Dépistage salivaire massif (enfin) homologué : comment éviter un nouvel échec pour une priorité gouvernementale contre le Covid-19 ? | Atlantico.fr

Atlantico.fr : La Haute autorité de santé (HAS) a enfin autorisé le recours à un dépistage massif par prélèvement salivaire sur des groupes fermés, notamment dans les écoles ou les EHPAD. Que va permettre cette nouvelle technique et quelle bonne politique de tests doit-on tenir ?

Michaël Rochoy : Tout d’abord, la bonne nouvelle est qu’on va enfin tester les enfants qui étaient jusqu’ici une population très peu testée. Ensuite, l’utilisation la plus performante de ces tests va dépendre des moyens financiers et humains. A personnel et tests illimités, on testerait tous les jours. Ce n’est pas la situation actuelle. Tester tout le monde et toutes les semaines c’est très compliqué. On n’a pas suffisamment de tests, surtout si c’est pour tester des gens qui vont être négatifs.

En priorité, il faudra cibler les écoles où des cas sont détectés. Les tests salivaires permettront de s’y prendre plus rapidement et de tester massivement une classe ou toute une école dès le premier cas détecté. Ça aura aussi pour conséquence positive un meilleur traçage et un meilleur isolement.

A Outreau (Pas-de-Calais) par exemple, il y a eu un cas dans une école maternelle. Si on avait eu cette possibilité de faire un test salivaire massif, on aurait testé toute l’école pour repérer rapidement dans quelle classe se trouvent le ou les cas positifs, fermer ces classes et renvoyer les enfants à la maison afin d’éviter la transmission entre enfants et entre les enfants et leur famille. Ces tests massifs seraient particulièrement bienvenus dans les écoles maternelles où les enfants ne portent pas de masques.

Si une fois qu’on a fait tout ça, il reste des moyens financiers et humains, on peut imaginer de faire des tests à des moments clés de l’épidémie ou dans des territoires où la circulation du virus est importante. On peut aussi penser à des tests menés « à l’aveugle » dans des conditions d’études épidémiologiques, mais cela nécessiterait un accord de comité de protection des personnes.

Enfin, il faut rester vigilant à ce que ces tests détectent les variants parce qu’on a vu que certains tests antigéniques ne les détectaient pas.

Les représentants de la médecine scolaire ont fait part de leurs doutes quant à la mise en place pratique de ces tests, soulignant notamment leur manque d’effectifs. Va-t-on se heurter à une nouvelle incapacité à mettre en place les ambitions gouvernementales ? Comment pallier ce manque de moyens humains ?

Michaël Rochoy : Il ne faut pas que tout repose sur la médecine scolaire. Il faut une mobilisation au niveau du territoire. Ça peut venir d’acteurs locaux comme des médecins généralistes, des infirmiers libéraux, des pharmaciens… Ils participeraient à ces tests de façon ponctuelle, car ça n’arrive pas non plus tous les jours dans une ville qu’une école ferme à cause du Covid. En revanche, si on veut faire des tests réguliers, on ne pourra pas mobiliser tout le monde et tout le temps. On ne peut pas faire les soins habituels, les vaccins et les tests. Le temps n’est pas extensible.

Claudine Nemausat, médecin scolaire du syndicat Snmsu-Unsa : Pour le moment, la HAS n’a pas encore émis ses préconisations pour le mode opératoire. On a appris l’annonce comme tout le monde, dans les médias. Nous n’avons fait l’objet d’aucune consultation. Il sera très compliqué pour nous de réaliser efficacement ces tests. Nous sommes déjà très peu nombreux et très occupés avec le contact tracing. En effet, il faut savoir que contrairement à ce qui est écrit dans les protocoles, l’ARS ne le fait pas et s’est complètement déchargée sur les personnels de l’Education nationale pour faire le contact tracing.

Pour faire des tests salivaires à grande échelle, il faudra beaucoup plus de monde. Je ne sais pas avec qui ils pensent le faire. Il faudrait pour cela nous réquisitionner pour ne faire que cela et pas autre chose, et encore, ce ne sera pas suffisant. Actuellement je ne vois pas comment on pourrait faire vu le faible effectif que nous sommes. C’est une nouvelle décision que nous ne faisons que subir.

