostatectomie, section 21) | Chez 74 hommes : coquille et petite protection font mieux que l'étui absorbant (« pouch ») ; la culotte lavable à poche ne convient qu'aux fuites très légères.227 |
| Culotte ou change lavable | Fuites très légères (culotte) ; certains hommes la nuit (change) | Le moins cher à l'usage ; refusé par la plupart des femmes ; jugé très acceptable la nuit par 31 hommes sur 49 ; garniture lavable inacceptable pour 72 femmes sur 85.224225 |
| Alèse jetable ou lavable | Complément au lit ou au fauteuil, jamais seule | Pas d'essai comparatif retrouvé. L'alèse imperméable réutilisable est inscrite à la LPP comme accessoire du lit médical (voir plus bas).228 |
Les essais de Fader et coll. sont britanniques, anciens (2004-2008) et menés par les auteurs des revues Cochrane qui les synthétisent ; les produits ont changé depuis. Aucun modèle n'est le meilleur pour tous : combiner deux modèles (jour/nuit, sortie/maison) est probablement plus efficace et moins cher qu'un seul.224
Les protections absorbantes ne sont pas remboursées, « quel que soit l'âge du patient », selon le ministère de la Santé (2004), et la réponse ministérielle de 2020 ne mentionne aucun changement.16238 Vérifié dans la base LPP du 30/09/2026 : sur 32 574 codes actifs, aucun libellé « couche », « change » ou « slip » ; les produits « absorbants » sont des pansements.228
| Produit | LPP (titre I) | Exemple de tarif LPP au 30/09/2026 | Qui peut prescrire |
|---|---|---|---|
| Étui pénien autoadhésif (avec ou sans latex) | Remboursé | Boîte de 30, anallergique : 74,70 € | Médecin ; infirmier ; masseur-kinésithérapeute239240 |
| Manchon périgénital, urinal | Remboursé | Manchon masculin, boîte de 10 : 40,24 € | Médecin ; l'urinal aussi par l'infirmier et le masseur-kinésithérapeute239240 |
| Collecteur de jambe ou de nuit | Remboursé | Jambe, boîte de 30 : 61,50 € ; nuit, boîte de 30 : 63,74 € | Médecin ; infirmier ; masseur-kinésithérapeute239240 |
| Sonde d'autosondage intermittent (hydrophile ou prélubrifiée) | Remboursé | Boîte de 30, sans latex : 74,81 € | Médecin ou infirmier239241 |
| Sonde à demeure, cathéter sus-pubien | Remboursé | Sonde à ballonnet + collecteur, système clos : 8,12 € | Médecin seul241 |
| Alèse imperméable réutilisable | Remboursée comme accessoire du lit médical, « pour les patients ayant perdu leur autonomie motrice » | 6,86 € | Sur prescription médicale228 |
| Pessaire | Remboursé | 45,84 € | Voir section 16 |
| Protections absorbantes, alèses jetables, culottes lavables | Non inscrites | — | Ordonnance utile pour les aides (voir plus bas) |
Tarifs : base TIPS de l'Assurance maladie, version 904 du 30/09/2026 ; « quantité maximale de remboursement : néant » pour ces codes.228 L'Assurance maladie rembourse 60 % du tarif des « pansements, accessoires, petit appareillage » (tableau des taux d'ameli, lu le 05/10/2026), soit 40 % à la charge de l'assuré242 ; la complémentaire, ou l'ALD si le dispositif est en rapport avec l'affection exonérante, la couvre.236 Les fréquences maximales de renouvellement des étuis et collecteurs, fixées par l'arrêté du 28/06/2019, n'ont pas pu être lues (Légifrance bloque les robots) : le pharmacien les connaît.232
Le gouvernement le résume lui-même : prestations extra-légales des CPAM, APA, PCH.238 Détail, texte par texte :
| Aide | Pour qui (conditions lues) | Ce qu'elle paie | Montant | Où demander |
|---|---|---|---|---|
| APA à domicile | 60 ans ou plus, GIR 1 à 4, à domicile ou en résidence autonomie17243 | Les dépenses du plan d'aide, dont aides techniques et « toute autre dépense concourant à l'autonomie » ; la grille nationale cite le « matériel à usage unique pour incontinence » ; le plan « va indiquer quel montant peut être consacré à l'achat de protections » (garder les factures).17233 | Plafond du plan au 01/06/2026 : GIR 1 2 080,33 € ; GIR 2 1 682,30 € ; GIR 3 1 215,99 € ; GIR 4 811,52 € par mois. Reste à charge nul si ressources ≤ 933,89 €/mois, 90 % du plan au-delà de 3 439,31 €.243 | Conseil départemental (Cerfa 16301 ou téléservice)243 |
| APA en établissement | 60 ans ou plus, GIR 1 à 4, en EHPAD243 | Une part du tarif dépendance, qui inclut les fournitures pour l'incontinence237 | Selon ressources ; le tarif GIR 5-6 reste à la charge du résident243 | Conseil départemental, souvent via l'EHPAD |
| PCH, élément 4 « charges spécifiques » | Difficulté absolue pour une activité ou grave pour deux (dont « assurer l'élimination »), durable ou d'au moins un an prévisible ; demande avant 60 ans, ou après si le handicap existait avant 60 ans ou si la personne travaille18244 | « Dépenses permanentes et prévisibles liées au handicap », « produits liés au handicap » ; le ministère cite les protections238244 | 75 % du coût, dans la limite de 100 € par mois, attribué pour 10 ans au plus18245 | MDPH : formulaire de demande + certificat médical de moins d'un an (Cerfa 15695)244 |
| AEEH et compléments | Moins de 20 ans, taux d'incapacité ≥ 80 % (ou 50 à 79 % avec accompagnement préconisé par la CDAPH)246 | Les compléments tiennent compte des dépenses liées au handicap ; la CNSA cite « l'achat de couches en cas d'incontinence »247248 | AEEH 153,01 € ; 1re catégorie si dépenses d'au moins 267,77 € par mois246 | MDPH |
| CPAM, MSA : action sanitaire et sociale | Tout assuré, priorité aux personnes en précarité249 | « Participation aux dépenses non remboursables dont les protections pour incontinence », après examen du dossier16238 | Variable, selon le règlement de chaque caisse | Service social de la caisse (assistante sociale) |
| Caisse de retraite | Retraité non éligible à l'APA (GIR 5-6) ; non cumulable avec l'APA243 | Protections : non vérifié, selon chaque caisse | Variable | Caisse de retraite principale |
| CCAS | Habitants de la commune, selon ses règles250 | Aide facultative possible | Variable | Mairie |
| Mutuelle | Selon le contrat | Certains contrats ont un forfait hors nomenclature ; rien d'obligatoire | Selon contrat | Lire le tableau de garanties |
| Complémentaire santé solidaire | Ressources modestes | Rien pour les protections : elle ne couvre que des prestations remboursables ; elle couvre la part restante des étuis, poches et sondes251 | — | — |
Même non remboursée, l'ordonnance sert : le plan d'aide APA, la MDPH, la CPAM, la mutuelle et le pharmacien s'appuient dessus. Pour les produits LPP, la loi impose une durée de 12 mois au plus, avec renouvellements « par périodes maximales d'un mois », la désignation du produit et la quantité.255256 Aucun texte imposant une ordonnance séparée pour la LPP n'a été retrouvé dans le code de la sécurité sociale ; séparer protections (non remboursables) et LPP évite en pratique les refus.
