Covid-19: l’assouplissement du télétravail suscite des inquiétudes | Le HuffPost

EMPLOI – Pour certains salariés, ce jeudi 7 janvier sera peut-être le premier jour de retour au travail en présentiel depuis fin octobre, période à laquelle le télétravail avait de nouveau été généralisé. Une règle que la ministre du Travail, Elisabeth Borne a souhaité assouplir dès ce jeudi dans le cadre du nouveau protocole sanitaire en entreprise.

Les salariés en télétravail à 100% peuvent désormais revenir sur site un jour par semaine, sur la base du volontariat et avec l’accord de l’employeur. Une promesse faite par la ministre dès la mi-décembre mais qui intervient dans une situation épidémiologique jugée pour le moment “intermédiaire” et alors que les autorités surveillent de près les chiffres après le brassage des fêtes de fin d’année.

À en croire Elisabeth Borne, même “s’il faut privilégier le télétravail”, cet assouplissement se justifie par la détresse psychologique et l’isolement des salariés en télétravail. “Nos études montrent que plus de six salariés sur dix en télétravail à 100% depuis novembre souhaitent revenir dans l’entreprise au moins une journée par semaine”, a-t-elle par ailleurs justifié dans Le Journal du Dimanche.

Détresse des salariés et lien social

De fait, depuis le début de la crise du coronavirus et la mise en place du télétravail, de très nombreuses études pointent le risque qu’engendre sur la santé mentale des salariés le travail à distance. Cela semble même être un facteur aggravant, jugeait un baromètre réalisé par Opinionway juste avant le reconfinement pour le cabinet franco-canadien Empreinte Humaine. 58% des salariés en télétravail à temps complet sont en détresse psychologique contre 53% des salariés en situation hybride (mêlant distanciel et présentiel).

Gage que la situation ne s’est pas améliorée depuis, un nouveau baromètre publié mi-décembre estimait que la santé mentale des salariés “n’a jamais été aussi basse” depuis le début de la crise sanitaire et particulièrement depuis le deuxième confinement. Des chiffres qui s’inscrivent dans un contexte général très dégradé puisque 50% des salariés se trouvent en détresse psychologique, dont 20% en détresse élevée.

Outre le climat anxiogène porté par la crise du coronavirus, qui traîne en longueur, une telle détresse peut s’expliquer en partie par l’importance du lien social que revêt le travail. Selon une étude de l’institut OpinionWay, pour Microsoft France, 40% des actifs français considèrent le lien social comme source de bonheur au travail.

“Le travail est aussi vécu comme une nécessité pour sortir de chez soi, de ce qu’on a en tête, avoir le sentiment qu’on contribue à satisfaire le besoin d’autrui. C’est quelque chose qui est réparateur psychologiquement. Mais tout cela disparaît en télétravail et, à l’inverse, on observe une montée en abstraction extrêmement forte. Ce sentiment d’être inséré dans un milieu de travail, dans un collectif où est validé votre travail, où l’on peut partager ses doutes et ses fiertés, cela n’existe plus”, expliquait déjà en septembre au HuffPost, la sociologue du travail et directrice de recherche émérite au CNRS Danièle Linhart,

Les entreprises saluent une “soupape”

Premières concernées par cet assouplissement, les entreprises ont plutôt tendance à saluer cette “soupape”. “On sent bien qu’au bout d’un certain temps, il y a un risque d’isolement clair. Cette journée de soupape, comme l’a qualifiée la ministre, est donc une bonne nouvelle”, observe pour Le Monde, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef. Idem pour la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). François Asselin, son président, contacté par le HuffPost, abonde: “On voit bien aujourd’hui que les gens demandent à pouvoir revenir sur site à retrouver du lien social, la visioconférence est en train de montrer ses limites et puis les gens ont besoin de faire équipe physiquement”. Pour autant, assure-t-il dans les TPE et PME, “cela ne va pas changer grand-chose. Le dialogue social est plus facile dans les petites entreprises et il y avait déjà des salariés qui revenaient sur site”.

L’annonce est plutôt bien reçue par le patron de la CFDT, Laurent Berger, ”à condition qu’on ne revienne pas dessus dans huit jours”, plaide-t-il dans Le Monde. Du côté de la CFTC et de la CFE-CGC, on met l’accent sur la nécessité d’assurer la sécurité des salariés et de faire confiance aux partenaires sociaux.

Inquiétudes sanitaires

Lorsqu’elle avait évoqué à la mi-décembre la possibilité de revenir sur site un jour par semaine dès le 7 janvier, Elisabeth Borne avait soumis son application à la situation sanitaire. Cette dernière est aujourd’hui pointée du doigt par de nombreux spécialistes alors que le ministre de la Santé, Olivier Véran a refusé d’écarter complètement un nouveau reconfinement. “Si je vous disais ‘nous ne reconfinerons pas’,  je m’inclurais de fait dans la catégorie des prédictologues, dont je ne fais pas partie”, a-t-il précisé sur RTL.

Épidémiologistes et médecins alertent face à un timing risqué et aux situations de reconfinement en Angleterre et en Allemagne. Le praticien hospitalier en épidémiologie et en santé publique, Mahmoud Zureik, n’hésite pas tacler la ministre, la jugeant “systématiquement à contre-courant”. Hélène Rossinot, médecin de santé publique lui emboîte le pas.

“On a fermé les restaurants car les repas sont des moments à risque élevé de contamination. Ce n’est pas pour envoyer les salariés au travail, où ils mangent ensemble. Il y a une incohérence totale”, déplore Michaël Rochoy, médecin généraliste et cofondateur du collectif Stop-Postillons, sur Yahoo Actualité.

“La situation est tendue partout en Europe, ce n’est pas du tout le moment. Evidemment c’est très compliqué pour certains salariés, et s’il reviennent, il faudra que ça ne soit pas tous en même temps et l’employeur soit extrêmement attentif au respect des gestes barrières. Le danger c’est aussi que certains employeurs fassent pression sur leurs salariés pour qu’ils reviennent sur site”, explique Antoine Flahaut, médecin épidémiologistes et professeur à l’université de Genève, contacté par Le HuffPost. 

Dans la deuxième moitié de décembre, de nombreux avis scientifiques ont préconisé de continuer à privilégier le travail, que ce soit le Conseil scientifique, dans un avis du 12 décembre, ou l’épidémiologiste, Dominique Costagliola, le 27 décembre sur Europe 1, qui évoquait la “nécessité de maintenir” le télétravail à 100 % jusqu’à fin janvier au moins. Une étude menée par l’épidémiologiste et membre du Conseil scientifique, Arnaud Fontanet, a montré que le recours au télétravail permettait une diminution des contaminations de 30%. “Pour l’instant, le niveau de circulation du virus est trop élevé pour qu’on se lance sur des allègements”, estimait-il d’ailleurs sur Franceinfo ce lundi.

Un message entendu par Elisabeth Borne? La ministre du Travail a précisé que contrairement à ce qui était prévu le 20 janvier, les partenaires sociaux ne prendront pas la main pour définir dans le dialogue social un nombre minimal de jours de travail sur site.

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Source: Covid-19: l’assouplissement du télétravail suscite des inquiétudes | Le HuffPost

COVID-19 vaccination: France aims to make up for lost time | Europe| News and current affairs from around the continent | DW | 08.01.2021

On a recent afternoon, two dozen journalists gathered in front of a large, beige-colored hall in the suburb of Poissy, northwest of Paris, in the department of Yvelines. With French and international cameras capturing the scene, a group of politicians and doctors cut a ribbon in blue, white and red, the colors of the French flag.

“We are the central government’s partners — not its adversaries,” said Karl Olive, mayor of Poissy, into a microphone. Then, the group walked into the building, with the trail of journalists following close behind.

The hall is the country’s first out of many COVID-19 vaccination centers run by a municipality. These are supposed to help France accelerate its vaccination campaign. But getting enough people immunized might not be that easy.