Jérôme Marty : C’est impossible de mobiliser régulièrement les médecins et les pharmaciens. Ces derniers font déjà des tests antigéniques. Quant à la médecine scolaire, elle est en crise grave… Il faut regarder si on ne peut pas mettre en place dans les écoles un assistant qui serait formé pour réaliser des tests. Mais pourquoi toute cette organisation n’a pas été étudiée auparavant ? On ne se rend compte de ces besoins logistiques que maintenant ? Je suis toujours étonné par ces problématiques qu’on semble découvrir au dernier moment. Ça fait quand même un moment qu’on parle de dépister les élèves et l’Education nationale découvre qu’elle n’a pas les effectifs pour le faire. On n’a pas les moyens de nos ambitions, c’est un peu le fil rouge de la crise sanitaire.

Les tests salivaires autorisés par la HAS seront-ils suffisants pour détecter le plus efficacement possible les cas positifs ?

Jérôme Marty : La HAS a validé uniquement les tests salivaires en RT-PCR et pas les RT-Lamp du système français EasyCov qui a notre préférence de par sa rapidité de résultat et sa flexibilité. Le système RT-LAMP permettrait notamment à chaque entreprise de pouvoir faire ses tests. L’entreprise achète le robot de diagnostic (1500 euros), le salarié fait son test lui-même et reçoit le diagnostic immédiatement sans besoin de l’intervention d’un laboratoire.

Dans le cas présent des tests salivaires en RT-PCR, on aura des délais beaucoup trop long et pas de réel dépistage de masse au sens auquel je l’entends. On ne pourra pas faire non plus de pooling (tester plusieurs personnes en un seul test) dont l’efficacité est avérée. Si on pouvait faire du pooling, ça demanderait moins de moyens et ce serait plus facile à faire.

Faire du test RT-PCR en prélèvement buccal, ça demande beaucoup de logistique, des prélèvements à envoyer au laboratoire, des papiers à remplir pour chaque personne testée, etc. Si on n’a pas l’habitude, ça prend quand même un certain temps, même si c’est plus rapide qu’un prélèvement nasopharyngé.

Lors de son point presse, Olivier Véran a annoncé que le contact tracing allait être renforcé, notamment en mettant l’accent sur le rétrotracing. Peut-on y croire ?

Jérôme Marty : C’est ce qu’on demande depuis des mois. Le virus est diffusé via des super contaminateurs, c’est eux que l’on cherche avec le rétrotracing. Comment se fait-il que l’on n’en parle que le 11 février 2021 alors que certains pays le font depuis des mois ? Ce sont des choses qui sont connues et qui relèvent d’études scientifiques et qui ont été pratiquées avec succès dans d’autres pays. Nous, on a refusé de le faire. Aujourd’hui, Véran nous annonce le plus naturellement du monde qu’on va enfin s’y mettre.

Je ne désespère pas qu’on va un jour cibler les lieux clos à risque pour tester de façon répétée. Cette maladie se propage en lieu clos, il faut cibler les zones où le virus a propension à se déplacer en testant les gens tous les jours. Pour cela, il faut autoriser le RT-LAMP.

A chaque fois, notre retard se compte en nombre de morts. On a tendance à l’oublier. On a quand même un président qui prétend avoir gagné son pari contre les scientifiques alors qu’on en est à plus de 300 morts par jour. Un Airbus se crashe tous les jours et on fait comme si tout allait bien. Il faut revenir à la réalité. Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des morts et des centaines de familles endeuillées tous les jours.

Source: Dépistage salivaire massif (enfin) homologué : comment éviter un nouvel échec pour une priorité gouvernementale contre le Covid-19 ? | Atlantico.fr

Le gouvernement démasqué – Libération

Michaël Rochoy, 33 ans, est médecin généraliste à Outreau. Enseignant-chercheur, adepte de Terry Pratchett et des Monty Python, il a particulièrement apprécié le «nonsense» absurde de la gestion pandémique des masques :

«Hier au téléphone le gouvernement m’a fait une proposition. Je n’ai pas saisi le nom de mon interlocuteur, mais il était question de lutter contre le froid et d’isoler mon habitation pour un euro seulement. Voilà qui tombait à pic, j’avais brisé mes fenêtres en m’initiant au golf lors du précédent confinement, et mon poseur de fenêtres n’arrivait plus à se fournir en double vitrage.