Exemples à adapter : le nombre de sondages et le calibre relèvent du prescripteur initial (section 16). Chez l'homme, la HAS a recommandé de ne plus rembourser les sondes sèches, au profit des sondes prélubrifiées ou hydrophiles.232
Quelques questions, et la liste des aides plausiblement mobilisables, avec leurs conditions lues dans les textes au 05/10/2026. Rien n'est promis : la décision appartient au département, à la MDPH ou à la caisse.
Sources de l'outil : APA 17233243 ; PCH 18244245 ; AEEH 246248 ; EHPAD 237 ; CPAM 238249 ; CCAS 250 ; complémentaire santé solidaire et ALD 236251.
Produit, niveau, quantités jour et nuit, durée : l'ordonnance se calcule (quantités pour 30 jours). Les produits LPP sont limités à 12 mois, délivrés par périodes d'un mois.255
Aucun médicament ne guérit une incontinence. Contre l'urgenturie, le gain moyen est d'environ un épisode de moins par jour ; contre l'incontinence d'effort, il n'y a plus de médicament disponible en France. Le premier geste médicamenteux reste souvent de retirer celui qui aggrave les fuites.
Statut lu dans les fichiers de la Base de données publique des médicaments téléchargés le 05/10/2026 ; avis de la HAS lus dans la même base.11 Une molécule « absente » n'a aucune spécialité autorisée en France, même si elle a une AMM européenne.257
| Molécule | Spécialités commercialisées | Remboursement | Avis HAS (SMR) |
|---|---|---|---|
| Hyperactivité vésicale (HAV) — antimuscariniques | |||
| Oxybutynine | Ditropan 5 mg, génériques 5 mg (EG, Viatris, Biogaran, Teva) | 30 % | Faible (2019)11 |
| Solifénacine | Vesicare 5 et 10 mg, nombreux génériques ; Vesicare suspension buvable 1 mg/mL | 30 % (comprimés) ; suspension non remboursée | Modéré (2016)11 |
| Trospium | Ceris 20 mg, Trospipharm 20 mg, chlorure de trospium Viatris 20 mg | 30 % | Modéré (2018)11 |
| Fésotérodine | Toviaz LP 4 et 8 mg, génériques LP | 30 % | Modéré (2013)11 |
| Toltérodine | Detrusitol 2 mg | Non remboursé | — |
| Darifénacine | Absente (Emselex : AMM européenne, non commercialisé en France) | — | — |
| Oxybutynine transdermique | Absente (Kentera : AMM européenne, non commercialisé en France) | — | — |
| Propivérine | Absente | — | — |
| Flavoxate | Urispas 200 mg : non commercialisé (arrêt déclaré le 24/10/2024) | — | — |
| HAV — agonistes β3 | |||
| Mirabegron | Betmiga LP 25 et 50 mg | Non remboursé | Insuffisant (2017)14 |
| Vibégron | Obgemsa 75 mg (commercialisé depuis le 13/04/2026) | Non remboursé | Faible (2025), ASMR V258 |
| Incontinence d'effort | |||
| Duloxétine (Yentreve) | Absente (AMM européenne dans l'IU d'effort de la femme, non commercialisé en France) ; les génériques de duloxétine sont remboursés pour la dépression et la douleur neuropathique diabétique, pas pour l'IU | — | — |
| Nycturie | |||
| Desmopressine | Minirin 0,1 mg, Minirinmelt 60/120/240 µg, génériques sublinguaux ; Nocdurna absent | 65 % — mais indication nycturie non remboursable | Insuffisant dans la nycturie (2016)259 |
| Œstrogènes vaginaux | |||
| Promestriène | Colpotrophine capsule vaginale et crème | 30 % | Modéré (2018)11 |
| Estriol | Trophicrème 0,1 %, Physiogine crème 0,1 %, Gydrelle 0,1 % ; Physiogine ovule 0,5 mg ; Blissel gel | Crèmes 30 % ; ovule 15 % ; Blissel non remboursé | Crème modéré, ovule faible (2014-2018)11 |
| Estradiol, prastérone | Estring (anneau), Estradiol Exeltis 10 µg comprimé vaginal ; Intrarosa (prastérone) | Non remboursés | — |
| Homme : hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) | |||
| Tamsulosine | Omix LP, Omexel LP 0,4 mg, génériques | 30 % | Modéré (2018)11 |
| Alfuzosine, silodosine, doxazosine LP, térazosine | Xatral LP 10 mg ; Urorec, Silodyx 4/8 mg ; doxazosine LP 4/8 mg ; Hytrine, Dysalfa | 30 % | — |
| Prazosine | Alpress LP : non commercialisé | — | — |
| Finastéride 5 mg, dutastéride | Chibro-Proscar, Avodart, génériques | 30 % | — |
| Dutastéride + tamsulosine | Combodart, génériques | 15 % | — |
| Solifénacine + tamsulosine | Vecalmys 6 mg/0,4 mg | 30 % | Modéré (2023), ASMR V260 |
| Tadalafil 5 mg | Cialis 5 mg, génériques | Non remboursé | — |
| Spécialiste | |||
| OnabotulinumtoxinA | Botox 100 U | Réservé à l'usage hospitalier | Important dans l'HAV idiopathique (2014), ASMR IV261 |
« — » : pas d'avis de la Commission de la transparence pour cette spécialité dans la BDPM, ou sans objet. Taux lus par présentation commercialisée ; statuts susceptibles de changer.
