Faut-il vacciner en cas de « Covid long » ? | Le Quotidien du médecin

CONTRIBUTION – Les autorités sanitaires recommandent de vacciner les patients ayant déjà été touchés par le coronavirus. Cette disposition est-elle valable dans le cas des personnes souffrant de symptômes persistants plusieurs mois après leur infection ? Les médecins et chercheurs du collectif « Du côté de la science » font le point sur le sujet.

Du côté de la science

Le « Covid long », ou symptômes persistants après Covid, est une pathologie nouvelle qui a d’abord été rapportée par les patients qui ont décrit des signes communs à distance de l’infection initiale. Médecins et chercheurs prennent désormais très au sérieux ce syndrome survenant à la suite de l’infection à SARS-CoV-2, qu’elle soit symptomatique ou non, car de nombreux patients développent des symptômes chroniques. Et au moment où la campagne de vaccination s’accélère, que faire dans ces cas : vacciner ou non ?

Le « Covid long »

Au Royaume-Uni, les Anglais (lire cet article), qui s’intéressent au sujet depuis le début de la pandémie, décrivent plus de 315 000 nouveaux cas en mars, et semblent submergés, avec :

  • 1 patient sur 5  testé positif au Covid-19 qui présenterait des symptômes durant 5 semaines ou plus
  • 1 patient sur 10 testé positif au Covid-19 qui aurait des symptômes pendant une période de 12 semaines ou plus.

En France, il n’existe pas d’étude de cohorte, ni de chiffres officiels. Néanmoins, la HAS a publié le 12 février 2021 un ensemble de fiches de prise en charge rapide et une mise au point sur la stratégie du long Covid, afin de prendre en charge « ces symptômes (…) en soins primaires dans la grande majorité des cas… et d’éviter l’escalade des prescriptions d’examens complémentaires non pertinents ».
Quels sont les signes du long Covid ? Si les caractéristiques cliniques sont variables, comme leur évolution, les symptômes les plus fréquents sont fatigue, dyspnée, malaise post-exercice et atteintes cognitives (troubles de concentration, sensation de « brouillard cérébral »).

Quelles en sont les causes ? Plusieurs hypothèses coexistent actuellement, et pourraient ne pas s’exclure :

  • un réservoir viral persistant
  • une inflammation provoquée  par la présence  de fragments ou reliquats viraux
  • une réponse auto-immune persistante et induite par l’infection.

Vaccin et « Covid long »

En France,  la HAS recommande sans base solide une dose unique de vaccin chez les patients ayant été touchés par le coronavirus, après un délai d’au moins 3 mois et, idéalement, de 6 mois après la fin des symptômes, considérant « les personnes ayant eu une infection par le SARS-CoV-2  comme protégées pendant au moins 3 mois par l’immunité post-infectieuse ».

Que faire en cas de long Covid ? À ce jour, il n’existe aucune étude publiée à ce sujet. Cependant, une étude de cohorte en pre-print effectuée chez un petit nombre de sujets long Covid, avec des vaccins Pfizer-BioNTech ou Oxford-AstraZeneca, n’a pas mis en évidence d’aggravation des symptômes post-Covid, ni d’altération de la qualité de vie ou du bien-être mental. Au contraire, cette étude indique que la vaccination est associée à une amélioration, des symptômes (5,6 % vaccinés vs 14,2 % non vaccinés), voire à une résolution des symptômes (23,2 % vaccinés vs 15,4 % non vaccinés).

Chez les patients ayant une forme prolongée de COVID-19, si l’intérêt de la vaccination doit donc être jugé au cas par cas, les données des essais cliniques et de pharmacovigilance ne révèlent aucun signal préoccupant : il est donc licite de poursuivre la vaccination dans ce contexte.

Dr Franck Clarot
Médecin légiste – radiologue – vice-président de la Fédération Nationale des Médecins Radiologues

Dre Corinne Depagne
Pneumologue, Lyon

Cette contribution extérieure à la rédaction du « Quotidien » a été rédigée par des membres du collectif « Du Côté de la science », composé de médecins et de scientifiques.

Éric Billy
Chercheur en immuno-oncologie, Strasbourg

Dr Michaël Rochoy
Médecin généraliste, chercheur associé à l’ULR2694 de Lille, Outreau

Dr Florian Zores
Cardiologue, Strasbourg

Source: Faut-il vacciner en cas de « Covid long » ? | Le Quotidien du médecin

Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

© Philippe LOPEZ / AFP

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Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ?

Le lundi 26 avril, les élèves de maternelle et de primaire doivent faire leur retour à l’école. Cette reprise inquiète les syndicats d’instituteurs et de parents d’élèves sur la question du protocole sanitaire. Des municipalités ont commandé des capteurs de CO2 pour les installer dans les écoles et préparer la réouverture.

Atlantico : Depuis le mardi 6 avril, l’école en présentiel a été mise en pause pour une durée de trois semaines. Des pays comme la Finlande ont pu mettre en place un système d’aération particulièrement détaillé et sourcé scientifiquement pour éviter au maximum la propagation aérosol de la Covid-19. Une telle mesure serait-elle intéressante à mettre en place en France pour la réouverture des écoles ?

Collectif Du Côté de la Science : Oui ! Hélas, à moins de nouvelles de dernière minute, il est peu probable que le protocole sanitaire de l’Education nationale change pour la  rentrée, et nous le déplorons. Ce protocole n’est pas adapté aux mesures de sécurité vis-à-vis de la transmission du virus dans les écoles. Il ne protège ni les enfants, ni le personnel (enseignant et non enseignant). Le protocole de l’Education Nationale n’est pas seul responsable de la situation actuelle, mais il y a fortement contribué en ne prenant pas en compte la voie principale de contamination qui est aérienne ; il n’a donc pas permis la mise en place de mesures efficaces pour y faire face. Les recommandations du Haut Comité de la Santé publique datant de juillet et octobre 2020 mentionnent la vectorisation aérienne du virus et recommande d’aérer très régulièrement les endroits clos. Le protocole de l’EN recommande de le faire 2-3 fois par jour, alors qu’il faudrait le faire au moins 2 à 3 fois par heure en fonction du nombre de personnes dans la pièce et de son volume ! La Finlande n’a fait que transcrire en termes plus simples les recommandations du REHVA, de l’ECDC, de l’OMS et d’autres organismes européens et internationaux qui concernent l’aération et la ventilation pour éviter la contagion aérienne par le SARS-CoV-2. Cela avait d’ailleurs conduit notre collectif (Du côté de la science) à publier un document à ce sujet, reprenant également ces mêmes recommandations dans le contexte de l’Education Nationale et à informer auprès de 2 syndicats enseignants début novembre 2020.