– Il n’y a pas de pénurie de fenêtres à redouter, ce n’est pas un sujet, me corrigea le messager du gouvernement. Mais avez-vous pensé à isoler vos combles ? C’est par le toit que s’échappe la chaleur.

-C’est-à-dire qu’il me semble plus urgent de bloquer les fenêtres, quitte à utiliser du simple vitra…

– Il y a un consensus très clair aujourd’hui pour dire qu’il ne faut surtout pas avoir de fenêtres, ça n’a pas d’intérêt, c’est même presque faussement protecteur, parce qu’ayant des fenêtres, on oublie d’isoler ses combles. Vous voulez que je vous dise ? Je ne sais pas utiliser une fenêtre ! Ça nécessite un apprentissage, des gestes techniques, précis, sinon on se trompe de sens et on l’ouvre et ça peut même être contre-productif.»

« Tout a commencé il y a neuf mois. Le 22 mars, au début du confinement, Antoine Hutt (radiologue), Jonathan Favre, Thibault Puszkarek et moi-même (médecins généralistes) avons lancé le site et collectif Stop-Postillons.fr. Il y avait une pénurie de masques (quoi qu’on en mente) et il fallait les garder pour les personnels exposés. Néanmoins tout le monde avait chez soi des t-shirts à découper, du tissu à coudre : des écrans anti-postillon» (EAP). Nous voulions “confiner les bouches et les nez” lors des sorties dérogatoires (dans les hypermarchés qui n’imposaient pas de masque à l’époque), puis maintenir cette couverture faciale lors du déconfinement.

«Nous avions donc un seul message, qui est resté en tête du site : “Portons tous un EAP dans l’espace public pour freiner et arrêter la pandémie. Porter quelque chose sera mieux que rien. Le but des EAP est collectif et altruiste : protéger les autres et être protégé si chacun en porte.”

Le très simple et efficace découpage de t-shirt

«Avec un message d’une telle banalité dans le cadre d’une pandémie à contamination respiratoire, nous aurions dû disparaître au bout d’une semaine. Les dirigeants auraient dû répondre: “OK, bonne idée, on fait ça, on demande aux gens de se couvrir le nez et la bouche en attendant les masques”, et c’était plié. C’était simple, il suffisait de faire confiance à l’intelligence collective et à la solidarité. Nous avions détaillé notre argumentaire, proposé une cinquantaine de tutoriels, dont la diversité permettait de fabriquer plusieurs types de protection, sans risquer la pénurie d’élastiques ou de tissu en mercerie : au pire, il restait toujours le très simple et efficace découpage de t-shirt. Nous avons relayé de nombreuses initiatives solidaires, comme ces couturières bénévoles qui envoyaient leurs créations aux quatre coins de France tandis que le ministre de la Santé demandait aux Français de ne rien porter en attendant de pouvoir acquérir un masque grand public le 11 mai… Quand on est encerclé par le feu, on n’attend pas des seaux d’eau labellisés par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers : on demande à chacun de prendre les récipients qu’il a sous la main et d’arroser en attendant mieux. Cet appel à l’intelligence collective, à la débrouillardise, a été rendu largement visible par les réseaux sociaux, avec un pic à 133 000 visites le 4 avril.

«Notre message, aussi basique soit-il, était pertinent. Il a progressivement été entendu. Trèèèès progressivement : le masque a été imposé dans les lieux publics clos à partir du 20 juillet, dans les entreprises à partir du 1er septembre, dans les écoles élémentaires à partir du 2 novembre. Ainsi, en pleine pandémie, il aura fallu huit mois après notre premier appel pour généraliser le masque dans la quasi-totalité des espaces recevant du public. Il aura fallu sacrifier une grande partie de notre temps libre avec d’autres médecins, scientifiques, parents, sur les réseaux sociaux, dans les médias, les revues scientifiques, pour que le gouvernement se dise : “Tiens finalement, ce ne serait peut-être pas mal de mettre des fenêtres partout en plus de l’isolation des combles…”

