Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ? | Atlantico.fr

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

© Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Symptômes

Covid longs : vers un problème majeur de santé publique ignoré par les autorités sanitaires ?

Les études sur les cas de Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis alertent sur le nombre de patients concernés. En Grande-Bretagne, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur trois souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. Le Covid long pourrait devenir un enjeu de santé publique.

Atlantico : Les données concernant le Covid long au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis sont de plus en plus nombreuses et alertent sur un pourcentage non négligeable de patients concernés. Au Royaume-Uni, un patient atteint du Covid-19 sur quatre conserverait des symptômes persistants selon les chiffres de l’Office for National Statistics. Et un patient atteint du Covid-19 sur 3 souffrirait de problèmes psychologiques ultérieurs selon une étude du Lancet Psychiatry. En France, ces données sont beaucoup plus difficiles à avoir. A combien peut-on l’estimer ? Ce manque de chiffres est-il dû à une trop faible considération de ce problème ?

Michaël Rochoy : C’est une pathologie qui reste mal codifiée, il n’y a pas de diagnostic de certitude. Les chiffres de l’Office for National Statistics sont basés sur un auto-questionnaire recueilli le 6 mars 2021. La question posée était : Pouvez-vous aujourd’hui vous décrire comme ayant un Covid long ? A savoir : avoir des symptômes persistant plus de 4 semaines après avoir eu le Covid sans pouvoir l’expliquer par quelque chose d’autre.

En France, il n’existe aucun chiffres officiels. Il n’y a pas non plus à ma connaissance de suivi national du Covid long ni d’étude de cohorte.

La HAS reconnaît le Covid Long mais ne parle pas de ce seuil de 4 semaines. On n’a donc pas de définition consensuelle entre le Royaume-Uni et le France. Les chiffres sont donc forcément à prendre avec des pincettes. Sur son site, la HAS décrivait que la persistance des symptômes représentait 20% des patients après 5 semaines et plus de 10% après 3 mois, le tout en reprenant des chiffres anglais. Cela semble plutôt cohérent. Mais la HAS ne parle pas spécifiquement du Covid long, ils font plutôt mention de “symptômes prolongés” suite au Covid-19.

 

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En février 2021, la Haute autorité de santé et l’Assemblée nationale ont reconnu pour la première fois le Covid long comme une pathologie. Est-ce suffisant ? Les dispositifs de prise en charge et de suivi de ces cas sont-ils en capacité de gérer cette situation ?

Il y a eu cette fiche “réponses rapides”  de la HAS publiée en février mais ils travaillent sans doute dessus depuis un moment. C’est assez raisonnable aussi de ne pas se précipiter car le Covid long n’est pas encore bien défini médicalement. Il y a plusieurs symptômes et pas forcément d’explication claire.

La stratégie adoptée par la HAS est une stratégie de symptômes qui doivent être principalement pris en charge en soins primaires (en médecine générale) et éviter l’escalade d’examen paracliniques. Parce que si on est à 25% de Covid “longs” à 4 semaines et ça diminue à 10% après 3 mois, c’est quelque chose qui a tendance à évoluer spontanément de façon favorable. Cela avait été déjà décrit avec le Sras en 2003. Le suivi en médecine générale devrait être suffisant dans la majorité des cas.

A terme pourrait-on se retrouver dans une situation durable avec des gens inaptes à travailler ? Comment y faire face ?

 

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Plusieurs hypothèses existent à ce sujet dont celle d’un réservoir viral persistant, ou d’une inflammation provoquée par le persistance de fragments viraux ou d’une réponse auto-immune qui persisterait après l’infection. Dans le traitement, il semblerait qu’après le vaccin Pfizer ou AstraZzeneca il y ait une diminution ou une amélioration des symptômes selon une étude qui est encore à l’état de préprint. Cela peut être une piste pour soigner les Covid longs dans la majorité des cas.

Le Covid long peut-il devenir un enjeu de santé publique ?

Oui en effet, surtout si le Covid long nécessite des soins et des examens paracliniques coûteux à l’avenir. Cela peut aussi entraîner plus tard la découverte d’autres choses qui n’auraient pas été explorées auparavant.

Il y a aussi un risque de surmédicalisation, de sur-investigation ou de surtraitement parfois, avec tout ce que ça peut entraîner de nocif comme effets indésirables.

 

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La possibilité de Covid Long chez les enfants est également à surveiller. C’est évoqué dans l’article de l’Office pour les statistiques nationales. Le Covid long touche tous les âges, surtout les femmes, un peu plus les adultes mais les enfants ne sont pas épargnés pour autant. L’index de déprivation montre que les gens les plus pauvres sont un peu plus touchés et ceux qui avaient une condition physique altérée avant d’avoir le Covid ont aussi plus de symptômes (et c’est notamment à prendre en compte quand on analyse les auto questionnaires des patients).

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Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?) | Atlantico.fr

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois malgré les incertitudes sur les contaminations à la Covid-19..

© Philippe LOPEZ / AFP

Lieux de contaminations

Les perturbantes motivations de la décision suédoise de maintenir les écoles ouvertes (et quid de celles de la France… ?)

Des pays comme la France et la Suède ont décidé de maintenir les écoles ouvertes ces derniers mois. L’épidémiologiste en chef de la Suède, le docteur Anders Tegnell, a évoqué l’idée que les enfants soient des contaminateurs permettant d’atteindre l’immunité collective. Quelles sont les précautions et mesures à prendre au sein des établissements scolaires pour freiner les contaminations ?

Atlantico : Certains pays ont défendu le maintien de l’ouverture des écoles comme la France, la Suède, etc. Qu’est-ce qui peut expliquer cette sorte d’exception française ?

Michaël Rochoy : Ne pas fermer les écoles, c’est en France un cache-misère concernant le télé-enseignement. On n’a pas mis en place le télé-enseignement de manière aussi automatique et ça n’a pas été une grande réussite, les professeurs ont dû se débrouiller avec leur propre matériel… Jean-Michel Blanquer s’est érigé en hérault de ceux qui ne veulent pas fermer les écoles, mais en France personne ne veut fermer les écoles : les pédiatres ne voulaient même pas de masques, qu’on ne fasse rien, avant de reconnaître leur utilité très tardivement, et nous -médecins-, nous n’avons jamais voulu la fermeture des écoles. Tout ce que nous avons recommandé, c’était l’allongement des vacances scolaires d’une troisième semaine à la Toussaint avec un confinement de l’ensemble du pays, qui aurait permis de casser la dynamique qui fait qu’on soit à 300 morts par jours actuellement. L’autre recommandation était d’agréger les vacances scolaires de février sur quatre semaines. Il y avait des choses à faire qui n’ont pas été faites, et des moyens de casser la courbe qui n’ont pas été employés. On veut que les élèves progressent, qu’il n’y ait pas de baisse du niveau scolaire, autant que possible. Maintenant il ne faut pas d’obstination déraisonnable ; les enfants vont survivre à deux semaines d’écoles en moins, mais certaines personnes ne vont pas survivre à l’absence d’aménagement. Il faut que les écoles restent ouvertes, mais pas à n’importe quel prix.

