FFP2, chirurgicaux, tissu : comment s’y retrouver dans la forêt des masques ? – Le Courrier du VietNam

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Des masques FFP2 fabriqués à l’usine Moldex-Metric de Walddorfhaeslach, en Allemagne, le 20 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

 

FFP2 : le bouclier

Ce sont les masques les plus filtrants, puisqu’ils bloquent 94% des aérosols, les particules les plus fines (autour de 0,6 micromètre). Théoriquement réservés aux soignants, ils ont pour but de protéger la personne qui les porte, lors de situations particulièrement à risques.

Pour cela, ils épousent la forme du visage et ne baillent pas, contrairement aux autres masques. FFP2 est l’appellation européenne, mais des équivalents existent ailleurs (comme les N95 sur le continent américain).

Face à l’émergence de variants plus contagieux du coronavirus, l’Autriche et la Bavière ont décidé d’imposer le FFP2 dans les commerces et les transports. Une décision qui ne fait toutefois pas l’unanimité.

Les rendre obligatoires peut poser de nombreux problèmes“, indique KK Cheng, directeur de l’Institut de recherche appliquée en santé de Birmingham et grand partisan du port du masque en population générale.

Certains spécialistes font valoir que ces masques quasi-hermétiques sont plus contraignants à porter car il faut faire davantage d’efforts pour respirer.

Autre obstacle : ils coûtent plus cher.

“Ça n’est pas supportable pour la population générale de porter des masques à 1 euro pièce que toute la famille doit changer régulièrement”, déclare le Dr Michaël Rochoy, cofondateur du collectif français Stop-Postillons, qui a insisté très tôt sur l’utilité des masques contre le COVID-19.

 

 

Graphique expliquant schématiquement le niveau de filtration offert par différents masques.
Photo : AFP/VNA/CVN

 

Le Dr Rochoy souligne aussi l’importance d’une protection homogène : “On peut carrément aller jusqu’à porter des scaphandres mais si à midi on se retrouve tous à manger à la même table, en cantine scolaire ou en restaurant d’entreprise, ça ne sert à rien.”

Masques chirurgicaux : le passe-partout

Également issus du milieu médical, ces masques en matière plastique (le polypropylène) ont fait irruption dans nos vies avec le COVID-19. Tout le monde ou presque sait désormais qu’on les porte face blanche sur le visage et bleue vers l’extérieur.

Contrairement aux FFP2, le masque chirurgical n’a pas pour objectif premier de protéger son porteur, mais d’empêcher qu’il contamine son entourage. Si tout le monde en met, il peut donc apporter une protection collective.

Le masque chirurgical bloque au moins 95% des particules de 3 micromètres. Comme le FFP2, il est conseillé de ne pas le porter plus de quatre heures.

Masques en tissu : l’alternative

Après avoir longtemps assuré que le masque était inutile pour la population générale, les autorités sanitaires mondiales ont fait volte-face fin mars 2020, s’alignant sur une pratique bien ancrée en Asie.

 

 

Des masques en tissu en vente à Stockholm, le 31 août 2020.
Photo : AFP/VNA/CVN

 

Sur fond de pénurie de masques médicaux, les masques en tissu, industriels ou faits maison, se sont alors généralisés.

En France, contrairement à d’autres pays, des normes de filtration ont été définies pour les masques en tissu industriels. Ceux dits “de catégorie 1” filtrent 90% des particules, contre 70% pour la catégorie 2.

Les nouveaux variants ont poussé le Haut conseil de la santé publique (HCSP) à recommander d’éviter les masques de catégorie 2, jugés pas assez filtrants, et les masques artisanaux, sur lesquels il n’existe aucun contrôle.

L’Allemagne, elle, vient d’imposer les masques médicaux (chirurgicaux ou FFP2) dans les commerces et les transports.

“Si tout le monde porte correctement un masque artisanal, la protection apportée reste très appréciable”, objecte le Pr Cheng, en citant une étude parue mercredi 20 janvier dans la revue scientifique Proceedings of the Royal Society A.

Réalisée par des chercheurs de Cambridge, elle conclut que des aérosols chargés de virus peuvent parcourir 2 mètres en quelques secondes et que “la distanciation physique sans ventilation n’est pas suffisante pour protéger pendant de longues durées d’exposition”.

Le risque d’infection est réduit de 60% par un masque artisanal basique”, assure le Pr Cheng.

Comment porter un masque ?

Il doit couvrir le nez et la bouche, en englobant le menton.

Il faut se laver les mains avant de le mettre, et l’appliquer en le tenant par les brides ou les élastiques.

Une fois mis sur le visage, il ne faut pas le toucher, sous peine de devoir se relaver les mains à chaque fois.

Deux masques valent-ils mieux qu’un ?

Le président américain Joe Biden a marqué les esprits en se montrant en public avec deux masques superposés.

“Porter deux masques rend très certainement le blocage des transmissions plus efficace“, juge le Pr Cheng.