Les recommandations finlandaises s’appuient sur la mesure de concentration en CO2 dans l’atmosphère, à l’aide de détecteurs de CO2 très faciles à se procurer. Ce sont des marqueurs de la qualité de l’air : plus le niveau de CO2 est élevé, plus le risque qu’il y ait des aérosols (en cas de présence d’une personne infectée évidemment) est élevé. Pour comprendre, le CO2 est expiré par chacun et s’accumule dans l’air d’une pièce fermée. De la même façon, l’air expiré par une personne infectée même asymptomatique peut contenir du virus en suspension, qui est lui invisible et pas encore mesurable. Une concentration importante en CO2 reflète la possibilité d’une forte concentration de virus dans l’air, et de se contaminer. Ce risque est d’autant plus fort si la personne infectée est fortement excrétrice (super-spreader) comme 10-20 % des personnes contaminées. Pour nous, l’Education nationale devrait investir dans l’achat de tel matériel, permettant de guider le rythme d’aération. Actuellement, les quelques capteurs présents dans les écoles le sont à l’initiative de quelques enseignants ou parents.

Les autorités finlandaises font aussi le point sur l’utilisation des purificateurs d’air et les normes nécessaires pour qu’ils soient utiles  et efficaces. Elles rappellent également que l’objectif principal est d’apporter de l’air extérieur à l’intérieur afin de diluer et d’évacuer les aérosols potentiellement contaminés.

 

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Atlantico : Quelles seraient les mesures à mettre en place impérativement lors de la réouverture, et quelles sont celles qui auraient dû être anticipées ?

Collectif Du Côté de la Science : Il faut évidemment revenir au principe : un enfant positif = une classe fermée et ne plus attendre 3 cas par classe avant d’agir.

Concernant les autres mesures, nous en avons présenté de nombreuses sur notre site : https://ducotedelascience.org/nos-propositions/.

Primo, elles sont spécifiques à l’investissement que nous souhaitons mettre dans la poursuite de l’éducation de nos enfants : acheter et installer des détecteurs de CO2 (recommandation du Haut Comité de Santé Publique du 14 Octobre 2020), vérifier la ventilation correcte des salles de classe, profiter des périodes sans enfant dans les établissements pour revoir les capacités de ventilation des classes et réfectoires, prendre les mesures pour assurer une ventilation minimale et identifier les lieux à risque nécessitant des purificateurs d’air.

 

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Secundo, elles sont spécifiques aux lieux d’enseignement : d’abord il faut que les professeurs (qui, théoriquement, sont ceux qui parlent le plus pendant un cours !) portent constamment un masque de qualité et soient à proximité d’une source d’aération (fenêtre ouvrable). Ensuite, il faut limiter le brassage des élèves : passage des options en distanciel (actuellement certains groupes mélangent plusieurs classes pour une option par semaine…), mouvements des professeurs plutôt que des élèves entre les cours autant que possible (sauf matériel informatique, scientifique, technologique ou sportif spécifique, etc.).

Tertio, elles sont spécifiques aux cantines et lieux de restauration. Encore plus à risque que le cours dans une classe non ventilée, le repas pris dans un réfectoire bondé avec des enfants non masqués, brassant plusieurs classes, assis les uns en face des autres n’est pas envisageable en période de circulation active du virus. De multiples solutions sont possibles : avec le retour des beaux temps, la prise de repas en extérieur ou sous préau (ventilation optimale), livraison de repas dans les classes afin d’éviter le brassage (et un meilleur traçage en cas de contamination), incitation au retour à domicile des enfants autant que possible par des aménagements des horaires pour les parents, etc. Le Ministère de l’Education Nationale doit collaborer avec celui du Travail sur ces questions. L’autre solution est de laisser les lieux de restauration en l’état : sauf qu’à chaque fois qu’un enfant sera déclaré positif, il faudrait fermer les 2 ou 3 classes ayant partagé une heure de restauration avec lui, si on veut pleinement tenir compte du risque de transmission par aérosol.

Quarto, les mesures sont spécifiques des établissements. A l’instar des autorités finlandaises, l’Education Nationale aurait dû définir des objectifs autour de l’aération, ventilation et voies de transmission à combattre, puis fournir les solutions disponibles et recommandations pour atteindre ces objectifs. On ne lutte pas contre une pandémie sans objectif. Les régions, départements et communes auraient pu alors s’adapter à leurs possibilités et besoins, et réclamer si nécessaire des aides. Certaines mairies ont ainsi pu transformer des salles municipales ou gymnases inoccupés en extension pour les cantines ou les cours, afin justement d’assurer une meilleure sécurité pour les enfants et les personnels d’éducation ; hélas, cela n’est pas la règle.

Quinto, les mesures doivent s’adapter aux conditions sanitaires. Comme prévu par l’Education Nationale en été 2020, une adaptation territoriale selon la circulation du virus serait pertinente. Il faut se préparer à tout, et notamment à des cours en distanciel pour tout ou partie (classes hybrides). La vaccination des personnels de l’éducation est aussi un point important, dès qu’elle sera possible… Enfin, il faut développer les tests itératifs et systématiques pour isoler les enfants contaminés asymptomatiques afin de réduire la diffusion du virus dans l’école mais également sur le lieu de travail des parents des enfants concernés par effet boule de neige.

 

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Atlantico : Que nous a appris le protocole sanitaire d’aération des salles de classes, de systématisation du port du masque chirurgical et l’évolution des protocoles de fermetures de classes sur la capacité du milieu scolaire à maintenir une activité d’enseignement tout en préservant les élèves comme les professeurs ?

Collectif Du Côté de la Science : “Qu’on a encore du chemin à faire et une bonne marge de progression” comme diraient certains professeurs pour l’évaluation de certains élèves. Les mesures successives nous ont montré que les dirigeants n’avaient pas pris au sérieux la voie aérienne de contamination, et n’avaient donc pas pris les bonnes mesures pour protéger efficacement les personnels et les élèves, menant à la situation que nous vivons. Par ailleurs les tests systématiques salivaires finalement lancés récemment (mais bien trop tard) ont également confirmé ce qui avait déjà été démontré dans de nombreux pays et par de nombreuses publications, à savoir que la contamination des enfants est similaire à celle de la communauté. La seule différence est qu’ils sont moins symptomatiques, donc moins testés, car leur système immunitaire est plus rapide et plus efficace. Rappelons d’ailleurs que le port du masque à l’école dès 6 ans a été obtenu de longue lutte et ne faisait pas partie des mesures initiales de l’Education Nationale. Le dogme qui considère que l’on isole la classe qu’à partir du troisième cas n’est ni scientifiquement ni médicalement rationnel : il doit être supprimé. Le protocole sanitaire ne repose malheureusement pas sur des mesures efficaces de contrôle et protection, mais sur une approche visant une efficacité à la marge et la continuité des cours dans des conditions très dégradées qui sont certainement loin d’être meilleures que des cours à distance s’ils avaient été pensés, préparés et déployés à l’avance. Pourquoi n’avoir pas eu un projet national de continuité des cours via le support numérique au cours de l’été 2020 ? Fallait-il vraiment être dans le mur pour se rendre compte que c’était une solution efficace, même temporairement, et un investissement d’avenir ?