En Suède, des courriels de l’épidémiologiste en chef, le docteur Tegnell, au printemps 2020 évoquaient l’idée que les enfants soient des bons contaminateurs pour atteindre l’immunité collective. Se peut-il que la France ait cette même logique ?

C’est une possibilité, mais même si c’est le cas elle complètement inavouable. Si elle a été envisagée on ne le saura jamais, mais on saurait mettre cette hypothèse complètement de côté. Toutefois, pour atteindre l’immunité collective il faudrait que tous les enfants se contaminent en même temps, sans faire de forme grave. Certes, ils en font peu mais il peut y avoir des Covid longs chez les enfants, et on ne peut adopter une stratégie basée sur la contamination des enfants, d’autant que les enfants ont besoin de la présence des adultes, surtout les 0-10 ans. Donc la contamination d’un enfant entraîne celle d’un adulte.

 

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Le même épidémiologiste suédois affirmait publiquement que les écoles n’étaient pas un lieu de forte contamination. Le gouvernement français a tardé lui aussi à reconnaître les contaminations à l’école, parfois au mépris des données scientifiques. Qu’est-ce qui explique cela ?

Il n’a pas tardé seulement sur ce sujet. Ça a été le cas pour reconnaître l’intérêt des masques également. Il y a toujours eu une négation de la transmission du virus par voie aérienne dans les lieux clos, dans les écoles. L’académie de médecine a toujours soutenu la nécessité du port du masque dans les lieux clos, mais on a longtemps affirmé que cela ne concernait pas les écoles. Les sources (OMS, académie de médecine), étant, en ces périodes d’incertitudes, parfois contradictoires, les pistes suivies étaient celles que l’on voulait entendre à l’époque. Il y a une responsabilité de n’avoir pas suivi les choses qui étaient conseillées, à savoir sécuriser les écoles, mettre en place la distanciation sociale, créer des systèmes de bulles afin de faire en sorte que les enfants ne se mélangent pas entre classes à la cantine. Le fait de nier qu’il y ait des contaminations à l’école aide à se dédouaner de cette responsabilité. Un deuxième point est que l’école est une garderie et on ne veut pas l’énoncer comme tel. On sait que si les enfants ne vont pas à l’école, les parents ne peuvent pas travailler. Un ministre disait d’ailleurs dans un message que « si on avait écouté les Cassandre, on serait en train de travailler avec des enfants sur nos genoux. ».

Si l’on ne ferme pas les écoles, quelles sont les précautions et mesures à prendre ?

Il y a plein de choses faisables. D’abord, il faut une aération. On peut avoir des marqueurs, des captures à CO2 qui dès qu’elles indiquent 800-1000ppm exigent plus d’aération. On considère qu’à partir de cette limite le risque augmente beaucoup car il y a beaucoup plus de particules dans l’air. Ensuite, il y a des systèmes de ventilations (VMCs, des fenêtres qui s’ouvrent, la purification d’air avec des filtres HEPA), à la cantine notamment puisque les enfants y retirent leur masque. Ils n’ont pas le choix donc il faut se demander ce qu’on peut améliorer.

 

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Le ministre de l’Education Nationale a affirmé envisager l’hypothèse de fermer les cantines et pas les écoles si la situation sanitaire le rendait nécessaire. Que penser de cette idée ?

C’est une question qu’on évoque depuis un moment, ça fait longtemps que l’on dit que les cantines sont une absurdité, puisque c’est un des rares restaurants qui reste ouvert en France, avec les cantines d’entreprise. Est-ce une mesure efficace ? Oui fatalement, même si le protocole a été adapté, il y a toujours trois-quatre classes qui mangent ensemble dans le réfectoire, dans un grand lieu clos, pas forcément bien ventilé au moment où les enfants mangent, donc il y a quand même un potentiel de contagion élevé. C’est de surcroît le moment lors duquel les enfants sont sans masque, lors duquel tout enfant atteint peut transmettre la Covid à sa table de repas d’abord, puis à sa classe, et éventuellement à d’autres classes. Il faut sûrement prendre des mesures, toutefois il ne faut pas fermer. Confiner, fermer, ce sont des échecs. Il faut surtout se donner les moyens, et faire de la prévention ; pas attendre des taux d’incidence qui dépassent les 400 pour envisager la fermeture des cantines, alors qu’il y avait déjà auparavant la possibilité de développer les systèmes de ventilation, de purification de l’air. Evidemment cela demande des moyens financiers mais c’est un investissement nécessaire qui aurait pu être fait en amont. Il faut le concevoir dans une politique nationale, c’est à dire voir ce qu’on fait pour les enfants. Il existe évidemment la question des enfants précaires, qui sans cantine ne peuvent pas manger chez eux par exemple, mais également celle de certaines professions dites essentielles, qui ne peuvent pas par exemple le midi se déplacer pour récupérer les enfants. La question peut également être celle de l’introduction d’un chômage partiel, et doit donc rentrer dans une démarche plus globale que la simple fermeture des cantines. Il faut que ce soit quelque chose concerté avec différents ministères mais notamment le ministère du Travail.

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Pas de danger pour les enfants, vraiment ? L’inquiétante progression des cas de Covid-19 pédiatriques constatée à travers l’Europe | Atlantico.fr

Des données en Suède, du Royaume-Uni et en Italie révèlent une progression du variant britannique qui pourrait être responsable d’une multiplication des cas de Covid-19 chez les enfants.

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Contaminations

Pas de danger pour les enfants, vraiment ? L’inquiétante progression des cas de Covid-19 pédiatriques constatée à travers l’Europe

Des données venues de Suède, du Royaume-Uni ou encore d’Italie indiquent que la progression du variant britannique ou B117 pourrait être responsable d’une multiplication des cas de développement de la maladie chez les enfants.

Atlantico : De nouvelles données suédoises montrent une poussée soudaine et dramatique des cas pédiatriques de Covid-19 depuis janvier dans le contexte de la nouvelle prédominance du variant anglais. Que disent ces chiffres ? A-t-on les mêmes en France ?

Michaël Rochoy : Les données suédoises montrent qu’il y a une augmentation du nombre de cas chez les jeunes. Entre la semaine 3 et la semaine 9 de 2021, il y a eu une diminution chez les plus âgés (probablement due à la vaccination) et une augmentation chez les enfants. Quand on compare semaine 8 et 9 ça allait déjà dans le même sens. Ce n’est donc pas juste une fluctuation d’une semaine sur l’autre.

La proportion en semaine 8 du variant à Stockholm était de 53%. La situation en France et en Italie est à peu près la même. En France, la semaine du 3 mars, le variant anglais était présent dans toutes les classes d’âges et particulièrement chez les enfants. La plus forte proportion de suspicions de variant anglais était observée chez les 0-9 ans (64.9%) et les 10-19 ans (61.9%). Cette proportion diminue en fonction de l’âge pour atteindre 41,2% chez les 90 ans et plus notamment parce que ce sont des personnes qui ont plus souvent été vaccinées pendant la période d’augmentation du variant.

Avec la diffusion active du variant au début d’année (certainement arrivé fin 2020), le taux d’incidence chez les 0-9 ans est passé de 34 à 89 / 100 000 (x2,5), chez les 10-19 ans de 105 à 248 (x2,5), chez les 20-20 de 207 à 325 (x1,5)… Plus on monte en âge moins il progresse, voire chute chez les plus de 80 et plus de 90 ans, très probablement grâce à la vaccination.

