Vaccins : l’injection, nouvel atout charme ? – Terrafemina

Le vaccin contre le Covid-19 sert à se protéger, à protéger les autres, et à ralentir voire neutraliser une pandémie qui tétanise le monde depuis un an. Un recours auquel 42 % des Français·e·s seulement étaient favorables le 23 décembre, contre 56 % aujourd’hui, d’après Odoxa-Backbone consulting pour franceinfo et Le Figaro. Ce revirement récent s’expliquerait par le fait que l’on dispose désormais de davantage d’informations sur cette solution, mais aussi par une envie notoire d’arrêter “le stop-and-go des confinements et mesures restrictives”, analyse le médecin et chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, auprès de 20 Minutes.

Apparemment, d’autres arguments, plus personnels, entrent également en compte quand il s’agit de recevoir les deux doses. Les rencontres amoureuses et tout ce qui s’en suit, révèle notamment une étude réalisée par le site Gleeden, spécialisé dans les aventures extra-conjugales, auprès de 12 345 personnes en ce début d’année.

L’injection, espoir d’une prochaine échappatoire sentimentale

Ainsi, à en croire les résultats du sondage, 68 % des interrogé·e·s affirment vouloir se faire vacciner dès que possible. Et pour cause : l’injection permettrait de pouvoir aller voir ailleurs paisiblement sans crainte de tomber malade selon 65 % d’entre eux et elles, d’éviter de rapporter le virus à la maison en cas d’incartades pour 63 % d’altruistes, et de rassurer leur nouvelle conquête pour la moitié des “infidèles”. 61 % assurent enfin vouloir encourager leur amant·e à passer le pas de la piqûre.

Des résultats qui “n’étonnent pas” la plateforme. D’abord, d’un point de vue démographique. “Notre communauté est principalement composée de personnes âgées de plus de 35 ans, ayant fait des études supérieures et appartenant à une catégorie socio-professionnelle élevée. Comme l’a révélé la récente étude de l’IFOP, ils sont statistiquement plus enclins à accepter le vaccin”, observe Solène Paillet, directrice de la communication chez Gleeden. “Nous avons par exemple dans notre communauté un grand nombre de médecins ou de personnes travaillant dans la santé. Ils connaissent les avantages de cette vaccination et sont très peu influencés par les fausses informations qui circulent sur internet.”

Et puis, il y a le contexte émotionnel. “Les confinements successifs ont été difficiles pour nos membres“, ajoute la responsable, “créant de fortes tensions au sein de leur couple avec aucune échappatoire possible. Le vaccin est pour eux une solution salvatrice, synonyme d’une liberté retrouvée.” En 2020, tromperie à la clé ou pas, nombreux couples ont en effet souffert d’un huis clos oppressant, sans exutoire possible auprès d’ami·e·s proches… ou plus si affinités.

Au-delà d’un indicateur de tendance face au vaccin, cette vaste enquête incarne la preuve s’il en fallait qu’après quasi un an d’un quotidien régi par le coronavirus, la population n’a qu’une envie : reprendre le cours – plus ou moins rangé – de sa vie.

Source: Vaccins : l’injection, nouvel atout charme ? – Terrafemina

Coronavirus : La vaccination des personnes à risque, comment ça marche ?

EPIDEMIE Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a assuré ce lundi, que le cap du million de Français vaccinés contre le Covid-19 serait « largement atteint d’ici la fin du mois » de janvierManon Aublanc

Publié le 18/01/21 à 12h11 — Mis à jour le 18/01/21 à 14h3661 COMMENTAIRES181PARTAGES

Un patient reçoit une dose d’un vaccin contre le Covid-19, à Strasbourg le 4 janvier 2021. — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

  • Jusqu’à présent, la vaccination était réservée aux résidents des Ehpad et aux soignants de ces établissements.
  • A partir de ce lundi, la vaccination est désormais accessible aux plus de 75 ans ne vivant pas en maison de retraite et aux personnes présentant des pathologies à « haut risque ». 
  • « 20 Minutes » répond à vos questions sur la vaccination des personnes dites « à risque ».

Après les résidents des Ehpad et leurs soignants, place aux seniors de plus de 75 ans mais également aux personnes présentant des pathologies à « haut risque ». A partir de ce lundi, la vaccination contre le coronavirus s’élargit en France, avec 6,4 millions de personnes appelées à se faire vacciner.

S’il est assez facile d’identifier les personnes âgées de plus de 75 ans, il est moins évident de savoir qui est considéré « à risque ». Qui est concerné ? Comment la vaccination se déroule-t-elle ? 20 Minutes répond à toutes les questions que vous vous posez sur la campagne de vaccination des personnes les plus vulnérables.

Qui est concerné ?

Près de 800.000 personnes« atteintes de maladies particulièrement graves », dites « à risque », peuvent se faire vacciner dès ce lundi, a indiqué le Premier ministre, Jean Castex, jeudi lors de sa conférence de presse. Dans le détail, il s’agit des personnes atteintes de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ; des personnes atteintes de maladies rénales chroniques sévères (dont les patients dialysés) ; des personnes transplantées d’organes solides, transplantées par allogreffe de cellules-souches hématopoïétiques ; des personnes atteintes de polypathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes ; des personnes atteintes de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection et des personnes porteuses de trisomie 21. La liste complète des maladies est disponible sur le site du ministère de la Santé.

« Les personnes ciblées sont celles qui présentent plus de risques », explique Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science ». Pour le spécialiste, la liste n’est pas forcément idéale : « Un enseignant de 55 ans, obèse, asthmatique, qui travaille au contact d’enfants a plus de risques qu’une personne transplantée qui reste à son domicile », avance le médecin, qui plaide pour la création d’un score individuel par patient en fonction de l’âge, du poids, de la pathologie ou du métier exercé. « Ça permettrait de classer les gens par ordre de priorisation. » Pour les personnes en situation de handicap, « une fiche en Facile A Lire et à Comprendre (FALC) » est disponible sur le site du secrétariat d’Etat pour « faciliter la compréhension du processus de vaccination et permettre la bonne information de tous », a précisé la secrétaire d’Etat, Sophie Cluzel, jeudi.

Comment prendre rendez-vous ?

Pour se faire vacciner, il faut prendre rendez-vous dans un centre de vaccination. Comme pour les personnes âgées de plus de 75 ans, le rendez-vous se prend par Internet ou par téléphone. Les personnes « à risque » peuvent appeler le numéro vert 0800 009 110, ouvert 7 jours sur 7, de 6 heures à 22 heures. La prise de rendez-vous peut aussi se faire en ligne sur le site Santé.fr ou sur l’une des trois plateformes privées choisies par le gouvernement : Doctolib, Maiia et Keldoc. Néanmoins, selon le médecin, ce dispositif peut poser problème pour certaines personnes : « Pour les personnes en situation de handicap ou celles très dépendantes, il faut l’aide du médecin traitant, de l’aide soignant ou même de la famille pour prendre rendez-vous », recommande Michaël Rochoy.

Si Olivier Véran a indiqué, jeudi, que les personnes à risque devaient présenter une ordonnance de leur médecin traitant pour prendre rendez-vous dans un centre de vaccination, Michaël Rochoy estime qu’il s’agit simplement « d’une préconisation ». « Avoir une ordonnance de son médecin traitant, c’est mieux, ça veut dire qu’on a réalisé la consultation pré-vaccinale avec un spécialiste qui nous connaît, mais ce n’est pas obligatoire. Il y a des médecins dans tous les centres de vaccination qui pourront réaliser cette consultation si besoin », rassure-t-il.

La vaccination est-elle obligatoire ?

Non, la vaccination n’est pas obligatoire, mais elle est gratuite et fortement recommandée pour les personnes à risque, comme pour les personnes de plus de 75 ans. Pour le médecin généraliste, le vaccin protège individuellement et limite les risques de transmission, mais il protège également collectivement : « Les personnes à risques sont celles qui ont le plus de chances d’être en réanimation et la priorité, c’est de lutter contre la surcharge des services de santé », explique-t-il. Pour cette catégorie, parfois isolée depuis le début de l’épidémie, le vaccin « pourra permettre de reprendre une vie un peu plus normale, de sortir, de recevoir la visite de ses proches avec des risques moindres », ajoute Michaël Rochoy.

Les demandes de rendez-vous, ouvertes vendredi, ont été marquées par un afflux, avec plus d’un million de rendez-vous déjà pris dans les 833 centres « ouverts et accessibles à la réservation », selon Olivier Véran. Mais tous les seniors n’ont pas pu s’inscrire, générant quelques crispations. « Il n’y a pas assez de vaccins pour tout le monde », a souligné Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France dans le Journal du Dimanche. Prédisant « un faux début » lundi, il reproche au gouvernement de ne pas lancer une campagne de masse, mais « d’organiser des files d’attente ! ». Olivier Véran a tenté de rassurer, ce lundi, assurant que le cap du million de Français vaccinés contre le Covid-19 serait « largement atteint d’ici la fin du mois ».

Source : https://www.20minutes.fr/sante/2955395-20210118-coronavirus-vaccination-personnes-risques-comment-ca-marche

Coronavirus : Pourquoi la population a changé d’avis sur le vaccin ?

EPIDEMIE 56 % des Français souhaitent se faire vacciner contre le coronavirus, selon un sondage Odaxa-Backbone consulting rendu public ce jeudi. Ils n’étaient que 42 % dans le même sondage le 23 décembreJean-Loup Delmas

Publié le 15/01/21 à 17h23 — Mis à jour le 15/01/21 à 17h230 COMMENTAIRE0PARTAGE

Les Français sont désormais une majorité à vouloir se faire vacciner
Les Français sont désormais une majorité à vouloir se faire vacciner — Alexander Ryumin/TASS/Sipa USA/SIPA
  • Alors que la France accélère toujours plus dans sa politique de vaccination contre le coronavirus, l’exécutif peut être rassuré : ce ne sont pas les volontaires qui manqueront. Car 56 % des Français souhaitent se faire vacciner, selon un sondage Odaxa-Backbone.
  • Or, le même sondage indiquait qu’à l’approche de Noël, ils n’étaient que 42 % à vouloir se faire vacciner.
  • Comment ce revirement s’est-il opéré ? « 20 Minutes » vous livre quelques explications.

Selon un sondage Odoxa-Backbone consulting pour France Info et Le Figaro publié ce jeudi, 56 % des Français veulent se faire vacciner contre le coronavirus. Ils n’étaient que 42 % le 23 décembre. Comment expliquer une telle remontada et une inversion des tendances en moins d’un mois ?

Pour le médecin et chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, un tel écart en quelques semaines signifie avant tout que beaucoup de refus de la vaccination étaient en réalité plus de l’indécision qu’une volonté nette d’éviter la piqûre. Lui-même l’a constaté : « Ce dernier mois, j’ai eu énormément de patients qui me demandaient mon avis sur le vaccin. Non pas qu’ils n’en voulaient pas, mais qu’ils doutaient. Avec les bons arguments et les données adéquates, ils y ont été favorables. »

Les données et les faits rassurants

Cette indécision se manifestait aussi dans une envie de ne pas être dans les premiers à se faire vacciner. Maintenant que la France vaccine en masse (plus de 70.000 personnes en vingt-quatre heures ce jeudi), et surtout que d’autres pays ont déjà vacciné des pourcentages entiers de leurs populations (plus de 30 % de la population israélienne notamment), cette appréhension est moins forte.