Source: Covid-19 : les écoles sont-elles prêtes pour leur réouverture ? | Atlantico.fr

Coronavirus : Et si on en finissait avec le couvre-feu ?

Il y a six mois jour pour jour, le 17 octobre 2020, en raison d’une flambée de coronavirus, un
couvre-feu débutait en Ile-de-France et dans huit métropoles françaises, entre 21 heures et six heures du matin. Une demi-année est passée, et le couvre-feu est toujours là, désormais entre 19 heures et six heures du matin, après avoir également débuté à 20 heures puis 18 heures.

Mis bout à bout, le couvre-feu représente donc une des plus longues mesures instaurée en France, au point que cette durée questionne : quand sera-t-il levé, lui qui s’éternise tant ? Actuellement, aucun cap n’est fixé, aucun objectif chiffré n’a jamais été donné pour sortir du couvre-feu, et la situation actuelle en France, avec une incidence parmi les plus hautes d’Europe et des hôpitaux toujours saturés n’invite guère à l’optimisme quant à une fin proche.

Une efficacité trop limitée

Pourtant, six mois de couvre-feu plus tard, la mesure aura fait preuve de bien peu d’efficacité pour réellement améliorer la situation sanitaire. Vu comme une alternative moins lourde au
confinement, le couvre-feu n’a jamais – ou alors de façon trop épisodique – entraîné de baisse des cas, tout juste a-t-il permis la stabilisation d’un plateau haut. Et avec les beaux jours qui reviennent et le soleil qui s’éternise dans un ciel plus bleu que jamais, le couvre-feu devient de plus en plus impopulaire et invivable. Pour le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, il est temps d’en finir avec cette mesure : « Le couvre-feu n’a pas vraiment de sens, ce qu’il faut, c’est interdire les moments sans masques. Indirectement, le couvre-feu empêche
certains apéros et dîners le soir, mais c’est une mesure trop contraignante vis-à-vis de son efficacité. »

Pour le médecin, il aurait fallu plus de pédagogie et d’explication sur ces fameux moments sans masque au lieu de vouloir les contrer par effet indirect. « Pendant des mois, le couvre-feu n’empêchait pas les repas en entreprise le midi ou les cantines scolaires. On aurait dû cibler les évènements précis au lieu des horaires ». Avec le couvre-feu, fini les marches nocturnes dehors – sans risque de contamination – ou les courses à des horaires plus tardives afin d’éviter les flux de population.

Une mesure contre-productive ?

Le couvre-feu serait même parfois contre-productif en raison de la peur d’avoir une amende : « Les gens restent dormir les uns chez les autres pour ne pas rentrer chez eux et frauder le couvre-feu, ils se voient à l’intérieur pour ne pas être contrôlé par la police… Ce sont des comportements plus à risque que sans couvre-feu », liste Michaël Rochoy. Une entorse au « Dehors en citoyen, dedans avec les miens » plaidé par le gouvernement. Fin février, la police estimait que 10 % des Français fraudaient le couvre-feu, selon le nombre de contrôles des forces de l’ordre.

Si la mesure suscitait l’adhésion à ces débuts, 73 % des Français y étaient favorables à la mi-octobre selon un sondage Harris, elle devient de plus en plus impopulaire : 64 % de la population en avait une opinion négative selon un sondage Odoxa de mars 2021. Et avec les beaux jours et l’été, le couvre-feu semble difficilement tenable. De toute façon, en ne baissant pas un haut plateau à 20.000 cas par jour à l’époque, « cette mesure n’aura fait que retarder un troisième confinement inévitable. Le couvre-feu aura décalé le confinement de février à avril, là où il est plus contraignant et avec une population usée par des mois de mesures non efficaces », enterre le médecin.

Le bon moment, vraiment ?

Après tout ce procès contre le couvre-feu, est-il temps d’enfin s’en débarrasser ? Si la mesure n’a pas un rapport efficacité/contrainte très haut, il est pourtant difficile d’imaginer revenir dessus dans une France qui connaît en moyenne 33.000 nouveaux cas par jour. Hélène Rossinot, médecin en Santé publique, atteste que le moment semble être très mal choisi : « Ce n’est pas le moment de relâcher la moindre mesure, même si on peut émettre des critiques sur le couvre-feu. Si on devait l’enlever, cela serait uniquement pour passer à un vrai confinement ». Or, ce n’est pas la tendance actuelle, qui est au contraire à la réouverture des écoles dès le 26 avril,

De fait, la priorité ne semble pas vraiment être à un débat sur le couvre-feu, entre cette réouverture prochaine des écoles sans protocole renforcé, une campagne de vaccination qui reste poussive, et la perspective de la mi-mai de la réouverture des commerces. « Il faut déjà se concentrer sur les protocoles pour les lieux qui vont rouvrir », plaide Hélène Rossinot.

Alors, resterons-nous en couvre-feu jusqu’à la fin des temps ? Non, ce dernier devrait bien finir par s’arrêter, ou au moins s’écourter de quelques précieuses heures. Déjà, en raison des beaux jours – le couvre-feu était déjà passé de 18 à 19 heures en raison de l’heure d’été. Mais également, en raison du retour des terrasses, ardemment souhaité par Emmanuel Macron pour la mi-mai. Des terrasses ouvertes qui chercheraient un maximum de rentabilité pour reprendre les affaires et rentreraient donc forcément en collision avec un couvre-feu à 19 heures. Michaël Rochoy prophétise : « Si les terrasses rouvrent, le couvre-feu s’arrêtera. Pour de mauvaises raisons, mais il s’arrêtera. » Conclusion d’une mesure éternellement à contretemps.

Source: Coronavirus : Et si on en finissait avec le couvre-feu ?

Covid-19 : rouvrir les terrasses mi-mai, un objectif réaliste ?

Le 31 mars, Emmanuel Macron annonçait rouvrir certains lieux de culture et les terrasses “dès la mi-mai”. À un mois de cette date attendue par beaucoup, la situation sanitaire reste pourtant critique.

C’était la carotte au bout du bâton. En annonçant un confinement le 31 mars dernier, Emmanuel Macron traçait l’espoir d’un retour à la vie normale. “Dès la mi-mai, nous commencerons à rouvrir certains lieux de culture. Nous autoriserons sous conditions l’ouverture de terrasses”, annonçait le président de la République. Pourtant, cet objectif semble avoir du plomb dans l’aile. Les ministres rivalisent de prudence sur cette date.

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Interrogé sur le sujet, Bruno Le Maire rappelle sur RMC que le 15 mai n’est “qu’une hypothèse”, tandis que le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a souligné ce mercredi que “la troisième vague n’est pas derrière nous, le pic des hospitalisations n’a encore pas été atteint”, et prévoit des “jours difficiles” à venir à l’hôpital.