Mais on devrait avant tout se focaliser sur les gens qui ne portent aucun masque du tout, ou ne le mettent pas correctement”, nuance-t-il.

Forcément jetables ?

Les masques en tissu sont réutilisables et peuvent être lavés un certain nombre de fois (en général dix).

En revanche, les masques médicaux sont à usage unique : “Jetez le masque immédiatement”, affirme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Mais certains spécialistes estiment qu’ils peuvent eux aussi être lavés, afin de limiter les dépenses des familles et la pollution plastique.

Le groupe français de défense des consommateurs UFC – Que Choisir avait procédé à des tests en novembre, en lavant à 60 degrés, séchant puis repassant trois masques chirurgicaux filtrant 95% des particules de 3 micromètres.

Après 10 traitements, les trois modèles gardaient des capacités de filtration d’au moins 90%, autant que les meilleurs masques en tissu.

D’autres préconisent de placer le masque chirurgical usagé dans une enveloppe en papier pendant sept jours, le temps que le virus meure.

“Je recommanderais de réutiliser le masque après sept jours, et cela 5 à 10 fois pour la population générale”, avait déclaré cet automne Peter Tsai, chercheur qui a contribué à mettre au point les masques N95.

AFP/VNA/CVN

 Source: FFP2, chirurgicaux, tissu : comment s’y retrouver dans la forêt des masques ? – Le Courrier du VietNam

Le gouvernement démasqué – Libération

Michaël Rochoy, 33 ans, est médecin généraliste à Outreau. Enseignant-chercheur, adepte de Terry Pratchett et des Monty Python, il a particulièrement apprécié le «nonsense» absurde de la gestion pandémique des masques :

«Hier au téléphone le gouvernement m’a fait une proposition. Je n’ai pas saisi le nom de mon interlocuteur, mais il était question de lutter contre le froid et d’isoler mon habitation pour un euro seulement. Voilà qui tombait à pic, j’avais brisé mes fenêtres en m’initiant au golf lors du précédent confinement, et mon poseur de fenêtres n’arrivait plus à se fournir en double vitrage.

– Il n’y a pas de pénurie de fenêtres à redouter, ce n’est pas un sujet, me corrigea le messager du gouvernement. Mais avez-vous pensé à isoler vos combles ? C’est par le toit que s’échappe la chaleur.

-C’est-à-dire qu’il me semble plus urgent de bloquer les fenêtres, quitte à utiliser du simple vitra…

– Il y a un consensus très clair aujourd’hui pour dire qu’il ne faut surtout pas avoir de fenêtres, ça n’a pas d’intérêt, c’est même presque faussement protecteur, parce qu’ayant des fenêtres, on oublie d’isoler ses combles. Vous voulez que je vous dise ? Je ne sais pas utiliser une fenêtre ! Ça nécessite un apprentissage, des gestes techniques, précis, sinon on se trompe de sens et on l’ouvre et ça peut même être contre-productif.»

« Tout a commencé il y a neuf mois. Le 22 mars, au début du confinement, Antoine Hutt (radiologue), Jonathan Favre, Thibault Puszkarek et moi-même (médecins généralistes) avons lancé le site et collectif Stop-Postillons.fr. Il y avait une pénurie de masques (quoi qu’on en mente) et il fallait les garder pour les personnels exposés. Néanmoins tout le monde avait chez soi des t-shirts à découper, du tissu à coudre : des écrans anti-postillon» (EAP). Nous voulions “confiner les bouches et les nez” lors des sorties dérogatoires (dans les hypermarchés qui n’imposaient pas de masque à l’époque), puis maintenir cette couverture faciale lors du déconfinement.

«Nous avions donc un seul message, qui est resté en tête du site : “Portons tous un EAP dans l’espace public pour freiner et arrêter la pandémie. Porter quelque chose sera mieux que rien. Le but des EAP est collectif et altruiste : protéger les autres et être protégé si chacun en porte.”

Le très simple et efficace découpage de t-shirt

«Avec un message d’une telle banalité dans le cadre d’une pandémie à contamination respiratoire, nous aurions dû disparaître au bout d’une semaine. Les dirigeants auraient dû répondre: “OK, bonne idée, on fait ça, on demande aux gens de se couvrir le nez et la bouche en attendant les masques”, et c’était plié. C’était simple, il suffisait de faire confiance à l’intelligence collective et à la solidarité. Nous avions détaillé notre argumentaire, proposé une cinquantaine de tutoriels, dont la diversité permettait de fabriquer plusieurs types de protection, sans risquer la pénurie d’élastiques ou de tissu en mercerie : au pire, il restait toujours le très simple et efficace découpage de t-shirt. Nous avons relayé de nombreuses initiatives solidaires, comme ces couturières bénévoles qui envoyaient leurs créations aux quatre coins de France tandis que le ministre de la Santé demandait aux Français de ne rien porter en attendant de pouvoir acquérir un masque grand public le 11 mai… Quand on est encerclé par le feu, on n’attend pas des seaux d’eau labellisés par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers : on demande à chacun de prendre les récipients qu’il a sous la main et d’arroser en attendant mieux. Cet appel à l’intelligence collective, à la débrouillardise, a été rendu largement visible par les réseaux sociaux, avec un pic à 133 000 visites le 4 avril.

