“Tenir 4 à 6 semaines” : comment Emmanuel Macron s’est trompé il y a un mois

Un objectif qui était impossible à atteindre dès qu’il a été prononcé, selon plusieurs scientifiques.

“Tenir encore 4 à 6 semaines”. Le 1er mars dernier, Emmanuel Macron exhortait les Français à tenir encore avant un assouplissement des restrictions prises pour lutter contre le Covid-19. Quatre semaines plus tard, la situation sanitaire s’est fortement dégradée.

On recense 794 000 cas recensés de Covid supplémentaires depuis le 1er mars, 4974 lits de réanimation sont aujourd’hui occupés par des patients Covid contre 3544 le 1er mars, et plus 8 000 victimes supplémentaires du Covid sont à déplorer, selon les chiffres officiels.

“Ça n’avait aucune chance d’avoir lieu”

Alors qu’Emmanuel Macron évoquait un assouplissement des mesures au terme de 4 à 6 semaines, soit au plus tard d’ici à la mi-avril, la tendance est plutôt à un durcissement des mesures voire à un confinement strict, alors que la président pourrait s’exprimer dans les prochains jours.

“Je ne comprends pas sur quoi il s’est basé pour dire qu’il restait 4 à 6 semaines à tenir avant d’assouplir les mesures. Ça n’avait aucune chance d’avoir lieu avec les mesures qui en place au 1er mars”, s’interroge l’épidémiologiste Catherine Hill.

VIDÉO – Covid : Macron demande de “tenir” encore “4 à 6 semaines” avant des assouplissements

“La situation ne pouvait que se détériorer avec de telles mesures”

Au 1er mars, l’ensemble du pays était soumis à un couvre-feu à 18 heures. En revanche, il n’existait aucune restriction de déplacement en journée et l’ensemble des commerces était ouvert, à l’exception des restaurants, bars, boites de nuit et salles de sport. Deux tiers des lycées fonctionnaient en demie jauge, un dispositif depuis étendu à tous les établissements de départements “reconfinés” et le télétravail obligatoire avait été allégé.

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“Avec de telles mesures, la situation ne pouvait que se détériorer. Si le 1er mars Emmanuel Macron avait accompagné l’objectif de 4 à 6 semaines d’efforts d’un confinement strict, on aurait certainement pu assouplir les mesures au bout de cette échéance, voire avant”, estime de son côté Michaël Rochoy, docteur en épidémiologie.

“Il fallait agir dès janvier pour un printemps avec moins de restrictions”

Dès la fin janvier, plusieurs épidémiologistes alertaient une situation très compliquée dans les hôpitaux à partir de la mi-mars, en raison de l’impact grandissant du variant britannique, si aucune mesure supplémentaire n’était prise.

“Pour avoir un printemps plus acceptable en terme de restrictions, il fallait agir beaucoup plus tôt, dès janvier, en confinant strictement et en testant massivement la population pour casser les chaines de contamination. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas on teste n’importe comment”, déplore Catherine Hill

“On a proposé des mesures, mais rien n’a été fait”

Un confinement strict qui aurait même pu être évité, en agissant plus en amont. “Il y avait des leviers à actionner dès janvier, qui auraient pu suffire à éviter la situation actuelle : fusionner les vacances scolaires d’hiver des zones en un seul bloc de quatre semaines, le télétravail massif, un protocole renforcé dans les cantines scolaires et d’entreprise, la fermeture des classes dès le 1er cas au lieu d’attendre 3 cas. On a proposé des mesures, mais rien n’a été fait”, regrette Michaël Rochoy, également membre du collectif Du côté de la science.

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“Au lieu de prendre ces mesures pour éviter un confinement, on a même allégé le télétravail”, rappelle le docteur en épidémiologie. Le 7 janvier Elizabeth Borne mettait en place un “léger assouplissement” du télétravail en permettant aux salariés qui le souhaitent de revenir un jour par semaine en présentiel. Une mesure qui inquiétait déjà les médecins lorsqu’elle avait été annoncée. Selon une étude de l’institut Pasteur, mise à jour en mars et citée par Jean Castex, 27% des contaminations détectées ont lieu au travail, contre 29% en décembre dernier.

Le confinement semble devenu inévitable

Emmanuel Macron pourrait prendre la parole dans les prochains jours selon plusieurs médias, qui citent des conseillers du président. “Si Emmanuel Macron annonce de nouveau 4 à 6 semaines d’efforts avant un assouplissement des mesures, avec un confinement strict, il faudra revoir certains points pour que la mesure soit pleinement efficace. Si les écoles sont fermées, il faudra revoir la liste des commerces jugés essentiels pour y limiter le brassage car elle est beaucoup plus large aujourd’hui”, estime Michaël Rochoy, qui juge un confinement strict indispensable pour maîtriser rapidement la situation.

Lors du confinement strict du printemps 2020, qui s’était accompagné d’une fermeture des écoles, certains établissements étaient restés ouverts pour accueillir les enfants dont les parents occupaient une profession jugée essentielle et n’ayant pas de possibilité de garde (principalement des enfants de soignants). Aujourd’hui, Les fleuristes, les jardineries, les magasins de bricolage les cordonneries, les coiffeurs et les chocolatiers notamment sont désormais considérés essentiels.

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« La situation sanitaire dans les écoles met en danger l’ensemble de notre réponse à l’épidémie »

Tribune. L’incidence des nouveaux cas de Covid-19 a doublé chez les enfants de moins de 9 ans au cours des deux dernières semaines. Chez les 10-19 ans, elle est plus élevée que la moyenne nationale pour la dixième semaine consécutive. Oui, les enfants sont contaminés par le coronavirus quand ils y sont exposés. Et ce au prorata de l’augmentation de la circulation du virus liée au variant anglais.

Oui, ils sont ensuite contagieux au sein de leur foyer familial, et constituent un risque pour leurs parents et leurs grands-parents : toutes les publications scientifiques l’affirment de façon nette, même celles sur lesquelles se fondent ceux qui s’entêtent à nier ou minimiser la réalité du risque. Il n’y a donc pas de « cacophonie scientifique » sur ce point. Le consensus en la matière est clair.