Un antimuscarinique bloque l'acétylcholine qui commande la contraction du détrusor. Contre-indications communes : rétention urinaire, affection digestive sévère (occlusion, mégacôlon toxique, colite sévère), myasthénie, glaucome par fermeture de l'angle (non contrôlé, ou même contrôlé pour l'oxybutynine et la solifénacine).265266267268269
| Molécule | Dose usuelle → maximum | Rein | Foie | Interactions clés | CI ou mise en garde propre |
|---|---|---|---|---|---|
| Oxybutynine 5 mg (Ditropan) | 2,5 mg × 3/j → 5 mg × 2-3/j ; max 5 mg × 4/j. Âgé : 2,5 mg × 2/j, jusqu'à 10 mg/j | Prudence | Prudence | Métabolisée par le CYP3A4 (inhibiteurs : exposition accrue) ; réduit l'effet des inhibiteurs de la cholinestérase ; alcool : somnolence | Effets centraux (confusion, hallucinations) ; coup de chaleur ; CI si risque de rétention urétro-prostatique265 |
| Solifénacine (Vesicare) | 5 mg/j → 10 mg/j | Clairance ≤ 30 : 5 mg max ; hémodialyse : CI | Child-Pugh B : 5 mg max ; C : CI | Inhibiteur puissant du CYP3A4 : 5 mg max ; CI s'il s'ajoute à une IR sévère ou une IH modérée | QT long ; attendre ~1 semaine après l'arrêt avant un autre anticholinergique266 |
| Trospium (Ceris) | 20 mg × 2/j, à jeun avant les repas | Clairance 10-30 : 20 mg/j ou 1 jour sur 2 | Sévère : déconseillé | Pas d'interaction métabolique sur les cytochromes attendue ; cholestyramine, gomme guar : absorption réduite | CI : tachyarythmie269 |
| Fésotérodine LP (Toviaz) | 4 mg/j → 8 mg/j | FG < 30 : 4 mg | Child-Pugh B : 4 mg ; C : CI | Inhibiteur puissant du CYP3A4 : 4 mg ; CI avec IR ou IH modérée à sévère ; inducteurs (rifampicine, carbamazépine, millepertuis) : déconseillés | Œdème de Quincke ; QT267 |
| Toltérodine (Detrusitol, non remboursé) | 2 mg × 2/j | FG ≤ 30 : 1 mg × 2/j | 1 mg × 2/j | Inhibiteurs puissants du CYP3A4 (clarithromycine, azolés, antiprotéases) : déconseillés | Allongement du QTc268 |
| Molécule | Dose | Rein | Foie | Interactions | CI et surveillance |
|---|---|---|---|---|---|
| Mirabegron (Betmiga LP) | 50 mg/j, y compris chez l'âgé | DFG 15-29 : 25 mg ; < 15 ou dialyse : non recommandé | Child-Pugh B : 25 mg ; C : non recommandé | Inhibiteur modéré du CYP2D6 : exposition au métoprolol ×3,3, à la désipramine ×3,4 — prudence avec flécaïnide, propafénone, tricycliques ; digoxine, dabigatran (P-gp). Inhibiteur puissant du CYP3A : 25 mg si IR légère-modérée ou IH légère, non recommandé si IR sévère ou IH modérée | CI : HTA sévère non contrôlée (≥ 180/110 mmHg). Mesurer la pression artérielle au début puis régulièrement271 |
| Vibégron (Obgemsa) | 75 mg/j (comprimé écrasable dans de la compote) | Pas d'adaptation si DFG 15-90 ; < 15 : non recommandé | Child-Pugh A-B : pas d'adaptation ; C : non recommandé | Pas d'ajustement avec le CYP3A ; digoxine à surveiller ; prudence avec dabigatran, apixaban, rivaroxaban (P-gp) | Seule CI : hypersensibilité ; surveiller une rétention si obstruction ou antimuscarinique associé272 |
Exposition « ×3,3 » et « ×3,4 » : augmentation de l'aire sous la courbe de 229 % et 241 % rapportée par le RCP.
| Situation | Éviter | Plutôt |
|---|---|---|
| Troubles cognitifs, démence | Antimuscariniques (STOPP I1)276 ; oxybutynine en tête (risque de confusion plus important)262 | Mesures comportementales ; β3 (non remboursés)263 |
| Personne âgée fragile, chutes | Oxybutynine à libération immédiate5 ; antimuscariniques et alpha-bloquants hors silodosine si chutes répétées (STOPP K10, K12)276 | Dose initiale réduite, réévaluation rapprochée |
| Sous donépézil, galantamine, rivastigmine | Ajouter un antimuscarinique sans se demander si l'IU a commencé avec l'anticholinestérasique (cascade de prescription)277 ; l'oxybutynine peut réduire l'effet de l'anticholinestérasique265 | Réévaluer l'anticholinestérasique avec le prescripteur ; mesures comportementales |
| Glaucome à angle fermé | Tout antimuscarinique s'il n'est pas contrôlé ; oxybutynine et solifénacine même contrôlé265266 | Avis ophtalmologique avant tout antimuscarinique263 ; β3 (pas de CI oculaire)271272 |
| Constipation chronique | Antimuscariniques (STOPP I4)276 | β3 : moins de constipation263 |
| HTA non contrôlée | Mirabegron (CI si ≥ 180/110 ; STOPP I6 si HTA labile ou sévère)271276 | Vibégron (sans cette mise en garde)263272 |
| Insuffisance rénale (DFG < 30) | Doses pleines | Solifénacine 5 mg, trospium 20 mg/j, fésotérodine 4 mg, mirabegron 25 mg, vibégron sans adaptation au-dessus de 15266267269271272 |
| Polymédication, inhibiteur puissant du CYP3A4 | Toltérodine ; doses pleines de solifénacine et fésotérodine266267268 | Trospium (pas d'interaction métabolique attendue)269 ; vibégron272 |
| Homme avec HBP et RPM élevé | Antimuscarinique si RPM > 200 mL (STOPP I3)276 ; oxybutynine si risque de rétention urétro-prostatique (CI)265 | Mesurer le RPM ; alpha-bloquant d'abord, puis ajout (voir plus bas) |
| Tachyarythmie, QT long | Trospium (CI si tachyarythmie)269 ; prudence avec solifénacine, toltérodine, fésotérodine (QT)266267268 | Avis cardiologique selon le contexte |
Cochez ce qui s'applique. L'outil applique les règles R1 à R17 ci-dessous (RCP, STOPP v3, NICE, AUA) et rend, molécule par molécule : contre-indiqué, à éviter, dose maximale, prudence ou possible. Il ne remplace ni le RCP ni l'examen.
| Règle | Contenu appliqué par l'outil |
|---|---|
| R1 | Glaucome à angle fermé non contrôlé : CI de tous les antimuscariniques ; contrôlé : CI oxybutynine et solifénacine, prudence pour les autres avec avis ophtalmologique.263265266267268269 |
| R2 | Myasthénie : CI de tous les antimuscariniques.265266267268269 |
| R3 | Rétention ou RPM > 200 mL : CI des antimuscariniques (rétention) et à éviter chez l'homme avec HBP (STOPP I3) ; β3 : prudence, avis urologique d'abord.266271272276 |
| R4 | Obstruction sous-vésicale : CI oxybutynine ; prudence pour les autres antimuscariniques et les β3 ; mesurer le RPM.263265267271272 |
| R5 | Affection digestive sévère : CI de tous les antimuscariniques ; constipation chronique : à éviter (STOPP I4).265266267268269276 |
| R6 | Troubles cognitifs : antimuscariniques à éviter (STOPP I1), discuter le risque, préférer un β3.263276 |
| R7 | Fragilité : oxybutynine à éviter ; chutes répétées : antimuscariniques à éviter (STOPP K12).5276 |
| R8 | Anticholinestérasique : chercher une cascade de prescription ; l'oxybutynine peut en réduire l'effet.265277 |
| R9 | Autre anticholinergique : à éviter (STOPP M1), effets additifs.265276 |
| R10 | Fonction rénale : solifénacine 5 mg max si ≤ 30, CI si hémodialyse ; trospium 20 mg/j si 10-30 ; toltérodine 1 mg × 2 si ≤ 30 ; fésotérodine 4 mg si < 30 ; mirabegron 25 mg si 15-29, non recommandé si < 15 ou dialyse ; vibégron non recommandé si < 15.266267268269271272 |
| R11 | Fonction hépatique : B → solifénacine 5 mg, fésotérodine 4 mg, toltérodine 1 mg × 2, mirabegron 25 mg ; C → CI solifénacine et fésotérodine, trospium déconseillé, mirabegron et vibégron non recommandés ; oxybutynine : prudence.265266267268269271272 |
| R12 | Inhibiteur puissant du CYP3A4 : solifénacine 5 mg (CI si IR ≤ 30 ou IH B) ; fésotérodine 4 mg si fonctions normales, à éviter si IR 50-80 ou IH A, CI si IR < 50 ou IH B ; toltérodine déconseillée ; oxybutynine : prudence ; mirabegron 25 mg si IR 30-89 ou IH A, non recommandé si IR 15-29 ou IH B. Inhibiteur modéré : fésotérodine 4 mg si IR 30-80 ou IH A, à éviter si IR < 30 ou IH B, sans adaptation si fonctions normales.265266267268271 |
| R13 | HTA sévère non contrôlée : CI mirabegron ; vibégron sans cette mise en garde.263271276 |
| R14 | Tachyarythmie : CI trospium, prudence oxybutynine ; QT : prudence solifénacine, toltérodine, fésotérodine, mirabegron.265266267268269271 |
| R15 | Substrat du CYP2D6 à marge étroite : prudence mirabegron.271 |
| R16 | Digoxine, dabigatran : surveillance avec mirabegron et vibégron.271272 |
| R17 | Grossesse : oxybutynine à ne pas utiliser sauf réelle nécessité ; toltérodine déconseillée ; fésotérodine, mirabegron et vibégron non recommandés (mirabegron et vibégron aussi chez la femme pouvant être enceinte sans contraception) ; solifénacine et trospium avec prudence. Allaitement : oxybutynine à ne pas administrer ; solifénacine et toltérodine à éviter ; fésotérodine non recommandée ; mirabegron et vibégron à ne pas utiliser ; trospium avec précaution (rubrique 4.6 des RCP).265266267268269271272 |
L'outil prend la valeur saisie comme DFG ou clairance indifféremment (les RCP n'utilisent pas tous la même mesure). Sans valeur, la fonction rénale est réputée normale. Le seuil « fésotérodine : IR < 50 » correspond à l'IR « modérée » du RCP (30-50 mL/min). Pour l'oxybutynine et le trospium, dont les RCP demandent la prudence en cas d'insuffisance rénale sans la chiffrer (en dehors de la tranche 10-30 du trospium), l'outil signale la prudence sous 60 mL/min : c'est un choix de l'outil, pas un seuil du RCP. Aucun seuil d'âge n'est utilisé : aucune source lue ne fixe un âge précis au-delà duquel un antimuscarinique serait interdit.