« Ce que les Français constatent, c’est l’absence d’effets secondaires ou graves », se réjouit Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie à Strasbourg et membre du collectif Du côté de la science. La France n’a ainsi recensé qu’un cas d’effet indésirable de nature allergique sur 138.000 cas. Au niveau mondial, les Etats-Unis (qui ont déjà vacciné plusieurs millions de personnes) comptent environ un cas d’allergie grave tous les 100.000 vaccinés. « Constatant ces données, les Français sont rassurés et voient bien que la balance bénéfice/risque penche du premier côté, malgré ce que disaient les fakes news ou les rumeurs », note le chercheur.

Intelligence et coupe du monde

Pour lui, c’est peut-être ça qui expliquait les mauvais chiffres d’adhésion à la population en décembre : un manque d’informations. Une tare aujourd’hui rattrapée avec une mission de vulgarisation prise à bras-le-corps, tant par les soignants que par l’exécutif. Or, Eric Billy l’assure, les Français sont loin d’être le peuple qu’on a voulu caricaturer lors des pics de scepticisme contre le vaccin : « Au contraire, les Français et Françaises sont logiques, ils cherchent les informations, ont une bonne capacité d’analyse et de réflexion, prennent du recul. Quand ils et elles constatent que toutes les informations fiables et sourcées vont dans le bon sens, ils sont favorables à la vaccination. »

Selon Michaël Rochoy, en plus d’être logique et intelligent, le peuple français est également pragmatique : « Il voit bien qu’actuellement, les vaccins semblent être une solution pour arrêter ce stop and go et ces confinements et mesures restrictives. La lassitude et la peur des variants jouent également énormément. » Avec toutes ces chouettes qualités intellectuelles, il faut ajouter un certain chauvinisme bien de chez nous. Le médecin poursuit : « Les chiffres des autres pays sont très commentés. Comme dans une Coupe du monde, on raille les débuts poussifs de notre équipe, mais au bout du compte, on veut voir la France gagner. On refuse de voir l’Allemagne ou le Danemark être meilleur que nous. »

L’effet boule de neige à double tranchant

Autre effet très attendu et très commenté, l’effet boule de neige. Mehdi Moussaid, chercheur en science cognitive à l’institut Max Planck de Berlin, spécialiste de la foule, et créateur sur la chaîne YouTube Fouloscopie explique ce phénomène social, assez connu : « Lorsque les personnes sont indécises ou ne savent pas quoi faire, ils vont avoir tendance à suivre ce que font leurs voisins, moins par conviction que par mimétisme. » Exemple parlant : lors d’une alarme incendie, si vos voisins restent assis, vous aurez tendance à rester assis. Au contraire, si tout le monde court dans tous les sens, il y a de fortes chances que vous aussi vous preniez vos jambes à votre cou. De fait, « la majorité s’auto-alimente. Plus il y a de gens favorables à une opinion, plus celle-ci devient populaire », note le chercheur. Ainsi, le « non » majoritaire grossissait les rangs du non de nombreux indécis, tandis qu’aujourd’hui, le « oui » majoritaire fait de même.

Même si certains ont plus d’influence que d’autres. Pour reprendre l’analogie avec l’alarme incendie, si tout le monde reste assis mais qu’un pompier vient vous voir pour vous dire de fuir, vous fuirez probablement. « Chaque groupe social a ses propres leaders et figures d’autorité, dépendant aussi en partie du contexte », appuie Mehdi Moussaid. Ce rôle de leader d’influence et de basculement, c’est sans doute les soignants qui l’ont joué lors de ce revirement. En demandant à se faire vacciner, en incitant leurs patients à le faire, en médiatisant la vaccination, les soignants ont probablement été décisifs dans la bascule de la majorité. Michaël Rochoy abonde : « Le vaccin ne pouvait pas être présenté que politiquement par le gouvernement. Voir les autorités médicales s’en saisir a probablement beaucoup compté, tout comme certaines personnalités non politisées, comme la reine d’Angleterre ou des stars. »

Tout cela est bien beau, mais les explications montrent une chose : si la conviction n’était pas solide pour le « non » majoritaire en décembre, elle ne l’est probablement pas plus pour le « oui » mi-janvier. Michaël Rochoy à la conclusion : « Beaucoup d’effets marchent par tendance. Du coup, il suffirait d’un rien pour qu’on assiste à une nouvelle volte-face des Français. Un cas grave médiatisé, des stars qui refusent de se faire vacciner… L’effet boule de neige fonctionne dans les deux sens. ». Pour rappel, le même sondage avait été fait en novembre 2020. Cette fois, ils étaient 50 % à vouloir se faire vacciner. Le mois suivant, seulement 42 %.

Source : https://www.20minutes.fr/societe/2953903-20210115-coronavirus-pourquoi-population-change-avis-vaccin

Vaccins contre le Covid-19 : voici les réponses aux 41 questions les plus fréquentes que vous vous posez

Après des débuts timides et critiqués, la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France, lancée le 27 décembre, semble désormais bien engagée. Un deuxième vaccin, celui de Moderna, a obtenu son autorisation et un troisième, développé par AstraZeneca, pourrait à son tour obtenir un feu vert fin janvier.

>> Suivez toute l’actualité sur le Covid-19 dans notre direct

Ce déploiement suscite de nombreuses questions légitimes auxquelles franceinfo s’efforce de répondre ici, dans le cadre de son opération #OnVousRépond. Les plus curieux pourront également consulter le document (en PDF) réalisé par la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf).

Efficacité des vaccins

> Le vaccin de Moderna a-t-il la même efficacité que celui de Pfizer ?

Ces deux produits ont la même efficacité. Les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna ont fait l’objet d’essais cliniques de phase 3, en double aveugle et avec groupe placebo, menés respectivement sur 43 000 et 30 400 personnes. Le premier a atteint une efficacité de 95% sur les formes graves après l’administration des deux doses. Le deuxième, lui, a atteint une efficacité de 94,1% après les deux doses. L’efficacité a atteint 90,9% chez les participants à risque de Covid-19 sévère.

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> Y a-t-il des vaccins meilleurs que d’autres ?

Il est difficile de répondre à cette question, car tout dépend du critère adopté. Il existe aujourd’hui quatre grandes familles de vaccins, basés sur différentes technologies : à ARN messager (Pfizer, Moderna…), à vecteur viral (AstraZeneca…), à protéine recombinante et atténués (vaccins chinois des laboratoires Sinovac et Sinopharm…). Tous les produits mis sur le marché obtiennent de bons résultats. A ce jour, sur le plan clinique, il n’y a pas de raisons de privilégier le vaccin de Pfizer plutôt que celui de Moderna dans la stratégie vaccinale, estime d’ailleurs la Haute Autorité de santé. Elle souligne simplement que “les conditions de stockage sont moins contraignantes dans le cas du vaccin de Moderna”. L’efficacité du vaccin développé par AstraZeneca est évaluée autour de 70%. A titre de comparaison, celle du vaccin contre les grippes saisonnières oscille entre 60 et 70% selon les années.

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> Les vaccins sont-ils efficaces sur les nouveaux variants ?

Cela reste à confirmer. La seule chose dont on dispose pour le moment, c’est d’une pré-publication (en anglais) sur l’effet de la mutation N501Y – située au niveau de la protéine Spike, ou protéine S, et commune aux variants identifiés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud. Les auteurs ont utilisé le sérum d’individus immunisés par le vaccin de Pfizer/BioNTech, et ont vérifié que cette modification ponctuelle (N501Y) n’avait pas d’impact sur la fixation des anticorps vaccinaux et leur capacité de neutralisation virale. Cette mutation-clé a pour effet d’améliorer l’affinité entre le virus et les enzymes ACE2, qui font office de points d’entrée dans les cellules. C’est ce qui explique que les variants concernés se transmettent davantage.

“Au total, nous avons donc maintenant testé 16 mutations différentes [du variant], et aucune d’entre elles n’a vraiment eu d’impact significatif. C’est la bonne nouvelle.”

Phil Dormitzer, un scientifique de Pfizer spécialisé dans les vaccins viraux

dans un communiqué

Mais celui-ci reste prudent, car “cela ne veut pas dire que la 17e n’en aura pas”. Il faut donc attendre les résultats pour toutes les mutations composant les variants. Cela passe, par exemple, par l’étude des effets éventuels de la mutation E484K du variant identifié en Afrique du Sud, qui suscite quelques inquiétudes. A l’avenir, si besoin, la technologie ARN pourrait toutefois permettre à Pfizer et Moderna d’adapter leurs vaccins en quelques semaines.

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> Quelle est la durée de protection du vaccin ?

La durée de la protection n’a pas été établie à ce jour, rappelle la Haute Autorité de santé. Soulignons toutefois que le vaccin de Moderna a produit des anticorps au moins pendant 90 jours après la vaccination, selon une étude parue début décembre et menée sur 34 participants aux essais cliniques. Une légère baisse du niveau d’anticorps a été observée, tout en restant à un niveau plus élevé que dans le cas d’une immunité acquise après une infection. Ces trois mois sont un minimum et la durée d’immunité est sans doute plus longue.

Une autre étude, parue dans la revue Science, s’est penchée sur la persistance des anticorps après une infection naturelle. Les auteurs ont observé la présence d’anticorps sur une durée allant de six à huit mois dans près de 90% des cas, mais sur un petit échantillon d’une quarantaine de personnes. Et rien n’indique encore que les mêmes résultats soient obtenus avec le vaccin. Encourageant, mais pas plus. Il reste également à évaluer la “mémoire immunitaire”, qui pourrait également prolonger cette protection contre la maladie dans le temps.

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> Une fois vacciné, peut-on quand même être porteur et transmettre la maladie ?

La question de la transmission du virus par les personnes vaccinées n’est pas encore tranchée, car ce n’était pas l’objectif des essais cliniques de phase 3. Ceux-ci cherchaient en effet à démontrer la protection induite par le vaccin pour les formes symptomatiques de la maladie. Quelques données sont tout de même encourageantes. Chez Moderna, par exemple, le nombre de patients asymptomatiques était moins élevé (0,1%) dans le groupe vacciné que dans le groupe témoin (0,3%), après deux injections – ces données portent toutefois sur un petit échantillon. Chez AstraZeneca, une demi-dose lors de la première injection protégeait à 58% contre les infections asymptomatiques (pas d’effet avec une dose complète).

Par ailleurs, il est également fortement probable, même en cas d’infection, que la charge virale reste assez faible pour diminuer le risque de transmission. Mais des études complémentaires doivent être menées pour répondre à cette question. “Le vaccin protège des formes graves pulmonaires mais ça ne veut pas dire qu’il protège de la forme nasale ou de la forme oropharyngée”, a estimé le ministre de la Santé Olivier Véran, sur BFMTV.

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> Pourquoi est-il possible de retarder la seconde injection du vaccin Pfizer (jusqu’à six semaines) ?

La première dose offre déjà une certaine efficacité, mais la seconde est indispensable pour obtenir une réponse neutralisante. Cette décision de retarder la seconde injection vise à libérer davantage de doses pour vacciner un public plus large. Une telle décision est difficile à prendre, et le groupe Pfizer a lui-même rappelé qu’il ne disposait pas de données d’efficacité concernant une seconde dose injectée 21 jours après la première.