Persistance du déni

Premièrement, les enfants et les adolescents sont susceptibles de s’infecter, puis de transmettre, quand ils sont exposés. Et exposés, ils le sont, à l’école, malgré le port du masque. Les cantines, bien sûr, mais aussi les classes de nos établissements scolaires sont des lieux à risque de transmission du virus. La circulation virale y est importante, la fréquentation des espaces est dense et prolongée, l’aération insuffisante.

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Deuxièmement, le système de surveillance et d’alerte existant ne répond absolument pas aux standards de fiabilité établis, et ne permet donc pas un pilotage réactif : le dépistage est insuffisant (0,03 test par enfant du primaire la semaine dernière), aucun effort n’est fait pour le rendre exhaustif là où il est conduit, les remontées sont opaques, il n’y a pas d’échantillon aléatoire d’élèves permettant un suivi non biaisé. Tester, tracer, isoler : à l’école, le compte n’y est pas.

Troisièmement, cette situation met en danger l’ensemble de notre réponse à l’épidémie ; elle constitue, selon le mot de l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique du gouvernement, un « talon d’Achille » dont les conséquences ébranlent aujourd’hui la société tout entière. Et ce talon d’Achille, les mesures les plus récentes le renforcent !

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La décision du 18 mars d’autoriser à nouveau les cours d’éducation physique et sportive en intérieur révèle la persistance du déni. Certes, les fermetures de classe au premier cas sont une avancée positive récente, mais pourquoi les limiter aux dix-neuf départements sous restrictions renforcées ?

Structurer une réponse adaptée

Face à ces réalités, nous, acteurs de la société civile, scientifiques et médecins, nous avons alerté les autorités depuis plusieurs mois. Nous savions que l’euphémisation, voire le déni du risque nous conduiraient au pied du mur. Nos réanimateurs (voir la tribune du Monde datée du 28 mars) nous le disent à présent : nous y sommes !

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Source: « La situation sanitaire dans les écoles met en danger l’ensemble de notre réponse à l’épidémie »

Covid-19, mieux protéger l’école de la République

Covid-19, mieux protéger l’école de la République

Tribune

Elisa Zeno, ingénieur de recherche, avec le collectif « École et familles oubliées » et le collectif « Du côté de la science » (1). Les signataires demandent des mesures immédiates de « sécurisation de l’école ».

Lecture en 3 min.

Covid-19, mieux protéger l’école de la République 

Tests salivaires dans une école de Roubaix, le 25 mars 2021.
Thierry THOREL/PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

L’école des enfants de la République doit être sécurisée vis-à-vis du risque de transmission du coronavirus. Le bénéfice de l’enseignement en présentiel mérite que le risque infectieux soit minimisé par des mesures de prévention à la hauteur des enjeux.

→ DOSSIER. Le confinement en France

Mais si l’école a un rôle fondamental dans la formation et l’éducation des enfants, elle est aussi un lieu collectif où le virus circule au moins autant que dans le reste de la société si ce n’est plus. Les enfants se contaminent par le Sars-CoV-2, développent le Covid-19 et contaminent les autres enfants et les membres de leurs foyers, en véhiculant ainsi le virus à la société tout entière.

Le nombre d’enfants positifs sous-estimés

En France près d’un demi-million d’enfants et adolescents ont été testés positifs depuis le déconfinement, dont plus de 95 % depuis la rentrée scolaire de septembre. Un nombre sûrement très sous-estimé, compte tenu de la forte proportion des formes asymptomatiques chez les enfants et du sous-dépistage pour ces tranches d’âge. Selon les données d’autres pays, entre 10 à 15 %, et jusqu’à 30 %, d’enfants infectés développent des symptômes persistants ou « Covid longs », qui peuvent être handicapants. On ignore encore l’étendue des séquelles à long terme.

→ EXPLICATION. Covid-19 : peut-on freiner l’épidémie sans fermer les écoles ?

À l’heure où la version pédiatrique du vaccin n’est pas encore disponible, la seule option possible est la prévention de la contamination : les familles ne doivent pas avoir à choisir entre santé et scolarité. En effet, l’équilibre psychique de la communauté pédagogique, des parents et élèves est mis à rude épreuve par le manque de transparence et l’incohérence de la gestion des écoles, où les règles de sécurité sanitaire adoptées dans l’ensemble de la société ne s’appliquent pas.

L’école fait figure d’exception par l’absence de distanciation, le brassage entre les classes, le maintien de la restauration collective, et la définition différente des cas contacts et donc le non-isolement de personnes potentiellement infectées. Les valeurs de la République sont heurtées par cette rupture d’égalité, dans laquelle pourtant nos enfants doivent se construire comme futurs citoyens.

Briser les chaînes de contamination

De plus, l’école ne doit pas être associée dans l’esprit des enfants au risque de tomber malade ou de pouvoir contaminer ses proches, alors qu’elle est le lieu où ils sont censés grandir et s’épanouir, apprendre à vivre ensemble.

Enfin, le rôle de l’école dans la propagation de l’épidémie doit aussi être limité par des mesures de prévention et de surveillance visant à briser les chaînes de contamination dès leur apparition : le maintien de niveaux de circulation virale importants dans la communauté a des lourdes conséquences sanitaires et économiques que nous ne pouvons plus accepter.

La circulation du virus dans les écoles favorise l’émergence des variants et risque de compromettre la vaccination, alors qu’elle n’est même pas encore accessible à la majorité de la population, toujours exposée aux risques de formes sévères ou aux Covid longs.

Pour un pilotage par seuils

Aussi, pour les enfants de la République et leurs proches, ainsi que pour l’ensemble de la société, nous demandons des mesures de sécurisation de l’école, à effet immédiat :

● Pilotage par seuils prédéfinis à partir des taux d’incidence locaux, qui déclenchent automatiquement les modalités d’enseignement, les niveaux de distanciation et de brassage prescrits, et la jauge dans les classes et la cantine.

Pour assurer un enseignement sécurisé en présence :

● Mesures d’atténuation efficaces dans les écoles : détecteurs de CO2 dans tous les locaux afin de mesurer le niveau de renouvellement de l’air dans les classes, purificateurs d’air dans toutes les cantines et les locaux mal ventilés, masques de type chirurgical fourni par l’État pour tous et FFP2 à disposition pour personnels et élèves fragiles, distanciation, limitation des activités à risque ;

Augmenter les tests salivaires

● Suivi épidémique : test salivaire hebdomadaire par des personnels compétents pour tous les élèves et personnels, notamment par pooling, et tests salivaires rapides pour tout élève ou personnel symptomatique ou cas contact à risque, désignation d’un référent Covid par établissement poursuivi et communication avec les familles ;

→ DÉBAT Faut-il revoir l’ordre de priorité vaccinale ?