Pour l'IU d'effort : rééducation (section 14), dispositifs (section 16), chirurgie (sections 20 et 21).
| Médicament | Mécanisme | Ce qui est montré |
|---|---|---|
| Diurétiques (surtout de l'anse) | Afflux d'urine, urgenturie ; polyurie nocturne | STOPP B10 : éviter un diurétique de l'anse pour une HTA si incontinence276 ; cause de polyurie nocturne28 |
| Alpha-bloquants chez la femme (doxazosine, térazosine, prazosine) | Baisse du tonus de l'urètre | IU chez 40,8 % contre 16,3 % ; disparue chez 13 femmes sur 18 à l'arrêt297 |
| IEC | Toux, donc fuites d'effort | Cas clinique seulement298 |
| Benzodiazépines | Sédation, baisse de la vigilance mictionnelle | OR 1,44 chez la personne âgée à domicile, plus marqué pour les molécules à demi-vie longue299 |
| Clozapine | Énurésie nocturne | 20,7 % des patients, deux à trois fois plus qu'avec les autres antipsychotiques atypiques300 |
| Inhibiteurs de la cholinestérase | Stimulation du détrusor | Cascade : plus de prescriptions d'anticholinergique pour IU (HR 1,55)277 |
| Anticholinergiques, opioïdes, inhibiteurs calciques, benzodiazépines | Rétention, donc incontinence par regorgement | Jusqu'à 10 % des rétentions attribuables à un médicament301 |
| Inhibiteurs calciques, ISRS | Polyurie nocturne | Cités comme causes de polyurie nocturne28 ; ISRS : risque relatif d'IU 1,61, plus élevé chez l'âgé et sous sertraline302 |
| Lithium | Polyurie, diabète insipide néphrogénique | RCP : soif et polyurie ; consulter si elles apparaissent303 |
| Prégabaline | — | RCP : incontinence urinaire « peu fréquente », rétention « rare »304 ; gabapentine non vérifiée ici |
| Gliflozines (dapagliflozine…) | Glycosurie, diurèse osmotique | RCP : polyurie « fréquente », nycturie « peu fréquente »305 |
| Caféine | Urgenturie | NICE : essai de réduction de la caféine dans l'HAV5 |
Alcool : souvent cité, mais aucune source primaire lue ce jour pour le chiffrer ; voir section 13. Les études citées sont observationnelles (sauf mention) : elles montrent une association, pas toujours la causalité.
À adapter au terrain (tableau et outil ci-dessus). Réévaluation avec un catalogue mictionnel.5
Plainte ou trouble cognitif : mesures comportementales d'abord, puis agoniste β3 ; un antimuscarinique, même le trospium, seulement après avoir discuté le risque avec le patient et son entourage (tableau « Choisir selon le terrain »).13276
Doses : RCP269271 ; choix : faible interaction du trospium et argument théorique de moindre passage cérébral263269. Éviter l'oxybutynine à libération immédiate.5
Sources : RCP et NICE CG97 ; seuil de RPM : STOPP I3 et AUA.28263276286295
Posologies : RCP.278279 « Réévaluation à 3 mois » : choix de rédaction, pas une règle du RCP.
RCP285 ; mention NR259281 ; natrémie avant traitement : l'hyponatrémie est une contre-indication et une natrémie à la limite basse de la normale augmente le risque (RCP)285 ; natrémie à J3 : NICE.28
Le généraliste adresse ; l'urologue ou l'urogynécologue choisit. Ce qu'il faut savoir pour orienter et pour répondre au patient : ce que ça apporte, ce que ça coûte en contraintes, et ce qui ne marche pas.
| Technique | Efficacité (essais) | Principal risque | Contrainte |
|---|---|---|---|
| Toxine 100 U | −2,7 à −3 fuites/j (placebo −0,9 à −1)308309 | Rétention, autosondage 6,5 %, infection urinaire261 | Réinjection vers 6 mois ; savoir se sonder306 |
| Neuromodulation sacrée | Succès 61 % contre 42 % à 6 mois310 | Révision 38 %, explantation 14,6 % à 5 ans307 | Test, chirurgie, batterie, IRM sous conditions307 |
| Nerf tibial percutané | 54,5 % contre 20,9 % améliorés313 | Aucun effet grave rapporté313 | 12 séances hebdomadaires313 |
| Nerf tibial transcutané | Incertaine ; nulle en EHPAD316 | Aucun effet grave rapporté316 | Séances quotidiennes, abandons fréquents315 |
On n'opère qu'une incontinence d'effort qui gêne encore après une rééducation bien conduite. En France, la pose d'une bandelette passe par une concertation pluridisciplinaire, une fiche d'information officielle et un délai de réflexion ; le généraliste informe, oriente, puis repère les complications, parfois des années après.