Mais à un mois de l’objectif de la mi-mai, les indicateurs sanitaires n’incitent pas à l’optimisme. Les admissions à l’hôpital et en réanimation sont toujours en hausse, avec désormais 5952 personnes en réanimation et plus de 31 000 patients hospitalisés. Le nombre de tests positifs semble lui se stabiliser voire légèrement baisser, mais dans de faibles proportions.

“Tout est faisable, mais tout n’est pas raisonnable”

“On compte en moyenne 25 jours entre la contamination et le décès. Avec le haut niveau de contamination par jour actuellement, cela veut dire qu’à la mi-mai, on aura encore un haut niveau de mortalité mais également une forte occupation des services de réanimation”, rappelle Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

De quoi rendre impossible la réouverture annoncée ? Pas forcément, puisqu’Emmanuel Macron n’a pas conditionné la réouverture à un objectif sanitaire. “Dans l’absolu, tout est faisable mais tout n’est pas raisonnable. Or, en ne fixant pas d’indicateur sanitaire à atteindre, Emmanuel Macron se laisse la possibilité de tout faire, même ce qui n’est pas raisonnable”, poursuit Michaël Rochoy.

“Pas raisonnable de rouvrir les terrasses mi-mai”

Pour lui, “ce qui serait raisonnable, c’est regarder le nombre cas de contaminations, d’hospitalisations, de réanimations, et en fonction de la dynamique, prendre des décisions. Mais ce n’est pas raisonnable de rouvrir les terrasses mi-mai”, détaille le chercheur en épidémiologie.

Dans Le Figaro, un responsable de la majorité jure : ‘On tiendra le calendrier’, tandis que l’Élysée indique que “tout n’est plus indexé seulement sur des données épidémiologiques par essence imprévisibles, mais aussi sur des données objectives”, en référence à l’objectif du 15 décembre.

“Le risque de relancer l’épidémie”

Emmanuel Macron avait en effet conditionné la fin de deuxième confinement le 15 décembre à moins de 5 000 contaminations par jour et moins de 3 000 lits de réanimation occupés. Actuellement, près du double du nombre de lits de réanimation sont occupés, et on compte environ 7 fois plus de cas par jour.

“Au mieux, à la mi-mai les indicateurs seront au même niveau qu’aujourd’hui, après avoir passé un pic. La situation ne sera pas assez bonne pour rouvrir les terrasses, le risque serait de faire comme en décembre : relâcher trop tôt les restrictions et conduire à une nouvelle flambée de l’épidémie. À moins de considérer qu’il est acceptable de vivre avec 300 morts par jour et des hôpitaux débordés en permanence…”, met en garde de son côté l’épidémiologiste Catherine Hill.

Le risque que les écoles relancent l’épidémie

D’autant que d’ici à la mi-mai, des mesures susceptibles de ralentir la baisse de l’épidémie voire de la relancer devraient avoir lieu, comme la réouverture des écoles maternelles et primaires le 26 avril puis des collèges et lycées une semaine plus tard.

“La circulation du virus sera encore importante lors de la réouverture prévue des écoles. Si le protocole sanitaire n’y est pas renforcé d’ici là, il y a le risque de relancer des contaminations”, prévient Michaël Rochoy, qui appelle notamment à instaurer des demi-jauges au collège et au lycée.

“Les terrasses cumulent ce qu’il ne faut pas faire en extérieur”

Mais la poursuite de la fermeture des terrasses risque d’avoir du mal à être comprise, alors que le gouvernement incite à être dehors en communiquant autour du slogan “dedans avec les miens, dehors en citoyen”. “Certes on se contamine peu en extérieur, mais les terrasses cumulent tout ce qu’il ne faut pas faire en extérieur : densité de personnes statiques sans masque, qui parlent, et qui ne respectent pas forcément les distanciations sociales, comme on avait pu le voir en octobre dernier”, ajoute Michaël Rochoy.

Une fermeture des terrasses de plus en plus difficile à faire accepter par l’opinion publique alors que certains pays rouvrent au fur et à mesure, comme Israël et la Grande-Bretagne, et que l’Espagne a laissé les terrasses des bars et restaurants ouverts, attirant de nombreux Français.

“Les semaines ‘gagnées’ en ne confinant pas sont aujourd’hui perdues”

“Les semaines soi-disant gagnées par Emmanuel Macron cet hiver en ne confinant pas, sont aujourd’hui perdues par la France vis-à-vis des autres pays comme le Royaume-Uni et Israël, qui ont confiné cet hiver et retrouvent une vie plus normale au printemps. Pas sûr que le calcul de Macron ait été gagnant”, regrette Michaël Rochoy, partisan d’un confinement au mois de janvier.

Emmanuel Macron doit présider ce jeudi une réunion sur la réouverture des lieux fermés, en compagnie de nombreux ministres, pour “étudier les protocoles sanitaires envisagés pour la réouverture progressive”, selon l’Élysée. Selon un journaliste, les syndicats de la restauration ont proposé une réouverture complète des bars, restaurants et cafés en intérieur le 12 juin.

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Vaccination dans les Hauts-de-France : en attendant Janssen, Pfizer largement plus utilisé qu’Astra Zeneca et Moderna

Vaccination dans les Hauts-de-France : en attendant Janssen, Pfizer largement plus utilisé qu’Astra Zeneca et Moderna

Ce lundi 12 avril, la campagne de vaccination est poussée par l’arrivée d’un nouveau vaccin, Janssen. Mais la faible importance des livraisons prévues ne devrait par changer la hiérarchie de l’utilisation des vaccins.

Un flacon du vaccin Pfizer.
Un flacon du vaccin Pfizer.

© AFP

Des nouvelles de la campagne de vaccination contre l’épidémie de Covid-19. Depuis ce lundi 12 avril, toutes les personnes de plus de 55 ans, même celles n’ayant pas de comorbidité, sont désormais éligibles à la vaccination. Jusqu’ici, seuls les plus de 70 ans y avaient le droit. Aussi, après Pfizer, Moderna et AstraZeneca, les Français vont pouvoir désormais être vaccinés avec le vaccin du laboratoire Johnson & Johnson, appelé Janssen. Alors que tous ses concurrents préconisent deux doses de leur vaccin, celui de Johnson & Johnson ne nécessite l’injection que d’une seule.

Concernant l’importance des livraisons, la direction générale de la santé annonce “sous réserve de confirmation par le laboratoire” la livraison de 206.400 doses cette semaine et 358.000 doses celle du 26 avril. L’injection de ces doses va se faire, pour l’instant, par les médecins de villes, faute de livraisons plus importantes. En effet, ces derniers étaient invités à en commander ce lundi, un flacon au maximum, avant de les recevoir la semaine prochaine. “J’ai commandé un flacon ce lundi mais il n’arrivera pas avant mercredi 21 avril”, témoigne Michael Rochoy, médecin généraliste à Outreau.