● Communication et transparence : pédagogie à destination des enseignants, élèves et familles sur la contamination par aérosols, bilan hebdomadaire destiné aux familles et personnels sur l’épidémie dans l’établissement (cas confirmés, suspects et contacts), données en open data sur le nombre et les résultats des tests dans chaque établissement ;

● Vaccination des personnels volontaires au plus vite.

Le choix de l’enseignement à distance

Pour assurer une continuité pédagogique juste et efficace :

● Droit des familles de choisir l’enseignement à distance de manière ponctuelle s’ils considèrent que la situation sanitaire de leur école ou de leur foyer le justifie ;

● Aménagement des examens dont BTS ;

● Outils et ressources pédagogiques pour l’enseignement à distance : séquences pédagogiques clés en main, accès à des logiciels éducatifs interactifs en ligne, accès au service du Cned aux familles qui en font la demande ;

● Prise en charge sociale : fourniture sur demande aux élèves boursiers de matériel informatique et d’une connexion haut débit, proposition de repas à emporter en cas d’enseignement distanciel, aide financière pour les familles.

(1) Thierry Amouroux, Porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers SNPI ; Eric Billy, chercheur en immunologie, Strasbourg, collectif “Du Côté de la Science” ; Isabelle Boulanger, Professeur de lettres modernes, collectif “École et Familles Oubliées” ; Benoît Bourges, économiste ; Matthieu Calafiore, Médecin généraliste, directeur du département de médecine générale de Lille, collectif “Du Côté de la Science” ; Julien Cahon, enseignant-chercheur, spécialiste des politiques éducatives ; Marion Damuni, Chargée de Gestion, collectif “École et Familles Oubliées” ; Pr. Stéphane Dedieu, Professeur des Universités, Reims  ; Dr Corinne Depagne, Médecin pneumologue, Lyon, collectif “Du Côté de la Science” ; Dr Jérôme Marty, médecin généraliste, président de l’Union Française pour une Médecine Libre (UFMLS) ; Roland Gori, Psychanalyste, professeur honoraire de psychopathologie à Aix Marseille Université, écrivain ; Dr. Claude-Alexandre Gustave, Biologiste médical, Lyon, Mélanie Heard, Pôle Santé Terranova ; Caroline Hodak, Historienne et conseil en stratégie de communication ; Benoît Hallinger, économiste ; Dr Sophie Ioos, pharmacienne épidémiologiste ; Dr Yvon Le Flohic, Médecin généraliste, collectif médical 22 ; Christian Lehmann, médecin généraliste, écrivain ; Dr Alexis Lepetit, psychiatre, gériatre, Lyon ; Pr. Jean-Michel Loubes, Professeur des Universités, Toulouse ; Arnaud Mercier, Professeur en communication, université Paris 2 Assas ; Philippe Moreau Chevrolet, Professeur de communication politique à Sciences-Po Paris ; Valerio Motta, conseiller en communication ; Myriam Oudghiri, Médecin, collectif “École et Familles Oubliées” ; Cécile Philippe, économiste, Présidente Institut Economique Molinari ; Dr Hélène Rossinot, Médecin de santé publique, collectif “Du Côté de la Science” ; Michaël Rochoy, Médecin généraliste, Univ. Lille, collectifs “Du Côté de la Science” et “Stop-Postillons” ; Barbara Serrano, Sociologue, Université de Versailles Saint-Quentin, collectif “Du Côté de la Science” ; Marie-Jean Sauret, Psychanalyste, membre de l’Association Le Pari de Lacan, professeur émérite des universités ; Olivier Saut, Directeur de Recherche CNRS, Bordeaux ; Jacques Testart, chercheur retraité et essayiste ; Elisa Zeno, Ingénieur de Recherche, Collectif “École et Familles Oubliées” ; Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, collectif “Du côté de la Science”

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 Source: Covid-19, mieux protéger l’école de la République

Covid-19 : des chercheurs mexicains créent un masque nasal pour aller au restaurant

Objectif de ce masque : pouvoir manger et boire tout en se protégeant des infections au Covid-19. Un dispositif qui laisse perplexe.

Comment rouvrir les restaurants et bars malgré la pandémie ? Des chercheurs mexicains ont tenté de mettre au point un masque permettant de manger et boire tout en se protégeant du Covid-19. Ce dispositif, que l’on ne porte que sur le nez, vise à limiter les risques de contagion tout en permettant de boire et de manger.

Comme le montre cette vidéo de présentation, le masque nasal est conçu pour être porté sous un masque classique, que l’on enlève au moment de manger ou de boire. Le nez est ainsi recouvert pour éviter les contaminations, tandis que la bouche est découverte, permettant de boire et de manger.

Une réduction “anecdotique” de la contamination

Un concept qui laisse perplexe Michaël Rochoy, médecin généraliste et cofondateur du site stop-postillons, qui militait dès mars 2020 pour la généralisation du port du masque en population. “Je comprends l’idée qui est de dire qu’il faut mieux une protection que rien du tout, mais avec ce masque nasal la réduction du risque de contamination va être anecdotique. On sait depuis longtemps que le Covid-19 est aéroporté et qu’il se transmet principalement par la bouche”, remarque, perplexe, le médecin généraliste.

Une récente étude de l’institut Pasteur pointe du doigt “le rôle central” des repas dans les contaminations en dehors du foyer. Ce masque nasal n’a pour l’instant fait l’objet d’aucune étude, et aucune date de commercialisation n’a été évoquée par les chercheurs qui l’ont développé. “Ce type de masque ne va pas protéger contre les postillons émis lorsque quelqu’un parle au cours d’un repas par exemple. Or, c’est un moment particulièrement à risque”, relève Michaël Rochoy.

Le risque d’un “faux sentiment de protection”

“Lors d’un repas, il faut mieux enlever son masque à chaque bouchée, et le remettre ensuite plutôt que d’avoir ce masque nasal. Au moins, cela garantit une protection de la bouche, même de manière temporaire”, remarque Michaël Rochoy, qui rappelle que la seule solution pour rouvrir les restaurants de manière sécurisée est de très fortement réduire la circulation du virus.