Une bandelette sous-urétrale est une bande de polypropylène posée sans tension sous le milieu de l'urètre par une courte incision vaginale.123321 Dans la description princeps (75 femmes, anesthésie locale), 84 % étaient guéries à 2 ans, la sortie avait lieu le jour même ou le lendemain et l'arrêt de travail moyen était de 10 jours.123
| Complication | Rétropubienne (TVT) | Transobturatrice (TOT) | Source |
|---|---|---|---|
| Perforation de vessie pendant la pose | 4,5 % | 0,6 % | Cochrane20 |
| Trouble de la vidange réopéré (bandelette trop serrée) | 2,7 % | 0 % | TOMUS322 |
| Douleurs de l'aine (en général brèves) | 1,3 % | 6,4 % | Cochrane20 |
| Douleurs sus-pubiennes | 2,9 % | 0,8 % | Cochrane20 |
| Symptômes neurologiques (cuisse, aine) | 4,0 % | 9,4 % | TOMUS322 |
| Exposition vaginale | 21 pour 1000 | 24 pour 1000 | Cochrane20 |
| Complication grave à 2 ans (registre français) | 5,8 % | 2,9 % | VIGI-MESH326 |
| Réintervention pour récidive à 2 ans | 2,7 % | 2,8 % (risque ajusté ×1,9) | VIGI-MESH326 |
| Ablation ou section de bandelette à 5 ans (France) | 4,13 % | 3,25 % | SNDS327 |
Lecture : la voie rétropubienne expose plus aux plaies de vessie et aux troubles de vidange, la voie transobturatrice aux douleurs de l'aine et de la cuisse et aux récidives. Les complications tardives sont mal connues : c'est la principale incertitude reconnue par toutes les évaluations.5328
Un médecin de l'équipe chirurgicale revoit la patiente dans les 2 mois, puis à 1 an (la recommandation HAS de 2023 disait « dans le mois »).21330 Entre-temps et ensuite, c'est souvent le médecin traitant qui voit arriver les complications, parfois très à distance de l'intervention.330
| Ce que dit la patiente | Ce qu'il faut évoquer | Conduite |
|---|---|---|
| N'arrive pas ou mal à uriner dans les jours qui suivent | Bandelette trop serrée, hématome | Recontacter le jour même l'équipe : si la bandelette est en cause, elle se détend chirurgicalement dans les 7 jours ; ni médicament ni dilatation de l'urètre.330 |
| Jet faible, poussée, infections urinaires à répétition, fuites par regorgement, des mois après | Obstruction chronique (dysurie tardive, souvent pauci-symptomatique) | Mesurer le résidu post-mictionnel (section 07) et adresser au chirurgien : pas de médicament ni de dilatation ; section de la bandelette si obstruction.330 |
| Pertes, saignements vaginaux, sensation de corps étranger, douleurs aux rapports (dyspareunie) ou douleur du partenaire (hispareunie) | Exposition vaginale de la bandelette | Examen au spéculum si possible, et adresser au chirurgien. Une petite exposition (< 1 cm) sans symptôme peut relever d'œstrogènes locaux ; sinon exérèse.330 |
| Envies pressantes nouvelles, douleurs vésicales ou urétrales, hématurie, infections récidivantes | Exposition dans la vessie ou l'urètre ; obstruction ; infection | ECBU ; adresser pour cystoscopie. En l'absence de cause, prise en charge d'une hyperactivité vésicale (section 18, section 19).330 |
| Douleur de l'aine ou de la racine de la cuisse qui persiste | Douleur chronique, plus fréquente après voie transobturatrice | Traitements non chirurgicaux d'abord ; ablation discutée en concertation pluridisciplinaire si échec.330 |
| Fièvre, cicatrice rouge, chaude, surélevée | Infection | Avis chirurgical rapide : une infection de bandelette impose antibiothérapie et explantation la plus complète possible.330 |
| Technique | Principe | Résultat | Complications principales | Séjour | Pour qui |
|---|---|---|---|---|---|
| Bandelette rétropubienne (TVT) | Hamac synthétique sous l'urètre, bras derrière le pubis | 71-97 % guéries à 1 an ; ≈ 90 % à 17-20 ans dans de petites cohortes20323324 | Plaie de vessie, trouble de vidange, exposition20322 | Ambulatoire ou < 48 h348 | Incontinence d'effort après échec de la rééducation ; voie préférée par NICE et EAU56 |
| Bandelette transobturatrice (TOT) | Même hamac, bras par le trou obturateur | 62-98 % guéries à 1 an ; plus de récidives à long terme20 | Douleurs de l'aine et de la cuisse20322 | < 48 h, ambulatoire possible349 | Antécédents pelviens rendant la voie rétropubienne risquée5 |
| Mini-bandelette | Bandelette courte, une seule incision | 72 % de succès à 3 ans329 | Dyspareunie, réintervention329 | — | Non disponible en France hors recherche330 |
| Colposuspension de Burch | Suspension du vagin aux ligaments du bassin | 68,9-88,0 % guéries (chirurgie ouverte)335 | Prolapsus secondaire6335 | Non chiffré dans les sources lues | Femme qui ne veut pas de prothèse56 |
| Bandelette autologue | Bandelette taillée dans l'aponévrose de la patiente | 66 % de succès sur l'effort à 2 ans337 | Difficultés mictionnelles, infections, urgenturies337 | < 48 h le plus souvent350 | Refus de prothèse ; incontinence « compliquée » (origine neurologique, échec d'une autre technique, radiothérapie)6350 |
| Agent de comblement | Gel injecté sous la muqueuse de l'urètre | 60 à 75 % très satisfaites (1 à 5 ans)338339 | Peu graves ; réinjections fréquentes6 | Non chiffré dans les sources lues | Femme qui demande un geste à faible risque, ou pour qui les autres interventions ne conviennent pas56 |
| Sphincter artificiel | Manchette gonflable qui ferme l'urètre, ouverte par une pompe sous la peau | 42-86 % sans protection341 | Révision, panne, explantation341 | Non chiffré dans les sources lues | Échec d'une autre chirurgie, centre expert56 |
| Laser, radiofréquence | Chauffage de la paroi vaginale | Contradictoire, au mieux modeste et bref343345 | Douleurs, rares brûlures342 | — | Pas en dehors d'un essai6318 |
Les taux ne sont pas comparables d'une ligne à l'autre : définitions de la guérison, durées de suivi et populations diffèrent.
La plupart des hommes récupèrent dans l'année qui suit la prostatectomie. Pour ceux qui fuient encore, bandelette ou sphincter artificiel se discutent avec l'urologue ; le généraliste doit surtout savoir qu'on ne sonde jamais un porteur de sphincter artificiel sans l'avoir désactivé.
Le sphincter urinaire artificiel (modèle de référence AMS 800, trois éléments : manchette autour de l'urètre, pompe dans le scrotum, ballon régulateur de pression) est le traitement standard de l'incontinence d'effort modérée à sévère de l'homme ; son principe a été publié par Scott en 1973.35352
La climacturie (fuite d'urine à l'orgasme) concerne environ un tiers des hommes après prostatectomie (20 à 93 % selon les études) et est rarement évoquée spontanément : la demander. Mesures simples : vider la vessie avant le rapport, préservatif, dispositif d'occlusion pénienne ; chirurgie possible, évaluée sur de petites séries.364
L'incontinence est fréquente, souvent due à plusieurs causes à la fois, et souvent aggravée par l'hôpital, les médicaments et les protections. Avant de traiter la vessie, on cherche les causes réversibles. La sonde à demeure n'est presque jamais la bonne réponse.