Pour l’instant, dans les Hauts-de-France, c’est le vaccin Pfizer qui est le plus utilisé.

Au lundi 12 avril, sur les 999.817 premières injections (sans compter les secondes donc) réalisées dans la région, 629.280 proviennent du vaccin Pfizer. Cela représente 63% des premières injections. La tendance en France est semblable. Sur les 14 millions d’injections réalisées, plus de 10 millions l’ont été grâce à Pfizer.

Malgré la défiance qu’il a pu susciter, surtout durant les dernières semaines, le vaccin AstraZeneca a été injecté 306.605 fois (31%) dans les Hauts-de-France. Moderna complète le tableau avec 63 887 doses. Les problèmes connus à Calais, Boulogne-sur-Mer ou encore Gravelines, concernant le manque de volontaires pour bénéficier d’une dose d’AstraZeneca ne semblent pas avoir eu de conséquences visibles sur la dynamique de l’injection de ce vaccin.

Le 8 avril, l’ARS des Hauts-de-France rappelait que 97,6% des doses disponibles d’AstraZeneca avaient été injectées, un chiffre même supérieur à celui connu à l’échelle nationale (95,2%). “Le seul problème rencontré dans la campagne de vaccination, c’est le manque de doses. Les mouvements anti-vaccin seront un problème dans un second temps”, estime Michael Rochoy. “Beaucoup de personnes veulent se faire vacciner mais ne réussissent pas à obtenir un rendez-vous. Ca leur est égal si c’est avec AstraZeneca ou Pfizer”, continue-t-il. S’il salue l’ouverture de la vaccination aux plus de 55 ans, il rappelle que “si l’on avait des vaccins en quantité infini, la vaccination serait ouverte à tous les adultes”.

Concernant l’évolution de l’injection des différents vaccins, même si le 10 avril, plus de vaccins AstraZeneca ont été utilisés que de Pfizer ou de Moderna, cela ne reflète pas la tendance générale de ces dernières semaines. Le vaccin Pfizer est largement plus injecté que les autres. Le record de vaccination en une seule journée a été réalisé le samedi 13 mars. Ce jour-là, 41.198 doses avaient été utilisées.

Dans les Hauts-de-France, la vaccination continue sa route et a très certainement franchi le 11 avril (chiffre pas encore disponible) la barre du million de premières injections.

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 Source: Vaccination dans les Hauts-de-France : en attendant Janssen, Pfizer largement plus utilisé qu’Astra Zeneca et Moderna

Covid-19 : le vaccin Moderna est-il également boudé en France ? – L’Express

Alors que le vaccin d’AstraZeneca suscite de plus en plus de méfiance, les deux autres sérums anti-Covid actuellement disponibles en France, ceux de Pfizer et de Moderna, continuent d’être injectés tous les jours. Mais ce dernier est semble-t-il moins populaire dans l’hexagone que son concurrent germano-américain.

En témoigne le cas du vaccinodrome du Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), en banlieue de Paris, qui a ouvert le 6 avril. Les créneaux de vaccination sur Doctolib ont été vite remplis, très en avance… Quand il s’agissait d’une injection du vaccin de l’alliance Pfizer/BioNTech. Mais pour les créneaux avec Moderna, plusieurs centaines de rendez-vous restaient disponibles lundi, à la veille de l’ouverture, rapporte Le Parisien. “Sans qu’on ne puisse l’expliquer, Moderna a clairement un déficit de popularité”, constate auprès du quotidien Katy Bontinck, première adjointe (Génération. s) au maire de Saint-Denis, chargée de la santé. Ce samedi, plus aucun créneau, pour Pfizer ou Moderna, n’était toutefois disponible.

La différence a également été constatée ailleurs : “Dans notre centre de vaccination à l’hôpital Avicenne on constate aussi une réticence pour le vaccin Moderna”, déclarait lundi soir sur BFM TV Frédéric Adnet, chef de service d’urgences SAMU-SMUR de l’hôpital Avicenne de Bobigny.

 

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Dans l’ombre de Pfizer

Les deux vaccins ont pourtant peu de différence visible pour le grand public. Pfizer/BioNTech et Moderna ont toutes deux utilisé la technologie de l’ARN messager, les deux sérums protègent contre les variants, et les taux d’efficacité sont similaires : 95% pour le premier, 94% pour le second. Comment expliquer alors que les patients fassent une différence entre les deux vaccins ?

Dans Le Parisien, l’élue Katy Bontick émet une première hypothèse “Peut-être parce qu’il a été moins utilisé en France jusqu’ici et donc, qu’il est moins connu”. Pour le médecin généraliste et chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, interrogé par 20 Minutes, “[le vaccin] de Pfizer a été le premier à être approuvé, le premier à être livré, il a été très médiatisé, les gens ont eu énormément d’informations dessus. Moderna, lui, est un peu passé à travers les mailles du filet”. Et Pfizer ayant été le plus distribué jusque-là – 9,9 millions de doses au 8 avril, selon le site VaccinTracker – il a davantage bénéficié du bouche-à-oreille.

C’est également l’explication que propose l”Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France à Marianne : “C’est l’excellente réputation du Pfizer qui fait de l’ombre au Moderna. Depuis le début de la campagne de vaccination, Pfizer est identifié collectivement comme le meilleur vaccin pour les personnes fragiles, cela explique probablement que les patients ont tendance à le privilégier.”

Production et diffusion limitée

D’autant que la diffusion de Moderna est encore limitée. C’est le vaccin le moins utilisé en France pour l’instant, avec 996 399 doses au 8 avril selon VaccinTracker. AstraZeneca en est lui à 2,7 millions de doses malgré les polémiques liées à l’apparition – rarissime – de caillots sanguins. Il est également moins commandé que ses concurrents. Dans Marianne, Alain Fischer, président du Comité d’orientation sur la stratégie vaccinale, estime que la moindre diffusion de Moderna est aussi liée à une question de production. “Pfizer produit en bien plus grande quantité : Moderna est une petite entreprise alors que Pfizer est un grand de l’industrie pharmaceutique. Au niveau européen, on a négocié plus de doses Pfizer que de Moderna, qui est bien plus diffusé aux États-Unis.”

Par ailleurs, Moderna pâtit peut-être aussi de la mauvaise presse faite à AstraZeneca. “Il est beaucoup moins connu et en plus AstraZeneca et Moderna ça rime, donc les gens confondent”, estimait lundi soir l’urgentiste Frédéric Adnet sur BFMTV. C’était aussi la théorie de l’ARS, selon l’élue Katy Bontinck dans Le Parisien lundi. “L’ARS nous dit que Moderna termine aussi en A. Ça peut se jouer à peu de choses mais ce qui est sûr, c’est que le choix du vaccin semble très important aux yeux du public.” Auprès de 20 Minutes, le docteur Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins généralistes (MG France), affirme : “Ce sont très certainement les inquiétudes autour du vaccin AstraZeneca qui ont lancé cette défiance”, alors même que Moderna ne fait face à aucune inquiétude au sujet d’effets secondaires graves. Le généraliste Michaël Rochoy estime, lui, que, “plus que de la méfiance, c’est plutôt de l’ignorance”.