L’hypothétique commercialisation d’un tel masque pourrait avoir un effet néfaste sur le comportement. “Le risque d’un masque comme celui-ci, plus confortable, c’est qu’il donne un faux sentiment de protection et remplace les gestes barrières plus protecteurs dans d’autres situations. On peut craindre par exemple que des gens préfèrent porter ce masque en dehors des repas plutôt qu’un masque qui couvre le nez et la bouche”. Un espoir mort-né pour les restaurateurs, mais qui a au moins l’avantage d’éviter de porter ce masque au style plutôt douteux.

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Covid-19 : le gouvernement a-t-il misé sur une immunité “hybride” ?

La France mise-t-elle sur une immunisation naturelle chez les plus jeunes en laissant circuler le virus pour renforcer l’immunité procurée par la vaccination ?

Pas de confinement strict, pas de mesure pour casser la courbe épidémique, pas de renforcement du protocole sanitaire dans les écoles, et un virus qui continue à circuler de plus en plus activement, avec près de 30 000 nouvelles contaminations chaque jour en moyenne ces derniers jours.

En ne choisissant pas de confiner strictement alors que la vaccination doit s’accélérer à partir du mois d’avril, la stratégie du gouvernement face au Covid interroge.

Plusieurs pays européens ont procédé à un durcissement des mesures voire un confinement pour diminuer la circulation du virus avant de débuter une vaccination massive. Face à une hausse des cas, l’Italie se reconfine région par région, l’Allemagne prolonge ses restrictions, tandis qu’Israël et le Royaume-Uni ont mené une campagne de vaccination massive durant un strict confinement pour faire diminuer le nombre de cas.

Le Portugal, qui se prépare à une accélération de la vaccination, a fortement réduit le nombre de nouveaux cas à la faveur d’un confinement strict depuis le début d’année.

Le nombre de cas de Covid-19 selon les pays.
Le nombre de cas de Covid-19 selon les pays.

Alors que la France enregistre un nombre d’infection supérieur à ses voisins, aucune mesure de confinement strict n’est prise, ce qui interroge sur la stratégie de l’exécutif pour sortir de la crise sanitaire.

“On se demande si on ne laisse pas volontairement le virus circuler chez les jeunes”

“Quand on voit les mesures prises dernièrement, on peut se demander si l’exécutif n’a pas sciemment décidé de laisser circuler le virus chez les plus jeunes, qui sont moins à risque de faire des formes graves, afin d’avoir une immunité naturelle qui viendrait compléter l’immunité apportée par la vaccination”, s’interroge Michaël Rochoy, docteur en épidémiologie.

Une stratégie qui pourrait avoir été choisie face à la lenteur vaccinale, contrainte notamment par le faible nombre de doses livrées, estimait Éric Caumes, le 22 mars sur RMC. “On parle de l’immunité vaccinale mais à la vitesse ou on avance, on est pas prêt de l’obtenir. On ne parle pas du tout de l’immunité naturelle car je pense que ce n’est pas politiquement correct de dire qu’on laisse circuler le virus, mais c’est le choix qui a été fait”, explique le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Une immunisation hybride, vaccinale pour les plus fragiles et les plus âgés, et naturelle pour les plus jeunes, pas encore ciblés par le vaccin qui en s’infectant vont s’immuniser.

L’immunité naturelle pour appuyer l’effet de la vaccination ?

Une immunité vaccinale chez les plus fragiles, renforcée par l’immunité naturelle chez les plus jeunes permettrait d’atteindre plus rapidement l’immunité collective, c’est-à-dire la part de la population infectée à partir de laquelle l’épidémie régresse.

L’immunité naturelle après un an de pandémie en France pourrait être importante. Selon une modélisation de l’Institut Pasteur publiée le 24 février et concentrée sur les 20 ans et plus, 17% de cette population a été infectée en France, avec de fortes disparités selon les régions et les âges. En Ile-de-France, près de 30% des plus de 20 ans aurait été infectés. Toujours selon cette étude, les plus jeunes sont les plus touchés, avec plus de 25% des 20-29 ans infectés, contre à peine plus de 10% pour les 70 ans et plus.

“Indéfendable du seul point de vue sanitaire”

“C’est une stratégie que l’on peut comprendre d’un point de vue global, qui permettrait de ‘gagner des semaines sur la vaccination’ en prenant en compte les conséquences économiques et sociales d’un nouveau confinement, mais indéfendable du seul point de vue sanitaire,” juge Michael Rochoy, qui précise ne pas soutenir une telle stratégie.

“Choisir cette stratégie c’est ‘sacrifier’ une partie de la population, ceux qui ne sont pas encore concernés par la vaccination, et qui continuent à travailler ou aller à l’école. Même s’ils ont moins de risque de décéder, les plus jeunes qui s’exposent au virus peuvent aller en réanimation, dont les séquelles peuvent être importantes, sans oublier le risque de covid long”, dénonce Michaël Rochoy, qui rappelle aussi que cette stratégie, si elle était choisie, entrainerait une saturation durable des hôpitaux et des déprogrammations massives d’opérations.

Une stratégie suédoise revisitée ?

Selon une étude, environ un malade sur trois ne nécessitant pas de soins à l’hôpital contracterait une forme longue de Covid-19, avec des symptômes persistants au moins six semaines après l’infection. Si la stratégie hybride était bien celle choisie par la France, elle exposerait une grande partie des jeunes au risque de Covid long.

À LIRE AUSSI >> Où en est la Suède, ce pays qui a fait le pari de ne pas instaurer de confinement ?

La France ne serait pas le premier pays à miser sur l’immunité naturelle. C’est le pari, perdu, fait par la Suède il y a un an, au début de la pandémie. Sauf qu’aujourd’hui, cette stratégie serait appuyée par la vaccination des plus fragiles qui réduit fortement la mortalité.

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Coronavirus : Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi de confiner sans enfermer ?

STRATEGIE Les habitants des 16 départements concernés par un nouveau confinement peuvent sortir dans un rayon de 10 km, sans limite de tempsManon Aublanc

Publié le 20/03/21 à 17h19 — Mis à jour le 20/03/21 à 17h190 COMMENTAIRE0PARTAGE

Le samedi 13 mars 2021 sur la promenade des Anglais, à Nice
Le samedi 13 mars 2021 sur la promenade des Anglais, à Nice — Lionel Urman/SIPA
  • Depuis vendredi, seize départements d’Île-de-France, des Hauts-de-France, de la Seine-Maritime, de l’Eure et des Alpes-Maritimes sont soumis à de nouvelles restrictions, pour quatre semaines.
  • Mais ce confinement d’un nouveau genre, « aéré », n’a rien à voir avec celui de mars.
  • Les habitants de ces départements peuvent sortir, entre 19 heures à 6 heures du matin, sans limite de temps dans un rayon de 10 kilomètres.