La HAS rappelle cet acronyme anglais des causes transitoires ou réversibles d'incontinence. À passer en revue avant tout traitement de la vessie.366
| Lettre | Cause | Ce que le généraliste vérifie |
|---|---|---|
| D | Délire ou état confusionnel | Une rétention peut se présenter par une confusion : mesurer le résidu post-mictionnel (section 04).366 |
| I | Infection urinaire basse | Bandelette urinaire (section 07).370 |
| A | Carence hormonale (atrophie vulvo-vaginale) | Examen vulvaire. Œstrogènes locaux : section 18. |
| P | Causes psychologiques, dont la dépression | Humeur, isolement.366 |
| P | Polymédication : anticholinergiques, opiacés, sédatifs, diurétiques… | Revue d'ordonnance (section 18).366 |
| E | Excès de diurèse : apports, perfusions, diurétiques | Horaire des diurétiques, apports (catalogue, section 06).366 |
| R | Restriction de mobilité | Contentions, aide à la marche absente, toilettes éloignées ou mal éclairées.366 |
| S | Constipation, fécalome (10 % des incontinences des personnes âgées d'après la HAS) | Toucher rectal, transit.366 |
La HAS attribue l'acronyme à « Reisnick 1984 ». L'article original de N. M. Resnick n'a pas été relu ici.
| Technique | Principe | Ce que montrent les essais |
|---|---|---|
| Mictions incitées (prompted voiding) | Demander régulièrement à la personne si elle veut uriner, l'accompagner, la féliciter quand elle y va. | 5 essais, 355 personnes âgées : plus de mictions spontanées et moins de fuites à court terme. Aucune donnée à long terme.371 |
| Mictions programmées (timed voiding) | Toilettes à heures fixes, pour qui ne peut pas y aller seul. | 2 essais, 298 participants : données trop rares pour conclure, pour ou contre.372 |
| Rééducation de l'habitude (habit retraining) | Horaire calé sur le rythme mictionnel propre de la personne, pour passer avant la fuite. | 3 essais, 337 participants : pas de différence significative entre groupes. Les soignants ont du mal à tenir les relevés (observance de 61 % dans un essai).373 |
Indications reconnues d'une sonde urétrale au long cours (NICE) :5
Recommandations françaises sur le sondage intermittent, y compris chez le sujet âgé : AFU, GENULF, SOFMER et SIFUD-PP, 2020.375 Dispositifs : section 16.
La première priorité est le rein, avant la continence. Deux urgences à ne pas manquer : le syndrome de la queue de cheval et la compression médullaire. Chez le blessé médullaire haut, une vessie pleine peut déclencher une poussée hypertensive grave.
| Maladie | Ce que fait la vessie | Repère pour le généraliste |
|---|---|---|
| Sclérose en plaques | Troubles de la vidange chez 10 % au début, chez 75 % après 10 ans d'évolution. Hyperactivité détrusorienne 43-65 %, dyssynergie vésico-sphinctérienne 35 %, détrusor hypoactif 25 %.368 | Risque rénal accru avec : durée de la maladie, sonde à demeure, contractions de forte amplitude, pression vésicale élevée permanente. Peut-être aussi : dyssynergie, âge > 50 ans, sexe masculin.379 |
| Maladie de Parkinson | Surtout des troubles du remplissage (hyperactivité).368 | Un détrusor peu contractile avec un résidu > 150 mL oriente plutôt vers une atrophie multisystématisée.368 |
| AVC | Incontinence chez 40 à 60 % des patients admis, 25 % à la sortie, 15 % à 1 an.380 Surtout nycturie, urgenturie, hyperactivité ; 71 à 80 % de récupération spontanée à 6 mois.368 | Une incontinence qui persiste est de mauvais pronostic.368 Pour les traitements spécifiques après AVC, les preuves sont de faible qualité.380 |
| Démences | Hyperactivité vésicale. Incontinence trois fois plus fréquente que sans démence.368 | Voir section 22. |
| Hydrocéphalie à pression normale | Triade : troubles de la marche, troubles cognitifs, troubles vésicaux (surtout hyperactivité, chez 76 à 83 % des patients). Touche 0,5 % des plus de 60 ans et jusqu'à 2,9 % des plus de 65 ans.368 | Décrite en 1965 comme un syndrome « curable ».381 Marche à petits pas, oublis et urgenturie ensemble : y penser et demander un avis neurologique. |
| Blessé médullaire | Hyperactivité et dyssynergie (jusqu'à 95 %) ou détrusor hypoactif (jusqu'à 83 %), selon le niveau de la lésion.368 | Suivi urologique à vie. Si la lésion est au niveau T6 ou au-dessus, risque de dysréflexie autonome (encadré ci-dessous).368 |
| Spina bifida | Vessie atteinte chez jusqu'à 96 % des patients ; plus de 50 % sont incontinents.368 | Risque rénal élevé : suivi spécialisé continu, à vie.376 |
| Diabète (cystopathie) | D'abord hyperactivité ± fuites par urgenturie, puis baisse de la sensibilité et détrusor hypoactif.368 | Chez le diabétique ancien qui urine rarement et « mal », mesurer le résidu. |
| Rachis lombaire (hernie, canal étroit) | Difficulté à uriner et détrusor acontractile chez 26 % dans une série.368 | Rechercher un syndrome de la queue de cheval (encadré ci-dessus). |
| Chirurgie pelvienne lourde | Rétention chez 50 % après amputation abdomino-périnéale ; 10 à 30 % de troubles de la vidange après exérèse totale du mésorectum.368 | Résidu après la chirurgie. |
Ce qui précède est tiré des tableaux épidémiologiques des recommandations EAU de neuro-urologie (édition 2026), qui citent leurs sources primaires.
| Quoi | Repère |
|---|---|
| Haut appareil | Patient à haut risque : échographie environ tous les 6 mois, examen clinique et analyse d'urine chaque année. Ailleurs, intervalle à adapter, souvent pas plus de 1 à 2 ans.368 |
| Fonction rénale | Créatinine trompeuse quand la masse musculaire est faible : un DFG calculé sur la cystatine C semble plus fiable.368 |
| Bactériurie | Fréquente sous autosondage (23 à 89 %). Ni dépistage, ni traitement si elle est asymptomatique : la traiter sélectionne des germes résistants sans bénéfice.368 |
| Infection symptomatique | Toujours une infection compliquée : pas de traitement monodose. Les signes peuvent être atypiques : examen microbiologique obligatoire.368 |
| Tout changement | Fuites nouvelles, infections fébriles répétées, hausse du résidu ou de la créatinine : réadresser au spécialiste.368 |
Pendant la grossesse, quatre femmes sur dix ont des fuites, et environ une sur trois l'année suivant l'accouchement. Les recommandations françaises ne prévoient pas de rééducation pour toutes, mais pour celles qui fuient encore à 3 mois. Chez la sportive, avoir des muscles forts ne protège pas des fuites.
| Situation | Recommandation CNGOF 2015 (publiée en 2016) |
|---|---|
| Pas de symptôme | Rééducation non recommandée pour prévenir l'incontinence urinaire ou anale à moyen et long terme (accord professionnel).384 |
| Incontinence urinaire persistant à 3 mois | Rééducation par contractions des muscles du plancher pelvien recommandée, quel que soit le type de fuite (grade A).384 |
| Incontinence anale | Rééducation recommandée (grade C).384 |
| Prolapsus, dyspareunie | Rééducation non recommandée pour les traiter ou les prévenir (grade C).384 |
Aucune donnée chiffrée retenue ici. En dehors d'une chirurgie prostatique, une incontinence chez un homme jeune est inhabituelle. Elle se traite comme un signe d'appel : chercher une cause neurologique (section 23), une rétention ou un traumatisme (section 02).
Pour chacune : ce qu'on entend, ce que montrent les données, et la source. Une étiquette dit si l'idée est fausse ou en partie vraie.
