Vie et mort du postillon, l’arme fatale du coronavirus – Sciences et Avenir

De minuscules mais redoutables missiles: les postillons sont le vecteur privilégié de transmission d’homme à homme du SARS-CoV-2, un virus qui se contracte par voie aérienne, comme la grippe, mais pour lequel plusieurs inconnues demeurent, notamment sa capacité à rester en suspension dans l’air.

Une transmission aérienne

Chaque virus a ses propres caractéristiques de transmission, qu’on peut diviser en trois grandes catégories, rappelle François Renaud, biologiste de l’évolution des maladies infectieuses: la transmission vectorielle, qui a besoin d’un vecteur, comme le moustique pour infecter (chikungunya, zika…), par contact avec les fluides humains, comme le VIH ou Ebola, et par voie aérienne et postillons, comme la rougeole, la grippe, les rhumes et le SARS-CoV-2, le virus responsable de la maladie Covid-19.

Cette dernière catégorie est “la plus difficile à contrôler“, souligne auprès de l’AFP ce chercheur du CNRS au laboratoire des maladies infectieuses de Montpellier (sud-est de la France). Le SARS-CoV-2 est un filament d’ARN encapsulé qui entre dans une cellule pour s’y reproduire, et en contaminer d’autres. Il vient ensuite coloniser les cellules des voies respiratoires, sa cible privilégiée, au sein desquelles il produit des virions, particules virales infectieuses. Lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, elle “expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs des virions conçus au sein du système respiratoire“, explique le biologiste. Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide (mucus) de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons – en moindre quantité mais potentiellement contagieux aussi, précise Christophe Bécavin, spécialiste des mécanismes d’entrée du virus dans l’organisme.

Une personne saine va donc s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé. “La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale, ce sont les muqueuses de la bouche et du nez“, résume Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France. Il peut aussi pénétrer par les yeux. Le Covid-19 peut également se contracter par “manuportage”: lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, “elle y laisse une charge virale un certain temps“, précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses.

La transmission interhumaine du nouveau coronavirus. Cliquez pour voir en plus grand. Crédits : AFP – Maryam EL HAMOUCHI

L’infectiosité d’un seul postillon est encore inconnue

Un seul postillon peut-il suffire à infecter ? “On ne sait pas, car on ignore encore quelle est la charge minimum pour attraper le Covid-19“, développe Christophe Bécavin, chercheur du CNRS à l’Institut de pharmacologie moléculaire. De même, si un postillon atterrit sur une surface, celle-ci sera infectée plus ou moins longtemps en fonction du matériau car la “qualité” du virus contenu dans la gouttelette diminue avec le temps. La charge virale dépend notamment “de la quantité de virus que vous avez en vous, or nous sommes tous différents par rapport à cette maladie“, ajoute François Renaud.

En suspension dans les airs

Un postillon est de l’eau qui reste, grâce à la tension superficielle de l’eau, dans son état de goutte, à l’intérieur de laquelle le virus est piégé. La gouttelette commence à retomber par terre “au bout d’un à deux mètres, en moyenne, du fait de la gravité“, observe Christophe Bécavin. D’où les mesures de distanciation sociale. Mais une grande inconnue demeure: le virus peut-il survivre en aérosol, dans des gouttes plus petites (moins de 5 micromètres), voire quand l’eau s’est évaporée ? Et donc rester actif en suspension dans l’air, comme c’est le cas notamment de la rougeole ? Auquel cas on ne serait plus protégés par la gravité, et on pourrait se contaminer rien qu’en passant dans une pièce où un malade a toussé quelques heures avant…

Les Académies américaines des sciences ont récemment fait part d’informations faisant pencher la balance en faveur d’une transmission du virus par des bioaérosols, et non plus seulement par les gouttelettes projetées directement sur le visage ou des surfaces. Dans une étude, des chercheurs de l’université du Nebraska ont notamment retrouvé des portions du code génétique du virus dans l’air expulsé par des malades Covid-19. “Ils ont trouvé de l’ARN de virus au bout de deux heures. On ne sait pas en revanche s’il était encore infectieux. Cette question de la présence du virus dans les aérosols est primordiale, cela voudrait dire qu’il flotterait dans l’air et sortirait même par le nez; il faut attendre d’autres études scientifiques pour le savoir“, souligne Christophe Bécavin.