Colonies de bactéries

«Nous n’étions rien, nous ne sommes personne. Lorsque nous avons lancé le site le 22 mars, nous nous basions sur les données scientifiques, les seules qui comptent, au-delà des arguments d’autorité. Depuis le CheckNews de Libération du 13 mars, nous savions que les personnes asymptomatiques pouvaient être contagieuses. Nous avions lu l’étude de Davies et al. dans laquelle 21 volontaires avaient toussé dans une boîte, mise en incubation pendant 48 heures, avant de compter les “colonies” de bactéries de la taille du Sars-CoV-2 : 200 sans masque, 43 avec un masque en coton fait maison, 30 avec un masque chirurgical. Visionnaires en 2013, les auteurs concluaient qu’en cas de pénurie de masques chirurgicaux, un masque fait maison serait mieux que rien – mon expression favorite.

«Début mai nous avons proposé des infographies avec la graphiste Coralie Blanc et son père, Jean-Baptiste Blanc, médecin généraliste comme nous, en plaçant le masque en premier plan. Là encore, notre message était simple : “Dedans (sauf chez vous), portez toujours un masque; dehors, portez un masque en cas de contact ou de risque de contact proche.”

«Nous sommes en décembre, et le masque apparaît toujours en dernière position sur les sites gouvernementaux, après “éviter de se toucher le visage”, et avec la consigne de «le porter quand la distance d’un mètre ne peut pas être respectée». Le risque de transmission par aérosol n’est toujours pas considéré, ce qui permet d’ailleurs d’imposer le masque à l’école et en entreprise et en même temps, de laisser les cantines scolaires ou d’entreprises en l’état. C’est à désespérer.

Le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS

«Pendant de longs mois, nous avons lu que le gouvernement avait suivi l’Organisation mondiale de la santé sur les masques. C’est faux : d’une part, l’OMS n’émet pas un avis pour la France mais pour tous les pays de la planète, y compris ceux où l’accès à l’eau potable est limité. D’autre part, l’OMS a précisé le 6 avril que le port du masque pouvait être envisagé en population générale comme une mesure barrière supplémentaire. L’OMS a recommandé son port généralisé le 5 juin, notamment “dans les lieux publics tels que les épiceries, au travail […], dans les écoles”, et la même OMS a précisé le 21 août qu’il pouvait être porté dès l’âge de 6 ans dans les pays où le virus circule activement. En France, le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS a donc mis trois mois après la recommandation du 5 juin pour imposer le masque en entreprise et cinq mois pour l’école élémentaire.

«Concernant l’école enfin, nous avons dû militer, publier des tribunes cet été, écrire des communiqués en août, septembre et octobre, une revue de littérature, intervenir en visioconférence auprès de syndicats d’enseignants en demande d’informations scientifiques… Tout ça parce qu’un ministre déclarait être “préparé à tout” sur la base de l’avis… roulement de tambour… des sociétés savantes de pédiatrie ! Jean-Michel Blanquer avait soudain fait fi de l’OMS : avec un tel niveau en pirouette, il n’est pas étonnant qu’il ait récupéré le ministère des Sports lors du remaniement, remarquez. Toutefois, si la plus haute instance à suivre n’est plus l’OMS mais les sociétés nationales, pourquoi concernant les masques entre avril et juillet le gouvernement a-t-il ignoré l’Académie nationale de médecine le 2 avril, le 22 avril, le 7 mai et le 28 juillet, l’European Centre for Disease Control le 8 avril ou son propre Conseil scientifique le 20 avril ? Il est facile de multiplier les instituts, conseils, centres, agences, sociétés, académies, autorités et organisations pour au final choisir parmi tous leurs avis celui qu’on veut mettre en avant… Mais ça, ce n’est ni de la science, ni de la politique. C’est de la manipulation.»