Group of people cutting a tricolored band to open the vaccination center in Poissy

A number of politicians and doctors attended the opening ceremony in Poissy

‘This unprecedented moment in history’

“I want to go to a restaurant again, go partying and give my kids a cuddle without having to worry,” Christian Lehmann, a Poissy-based GP, told journalists while being the first person to get a jab in the new center. Later on, he put on a blue medical blouse and started vaccinating others.

Mayor Olive was watching the scene, with a smile on his face. “Tell us if it’s stinging,” he shouted from behind the cameras. The 51-year-old says he’s glad that local governments are now playing a bigger part in getting people immunized. “It’s important to be part of this unprecedented moment in history. I, as mayor of Poissy with its 40,000 inhabitants, want to show that we can really help in the fight against this global pandemic,” he told DW. Olive added that there would soon be 10 such vaccination centers in Yvelines and 300 across the country.

Poissy Mayor Karl Olive

Poissy Mayor Karl Olive is pleased that local governments are playing a big role

“This will allow us to inoculate up to 500 people per day here and very quickly the entire French population across the country,” he said.

‘The laughing stock of the world’

Speeding up France’s vaccination campaign seems crucial. The country has so far only inoculated tens of thousands of people — compared to hundreds of thousand in some other European countries.

Man being vaccinated by Christian Lehmann

After receiving his jab, Christian Lehmann is now doing the favor for others

Michael Rochoy, a GP in the northern town of Outreau, thinks that’s down to logistical and administrative reasons. He has signed an op-ed, together with about 30 other physicians, calling on the government to declare the vaccination campaign a “Grand National Cause.” “We have become the laughing stock of the world,” he told DW. “How is it possible that things are going that slowly in a country that has such a formidable nationwide health system?”

He thinks the government has chosen the wrong people to run the campaign. “The physician Alain Fischer has been appointed the government’s chief vaccination strategist. But he says of himself that he has no clue of logistics — and yet, this is mainly a logistical job,” Rochoy fumed.

“What’s more, we have to get extra consent from each patient and are supposed to enter information into a new online platform that only started working days after the kick-off of the vaccination campaign — all this has been slowing things down even further,” he added.

People sitting in the vaccination center in Poissy

Suthorities are hopeful that France’s vaccination drive will gain momentum with centers like that in Poissy

‘There is no problem’

But the government denies France is lagging behind. “There is no problem,” Jacques Marilossian, lawmaker for government party LREM in the department of Hauts-de-Seine near Paris, told DW. Then, he compared the situation to a football game: “You wouldn’t judge its result after five or six seconds although the game goes on for 90 minutes, would you?”

Marilossian explained that France had been struggling to get hold of ultra-cold freezers. These are required to store the vaccine by Pfizer and BioNTech, the only one so far available, which needs to be kept at minus 79 degrees Celsius (minus 100.2 degrees Fahrenheit).

But the lawmaker promised the vaccination campaign would soon accelerate.

“We are bringing forward the vaccination of certain groups, such as medical personnel. And we’ll soon receive vaccines that won’t need to be stored at these extremely low temperatures. We prefer to take our time initially and proceed with caution to eventually reach the same result as othercountries,” he said. France’s highest health authority Friday authorized a second COVID-19 vaccine by Moderna that can be stored at minus 20 degrees.

Logistics not the only obstacle

But even if the country catches up with other European countries, there is another problem. France is the world’s most vaccine-skeptical country, according to a 2018 poll by Gallup’s Wellcome Trust in 144 countries. Only four out of 10 people are planning to get a COVID-19 jab.

One reason for that is that only about 40% of the French trust their government to handle this crisis, according to recent polls. Mayor Olive wants to do his bit to boost that figure. He and 300 other mayors have written an open letter pledging that mayors should get publicly vaccinated. “I think such symbolic actions are important — they can help convince people that getting immunized is a good idea,” he pleaded.

However, the very slow start to the vaccination campaign is unlikely to help restore people’s confidence.

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 Source: COVID-19 vaccination: France aims to make up for lost time | Europe| News and current affairs from around the continent | DW | 08.01.2021

Le gouvernement démasqué – Libération

Michaël Rochoy, 33 ans, est médecin généraliste à Outreau. Enseignant-chercheur, adepte de Terry Pratchett et des Monty Python, il a particulièrement apprécié le «nonsense» absurde de la gestion pandémique des masques :

«Hier au téléphone le gouvernement m’a fait une proposition. Je n’ai pas saisi le nom de mon interlocuteur, mais il était question de lutter contre le froid et d’isoler mon habitation pour un euro seulement. Voilà qui tombait à pic, j’avais brisé mes fenêtres en m’initiant au golf lors du précédent confinement, et mon poseur de fenêtres n’arrivait plus à se fournir en double vitrage.

– Il n’y a pas de pénurie de fenêtres à redouter, ce n’est pas un sujet, me corrigea le messager du gouvernement. Mais avez-vous pensé à isoler vos combles ? C’est par le toit que s’échappe la chaleur.

-C’est-à-dire qu’il me semble plus urgent de bloquer les fenêtres, quitte à utiliser du simple vitra…

– Il y a un consensus très clair aujourd’hui pour dire qu’il ne faut surtout pas avoir de fenêtres, ça n’a pas d’intérêt, c’est même presque faussement protecteur, parce qu’ayant des fenêtres, on oublie d’isoler ses combles. Vous voulez que je vous dise ? Je ne sais pas utiliser une fenêtre ! Ça nécessite un apprentissage, des gestes techniques, précis, sinon on se trompe de sens et on l’ouvre et ça peut même être contre-productif.»

« Tout a commencé il y a neuf mois. Le 22 mars, au début du confinement, Antoine Hutt (radiologue), Jonathan Favre, Thibault Puszkarek et moi-même (médecins généralistes) avons lancé le site et collectif Stop-Postillons.fr. Il y avait une pénurie de masques (quoi qu’on en mente) et il fallait les garder pour les personnels exposés. Néanmoins tout le monde avait chez soi des t-shirts à découper, du tissu à coudre : des écrans anti-postillon» (EAP). Nous voulions “confiner les bouches et les nez” lors des sorties dérogatoires (dans les hypermarchés qui n’imposaient pas de masque à l’époque), puis maintenir cette couverture faciale lors du déconfinement.

«Nous avions donc un seul message, qui est resté en tête du site : “Portons tous un EAP dans l’espace public pour freiner et arrêter la pandémie. Porter quelque chose sera mieux que rien. Le but des EAP est collectif et altruiste : protéger les autres et être protégé si chacun en porte.”

Le très simple et efficace découpage de t-shirt

«Avec un message d’une telle banalité dans le cadre d’une pandémie à contamination respiratoire, nous aurions dû disparaître au bout d’une semaine. Les dirigeants auraient dû répondre: “OK, bonne idée, on fait ça, on demande aux gens de se couvrir le nez et la bouche en attendant les masques”, et c’était plié. C’était simple, il suffisait de faire confiance à l’intelligence collective et à la solidarité. Nous avions détaillé notre argumentaire, proposé une cinquantaine de tutoriels, dont la diversité permettait de fabriquer plusieurs types de protection, sans risquer la pénurie d’élastiques ou de tissu en mercerie : au pire, il restait toujours le très simple et efficace découpage de t-shirt. Nous avons relayé de nombreuses initiatives solidaires, comme ces couturières bénévoles qui envoyaient leurs créations aux quatre coins de France tandis que le ministre de la Santé demandait aux Français de ne rien porter en attendant de pouvoir acquérir un masque grand public le 11 mai… Quand on est encerclé par le feu, on n’attend pas des seaux d’eau labellisés par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers : on demande à chacun de prendre les récipients qu’il a sous la main et d’arroser en attendant mieux. Cet appel à l’intelligence collective, à la débrouillardise, a été rendu largement visible par les réseaux sociaux, avec un pic à 133 000 visites le 4 avril.