Cette modification du protocole peut toutefois être envisagée si le rapport risque/bénéfice est favorable. “On aura peut-être une petite perte d’efficacité, mais elle sera très largement compensée par le nombre de personnes qu’on va pouvoir vacciner”, résumé sur franceinfo l’infectiologue Odile Launay, membre du Comité scientifique vaccin Covid-19.

>> A LIRE AUSSI. Le vaccin est-il aussi efficace quand on allonge le délai entre les deux doses ?

Néanmoins, cette situation peut “favoriser la sélection de mutants capables d’échapper à cette réponse” partielle de la première dose, nuance le biologiste Claude-Alexandre Gustave, interrogé par franceinfo. Soumis à la pression de la première dose, le virus pourrait alors s’adapter afin de déjouer cette immunité partielle et non neutralisante. “Le fait d’allonger le délai entre les deux doses est possible, à condition d’assurer la seconde dose et d’éviter l’exposition au virus entre les deux.” Le report de la seconde dose a donc été limité à six semaines maximum.

Mais quoi qu’il arrive, ce délai restera fixé à trois semaines dans les Ehpad, a fait savoir le ministère de la Santé.

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> Peut-on se faire administrer la seconde dose avec un vaccin différent de celui utilisé pour la première injection ?

Cette solution n’est pas d’actualité en France. A ce jour, seul le Royaume-Uni a entrouvert la porte (PDF en anglais) au “mix vaccinal”, mais un tel recours devra rester exceptionnel. Il sera envisagé uniquement en cas de pénurie ou si le vaccin utilisé lors de la première administration est inconnu du patient et du médecin. Les autorités britanniques justifient leur choix en soulignant les similitudes entre le vaccin à ARN messager de Pfizer et celui à vecteur viral d’AstraZeneca, tous les deux visant à déclencher la production de l’antigène (la protéine S) dans les cellules de la personne vaccinée. Mais à vrai dire, aucune étude n’a encore été menée sur cette approche hybride dans le cadre de l’épidémie de Covid-19.

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Développement des vaccins

> Comment expliquer la rapidité d’élaboration du vaccin ?

Les chercheurs ne sont pas partis de zéro dans cette aventure. Ils avaient déjà ciblé un antigène pour les coronavirus, la protéine S, en raison des épidémies passées de Sars-CoV (2003) et de Mers-CoV (2012). Les fabricants de vaccins à ARNm disposaient également de données grâce aux essais menés contre plusieurs maladies. Juste après la publication de la séquence de l’antigène, en janvier 2020, le principe actif du vaccin était déjà prêt car on sait produire des brins d’ARN en laboratoire. Rapide à mettre en œuvre, cette technologie a logiquement pris l’ascendant sur les autres.

Voilà pour le volet recherche. Ensuite, les fabricants ont parfois superposé plusieurs phases des essais cliniques (1, 2 et 3), afin de gagner du temps. Enfin, les différentes autorités nationales et supranationales ont commencé à étudier les données des essais sans attendre un dossier complet, dans le cadre de procédures de “révision en continu” (ou rolling review). Cette mobilisation a permis de délivrer assez rapidement des autorisations de mise sur le marché “conditionnelles”, qui nécessitent encore davantage de données pour être entérinées.

Bien entendu, d’importants investissements publics et privés ont été réalisés pour répondre à l’urgence de la situation. Les laboratoires ont pu rapidement disposer de crédits importants, ce qui a dopé leurs travaux.

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> Les recherches sur les vaccins à ARN messager existent-elles vraiment depuis plus de vingt ans ?

En 1989, une société californienne est parvenue à insérer de l’ARN messager dans des nanoparticules de lipide avant de l’introduire dans des cellules, raconte le blog du Monde Réalités médicales. Et l’année suivante, des chercheurs du Wisconsin ont montré qu’un tel protocole permettait bien de guider la synthèse d’une protéine par les cellules. Il aura donc fallu plus de trente ans de travaux pour obtenir ce résultat. Cet “outsider” a surpris de nombreux observateurs, car la technologie avait déjà subi quelques revers dans des projets contre le Zika, la grippe, la rage et le cytomégalovirus, lors d’essais sur plusieurs centaines de participants. Est-ce pour cette raison que la Commission européenne a tardé avant de passer commande auprès de Pfizer et de Moderna ? Peut-être en partie.

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> Qu’en est-il des vaccins développés par les laboratoires français et pourquoi tardent-ils ?

Le groupe français Sanofi développe un candidat vaccin à protéine recombinante en partenariat avec le Britannique GSK (pour la partie adjuvant). Les résultats des essais de phase 1/2, dévoilés mi-décembre, étaient positifs pour les adultes entre 18 et 49 ans mais décevants dans les catégories d’âge suivantes (réponse immunitaire induite insuffisante). Thomas Triomphe, vice-président de la branche “vaccins” du groupe, a expliqué que les réactifs utilisés par les chercheurs pour mesurer les volumes d’antigène “n’étaient pas d’une qualité ou d’une pureté suffisantes”, dans un entretien au Wall Street Journal (en anglais) cité par Le Monde.

Un technicien du laboratoire Sanofi de Val-de-Reuil (Eure), en juillet 2020. (JOEL SAGET / AFP)

Un technicien du laboratoire Sanofi de Val-de-Reuil (Eure), en juillet 2020. (JOEL SAGET / AFP)Cette erreur a grandement perturbé les travaux. “Je trouve grave qu’un acteur majeur comme Sanofi ne soit pas plus vigilant vis-à-vis de ses fournisseurs”, a réagi auprès du quotidien français le coordinateur adjoint de la CGT-Sanofi, Fabien Mallet. Un nouvel essai doit débuter en février “avec une formulation d’antigène améliorée”, explique le groupe. Mais une phase 3 ne pourra pas débuter avant le deuxième trimestre 2021, ce qui relègue une éventuelle commercialisation à la toute fin de l’année, au mieux. Par ailleurs, Sanofi travaille sur un projet de vaccin à ARN, en partenariat avec la start-up américaine Translate Bio. Les essais de phase 1/2 doivent débuter au premier trimestre.

Enfin, le candidat vaccin de l’Institut Pasteur (en partenariat avec Themis), est actuellement en phase 1 d’essai clinique. Pour le moment, il s’agit donc d’évaluer sa toxicité chez un petit groupe de participants en bonne santé, dans le cadre d’une étude menée à l’hôpital Cochin, à Paris, et à Anvers (Belgique).

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> Quel est l’intérêt pour Sanofi de sortir un vaccin alors que plus de la majorité des citoyens sera vaccinée ?

Le laboratoire a pris du retard dans la course mondiale au vaccin. Mais le PDG de Sanofi France, Olivier Bogillot, défend tout de même l’intérêt de son vaccin candidat, dans un entretien à La Tribune, car, explique-t-il, “nous avons besoin de plusieurs vaccins et de milliards de doses pour lutter contre la pandémie actuelle”. A l’heure actuelle, “nous ne sommes pas encore assez armés pour ne pas donner leur chance à tous les vaccins”, ajoute Jean-Daniel Lelièvre, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), interrogé à ce propos par Le Monde. “Le sujet [de la vaccination] sera-t-il clos en 2021, ou faudra-t-il se faire vacciner régulièrement comme pour la grippe ?”, poursuit la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, dans le même quotidien. “On aura besoin d’un vaccin qui limite la circulation du virus chez les moins de 50 ans pour l’Europe, mais aussi pour les pays en développement.”

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> C’est pour quand, l’arrivée du vaccin d’AstraZeneca ?

Le Royaume-Uni (ainsi que l’Inde) a déjà approuvé ce vaccin à vecteur viral développé conjointement par AstraZeneca et l’université d’Oxford, mais celui-ci est encore en phase de “révision en continu” au sein de l’Union européenne. Une demande d’autorisation conditionnelle a été déposée mardi 12 janvier et les experts du Comité des médicaments à usage humain (CHMP) pourraient donner leur feu vert le 29 janvier. Ils terminent l’analyse des données sur la qualité de ce candidat vaccin.

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Effets indésirables éventuels

> Y a-t-il des effets secondaires au vaccin ?

Oui, comme pour tous les vaccins. Mais il faut tout d’abord distinguer les “événements graves”, quand un lien causal avec le vaccin n’est pas établi, et les “effets indésirables graves”, quand ce lien est avéré. Voici le détail des événements les plus fréquents survenus dans les sept jours après chaque injection, pour les deux vaccins à ARN disponibles sur le marché. Ces tableaux permettent de comparer les signalements du groupe “vaccin” et du groupe “placebo” dans les essais cliniques.

   (D'APRES LES DONNEES COMPILEES PAR LA HAUTE AUTORITE DE SANTE)

(D’APRES LES DONNEES COMPILEES PAR LA HAUTE AUTORITE DE SANTE)

    (D'APRES LES DONNEES COMPILEES PAR LA HAUTE AUTORITE DE SANTE)

Les événements les plus fréquemment observés avec le vaccin de Pfizer sont des douleurs au niveau de la piqûre (plus de 80%), de la fatigue (plus de 60%), des maux de tête (plus de 50%), des douleurs musculaires et des frissons (plus de 30%). Mais ils sont généralement d’une intensité faible à modérée et disparaissent en un jour ou deux. Leur fréquence diminue légèrement avec l’âge.

>> A LIRE AUSSI. Effets secondaires : ce que révèle le rapport de l’Agence américaine des médicaments sur le vaccin de Pfizer/BioNTech

Avec le vaccin de Moderna, les principales réactions observées sont une douleur à l’endroit de la piqûre (92%), de la fatigue (70%), un mal de tête (64,7%) ou une douleur musculaire (61,5%). Là encore, ces effets sont d’une intensité faible à modérée, disparaissent rapidement, et leur fréquence diminue un peu avec l’âge.

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> A-t-on déjà observé des complications graves ?

Une paralysie faciale temporaire est apparue chez quatre participants du groupe vacciné (aucun dans le groupe placebo) dans les essais de Pfizer, et ces cas sont toujours en cours d’investigation. Chez Moderna, trois cas de paralysie faciale périphérique ont été rapportés dans le groupe vacciné et un cas dans le groupe placebo. Une petite dizaine d’événements indésirables graves ont été recensés.

A la date du 23 décembre, 4 393 “événements graves” (0,2%) avaient été recensés aux Etats-Unis sur 1 893 360 doses administrées, selon les chiffres des Centers for disease control and prevention (CDC). On dénombrait 21 événements de réaction anaphylactique (0,0011%), avec des antécédents dans sept de ces cas. Une diminution temporaire de certaines cellules immunitaires (lymphocytes) a été observée dans un seul cas, un événement qualifié de “non grave”.

En France, “six effets indésirables graves avec une évolution favorable ont été observés en France avec le vaccin Comirnaty de Pfizer/BioNTech [administré à plus de 247 000 personnes au total en France] à la date de mercredi lors de cette troisième semaine de vaccination”, a précisé le 14 janvier l’ANSM. Il s’agit de “quatre cas de réactions allergiques et deux cas de tachycardie”. Une trentaine de cas d’effets indésirables non graves en lien avec le vaccin Comirnaty ont par ailleurs été enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance, selon l’ANSM.