 


Christian Lehmann médecin et écrivain

 

 

Source: Le gouvernement démasqué – Libération

Port du masque obligatoire dès 6 ans : une «bonne nouvelle» pas toujours facile à appliquer – Libération

«C’est une bonne nouvelle», se réjouit Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais) et cofondateur du collectif Stop postillons, après l’annonce du port du masque à l’école dès 6 ans, par le Premier ministre Jean Castex à partir de la rentrée de lundi 2 novembre. «Le gouvernement a préféré qu’on soit au pied du mur pour prendre cette décision alors que si ça avait été fait dès le mois de septembre, ça aurait permis d’aplatir la courbe de l’épidémie», regrette toutefois le médecin. Si les enfants de moins de 10 ans peuvent être contaminés par le Covid-19, ils sont majoritairement asymptomatiques et développent rarement des formes graves. Mais sont-ils contagieux ? «Les enfants de moins de 11 ans le sont tout autant que les adolescents ou les adultes», affirme Michaël Rochoy, s’appuyant notamment sur une grande étude de tracing menée en Inde et publiée dans la revue Science : elle conclut que les enfants pourraient bien être des acteurs clés dans la diffusion de la maladie. «Laisser les enfants sans masque en primaire, ça aurait été saboter le confinement puisqu’ils peuvent ramener le virus dans les foyers», ajoute Elisa Zeno, cofondatrice du collectif Ecoles et familles oubliées.

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La question de leur contagiosité divise toujours beaucoup la communauté scientifique. Certains chercheurs affirment que les enfants transmettent beaucoup le virus, quand d’autres disent qu’ils sont au contraire très peu contaminants. «Les enfants sont peu porteurs, peu malades et peu contagieux entre eux et envers les adultes, insiste Fabienne Kochert, présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa). Moins contagieux ne veut pas dire pas contagieux du tout donc si le virus circule davantage sur tout le territoire, on peut avoir un petit plus de clusters dans les écoles», reconnaît la pédiatre. Rémi Salomon, chef du service pédiatrie Necker, est du même avis et ajoute : «Il faut prendre un maximum de précautions pour que les enfants ne transmettent pas le virus, ne le ramènent pas à la maison.»

Difficultés dans les apprentissages

Du côté des enseignants, le port du masque dès le primaire rassure, même si, dans les faits, ce ne sera pas toujours simple à appliquer. «A 6 ans, les enfants ont tendance à manipuler beaucoup de choses, observe Philippe Descottes, enseignant dans une école primaire à Rennes. Ceux qui le portent déjà volontairement à partir du CM1 le manipulent régulièrement. Donc pour les plus petits, ce sera loin d’être évident.» Autre difficulté soulevée, celle liée aux apprentissages. Les élèves ont déjà parfois du mal à entendre leurs professeurs masqués, un problème de compréhension qui ne s’arrangera pas quand tout le monde sera logé à la même enseigne. «Une énorme partie des apprentissages se fait dans le dialogue avec les autres élèves et les enseignants, donc là, les interactions vont être bridées, remarque Eva, pofesseure des écoles en zone REP à Paris. Ce sera aussi un obstacle quand ils devront lire à voix haute et ce sera globalement compliqué pour le langage oral.» Les enseignants s’interrogent également sur la fourniture de ces masques. Si le ministère de l’Education ne prévoit rien, les familles les plus modestes ne pourront pas équiper leurs enfants correctement. «Certains portent déjà le même masque plusieurs jours de suite», relève Eva.

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Dans son ensemble, le monde éducatif ne s’oppose pas au port du masque dès l’âge de 6 ans mais tout le monde s’accorde à dire que ça ne doit pas être la seule mesure, loin de là, pour renforcer le protocole sanitaire et assurer la sécurité des élèves, comme celle du personnel.

 


Cécile Bourgneuf

 

 

Source: Port du masque obligatoire dès 6 ans : une «bonne nouvelle» pas toujours facile à appliquer – Libération

Port du masque : sur le nez, c’est mieux que sur le cou!


Port du masque : sur le nez, c’est mieux que sur le cou!

Photo Sébastien JARRY

Photo Sébastien JARRY

Rita Alawaa, cadre de santé hygiéniste au centre d’appui et de prévention des infections du CHU de Lille se dit « interpellée » face au nombre important de personnes qui portent le masque à raz du nez ou carrément sur le cou, découvrant la bouche.