«Notre message, aussi basique soit-il, était pertinent. Il a progressivement été entendu. Trèèèès progressivement : le masque a été imposé dans les lieux publics clos à partir du 20 juillet, dans les entreprises à partir du 1er septembre, dans les écoles élémentaires à partir du 2 novembre. Ainsi, en pleine pandémie, il aura fallu huit mois après notre premier appel pour généraliser le masque dans la quasi-totalité des espaces recevant du public. Il aura fallu sacrifier une grande partie de notre temps libre avec d’autres médecins, scientifiques, parents, sur les réseaux sociaux, dans les médias, les revues scientifiques, pour que le gouvernement se dise : “Tiens finalement, ce ne serait peut-être pas mal de mettre des fenêtres partout en plus de l’isolation des combles…”

Colonies de bactéries

«Nous n’étions rien, nous ne sommes personne. Lorsque nous avons lancé le site le 22 mars, nous nous basions sur les données scientifiques, les seules qui comptent, au-delà des arguments d’autorité. Depuis le CheckNews de Libération du 13 mars, nous savions que les personnes asymptomatiques pouvaient être contagieuses. Nous avions lu l’étude de Davies et al. dans laquelle 21 volontaires avaient toussé dans une boîte, mise en incubation pendant 48 heures, avant de compter les “colonies” de bactéries de la taille du Sars-CoV-2 : 200 sans masque, 43 avec un masque en coton fait maison, 30 avec un masque chirurgical. Visionnaires en 2013, les auteurs concluaient qu’en cas de pénurie de masques chirurgicaux, un masque fait maison serait mieux que rien – mon expression favorite.

«Début mai nous avons proposé des infographies avec la graphiste Coralie Blanc et son père, Jean-Baptiste Blanc, médecin généraliste comme nous, en plaçant le masque en premier plan. Là encore, notre message était simple : “Dedans (sauf chez vous), portez toujours un masque; dehors, portez un masque en cas de contact ou de risque de contact proche.”

«Nous sommes en décembre, et le masque apparaît toujours en dernière position sur les sites gouvernementaux, après “éviter de se toucher le visage”, et avec la consigne de «le porter quand la distance d’un mètre ne peut pas être respectée». Le risque de transmission par aérosol n’est toujours pas considéré, ce qui permet d’ailleurs d’imposer le masque à l’école et en entreprise et en même temps, de laisser les cantines scolaires ou d’entreprises en l’état. C’est à désespérer.

Le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS

«Pendant de longs mois, nous avons lu que le gouvernement avait suivi l’Organisation mondiale de la santé sur les masques. C’est faux : d’une part, l’OMS n’émet pas un avis pour la France mais pour tous les pays de la planète, y compris ceux où l’accès à l’eau potable est limité. D’autre part, l’OMS a précisé le 6 avril que le port du masque pouvait être envisagé en population générale comme une mesure barrière supplémentaire. L’OMS a recommandé son port généralisé le 5 juin, notamment “dans les lieux publics tels que les épiceries, au travail […], dans les écoles”, et la même OMS a précisé le 21 août qu’il pouvait être porté dès l’âge de 6 ans dans les pays où le virus circule activement. En France, le gouvernement-qui-assure-suivre-l’OMS a donc mis trois mois après la recommandation du 5 juin pour imposer le masque en entreprise et cinq mois pour l’école élémentaire.

«Concernant l’école enfin, nous avons dû militer, publier des tribunes cet été, écrire des communiqués en août, septembre et octobre, une revue de littérature, intervenir en visioconférence auprès de syndicats d’enseignants en demande d’informations scientifiques… Tout ça parce qu’un ministre déclarait être “préparé à tout” sur la base de l’avis… roulement de tambour… des sociétés savantes de pédiatrie ! Jean-Michel Blanquer avait soudain fait fi de l’OMS : avec un tel niveau en pirouette, il n’est pas étonnant qu’il ait récupéré le ministère des Sports lors du remaniement, remarquez. Toutefois, si la plus haute instance à suivre n’est plus l’OMS mais les sociétés nationales, pourquoi concernant les masques entre avril et juillet le gouvernement a-t-il ignoré l’Académie nationale de médecine le 2 avril, le 22 avril, le 7 mai et le 28 juillet, l’European Centre for Disease Control le 8 avril ou son propre Conseil scientifique le 20 avril ? Il est facile de multiplier les instituts, conseils, centres, agences, sociétés, académies, autorités et organisations pour au final choisir parmi tous leurs avis celui qu’on veut mettre en avant… Mais ça, ce n’est ni de la science, ni de la politique. C’est de la manipulation.»

 


Christian Lehmann médecin et écrivain

 

 

Source: Le gouvernement démasqué – Libération

L’école, un nid à Covid-19? | Le HuffPost

SCIENCE – Le 29 octobre, le premier ministre Jean Castex dévoilait les modalités du nouveau confinement censé endiguer la deuxième vague de Covid-19 qui déferle sur la France. Avec des restrictions adaptées “sur deux points essentiels, l’école et le travail”. Était-ce une erreur?

Ce vendredi 6 novembre, Europe 1 affirme que le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a écrit dans une note confidentielle qu’avec le reconfinement actuel, un plateau “haut et prolongé” de cas (et donc de décès) va être atteint. La faute, notamment, aux établissements scolaires et services publics restés ouverts, selon le numéro 2 du ministère.

Quelques heures plus tôt, le ministère de l’Éducation a justement durci le protocole sanitaire dans les lycées. Jean-Michel Blanquer a annoncé jusqu’à 50% de cours à distance pour faire face à l’aggravation de l’épidémie de coronavirus. Lors de l’annonce du confinement, c’est le masque obligatoire dès 6 ans, contre 11 ans depuis la rentrée, qui était mis en place.

Pourquoi prendre ces mesures seulement maintenant? Pourquoi réduire la présence uniquement pour les lycées? S’il y a évidemment beaucoup à dire sur la préparation de la deuxième vague par le gouvernement, il faut avant tout rappeler que le lien entre Covid-19 et école est un sujet très épineux. Les effets désastreux d’un manque d’éducation sont très bien connus et documentés. Mais l’impact de l’ouverture des écoles est lui plus compliqué à établir. La contagiosité des enfants fait débat dans le milieu scientifique depuis le mois de janvier. Et si notre connaissance a bien progressé, même les chercheurs sont encore divisés.

Les enfants aussi sont touchés par le Covid-19

Les maladies respiratoires classiques sont souvent très répandues chez les plus jeunes. C’est donc avec surprise que l’on a vu, au début de la pandémie de coronavirus, une quasi-absence de mineurs positifs. Depuis, heureusement, des dizaines d’études ont pu être publiées sur la question des enfants, du Covid-19 et de l’école. On sait que les plus jeunes peuvent être contaminés. On sait qu’ils peuvent contaminer. On sait également qu’ils ont souvent des symptômes très légers, voire être asymptomatiques (ce qui explique qu’on ne les ait pas détectés au début).

Mais alors que pour la grippe, les écoles font partie des lieux qui permettent à une épidémie d’exploser, on ne sait pas si c’est le cas pour le coronavirus. Il n’y a pas de consensus. Pour schématiser, deux thèses s’affrontent. Soit les jeunes sont peu contaminés et s’il peut y avoir des cas dans des établissements scolaires, ce n’est pas là que le coronavirus va devenir incontrôlé. Soit les rassemblements de nos têtes blondes sont des bombes à retardement pour l’épidémie que l’on n’a pas vues venir, notamment car les écoles ont été fermées lors de la première vague dans la plupart des pays.

Pourtant, de nombreuses études ont été publiées. Mais les récentes analyses tentant de faire le bilan de ces études ne tombent pas vraiment d’accord. Certaines (comme celle de l’épidémiologiste Zoë Hyde ou du collectif de médecins et chercheurs “Du côté de la science”) concluent plutôt à un risque de contamination et à une contagiosité des enfants égale à celle des adultes. D’autres (comme celle réalisée par plusieurs pédiatres américains, ou cette méta analyse publiée le 29 octobre par trois épidémiologistes dans le Journal of infectious diseases) estiment que les enfants sont moins contagieux. Ou plus exactement que la contagiosité augmente avec l’âge, ce qui change tout.