A la suite de la survenue de cas de paralysies faciales dans d’autres pays avec ce vaccin, une expertise a été demandée à un centre de pharmacovigilance. L’analyse de ces cas confirme que ces troubles surviennent de façon extrêmement rare avec une incidence qui ne dépasse pas celle observée chaque année en période hivernale dans la population générale, note l’agence sanitaire.

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> Comment le suivi des injections est-il mis en place ?

Les médecins et pharmaciens sont soumis à l’obligation de déclarer tout effet indésirable suspecté d’être dû à un médicament. Les patients peuvent également signaler d’éventuels événements indésirables sur la plateforme nationale dédiée, à travers un téléservice utilisé lors de la vaccination ou sur le portail des signalements, disponible à cette adresse. En parallèle, des études de pharmaco-épidémiologie seront menées par plusieurs instances, dont Epi-phare, sur les personnes vaccinées et sur des groupes spécifiques pour identifier d’éventuels événements indésirables graves. Enfin, l’Inserm va suivre des cohortes dans la population.

Le premier rapport hebdomadaire sur l’ensemble des cas rapportés en France sera publié au cours de la semaine du 18 janvier. Un rapport sera ensuite publié toutes les semaines.

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>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : on vous explique comment les vaccins vont être scrutés après leur mise sur le marché en France

> Le vaccin à ARN messager modifie-t-il mon ADN ?

Non, les vaccins à ARN messager ne peuvent pas modifier le génome humain. Grâce à leur capsule graisseuse (couronne brune), ces brins (en bleu) entrent dans le cytoplasme (en jaune) des cellules et leur code est déchiffré par les ribosomes (en orange et violet), permettant la synthèse de l’antigène (protéine S). Mais le “matériel génétique de la personne vaccinée, qui se trouve dans le noyau de la cellule, ne va pas interagir avec l’ARN du vaccin”, explique à franceinfo Etienne Simon-Lorière, responsable de l’unité de génomique évolutive des virus à ARN à l’Institut Pasteur. Ces brins sont ensuite dégradés, toujours dans le cytoplasme de la cellule. Ils y côtoient d’ailleurs de nombreux autres ARN d’origine étrangère à l’organisme, sans que cela nous émeuve.

Les brins ARN sont encapsulés dans des nano-particules grasses, afin d'être en mesure de passer la membrane cellulaire. Leur information est ensuite lue par les ribosomes, déclenchant la production de l'antigène (protéine S). Ce processus se déroule à l'extérieur du noyau où se trouvent les chromosomes, et donc l'ADN. (ITZIAR GOMEZ-AGUADO ET ALII / REVUE "NANOMATERIALS")

Cet ARN messager est un peu comme la photocopie d’une page de livre (ADN), dont il est tout à fait incapable de réécrire les chapitres. En réalité, seuls les rétrovirus, comme le VIH, ont la capacité d’opérer une “rétro-transcription” de l’ARN à l’ADN, afin d’intégrer le noyau des cellules-hôtes. Les séquences ARN utilisées dans les vaccins de Pfizer et de Moderna ne contiennent pas l’enzyme (transcriptase inverse) permettant de rebrousser le chemin vers l’ADN, ni celle (intégrase) permettant d’intégrer le génome – le coronavirus “sauvage” entier non plus.

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> Est-il possible que le vaccin contre le Covid-19 entraîne une infertilité chez les femmes ?

Non. Les anticorps induits par la vaccination ne peuvent pas être dirigés contre des protéines humaines, et donc contre la syncytine, nécessaire à la fabrication du placenta. Mi-novembre, 12 grossesses avaient été recensées dans le groupe vaccin de l’essai clinique de phase 3 de Pfizer (11 dans le groupe placebo). Des études complémentaires doivent être menées.

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> Les vaccins de Pfizer et de Moderna intègrent-il des adjuvants ?

Le principe actif des vaccins de Pfizer et de Moderna est l’ARN. En raison du mode d’action, aucun produit n’est ajouté pour stimuler et améliorer la réponse immunitaire. Contrairement aux vaccins inactivés et à protéine recombinante, les vaccins à ARN n’ont donc pas besoin d’adjuvant.

Les différents composés nécessaires au vaccin sont disponibles sur le site (PDF, en anglais) de l’Agence européenne des médicaments. On retrouve tout d’abord les quatre composants des petites particules grasses qui encapsulent l’ARN, lui permettant d’entrer dans les cellules (lipide SM-102, cholestérol, lipide DSPC et lipide PEG2000 DMG). Figurent également dans la liste des sels et une solution tampon, qui permet de maintenir le PH (trométamol et hydrochloride de trométamol, acide acétique et acétate de sodium trihydratée). On trouve également du sucrose, pour la viscosité, et de l’eau stérile.

La liste des composants du vaccin de Pfizer et BioNTech est disponible à cette adresse (PDF, en anglais), avec là encore des composants pour les nanoparticules (lipide ALC-0315, lipide ALC-0159, lipide DSPC et cholestérol), des sels et une solution tampon (chlorure de potassium, phosphate de monopotassium, chlorure de sodium et phosphate disodique déshydraté), du sucrose et de l’eau stérile.

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> Les vaccins sont-ils des remèdes de type thérapie génique ?

Non, ils ne relèvent en aucun cas des thérapies géniques. Cette expression désigne des techniques prometteuses permettant de réparer le gène d’un patient. Le pôle de recherche financé par le Téléthon, par exemple, a récemment obtenu le feu vert pour un essai clinique sur la myopathie de Duchenne, une maladie dégénérative des muscles. Le principe est d’acheminer la séquence ADN du gène en question dans le noyau des cellules, grâce à un vecteur viral adapté en conséquence. Comme évoqué plus haut, l’ARN des vaccins de Pfizer et de Moderna a pour principe de guider la production d’une protéine S au niveau des ribosomes, dans le cytoplasme. Il n’entre pas dans le noyau, ne côtoie pas les chromosomes et ne peut pas interagir avec eux.

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Publics concernés

> Est-ce utile de se faire vacciner si on a déjà eu le Covid-19 ?

A ce jour, il n’y a pas de données permettant d’évaluer l’éventuel bénéfice de se faire vacciner après avoir été infecté, explique la HAS. Ce public n’est donc pas prioritaire. “Théoriquement, une personne qui a déjà rencontré le virus est protégée, expliquait Bruno Megarbane, chef du service de réanimation médicale à l’hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris, sur France 2. Il n’y a donc pas urgence à les vacciner”. Si l’intérêt semble a priori limité, un ancien malade pourra tout de même bénéficier du vaccin après un échange avec son médecin, car “le risque même théorique chez ces personnes apparaît (…) très faible”, précise encore la Spilf.

Le cas échéant, il faudra tout de même respecter un délai minimal de trois mois après le début des symptômes et ne pas présenter de symptômes persistants. Les personnes ayant été en contact avec une personne malade devront d’abord se faire tester avant d’envisager une vaccination.

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> Pourquoi les personnes âgées sont-elles vaccinées en premier ?

Les premiers vaccins viennent juste d’être autorisés et les doses sont disponibles en nombre limité. Il faut donc faire des choix. Le gouvernement veut tout d’abord désengorger les hôpitaux. Il met donc l’accent sur les publics les plus vulnérables au virus et les plus susceptibles de développer des formes graves de la maladie. “Cette stratégie est celle qui permet la plus grande réduction des formes sévères et des décès”, faisait valoir la Haute Autorité de santé (HAS) fin décembre, un mois après avoir recommandé de cibler en priorité les résidents des Ehpad et autres hébergements collectifs. Ces derniers représentent en effet les premières victimes de la maladie depuis le début de l’épidémie.

Plusieurs observateurs, toutefois, ont fait remarquer que les données cliniques étaient encore incomplètes, voire inexistantes, pour les catégories d’âges les plus hautes. En réalité, des personnes âgées ont bien pris part aux essais cliniques menés par les fabricants – 4,3% des participants à l’essai de Moderna étaient âgés de plus de 75 ans, souligne LCI. Malgré tout, la HAS recommande de mener “des études complémentaires” dans la sous-catégorie des plus de 75 ans, afin de “confirmer les résultats rassurants de sécurité et d’efficacité du vaccin chez les plus âgés”. La campagne a pu débuter car la balance bénéfice-risque est jugée positive.

“On peut vacciner les plus jeunes, mais si ça se trouve ils sont toujours aussi transmetteurs, donc ça ne sert à rien, a résumé sur franceinfo Dominique Le Guludec, présidente de la HAS. ll faut vacciner ceux qui sont la cible, ceux à qui ils peuvent le donner et qui ont un risque de forme sévère.”

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> Parmi les personnels de santé qui peuvent déjà se faire vacciner, les techniciens de laboratoire et les secrétaires médicales sont-ils inclus ?

Depuis le 5 janvier, les professionnels de santé âgés de 50 ans ou plus, ainsi que ceux présentant des risques de développer une forme grave de la maladie, peuvent se faire vacciner. Cela comprend les secrétaires médicales, les techniciens de laboratoire, les préparateurs en pharmacie, les ambulanciers, les manipulateurs radio et les pompiers. Il faut présenter un document justifiant de sa profession et de son âge, et le cas échéant, pour établir le risque ouvrant l’accès au vaccin (par exemple une ordonnance).

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> Sait-on quand le gouvernement a prévu d’ouvrir la vaccination aux personnes souffrant de pathologies dites “à risque”, comme le diabète par exemple ?

De nouveaux publics, en effet, ont été déclarés prioritaires et pourront donc bénéficier du vaccin dès lundi 18 janvier. Le ministre Olivier Véran a dévoilé jeudi soir la liste suivante, sur avis de la HAS et d’Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale : insuffisance rénale chronique sévère, cancer sous traitement, transplantés d’organe et personnes atteintes de trisomie. Ces personnes devront obtenir une ordonnance de leur médecin traitant. Cela concerne 800 000 personnes atteintes de maladies graves qui les rendent vulnérables à des formes graves du Covid-19. En revanche, le diabète n’a pas été mentionné par le ministre.

 

Les personnes âgées de 65 ans et plus pourront se faire vacciner à la fin du mois de février. (GOUVERNEMENT)

 

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> Le vaccin contre le Covid-19 est injecté en intramusculaire. Quel est le protocole pour les personnes sous anticoagulants ?

La vaccination n’est pas contre-indiquée chez les patients sous anticoagulants, à condition de prendre les précautions nécessaires. La Haute Autorité de santé en détaille quelques-unes : injection dans le muscle deltoïde, aiguille de petit calibre, pression ferme sur le point d’injection sans massage ni frottement (pendant deux minutes au moins…). Par ailleurs, le patient doit être informé du risque d’hématome avant de bénéficier du vaccin.

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> Pour les personnes séropositives, est-il important de se faire vacciner ?

Les personnes qui vivent avec le virus du VIH n’ont pas été exclues des études mais les données de ce groupe n’ont pas été incluses dans l’analyse de l’efficacité du vaccin de Moderna, par exemple. La Haute Autorité de santé recommande tout de même de leur proposer la vaccination, “quel que soit le nombre de CD4” (une protéine de surface dont le nombre détermine l’état immunitaire du patient). En Allemagne, les personnes qui vivent avec le virus du VIH sont intégrées dans le troisième groupe des personnes prioritaires. Au Royaume-Uni, elles figurent dans le sixième des neuf groupes prioritaires. En France, cette population ne fait pas l’objet d’une mesure de priorité.

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> J’ai des maladies auto-immunes. Le vaccin est-il conseillé ?