On entend : « C'est normal avec l'âge, ou après un accouchement : on n'y peut rien. » Faux
En réalité : fréquent ne veut dire ni normal ni sans remède. Dans l'incontinence d'effort, après une rééducation périnéale, 56 % des femmes se disent guéries, contre 6 % sans traitement.9 Après un accouchement, la rééducation est recommandée si les fuites persistent à 3 mois.384 Chez de jeunes Françaises n'ayant jamais accouché, 19 % trouvent normal de perdre quelques gouttes en toussant.395
On entend : « Il faut boire moins. » En partie vrai
En réalité : chez qui boit beaucoup, boire 25 % de moins réduit la fréquence des mictions, l'urgence et la nycturie en cas d'hyperactivité vésicale.187 Boire moins réduit aussi les fuites chez certaines femmes.188 Mais le NICE conseille d'ajuster les boissons quand elles sont trop abondantes ou trop faibles : se déshydrater n'est pas un traitement.5 Voir section 13.
On entend : « Faire le stop-pipi muscle le périnée. » Faux
En réalité : 42 % de jeunes Françaises n'ayant jamais accouché le croient.395 Aucun essai ne l'a validé comme entraînement. Des kinésithérapeutes spécialisés le déconseillent, car la vessie se vide alors mal, ce qui pourrait favoriser les infections : c'est un avis d'expert, sans essai.396 L'entraînement qui a fait ses preuves se fait en dehors des mictions, au moins 8 contractions 3 fois par jour pendant au moins 3 mois.5 Voir section 14.
On entend : « La césarienne protège de l'incontinence. » En partie vrai
En réalité : à long terme, l'incontinence d'effort est plus fréquente quand l'enfant est né par voie basse que par césarienne (OR 1,85 ; environ 8 points de plus en valeur absolue).164 Mais la césarienne ne ramène pas au niveau des femmes sans enfant : 10,1 % de fuites chez les nullipares, 15,9 % après césarienne, 21,0 % après voie basse.163 Elle a aussi un prix pour les grossesses suivantes : placenta praevia (OR 1,74), placenta accreta (OR 2,95), mort fœtale in utero (OR 1,27).397 Le CNGOF recommande de ne pas proposer de césarienne pour prévenir l'incontinence (grade B).387
On entend : « Après 65 ans, la rééducation ne marche plus. » Faux
En réalité : chez des femmes de plus de 65 ans, une rééducation intensive de 20 semaines réduit nettement les fuites d'effort.374 Chez 362 femmes de 60 ans et plus, les fuites baissent de 70 à 74 % à 1 an, en groupe comme en individuel.195 Voir section 22.
On entend : « Les hommes n'ont pas d'incontinence. » Faux
En réalité : dans une enquête nationale américaine, des fuites dans l'année sont rapportées par 11 % des hommes de 60 à 64 ans et 31 % de ceux de 85 ans et plus.398 Causes et traitements propres à l'homme : section 10 et section 21.
On entend : « Une opération règle tout. » Faux
En réalité : les bandelettes sous-urétrales sont efficaces contre les fuites d'effort. Selon les essais, 62 à 98 % des femmes se disent guéries à 1 an, mais seulement 43 à 92 % à plus de 5 ans.20 Elles ne traitent pas l'urgenturie. En cas d'incontinence mixte, le NICE demande de traiter d'abord le symptôme dominant, et de discuter les traitements non chirurgicaux avant d'opérer.5 Voir section 20.
On entend : « Les bandelettes sont interdites en France. » Faux
En réalité : elles sont encadrées, pas interdites. Des arrêtés du 25 avril 2025 encadrent leur pose. La prise en charge de leurs complications graves et leur retrait sont réservés à des établissements listés, jusqu'au 31 janvier 2028 (règles au 05/10/2026).334 Ce qui a été retiré du marché en France (comme aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande), ce sont les implants posés par voie vaginale pour le prolapsus.399 Voir section 20.
On entend : « Le laser vaginal guérit les fuites. » Non démontré
En réalité : quelques essais comparés à un faux traitement montrent une amélioration à 6-12 mois des fuites d'effort légères à modérées : 59 % de succès contre 36 %,400 62,7 % contre 18,2 % dans un essai dont des auteurs sont rémunérés par le fabricant,344 et des résultats proches avec le laser CO₂.401 Les essais sont petits et le recul est court. Le NICE juge les preuves à long terme insuffisantes et réserve le laser à la recherche.402
On entend : « Les protections suffisent. » Faux
En réalité : les protections ne traitent rien. Elles servent en attendant un traitement, en complément, ou une fois les options explorées.5 Utilisées sans raison, elles favorisent même l'incontinence chez la personne âgée.366 Dans quatre pays européens, la moitié des femmes qui fuient utilisent des protections, mais seulement un quart à 40 % ont consulté.3 Voir section 17.
On entend : « Des fuites, c'est forcément une descente d'organes. » Faux
En réalité : dans un échantillon national américain, 15,7 % des femmes ont une incontinence urinaire modérée à sévère, contre 2,9 % un prolapsus symptomatique. La plupart des fuites surviennent sans descente d'organes.403 Mécanismes : section 09.
On entend : « Boire de la canneberge empêche les fuites. » Faux
En réalité : la canneberge a été étudiée contre les infections urinaires, pas contre les fuites. Elle réduit probablement les infections chez les femmes qui en font souvent (RR 0,74), mais peu ou pas chez les personnes âgées en institution (RR 0,93) ni chez la femme enceinte.404
On entend : « Le café n'a aucun effet sur la vessie. » Faux
En réalité : plus de 450 mg de caféine par jour sont associés à un peu plus de fuites hebdomadaires (RR 1,19), surtout par urgenturie (RR 1,34).405 Réduire la caféine a amélioré l'urgence et la fréquence dans un essai,189 mais pas les symptômes dans un autre.188 L'effet est modeste : le NICE recommande d'essayer de réduire la caféine en cas d'hyperactivité vésicale.5
On entend : « Les médicaments de la vessie sont sans risque. » Faux
En réalité : une forte exposition cumulée aux antimuscariniques vésicaux est associée à plus de démences (OR 1,65). C'est une association, pas une preuve de causalité.13 Le NICE demande de tenir compte de la cognition et de la charge anticholinergique totale.5 Voir section 18.
On entend : « Les fuites chez la jeune sportive, c'est rare. » Faux
En réalité : de 5,6 % à 80 % selon le sport, avec un maximum au trampoline.388 80 % de jeunes trampolinistes de haut niveau fuient, malgré des muscles du périnée forts.390 Près d'une femme sur deux ayant des symptômes pelviens a arrêté un sport.391 Voir section 24.
À composer en consultation, ou par le patient lui-même : on choisit la situation, la feuille se remplit en mots simples, avec les exercices du périnée expliqués pas à pas (section 14) et les conseils utiles. Elle s'imprime seule, sans le reste de la page.
Choisissez le type de fuites pour composer la fiche.