Souvenez-vous, c’était il y a tout juste un an. Ces longues journées de mars, où nos sorties étaient strictement limitées à une heure, dans un rayon d’un kilomètre seulement. Cette fois, le gouvernement a adopté une autre stratégie :  celle de confiner, mais sans enfermer.

Depuis ce vendredi, et pour quatre semaines, seize départements d’Île-de-France, de Seine-Maritime, de l’Eure, des Alpes-Maritimes et des Hauts-de-France sont à nouveau confinés. Mais les habitants peuvent sortir de chez eux, pour se promener, faire du sport ou s’aérer, sans limite de temps, et dans un rayon de 10 kilomètres. 20 Minutes vous explique pourquoi le gouvernement a changé son fusil d’épaule.

Des contaminations quasi inexistantes en extérieur

Si le message du premier confinement était bien « restez chez vous », celui d’aujourd’hui est loin d’être le même. Plus d’un an après l’apparition de l’épidémie, les scientifiques sont formels : les risques de contamination au coronavirus sont bien plus élevés en intérieur. Selon une étude de l’Institut Pasteur publiée le 9 mars 2021, repérée par nos confrères de Franceinfo, les contaminations se produisent en quasi-totalité dans un lieu clos, mal aéré, 5 % seulement ayant lieu en extérieur. « On sait aujourd’hui qu’on se contamine infiniment moins quand on se promène en plein air qu’en étant regroupés, sans masques, en intérieur », a justifié le Premier ministre, Jean Castex, jeudi lors de sa conférence de presse.

« Dehors, c’est comme une très grande pièce avec une superbe aération, il y a très peu de contamination si on porte son masque et qu’on respecte les gestes barrières », explique Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif Du côté de la science. « Quitte à ce que les gens ne réduisent pas leurs contacts ou continuent de voir des personnes, autant qu’ils les voient à l’extérieur. Il n’aurait pas fallu que les gens se “cachent” en intérieur pour voir leurs amis et leur famille. Ça aurait été contre-productif », analyse Pascal Crépey, épidémiologiste l’École des hautes études de santé publique. « Autoriser, voir encourager, les activités en plein air est une décision qui a été prise en lien avec une certaine compréhension scientifique de la dynamique de l’épidémie », ajoute-t-il.

Réduire les contacts plutôt qu’enfermer

Et si l’option d’un confinement strict, comme en mars, a vite été écartée par le gouvernement, c’est aussi parce que ça aurait été « péjoratif moralement, avec peu d’avantages sanitaires », avance Michaël Rochoy. Selon un sondage réalisé en mars dernier par Santé publique France, près de 20 % des Français se disaient en dépression pendant le premier confinement. « Cette mesure est très importante pour la santé mentale des gens », notamment pour les plus jeunes et les personnes isolées, a également avancé Emmanuel Rusch, président de la Société française de santé publique (SFSP) et spécialiste en épidémiologie à l’université de Tours, ce samedi, sur Franceinfo.

Pour Michaël Rochoy, le gouvernement a aussi adapté sa décision à la saison actuelle : « Favoriser les activités d’extérieur, c’est une décision logique en avril, mais c’est un message plus difficile à entendre en décembre ». Pour Pascal Crépey, un confinement strict aurait été « inapproprié » : « Ce n’est pas le fait d’être enfermé qui fait baisser les contaminations, mais c’est la réduction des contacts entre les personnes », explique l’épidémiologiste, qui estime que le gouvernement a également pris en compte « l’acceptabilité » des mesures. « C’est plus acceptable de mettre en place un confinement qui n’est pas un enfermement et d’essayer en parallèle que bien expliquer l’objectif : la réduction des contacts », détaille-t-il.

La campagne vaccinale comme stratégie

Avec un confinement plus aéré, pourra-t-on réussir à faire baisser les contaminations ? Oui, mais pas suffisamment, estime Karine Lacombe, qui mise sur le vaccin pour endiguer la pandémie : « Ce type de confinement à lui tout seul ne permettrait probablement pas de juguler l’épidémie telle qu’on l’a maintenant. Mais on a la promesse du vaccin qui va probablement tout changer », a déclaré la responsable du service des maladies infectieuses à l’hôpital parisien Saint-Antoine sur France Inter. La campagne de vaccination, c’est l’autre partie de la stratégie gouvernementale.

Si son démarrage a été quelque peu fastidieux, la campagne vaccinale s’est accélérée ces dernières semaines, avec l’arrivée du vaccin AstraZeneca. Pour l’instant, près de 6 millions de personnes ont reçu au moins une injection, dont 2,4 leurs deux doses, selon les chiffres du ministère de la Santé. « La campagne de vaccination montre déjà ses premiers effets. Chez les plus de 75 ans, les courbes de mortalité ou d’hospitalisation ne suivent pas la même dynamique », estime Pascal Crépey, prenant l’exemple du Royaume-Uni et d’Israël, où « la dynamique de l’épidémie semble être impactée par la campagne vaccinale ». Mais pour Michaël Rochoy, ce choix n’est pas forcément stratégique : « Le pari d’Emmanuel Macron, c’est de tout miser sur le vaccin, en sachant qu’en avril on n’aura que 10 % de la population vaccinée. C’est un pari perdu d’avance ». Rendez-vous mi-avril pour faire le point sur l’épidémie après quatre semaines de confinement.

Source : https://www.20minutes.fr/politique/3003163-20210320-coronavirus-pourquoi-gouvernement-choisi-confiner-enfermer

Confinement : Les nouvelles mesures peuvent-elles se montrer efficaces ?