«Notre message, aussi basique soit-il, était pertinent. Il a progressivement été entendu. Trèèèès progressivement : le masque a été imposé dans les lieux publics clos à partir du 20 juillet, dans les entreprises à partir du 1er septembre, dans les écoles élémentaires à partir du 2 novembre. Ainsi, en pleine pandémie, il aura fallu huit mois après notre premier appel pour généraliser le masque dans la quasi-totalité des espaces recevant du public. Il aura fallu sacrifier une grande partie de notre temps libre avec d’autres médecins, scientifiques, parents, sur les réseaux sociaux, dans les médias, les revues scientifiques, pour que le gouvernement se dise : “Tiens finalement, ce ne serait peut-être pas mal de mettre des fenêtres partout en plus de l’isolation des combles…”

Colonies de bactéries

«Nous n’étions rien, nous ne sommes personne. Lorsque nous avons lancé le site le 22 mars, nous nous basions sur les données scientifiques, les seules qui comptent, au-delà des arguments d’autorité. Depuis le CheckNews de Libération du 13 mars, nous savions que les personnes asymptomatiques pouvaient être contagieuses. Nous avions lu l’étude de Davies et al. dans laquelle 21 volontaires avaient toussé dans une boîte, mise en incubation pendant 48 heures, avant de compter les “colonies” de bactéries de la taille du Sars-CoV-2 : 200 sans masque, 43 avec un masque en coton fait maison, 30 avec un masque chirurgical. Visionnaires en 2013, les auteurs concluaient qu’en cas de pénurie de masques chirurgicaux, un masque fait maison serait mieux que rien – mon expression favorite.

«Début mai nous avons proposé des infographies avec la graphiste Coralie Blanc et son père, Jean-Baptiste Blanc, médecin généraliste comme nous, en plaçant le masque en premier plan. Là encore, notre message était simple : “Dedans (sauf chez vous), portez toujours un masque; dehors, portez un masque en cas de contact ou de risque de contact proche.”

«Nous sommes en décembre, et le masque apparaît toujours en dernière position sur les sites gouvernementaux, après “éviter de se toucher le visage”, et avec la consigne de «le porter quand la distance d’un mètre ne peut pas être respectée». Le risque de transmission par aérosol n’est toujours pas considéré, ce qui permet d’ailleurs d’imposer le masque à l’école et en entreprise et en même temps, de laisser les cantines scolaires ou d’entreprises en l’état. C’est à désespérer.

Le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS

«Pendant de longs mois, nous avons lu que le gouvernement avait suivi l’Organisation mondiale de la santé sur les masques. C’est faux : d’une part, l’OMS n’émet pas un avis pour la France mais pour tous les pays de la planète, y compris ceux où l’accès à l’eau potable est limité. D’autre part, l’OMS a précisé le 6 avril que le port du masque pouvait être envisagé en population générale comme une mesure barrière supplémentaire. L’OMS a recommandé son port généralisé le 5 juin, notamment “dans les lieux publics tels que les épiceries, au travail […], dans les écoles”, et la même OMS a précisé le 21 août qu’il pouvait être porté dès l’âge de 6 ans dans les pays où le virus circule activement. En France, le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS a donc mis trois mois après la recommandation du 5 juin pour imposer le masque en entreprise et cinq mois pour l’école élémentaire.

«Concernant l’école enfin, nous avons dû militer, publier des tribunes cet été, écrire des communiqués en août, septembre et octobre, une revue de littérature, intervenir en visioconférence auprès de syndicats d’enseignants en demande d’informations scientifiques… Tout ça parce qu’un ministre déclarait être “préparé à tout” sur la base de l’avis… roulement de tambour… des sociétés savantes de pédiatrie ! Jean-Michel Blanquer avait soudain fait fi de l’OMS : avec un tel niveau en pirouette, il n’est pas étonnant qu’il ait récupéré le ministère des Sports lors du remaniement, remarquez. Toutefois, si la plus haute instance à suivre n’est plus l’OMS mais les sociétés nationales, pourquoi concernant les masques entre avril et juillet le gouvernement a-t-il ignoré l’Académie nationale de médecine le 2 avril, le 22 avril, le 7 mai et le 28 juillet, l’European Centre for Disease Control le 8 avril ou son propre Conseil scientifique le 20 avril ? Il est facile de multiplier les instituts, conseils, centres, agences, sociétés, académies, autorités et organisations pour au final choisir parmi tous leurs avis celui qu’on veut mettre en avant… Mais ça, ce n’est ni de la science, ni de la politique. C’est de la manipulation.»