Comment expliquer cette augmentation ?

On savait déjà qu’avec la souche dite « sauvage » les enfants étaient contaminés et contaminants. Mais comme ils étaient le plus souvent asymptomatiques, on a pu entendre ou lire qu’ils n’étaient pas à risque et que l’école ne participait pas à la dynamique de transmission du virus. Nous avons toujours soutenu que c’était faux : même si les enfants sont moins susceptibles d’être contaminés, ils sont très exposés (famille, enseignants, camarades de classe) ce qui compense malheureusement. Par ailleurs, ils ont de nombreux contacts, ce qui les rend contaminant. Tout cela motive bien sûr le port du masque chez les enfants, et l’adoption d’autres mesures de ventilation, de sécurisation des cantines, etc.

Maintenant, avec le variant anglais, nous pouvons penser à plusieurs hypothèses.

Si on a un virus qui est plus virulent ou qui entraîne plus de symptômes, il entraîne aussi plus de tests PCR et donc plus de détection de cas positifs chez les enfants. C’est très probablement la proportion de cas symptomatique qui augmente en lien avec le variant et non le nombre d’enfants contaminés. Cela devient simplement plus visible.

Il se peut que le variant se transmette spécifiquement plus chez les enfants, pour des raisons immunologiques qu’on ignore encore. Mais je pense qu’on assiste surtout à un rattrapage. Cette augmentation pourrait simplement être le signe d’une sous-détection dans les mois qui ont précédé car si le variant rend les enfants plus symptomatiques, il devient aussi plus visible.

Ces nouveaux chiffres devraient-ils inspirer de nouvelles mesures concernant les enfants et les écoles ?

Ce variant confirme le fait que les enfants ont un rôle dans la transmission du virus. Plus le virus est transmis entre enfants, plus il y a de risques d’avoir des enfants qui développent des formes graves du Covid-19, sans compter les formes chroniques et les Covid long.

On sait qu’il y a eu un sous-diagnostic des enfants. Comme les enfants sont plus asymptomatiques, ils sont moins testés. En France, on a une méthode qui incite au sous-diagnostic en considérant qu’un enfant n’est pas cas contact s’il n’y a pas plus de 3 cas dans la classe, etc.

L’Italie a fait fermer les écoles dans certaines régions. C’est la vraiment la dernière solution. Il faut continuer à prévenir la contamination. Heureusement en France on a rendu la masque obligatoire à l’école mais il y a encore beaucoup de points d’améliorations, notamment dans les cantines qui restent encore des lieux clos de contamination, idem pour les détecteurs de CO2 qui ne sont toujours pas généralisés dans les classes, et l’absence d’un protocole d’aération pour enfin prendre le risque de transmission aérienne sérieusement et ainsi diminuer le risque dans les établissements d’éducation.

Il faut aussi tester massivement et régulièrement toutes les classes, ce qui serait possible avec des tests salivaires par pooling. Lors de l’identification d’un cas, toute la classe doit être testée et le traçage et isolement  doivent être plus efficaces, notamment pour tous les enfants ayant mangé ensemble, donc sans masque.

Enfin, il faut intégrer la notion d’exposition dans la priorisation des vaccins. Un enseignant, a fortiori en maternelle face à des enfants non masqués, est particulièrement exposé à la COVID-19 ; il est important de les vacciner rapidement compte tenu de la stratégie choisie qui maintient une circulation élevée du virus.

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Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque | Atlantico.fr

Des écoliers patientent avant un test salivaire pour la Covid-19 dans une école primaire à la périphérie de Bordeaux.

© Philippe LOPEZ / AFP

Briser les chaînes de contaminations

Covid-19 : Une étude américaine menée sur plus de 500 000 parents confirme que l’école est un lieu de contamination important. Mais des solutions existent pour en réduire drastiquement le risque

Des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu dans une nouvelle étude que les écoles sont un lieu de contamination important. Quels sont les principaux enseignements de cette étude et les pistes pour limiter les contaminations à la Covid-19 dans l’environnement scolaire ?

Atlantico : Dans une étude sur le risque de la Covid-19 à la maison suite à la scolarisation des enfants, des chercheurs de l’Université Johns-Hopkins ont conclu que les écoles sont un vecteur de contamination important. Ils ont analysé les symptômes de 576 000 parents d’élèves américains pendant la deuxième vague et ont pu observer les différentes risques de la scolarisation dans l’état actuel des établissements. De quels risques parle-t-on ?

Michaël Rochoy : La comparaison dans cette étude s’est faite entre des parents qui ont des enfants scolarisés et ceux qui n’en ont pas. Ils ont recueilli plus de 2,1 millions de réponses sur 50 États des USA qui leur ont permis de comparer les mesures qui ont été prises dans les établissements et d’étudier la propagation de la Covid-19. D’autres critères ont été pris en considération comme l’âge des parents, le milieu de vie, le travail et le nombre de personnes présentes dans le foyer.

Il s’agit d’une étude par questionnaire donc bien sûr il y a des risques de biais (se rappeler notamment les mesures mises en place et à quelle date). Dans cette étude par questionnaire donc, le fait d’avoir un enfant scolarisé à l’école à temps plein est associé à un sur-risque de contamination à la Covid-19 de l’ordre de 40 %. Ce n’est pas étonnant : l’école est un lieu où les enfants sont en grand nombre et sont brassés entre les familles de la même manière que peuvent l’être les entreprises.

Dans cette enquête, une éclaircie est à signaler, on analyse les mesures qui ont eu un impact positif. Quelles sont-elles ?

Oui, par exemple l’instruction à l’extérieur amène une diminution de risques de tests positifs de l’ordre de 12 % ; ce n’est évidemment pas souvent possible, variable selon le climat et les activités… Une autre mesure efficace est la présence des mêmes étudiants en classe. La création de bulles où les étudiants ne sont pas brassés est importante : lorsque l’on favorise les demi-groupes avec des classes de latin, de grec, d’allemand, etc. on amène plus de contaminations.

D’autres mesures sont aussi utiles comme le fait d’éviter le prêt des objets à son effet ou de ne pas faire venir son enfant fébrile au sein de l’école. L’arrêt des activités périscolaires (potentiellement sans masques dans des lieux clos à risque, comme le sport ou la musique) est aussi une mesure efficace.

A l’inverse certaines mesures sont sans effet, comme la fermeture des cafétérias. Ce n’est pas étonnant : fermer c’est déplacer le problème, en particulier sur les campus américains… Il ne faut pas les fermer, mais réorganiser pour éviter le brassage dans un même lieu clos (augmenter le nombre de services, manger en classe en plusieurs temps plutôt que mélanger les classes, aérer, etc.) : on rejoint la mesure des bulles décrites plus haut et ne pas mélanger soudainement toutes les classes le midi sans masque, ce qui est un non-sens.

Est-ce la première étude à confirmer ces données sur la contamination dans les écoles ?