Porter des masques

Par précaution, de nombreux médecins, ainsi que l’Académie de médecine, recommandent le port généralisé du masque couvrant la bouche ET le nez. “Il faut partir de l’hypothèse la plus défavorable“, plaide le Dr Rochoy, co-initiateur du collectif “Stop postillons“. “Car même confinés, les gens sortent faire leurs courses, ils se parlent et il ne leur est pas toujours possible de respecter les distances. Les écrans anti-postillons (masques et visières) permettent de retenir les gouttelettes ; le virus va rester à l’intérieur et protéger les autres“, explique ce généraliste. “Si tout le monde en porte, c’est un effet de masse qui crée un système barrière pour couper les missiles que nous envoie ce virus“, contre lequel il n’existe ni traitement ni vaccin, conclut François Renaud.

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 Source: Vie et mort du postillon, l’arme fatale du coronavirus – Sciences et Avenir

Quelle est la durée de vie du postillon, arme fatale du coronavirus ?

Comme pour la grippe ou le rhume, les postillons sont le vecteur privilégié de transmission d’Homme à Homme du SARS-CoV-2, le coronavirus responsable de la maladie Covid-19. Ainsi, une personne saine peut être infectée par inhalation de microgouttelettes lorsque qu’un individu, porteur du virus, tousse ou parle. Mais que savons-nous de la durée de vie des postillons dans l’air ou sur une surface ?

Chaque virus a ses propres caractéristiques de transmission, qu’on peut diviser en trois grandes catégories, rappelle François Renaud, biologiste de l’évolution des maladies infectieuses : la transmission vectorielle, qui a besoin d’un vecteur, comme le moustique pour infecter (chikungunya, zika…), par contact avec les fluides humains, comme le VIH ou Ebola, et par voie aérienne et postillons, comme la rougeole, la grippe, les rhumes et le SARS-CoV-2, le virus responsable de la maladie Covid-19.

Cette dernière catégorie est « la plus difficile à contrôler », souligne auprès de l’AFP ce chercheur du CNRS au laboratoire des maladies infectieuses de Montpellier (sud-est de la France). Le SARS-CoV-2 est un filament d’ARN encapsulé qui entre dans une cellule pour s’y reproduire, et en contaminer d’autres. Il vient ensuite coloniser les cellules des voies respiratoires, sa cible privilégiée, au sein desquelles il produit des virions, particules virales infectieuses.

Les portes d’entrée et de sortie du virus

Lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, elle « expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs des virions conçus au sein du système respiratoire », explique le biologiste. Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide (mucus) de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons – en moindre quantité mais potentiellement contagieux aussi, précise Christophe Bécavin, spécialiste des mécanismes d’entrée du virus dans l’organisme. Une personne saine va donc s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé.

Une seul postillon peut-il suffire à infecter ?

« La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale, ce sont les muqueuses de la bouche et du nez », résume Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France. Il peut aussi pénétrer par les yeux. Le Covid-19 peut également se contracter par « manuportage » : lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, « elle y laisse une charge virale un certain temps », précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses. Un seul postillon peut-il suffire à infecter ? « On ne sait pas, car on ignore encore quelle est la charge minimum pour attraper le Covid-19 », développe Christophe Bécavin, chercheur du CNRS à l’Institut de pharmacologie moléculaire. De même, si un postillon atterrit sur une surface, celle-ci sera infectée plus ou moins longtemps en fonction du matériau car la « qualité » du virus contenu dans la gouttelette diminue avec le temps. La charge virale dépend notamment « de la quantité de virus que vous avez en vous, or nous sommes tous différents par rapport à cette maladie », ajoute François Renaud.