« Le réservoir potentiel du virus est dans toute la sphère ORL, le nez y compris car il peut y avoir des projections par éternuement. Le risque quand on monte et descend le masque sur le cou, c’est de le mettre en contact avec des zones contaminées », réexplique la praticienne qui rappelle les recommandations de l’OMS : pas plus de quatre heures pour un masque « sans doute moins quand il fait chaud, à cause de la transpiration » ; éviter de le manipuler car « la main est l’élément de transmission
».

« Il faut déculpabiliser et se détendre un peu »

Les masques propres doivent idéalement être transportés dans un sac de type congélation propre pour éviter les contacts avec des objets, dans les sacs ou dans les poches.

Le docteur Rochoy, généraliste à Outreau et membre du collectif « Stop postillon » se félicite de l’obligation, surtout dans les lieux clos. Mais se montre plus souple sur l’espace public. « Mieux on le porte, mieux c’est. Bien sûr il faut éviter de le toucher en permanence, si possible ne pas le mettre dans la poche et le reprendre. Mais on est dans la vraie vie, il faut déculpabiliser et se détendre un peu parce que sinon les gens vont penser qu’on les titille sur des détails, alors qu’il y a des incohérences comme l’absence d’obligation en entreprise. L’enjeu c’est avant tout que tout le monde porte le masque pour que la protection soit maximale. »

Autrement dit, si tout le monde porte un masque chacun est protégé des postillons des autres.



 Source: Port du masque : sur le nez, c’est mieux que sur le cou!

Port du masque obligatoire : un « marathon » plus qu’un sprint

Port du masque obligatoire : un « marathon » plus qu’un sprint

Michaël Rochoy recommande de porter le masque en extérieur, dans des lieux de passage, comme ici, dans les rues piétonnes de Boulogne-sur-Mer.

Michaël Rochoy recommande de porter le masque en extérieur, dans des lieux de passage, comme ici, dans les rues piétonnes de Boulogne-sur-Mer.

Le port du masque obligatoire

😷 Où ? Depuis ce lundi 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans tous les lieux publics clos (restaurants, commerces, transports en commun…)

😷 Pour qui ? Les adultes et les enfants de plus de 11 ans.

😷 Sinon ? Un non-port du masque dans les lieux publics clos ou les transports en commun est sanctionné par une amende de 135 euros.

😷 Où s’en procurer ? Dans les supermarchés et grandes surfaces, en pharmacie ou sur internet (attention toutefois aux modèles). Des patrons sont également disponibles en ligne pour les confectionner soi-même.


Enfin ! »
C’est ce que beaucoup soufflent quand on évoque l’obligation, depuis ce lundi 20 juillet, du port du masque dans les lieux publics clos. Des commerçants, notamment, qui auraient souhaité voir cette mesure être appliquée dès le déconfinement. Michaël Rochoy, médecin généraliste outrelois qui avait lancé le site Stop postillons en mars dernier, les rejoint sur ce point. «

Cette décision aurait pu être prise longtemps avant. On a vécu une saga farfelue, sans recommandation forte, sans message clair, où les politiques et les scientifiques se sont renvoyé la balle… Pour, au final, ne pas avoir beaucoup plus d’informations aujourd’hui », lâche le docteur qui défend, avec trois confrères nordistes, l’utilité du port du masque depuis le début de la crise sanitaire.

Sur leur site, les professionnels de la santé expliquaient l’importance des « écrans anti-postillons » (tout ce qui peut faire barrière, comme les masques en tissu, en plus des masques chirurgicaux) et de « confiner nos bouches et nos nez » pour ralentir, voire stopper la propagation du virus. Mais restaient frustrés par le silence à l’autre bout du fil. « J’avais contacté quelques mairies du secteur, mais je n’ai jamais eu de retour. C’est dommage, car si les politiques avaient réagi dès la fin mars, les gens seraient habitués à porter un masque et auraient du même coup été plus protégés. »

Comment porter le masque ?