Une histoire faite de bonnes idées, d'un excès d'enthousiasme pour les implants, et d'une leçon venue de la neurologie : la pression dans la vessie est dangereuse. Puis la géographie de l'incontinence, quelques hypothèses sur son origine évolutive, les personnes derrière les noms propres, et les gestes qu'on a eu raison d'oublier.
| Année | Qui | Quoi |
|---|---|---|
| 1948 | A. H. Kegel | Exercices contre résistance des muscles du périnée, contrôlés par un manomètre vaginal, le périnéomètre.406407 |
| 1949 | V. F. Marshall, A. A. Marchetti, K. E. Krantz | Correction de l'incontinence d'effort par une suspension vésico-urétrale.408 |
| 1961 | J. C. Burch | Fixation urétro-vaginale au ligament de Cooper (la colposuspension).409 |
| 1965 | R. D. Adams, S. Hakim et coll. | Hydrocéphalie à pression normale : une cause d'incontinence, avec troubles de la marche et de la mémoire, présentée comme « curable ».381 |
| 1972 | J. Lapides et coll. | Autosondage propre intermittent, sans stérilité stricte.220 |
| 1973 | F. B. Scott, W. E. Bradley, G. W. Timm | Sphincter artificiel implantable.352 |
| 1988 | E. A. Tanagho, R. A. Schmidt | Stimulation électrique pour traiter la vessie neurologique : la lignée de travaux de la neuromodulation sacrée actuelle (section 19).410 |
| 1990 | P. E. Petros, U. Ulmsten | « Théorie intégrale » : fuites d'effort et urgenturie pourraient venir d'un même défaut, une laxité vaginale ou de ses attaches.122 |
| 1994 | J. O. DeLancey | « Hypothèse du hamac » : à la toux, l'urètre est écrasé contre une couche de soutien sous-urétrale. Il n'est pas « dans l'abdomen ».120 |
| 1996 | U. Ulmsten et coll. | Bandelette sous-urétrale sans tension (TVT), posée sous anesthésie locale en ambulatoire : 63 femmes guéries sur 75 (84 %) à 2 ans.123 |
| 2000 | B. Schurch et coll. | Toxine botulique dans le détrusor de blessés médullaires : 17 patients continents sur 19 à 6 semaines.411 |
| 2008 | FDA (États-Unis) | Première alerte sur les implants pelviens synthétiques.412 |
| 2019 | FDA, puis d'autres pays | Retrait complet des implants posés par voie vaginale pour le prolapsus.413 Retrait aussi au Royaume-Uni, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en France.399 |
| 2025 | France | Arrêtés encadrant la pose des bandelettes et réservant la prise en charge de leurs complications graves à des centres listés.334 Une prise de position française propose d'abandonner la voie trans-obturatrice (TOT).412 |
Les articles de 1948 à 1988 n'ont pas de résumé sur PubMed. On n'en cite que ce que disent leur titre et leurs métadonnées. L'article original de Bonney (souvent daté de 1923) n'a pas été retrouvé. Les dispositifs antiques de recueil de l'urine et le papyrus Ebers sont souvent évoqués, mais aucune source primaire lisible n'a été trouvée : on n'en dit donc rien.
Hypothèses Tout ce qui suit est débattu. Ce sont des explications proposées, non des faits établis.
| Nom | Qui | Ce qui porte son nom |
|---|---|---|
| Kegel | Arnold H. Kegel (États-Unis). Son nom est resté grâce à son appareil, le périnéomètre (années 1940), autant qu'à ses exercices.407 | Exercices de Kegel : contractions du plancher pelvien (section 14).406 |
| Bonney | V. Bonney (article original non retrouvé). | Manœuvre de Bonney (voir « vieux signes » ci-dessous).56 |
| Marshall, Marchetti, Krantz | V. F. Marshall, A. A. Marchetti, K. E. Krantz. | Suspension vésico-urétrale (1949) ; « test de Marshall », proche de celui de Bonney.408 |
| Burch | J. C. Burch. | Colposuspension de Burch (1961), l'intervention de comparaison des bandelettes, d'efficacité proche (section 20).409412 |
| Credé | Carl Credé (1819-1892), obstétricien, connu pour la prévention de l'ophtalmie du nouveau-né.423 | Manœuvre de Credé : vidanger la vessie par un appui sus-pubien (abandonnée, voir ci-dessous). Le lien historique entre l'homme et ce geste n'a pas été vérifié ici. |
| Valsalva | Antonio Maria Valsalva (1666-1723), anatomiste italien.424 | Manœuvre de Valsalva : poussée abdominale. Geste d'examen courant (section 04), à proscrire pour vider une vessie neurologique.368 |
| Lapides | J. Lapides et coll. | Autosondage propre intermittent (1972).220 |
| Scott | F. B. Scott. | Sphincter urinaire artificiel (1973).352 |
| DeLancey | J. O. DeLancey. | Théorie du hamac (1994).120 |
| Petros, Ulmsten | P. E. Petros et U. Ulmsten. | Théorie intégrale (1990), bandelette TVT (1996).122123 |
| Alcock | Benjamin Alcock (1801-?), anatomiste irlandais, élève d'Abraham Colles et premier professeur d'anatomie et de physiologie au Queen's College de Cork. Il démissionne après un conflit lié à l'Anatomy Act de 1832, puis part aux États-Unis.425 | Canal d'Alcock (canal pudendal), où cheminent le nerf et les vaisseaux pudendaux. Le terme désigne selon les auteurs des endroits différents ; au sens d'Alcock, c'est la portion du nerf comprise dans le fascia de l'obturateur interne.426 |
| Denonvilliers | Charles-Pierre Denonvilliers (1808-1872), anatomiste et chirurgien parisien, figure influente de la médecine française du XIXe siècle.427 | Aponévrose de Denonvilliers (section 08). |
L'espace de Retzius n'a pas été retenu : aucune source fiable sur l'origine de cet éponyme n'a été trouvée.
| Geste | Ce que c'était | Pourquoi on l'a abandonné |
|---|---|---|
| Expression vésicale (Credé, Valsalva) | Vider une vessie neurologique en appuyant au-dessus du pubis ou en poussant avec le ventre. | La pression dans la vessie monte, et le sphincter se contracte souvent par réflexe : la vidange reste incomplète et les hautes pressions abîment l'appareil urinaire. L'incontinence d'effort peut s'aggraver. À n'envisager que si un bilan urodynamique montre une pression sans danger.368 Chez 74 paraplégiques qui le pratiquaient depuis plus de 20 ans : résidu > 100 mL chez 93,2 %, hydronéphrose chez 35,1 %, atteinte rénale chez 16,2 %.428 Une rupture du côlon sigmoïde a été rapportée.429 |
| Miction réflexe déclenchée (percussion sus-pubienne) | Tapoter le bas-ventre ou une zone cutanée sacrée pour déclencher une contraction réflexe de la vessie. | Mictions à haute pression. Peut déclencher une dysréflexie autonome chez les blessés médullaires hauts (lésion au niveau T6 ou au-dessus).368 |
| Test du coton-tige (Q-tip test, 1971) | Coton-tige lubrifié introduit dans l'urètre ; on mesure son angle à l'effort. Un angle de 30° ou plus par rapport à l'horizontale signe une hypermobilité urétrale.58430 | Peu fiable près du seuil : entre 21 et 49°, un test refait concorde seulement dans 57 % des cas.59 Douloureux (EVA 3,15 contre 0,72 pour la simple observation visuelle de la mobilité, que les patientes préfèrent à 83 %).58 |
| Urétrocystographie « à la chaînette » | Radiographie avec une chaînette métallique introduite dans l'urètre pour en dessiner l'angle avec la vessie.431 | Les radiologues ne s'accordent pas sur les repères (19 à 54 % de désaccord ou de non-identification), qui ne distinguent pas l'incontinence d'effort de l'hyperactivité détrusorienne.432 |