Les personnes ayant un traitement immunosuppresseur et les personnes immunodéprimées (hors VIH) ont été exclues des études cliniques, rappelle la HAS (PDF). Mais la vaccination est tout de même recommandée dans ces situations, car ces populations font partie des personnes à risque de forme grave. Il convient d’en parler avec son médecin.

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> Mon fils de 10 ans peut-il se faire vacciner ?

Ce n’est pas d’actualité. “Nous avons raisonné par ordre de priorité, et clairement les catégories jeunes ne font pas partie des plus à risque”,expliquait début décembre au Parisien Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations de la HAS. Mais surtout, les fabricants doivent d’abord obtenir une autorisation de mise sur le marché pour cette catégorie d’âge, qui n’a pas participé aux essais cliniques menés jusqu’ici. Pour le moment, Pfizer ne dispose d’une AMM que pour les personnes âgées d’au moins 16 ans et Moderna pour les personnes âgées d’au moins 18 ans. Le premier a débuté un essai en octobre avec des participants âgés entre 12 et 15 ans. Le second n’a pas encore débuté le recrutement pour un essai sur 3 000 volontaires de 12 à 17 ans.

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Contre-indications

> La vaccination est-elle compatible avec la grossesse et l’allaitement ?

Lors des essais pré-cliniques menés par Pfizer et Moderna sur les animaux, il n’y a pas eu d’effets secondaires sur la fertilité, la grossesse ou le développement du fœtus. A ce stade, ce type d’étude spécifique n’a pas été mené chez les femmes enceintes, mais aucun événement indésirable n’a été signalé chez celles qui ont participé aux essais cliniques. Par simple mesure de précaution, des études spécifiques sont prévues et les femmes enceintes sont pour le moment exclues des campagnes de vaccination.

L’administration du vaccin ne sera envisagée que lorsque le bénéfice attendu sera supérieur au risque éventuel, ajoute l’Agence européenne des médicaments. Les autorités britanniques recommandent (PDF en anglais) par exemple aux femmes enceintes ou qui allaitent de solliciter l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de se faire vacciner. “Par mesure de précaution, vous devriez éviter de tomber enceinte au moins deux mois après le vaccin”, est-il également mentionné. Par ailleurs, il n’existe pas encore de données sur une éventuelle excrétion de vaccin dans le lait maternel.

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> Peut-on consommer de l’alcool une fois vacciné contre le Covid-19 ?

Cette question a notamment fait l’objet d’un débat en Russie, début décembre, après des consignes gouvernementales prônant deux semaines d’abstinence avant la première injection et trois semaines après la seconde, soit deux mois au total en comptant l’intervalle. “Si vous voulez être forts et avoir une réponse immunitaire forte, ne buvez pas d’alcool”, a notamment déclaré la responsable de l’agence sanitaire russe. En France, le Haut Conseil de la santé publique avait d’ailleurs classé la surconsommation d’alcool parmi les facteurs pouvant expliquer une non-réponse au vaccin contre l’hépatite B.

Cette durée de deux mois semble toutefois exagérée et ne repose sur aucune donnée scientifique. Interrogé à ce propos par New Scientist (en anglais), le responsable du centre Gamaleïa de Moscou a simplement évoqué la nécessité d’adopter un comportement responsable, comme pour tous les vaccins, afin de laisser le corps former une réponse immunitaire dans de bonnes conditions – au moins pendant trois jours avant et après. Les fabricants Pfizer et Moderna n’ont émis aucun avertissement sur ce point, qui reste mal documenté scientifiquement.

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> Je me fais vacciner contre le tétanos, pourrai-je ensuite me faire vacciner contre le Covid-19 ?

Oui, mais la Haute Autorité de santé préconise (PDF) tout de même un intervalle minimum de 14 jours entre un vaccin contre le Covid-19 et un autre vaccin, en l’absence de données sur une administration concomitante. Il est également conseillé “de ne pas faire un autre vaccin dans l’intervalle entre les deux doses de l’un ou l’autre des vaccins”, précise l’HAS. Enfin, si le vaccin contre le Covid-19 est administré par inadvertance dans les 14 jours suivant l’administration d’un autre vaccin, il n’est pas nécessaire d’administrer une dose supplémentaire pour l’un ou l’autre de ces vaccins.

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Organisation de la campagne vaccinale

> Les CPAM vont-elles adresser un courrier, comme pour le vaccin de la grippe, aux personnes dites prioritaires ?

Un courrier d’invitation sera prochainement envoyé par l’Assurance-maladie aux personnes âgées de 75 ans et plus, département par département, afin de les informer sur le centre de vaccination le plus proche de chez elles. Ces lettres seront envoyées progressivement, afin d’éviter une saturation des centres.

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> Faut-il passer un test avant de se faire vacciner ?

Cela ne semble pas utile, sauf si vous avez été en contact avec une personne malade. Si vous avez eu le Covid-19, il suffit, comme expliqué plus haut, d’attendre trois mois après le début des symptômes, voire de prendre conseil auprès de votre médecin. Par ailleurs, la HAS ne recommande pas la réalisation d’une sérologie pour appuyer la décision de vaccination, car celle-ci “ne permet pas d’attester d’une immunité face au virus”. Il est encore difficile, à l’heure actuelle, de définir “le marqueur immunologique de protection contre le SARS-Cov-2”, détaille la Haute Autorité de santé.

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> Pourra-t-on choisir le vaccin qui nous sera administré ?

Négatif. “Aujourd’hui, nous avons deux vaccins validés, deux vaccins à ARN messager avec la même efficacité [et] les mêmes indications”, a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran sur BMFTV, le 7 janvier. “Il n’y a pas lieu de poser la question du choix”, a-t-il ajouté. “Si les indications sont les mêmes que pour les deux premiers, vous serez vaccinés par l’un ou par l’autre. On ne va pas commencer avec : ‘Moi je préfère un vaccin à virus atténué, moi un vaccin à ARN…’ On ne ne s’en sortirait pas.” Voilà qui a le mérite d’être clair.

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> Il était question de pouvoir manifester son intention de se faire vacciner, par exemple sur l’appli TousAntiCovid. Qu’en est-il ?

Le ministre de la Santé Olivier Véran, en effet, avait annoncé sur RTL que les Français souhaitant avoir accès au vaccin pourraient bientôt s’inscrire sur internet, par téléphone ou sur l’application TousAntiCovid. Ce dispositif a été lancé le jeudi 14 janvier, mais à l’attention des publics concernés, à savoir les personnes âgées de plus de 75 ans. Un numéro national a été mis en place (0800 009 110), le site sante.fr a été actualisé et il est également possible de contacter directement l’un des centres de vaccination disponibles. A ce jour, en revanche, aucun calendrier de pré-inscription n’a été communiqué pour l’ensemble de la population.

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> Pourquoi le ministre de la Santé français ne se fait-il pas vacciner devant les caméras ?

C’est un choix de communication politique. Faut-il donner l’exemple à ses compatriotes et lancer le mouvement, comme le président élu américain Joe Biden ou le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou ? Ou s’en tenir à la stratégie vaccinale adoptée, par souci de cohérence ? Le gouvernement français a choisi la seconde option. “Je n’aurai aucune difficulté à me faire vacciner, je peux même vous dire mon impatience à pouvoir être protégé par le vaccin, a déclaré fin décembre le ministre de la Santé, interrogé à ce propos sur France 2. [Mais] je suis à faible risque de forme grave, étant âgé de 40 ans, donc je laisse la place à celles et ceux qui doivent en bénéficier en priorité.” 

Et Olivier Véran de poursuivre : “Si je me faisais vacciner devant les caméras, les plus réfractaires d’entre nous diraient que ce n’est pas le vaccin qu’on m’a inoculé. D’autres diraient que j’ai pris la place d’une personne fragile.” Il a de nouveau défendu cette position, lors d’une récente audition à l’Assemblée nationale. Depuis plusieurs jours, de très nombreux professionnels de santé publient des images de leur vaccination sur les réseaux sociaux, mais ils font partie des publics concernés par la campagne.

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> Des “vaccinodromes” vont-ils être mis en place en France, comme en Allemagne ?

Cette question a fait l’objet d’un débat parfois animé entre des professionnels hospitaliers, plutôt favorables à cette option, et des médecins généralistes, qui y sont plutôt opposés. En Allemagne, certains “vaccinodromes” peuvent accueillir jusqu’à 5 000 personnes par jour, dans des espaces publics aménagés pour l’occasion. De son côté, la France privilégie la mise en route, d’ici à la fin janvier, de 600 centres médicaux – la liste est en train d’être dressée. Ils viendront en appui des hôpitaux et accompagneront le déploiement de la stratégie vaccinale, en accueillant d’abord les personnes âgées d’au moins 75 ans, en dehors des Ehpad.

>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : les “vaccinodromes” font-ils défaut à la France ?

La campagne devrait être ouverte à tous les Français, sans restriction, vers la fin du printemps. Le gouvernement semble privilégier une vaccination de proximité. Début décembre, le Premier ministre, Jean Castex, avait souhaité que le médecin traitant “soit au cœur du dispositif”. A la fin du mois, Olivier Véran avait fait référence au précédent de la grippe H1N1, en 2009, et déclaré qu’on avait déjà “essayé [les ‘vaccinodromes’] en France” et que “ça n’avait pas marché”. Par ailleurs, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a estimé sur franceinfo que les entreprises pourraient “jouer un rôle” lors de l’ouverture de la vaccination au plus grand nombre.

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> Pourquoi n’utilise-t-on pas les pharmacies comme relais pour la vaccination ?

Cette question n’a pas encore été évoquée par les autorités sanitaires. Il est vrai que les pharmaciens peuvent réaliser certaines vaccinations depuis l’an passé. Cet automne et cet hiver, ils ont vacciné 3,6 millions de personnes contre la grippe saisonnière, selon l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Interrogé dans Le Figaro, son président Gilles Bonnefond réclame donc que les pharmaciens aient l’autorisation de participer à la campagne contre le Covid-19. “Les statistiques montrent que 40 heures de vaccination seraient nécessaires à chaque médecin, à raison de cinq vaccins par minute, abonde sur franceinfo Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau (Pas-de-Calais) et membre du collectif Du côté de la science. Il faut déléguer la tâche aux pharmaciens.”

Ce recours aux pharmacies, toutefois, semble plus aisé à mettre en route avec le vaccin développé par AstraZeneca, pour des raisons logistiques liées à la conservation des vaccins à ARNm.

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Vie sociale et voyages

> Si nous nous faisons vacciner, allons-nous avoir un “passeport vaccinal” ?

Dominique Le Guludec, présidente de la Haute Autorité de santé, a affirmé sur franceinfo que ce n’était pas à l’ordre du jour : “Nous ne nous sommes pas penchés sur cette question parce que, tout bêtement, on ne sait pas si ce vaccin bloque la transmission, ça n’a donc pas de sens.” Et même en cas de données convaincantes sur le blocage de la transmission, cette question restera débattue.

Après des protestations, le gouvernement a déjà remballé fin décembre un projet de loi sur les urgences sanitaires, qui prévoyait la possibilité future de “subordonner” certains déplacements et activités à la présentation d’un test négatif, d’un vaccin ou d’un traitement. Une telle mesure pourrait être “conforme aux droits fondamentaux, mais à certaines conditions assez exigeantes, explique à franceinfo Serge Slama, professeur de droit public à l’université de Grenoble-Alpes.