CORONAVIRUS Un confinement d’un nouveau genre débute dès ce vendredi soir dans 16 départements françaisJean-Loup Delmas

Publié le 19/03/21 à 13h20 — Mis à jour le 19/03/21 à 15h04232 COMMENTAIRES310PARTAGES

Contrôle de police et du respect des mesures sanitaires dans Paris, illustration.
Contrôle de police et du respect des mesures sanitaires dans Paris, illustration. — Jacques Witt/Sipa
  • Un nouveau confinement est mis en place à partir de ce vendredi minuit pour 16 départements français.
  • Ce confinement est néanmoins très différent du confinement de novembre et encore plus de celui de mars.
  • Petit récapitulatif des mesures avec leur chance – ou non – de ralentir l’épidémie.

La sentence est tombée ce jeudi soir lors du point hebdomadaire du Premier ministre Jean Castex et du ministre de la Santé Olivier Véran sur la situation sanitaire. En raison d’une forte circulation du coronavirus avec une incidence frôlant ou dépassant les 400 cas pour 100.000 habitants dans ces zones et un taux d’occupation des lits de réanimation se rapprochant des 100 %, 16 départements français (les huit départements d’Île-de-France, les cinq des Hauts-de-France, l’Eure, la Seine-Maritime et les Alpes-Maritimes) connaîtront un nouveau confinement à partir de ce vendredi minuit et pour une durée de quatre semaines minimum. Mais loin de ressembler à celui de mars ou de novembre, ce confinement s’accompagne de nouvelles règles. Une « troisième voie », comme l’a nommé le Premier ministre.

Ces nouvelles mesures peuvent-elles fonctionner, et sont-elles pertinentes pour lutter contre l’épidémie ? Petit tour d’horizon de la troisième voie.

Sortie illimitée en temps et dans un rayon de dix kilomètres du domicile

Contrairement au premier et au second confinement, il sera possible d’être dehors, sous couvert d’avoir rempli une attestation de sortie, pour une durée de temps illimité, et dans un rayon de dix kilomètres autour du domicile. Une mesure qui va dans le sens de nombreuses études attestant que l’extérieur et les zones très aérées réduisent énormément le risque de contamination par le coronavirus, et que l’écrasante majorité des transmissions se fait dans les lieux clos. Une étude ComCor de l’Institut Pasteur sorti en mars 2021 indiquait que seulement 5 % des contaminations étudiées s’étaient faites en extérieur (15 % en intérieur avec fenêtre ouverte, et 80 % en lieu clos fermé).

Pour le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, cette mesure va donc dans le bon sens, même si plus de communication n’aurait pas été de trop : « On pourrait par exemple expliquer qu’il est mille fois préférable de voir quelqu’un dans un parc que chez lui ou chez soi. Montrer ce qu’on peut faire au lieu de citer ce qu’on ne peut pas faire. Mais autoriser le dehors, et commencer – enfin – à communiquer dessus, est essentiel, tant pour l’adhésion de la population que pour limiter les rassemblements en lieu clos. » Selon le médecin, la limite des dix kilomètres, ou même l’attestation à remplir, « n’ont pas vraiment de sens. On fait du dehors une zone réglementée alors que c’est l’intérieur qu’il faudrait mieux contrôler. »

Les écoles restent ouvertes, demi-jauge dans les lycées

Comme lors du second confinement, et contrairement au premier, les écoles restent ouvertes avec un passage en demi-jauge dans les lycées. Une volonté claire du gouvernement, et contraire à ce qu’ont fait la plupart des autres pays confinés. À tort ? Michaël Rochoy : « On peut très bien garder les écoles ouvertes, mais si on reconnaît que c’est un lieu clos et donc un cluster potentiel, il faut mettre le paquet dessus en interdisant les moments sans masques. » Comprendre notamment, la cantine. Faire des repas dehors, inciter les parents à prendre une plus longue pause déjeuner pour aller faire manger les enfants hors de l’école, préparer des box, séparer les groupes… Les idées ne manquent pas. « Mais tant qu’il y aura des repas en cantine, il y aura un brassage du virus, qui vient ensuite dans les familles », déplore le médecin. Pour lui, le retour du sport en intérieur et l’augmentation de petit-déjeuner à l’école voulu par le gouvernement sont par contre « un non-sens total compte tenu de ces facteurs ».

Le télétravail quatre jours sur cinq minimum

« Toutes les entreprises et administrations qui le peuvent » doivent pousser « au maximum » le télétravail pour le mettre en place « au moins quatre jours sur cinq », a précisé Jean Castex, indiquant que les contrôles allaient être renforcés à ce sujet, mais sans obligation. Toujours selon l’étude de l’Institut Pasteur, le télétravail joue un rôle protecteur (-24 % de risque de contamination pour le télétravail partiel, -30 % pour le télétravail total par rapport à des personnes effectuant le même travail en bureau). « Pour les contaminations hors foyer (58 % des contaminations quand la personne source est connue), il s’agit avant tout de contaminations dans le cercle familial (38 %), puis dans le milieu professionnel (27 %) », cite également l’étude.

Michaël Rochoy abonde : « C’est une très bonne mesure, même si une fois encore, ça manque de communication autour du vrai problème, les moments sans masque. Les repas partagés, les pauses-café, enlever son masque pour sourire à son collègue… »

Interdiction de déplacement interrégion

Les déplacements interrégionaux seront interdits pour les habitants des 16 départements concernés, sauf motif impérieux ou professionnel. On ne peut ni sortir ni rentrer de ces territoires sans ces motifs.

Michaël Rochoy y voit plus « une mesure qui en jette sur le papier » qu’une mesure réellement efficace. Il explique : « Ce qui compte, c’est de ne pas transmettre le virus. Lors de la première vague, de nombreux résidents d’Île-de-France avaient quitté la région, mais en respectant les gestes barrières, cela n’avait pas exporté l’épidémie ailleurs. Ce qu’il faut, c’est éviter les contaminations, pas ne pas se déplacer. Il est normal que des gens ne veuillent pas rester dans des chambres de bonne pendant trois mois… »

Fermeture des commerces non-essentiels

110.000 commerces vont fermer dans les 16 départements concernés. Ne seront ouverts que les commerces dits essentiels ainsi que les librairies, les coiffeurs et les disquaires (ne nous demandez pas pourquoi). Pour Michaël Rochoy, c’est une occasion manquée : « Cette mesure peut avoir du sens, mais il aurait une fois encore fallu expliquer la différence entre lieux clos et extérieur, l’importance de l’aération, l’impact des aérosols dans la transmission ».