Ces résultats confirment ceux d’autres, comme celle de Pasteur sortie il y a quelques mois. Dans cette dernière, on pouvait voir qu’une famille avec un enfant scolarisé était à risque. Il faut aussi comprendre que la reprise de septembre a été particulière avec une reprise normale avec circulation du virus, ce qui n’avait jamais été le cas depuis mars – il y a alors peu d’études faites sur l’école en France, ou alors des études faites pendant le confinement ou les vacances scolaires… Étudier l’effet de la fermeture des écoles le 15 mars, entre le premier tour des municipales et le confinement du 17 mars, ça n’était pas possible en France. À cette rentrée de septembre, il a fallu batailler fort pour avoir les masques à l’école. Le fait de porter un masque est pourtant l’un des facteurs les plus protecteurs pour les élèves.

On sait que les enfants se contaminent entre eux et contaminent les adultes, qui les contaminent aussi… Fatalement les écoles sont plus à risque que la maison, où on accueille rarement 30 enfants dans une salle fermée pendant 6h en leur disant d’aller tous manger ensemble en retirant le masque le midi. Il faut en avoir conscience, ne pas balayer le problème et sécuriser les salles de classe par la ventilation et l’aération, tous les lieux où circulent les élèves et surtout les lieux où les enfants retirent leurs masques : les restaurants scolaires.

Évidemment, nous parlons d’écoles mais sécuriser les cantines d’entreprise et demander à chacune de ne plus faire manger leurs employés ou ouvriers ensemble est une mesure capitale. C’est beaucoup plus simple, honnête et efficace que mettre en place des confinements de week-end ou des confinements vespéraux (ou couvre-feu) qui n’ont que pour but d’interdire de tels rassemblements intra-familiaux qu’on continue d’organiser en extra-familial chaque midi de façon complètement illogique !

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Le gouvernement démasqué – Libération

Michaël Rochoy, 33 ans, est médecin généraliste à Outreau. Enseignant-chercheur, adepte de Terry Pratchett et des Monty Python, il a particulièrement apprécié le «nonsense» absurde de la gestion pandémique des masques :

«Hier au téléphone le gouvernement m’a fait une proposition. Je n’ai pas saisi le nom de mon interlocuteur, mais il était question de lutter contre le froid et d’isoler mon habitation pour un euro seulement. Voilà qui tombait à pic, j’avais brisé mes fenêtres en m’initiant au golf lors du précédent confinement, et mon poseur de fenêtres n’arrivait plus à se fournir en double vitrage.

– Il n’y a pas de pénurie de fenêtres à redouter, ce n’est pas un sujet, me corrigea le messager du gouvernement. Mais avez-vous pensé à isoler vos combles ? C’est par le toit que s’échappe la chaleur.

-C’est-à-dire qu’il me semble plus urgent de bloquer les fenêtres, quitte à utiliser du simple vitra…

– Il y a un consensus très clair aujourd’hui pour dire qu’il ne faut surtout pas avoir de fenêtres, ça n’a pas d’intérêt, c’est même presque faussement protecteur, parce qu’ayant des fenêtres, on oublie d’isoler ses combles. Vous voulez que je vous dise ? Je ne sais pas utiliser une fenêtre ! Ça nécessite un apprentissage, des gestes techniques, précis, sinon on se trompe de sens et on l’ouvre et ça peut même être contre-productif.»

« Tout a commencé il y a neuf mois. Le 22 mars, au début du confinement, Antoine Hutt (radiologue), Jonathan Favre, Thibault Puszkarek et moi-même (médecins généralistes) avons lancé le site et collectif Stop-Postillons.fr. Il y avait une pénurie de masques (quoi qu’on en mente) et il fallait les garder pour les personnels exposés. Néanmoins tout le monde avait chez soi des t-shirts à découper, du tissu à coudre : des écrans anti-postillon» (EAP). Nous voulions “confiner les bouches et les nez” lors des sorties dérogatoires (dans les hypermarchés qui n’imposaient pas de masque à l’époque), puis maintenir cette couverture faciale lors du déconfinement.

«Nous avions donc un seul message, qui est resté en tête du site : “Portons tous un EAP dans l’espace public pour freiner et arrêter la pandémie. Porter quelque chose sera mieux que rien. Le but des EAP est collectif et altruiste : protéger les autres et être protégé si chacun en porte.”

Le très simple et efficace découpage de t-shirt

«Avec un message d’une telle banalité dans le cadre d’une pandémie à contamination respiratoire, nous aurions dû disparaître au bout d’une semaine. Les dirigeants auraient dû répondre: “OK, bonne idée, on fait ça, on demande aux gens de se couvrir le nez et la bouche en attendant les masques”, et c’était plié. C’était simple, il suffisait de faire confiance à l’intelligence collective et à la solidarité. Nous avions détaillé notre argumentaire, proposé une cinquantaine de tutoriels, dont la diversité permettait de fabriquer plusieurs types de protection, sans risquer la pénurie d’élastiques ou de tissu en mercerie : au pire, il restait toujours le très simple et efficace découpage de t-shirt. Nous avons relayé de nombreuses initiatives solidaires, comme ces couturières bénévoles qui envoyaient leurs créations aux quatre coins de France tandis que le ministre de la Santé demandait aux Français de ne rien porter en attendant de pouvoir acquérir un masque grand public le 11 mai… Quand on est encerclé par le feu, on n’attend pas des seaux d’eau labellisés par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers : on demande à chacun de prendre les récipients qu’il a sous la main et d’arroser en attendant mieux. Cet appel à l’intelligence collective, à la débrouillardise, a été rendu largement visible par les réseaux sociaux, avec un pic à 133 000 visites le 4 avril.

«Notre message, aussi basique soit-il, était pertinent. Il a progressivement été entendu. Trèèèès progressivement : le masque a été imposé dans les lieux publics clos à partir du 20 juillet, dans les entreprises à partir du 1er septembre, dans les écoles élémentaires à partir du 2 novembre. Ainsi, en pleine pandémie, il aura fallu huit mois après notre premier appel pour généraliser le masque dans la quasi-totalité des espaces recevant du public. Il aura fallu sacrifier une grande partie de notre temps libre avec d’autres médecins, scientifiques, parents, sur les réseaux sociaux, dans les médias, les revues scientifiques, pour que le gouvernement se dise : “Tiens finalement, ce ne serait peut-être pas mal de mettre des fenêtres partout en plus de l’isolation des combles…”

Colonies de bactéries

«Nous n’étions rien, nous ne sommes personne. Lorsque nous avons lancé le site le 22 mars, nous nous basions sur les données scientifiques, les seules qui comptent, au-delà des arguments d’autorité. Depuis le CheckNews de Libération du 13 mars, nous savions que les personnes asymptomatiques pouvaient être contagieuses. Nous avions lu l’étude de Davies et al. dans laquelle 21 volontaires avaient toussé dans une boîte, mise en incubation pendant 48 heures, avant de compter les “colonies” de bactéries de la taille du Sars-CoV-2 : 200 sans masque, 43 avec un masque en coton fait maison, 30 avec un masque chirurgical. Visionnaires en 2013, les auteurs concluaient qu’en cas de pénurie de masques chirurgicaux, un masque fait maison serait mieux que rien – mon expression favorite.