>> A LIRE AUSSI. Covid-19 : le passeport vaccinal serait-il légal ?

Le gouvernement a toujours répété que le vaccin ne serait pas obligatoire, mais un éventuel “passeport” vaccinal pourrait changer la donne. Par ailleurs, il faudrait d’abord rendre ce vaccin accessible à tous, prévoir des dérogations pour ceux qui ont des contre-indications médicales et préciser le champ d’application d’un tel sésame. Il faudrait également préciser la manière dont les contrôles seront réalisés, et quelle preuve utiliser (carnet de vaccination, application…). La question des données médicales est sensible.

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> Une personne vaccinée contre le Covid-19 aura-t-elle toujours besoin de porter un masque ?

Oui. Au bénéfice du doute, une personne vaccinée devra continuer à porter le masque et à respecter les gestes barrières. Les chercheurs tentent de savoir si les anticorps induits par le vaccin ont la capacité de se projeter rapidement dans les muqueuses nasales, avant que le virus n’ait le temps de s’y répliquer et d’être transmis par voie aéroportée à un autre individu. Certains laboratoires planchent d’ailleurs sur des vaccins nasaux, qui permettraient de monter la garde très tôt en cas d’infection.

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> Devra-t-on se faire vacciner tous les ans ?

Ce n’est pas exclu. “Il est possible que la Covid-19 devienne une maladie à recrudescence saisonnière comme la grippe, explique la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), ce qui pourrait justifier l’obtention d’une immunité à long terme”. Il faudra donc surveiller deux paramètres : la durée de l’immunité induite par le vaccin, mais aussi l’évolution du virus. Si l’organisme n’est plus capable de reconnaître d’éventuels variants, il faudra alors adapter le vaccin en conséquence.

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> Le vaccin sera-t-il imposé plus tard pour les voyages internationaux ?

Le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a répondu “plutôt non” à cette question, lundi sur LCI. Mais l’Association du transport aérien international élabore depuis l’an passé un “travel pass” (“passeport pour voyager”) utilisable sur smartphone. Celui-ci permettrait de prouver sa vaccination aux compagnies aériennes et aux douanes. “Je ne pense pas qu’une compagnie aérienne, de son propre chef, ait la compétence juridique pour imposer ça à des passagers sans que ça ait été avalisé par des autorités administratives”, rappelait toutefois Guy-Pierre Caron, avocat au barreau de Paris, sur France 2. A ce jour, aucun pays n’a introduit l’obligation de présenter un document prouvant sa vaccination. Enfin, le comité d’urgence de l’OMS s’est exprimé contre un certificat de vaccination nécessaire aux voyages internationaux.

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 Source: Vaccins contre le Covid-19 : voici les réponses aux 41 questions les plus fréquentes que vous vous posez

Dans les cantines scolaires, le grand flou sur les cas contacts

Considérés jusqu’à récemment comme des lieux peu contaminants, les cantines sont désormais dans la visée du gouvernement. Pour l’heure, pourtant, la procédure concernant les cas contacts semble y être très vague. Le protocole sanitaire renforcé annoncé jeudi soir apportera peut-être des réponses.

C’était peu avant les vacances de Noël. Dans une classe de CM2, un cas de Covid se déclare chez un élève, puis un deuxième à une semaine d’intervalle. La consigne dans cette école située en petite couronne est alors de ne rien dire aux autres enfants. Motus et bouche cousue. Mais le maître passe outre. « Je préfère vous prévenir pour que vous évitiez de voir vos grands-parents cette semaine », leur glisse-t-il en catimini. Et sinon ? C’est tout.

En deçà de trois cas positifs la même semaine dans des fratries différentes, le protocole sanitaire ne prévoit rien de spécial. Que les camarades d’un enfant malade ne soient pas considérés, port du masque oblige, comme des cas contacts à risque, pourquoi pas. Mais que dire de la cantine où tout le monde parle fort, la bouche pleine, et picore dans l’assiette du voisin ? La règle générale veut que quiconque passe plus de 15 minutes en face-à-face, non masqué, avec une personne contaminée soit invité à s’isoler. Sauf dans les écoles, où déjeuner avec un copain positif au Covid-19 n’est pas une contre-indication à aller en cours. « Il n’y a aucune raison de fermer les cantines scolaires car il y a très peu de risques d’être contaminé à l’école », expliquait ainsi le ministre de la Santé Olivier Véran sur BFM TV, le 7 janvier. Quatre jours plus tard, virage à 180 degrés. La fermeture des restaurations scolaires semble même envisagée pour freiner la propagation du virus. Finalement, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi soir un « renforcement du protocole sanitaire » dans les cantines scolaires, « maillon faible de l’organisation puisque c’est le moment où on enlève son masque ». Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a évoqué « en dernier recours (…) des solutions de repas à emporter ».

Il faut dire que le variant anglais, qu’on suspecte d’être à l’origine d’une augmentation des cas chez les enfants et les adolescents au Royaume-Uni, a été repéré sur le territoire hexagonal. Surtout, les derniers chiffres de Santé publique France indiquent une explosion du taux de positivité des tests, qui atteignait 10 % chez les 0-9 ans dans la semaine du 2 au 8 janvier, contre 6,3 % dans la population générale. Un écart qu’il convient toutefois de relativiser, sachant que parmi les plus jeunes, on ne soumet à l’épreuve du coton-tige dans le nez que ceux qui ont des symptômes ou sont cas contacts. Mais voilà quand même de quoi fragiliser la théorie qui préside au maintien des écoles ouvertes en France, selon laquelle les enfants seraient moins touchés que les adultes et peu contagieux.

“On ne nous dit pas si nos enfants sont cas contacts”

Cette affirmation controversée au sein même de la communauté scientifique convainc d’ailleurs de moins en moins sur le terrain. Des parents malades en viennent à douter : qui a bien pu les contaminer sinon leurs enfants, alors qu’ils travaillaient chez eux, avaient suspendu toute vie sociale, ne prenaient plus les transports en commun et ne sortaient pas faire les courses sans leur masque et leur flacon de gel hydro-alcoolique ? Au hasard de tests PCR réalisés avant un séjour chez les grands-parents, Raphaël a découvert qu’un de ses trois enfants était positif. C’était le seul cas de la famille. « Il est plus que probable que mon fils l’a attrapé à l’école », relève-t-il. Mais on se rassure comme on peut : « Nous n’avons aucune info officielle sur l’organisation de la cantine, on ne nous dit pas si nos enfants sont cas contacts. On a su qu’il y avait eu des enfants positifs par le bouche-à-oreille, mais, à ce que je sache, ils ne l’ont pas transmis à leurs camarades », suggère une mère.

Les enseignants sont peut-être les moins enclins à croire à l’idée que la contagiosité s’arrêterait aux portes de leur établissement. « J’ai un cas de Covid dans mon école, un enfant qui a mangé à la cantine avec ses camarades de classe, raconte une professeur des écoles sur les réseaux sociaux. Demande officielle de ne pas en parler, et personne n’est considéré comme cas contact… Cela prouve qu’à l’école, même sans masque et en mangeant, on ne peut pas attraper le Covid ! » Certains ont fait de la transparence une affaire personnelle : « J’ai eu un cas dans ma classe, je l’ai aussitôt dit à tous les
parents. On l’a même affiché sur le devant de l’école. C’est une question de santé publique. Je n’en ai rien à faire des possibles reproches. J’ai la conscience tranquille. » Mais ce n’est pas la règle, y compris à l’école maternelle où les petits sont exemptés de masque. « Un enfant malade a été présent une journée complète en classe. L’inspection a considéré que personne ne serait cas contact. Résultat : l’Atsem (1) est malade. Gloups ! » s’étrangle une autre enseignante.

“Les élèves d’une même classe doivent manger ensemble et, dans la mesure du possible, toujours à la même table”

En matière de restauration scolaire, le protocole sanitaire fait un peu comme si de rien n’était. Il préconise juste de maintenir dans les réfectoires une distance de 1 mètre entre les élèves ou, à défaut, de faire déjeuner ensemble « les élèves d’un même groupe (classe, groupe de classes ou niveau) ensemble et, dans la mesure du possible, toujours à la même table ». À l’école primaire, « l’organisation de la cantine, qui relève des municipalités, incombe à la directrice du centre de loisirs. Or il n’est pas prévu que celle-ci puisse déclarer des cas contacts », précise Catherine, directrice d’école en Seine- Saint-Denis. « Je peux moi-même déclarer des cas contacts à la cantine mais ça ne déclenchera rien. Et si la municipalité est mise au courant, je ne suis pas du tout sûre qu’elle fasse remonter l’information à l’Éducation nationale », poursuit l’intéressée.

Au collège et au lycée, « on ne remonte pas systématiquement les cas contacts à la cantine », admet également Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES- FSU. Pour elle, « on ne peut pas fermer les cantines alors que pour certains élèves c’est le seul repas de la journée, et que d’autres vivent en milieu rural et n’ont pas le temps de rentrer chez eux ». Reste à « sortir du débat binaire – soit on ferme, soit on laisse ouvert n’importe comment – dans lequel l’Education nationale est enfermée ». Catherine ne décolère pas : « Si on en vient ensuite à fermer les écoles alors que rien n’aura été mis en place pour l’éviter, les enseignants l’auront mauvaise. » Des alternatives, Michaël Rochoy, médecin généraliste, membre du collectif « Du côté de la science », ne se lasse pas d’en proposer. Mieux ventiler les réfectoires, passer en demi- groupe pour réduire l’affluence le midi, répartir les élèves sur deux salles, installer des Plexiglas quand la densité reste trop élevée, déjeuner dehors dès que le temps le permettra… Les solutions ne manquent pas. « Masquer les élèves en classe, c’est super, opine-t-il, mais si c’est pour qu’ils mangent tous ensemble, ça devient absurde. »

(1) Agent territorial spécialisé des écoles maternelles. C’est la personne qui assiste l’enseignant(e) dans la classe.

Source: Dans les cantines scolaires, le grand flou sur les cas contacts

Coronavirus : faut-il rendre obligatoire le port du masque FFP2 dans les lieux à risque ?

Covid-19 : faut-il rendre obligatoire le port du masque FFP2 dans les lieux à risque ?

Matthieu Brandely

·6 min de lecture
Le docteur cubain Jose Enrique Ortiz porte un masque FFP2 et une protection faciale, le 15 mai 2020.

En Bavière, le port du masque FFP2 sera obligatoire dans les transports en commun et dans les magasins, pour lutter contre la hausse des cas de Covid-19.

Un masque plus protecteur pour les lieux les plus à risque de contamination. C’est l’idée mise en place par les autorités de Bavière, en Allemagne, qui ont décidé d’imposer le port d’un masque FFP2 dans les transports en commun et les magasins de la région à la place des masques chirurgicaux ou des masques en tissus.

D’un point de vue sanitaire, le masque FFP2 présente un avantage que n’a pas le masque chirurgical. Le masque FFP2 “protège le porteur du masque contre l’inhalation de particules en suspension dans l’air, avec une filtration de 94 % des aérosols”, rappelle l’INRS, l’Institut national de recherche et de sécurité, alors que le masque chirurgical, “destiné à éviter la projection vers l’entourage des gouttelettes émises par celui qui porte le masque (…), ne protège pas contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air”.