Petits et grands écarts

Car une des sources principales de ce grand flou autour des enfants concerne avant tout leur âge. Certaines études comparent les moins de 18 ans aux adultes. D’autres font des classes d’âge de 0 à 4 ans, de 5 à 8, de 0 à 11, de 12 à 16. Logique: cela dépend à la fois de la méthode choisie, mais aussi des données démographiques disponibles et des différentes classes d’âges dans les écoles dans chaque pays.

D’un côté, les tenants d’une moindre contagiosité des plus jeunes rappellent que parler des “enfants” et englober tous les mineurs est un non-sens. Dans la méta analyse évoquée plus haut, les chercheurs ont analysé de nombreuses études visant à savoir à quel point une personne en contaminait d’autres. “Plusieurs études suggèrent que l’infectiosité augmente quelque peu avec l’âge”, précise l’étude. Mais surtout, que les enfants de moins de 10 ans ont “significativement” moins de risque d’être contaminés.

En Inde, par exemple, où des milliers de cas contacts ont été testés, s’il y avait une forte proportion de jeunes, le taux d’incidence est en réalité bien plus faible chez les 0 à 4 ans (6,3 pour 10.000) et chez les 5-17 ans (12,7) que chez les adultes (environ 40). La Grande-Bretagne a également réalisé des campagnes de dépistage par PCR aléatoires dans sa population, rappelle Alasdair Munro, pédiatre et spécialiste des maladies infectieuses. Du 21 août au 1er octobre, alors que la deuxième vague débute, les moins de 11 ans sont très peu contaminés. Pour les 17-24 ans, par contre, ce n’est pas la même chose. Ils sont au dessus de la moyenne.

Études contradictoires

“Il semble que ce que les petits sont à la grippe, les jeunes adultes le sont au Sars-Cov2”, explique Alasdair Mundo. Pour la tranche d’âge de 12 à 16 ans, les résultats sont plus indécis, entre les deux. Dans un plus récent sondage analysant la période du 12 septembre au 23 octobre, la forte contamination des 17-24 ans est toujours aussi claire, mais les 12 à 16 ans sont de plus en plus nombreux à être contaminés. Les infections chez les moins de 11 ans augmentent également, de manière similaire à ce qui se passe sur l’ensemble de la population.

Il pourrait y avoir une explication biologique à cette différence d’âge. Dans une étude publiée en mai, des scientifiques se sont rendu compte que les récepteurs sur lesquels le coronavirus se fixe pour infecter les cellules humaines (ACE2) étaient proportionnels à l’âge. En clair, plus on grandit, plus on développerait ces récepteurs.

Pour autant, la crainte d’un biais est encore là. “Les jeunes enfants sont peu symptomatiques donc peu testés. Il y a également une aversion à l’écouvillon dans le nez, donc on va faire un seul prélèvement. Les PCR chez les enfants ne sont pas vraiment comparables à celles des adultes”, précise au HuffPost Michaël Rochoy, médecin généraliste, co-fondateur du collectif Stop-Postillons et co-auteur de l’article du collectif “Du côté de la science”. Il note d’ailleurs que dans les études sérologiques, la différence entre adulte et enfants est bien moins claire. Mais ces études ont aussi leurs biais, rappellent les auteurs de la méta-analyse.

L’école, cause ou conséquence?

On retrouve ce débat quand on essaye d’analyser le rôle des écoles dans la pandémie. Le collectif “Du côté de la science” rappelle qu’en Suède, où les écoles sont restées ouvertes, le taux de positivité des enfants est proche des adultes. Une étude publiée le 22 octobre analysant l’impact des mesures prises dans 131 pays conclut également que la réouverture des écoles a tendance à entraîner une hausse de l’épidémie. Mais il est difficile de séparer cela de la levée d’autres restrictions.

De plus, la majorité des foyers ont été détectés dans des écoles secondaires (l’équivalent des collèges et lycées), rappelle l’étude publiée dans le Journal of infectious diseases. “La question de faire une différence entre maternelle/primaire et collège/lycée peut se poser, du fait des données disponibles, mais celles-ci, encore une fois, sont peu claires”, estime Michaël Rochoy.

Le débat sur les écoles est similaire à celui de l’oeuf et de la poule: les écoles créent-elles les foyers ou sont-elles nourries par un virus déjà très implanté sur le territoire? Il y a par contre une chose sur laquelle la plupart des auteurs s’accordent: par temps de pandémie, l’école doit s’adapter. Et ce avant qu’il ne soit trop tard.

Des mesures de restrictions nécessaires

“La distanciation sociale, la réduction des effectifs en classe, un dépistage massif, une quarantaine des cas contacts et le port du masque” sont nécessaires, estime la méta-analyse. Qui cite un exemple parlant: en Allemagne, où des mesures de restriction importantes sont en place, peu de foyers ont été repérés dans les écoles. Et la majorité concernaient des cas touchant les professeurs.

Zoë Hyde va plus loin, en recommandant le même type de mesures quand la circulation du virus est faible, mais dans une situation de forte propagation, les écoles doivent fermer et les cours se faire en ligne.

Et en France aujourd’hui? “Je ne pense plus que ce soit une question sanitaire, mais politique. Le confinement actuel est insuffisant, Jérôme Salomon a raison. Il faut maintenant hiérarchiser ce qui est dispensable”, affirme Michaël Rochoy. “Le plus important à mon sens est de maintenir autant que possible les écoles, notamment les primaires et maternelles au vu des données dont on dispose, même si elles sont possiblement biaisées.” Mais est-ce encore possible au vu de la situation?

L’amélioration du protocole sanitaire mis en place par Jean-Michel Blanquer va dans le bon sens. Mais pour le co-fondateur du collectif Stop-Postillons, cela arrive bien trop tard. “Nous avons proposé ces méthodes de prévention dès le mois d’août: masques, limitation des effectifs, etc. Mais maintenant, avec la vague actuelle, c’est trop tard. Oui cela va marcher, mais ce qu’on veut aujourd’hui, ce n’est pas quelque chose qui marche. On veut quelque chose qui fonctionne du tonnerre pour éviter un plateau de mortalité qui s’annonce terrible.”

A voir également sur Le Huffpost: Inquiets face au Covid-19, des lycéens bloquent leur établissement scolaire

Source: L’école, un nid à Covid-19? Pourquoi nous n’avons toujours pas la réponse | Le HuffPost

Reconfinement : les élèves porteront le masque dès le CP

Reconfinement : les élèves porteront le masque dès le CP

Depuis le début de l’épidémie, la contamination des plus jeunes est au cœur de controverses scientifiques. Cette fois, le gouvernement conditionne le retour en classe à un port élargi du masque.

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Reconfinement : les élèves porteront le masque dès le CP 

Dans une école à Monaco, le 7 septembre. Le port du masque sera obligatoire dans les écoles à partir de l’âge de 6 ans.
JEAN FRANÇOIS OTTONELLO/NICE MATIN/MAXPPP

Depuis le début de la crise sanitaire, la question de la vulnérabilité des enfants au Covid-19 fait figure de serpent de mer : sont-ils super-contaminateurs ? Doivent-ils être masqués ? Une nouvelle étape dans le débat vient d’être franchie, ce jeudi 28 octobre, avec l’annonce faite par le gouvernement que l’ouverture des crèches, écoles, collèges et lycées à partir du lundi 2 novembre serait conditionnée au port du masque en continu par tous les élèves, dès le CP.

→ RÉCAP’. Reconfinement : déplacements, télétravail, écoles, cultes… Les principales annonces du gouvernement

Ce nouveau compromis sera-t-il de nature à réconcilier les positions a priori opposées de certains médecins ? « Dans un premier temps, comme personne ne connaissait le virus et que l’on a pensé que les enfants étaient plus souvent asymptomatiques que les autres, on a fermé les écoles », rappelle le docteur Michaël Rochoy, médecin généraliste membre du collectif Stop Postillons.

→ PRATIQUE. Covid-19 : téléchargez les attestations nécessaires pour tout déplacement pendant le confinement

L’idée était de protéger les plus jeunes, mais aussi, par ricochet, le personnel et les familles. Fermer les écoles était vu comme un bon levier pour freiner la circulation du virus.