«Début mai nous avons proposé des infographies avec la graphiste Coralie Blanc et son père, Jean-Baptiste Blanc, médecin généraliste comme nous, en plaçant le masque en premier plan. Là encore, notre message était simple : “Dedans (sauf chez vous), portez toujours un masque; dehors, portez un masque en cas de contact ou de risque de contact proche.”

«Nous sommes en décembre, et le masque apparaît toujours en dernière position sur les sites gouvernementaux, après “éviter de se toucher le visage”, et avec la consigne de «le porter quand la distance d’un mètre ne peut pas être respectée». Le risque de transmission par aérosol n’est toujours pas considéré, ce qui permet d’ailleurs d’imposer le masque à l’école et en entreprise et en même temps, de laisser les cantines scolaires ou d’entreprises en l’état. C’est à désespérer.

Le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS

«Pendant de longs mois, nous avons lu que le gouvernement avait suivi l’Organisation mondiale de la santé sur les masques. C’est faux : d’une part, l’OMS n’émet pas un avis pour la France mais pour tous les pays de la planète, y compris ceux où l’accès à l’eau potable est limité. D’autre part, l’OMS a précisé le 6 avril que le port du masque pouvait être envisagé en population générale comme une mesure barrière supplémentaire. L’OMS a recommandé son port généralisé le 5 juin, notamment “dans les lieux publics tels que les épiceries, au travail […], dans les écoles”, et la même OMS a précisé le 21 août qu’il pouvait être porté dès l’âge de 6 ans dans les pays où le virus circule activement. En France, le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS a donc mis trois mois après la recommandation du 5 juin pour imposer le masque en entreprise et cinq mois pour l’école élémentaire.

«Concernant l’école enfin, nous avons dû militer, publier des tribunes cet été, écrire des communiqués en août, septembre et octobre, une revue de littérature, intervenir en visioconférence auprès de syndicats d’enseignants en demande d’informations scientifiques… Tout ça parce qu’un ministre déclarait être “préparé à tout” sur la base de l’avis… roulement de tambour… des sociétés savantes de pédiatrie ! Jean-Michel Blanquer avait soudain fait fi de l’OMS : avec un tel niveau en pirouette, il n’est pas étonnant qu’il ait récupéré le ministère des Sports lors du remaniement, remarquez. Toutefois, si la plus haute instance à suivre n’est plus l’OMS mais les sociétés nationales, pourquoi concernant les masques entre avril et juillet le gouvernement a-t-il ignoré l’Académie nationale de médecine le 2 avril, le 22 avril, le 7 mai et le 28 juillet, l’European Centre for Disease Control le 8 avril ou son propre Conseil scientifique le 20 avril ? Il est facile de multiplier les instituts, conseils, centres, agences, sociétés, académies, autorités et organisations pour au final choisir parmi tous leurs avis celui qu’on veut mettre en avant… Mais ça, ce n’est ni de la science, ni de la politique. C’est de la manipulation.»

 


Christian Lehmann médecin et écrivain

 

 

Source: Le gouvernement démasqué – Libération

Halte à la fraude scientifique – Libération

Tribune. Cette pandémie est la première dans l’histoire de la science moderne. Les moyens déployés et la mobilisation des chercheurs ont été sans précédents. Tous les projecteurs étaient braqués sur le monde de la recherche, ce qui aurait contribué à démocratiser et rendre attractif ce domaine parfois vu comme lointain ou inaccessible. Nos concitoyens étaient en droit d’exiger la science la plus sérieuse et honnête, dans l’intérêt supérieur de l’humanité. Force est de constater qu’ils ont été surpris et déçus.

Au lieu d’une unification des forces, ils ont assisté à une dispersion des moyens à l’échelle mondiale, européenne, et même nationale, nourrie par une impréparation et des égoïsmes, tant entre Etats qu’entre équipes de recherche, conduisant à une épidémie de petites études scientifiques locales, parfois de mauvaise qualité, qui ont fait perdre un temps précieux et sans doute beaucoup de vies humaines. L’Académie nationale de médecine a alerté, sans succès.

Cependant, la confiance de nos concitoyens a surtout été brisée par la mise en lumière de fraudes scientifiques. L’affaire dite du «Lancetgate» a eu un retentissement mondial, pas seulement dans la recherche, mais aussi sur des décisions internationales et nationales concernant la santé. Les différentes déclarations (San Francisco, Singapour, Hongkong) ou les recommandations et prises de position du réseau européen des bureaux d’intégrité scientifique (ENRIO) sont pertinentes mais ne suffisent plus : un accord international contraignant sur le système de publication scientifique, de relecture par les pairs et d’évaluation de la recherche, doit être impulsé par l’Union européenne.

Mais la France a aussi été un mauvais élève.

Quelques chercheurs minoritaires mais surmédiatisés, afin d’embellir artificiellement leurs résultats, ont exclu de leurs statistiques des patients dont le traitement n’a pas fonctionné et qui sont décédés, ont inventé des données de manière avantageuse lorsqu’elles étaient manquantes, n’ont pas fourni des informations pourtant facilement accessibles telles que les comorbidités de leurs patients et ont refusé de transmettre à leurs pairs les données permettant de vérifier l’authenticité de leurs résultats. La liste est encore longue. Ils ont ainsi durablement déformé et altéré l’image de la science et de la recherche.

Voies sans issue

Publier hâtivement, sur une plateforme de vidéos en ligne, un graphique biaisé issu de tests non fiables, de données partiellement inventées après avoir écarté celles qui ne sont pas favorables, est une communication trompeuse, abusant un public en attente de solutions et faisant naître de faux espoirs.

User de notoriété pour provoquer une augmentation des prescriptions d’un médicament, puis argumenter qu’il guérit en se basant sur des sondages ou le nombre de prescriptions, relève davantage de la prophétie autoréalisatrice que de la preuve scientifique.

Proclamer qu’un traitement guérit sur la base de comparaisons trompeuses, de patients plus jeunes ou en meilleure santé relève de la mauvaise foi.

Remettre en cause les essais contrôlés randomisés revient à oublier les risques de facteurs de confusion, à mépriser la notion d’équipoise du risque, qui est un fondement de l’éthique médicale, et à gravement méconnaître les apports considérables de cette méthode dans l’amélioration de la vie des malades depuis plus de cinquante ans.

L’argument selon lequel l’éthique médicale et le soin priment sur la recherche est fallacieux : l’histoire de la science et de la médecine nous montre bien des exemples où des vies ont été sauvées, parfois dans l’urgence, grâce à des idées novatrices voire dérangeantes mais, dans d’autres, l’empirisme a conduit à des morts par millions ou, au mieux, à gaspiller du temps et de l’argent dans des voies sans issue. Continuer de proclamer une découverte en refusant de la prouver est une utilisation abusive de cet argument, qui entretient la confusion et ramènerait la science au Moyen Age.

Des résultats transparents, exhaustifs, reproductibles

Les patients ont le souci compréhensible de défendre la qualité de prescription de leurs médecins. Cependant, le même niveau d’exigence doit être imposé aux chercheurs bénéficiant d’un effort national financier considérable pour qu’ils fournissent des résultats fiables et honnêtes, afin que les médecins puissent prescrire de façon éclairée et libre, mais toujours dans les limites fixées par la loi et selon les données acquises de la science, comme l’indique leur code de déontologie médicale. Il n’y a là rien d’une coquetterie élitiste, d’une lourdeur bureaucratique ou de pressions de quelques puissances financières : il s’agit de l’application du serment d’Hippocrate : «Avant tout, ne pas nuire.»