 


Christian Lehmann médecin et écrivain

 

 

Source: Le gouvernement démasqué – Libération

Port du masque obligatoire dès 6 ans : une «bonne nouvelle» pas toujours facile à appliquer – Libération

«C’est une bonne nouvelle», se réjouit Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais) et cofondateur du collectif Stop postillons, après l’annonce du port du masque à l’école dès 6 ans, par le Premier ministre Jean Castex à partir de la rentrée de lundi 2 novembre. «Le gouvernement a préféré qu’on soit au pied du mur pour prendre cette décision alors que si ça avait été fait dès le mois de septembre, ça aurait permis d’aplatir la courbe de l’épidémie», regrette toutefois le médecin. Si les enfants de moins de 10 ans peuvent être contaminés par le Covid-19, ils sont majoritairement asymptomatiques et développent rarement des formes graves. Mais sont-ils contagieux ? «Les enfants de moins de 11 ans le sont tout autant que les adolescents ou les adultes», affirme Michaël Rochoy, s’appuyant notamment sur une grande étude de tracing menée en Inde et publiée dans la revue Science : elle conclut que les enfants pourraient bien être des acteurs clés dans la diffusion de la maladie. «Laisser les enfants sans masque en primaire, ça aurait été saboter le confinement puisqu’ils peuvent ramener le virus dans les foyers», ajoute Elisa Zeno, cofondatrice du collectif Ecoles et familles oubliées.

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La question de leur contagiosité divise toujours beaucoup la communauté scientifique. Certains chercheurs affirment que les enfants transmettent beaucoup le virus, quand d’autres disent qu’ils sont au contraire très peu contaminants. «Les enfants sont peu porteurs, peu malades et peu contagieux entre eux et envers les adultes, insiste Fabienne Kochert, présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa). Moins contagieux ne veut pas dire pas contagieux du tout donc si le virus circule davantage sur tout le territoire, on peut avoir un petit plus de clusters dans les écoles», reconnaît la pédiatre. Rémi Salomon, chef du service pédiatrie Necker, est du même avis et ajoute : «Il faut prendre un maximum de précautions pour que les enfants ne transmettent pas le virus, ne le ramènent pas à la maison.»

Difficultés dans les apprentissages

Du côté des enseignants, le port du masque dès le primaire rassure, même si, dans les faits, ce ne sera pas toujours simple à appliquer. «A 6 ans, les enfants ont tendance à manipuler beaucoup de choses, observe Philippe Descottes, enseignant dans une école primaire à Rennes. Ceux qui le portent déjà volontairement à partir du CM1 le manipulent régulièrement. Donc pour les plus petits, ce sera loin d’être évident.» Autre difficulté soulevée, celle liée aux apprentissages. Les élèves ont déjà parfois du mal à entendre leurs professeurs masqués, un problème de compréhension qui ne s’arrangera pas quand tout le monde sera logé à la même enseigne. «Une énorme partie des apprentissages se fait dans le dialogue avec les autres élèves et les enseignants, donc là, les interactions vont être bridées, remarque Eva, pofesseure des écoles en zone REP à Paris. Ce sera aussi un obstacle quand ils devront lire à voix haute et ce sera globalement compliqué pour le langage oral.» Les enseignants s’interrogent également sur la fourniture de ces masques. Si le ministère de l’Education ne prévoit rien, les familles les plus modestes ne pourront pas équiper leurs enfants correctement. «Certains portent déjà le même masque plusieurs jours de suite», relève Eva.

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Dans son ensemble, le monde éducatif ne s’oppose pas au port du masque dès l’âge de 6 ans mais tout le monde s’accorde à dire que ça ne doit pas être la seule mesure, loin de là, pour renforcer le protocole sanitaire et assurer la sécurité des élèves, comme celle du personnel.

 


Cécile Bourgneuf

 

 

Source: Port du masque obligatoire dès 6 ans : une «bonne nouvelle» pas toujours facile à appliquer – Libération

Halte à la fraude scientifique – Libération

Tribune. Cette pandémie est la première dans l’histoire de la science moderne. Les moyens déployés et la mobilisation des chercheurs ont été sans précédents. Tous les projecteurs étaient braqués sur le monde de la recherche, ce qui aurait contribué à démocratiser et rendre attractif ce domaine parfois vu comme lointain ou inaccessible. Nos concitoyens étaient en droit d’exiger la science la plus sérieuse et honnête, dans l’intérêt supérieur de l’humanité. Force est de constater qu’ils ont été surpris et déçus.

Au lieu d’une unification des forces, ils ont assisté à une dispersion des moyens à l’échelle mondiale, européenne, et même nationale, nourrie par une impréparation et des égoïsmes, tant entre Etats qu’entre équipes de recherche, conduisant à une épidémie de petites études scientifiques locales, parfois de mauvaise qualité, qui ont fait perdre un temps précieux et sans doute beaucoup de vies humaines. L’Académie nationale de médecine a alerté, sans succès.