Michaël Rochoy en est conscient : il reste de la pédagogie à faire. « On voit encore beaucoup de personnes mal porter le masque ou le retirer sans se désinfecter les mains par la suite. Le masque doit couvrir la bouche et le nez, car on le sait désormais, le virus se transmet par les gouttelettes mais aussi par l’aérosolisation (une simple respiration suffit à la propagation du virus, ndlr)
», rappelle le docteur, qui tient à rassurer : « On ne va pas s’étouffer avec son CO2, comme on a pu lire, ni être contaminé par son masque !
On met le masque avant tout pour protéger l’autre
. »

 

« Ce n’est pas une course de rapidité, mais plutôt un marathon. Il faudra porter le masque plusieurs mois »

 

Quid des lieux en extérieur ? Les gestes barrières sont bien sûr à appliquer, notamment la règle d’un mètre de distanciation. « Même deux », préconise le médecin outrelois.

Quant au port du masque, Michaël Rochoy le recommande en cas de forte affluence. « Il a un intérêt s’il y a beaucoup de monde, comme sur la digue de Wimereux. Mais il ne faut pas tomber dans la paranoïa. »

Juste garder à l’esprit que l’efficacité de ce geste barrière ne peut être vérifiée que si un nombre important de personnes (pour ne pas dire tout le monde) l’applique. « Mais ce n’est pas un effort qui se verra dès demain, alerte le docteur. Ce n’est pas une course de rapidité, mais plutôt un marathon. Il faudra porter le masque longtemps, plusieurs mois, pour réduire durablement la propagation du virus. »

Une mesure rassurante pour les restaurateurs et commerçants

Question port du masque, les habitudes ne changent pas dans les restaurants. Place Dalton, tous sont d’ailleurs bien rodés en la matière. Et les clients sont globalement de bons élèves. Beaucoup, en revanche, optent volontiers pour une table en terrasse plutôt que de s’aventurer à l’intérieur. Au Bureau, par exemple, « la semaine dernière, on n’avait que trois tables à l’intérieur, mais on était plein à l’extérieur ».

Le port du masque a fait sa place. Ludivine, co-gérante du Comptoir, en compte de plus en plus ces derniers jours, mais regrette que la mesure n’ait pas été appliquée dès le déconfinement : « Ça nous éviterait ce coup de stress. On veut éviter de refermer ! »

Cette angoisse, certains l’ont à la vue des masques qui tombent à partir d’une certaine heure… « Je ne comprends pas pourquoi il y a des happy hours », fustige Clémence, serveuse à l’Entrepôt.

Dans les rues piétonnes aussi, certains commerçants notent un certain relâchement. « Chez les jeunes comme chez les plus âgés », remarque la gérante de la Fée maraboutée. À Planète Shoes, Aline Vasseur fait part de quelques clients récalcitrants : « On devait parfois faire le gendarme dans la boutique… »

La mesure sonne donc comme rassurante, même s’il reste de la pédagogie à mener pour que le port du masque devienne, et reste, un réflexe.

Source: Port du masque obligatoire : un « marathon » plus qu’un sprint

Lavage, buée sur les lunettes, barbes: notre vidéo sur les bonnes pratiques avec un masque en tissu


Lavage, buée sur les lunettes, barbes: notre vidéo sur les bonnes pratiques avec un masque en tissu

Quelles sont les bonnes pratiques avec un masque en tissu
? Notre vidéo pour tout vous expliquer.

Quelles sont les bonnes pratiques avec un masque en tissu
? Notre vidéo pour tout vous expliquer.


En deux mois, le discours du gouvernement concernant les masques a évolué. Aujourd’hui, on sait qu’il est préférable de tous en porter, dans l’espace public, pour éviter de contaminer les autres. Le port du masque va même devenir obligatoire dans les transports.

Vu la pénurie, nous sommes nombreux à opter pour les masques en tissu réutilisables. Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau, près de Boulogne-sur-Mer, a créé, avec des collègues, le collectif Stop Postillons. Eux militent depuis le début pour le port du masque généralisé. Comment bien porter son masque ? Comment l’entretenir
? Comment le laver
? Comment éviter la buée sur les lunettes ? Le médecin nous explique, en vidéo, quelques astuces.

Retrouvez ici et ici, nos tutos pour fabriquer des masques.