“Le FFP2 est un masque très important quand on entre dans un ‘nuage viral’, avec une possible forte concentration du virus. C’est indispensable pour les soignants qui examinent des patients qui ne portent pas de masques, comme les dentistes par exemple”, décrypte Jérôme Marty, médecin généraliste et président du syndicat UFML.

De nombreux inconvénients pour le FFP2

Pourtant, la décision de rendre obligatoire le port d’un masque FFP2 dans certains lieux laisse certains médecins dubitatifs : “D’un point de vue strictement sanitaire, oui cela peut être une bonne idée. Mais il faut prendre en compte le coût du masque FFP2, et ses caractéristiques. Et là, l’idée paraît moins convaincante”, ajoute Michaël Ronchoy, cofondateur de Stop-postillons, qui prônait dès le mois de mars le port d’un masque en population.

Si le masque chirurgical est devenu très abordable, à peine quelques centimes l’unité depuis l’accélération de sa production, le masque FFP2 reste bien plus cher, environ 1 euro le masque. “Un coût qui pourrait créer une difficulté pour les ménages les plus modestes”, redoute Michaël Ronchoy, médecin généraliste et membre du collectif Du côté de la science.

Le masque FFP2, 10 fois plus cher qu’un masque chirurgical

Sur Internet, on trouve des masques FFP2 vendus par 20, à environ 20-25 euros, selon les sites. Les masques chirurgicaux, dont le prix à l’unité a atteint le plafond de 0,95€ durant la première vague, a nettement baissé. En septembre plusieurs grandes surfaces cassaient les prix en vendant des boîtes de 50 masques à 4,99 euros, soit 10 centimes l’unité.

Vidéo : Les masques, protection pour l’homme, danger pour les animaux

Les masques, protection pour l’homme, danger pour les animaux

S’ils protègent les humains face à l’épidémie de coronavirus, ils représentent en revanche une menace pour la vie sauvage. La faune marine se retrouve prise au piège des masques qui finissent par polluer mers et rivières, et qui en se décomposant ont un impact sur toute la chaîne alimentaire.

Un écart de prix confirmé par Gilles Bonnefond, président de l’Union syndicale des pharmaciens d’officine (USPO). Les masques FFP2 “sont des produits toujours importés de Chine et qui restent assez chers, dix fois plus que les masques chirurgicaux”, expliquait-il en décembre dernier à Libération.

Un masque “pas agréable à porter”

Au problème financier, s’ajoutent des caractéristiques particulières pour un masque FFP2. S’il ne laisse pas entrer les aérosols, il est beaucoup moins facile à porter qu’un masque chirurgical.

“Avec un masque FFP2, dès que vous inspirez, le masque vient se coller à votre visage, pour éviter aux gouttelettes d’entrer. Ce n’est pas agréable à porter, le soir, vous êtes contents de l’enlever”, ajoute le président du syndicat UFML, qui nous précise en porter un durant ses consultations. “Au niveau du souffle, un masque FFP2 va être plus difficile à supporter si vous montez des escaliers, ou si vous faites un autre effort modéré”, ajoute Michaël Ronchoy.

Des masques qui avaient été réquisitionnés par l’État

Un inconvénient majeur qui pourrait rendre compliquée l’adhésion à une telle mesure. “Le port du masque chirurgical a mis un peu de temps avant d’être majoritairement accepté. Avec ses caractéristiques particulières, les Français auraient peut être encore plus de mal à adopter le FFP2”, pointe du doigt Jérôme Marty qui craint aussi qu’une telle mesure donne du grain à moudre aux anti-masques.

En France, dès le mois de mars, les masques FFP2 ont été rationnés et distribués par l’État aux seuls établissements de santé, pour faire face au manque de stock. Depuis un décret datant de fin octobre, ils sont accessibles au grand public, mais les préfets peuvent décider d’une réquisition si la situation sanitaire l’exige. Des masques aujourd’hui essentiellement disponibles sur Internet, dans les pharmacies ou dans les magasins de bricolage.

Un bénéfice assez limité

D’un point de vue sanitaire, le bénéfice de rendre obligatoire le masque FFP2 dans certains lieux serait assez limité, estime Michaël Ronchoy : “Dans les magasins et les transports, le masque chirurgical est déjà obligatoire, donc la contamination réduite. Si tout le monde porte un masque chirurgical, qui empêche les gouttelettes de sortir du patient malade, il y a peu d’intérêt à porter un masque qui empêche les gouttelettes d’entrer”, simplifie le médecin généraliste.

Autre détail, soulevé par le président du syndicat UFML : “Si on rend le FFP2 obligatoire, il faudrait expliquer la différence avec un FFP2 utilisé dans le BTP, avec une valve. Celui-ci n’a aucun intérêt car il est fait pour protéger contre l’inhalation de produits chimiques ou de poussières. La valve permet de faciliter l’expiration, donc faciliterait la sortie du virus. Porter un tel masque avec une valve, c’est comme le porter aucun masque, car on ne protège personne,” souligne Jérôme Marty.

Des leviers d’action “moins coûteux et plus efficaces” à actionner

“Quand on prend en compte le coût et les inconvénients du FFP2, qu’on le met en face des faibles gains sur la contaminations, je trouve que la balance bénéfice/inconvénient n’est pas en faveur du port du FFP2 obligatoire”, tranche Michael Ronchoy.

Pour lui, le gouvernement a à sa disposition des leviers d’actions “qui seraient bien moins coûteux et plus efficaces” pour enrayer les contaminations, comme les lieux à risque, les cantines ou les lieux de restauration d’entreprise.

Une expérience avec des FFP2 concluante durant un concert

En Espagne, une expérience grandeur réelle a été menée pour étudier des conditions sanitaires permettant la reprise des concerts. Parmi les mesures en place durant cette expérience, le port d’un masque de type FFP2 était obligatoire pour les participants.

Aucune personne du groupe des participants n’a été testée positive lors du dépistage réalisé 8 jours après l’événement. “Le résultat aurait peut-être été le même avec des masques chirurgicaux”, remarque Jérôme Marty, qui regrette que l’expérience n’ait pas également pris en compte un groupe de participants avec ce type de masques.

Source : https://fr.news.yahoo.com/coronavirus-masque-fpp2-obligatoire-lieux-risque-173057870.html

Coronavirus : La campagne de vaccination localisée, une bonne idée ?

EPIDEMIE Des doses de vaccins plus nombreuses sont envoyées dans les régions les plus touchées de France, et certaines dates de vaccination sont avancées dans l’EstJean-Loup Delmas

Publié le 12/01/21 à 12h57 — Mis à jour le 12/01/21 à 12h57

La vaccination doit-elle être plus massive à l’Est que dans le reste de la France ? — Anthony Behar/Sipa USA/SIPA

  • Cette semaine, des doses du vaccin Moderna sont livrées spécifiquement dans le Grand-Est, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et en PACA.
  • Des régions particulièrement touchées par le rebond épidémique, et devenus « prioritaires » pour la vaccination.
  • Cette stratégie est-elle efficace ?

Alors que la vaccination des personnes de plus de 75 ans hors Ehpad démarre en France à l’échelle nationale le lundi 18 janvier, celle-ci a été avancée à ce mercredi dans tout le Grand Nancy. Cinq jours d’avance que le président de la région justifie « au regard de la situation dans notre territoire. Nous sommes à deux lits de la saturation en réanimation au CHRU de Nancy ».

Cette adaptation locale n’est pas une exception. Ainsi, la France a reçu 50.000 doses du vaccin Moderna ce lundi, des doses directement acheminées dans le Grand-Est, en Auvergne-Rhône-Alpes et en PACA afin d’être utilisées dans la semaine, a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran. Un choix ne devant rien au hasard : il s’agit des régions françaises les plus touchées par le rebond épidémique. Alors que le gouvernement a plutôt versé jusque-là dans les mesures à l’échelle nationale pour lutter contre le coronavirus, pourquoi adopter une telle stratégie locale et est-ce réellement pertinent ? 20 Minutes fait le point.

Pourquoi une vaccination localisée ?

Pour bien comprendre l’intérêt de cette stratégie, il faut d’abord constater que le coronavirus ne frappe pas toute la France de la même manière. Par exemple, si la moyenne nationale de l’incidence est de 191 cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours, elle monte à 519 cas à Nice. En tout, sept départements français sont au-dessus des 300 cas pour 100.000 habitants : les Alpes-Maritimes, le Jura, le Doubs, la Haute-Marne, le Territoire de Belfort, la Haute-Saône et la Meuse. Au contraire, dans le Finistère par exemple, l’incidence n’est que de 68 cas pour 100.000 habitants.

Des différences qui se constatent aussi sur le taux de lits de réanimation pour patients Covid-19 : « Seulement » 23,5 % en Bretagne ou 36,3 % en Occitanie, contre 68,4 % dans le Grand-Est, 68 % en PACA et 87,4 % en Bourgogne Franche-Comté. Toutes les régions livrées prioritairement ont un taux de remplissage de lits de réanimation supérieur à 50 %.

Y a-t-il une alternative actuellement ?

La France a commandé 225 millions de doses de vaccin, mais ces dernières arrivent lentement. Ainsi, à la fois du mois de janvier, la France ne devrait avoir reçu – tous vaccins confondus – que 2,7 millions de doses, et dix millions en février. Largement insuffisant pour couvrir toute la population, ou même seulement les personnes à risque.

Du coup, comme il existe une priorité des personnes les plus vulnérables, la France met en place « une priorité des régions les plus fragiles », indique Hélène Rossinot, médecin spécialiste en santé publique. Une stratégie « logique au vu de la disparité de l’épidémie : il y a statistiquement bien plus de chance d’attraper le virus à l’Est qu’en Bretagne, un vaccin administré dans l’Est a plus de chance d’avoir sauvé une vie – ou éviter une réanimation et donc désengorger un peu les hôpitaux – qu’un vaccin donné en Bretagne, du moins à l’instant T ».

C’est également la solution pour laquelle plaide Michaël Rochoy, médecin et chercheur en épidémiologie : « Plutôt qu’avoir des couvre-feux localisés ou des mesures restrictives à l’échelle régionale, localiser la vaccination semble plus pertinent, et on est certain de son efficacité, contrairement à un couvre-feu à 18 heures. Tant qu’on n’a pas assez de doses, il faut les concentrer là où elles sont le plus efficaces. »

Mieux qu’une stratégie nationale ?

« En théorie oui. Dans la pratique par contre… », souligne Hélène Rossinot. « On peut renforcer les régions les plus à risques, à condition d’abord de couvrir également l’ensemble du territoire. La localisation de certains vaccins doit être un bonus appliqué à une stratégie nationale, et non le fer de lance de la campagne de vaccination. »

La raison d’une telle indication ? L’épidémie est particulièrement imprévisible, « et des régions peuvent changer de tendance en une semaine », s’inquiète l’experte. En grossissant le trait, rien n’indique que mardi prochain, ce n’est pas l’Occitanie qui flambera pendant que Nice sera en net recul épidémique. Or, le vaccin n’est pas efficace au moment de la piqûre, mais il existe un délai d’environ deux semaines pour la montée des anticorps. Deux semaines laissant tout le temps à l’épidémie de frapper ailleurs.