Cependant, la confiance de nos concitoyens a surtout été brisée par la mise en lumière de fraudes scientifiques. L’affaire dite du «Lancetgate» a eu un retentissement mondial, pas seulement dans la recherche, mais aussi sur des décisions internationales et nationales concernant la santé. Les différentes déclarations (San Francisco, Singapour, Hongkong) ou les recommandations et prises de position du réseau européen des bureaux d’intégrité scientifique (ENRIO) sont pertinentes mais ne suffisent plus : un accord international contraignant sur le système de publication scientifique, de relecture par les pairs et d’évaluation de la recherche, doit être impulsé par l’Union européenne.

Mais la France a aussi été un mauvais élève.

Quelques chercheurs minoritaires mais surmédiatisés, afin d’embellir artificiellement leurs résultats, ont exclu de leurs statistiques des patients dont le traitement n’a pas fonctionné et qui sont décédés, ont inventé des données de manière avantageuse lorsqu’elles étaient manquantes, n’ont pas fourni des informations pourtant facilement accessibles telles que les comorbidités de leurs patients et ont refusé de transmettre à leurs pairs les données permettant de vérifier l’authenticité de leurs résultats. La liste est encore longue. Ils ont ainsi durablement déformé et altéré l’image de la science et de la recherche.

Voies sans issue

Publier hâtivement, sur une plateforme de vidéos en ligne, un graphique biaisé issu de tests non fiables, de données partiellement inventées après avoir écarté celles qui ne sont pas favorables, est une communication trompeuse, abusant un public en attente de solutions et faisant naître de faux espoirs.

User de notoriété pour provoquer une augmentation des prescriptions d’un médicament, puis argumenter qu’il guérit en se basant sur des sondages ou le nombre de prescriptions, relève davantage de la prophétie autoréalisatrice que de la preuve scientifique.

Proclamer qu’un traitement guérit sur la base de comparaisons trompeuses, de patients plus jeunes ou en meilleure santé relève de la mauvaise foi.

Remettre en cause les essais contrôlés randomisés revient à oublier les risques de facteurs de confusion, à mépriser la notion d’équipoise du risque, qui est un fondement de l’éthique médicale, et à gravement méconnaître les apports considérables de cette méthode dans l’amélioration de la vie des malades depuis plus de cinquante ans.

L’argument selon lequel l’éthique médicale et le soin priment sur la recherche est fallacieux : l’histoire de la science et de la médecine nous montre bien des exemples où des vies ont été sauvées, parfois dans l’urgence, grâce à des idées novatrices voire dérangeantes mais, dans d’autres, l’empirisme a conduit à des morts par millions ou, au mieux, à gaspiller du temps et de l’argent dans des voies sans issue. Continuer de proclamer une découverte en refusant de la prouver est une utilisation abusive de cet argument, qui entretient la confusion et ramènerait la science au Moyen Age.

Des résultats transparents, exhaustifs, reproductibles

Les patients ont le souci compréhensible de défendre la qualité de prescription de leurs médecins. Cependant, le même niveau d’exigence doit être imposé aux chercheurs bénéficiant d’un effort national financier considérable pour qu’ils fournissent des résultats fiables et honnêtes, afin que les médecins puissent prescrire de façon éclairée et libre, mais toujours dans les limites fixées par la loi et selon les données acquises de la science, comme l’indique leur code de déontologie médicale. Il n’y a là rien d’une coquetterie élitiste, d’une lourdeur bureaucratique ou de pressions de quelques puissances financières : il s’agit de l’application du serment d’Hippocrate : «Avant tout, ne pas nuire.»

La science est évolutive et a toujours avancé par controverses et retournements de paradigmes : il est heureux que nos concitoyens le découvrent. Et toute découverte commence par la sérendipité ou l’intuition. Un scientifique est libre de ses hypothèses, de sa méthode et de défendre celles qui vont à contre-courant. Mais pour convaincre, il doit apporter des résultats transparents, exhaustifs, reproductibles, afin que ses pairs puissent vérifier ce qu’il proclame : préalable indispensable pour en faire rapidement bénéficier la population.

En sciences, la réputation se construit par la solidité des découvertes et des preuves, et non l’inverse.

Une transformation salutaire

Il est anormal d’invoquer fallacieusement l’éthique et l’obligation de soin pour refuser un essai contrôlé randomisé et, dans le même temps, inclure sans autorisation des enfants de 10 ans dans un essai clinique.

Il est anormal que la carrière des chercheurs et les systèmes de financement de la recherche soient basés davantage sur le nombre de publications (dépendant parfois d’un système de publication perfectible et au modèle économique discutable) que sur leur qualité (l’Académie des sciences le déplore depuis dix ans), alors que les instances d’évaluation de l’intégrité scientifique devraient voir leur indépendance inscrite dans la loi, pouvoir s’autosaisir et avoir un droit de décision sur les carrières des chercheurs et les financements des équipes de recherche.

Il est anormal que des publications scientifiques passent la barrière de la relecture en moins de 24 heures, dans des journaux où les auteurs sont eux-mêmes rédacteurs en chef ou membres du tableau éditorial.