Le couvre-feu passe à 19 heures ce samedi à l’échelle nationale

En raison de l’heure d’été, le couvre-feu passe à 19 heures ce samedi sur l’ensemble du territoire. Une mesure logique selon Michaël Rochoy : « Le confinement du soir n’a de toute façon pas de sens, il ne sert qu’à limiter les apéritifs et les repas partagés en lieu clos, mais là encore, au lieu de confiner bêtement le soir, il aurait fallu faire une communication positive sur “voyez-vous dehors” et “évitez les rassemblements en lieux clos” ». Selon lui, on peut même totalement supprimer le couvre-feu, tant qu’on insiste sur l’absence de visite en intérieur.

Source : https://www.20minutes.fr/sante/3002507-20210319-confinement-nouvelles-mesures-peuvent-elles-montrer-efficaces

Confinement le week-end : quelle est son efficacité à Nice et à Dunkerque ? : Femme Actuelle Le MAG

La situation sanitaire continue de se dégrader dans de nombreuses régions. À la suite du Conseil de défense du 17 mars, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a affirmé que “des mesures supplémentaires” seront instaurées “dès ce week-end” en Île-de-France et dans les Hauts-de-France. Ces restrictions seront annoncées ce jeudi 18 mars par Jean Castex et Olivier Véran lors de leur conférence hebdomadaire sur l’évolution de l’épidémie.

Depuis le 27 février, des confinements partiels sont mis en place le week-end à Dunkerque, à Nice ainsi que toutes les communes du littoral des Alpes-Maritimes. Cette mesure a également été appliquée au département du Nord-Pas-de-Calais le 4 mars dernier afin de réduire la propagation du coronavirus. Mais les confinements locaux sont-ils efficaces pour lutter contre la Covid-19 ?

Une baisse des contaminations en Alpes-Maritimes

Lors d’une interview accordée à 20 minutes, Michaël Rochoy, membre du collectif “Du côté de la science”, avait déclaré qu’un confinement local était “justifié et permanent”. “Ce type de confinement peut même être très local. Dans un département, voire dans un canton ou une commune. Ensuite, on peut se baser sur des tests salivaires à l’aveugle dans certains secteurs pour ajuster les mesures”, avait-il complété. Le spécialiste avait cependant précisé que cette mesure était moins efficace qu’un confinement généralisé.

Le 22 février dernier, l’Agence régionale de santé (ARS) de la région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur (PACA) avait indiqué que le taux d’incidence était de 577 nouveaux cas pour 100.000 habitants en Alpes-Maritimes. Les trois week-ends de confinement partiel ont-ils eu un effet ? Selon l’ARS, le taux d’incidence a diminué, mais il reste toujours supérieur à la moyenne nationale. Dans son dernier point, l’organisme a enregistré 446 nouveaux cas de coronavirus pour 100.000 habitants.

Malgré la baisse des nouveaux cas, la pression hospitalière est toujours importante dans les Alpes-Maritimes. Selon les dernières estimations de l’ARS, près de 88,8% des lits en réanimation sont occupés dans cette région. Environ 1.277 personnes ont été hospitalisées dont 256 dans les services de réanimation.

Le confinement local est-il efficace à Dunkerque ?

Une hausse du taux d’incidence a été constatée dans le département du Nord-Pas-de-Calais. D’après l’ARS des Hauts-de-France, il était de 404 pour 100.000 du 27 février au 05 mars contre 413,7 pour 100.000 habitants du 6 au 12 mars. Le confinement local a cependant commencé le 4 mars. Il est donc trop tôt pour estimer les potentiels bénéfices de ce dispositif. À Dunkerque, les autorités sanitaires ont cependant observé une importante baisse du pic des contaminations. Au 12 mars, il était à 665 cas pour 100.000 habitants contre 1.039 nouveaux cas pendant la semaine du 26 février.

Pour Pascal Crépey, épidémiologiste, il est cependant important de rester prudent face aux baisses des nouveaux cas dans les Alpes-Maritimes ou à Dunkerque. “Les premiers confinements du week-end ont été mis en place en période de vacances scolaires. Or les écoles sont fermées et beaucoup de parents ne vont pas travailler, ce qui fait que les contaminations en milieu scolaire et en milieu professionnel sont fortement réduites. Ce qu’il faut regarder vraiment, c’est la dynamique des admissions hospitalières qui malheureusement, elles, ne baissent pas, voire plutôt augmentent”, a-t-il expliqué à nos confrères de LCI.

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Covid-19 : pari déjà perdu pour Emmanuel Macron

Le chef de l’Etat avait refusé de reconfiner le pays fin janvier, alors que de nombreux médecins le réclamaient. Une décision présentée comme un pari, qui semble aujourd’hui perdant.

Emmanuel Macron voulait tout faire pour éviter un reconfinement. Fin janvier, alors que l’épidémie s’accélérait, le pays semble se diriger vers un nouveau confinement. Une décision qui semblait faire consensus parmi les médecins, appuyée par les chiffres de l’épidémie, et à laquelle les Français semblaient s’être résignés.

Mais finalement, Emmanuel Macron décide de ne pas reconfiner le pays. Une décision présentée comme un “pari” par son entourage, qui surprend les scientifiques. L’idée du chef de l’Etat : miser sur une accélération de la vaccination et l’arrivée du printemps pour éviter de confiner le pays pour une troisième fois.

Un pari “perdu d’avance”

“Fin janvier, les courbes et l’évolution de l’épidémie annonçaient déjà la situation critique actuelle, le pari était perdu d’avance”, rappelle Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie et membre du collectif Du Côté de la Science. D’autant que, pointe le médecin, le couvre-feu 18h n’est rien d’autre qu’un “confinement du soir” et le confinement le week-end, qui pourrait être étendu, “montrent que le pari de ne pas confiner est déjà perdu”.

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Fin janvier, les experts alertaient sur un “faux plateau”, qui masquait la progression du variant anglais dans l’épidémie. Le 27 janvier, le variant anglais représentait 14 % des cas de Covid-19 contre 3,3 % le 8 janvier. Début mars, il représente 65,3% des nouveaux cas recensés dans le pays.

“Fin janvier, on avait mis en garde : la part du variant anglais progressait et une fois majoritaire l’épidémie allait flamber. C’est exactement ce qui est en train de se passer, avec une forte accélération des indicateurs”, rappelle le docteur Jérôme Marty, président du syndicat UFML, qui regrette l’attentisme de l’exécutif face à cette situation. “On avait dit qu’il fallait confiner vite et fort, pour des résultats rapides. Vu qu’il est trop tard pour espérer des résultats rapides, il va falloir attendre et espérer que les décisions prises soient efficaces”.