Pour le masque, même mal porté !

Pourtant, dès le mois d’avril, les pédiatres sont montés au créneau pour dénoncer des mesures plus néfastes qu’utiles pour les enfants eux-mêmes. Ils ont notamment fait valoir que très peu d’entre eux développent des formes sévères de la maladie et qu’ils ne seraient pas les super-contaminateurs longtemps suspectés. De fait, seuls 12 enfants de moins de 10 ans sont actuellement hospitalisés en réanimation.

→ ENTRETIEN. Reconfinement : les écoles ouvertes, « un soulagement pour les parents d’élèves »

Ces pédiatres s’alarmaient plutôt des dégâts que le confinement et l’absence de scolarisation ont fait peser chez leurs jeunes patients : hausse des violences intrafamiliales, décrochage scolaire des plus vulnérables, etc. Ils appelaient donc à un retour le plus rapide possible en classe, et sans masque. Une position relayée au sein du gouvernement par le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

À la veille du reconfinement, un nouvel équilibre a finalement été trouvé. Lundi, les enfants reviendront tous en classe, mais masqués. La mesure satisfait notamment le collectif « Stop postillons ». Le masque serait, selon Michaël Rochoy, une bonne mesure, quand bien même il ne serait pas toujours porté dans les règles de l’art. « On sait très bien que seuls les plus grands vont le mettre correctement. Mais ce n’est pas si grave. Déjà cela devrait limiter la contamination entre élèves », affirme-t-il.

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 Source: Reconfinement : les élèves porteront le masque dès le CP

Covid-19 : que sait-on aujourd’hui de la transmission du virus par aérosols dans les espaces clos ? – Libération

Question posée par BARALE le 22/08/2020

Bonjour,

La rentrée se fait masquée, dans les entreprises comme dans les salles de classe. Avant que ces décisions ne soient prises, on pouvait lire, dans Libé le 14 août, une tribune d’un collectif de «professionnels de santé» («Covid-19 : le risque existe dans tous les lieux clos, dans les classes comme dans les bureaux») : «Nous l’affirmons sans ambiguïté : le Sars-CoV-2 se transmet par l’air et ne pas rendre le masque obligatoire dans les salles de cours ou les amphithéâtres, dans les open spaces, les salles de réunion, les ateliers et les bureaux partagés n’est pas conforme aux données de la science et de l’OMS.»

A l’aune de ces lignes, très affirmatives, vous nous interrogez sur l’état de la science à propos de la transmission du virus dans l’air. Il n’y a en fait pas de consensus sur une circulation du Covid-19, d’un individu à l’autre en population générale, via des «aérosols», ces microgouttelettes qui restent en suspension et qui pourraient être vectrices de virus actif et infectieux.

Deux médecins auteurs de la tribune reconnaissent auprès de CheckNews que la formulation «sans ambiguïté : le Sars-CoV-2 se transmet par l’air» n’est pas idéale. Mais qu’elle répond à un principe de précaution : il y a un risque que la transmission aéroportée existe, y compris hors des hôpitaux ou des laboratoires (où elle a été documentée).

Vous nous avez aussi demandé Le port du masque à l’extérieur est-il utile ?

Mise en garde de scientifiques

Au début du mois de juillet, 239 scientifiques d’une trentaine de pays mettent en garde sur la diffusion par aérosols du virus. S’adressant aux institutions de santé internationales (notamment l’OMS) et nationales, ils préconisent une grande vigilance concernant la transmission du virus par des microgouttelettes : «Certes, la transmission par aérosols du Sars-CoV-2 n’est pas encore universellement reconnue ; mais, selon notre évaluation collective, il y a suffisamment de preuves pour que le principe de précaution doive s’appliquer. Afin de contrôler la pandémie, en attendant la possibilité d’une vaccination, toutes les voies de transmission doivent être coupées.»

Plusieurs articles ou tribunes ont été consacrés à l’impact de cette publication sur les autorités (en français, en anglais). En France, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a sollicité le Haut Conseil de la santé publique. Le HCSP s’était déjà exprimé sur le sujet dans un avis publié le 8 avril (et dans une moindre mesure dans un avis publié le 24 avril).

Dans ce texte d’avril, on lisait notamment : «La transmission par aérosol est biologiquement plausible lorsque (1) des aérosols infectieux sont générés par ou à partir d’une personne infectieuse, (2) l’agent pathogène reste viable dans l’environnement pendant un certain temps et (3) les tissus cibles dans lesquels l’agent pathogène déclenche l’infection sont accessibles à l’aérosol. […] Pour le Sars-CoV, le niveau de preuve pour la transmission d’aérosols indique que les preuves pour les conditions 1 et 3 sont modérées et fortes pour la condition 2.»

CheckNews faisait aussi un point sur l’état de la science concernant l’aérosolisation au début du mois d’avril. Dans un article publié en mai sur la circulation (ou non) du nouveau coronavirus dans les climatisations, nous écrivions aussi : «Bien qu’il soit possible que des plus petites particules virales restent en suspension dans l’air (on parle alors d’aérosol), une infection nécessite qu’un nombre suffisamment important d’exemplaires actifs du virus pénètre dans l’organisme : c’est la dose infectante. Dans l’immense majorité des situations, le vent, les courants d’air, la ventilation, fait diminuer la concentration de virus dans l’air, ce qui abaisse très sensiblement le risque d’infection. Un risque plus important semble en revanche exister dans les situations de soins intensifs, dans les locaux où les soignants ôtent leurs protections et les toilettes des hôpitaux.»

Avis du Haut Conseil de la santé publique

Après demande du DGS, le HCSP a donc produit un nouvel avis, daté du 23 juillet : «Sars-CoV-2 : actualisation des connaissances sur la transmission du virus par aérosols.» Conclusion ? «Le HCSP considère qu’après actualisation des données de la littérature, une transmission aéroportée du virus Sars-CoV-2 doit être envisagée dans les espaces clos, notamment mal aérés et insuffisamment ventilés, et dans les rassemblements en extérieur.» Et d’enjoindre le public à porter un masque «dans tous les lieux clos publics et privés collectifs ainsi qu’en cas de rassemblement avec une forte densité de personnes en extérieur afin de limiter l’émission de particules respiratoires.»

Plus précisément, le Haut Conseil cite plusieurs études scientifiques publiées au cours des dernières semaines sur le sujet. L’une, parue début avril dans Nature conclut que «la transmission par aérosol est un mode de transmission potentiel des coronavirus, comme de la grippe et des rhinovirus». Les résultats d’une autre, publiée en juin 2020 à partir d’expériences en laboratoire, suggèrent que l’«infectivité et l’intégrité virionique [du Sars-CoV-2] se maintiennent jusqu’à seize heures dans des aérosols de taille respirable».

Le HCSP se réfère également à une revue de littérature émise par le Centre de collaboration nationale en santé environnementale canadien (financé par l’Agence de santé publique du Canada) au sujet des «risques et précautions associés à la Covid-19» dans le cadre du chant choral. Le CCNSEA relève notamment que «de plus en plus, on croit que la transmission par de petites gouttelettes ou par des aérosols produits lors de la parole, du chant, des cris ou de la respiration serait une voie de contagion importante. […] La transmission par aérosols pourrait se produire dans des contextes où les particules s’accumulent dans des pièces fermées non ventilées où de nombreuses personnes sont rassemblées pendant une longue période». S’ensuivent, dans l’avis du HCSP, quelques études de cas qui ont «décrit la survenue de contaminations par le virus Sars-CoV-2 de personnes rassemblées dans des espaces clos».

En laboratoire, en hôpital, en général

Dans cet avis, le HCSP recense donc des études qui vont dans le même sens : une transmission aéroportée du Sars-CoV-2 est possible. Mais elle n’est pas possible dans les mêmes proportions, selon les situations.