La science est évolutive et a toujours avancé par controverses et retournements de paradigmes : il est heureux que nos concitoyens le découvrent. Et toute découverte commence par la sérendipité ou l’intuition. Un scientifique est libre de ses hypothèses, de sa méthode et de défendre celles qui vont à contre-courant. Mais pour convaincre, il doit apporter des résultats transparents, exhaustifs, reproductibles, afin que ses pairs puissent vérifier ce qu’il proclame : préalable indispensable pour en faire rapidement bénéficier la population.

En sciences, la réputation se construit par la solidité des découvertes et des preuves, et non l’inverse.

Une transformation salutaire

Il est anormal d’invoquer fallacieusement l’éthique et l’obligation de soin pour refuser un essai contrôlé randomisé et, dans le même temps, inclure sans autorisation des enfants de 10 ans dans un essai clinique.

Il est anormal que la carrière des chercheurs et les systèmes de financement de la recherche soient basés davantage sur le nombre de publications (dépendant parfois d’un système de publication perfectible et au modèle économique discutable) que sur leur qualité (l’Académie des sciences le déplore depuis dix ans), alors que les instances d’évaluation de l’intégrité scientifique devraient voir leur indépendance inscrite dans la loi, pouvoir s’autosaisir et avoir un droit de décision sur les carrières des chercheurs et les financements des équipes de recherche.

Il est anormal que des publications scientifiques passent la barrière de la relecture en moins de 24 heures, dans des journaux où les auteurs sont eux-mêmes rédacteurs en chef ou membres du tableau éditorial.

Il est anormal, à l’inverse, qu’une procédure de relecture additionnelle d’une publication scientifique, déclenchée par une société savante, n’aboutisse qu’au bout de plusieurs mois.

Il est anormal que les citations entre auteurs d’une même équipe de recherche soient comptabilisées dans certains indicateurs de référence.

Il est anormal que des directeurs d’équipes de recherche cosignent des publications dont le nombre rend impossible le fait qu’ils y aient réellement participé.

Il est anormal et très grave que des chercheurs partiellement interdits de publication, pour cause de fraude scientifique avérée, se voient promus à des responsabilités encore plus importantes ou même à des fonctions qui décident de la carrière des autres, alors que leurs instances dirigeantes auraient dû les écarter définitivement de la recherche.

Durant des décennies, la fraude scientifique d’une minorité de chercheurs a bénéficié d’une impunité et a même servi de tremplin à leurs carrières, dans l’indifférence générale.

Les scientifiques et les médecins font partie des professions inspirant le plus confiance, ce qui constitue un puissant socle de stabilité de nos démocraties. Durant cette pandémie, l’image déplorable de la recherche a l’avantage d’avoir projeté ce sujet au-devant de la scène médiatique. Utilisons ces débats passionnés dont se sont emparés tous les Français, et qui ont dangereusement clivé notre société, pour provoquer une transformation salutaire. Le moment est historique : les responsables politiques ont le pouvoir de changer les structures de décision des carrières des chercheurs et enseignants-chercheurs et d’instaurer un système coercitif contre la fraude scientifique, avec un véritable impact sur la carrière des quelques rares qui s’y adonnent.

Contre la fraude scientifique aussi, le «monde d’après» ne doit pas ressembler à celui d’avant.

La liste complète des signataires est mise à jour en temps réel sur cette page. Et pour signer la tribune, c’est sur cette page.

Premières structures signataires (sociétés savantes / associations / collectifs) : Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF). Président : Pr Pierre Tattevin ; Société de Réanimation de Langue Française (SRLF). Président : Pr Eric Maury ; Société Francophone de Santé Environnement (SFSE). Présidente : Dr Elisabeth Gnansia ; Société Française de Pédiatrie (SFP). Président : Pr Christophe Delacourt ; Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE). Président : Pr Vincent Renard ; Réseau des Jeunes Infectiologues Français (ReJIF). Coordinateur : Nathan Peiffer-Smadja ; Collectif FakeMed. Président : Dr Cyril Vidal ; European rural and isolated practioner association (EURIPA). Président : Dr Jean-Pierre Jacquet

Premiers signataires (personnes physiques) : Pr Roger SALAMON, ancien chef de service de santé publique-épidémiologie (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux), ancien président du Haut Conseil de la Santé Publique ; Pr Hervé MAISONNEUVE, médecin de santé publique, référent intégrité scientifique de la faculté de médecine Paris-7, rédacteur du blog «Rédaction Médicale et Scientifique» ; Pr Dominique COSTAGLIOLA, Directrice de Recherche INSERM, membre de l’Académie des Sciences (épidémiologie et biostatistiques) ; Pr Christophe RAPP, infectiologue, hôpital américain de Paris, Président de la Société Française de Médecine des Voyages, membre du Haut Conseil de la Santé Publique ; Pr Jean-Michel CONSTANTIN, chef de service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Stéphane GAUDRY, réanimateur, service de médecine intensive et réanimation de l’hôpital Avicenne (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Pierre-Yves SCARABIN, directeur de recherche émérite INSERM (épidémiologie et santé publique), ancien directeur de structure INSERM ; Pr Alexandre DEMOULE, chef de service de médecine intensive et réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris (APHP / Sorbonne Université) ; Pr Francis BERENBAUM, chef de service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine, Paris (APHP / Sorbonne Université / INSERM) ; Pr Patrick MERCIE, chef de service de médecine interne et immunologie clinique (CHU de Bordeaux / INSERM / université de Bordeaux) ; Pr Gaëtan GAVAZZI, chef de service de gériatrie clinique, Président du collège National des Enseignants de Gériatrie (CHU de Grenoble, université de Grenoble) ; Pr Mathieu MOLIMARD, chef de service de pharmacologie médicale (CHU de Bordeaux / INSERM / université de Bordeaux) ; Pr Luc FERRARI, toxicologue (CNRS / université de Lorraine) ; Pr Vincent DANEL, toxicologue, professeur émérite (université Grenoble-Alpes) ; Pr Bernard SALLES, toxicologue, professeur émérite (INRAE / université de Toulouse) ; Pr Nicolas PICARD, pharmacien (CHU de Limoges / université de Limoges) ; Pr Louis-Rachid SALMI, médecin de santé publique, ancien directeur de l’Institut de Santé Publique, d’Epidémiologie et de Développement (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Pr Pierre DELLAMONICA, infectiologue, professeur émérite (université de la Côte d’Azur) ; Pr Vincent DUBEE, infectiologue, (CHU d’Angers, université d’Angers) ; Dr Patrick OUVRARD médecin généraliste, Vice-Président de l’Union Européenne de la Médecine Omnipraticienne ; Dr Isabelle CIBOIS-HONORAT, Présidente du conseil scientifique du Congrès de la Médecine Générale ; Dr Francis ABRAMOVICI, médecin généraliste, président de l’UNAFORMEC ; Pr Thierry LAMIREAU, chef de l’unité de gastro-entérologie pédiatrique (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Pr Jean-François KOROBELNIK, chef de service d’ophtalmologie (CHU de Bordeaux / université de Bordeaux) ; Dr Matthieu CALAFIORE, médecin généraliste, directeur du département de médecine générale (faculté de médecine de Lille) ; Pr Patrick IMBERT, médecin généraliste, directeur du département de médecine générale (faculté de médecine de Grenoble) ; Dr Franck CLAROT, médecin légiste, radiologue, vice-président de la Fédération Nationale des Médecins Radiologues 76 ; Dr Edouard OBADIA, réanimateur, représentant de l’Association des Réanimateurs Du Secteur Privé (ARDSP) au CA de la Société de Réanimation de Langue Française ; Dr Christian LEHMANN, médecin généraliste, écrivain