Il est anormal, à l’inverse, qu’une procédure de relecture additionnelle d’une publication scientifique, déclenchée par une société savante, n’aboutisse qu’au bout de plusieurs mois.

Il est anormal que les citations entre auteurs d’une même équipe de recherche soient comptabilisées dans certains indicateurs de référence.

Il est anormal que des directeurs d’équipes de recherche cosignent des publications dont le nombre rend impossible le fait qu’ils y aient réellement participé.

Il est anormal et très grave que des chercheurs partiellement interdits de publication, pour cause de fraude scientifique avérée, se voient promus à des responsabilités encore plus importantes ou même à des fonctions qui décident de la carrière des autres, alors que leurs instances dirigeantes auraient dû les écarter définitivement de la recherche.

Durant des décennies, la fraude scientifique d’une minorité de chercheurs a bénéficié d’une impunité et a même servi de tremplin à leurs carrières, dans l’indifférence générale.

Les scientifiques et les médecins font partie des professions inspirant le plus confiance, ce qui constitue un puissant socle de stabilité de nos démocraties. Durant cette pandémie, l’image déplorable de la recherche a l’avantage d’avoir projeté ce sujet au-devant de la scène médiatique. Utilisons ces débats passionnés dont se sont emparés tous les Français, et qui ont dangereusement clivé notre société, pour provoquer une transformation salutaire. Le moment est historique : les responsables politiques ont le pouvoir de changer les structures de décision des carrières des chercheurs et enseignants-chercheurs et d’instaurer un système coercitif contre la fraude scientifique, avec un véritable impact sur la carrière des quelques rares qui s’y adonnent.

Contre la fraude scientifique aussi, le «monde d’après» ne doit pas ressembler à celui d’avant.

La liste complète des signataires est mise à jour en temps réel sur cette page. Et pour signer la tribune, c’est sur cette page.

Premières structures signataires (sociétés savantes / associations / collectifs) : Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF). Président : Pr Pierre Tattevin ; Société de Réanimation de Langue Française (SRLF). Président : Pr Eric Maury ; Société Francophone de Santé Environnement (SFSE). Présidente : Dr Elisabeth Gnansia ; Société Française de Pédiatrie (SFP). Président : Pr Christophe Delacourt ; Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE). Président : Pr Vincent Renard ; Réseau des Jeunes Infectiologues Français (ReJIF). Coordinateur : Nathan Peiffer-Smadja ; Collectif FakeMed. Président : Dr Cyril Vidal ; European rural and isolated practioner association (EURIPA). Président : Dr Jean-Pierre Jacquet

Premiers signataires (personnes physiques) : Pr Roger SALAMON, ancien chef de service de santé publique-épidémiologie (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux), ancien président du Haut Conseil de la Santé Publique ; Pr Hervé MAISONNEUVE, médecin de santé publique, référent intégrité scientifique de la faculté de médecine Paris-7, rédacteur du blog «Rédaction Médicale et Scientifique» ; Pr Dominique COSTAGLIOLA, Directrice de Recherche INSERM, membre de l’Académie des Sciences (épidémiologie et biostatistiques) ; Pr Christophe RAPP, infectiologue, hôpital américain de Paris, Président de la Société Française de Médecine des Voyages, membre du Haut Conseil de la Santé Publique ; Pr Jean-Michel CONSTANTIN, chef de service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Stéphane GAUDRY, réanimateur, service de médecine intensive et réanimation de l’hôpital Avicenne (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Pierre-Yves SCARABIN, directeur de recherche émérite INSERM (épidémiologie et santé publique), ancien directeur de structure INSERM ; Pr Alexandre DEMOULE, chef de service de médecine intensive et réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Francis BERENBAUM, chef de service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine, Paris (APHP / Sorbonne Université / INSERM) ; Pr Patrick MERCIE, chef de service de médecine interne et immunologie clinique (CHU de Bordeaux / INSERM / université de Bordeaux) ; Pr Gaëtan GAVAZZI, chef de service de gériatrie clinique, Président du collège National des Enseignants de Gériatrie (CHU de Grenoble, université de Grenoble) ; Pr Mathieu MOLIMARD, chef de service de pharmacologie médicale (CHU de Bordeaux / INSERM / université de Bordeaux) ; Pr Luc FERRARI, toxicologue (CNRS / université de Lorraine) ; Pr Vincent DANEL, toxicologue, professeur émérite (université Grenoble-Alpes) ; Pr Bernard SALLES, toxicologue, professeur émérite (INRAE / université de Toulouse) ; Pr Nicolas PICARD, pharmacien (CHU de Limoges / université de Limoges) ; Pr Louis-Rachid SALMI, médecin de santé publique, ancien directeur de l’Institut de Santé Publique, d’Epidémiologie et de Développement (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Pr Pierre DELLAMONICA, infectiologue, professeur émérite (université de la Côte d’Azur) ; Pr Vincent DUBEE, infectiologue, (CHU d’Angers, université d’Angers) ; Dr Patrick OUVRARD médecin généraliste, Vice-Président de l’Union Européenne de la Médecine Omnipraticienne ; Dr Isabelle CIBOIS-HONORAT, Présidente du conseil scientifique du Congrès de la Médecine Générale ; Dr Francis ABRAMOVICI, médecin généraliste, président de l’UNAFORMEC ; Pr Thierry LAMIREAU, chef de l’unité de gastro-entérologie pédiatrique (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Pr Jean-François KOROBELNIK, chef de service d’ophtalmologie (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Dr Matthieu CALAFIORE, médecin généraliste, directeur du département de médecine générale (faculté de médecine de Lille) ; Pr Patrick IMBERT, médecin généraliste, directeur du département de médecine générale (faculté de médecine de Grenoble) ; Dr Franck CLAROT, médecin légiste, radiologue, vice-président de la Fédération Nationale des Médecins Radiologues 76 ; Dr Edouard OBADIA, réanimateur, représentant de l’Association des Réanimateurs Du Secteur Privé (ARDSP) au CA de la Société de Réanimation de Langue Française ; Dr Christian LEHMANN, médecin généraliste, écrivain