S’il faut une communication efficace pour pallier à cette ignorance, les questions de production et de distribution doivent évoluer prochainement. Alain Fischer explique à Marianne que le vaccin de Moderna a des avantages sur Pfizer : “Il se conserve plus longtemps à +4 degrés, 30 jours contre 5 jours pour le Pfizer”. En conséquence, le comité envisage “de faciliter l’administration du Moderna chez les médecins et les pharmaciens”. Par ailleurs, la production de vaccins contre le Covid-19 a commencé mercredi en France, avec un partenariat entre BioNTech et le laboratoire Delpharm, dans l’Eure-et-Loir. Et la société Recipharm doit prendre la suite “avant la fin du mois” selon le commissaire européen en charge des vaccins Thierry Breton dans avec la production de Moderna à Monts, en Indre-et-Loire.


Opinions

French Touch

"Je suis un peu étonné que chaque jour, l'application Tous Anti Covid me gratifie du message invariable mais peu crédible: "pas de contact à risque détecté"."Nicolas Bouzou

Chronique

Marion Van Renterghem, lauréate du prix Albert-Londres, auteure d'une biographie d'Angela Merkel et d'un essai autobiographique sur l'Europe intitulé "Mon Europe, je t'aime moi non plus" (Stock, 2019).Par Marion Van Renterghem

Ultimatum

CREDIT : LAURA ACQUAVIVAPar Christophe Donner

Chronique

France, Paris, 14 décembre 2019, portrait de François Bazin.François Bazin

 Source: Covid-19 : le vaccin Moderna est-il également boudé en France ? – L’Express

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ? | Atlantico.fr

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

© Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Symptômes

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

Les études sur les cas de Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis alertent sur le nombre de patients concernés. En Grande-Bretagne, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur trois souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. Le Covid long pourrait devenir un enjeu de santé publique.

Atlantico : Les données concernant le Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis sont de plus en plus nombreuses et alertent sur un pourcentage non négligeable de patients concernés. Au Royaume-Uni, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur 3 souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. En France, ces données sont beaucoup plus difficiles à avoir. A combien peut-on l’estimer ? Ce manque de chiffres est-il dû à une trop faible considération de ce problème ?

Michaël Rochoy : C’est une pathologie qui reste mal codifiée, il n’y a pas de diagnostic de certitude. Les chiffres de l’Office for National Statistics sont basés sur un auto-questionnaire recueilli le 6 mars 2021. La question posée était : Pouvez-vous aujourd’hui vous décrire comme ayant un Covid long ? A savoir : avoir des symptômes persistant plus de 4 semaines après avoir eu le Covid sans pouvoir l’expliquer par quelque chose d’autre.

En France, il n’existe aucun chiffres officiels. Il n’y a pas non plus à ma connaissance de suivi national du Covid long ni d’étude de cohorte.

La HAS reconnaît le Covid Long mais ne parle pas de ce seuil de 4 semaines. On n’a donc pas de définition consensuelle entre le Royaume-Uni et le France. Les chiffres sont donc forcément à prendre avec des pincettes. Sur son site, la HAS décrivait que la persistance des symptômes représentait 20% des patients après 5 semaines et plus de 10% après 3 mois, le tout en reprenant des chiffres anglais. Cela semble plutôt cohérent. Mais la HAS ne parle pas spécifiquement du Covid long, ils font plutôt mention de “symptômes prolongés” suite au Covid-19.

 

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En février 2021, la Haute autorité de santé et l’Assemblée nationale ont reconnu pour la première fois le Covid long comme une pathologie. Est-ce suffisant ? Les dispositifs de prise en charge et de suivi de ces cas sont-ils en capacité de gérer cette situation ?

Il y a eu cette fiche “réponses rapides”  de la HAS publiée en février mais ils travaillent sans doute dessus depuis un moment. C’est assez raisonnable aussi de ne pas se précipiter car le Covid long n’est pas encore bien défini médicalement. Il y a plusieurs symptômes et pas forcément d’explication claire.

La stratégie adoptée par la HAS est une stratégie de symptômes qui doivent être principalement pris en charge en soins primaires (en médecine générale) et éviter l’escalade d’examen paracliniques. Parce que si on est à 25% de Covid “longs” à 4 semaines et ça diminue à 10% après 3 mois, c’est quelque chose qui a tendance à évoluer spontanément de façon favorable. Cela avait été déjà décrit avec le Sras en 2003. Le suivi en médecine générale devrait être suffisant dans la majorité des cas.

A terme pourrait-on se retrouver dans une situation durable avec des gens inaptes à travailler ? Comment y faire face ?

 

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Plusieurs hypothèses existent à ce sujet dont celle d’un réservoir viral persistant, ou d’une inflammation provoquée par le persistance de fragments viraux ou d’une réponse auto-immune qui persisterait après l’infection. Dans le traitement, il semblerait qu’après le vaccin Pfizer ou AstraZzeneca il y ait une diminution ou une amélioration des symptômes selon une étude qui est encore à l’état de préprint. Cela peut être une piste pour soigner les Covid longs dans la majorité des cas.

Le Covid long peut-il devenir un enjeu de santé publique ?

Oui en effet, surtout si le Covid long nécessite des soins et des examens paracliniques coûteux à l’avenir. Cela peut aussi entraîner plus tard la découverte d’autres choses qui n’auraient pas été explorées auparavant.

Il y a aussi un risque de surmédicalisation, de sur-investigation ou de surtraitement parfois, avec tout ce que ça peut entraîner de nocif comme effets indésirables.

 

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La possibilité de Covid Long chez les enfants est également à surveiller. C’est évoqué dans l’article de l’Office pour les statistiques nationales. Le Covid long touche tous les âges, surtout les femmes, un peu plus les adultes mais les enfants ne sont pas épargnés pour autant. L’index de déprivation montre que les gens les plus pauvres sont un peu plus touchés et ceux qui avaient une condition physique altérée avant d’avoir le Covid ont aussi plus de symptômes (et c’est notamment à prendre en compte quand on analyse les auto questionnaires des patients).

Source: Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ? | Atlantico.fr

Covid-19 : comment rouvrir les écoles dès le 26 avril ?

Emmanuel Macron semble vouloir rouvrir les écoles aux dates prévues quelle que soit la situation sanitaire en France.

Les écoles maternelle et primaire rouvriront le 26 avril, et les collèges et lycées le 3 mai. Auprès du Parisien, Emmanuel Macron rappelle cet objectif qu’il avait fixé lors de son allocution du 31 mars, et précise que cette réouverture “n’est pas conditionnée à des indicateurs sanitaires, parce que ces trois semaines d’absence physique de cours sont déjà un effort important”. Une manière de dire que les écoles rouvriront quelle que soit la situation, et qui évite au président de conditionner des mesures à un objectif chiffré, ce qui ne lui a pas réussi par le passé.