 


Collectif de chercheurs et de professionnels médicaux

 

 

Source: Halte à la fraude scientifique – Libération

Covid-19 : que sait-on aujourd’hui de la transmission du virus par aérosols dans les espaces clos ? – Libération

Question posée par BARALE le 22/08/2020

Bonjour,

La rentrée se fait masquée, dans les entreprises comme dans les salles de classe. Avant que ces décisions ne soient prises, on pouvait lire, dans Libé le 14 août, une tribune d’un collectif de «professionnels de santé» («Covid-19 : le risque existe dans tous les lieux clos, dans les classes comme dans les bureaux») : «Nous l’affirmons sans ambiguïté : le Sars-CoV-2 se transmet par l’air et ne pas rendre le masque obligatoire dans les salles de cours ou les amphithéâtres, dans les open spaces, les salles de réunion, les ateliers et les bureaux partagés n’est pas conforme aux données de la science et de l’OMS.»

A l’aune de ces lignes, très affirmatives, vous nous interrogez sur l’état de la science à propos de la transmission du virus dans l’air. Il n’y a en fait pas de consensus sur une circulation du Covid-19, d’un individu à l’autre en population générale, via des «aérosols», ces microgouttelettes qui restent en suspension et qui pourraient être vectrices de virus actif et infectieux.

Deux médecins auteurs de la tribune reconnaissent auprès de CheckNews que la formulation «sans ambiguïté : le Sars-CoV-2 se transmet par l’air» n’est pas idéale. Mais qu’elle répond à un principe de précaution : il y a un risque que la transmission aéroportée existe, y compris hors des hôpitaux ou des laboratoires (où elle a été documentée).

Vous nous avez aussi demandé Le port du masque à l’extérieur est-il utile ?

Mise en garde de scientifiques

Au début du mois de juillet, 239 scientifiques d’une trentaine de pays mettent en garde sur la diffusion par aérosols du virus. S’adressant aux institutions de santé internationales (notamment l’OMS) et nationales, ils préconisent une grande vigilance concernant la transmission du virus par des microgouttelettes : «Certes, la transmission par aérosols du Sars-CoV-2 n’est pas encore universellement reconnue ; mais, selon notre évaluation collective, il y a suffisamment de preuves pour que le principe de précaution doive s’appliquer. Afin de contrôler la pandémie, en attendant la possibilité d’une vaccination, toutes les voies de transmission doivent être coupées.»

Plusieurs articles ou tribunes ont été consacrés à l’impact de cette publication sur les autorités (en français, en anglais). En France, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a sollicité le Haut Conseil de la santé publique. Le HCSP s’était déjà exprimé sur le sujet dans un avis publié le 8 avril (et dans une moindre mesure dans un avis publié le 24 avril).

Dans ce texte d’avril, on lisait notamment : «La transmission par aérosol est biologiquement plausible lorsque (1) des aérosols infectieux sont générés par ou à partir d’une personne infectieuse, (2) l’agent pathogène reste viable dans l’environnement pendant un certain temps et (3) les tissus cibles dans lesquels l’agent pathogène déclenche l’infection sont accessibles à l’aérosol. […] Pour le Sars-CoV, le niveau de preuve pour la transmission d’aérosols indique que les preuves pour les conditions 1 et 3 sont modérées et fortes pour la condition 2.»

CheckNews faisait aussi un point sur l’état de la science concernant l’aérosolisation au début du mois d’avril. Dans un article publié en mai sur la circulation (ou non) du nouveau coronavirus dans les climatisations, nous écrivions aussi : «Bien qu’il soit possible que des plus petites particules virales restent en suspension dans l’air (on parle alors d’aérosol), une infection nécessite qu’un nombre suffisamment important d’exemplaires actifs du virus pénètre dans l’organisme : c’est la dose infectante. Dans l’immense majorité des situations, le vent, les courants d’air, la ventilation, fait diminuer la concentration de virus dans l’air, ce qui abaisse très sensiblement le risque d’infection. Un risque plus important semble en revanche exister dans les situations de soins intensifs, dans les locaux où les soignants ôtent leurs protections et les toilettes des hôpitaux.»

Avis du Haut Conseil de la santé publique

Après demande du DGS, le HCSP a donc produit un nouvel avis, daté du 23 juillet : «Sars-CoV-2 : actualisation des connaissances sur la transmission du virus par aérosols.» Conclusion ? «Le HCSP considère qu’après actualisation des données de la littérature, une transmission aéroportée du virus Sars-CoV-2 doit être envisagée dans les espaces clos, notamment mal aérés et insuffisamment ventilés, et dans les rassemblements en extérieur.» Et d’enjoindre le public à porter un masque «dans tous les lieux clos publics et privés collectifs ainsi qu’en cas de rassemblement avec une forte densité de personnes en extérieur afin de limiter l’émission de particules respiratoires.»

Plus précisément, le Haut Conseil cite plusieurs études scientifiques publiées au cours des dernières semaines sur le sujet. L’une, parue début avril dans Nature conclut que «la transmission par aérosol est un mode de transmission potentiel des coronavirus, comme de la grippe et des rhinovirus». Les résultats d’une autre, publiée en juin 2020 à partir d’expériences en laboratoire, suggèrent que l’«infectivité et l’intégrité virionique [du Sars-CoV-2] se maintiennent jusqu’à seize heures dans des aérosols de taille respirable».

Le HCSP se réfère également à une revue de littérature émise par le Centre de collaboration nationale en santé environnementale canadien (financé par l’Agence de santé publique du Canada) au sujet des «risques et précautions associés à la Covid-19» dans le cadre du chant choral. Le CCNSEA relève notamment que «de plus en plus, on croit que la transmission par de petites gouttelettes ou par des aérosols produits lors de la parole, du chant, des cris ou de la respiration serait une voie de contagion importante. […] La transmission par aérosols pourrait se produire dans des contextes où les particules s’accumulent dans des pièces fermées non ventilées où de nombreuses personnes sont rassemblées pendant une longue période». S’ensuivent, dans l’avis du HCSP, quelques études de cas qui ont «décrit la survenue de contaminations par le virus Sars-CoV-2 de personnes rassemblées dans des espaces clos».

En laboratoire, en hôpital, en général

Dans cet avis, le HCSP recense donc des études qui vont dans le même sens : une transmission aéroportée du Sars-CoV-2 est possible. Mais elle n’est pas possible dans les mêmes proportions, selon les situations.