 


Collectif de chercheurs et de professionnels médicaux

 

 

Source: Halte à la fraude scientifique – Libération

Les infos de 6h – Rentrée scolaire : les écoles ne sont pas prêtes pour certains médecins

Près de 12,3 millions d’élèves reprendront le chemin des classes ce lundi avec des contraintes liées au coronavirus qui circule toujours activement. Dans une tribune chez nos confrères du Parisien, plusieurs médecins alertent sur le port du masque qu’il faudrait selon eux rendre obligatoire en primaire, ce qui impliquerait une distribution gratuite à tous les enfants.

Pour Mickaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau dans le Pas-de-Calais et fondateur du Collectif Stop Postillon,l’école n’est pas prête avec le dispositif qui est prévu actuellement, notamment le fait de ne pas recommander le masque à partir de 6 ans. En Allemagne ou même chez nous à la Réunion, il y a eu une augmentation des cas dans les écoles qui ont mené à des fermetures de classes,” relate le médecin.

Le médecin et son collectif jugent donc le protocole sanitaire insuffisant et souhaitent l’augmenter. Le médecin préconise notamment “le port du masque dès 6 ans, distribuer des masques gratuits pour les élèves, mettre en place un protocole pour faciliter l’enseignement à distance et préciser la conduite à tenir lorsqu’un enfant est testé positif.

C’est compliqué de mettre tout cela en place d’ici demain, mais “c’est un objectif qu’il faut avoir dans un mois, deux mois selon ce qui est possible. C’est quelque chose qui peut être acceptable au sein de l’école de la République,” affirme le médecin.

À écouter également dans ce journal

Rentrée scolaire –  Jean-Michel Blanquer répond à la controverse ce matin dans le JDD ce diomanche 30 août. “Nous sommes préparés à tout,” a-t-il indiqué le ministre, qui fonde ses recommandations sanitaires sur les avis du Haut Conseil à la Santé publique. Il n’exclut pas si nécessaire des réductions de taille de classes, des fermetures d’établissements, mais aussi des tests aléatoires sur les personnels enseignants sur la base du volontariat.

Racisme – Réprobation générale après la Une du dernier numéro de Valeurs actuelles qui dépeint dans une fiction la députée de la France insoumise Danièle Obono en esclave collier de fer au cou. Emmanuel Macron a appelé personnellement la parlementaire pour lui faire part de son soutien et condamner cette publication.

États-Unis – Le président américain va se rendre à Kenosha mardi, la ville où l’Afro-Américain Jacob Blake a été grièvement blessé par un policier. Le président américain y rencontrera des responsables des forces de l’ordre et examinera les dégâts causés par les émeutes.

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 Source: Les infos de 6h – Rentrée scolaire : les écoles ne sont pas prêtes pour certains médecins

Le masque EAP comme mesure barrière n°6 – Nutritions et endocrinologie

Le masque EAP comme mesure barrière n°6

Depuis le début du confinement de nombreuses voix se sont élevées pour mettre en avant le port du masque comme mesure de protection de la population. Ainsi dès le 22 mars, le collectif Stop-postillons, lancé par 4 médecins généralistes, a milité pour le port généralisé des écrans anti-postillons – EAP (masques « maisons ») dans l’espace public comme 6ème mesure barrière pour lutter contre le coronavirus. Ils ont créés un site internet stop-postillons.fr mis à jour au quotidien qui rassemble un grand nombre d’informations et de patrons de masque pour les couturiers amateurs. L’objectif est d’informer pour ainsi réduire le nombre de contamination par coronavirus. Au moment du déconfinement annoncé le 11 Mai, il s’agit de prendre les précautions maximum pour minimiser la deuxième vague possible et protéger les individus surtout les personnes fragiles atteintes de pathologies chroniques qui n’ont pas osé fréquenter les salles d’attente médicales, qu’elles soient à l’hôpital ou en cabinet libéral.