Ainsi, le Haut Conseil écrit «prendre en compte» deux éléments. D’abord, la lettre ouverte des scientifiques évoquée au début de l’article. Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail permanent Covid-19 du HCSP nous fait remarquer que cette lettre a été écrite par des physiciens, «qui estiment que la dichotomie entre gouttelette et microgouttelette [aérosol] n’est pas pertinente, pour eux tout est aérosol». Qui plus est, poursuit le chef du Service de bactériologie – hygiène hospitalière du CHU de Nantes : ces physiciens «s’appuient sur des modélisations, par exemple en laboratoire, qui ont pour certaines laissé penser que le virus pouvait circuler sous forme d’aérosols».

Deuxième élément considéré par le HCSP pour son avis de cet été : une prise de position du début du mois de juillet de l’OMS. Elle est lisible en intégralité (et en anglais), ou sous une forme résumée (en anglais), nous indique l’Organisation mondiale de la Santé.

«Le virus se transmet-il par aérosols ?» s’interroge l’OMS, qui distingue deux cas de figure. D’une part, en milieu de soins : «Certaines procédures médicales peuvent produire de très petites gouttelettes qui peuvent rester en suspension dans l’air pendant de plus longues périodes [par exemple une intubation ou une extubation]. Lorsque de telles procédures médicales sont effectuées sur des personnes infectées par le Covid-19 dans des établissements de santé, ces aérosols peuvent contenir le virus Covid-19. Ces aérosols peuvent potentiellement être inhalés par d’autres personnes si elles ne portent pas l’équipement de protection individuelle approprié.»

Autre cas de figure, en population générale (hors des hôpitaux) : «Des cas de Covid-19 ont été signalés dans certains lieux fermés, tels que des restaurants, des boîtes de nuit, des lieux de culte ou des lieux de travail où les gens peuvent crier, parler ou chanter. Dans ces cas, la transmission par aérosol, en particulier dans ces lieux fermés où il y a des espaces surpeuplés et insuffisamment ventilés où les personnes infectées passent de longues périodes avec d’autres personnes, ne peut être exclue.» Et l’OMS d’insister (à l’instar du HCSP) : «Des études supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour étudier ces cas et évaluer leur importance pour la transmission de Covid-19.»

Au lendemain de la publication de cet article paraissait une étude de cas dans le Journal of the American Medical Association (Jama). Elle se résume ainsi : «128 personnes ont pris deux bus et assisté à un événement religieux en Chine orientale. Celles qui ont pris un bus avec recirculation d’air et avec un patient atteint de Covid-19 avaient un risque accru d’infection par le Sars-CoV-2 par rapport à celles qui ont pris un autre bus. La transmission par voie aérienne peut expliquer en partie le risque accru d’infection.»

Moins contagieux que la varicelle

«Il n’y a jamais qu’un mode de transmission d’un virus, rappelle Didier Lepelletier, mais il y a toujours un mode préférentiel.» Il peut être manuporté, ou aérien par exemple. Et parmi les modes de transmission aérienne, il y a donc, schématiquement, les gouttelettes et les aérosols. Dans l’état actuel des connaissances (et depuis plusieurs semaines), «les gouttelettes sont un mode de transmission préférentiel par rapport aux aérosols», observe le membre du HCSP.

Plusieurs scientifiques contactés estiment que si les aérosols étaient le vecteur principal du Sars-CoV-2, le R0 (nombre de reproduction initiale) serait beaucoup plus élevé. Comme il est, par exemple, pour la tuberculose pulmonaire ou la varicelle (qui se transmettent par aérosol). Dont le R0 fluctue autour de 10 (soit beaucoup plus que pour le Covid-19).

Dans une récente étude publiée dans le British Medical Journal, les auteurs constatent que le risque qu’une personne sans symptôme (mais qui peut par exemple émettre des aérosols juste en respirant ou en parlant) contamine son entourage dépend à la fois de la densité de personnes, de leur activité et de la ventilation. Cela rejoint ce qu’exprimait le Haut Conseil dans son avis du 23 juillet, selon lequel que «trois conditions favorables sont à retenir concernant la transmission du virus : les conditions de ventilation et de flux d’air ; les conditions de l’atmosphère (basse température, humidité) ; les activités et efforts physiques pratiqués au sein des espaces clos».

Notons que ni le HCSP, ni l’OMS (ni les signataires de la tribune citées plus haut) ne recommandent explicitement le port du masque hors de ces situations (par exemple en général, dans la rue). Reste que les spécialistes de ces sujets aimeraient voir les études se développer pour mieux cerner les modes de transmission de ce virus.

En résumé : les aérosols ne semblent pas être le mode de transmission préférentiel sur Sars-CoV-2. Toutefois, certaines observations en hôpital ou dans des laboratoires laissent penser qu’il peut y avoir une transmission aéroportée, sans qu’il n’y ait de consensus sur le risque ou la probabilité qu’elle survienne. En population générale, il n’y a pas de preuves ni de mesure scientifique du risque de transmission aéroportée, mais ce risque est probable selon la communauté scientifique, et il est d’autant plus important dans des milieux mal aérés ou en extérieur cas de grands rassemblements. D’où une incitation, dans ces conditions, à porter le masque en milieu clos, au titre du principe de précaution.

Edit le 2 août : ajoute mention de l’étude parue dans le Jama

 


Fabien Leboucq

 

 

Source: (1) Covid-19 : que sait-on aujourd’hui de la transmission du virus par aérosols dans les espaces clos ? – Libération

La chloroquine, la trottinette et le chien d’Emmanuel Macron dans une revue scientifique

La chloroquine, la trottinette et le chien d’Emmanuel Macron dans une revue scientifique

Des chercheurs français et suisses ont réussi à publier dans une revue indienne une étude totalement loufoque sur l’hydroxychloroquine et les accidents de trottinette. Un canular pour dénoncer les revues scientifiques peu scrupuleuses.

Lecture en 3 min.

La chloroquine, la trottinette et le chien d’Emmanuel Macron dans une revue scientifique 

Les chercheurs expliquent avoir eu recours à des amis et à leur famille pour constituer deux groupes de volontaires, dont l’un a reçu de l’ hydroxychloroquine et un antibiotique.
GEORGE FREY/AFP

L’hydroxychloroquine, la « solution » pour réduire le nombre d’accidents mortels de trottinettes ? Telle est la thèse-canular défendue par des chercheurs français et suisses dans un article paru le 15 août dans la revue indienne Asian Journal of Medicine and Health. Les auteurs y affirment que ce traitement, qui fait tant parler de lui depuis le début de l’épidémie de Covid-19, doit être prescrit de manière massive et urgente à tous les usagers de trottinettes. « Ceci sauvera des millions de vies dans le monde (…). Nous avons reçu le Président de la République afin de discuter de nos résultats en avant-première et il était enthousiaste », précisent les auteurs parmi lesquels on trouve un certain « Didier Lembrouille » ainsi que Némo Macron, le chien du chef de l’État.

« Publier dans une revue n’est forcément pas un gage de sérieux »

Dès le 16 août, la revue a retiré l’article. Après avoir réalisé qu’elle avait été piégée par une bande de joyeux plaisantins qui, avec ce canular, souhaitent dénoncer les revues « prédatrices » dans lesquelles sont parfois publiés des articles de très mauvaise qualité. « Cela confirme que publier dans une revue internationale n’est forcément pas un gage de sérieux et de crédibilité », souligne le docteur Michaël Rochoy, généraliste et co-auteur de cette facétie. « On a pu mesurer l’importance de ces revues « prédatrices » lors de l’épidémie de Covid durant laquelle on a assisté à une véritable « course » à la publication d’études parfois très contestables », ajoute Hervé Maisonneuve, médecin de santé publique et animateur d’un blog scientifique.

L’article sur les trottinettes a été rédigé en juillet par deux médecins, un doctorant en biochimie et un philosophe. Avec un parti pris d’emblée : truffer le texte de données aussi délirantes que loufoques pour voir s’il serait réellement relu avant parution. En introduction, les auteurs précisent ainsi que des études, « publiées sur YouTube », ont mis en garde contre les dangers des trottinettes. Ensuite, ils mettent en évidence les similarités « évidentes » entre le Covid-19 et les accidents de trottinettes. « Les deux peuvent avoir des conséquences mortelles suite auxquelles le patient peut même décéder », précisent les auteurs après avoir fait l’hypothèse que l’hydroxychloroquine est « la solution à tous les problèmes dans le monde », pouvant même être appliquée « au problème israélo-palestinien ».