Ainsi, le Haut Conseil écrit «prendre en compte» deux éléments. D’abord, la lettre ouverte des scientifiques évoquée au début de l’article. Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail permanent Covid-19 du HCSP nous fait remarquer que cette lettre a été écrite par des physiciens, «qui estiment que la dichotomie entre gouttelette et microgouttelette [aérosol] n’est pas pertinente, pour eux tout est aérosol». Qui plus est, poursuit le chef du Service de bactériologie – hygiène hospitalière du CHU de Nantes : ces physiciens «s’appuient sur des modélisations, par exemple en laboratoire, qui ont pour certaines laissé penser que le virus pouvait circuler sous forme d’aérosols».

Deuxième élément considéré par le HCSP pour son avis de cet été : une prise de position du début du mois de juillet de l’OMS. Elle est lisible en intégralité (et en anglais), ou sous une forme résumée (en anglais), nous indique l’Organisation mondiale de la Santé.

«Le virus se transmet-il par aérosols ?» s’interroge l’OMS, qui distingue deux cas de figure. D’une part, en milieu de soins : «Certaines procédures médicales peuvent produire de très petites gouttelettes qui peuvent rester en suspension dans l’air pendant de plus longues périodes [par exemple une intubation ou une extubation]. Lorsque de telles procédures médicales sont effectuées sur des personnes infectées par le Covid-19 dans des établissements de santé, ces aérosols peuvent contenir le virus Covid-19. Ces aérosols peuvent potentiellement être inhalés par d’autres personnes si elles ne portent pas l’équipement de protection individuelle approprié.»

Autre cas de figure, en population générale (hors des hôpitaux) : «Des cas de Covid-19 ont été signalés dans certains lieux fermés, tels que des restaurants, des boîtes de nuit, des lieux de culte ou des lieux de travail où les gens peuvent crier, parler ou chanter. Dans ces cas, la transmission par aérosol, en particulier dans ces lieux fermés où il y a des espaces surpeuplés et insuffisamment ventilés où les personnes infectées passent de longues périodes avec d’autres personnes, ne peut être exclue.» Et l’OMS d’insister (à l’instar du HCSP) : «Des études supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour étudier ces cas et évaluer leur importance pour la transmission de Covid-19.»

Au lendemain de la publication de cet article paraissait une étude de cas dans le Journal of the American Medical Association (Jama). Elle se résume ainsi : «128 personnes ont pris deux bus et assisté à un événement religieux en Chine orientale. Celles qui ont pris un bus avec recirculation d’air et avec un patient atteint de Covid-19 avaient un risque accru d’infection par le Sars-CoV-2 par rapport à celles qui ont pris un autre bus. La transmission par voie aérienne peut expliquer en partie le risque accru d’infection.»

Moins contagieux que la varicelle

«Il n’y a jamais qu’un mode de transmission d’un virus, rappelle Didier Lepelletier, mais il y a toujours un mode préférentiel.» Il peut être manuporté, ou aérien par exemple. Et parmi les modes de transmission aérienne, il y a donc, schématiquement, les gouttelettes et les aérosols. Dans l’état actuel des connaissances (et depuis plusieurs semaines), «les gouttelettes sont un mode de transmission préférentiel par rapport aux aérosols», observe le membre du HCSP.

Plusieurs scientifiques contactés estiment que si les aérosols étaient le vecteur principal du Sars-CoV-2, le R0 (nombre de reproduction initiale) serait beaucoup plus élevé. Comme il est, par exemple, pour la tuberculose pulmonaire ou la varicelle (qui se transmettent par aérosol). Dont le R0 fluctue autour de 10 (soit beaucoup plus que pour le Covid-19).

Dans une récente étude publiée dans le British Medical Journal, les auteurs constatent que le risque qu’une personne sans symptôme (mais qui peut par exemple émettre des aérosols juste en respirant ou en parlant) contamine son entourage dépend à la fois de la densité de personnes, de leur activité et de la ventilation. Cela rejoint ce qu’exprimait le Haut Conseil dans son avis du 23 juillet, selon lequel que «trois conditions favorables sont à retenir concernant la transmission du virus : les conditions de ventilation et de flux d’air ; les conditions de l’atmosphère (basse température, humidité) ; les activités et efforts physiques pratiqués au sein des espaces clos».

Notons que ni le HCSP, ni l’OMS (ni les signataires de la tribune citées plus haut) ne recommandent explicitement le port du masque hors de ces situations (par exemple en général, dans la rue). Reste que les spécialistes de ces sujets aimeraient voir les études se développer pour mieux cerner les modes de transmission de ce virus.

En résumé : les aérosols ne semblent pas être le mode de transmission préférentiel sur Sars-CoV-2. Toutefois, certaines observations en hôpital ou dans des laboratoires laissent penser qu’il peut y avoir une transmission aéroportée, sans qu’il n’y ait de consensus sur le risque ou la probabilité qu’elle survienne. En population générale, il n’y a pas de preuves ni de mesure scientifique du risque de transmission aéroportée, mais ce risque est probable selon la communauté scientifique, et il est d’autant plus important dans des milieux mal aérés ou en extérieur cas de grands rassemblements. D’où une incitation, dans ces conditions, à porter le masque en milieu clos, au titre du principe de précaution.

Edit le 2 août : ajoute mention de l’étude parue dans le Jama

 


Fabien Leboucq

 

 

Source: (1) Covid-19 : que sait-on aujourd’hui de la transmission du virus par aérosols dans les espaces clos ? – Libération

Le masque EAP comme mesure barrière n°6 – Nutritions et endocrinologie

Le masque EAP comme mesure barrière n°6

Depuis le début du confinement de nombreuses voix se sont élevées pour mettre en avant le port du masque comme mesure de protection de la population. Ainsi dès le 22 mars, le collectif Stop-postillons, lancé par 4 médecins généralistes, a milité pour le port généralisé des écrans anti-postillons – EAP (masques « maisons ») dans l’espace public comme 6ème mesure barrière pour lutter contre le coronavirus. Ils ont créés un site internet stop-postillons.fr mis à jour au quotidien qui rassemble un grand nombre d’informations et de patrons de masque pour les couturiers amateurs. L’objectif est d’informer pour ainsi réduire le nombre de contamination par coronavirus. Au moment du déconfinement annoncé le 11 Mai, il s’agit de prendre les précautions maximum pour minimiser la deuxième vague possible et protéger les individus surtout les personnes fragiles atteintes de pathologies chroniques qui n’ont pas osé fréquenter les salles d’attente médicales, qu’elles soient à l’hôpital ou en cabinet libéral.

Maintenant que l’Académie de médecine a pris position dans ce sens le 22 avril dernier, et que le gouvernement a indiqué qu’il rendait le masque obligatoire comme condition au déconfinement le port du masque va donc être généralisé. Nous avons interrogé le Dr Michaël Rochoy, l’un des fondateurs de ce collectif, qui a eu la gentillesse de répondre à toutes nos questions sur les écrans anti-postillons dans une vidéo.

Toutes les explications en images : l’interview du Dr Michaël Rochoy – MD, PhD – Université de Lille 

 Source: Le masque EAP comme mesure barrière n°6 – Nutritions et endocrinologie