Maintenant que l’Académie de médecine a pris position dans ce sens le 22 avril dernier, et que le gouvernement a indiqué qu’il rendait le masque obligatoire comme condition au déconfinement le port du masque va donc être généralisé. Nous avons interrogé le Dr Michaël Rochoy, l’un des fondateurs de ce collectif, qui a eu la gentillesse de répondre à toutes nos questions sur les écrans anti-postillons dans une vidéo.

Toutes les explications en images : l’interview du Dr Michaël Rochoy – MD, PhD – Université de Lille 

 Source: Le masque EAP comme mesure barrière n°6 – Nutritions et endocrinologie

Médecin, urgences, centre 15… qui et quand consulter?

Les cas peu graves et les pathologies non urgentes ne doivent pas encombrer un système de soins sous tension.

Certaines pathologies justifient de téléphoner à son médecin, qui jugera la nécessité d’une consultation (ici, le docteur Jean-Paul Hamon, médecin généraliste, reçoit un patient, jeudi à Clamart, dans les Hauts-de-Seine). Francois Bouchon/François Bouchon / Le Figaro

Avec le passage en stade 3 de l’épidémie depuis samedi soir, faut-il appeler ou ne pas appeler le 15, aller ou ne pas aller chez le médecin? Le Figaro fait le point.

● Pas ou peu de symptômes: restez chez vous

Si vous avez des symptômes légers (nez bouché, toux sans difficulté respiratoire, fièvre débutante et bien tolérée…), prenez du paracétamol (60 mg/kg/jour, maximum 3 g/jour pour un adulte, et pas d’AINS type ibuprofène ou aspirine). Restez chez vous et protégez vos proches (pièce réservée, aération, port du masque, lavage des mains et des surfaces…). Si vous avez besoin d’un arrêt de travail, demandez à votre médecin s’il peut le faire via une téléconsultation. Surveillez bien l’évolution de vos symptômes car dans les cinq à huit jours après leur début, ils peuvent s’aggraver brutalement, avec l’apparition de difficultés respiratoires. Prévoyez éventuellement une téléconsultation de suivi avec votre médecin.

● Des symptômes inquiétants:

Si, après avoir eu de la fièvre et une toux pendant plusieurs jours, vous sentez poindre une difficulté respiratoire, appelez le 15.

● Quand faut-il faire un test?

Les tests sont réservés aux cas graves, au personnel soignant, à certains patients à risque, et aux patients risquant d’être les premiers infestés d’un lieu où résident des personnes fragiles (par exemple un Ehpad). En dehors de ces cas, inutile de faire le siège de votre médecin ou de l’hôpital pour bénéficier d’un test. Le résultat ne changerait de toute façon pas votre prise en charge, qui est uniquement symptomatique (il n’existe pas de traitement contre le Covid-19).

● Pour toute autre pathologie: au cas par cas

Certaines pathologies (comme une cystite ou une otite, à ne pas laisser traîner) justifient de téléphoner à votre médecin qui jugera de la nécessité d’une consultation. De même pour des douleurs dentaires intenses ou l’apparition d’une cellulite cervico-faciale (infection de la face et du cou qui peut mettre en jeu le pronostic vital). Les troubles musculo-squelettiques chroniques ou peu intenses, les problèmes cutanés non urgents peuvent attendre. N’allez pas chez le médecin sans rendez-vous: il a dû s’organiser pour que les patients contagieux ne croisent pas les autres.

● Pour le suivi des enfants et des malades chroniques

Sauf signe d’appel particulier, le suivi des nourrissons et des jeunes enfants peut attendre. Les vaccinations peuvent être repoussées d’un mois ou deux sans dommage, surtout en période de confinement, où le risque d’être infecté est bien moindre… Les malades chroniques peuvent décaler leur consultation de suivi, et peuvent désormais obtenir leur traitement avec une ordonnance expirée.

● Quand appeler le 15?

Pour tous les cas graves habituels (douleurs thoraciques évocatrices d’infarctus, déficits neurologiques brutaux évocateurs d’AVC, accident de la voie publique, etc.), ou si vous pensez être infecté par le coronavirus et ressentez une gêne respiratoire avec sensation d’étouffement. Rhinites et fièvre ou toux bien tolérées et débutantes ne doivent pas faire l’objet d’un appel: les centres 15 sont débordés.

● Quand aller aux urgences?

Toute difficulté respiratoire majeure, altération de la conscience, confusion, douleur thoracique intense doit amener à consulter aux urgences (idéalement en appelant le 15). Les idées suicidaires importantes, maux de tête brutaux et inhabituels, membre inférieur froid et douloureux, etc., exigent un avis médical rapide. Une entorse ou un mal de ventre chronique ne justifient généralement pas des soins d’urgence mais méritent un avis de votre médecin.

 Source: Médecin, urgences, centre 15… qui et quand consulter?