« Une pente à 45° se finissant par un mur de briques ».

Les chercheurs expliquent avoir eu recours à des amis et à leur famille pour constituer deux groupes de volontaires, dont l’un a reçu de l’ hydroxychloroquine et un antibiotique. « Les participants des deux groupes ont été invités à descendre en trottinette une pente à 45° se finissant par un mur de briques. Il leur a été demandé d’aller aussi vite que possible et de freiner au dernier moment avant de percuter le mur », écrivent les auteurs. Avant de préciser que, dans le groupe contrôle, deux des quatre participants sont morts.

→ À LIRE. Covid-19, la course à la communication

Ensuite, les auteurs expliquent avoir souhaité mesurer le niveau de saturation en oxygène des participants décédés. « Nous n’avons pas obtenu d’autorisation officielle pour déterrer les corps des participants décédés ; nous avons essayé d’aller les déterrer malgré tout, mais le gardien du cimetière avait perdu le registre des tombes, et malheureusement nous n’avions pas le matériel nécessaire pour plusieurs profanations à l’aveugle », indiquent les auteurs avant d’apporter des précisions sur la nature exacte de la contribution de Némo Macron, signataire de l’article. « L’auteur NM a dit “waouf” quand les auteurs commençaient à douter (les doutes sont fréquents en science, ne les laissez pas vous avoir) », souligne l’article

« C’était lunaire »

La suite ? Fin juillet, les auteurs envoient le texte à Asian Journal of Medicine and Health. « Très vite, ils nous ont demandé de payer pour que l’article soit publié. Le prix de base était de 55 dollars mais on a pris l’offre « publication rapide » pour 30 dollars de plus. Au total, cela nous a coûté 77 € », précise le docteur Rochoy, sidéré par la « relecture » de l’article. « Ils ont désigné 3 relecteurs scientifiques qui, par mail, ne nous ont posé que des questions sur des aspects mineurs. C’était lunaire. Un des relecteurs a quand même estimé que l’article ne devait pas être publié mais son avis n’a pas été pris en compte », poursuit le médecin.

→ EXPLICATION. Des résultats divergents sur l’efficacité d’un antiviral contre le Covid-19

L’histoire met en lumière les dérives de la publication scientifique. « Tout est né d’un mouvement amorcé au début des années 2000 pour que l’information soit disponible gratuitement pour le plus grand nombre. Cela est venu bousculer le modèle des grandes revues qui jusque-là publiaient uniquement des articles en accès payant, réservé à leurs abonnés, explique Hervé Maisonneuve. Ces revues, y compris les plus prestigieuses, ont alors commencé à changer de modèle économique en demandant à certains auteurs de payer s’ils voulaient que leurs articles soient en accès libre. »

Aujourd’hui, les revues sérieuses continuent d’avoir des articles réservés aux abonnés mais aussi de plus en plus en accès libre. « On est passé du modèle lecteur-payeur au modèle auteur-payeur, ajoute Hervé Maisonneuve. Cela a incité certaines personnes, notamment en Inde, à créer ces revues prédatrices, dont le but est uniquement de publier le plus grand nombre de papiers. Sans se soucier de leur qualité. »

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 Source: La chloroquine, la trottinette et le chien d’Emmanuel Macron dans une revue scientifique

Coronavirus: les masques, une arme pour prévenir la deuxième vague

Le port d’une protection faciale reste essentiel pour contrer l’épidémie. À condition que certaines mesures soient bien respectées.

Des tests effectués sur la solidité des masques dans le pôle mécanique du laboratoire national de métrologie et d’essais à Trappes. SEBASTIEN SORIANO/Le Figaro

À mesure que la France lève progressivement les restrictions, le port du masque sera, avec le lavage des mains, le maintien des distances physiques et l’aération des pièces fermées, essentiel pour freiner la course du virus. Le temps des controverses sur l’utilité de ce dispositif semble dépassé. Le 5 juin, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé son emploi dans les régions où le virus circule, «dans le cadre d’une stratégie globale», dans les magasins, les transports publics et autres environnements peuplés ou confinés. Bien que son bénéfice soit difficile à quantifier, plusieurs études récentes laissent penser qu’une utilisation large du masque réduit de manière significative la transmission du Covid-19.

Un modèle mathématique mis au point par des chercheurs de l’université de Cambridge suggère ainsi que le port du masque pourrait contribuer de façon «majeure» à la réduction du taux de reproduction du virus (le nombre de personnes contaminées en moyenne par un individu infecté). Lorsque ce taux est inférieur à 1, l’épidémie cesse de progresser.

L’étude, publiée le 10 juin dans la revue Proceedings of the Royal Society, met cependant en lumière les conditions à respecter pour que la protection faciale contribue à endiguer l’épidémie. Le masque doit avoir une bonne capacité de filtration, et être porté par une très large majorité de la population. Le bénéfice disparaît si son usage est limité aux personnes déjà malades. «Cette protection n’est utile que si elle est portée par tout le monde, car les individus infectés sont contagieux environ deux jours avant de présenter des symptômes», remarque le Pr Didier Lepelletier, chef de service au CHU de Nantes et auteur de plusieurs avis du Haut Conseil de la santé publique sur le sujet.

À VOIR AUSSI – Covid-19: l’OMS recommande le port du masque dans les lieux très fréquentés des zones les plus touchées

Covid-19: l?OMS recommande le port du masque dans les lieux très fréquentés des zones les plus touchées – Regarder sur Figaro Live

Avec un autre modèle, l’équipe de Cambridge observe que le port du masque, même lorsqu’il intervient après la première période de confinement, pourrait réduire le risque de survenue d’une seconde vague. «Bien que certains paramètres importants n’aient pas été pris en compte par les scientifiques, leur travail offre un bon cadre de réflexion, et confirme certaines intuitions, commente Hélène Arduin, chercheuse au CNRS, spécialisée dans la modélisation des maladies infectieuses. L’étude illustre aussi la nécessité d’avoir plus d’informations sur la manière dont le virus se propage et survit dans l’environnement.»

 

Aucune étude scientifique en population générale n’a montré que le masque peut être un élément favorisant la contagion s’il est mal porté et il est contre-productif de créer une psychose autour de son utilisation

Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste et cofondateur du site stop-postillons.fr

Le coronavirus se transmet de personne à personne, lors de contacts rapprochés, par des gouttelettes de salive, des éternuements ou des crachats. Une contamination par aérosols dans l’air n’est pas exclue, mais elle n’a pas été démontrée. «Le masque a un effet mécanique incontestable, souligne le Dr Michaël Rochoy, médecin généraliste et cofondateur du site stop-postillons.fr qui en promeut l’usage par la population. Il limite la dispersion des gouttelettes émises par un individu infecté. Chez le sujet sain, il réduit le nombre et la taille des particules virales inhalées.»

Un examen récent de la littérature scientifique portant sur différents virus respiratoires confirme la réduction importante du risque d’infection associée au port du masque, mais aussi aux visières protégeant les yeux et au maintien d’une distance d’un mètre. L’étude a été publiée le 1er juin dans la revue The Lancet. «La protection est plus forte avec les masques FFP2 et chirurgicaux, qui devraient être réservés aux soignants et aux personnes fragiles, mais elle est aussi observée avec les masques en tissu réutilisables portant la norme AFNOR», précise le Pr Lepelletier.

Pour être le plus efficace possible, le masque doit être porté sous le menton et sur le nez, en resserrant la barrette rigide. L’OMS recommande par ailleurs de ne pas toucher son masque de manière répétée, et de ne pas le mettre ou le retirer sans se laver les mains. «Cela dit, aucune étude scientifique en population générale n’a montré que le masque peut être un élément favorisant la contagion s’il est mal porté, souligne le Dr Rochoy, et il est contre-productif de créer une psychose autour de son utilisation. Plus ce dispositif sera adopté par nos concitoyens, plus forte sera notre protection collective.»