Si le retour en classe est attendu par beaucoup, enseignants, parents et élèves, l’objectif est d’éviter une nouvelle fermeture quelques semaines plus tard en cas de nouvelle flambée des contaminations. “Si les écoles ont dû fermer, c’est en raison de mesures défaillantes. Il faut profiter de cette fermeture pour réparer tout ce qui ne fonctionnait pas dans le protocole sanitaire”, prône Michaël Rochoy, docteur en épidémiologie.

“Rouvrir dans les mêmes conditions qu’auparavant, cela n’a pas d’intérêt”

Le 26 avril, soit trois semaines après la fermeture des écoles, la situation sanitaire sera loin d’être parfaite malgré les mises en place. Le 1er avril, Olivier Véran évoquait un pic épidémique “d’ici sept à dix jours environ, si tout va bien”, soit autour du 10 avril, et un pic en réanimation à la fin du mois. Lorsque les écoles rouvriront, les hôpitaux devraient atteindre leur pic en réanimation, et la circulation du virus, bien que sur une pente descendante, devrait être encore importante.

“Si on a fermé les écoles pour les rouvrir dans les mêmes conditions qu’auparavant, cela n’a pas d’intérêt. L’objectif doit être d’éviter que les enfants ne se contaminent et ramènent le virus à la maison et contribuent à refaire flamber l’épidémie “, détaille Michaël Rochoy, docteur en épidémiologie, qui souhaite que ces trois semaines de fermeture soient l’occasion d’adapter le protocole sanitaire.

Maintenir la fermeture des classes dès le 1er cas

Le 29 mars, pour la dernière semaine de cours avant la fermeture des écoles, le protocole avait été renforcé dans les 16 départements confinés. Avant cette date, les classes fermaient lorsque 3 cas de Covid-19 étaient confirmés ou bien un seul cas confirmé au variant “sud-africain” ou “brésilien”.

Depuis, les classes ferment dès le 1er cas de Covid confirmé. Conséquence, le protocole plus restrictif a entraîné un triplement des fermetures des classes passant à 11 272 classes fermées contre 3 256 la semaine précédente avec l’ancien protocole. “Pour rouvrir les écoles de manière ‘sécurisée’, il faut déjà maintenir cette règle de la fermeture des classes dès le 1er cas. Mais seule, elle ne suffira pas”, pointe Michaël Rochoy, qui met en avant différents points d’amélioration.

Des demi-jauges pour les collèges et lycées

“L’idée de traiter différemment les maternelles et primaire d’un côté, et collèges et lycées de l’autre est intéressante, avec une rentrée décalée d’une semaine. il faut poursuivre cette idée, en instaurant une demi-jauge dans tous les collèges et lycées, au moins dans les zones où le virus circule le plus, en maintenant les mesures de chômage partiel permettant aux parents de garder les enfants, surtout les plus jeunes en 6e et 5e par exemple”, propose Michaël Rochoy.

Selon l’étude ComCor menée par l’Institut Pasteur, “avoir un enfant scolarisé représente un sur-risque d’infection pour les adultes, notamment ceux gardés par une assistante maternelle (+39%), et ceux qui vont au collège (+27%) et au lycée (+29%)”, écrivent les auteurs de l’étude, qui notent une exception : “avoir un enfant scolarisé en primaire n’a pas été jusqu’à maintenant associé à un sur-risque d’infection pour les adultes vivant dans le même foyer”. À noter toutefois que l’étude ne prend pas en compte l’effet variant, dont la présence a fortement évolué entre le début et la fin des observations.

Améliorer le protocole d’aération des écoles

Parmi les “défaillances majeures” du protocole sanitaire en vigueur pointées du doigt par Michaël Rochoy, le protocole d’aération, très insuffisant, et le manque de prise en compte du risque de contamination dans l’air. “Les écoles rouvriront fin avril début mai, il fera doux. Il faut réfléchir à une amélioration de l’aération : ouverture systématique des fenêtres, installation de capteurs de CO2, cantine en extérieur ou sous le préau quand c’est faisable, il existe de nombreuses solutions !”, rappelle le docteur en épidémiologie, qui appelle aussi le ministre Blanquer à revenir sur le sport en intérieur, autorisé depuis le 19 mars, avec notamment la reprise des cours d’EPS en gymnase et en piscine.

Parmi les autres pistes évoquées pour sécuriser davantage les écoles, inciter les parents qui le peuvent à récupérer leurs enfants le midi pour éviter la contagion à la cantine ou encore la vaccination des enseignants comme public prioritaire, alors que la vaccination ne devrait pas être terminée avant la fin de l’année scolaire, selon les plans actuels du gouvernement. Une piste qui vise surtout à lutter contre l’absentéisme des professeurs, malades du Covid, et qui peut contribuer à surcharger d’autres classes.

Lors de la réouverture des écoles prévue fin avril début mai, il ne restera que deux mois de cours environ, coupés par plusieurs jours fériés. “Même si le virus circule fortement on imagine mal Emmanuel Macron décider d’une nouvelle fermeture des écoles avant juillet. L’école devra sans doute tenir quoi qu’il arrive, donc autant la sécuriser le plus possible et déjà anticiper la rentrée de septembre”, souhaite le docteur en épidémiologie, qui appelle le ministère de l’Education nationale à réfléchir aux travaux à réaliser durant l’été pour améliorer l’aération des bâtiments.

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“Tenir 4 à 6 semaines” : comment Emmanuel Macron s’est trompé il y a un mois

Un objectif qui était impossible à atteindre dès qu’il a été prononcé, selon plusieurs scientifiques.

“Tenir encore 4 à 6 semaines”. Le 1er mars dernier, Emmanuel Macron exhortait les Français à tenir encore avant un assouplissement des restrictions prises pour lutter contre le Covid-19. Quatre semaines plus tard, la situation sanitaire s’est fortement dégradée.

On recense 794 000 cas recensés de Covid supplémentaires depuis le 1er mars, 4974 lits de réanimation sont aujourd’hui occupés par des patients Covid contre 3544 le 1er mars, et plus 8 000 victimes supplémentaires du Covid sont à déplorer, selon les chiffres officiels.

“Ça n’avait aucune chance d’avoir lieu”

Alors qu’Emmanuel Macron évoquait un assouplissement des mesures au terme de 4 à 6 semaines, soit au plus tard d’ici à la mi-avril, la tendance est plutôt à un durcissement des mesures voire à un confinement strict, alors que la président pourrait s’exprimer dans les prochains jours.