Pour poser toutes vos questions relatives au coronavirus ou au confinement, rendez-vous sur le groupe Facebook de La Voix du Nord « Coronavirus : entraidons-nous dans le #NPDC ! ».



Source: Lavage, buée sur les lunettes, barbes: notre vidéo sur les bonnes pratiques avec un masque en tissu

Le masque EAP comme mesure barrière n°6 – Nutritions et endocrinologie

Le masque EAP comme mesure barrière n°6

Depuis le début du confinement de nombreuses voix se sont élevées pour mettre en avant le port du masque comme mesure de protection de la population. Ainsi dès le 22 mars, le collectif Stop-postillons, lancé par 4 médecins généralistes, a milité pour le port généralisé des écrans anti-postillons – EAP (masques « maisons ») dans l’espace public comme 6ème mesure barrière pour lutter contre le coronavirus. Ils ont créés un site internet stop-postillons.fr mis à jour au quotidien qui rassemble un grand nombre d’informations et de patrons de masque pour les couturiers amateurs. L’objectif est d’informer pour ainsi réduire le nombre de contamination par coronavirus. Au moment du déconfinement annoncé le 11 Mai, il s’agit de prendre les précautions maximum pour minimiser la deuxième vague possible et protéger les individus surtout les personnes fragiles atteintes de pathologies chroniques qui n’ont pas osé fréquenter les salles d’attente médicales, qu’elles soient à l’hôpital ou en cabinet libéral.

Maintenant que l’Académie de médecine a pris position dans ce sens le 22 avril dernier, et que le gouvernement a indiqué qu’il rendait le masque obligatoire comme condition au déconfinement le port du masque va donc être généralisé. Nous avons interrogé le Dr Michaël Rochoy, l’un des fondateurs de ce collectif, qui a eu la gentillesse de répondre à toutes nos questions sur les écrans anti-postillons dans une vidéo.

Toutes les explications en images : l’interview du Dr Michaël Rochoy – MD, PhD – Université de Lille 

 Source: Le masque EAP comme mesure barrière n°6 – Nutritions et endocrinologie

Un médecin outrelois milite pour rendre le port du masque systématique

Un médecin outrelois milite pour rendre le port du masque systématique

Si vous ne possédez pas de masque, une écharpe ou encore un cache-col peuvent faire offrir d’écrans anti-postillons.

Si vous ne possédez pas de masque, une écharpe ou encore un cache-col peuvent faire offrir d’écrans anti-postillons.

Les faits

😷 17 mars Depuis le début du confinement, Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau, partage sur les réseaux sociaux toutes les initiatives lancées pour confectionner ses propres masques, convaincu que leur port est essentiel pour endiguer la pandémie….

Article

Source: Un médecin outrelois milite pour rendre le port du masque systématique

«Stop postillons», le projet d’un médecin outrelois pour inciter au port du masque


«Stop postillons», le projet d’un médecin outrelois pour inciter au port du masque

«
Tout est mieux que rien
», souligne Michaël Rochoy, médecin à Outreau, qui milite pour le port de protection sur le visage. Photo Illustration C. LEFEBVRE

«
Tout est mieux que rien
», souligne Michaël Rochoy, médecin à Outreau, qui milite pour le port de protection sur le visage. Photo Illustration C. LEFEBVRE – VDN

C’est une question qui agite le pays depuis le début de l’épidémie de Covid-19 : le port du masque. Certains avis sont partagés. Michaël Rochoy, lui, en est persuadé : « Il faut en mettre. » Ce médecin généraliste de 33 ans, basé à Outreau, va plus loin. Avec trois professionnels de santé, il vient de créer un site web : Stop-postillons.fr.

L’idée est claire : inciter la population à porter un « écran anti-postillons », afin de « limiter les possibilités de contamination ». On parle là des masques classiques, type chirurgie, mais pas que : le site propose des tutos pour fabriquer son propre écran de protection. Cela va du masque en tissu, en papier, en plastique… « Même un essuie-tout fixé avec des élastiques, ou un t-shirt noué peuvent faire l’affaire. Tout est mieux que rien », insiste Michaël Rochoy.

Source: «Stop postillons», le projet d’un médecin outrelois pour inciter au port du masque