 Source: Coronavirus: les masques, une arme pour prévenir la deuxième vague

Quelle est la durée de vie du postillon, arme fatale du coronavirus ?

Comme pour la grippe ou le rhume, les postillons sont le vecteur privilégié de transmission d’Homme à Homme du SARS-CoV-2, le coronavirus responsable de la maladie Covid-19. Ainsi, une personne saine peut être infectée par inhalation de microgouttelettes lorsque qu’un individu, porteur du virus, tousse ou parle. Mais que savons-nous de la durée de vie des postillons dans l’air ou sur une surface ?

Chaque virus a ses propres caractéristiques de transmission, qu’on peut diviser en trois grandes catégories, rappelle François Renaud, biologiste de l’évolution des maladies infectieuses : la transmission vectorielle, qui a besoin d’un vecteur, comme le moustique pour infecter (chikungunya, zika…), par contact avec les fluides humains, comme le VIH ou Ebola, et par voie aérienne et postillons, comme la rougeole, la grippe, les rhumes et le SARS-CoV-2, le virus responsable de la maladie Covid-19.

Cette dernière catégorie est « la plus difficile à contrôler », souligne auprès de l’AFP ce chercheur du CNRS au laboratoire des maladies infectieuses de Montpellier (sud-est de la France). Le SARS-CoV-2 est un filament d’ARN encapsulé qui entre dans une cellule pour s’y reproduire, et en contaminer d’autres. Il vient ensuite coloniser les cellules des voies respiratoires, sa cible privilégiée, au sein desquelles il produit des virions, particules virales infectieuses.

Les portes d’entrée et de sortie du virus

Lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, elle « expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs des virions conçus au sein du système respiratoire », explique le biologiste. Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide (mucus) de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons – en moindre quantité mais potentiellement contagieux aussi, précise Christophe Bécavin, spécialiste des mécanismes d’entrée du virus dans l’organisme. Une personne saine va donc s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé.

Une seul postillon peut-il suffire à infecter ?

« La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale, ce sont les muqueuses de la bouche et du nez », résume Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France. Il peut aussi pénétrer par les yeux. Le Covid-19 peut également se contracter par « manuportage » : lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, « elle y laisse une charge virale un certain temps », précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses. Un seul postillon peut-il suffire à infecter ? « On ne sait pas, car on ignore encore quelle est la charge minimum pour attraper le Covid-19 », développe Christophe Bécavin, chercheur du CNRS à l’Institut de pharmacologie moléculaire. De même, si un postillon atterrit sur une surface, celle-ci sera infectée plus ou moins longtemps en fonction du matériau car la « qualité » du virus contenu dans la gouttelette diminue avec le temps. La charge virale dépend notamment « de la quantité de virus que vous avez en vous, or nous sommes tous différents par rapport à cette maladie », ajoute François Renaud.

Un postillon est de l’eau qui reste, grâce à la tension superficielle de l’eau, dans son état de goutte, à l’intérieur de laquelle le virus est piégé. La gouttelette commence à retomber par terre « au bout d’un à deux mètres, en moyenne, du fait de la gravité », observe Christophe Bécavin. D’où les mesures de distanciation sociale.

Une transmission par aérosol est-elle possible ?

Mais une grande inconnue demeure : le virus peut-il survivre en aérosol, dans des gouttes plus petites (moins de 5 micromètres), voire quand l’eau s’est évaporée ? Et donc rester actif en suspension dans l’air, comme c’est le cas notamment de la rougeole ? Auquel cas on ne serait plus protégés par la gravité, et on pourrait se contaminer rien qu’en passant dans une pièce où un malade a toussé quelques heures avant…

La question de la présence du virus dans les aérosols est primordiale

Les Académies américaines des sciences ont récemment fait part d’informations faisant pencher la balance en faveur d’une transmission du virus par des bioaérosols, et non plus seulement par les gouttelettes projetées directement sur le visage ou des surfaces. Dans une étude, des chercheurs de l’université du Nebraska ont notamment retrouvé des portions du code génétique du virus dans l’air expulsé par des malades Covid-19. « Ils ont trouvé de l’ARN de virus au bout de deux heures. On ne sait pas en revanche s’il était encore infectieux. Cette question de la présence du virus dans les aérosols est primordiale, cela voudrait dire qu’il flotterait dans l’air et sortirait même par le nez ; il faut attendre d’autres études scientifiques pour le savoir », souligne Christophe Bécavin.

Le port du masque recommandé

Par précaution, de nombreux médecins, ainsi que l’Académie de médecine, recommandent le port généralisé du masque couvrant la bouche ET le nez. « Il faut partir de l’hypothèse la plus défavorable », plaide le Dr Rochoy, co-initiateur du collectif « Stop postillons ». « Car même confinés, les gens sortent faire leurs courses, ils se parlent et il ne leur est pas toujours possible de respecter les distances. Les écrans antipostillons (masques et visières) permettent de retenir les gouttelettes ; le virus va rester à l’intérieur et protéger les autres », explique ce généraliste.

« Si tout le monde en porte, c’est un effet de masse qui crée un système barrière pour couper les missiles que nous envoie ce virus », contre lequel il n’existe ni traitement ni vaccin, conclut François Renaud.

Intéressé par ce que vous venez de lire ?

Source: Quelle est la durée de vie du postillon, arme fatale du coronavirus ?

Coronavirus : le postillon, vecteur principal de transmission

Chaque virus a ses propres caractéristiques de transmission. Ces dernières se divisent en trois catégories, selon François Renaud, biologiste de l’évolution des maladies infectieuses. Le coronavirus, au même titre que la grippe ou la rougeole, se transmet par voies aériennes et postillons. Cette catégorie est malheureusement la plus “difficile à contrôler”.

Lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, elle “expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs des virions conçus au sein du système respiratoire“, et qui peuvent le transmettre, explique le biologiste.

Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons – en moindre quantité mais potentiellement contagieux aussi, précise Christophe Bécavin, spécialiste des mécanismes d’entrée du virus dans l’organisme.

La porte de sortie du virus, c’est la bouche

Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France

Une personne saine va donc s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé. “La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale, ce sont les muqueuses de la bouche et du nez“, résume Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France. Il peut aussi pénétrer par les yeux.

Le Covid-19 peut également se contracter par “manuportage”, soit lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, “elle y laisse une charge virale un certain temps”, précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses.

Un seul postillon peut-il suffire à infecter ? “On ne sait pas, car on ignore encore quelle est la charge minimum pour attraper le Covid-19“, explique Christophe Bécavin. La charge virale dépend notamment “de la quantité de virus que vous avez en vous, or nous sommes tous différents par rapport à cette maladie”, ajoute François Renaud.

La gouttelette du postillon commence à retomber par terre “au bout d’un à deux mètres, en moyenne, du fait de la gravité”, observe Christophe Bécavin. D’où les mesures de distanciation sociale.

Le virus peut-il survivre dans l’air ?

Mais une grande inconnue demeure: le virus peut-il survivre en aérosol, dans des gouttes plus petites (moins de 5 micromètres), voire quand l’eau s’est évaporée ? Et donc rester actif en suspension dans l’air, comme c’est le cas notamment de la rougeole ? Auquel cas on ne serait plus protégé par la gravité, et on pourrait se contaminer rien qu’en passant dans une pièce où un malade a toussé quelques heures avant.

Certaines études américaines et canadiennes montrent que oui, mais, pour Christophe Bécavin, “on ne sait pas en revanche s’il était encore infectieux”. Cette question de la présence du virus dans les aérosols est primordiale, cela voudrait dire qu’il flotterait dans l’air et sortirait même par le nez; il faut attendre d’autres études scientifiques pour le savoir“, souligne-t-il.

Par précaution, de nombreux médecins, ainsi que l’Académie de médecine,  recommandent le port généralisé du masque couvrant la bouche et le nez.

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Source: Coronavirus : le postillon, vecteur principal de transmission