“Je ne comprends pas sur quoi il s’est basé pour dire qu’il restait 4 à 6 semaines à tenir avant d’assouplir les mesures. Ça n’avait aucune chance d’avoir lieu avec les mesures qui en place au 1er mars”, s’interroge l’épidémiologiste Catherine Hill.

VIDÉO – Covid : Macron demande de “tenir” encore “4 à 6 semaines” avant des assouplissements

“La situation ne pouvait que se détériorer avec de telles mesures”

Au 1er mars, l’ensemble du pays était soumis à un couvre-feu à 18 heures. En revanche, il n’existait aucune restriction de déplacement en journée et l’ensemble des commerces était ouvert, à l’exception des restaurants, bars, boites de nuit et salles de sport. Deux tiers des lycées fonctionnaient en demie jauge, un dispositif depuis étendu à tous les établissements de départements “reconfinés” et le télétravail obligatoire avait été allégé.

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“Avec de telles mesures, la situation ne pouvait que se détériorer. Si le 1er mars Emmanuel Macron avait accompagné l’objectif de 4 à 6 semaines d’efforts d’un confinement strict, on aurait certainement pu assouplir les mesures au bout de cette échéance, voire avant”, estime de son côté Michaël Rochoy, docteur en épidémiologie.

“Il fallait agir dès janvier pour un printemps avec moins de restrictions”

Dès la fin janvier, plusieurs épidémiologistes alertaient une situation très compliquée dans les hôpitaux à partir de la mi-mars, en raison de l’impact grandissant du variant britannique, si aucune mesure supplémentaire n’était prise.

“Pour avoir un printemps plus acceptable en terme de restrictions, il fallait agir beaucoup plus tôt, dès janvier, en confinant strictement et en testant massivement la population pour casser les chaines de contamination. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas on teste n’importe comment”, déplore Catherine Hill

“On a proposé des mesures, mais rien n’a été fait”

Un confinement strict qui aurait même pu être évité, en agissant plus en amont. “Il y avait des leviers à actionner dès janvier, qui auraient pu suffire à éviter la situation actuelle : fusionner les vacances scolaires d’hiver des zones en un seul bloc de quatre semaines, le télétravail massif, un protocole renforcé dans les cantines scolaires et d’entreprise, la fermeture des classes dès le 1er cas au lieu d’attendre 3 cas. On a proposé des mesures, mais rien n’a été fait”, regrette Michaël Rochoy, également membre du collectif Du côté de la science.

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“Au lieu de prendre ces mesures pour éviter un confinement, on a même allégé le télétravail”, rappelle le docteur en épidémiologie. Le 7 janvier Elizabeth Borne mettait en place un “léger assouplissement” du télétravail en permettant aux salariés qui le souhaitent de revenir un jour par semaine en présentiel. Une mesure qui inquiétait déjà les médecins lorsqu’elle avait été annoncée. Selon une étude de l’institut Pasteur, mise à jour en mars et citée par Jean Castex, 27% des contaminations détectées ont lieu au travail, contre 29% en décembre dernier.

Le confinement semble devenu inévitable

Emmanuel Macron pourrait prendre la parole dans les prochains jours selon plusieurs médias, qui citent des conseillers du président. “Si Emmanuel Macron annonce de nouveau 4 à 6 semaines d’efforts avant un assouplissement des mesures, avec un confinement strict, il faudra revoir certains points pour que la mesure soit pleinement efficace. Si les écoles sont fermées, il faudra revoir la liste des commerces jugés essentiels pour y limiter le brassage car elle est beaucoup plus large aujourd’hui”, estime Michaël Rochoy, qui juge un confinement strict indispensable pour maîtriser rapidement la situation.

Lors du confinement strict du printemps 2020, qui s’était accompagné d’une fermeture des écoles, certains établissements étaient restés ouverts pour accueillir les enfants dont les parents occupaient une profession jugée essentielle et n’ayant pas de possibilité de garde (principalement des enfants de soignants). Aujourd’hui, Les fleuristes, les jardineries, les magasins de bricolage les cordonneries, les coiffeurs et les chocolatiers notamment sont désormais considérés essentiels.

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« La situation sanitaire dans les écoles met en danger l’ensemble de notre réponse à l’épidémie »

Tribune. L’incidence des nouveaux cas de Covid-19 a doublé chez les enfants de moins de 9 ans au cours des deux dernières semaines. Chez les 10-19 ans, elle est plus élevée que la moyenne nationale pour la dixième semaine consécutive. Oui, les enfants sont contaminés par le coronavirus quand ils y sont exposés. Et ce au prorata de l’augmentation de la circulation du virus liée au variant anglais.

Oui, ils sont ensuite contagieux au sein de leur foyer familial, et constituent un risque pour leurs parents et leurs grands-parents : toutes les publications scientifiques l’affirment de façon nette, même celles sur lesquelles se fondent ceux qui s’entêtent à nier ou minimiser la réalité du risque. Il n’y a donc pas de « cacophonie scientifique » sur ce point. Le consensus en la matière est clair.

Persistance du déni

Premièrement, les enfants et les adolescents sont susceptibles de s’infecter, puis de transmettre, quand ils sont exposés. Et exposés, ils le sont, à l’école, malgré le port du masque. Les cantines, bien sûr, mais aussi les classes de nos établissements scolaires sont des lieux à risque de transmission du virus. La circulation virale y est importante, la fréquentation des espaces est dense et prolongée, l’aération insuffisante.

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Deuxièmement, le système de surveillance et d’alerte existant ne répond absolument pas aux standards de fiabilité établis, et ne permet donc pas un pilotage réactif : le dépistage est insuffisant (0,03 test par enfant du primaire la semaine dernière), aucun effort n’est fait pour le rendre exhaustif là où il est conduit, les remontées sont opaques, il n’y a pas d’échantillon aléatoire d’élèves permettant un suivi non biaisé. Tester, tracer, isoler : à l’école, le compte n’y est pas.

Troisièmement, cette situation met en danger l’ensemble de notre réponse à l’épidémie ; elle constitue, selon le mot de l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique du gouvernement, un « talon d’Achille » dont les conséquences ébranlent aujourd’hui la société tout entière. Et ce talon d’Achille, les mesures les plus récentes le renforcent !

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La décision du 18 mars d’autoriser à nouveau les cours d’éducation physique et sportive en intérieur révèle la persistance du déni. Certes, les fermetures de classe au premier cas sont une avancée positive récente, mais pourquoi les limiter aux dix-neuf départements sous restrictions renforcées ?

Structurer une réponse adaptée

Face à ces réalités, nous, acteurs de la société civile, scientifiques et médecins, nous avons alerté les autorités depuis plusieurs mois. Nous savions que l’euphémisation, voire le déni du risque nous conduiraient au pied du mur. Nos réanimateurs (voir la tribune du Monde datée du 28 mars) nous le disent à présent : nous y sommes !

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Source: « La situation sanitaire dans les écoles met en danger l’ensemble de notre réponse à l’épidémie »