Un autre “pari” remis en cause ?

De quoi jeter des doutes sur une autre déclaration d’Emmanuel Macron. Le 1er mars dernier, le chef de l’Etat exhortait les Français à “tenir” encore “4 à 6 semaines”, avant que certaines restrictions sanitaires ne puissent être assouplies. Soit jusqu’à la mi-avril au plus tard.

Un délai qui semble difficile à tenir pour un allègement des restrictions. “Les malades de cette semaine vont dans plusieurs jours se répercuter sur les chiffres des hospitalisations puis dans les réanimations et enfin les décès. Et avec 27 000 contaminations en moyenne par jour, l’impact sera important”, rappelle Michaël Rochoy.

Le nombre de cas positifs en France
Le nombre de cas positifs en France

“Au mieux, si les mesures prises sont suffisantes et efficaces, dans un mois on sera dans la situation actuelle, le temps que les mesures aient un effet sur les admissions à l’hôpital et en réanimation”, renchérit Jérôme Marty. Difficile d’imaginer un allègement notable des restrictions d’ici la mi-avril.

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“Il fallait prendre des mesures fortes fin janvier”

Un objectif qu’il aurait été possible de respecter “en prenant des mesures fortes fin janvier. On serait dans une bien meilleure situation aujourd’hui, avec la perspective de rouvrir des lieux comme les musées ou les cinémas. Au lieu de cela, on se retrouve à 27325 cas par jour en moyenne, et une situation compliquée en réanimation”, regrette Michaël Rochoy.

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Covid-19 : “Une gestion de crise par les sondages et pas par la santé”

Un an après le début de la pandémie en France, plusieurs observateurs dénoncent la mainmise grandissante de la politique au détriment du sanitaire dans les décisions prises par le gouvernement.

Les décisions de l’exécutif pour lutter contre le Covid-19 sont-elles uniquement basées sur des critères sanitaires ? Après un an de crise, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la mainmise du politique sur le sanitaire. De la gestions des masques à la suspension du vaccin AstraZeneca en passant par les “paris” d’Emmanuel Macron de ne pas confiner une troisième fois, les exemples se multiplient.

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“Depuis le début, le gouvernement semble avoir profité de la multiplicité des intervenants pour choisir celui qu’il voulait écouter. L’exemple flagrant, c’est le port du masque à l’école”, illustre Michaël Rochoy, médecin cofondateur de Stop-postillons, qui prônait la généralisation du port du masque dès le début de la pandémie.

“Le gouvernement ne suit que les avis scientifiques qui l’arrangent”

Le sujet a fait l’objet de nombreux débats à la rentrée scolaire de septembre dernier. Plusieurs médecins ont signé des tribunes pour réclamer le port du masque obligatoire à l’école, avant qu’il ne soit finalement imposé fin octobre chez les plus jeunes.

“Le gouvernement dit avoir toujours suivi les recommandations de l’OMS. Le 5 juin, l’organisation explique que le masque doit être porté à l’école lorsque le virus circule activement et précise le 21 août qu’il peut être porté dès 6 ans en classe. Mais Jean-Michel Blanquer a subitement décidé de ne plus suivre l’OMS mais la société française de pédiatrie, qui n’était pas favorable au port du masque chez les plus jeunes”, resitue Michaël Rochoy. “Si le gouvernement avait décidé de suivre l’avis des sociétés nationales, pourquoi pas, mais il aurait fallu suivre les multiples avis de l’académie de médecine, qui, dès avril, prônait le port du masque, tout comme le conseil scientifique. Cela montre que le gouvernement ne suit que les avis scientifiques qui l’arrangent”, fulmine le médecin généraliste.

“La gestion de la crise à l’Elysée est orientée vers la présidentielle”

Car dans la tête d’Emmanuel Macron, il n’y a pas que le Covid-19, estime Philippe Moreau-Chevrolet. “La gestion de la crise à l’Elysée est orientée vers la présidentielle de 2022, et le sanitaire relégué au second plan. Penser à la réélection, c’est normal dans une situation “classique”, mais pas dans le cadre d’une crise d’une telle ampleur”, explique le spécialiste de communication politique.

“Les actions et les choix de l’exécutif ont pour priorité de ne pas se mettre à dos une partie de la population, avec des gestes d’apaisement à destination des opposants au confinement, des opposants aux vaccins ou des défenseurs de Raoult… c’est une gestion de crise par les sondages et non pas par la santé”, décrypte Philippe Moreau-Chevrolet.

Macron “veut prendre le dessus sur les scientifiques”

L’un des exemples les plus flagrants de cette gestion via les courbes de popularité, pour Michaël Rochoy : les “paris” d’Emmanuel Macron, et sa position vis-à-vis du Conseil scientifique. “Quand le président met de coté le Conseil Scientifique, refuse d’écouter les médecins qui alertent sur la situation en février, fait le ‘pari’ de ne pas reconfiner, ce ne sont clairement pas des décisions qui sont prises d’un point de vue sanitaire, il veut prendre le dessus sur les scientifiques c’est évident”.

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Début février, le Canard Enchainé rapportait les propos du président. “J’en ai marre de ces scientifiques qui ne répondent à mes interrogations sur les variants que par un seul scénario : celui du reconfinement”. Selon l’hebdomadaire Le Point du 17 février, Emmanuel Macron parlerait même désormais des “connards du Conseil scientifique”.

Un sentiment de dépossession démocratique

Un refus de confiner qui semble rattraper Emmanuel Macron alors que l’épidémie ne cesse de s’aggraver et que l’hypothèse d’un confinement en Ile-de-France se renforce. Cette gestion plus politique que sanitaire de la crise pourrait se retourner contre le président, met en garde Philippe Moreau-Chevrolet.

“Les décisions sont concentrées à l’Elysée, le Conseil scientifique n’a pas l’air consulté dans les décisions, il n’y a pas de débat démocratique sur les mesures sanitaires et aucun objectif chiffré n’a été fixé sur les restrictions ou leur allègement. Cette sentiment de dépossession démocratique crée inutilement de la défiance et pourrait coûter cher à Emmanuel Macron en 2022”, conclut Philippe Moreau-Chevrolet.

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