« Etant donné qu’on n’arrive pas à prévoir le futur de l’épidémie, il faut vacciner toutes les régions », note Hélène Rossinot. Quant à des doses supplémentaires pour les régions les plus touchées, « pourquoi pas, l’idée est bonne, mais il faut alors être prêt à changer de régions prioritaires très rapidement, et réorganiser la vaccination là où l’épidémie reprend », appuie la médecin. Ce qui demanderait une logistique majeure et complexe, de quoi inciter là aussi à prioriser avant tout une vaccination nationale.

Source : https://www.20minutes.fr/sante/2950707-20210112-coronavirus-campagne-vaccination-localisee-bonne-idee

Fenêtres sur Cours ~ N°472 ~ janvier 2021 (page 6) – SNUipp-FSU

 

N°472 ~ janvier 2021

La revue mensuelle du SNUipp-FSU : toute l’actualité syndicale, éducative et pédagogique, diffusée dans chaque école.

 Source: Fenêtres sur Cours ~ N°472 ~ janvier 2021 (page 6) – SNUipp-FSU

Covid-19 : les écoles vont-elles fermer ? | Dossier Familial

Jean Castex se refuse à utiliser cet outil. La fermeture des établissements scolaires comme moyen de lutter contre la propagation de l’épidémie de Covid-19 ne sera mise en œuvre qu’en cas de nécessité, a fait savoir le Premier ministre dans sa dernière conférence de presse, jeudi 7 janvier.

Pour lui, « il faut vraiment que la situation sanitaire soit gravissime pour fermer les écoles, car nous savons que les conséquences, y compris sanitaires, de la fermeture des écoles, sont absolument dramatiques ».

« Nous suivons tous les jours la situation des clusters dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées, qui je le rappelle ont déjà vu leur fonctionnement allégé avant les vacances de Noël », a affirmé le chef du gouvernement. « Par rapport à ce qui se passe en Grande-Bretagne, décision a été prise, dès que nous avons eu les premières données, de renforcer la surveillance épidémiologique et les tests dans les écoles », a indiqué Jean Castex, en référence au variant britannique du coronavirus.

« Nos enfants ne sauraient être durablement privés d’instruction »

Le Premier ministre s’appuie sur l’expérience du premier confinement, marqué par une pratique massive de l’enseignement à distance. Les établissements avaient accueilli les enfants de certains professionnels considérés comme étant mobilisés dans la crise sanitaire, tels que les policiers ou les soignants. La fermeture à la plupart des élèves avait contribué à la hausse du décrochage scolaire et des violences domestiques. Elle avait produit des effets sanitaires et psychologiques négatifs. Elle avait de surcroît pénalisé l’activité économique : les parents en télétravail pouvaient être amenés à s’occuper de leurs enfants plus longuement que d’ordinaire.

« Nos enfants ne sauraient être durablement privés d’instruction, d’éducation, de contact avec le système scolaire. Trop de conséquences, trop de dégâts, en particulier pour les plus modestes », a jugé Emmanuel Macron le 28 octobre, dans son discours annonçant la mise en œuvre d’un second confinement le surlendemain.

« En tant que parents, nous souhaitons la continuité éducative », explique ce lundi à Dossier Familial Ghislaine Morvan Dubois, présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) Paris et coordinatrice du comité régional de l’organisation en Île-de-France. « Le premier confinement a été dramatique pour les enfants, aucun parent ne veut le revivre, mais il faut les meilleures conditions sanitaires possibles pour éviter que les enfants contaminent les enseignants ou leur famille », dit Ghislaine Morvan Dubois. Si généralement les enfants ne développent pas des formes graves du Covid-19, ils sont susceptibles de transmettre le virus à d’autres personnes.

Un risque particulier dans les cantines

Les restaurants collectifs, dont les cantines scolaires, sont « actuellement les seuls restaurants de France ouverts », a observé auprès de 20 Minutes Michaël Rochoy, médecin généraliste et chercheur en épidémiologie. De son point de vue, il faut recourir à d’autres outils, comme « des repas en classe, ou dans des lieux séparés et non dans un même lieu commun, pour éviter les brassages entre les différentes classes ».

« Il n’y a pas de solution miracle : on pourrait envisager d’étaler les repas, mais cela empiéterait sur les cours, estime Ghislaine Morvan Dubois. Outre les repas, il y a d’autres moments où on enlève le masque, comme, pour les plus grands, le moment où des lycéens fument dehors. » 

Pour la présidente de la FCPE Paris, « les acteurs doivent se mettre ensemble pour trouver des systèmes de protection ». En attendant, Ghislaine Morvan Dubois déplore « le manque d’information et le manque d’anticipation » dans la gestion de la crise sanitaire. Selon elle, les rectorats doivent diffuser des données sur la situation sanitaire dans chaque établissement, pour assurer « une information claire et transparente », et le ministère de l’Education nationale doit prévoir des seuils précis, quelle que soit la région, justifiant de nouvelles mesures.

Un impact favorable sur l’épidémie

L’exécutif ne nie pas l’impact favorable de la fermeture des établissements scolaires sur l’épidémie. Une étude réalisée par des chercheurs helvétiques démontre les effets positifs de la mesure prise en Suisse durant environ deux mois en 2020. « Notre analyse confirme que la fermeture des écoles est une mesure qui permet de réduire la vitesse de circulation du virus par la réduction des déplacements », a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP), Stefan Feuerriegel, professeur d’informatique et gestion à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), qui a dirigé cette étude, non relue par des pairs. « Si les écoles sont fermées, on peut espérer un grand changement dans les comportements », a précisé Stefan Feuerriegel.  « Non seulement les enfants restent à la maison, mais ça implique aussi parfois un changement pour les parents. »

Source: Covid-19 : les écoles vont-elles fermer ? | Dossier Familial

Coronavirus : Quels sont les derniers leviers du gouvernement si on ne ferme pas les écoles ?

EPIDEMIE Le gouvernement s’oppose fermement pour le moment à une fermeture des écoles. Alors dans une France déjà sous couvre-feu et aux lieux clos fermés, quels autres leviers existent-ils face à une potentielle reprise épidémique ?Jean-Loup Delmas

Publié le 08/01/21 à 17h49 — Mis à jour le 08/01/21 à 17h49

Jean-Michel Blanquer notamment s’oppose à la fermeture des écoles — Alfonso Jimenez/Shutterstock/SIPA

  • Cette semaine, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer et le Premier ministre Jean-Castex se sont tous les deux opposés à une fermeture des écoles pour le moment, malgré la crainte d’une reprise épidémique du coronavirus.
  • Dans le même temps, les chiffres de la semaine sont très mauvais et inquiètent, faisant redouter une potentielle troisième vague, ou du moins un rebond fort de la deuxième.
  • Quels leviers possèdent le gouvernement pour freiner la circulation du virus s’il ne touche pas aux écoles ?

Ce jeudi soir, le Premier ministre Jean Castex a déclaré qu’il était « vraiment nécessaire que la situation sanitaire soit extrêmement grave avant de décider de fermer les écoles » car les conséquences sont « absolument dramatiques », entre décrochage des enfants et impossibilité de travail pour les parents.

Les chiffres sur le coronavirus de ces derniers jours ne sont pas bons​. Ce jeudi, 21.703 nouveaux cas ont été recensés en 24 heures, soit 15.271 en moyenne par jour sur la semaine écoulée. Rappelons qu’initialement, l’objectif pour le déconfinement du 15 décembre était 5.000 cas par jour. Autrement dit, la situation actuelle est déjà grave. Si le gouvernement refuse une fermeture des écoles, quelles autres options lui reste-t-il ? Petite revue d’effectif.

Le couvre-feu à 18 heures, option peu convaincante

Ce dimanche, le Bas-Rhin, le Cher et le Vaucluse seront aussi en couvre-feu à 18 heures, pour un total de 18 départements en France. Une mesure qui pourrait encore s’étendre ? Hélène Rossinot, médecin spécialiste en Santé publique, se montre sceptique. Habitant à Nancy, ville concernée par ce couvre-feu aggravé, elle constate surtout « des files d’attente énormes dans chaque magasin puisqu’il n’y a plus que deux créneaux horaires pour y aller avec le travail, soit le matin soit lors de la pause midi. Je ne suis donc pas certaine que cela ralentisse le brassage de la population. »

D’autant plus que le couvre-feu semble avoir perdu de son impact sur l’épidémie depuis la fermeture des restaurants, bars et autres lieux de cultures. « Bien sûr, cela empêche les gens de se voir entre 18 heures et 20 heures, mais combien de personnes respectant la loi faisaient des apéros ou des rencontres entre le travail et 20 heures ? », se demande-t-elle, estimant que ceux qui fraudent continueront à le faire.

La question de l’acceptabilité d’un reconfinement

Quant à de nouveaux confinements, même localisés, la spécialiste se questionne. Comment un troisième confinement pourrait être accepté si la campagne de vaccination ne s’accélère pas énormément et devienne réellement massive ? « Si vous avez une hémorragie à la jambe, on ne peut pas vous faire que des garrots. Il faut une opération. La vaccination, c’est l’opération. Les gens vont la réclamer au lieu d’un troisième garrot », note-t-elle. Elle prend notamment l’exemple d’Israël, où des mesures très restrictives et un troisième confinement ont été mis en place mais rendu « acceptables » par une campagne de vaccination massive (20 % de la population du pays est déjà vaccinée).

Pour le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy, plus que le confinement, c’est la vaccination qui pourrait être localisée : « En cas de pénurie de dose, on pourrait vacciner prioritairement les régions les plus touchées, comme l’Est, et estimer qu’un département breton où l’incidence est faible est moins prioritaire sur la vaccination pour contrôler l’épidémie. »

Mieux protéger les écoles au lieu de les fermer

Reste que si le gouvernement refuse la fermeture des écoles, il pourrait revoir son protocole sanitaire. Et parmi celui-ci revient le cas des cantines scolaires, « actuellement les seuls restaurants de France ouverts », se désespère Michaël Rochoy, qui rappelle que les lieux de restauration ont été établis selon plusieurs études comme étant les plus supercontaminants. De fait, il ne s’agit pas « de ne plus nourrir les enfants », comme a ironisé Olivier Véran ce jeudi soir, mais de chercher des solutions : « Notamment des repas en classe, ou dans des lieux séparés et non dans un même lieu commun, pour éviter les brassages entre les différentes classes », plaide le chercheur et médecin.

Même analyse chez Hélène Rossinot pour qui « les cantines sont actuellement un vrai problème. Le gouvernement cherche à le balayer d’une main car il le considère insoluble, mais nier le problème ne fait que l’empirer. » Pour Michaël Rochoy, au-delà des cantines, d’autres précautions peuvent être prises, comme supprimer les moments sans masques dans les lieux clos, notamment les classes de musique ou de sport. Des activités qu’ils peuvent également faire hors école, depuis les vacances de Noël. De quoi déprimer encore plus le chercheur.

Ce dernier estime que la priorité absolue pour le gouvernement, est, avant de penser quels nouveaux leviers mettre en place, éviter d’en desserrer d’autres. Notamment le télétravail, adouci par Elisabeth Borne ce mardi, ou la possibilité désormais pour les enfants de faire des activités sportives en intérieur et sans masques dans les salles périscolaires. Ce serait déjà un début.

Source : https://www.20minutes.fr/societe/2948379-20210108-coronavirus-derniers-leviers-gouvernement-si-ferme-ecoles