Un postillon est de l’eau qui reste, grâce à la tension superficielle de l’eau, dans son état de goutte, à l’intérieur de laquelle le virus est piégé. La gouttelette commence à retomber par terre « au bout d’un à deux mètres, en moyenne, du fait de la gravité », observe Christophe Bécavin. D’où les mesures de distanciation sociale.

Une transmission par aérosol est-elle possible ?

Mais une grande inconnue demeure : le virus peut-il survivre en aérosol, dans des gouttes plus petites (moins de 5 micromètres), voire quand l’eau s’est évaporée ? Et donc rester actif en suspension dans l’air, comme c’est le cas notamment de la rougeole ? Auquel cas on ne serait plus protégés par la gravité, et on pourrait se contaminer rien qu’en passant dans une pièce où un malade a toussé quelques heures avant…

La question de la présence du virus dans les aérosols est primordiale

Les Académies américaines des sciences ont récemment fait part d’informations faisant pencher la balance en faveur d’une transmission du virus par des bioaérosols, et non plus seulement par les gouttelettes projetées directement sur le visage ou des surfaces. Dans une étude, des chercheurs de l’université du Nebraska ont notamment retrouvé des portions du code génétique du virus dans l’air expulsé par des malades Covid-19. « Ils ont trouvé de l’ARN de virus au bout de deux heures. On ne sait pas en revanche s’il était encore infectieux. Cette question de la présence du virus dans les aérosols est primordiale, cela voudrait dire qu’il flotterait dans l’air et sortirait même par le nez ; il faut attendre d’autres études scientifiques pour le savoir », souligne Christophe Bécavin.

Le port du masque recommandé

Par précaution, de nombreux médecins, ainsi que l’Académie de médecine, recommandent le port généralisé du masque couvrant la bouche ET le nez. « Il faut partir de l’hypothèse la plus défavorable », plaide le Dr Rochoy, co-initiateur du collectif « Stop postillons ». « Car même confinés, les gens sortent faire leurs courses, ils se parlent et il ne leur est pas toujours possible de respecter les distances. Les écrans antipostillons (masques et visières) permettent de retenir les gouttelettes ; le virus va rester à l’intérieur et protéger les autres », explique ce généraliste.

« Si tout le monde en porte, c’est un effet de masse qui crée un système barrière pour couper les missiles que nous envoie ce virus », contre lequel il n’existe ni traitement ni vaccin, conclut François Renaud.

Intéressé par ce que vous venez de lire ?

Source: Quelle est la durée de vie du postillon, arme fatale du coronavirus ?

Coronavirus : le postillon, vecteur principal de transmission

Chaque virus a ses propres caractéristiques de transmission. Ces dernières se divisent en trois catégories, selon François Renaud, biologiste de l’évolution des maladies infectieuses. Le coronavirus, au même titre que la grippe ou la rougeole, se transmet par voies aériennes et postillons. Cette catégorie est malheureusement la plus “difficile à contrôler”.

Lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, elle “expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs des virions conçus au sein du système respiratoire“, et qui peuvent le transmettre, explique le biologiste.

Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons – en moindre quantité mais potentiellement contagieux aussi, précise Christophe Bécavin, spécialiste des mécanismes d’entrée du virus dans l’organisme.

La porte de sortie du virus, c’est la bouche

Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France

Une personne saine va donc s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé. “La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale, ce sont les muqueuses de la bouche et du nez“, résume Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France. Il peut aussi pénétrer par les yeux.

Le Covid-19 peut également se contracter par “manuportage”, soit lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, “elle y laisse une charge virale un certain temps”, précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses.

Un seul postillon peut-il suffire à infecter ? “On ne sait pas, car on ignore encore quelle est la charge minimum pour attraper le Covid-19“, explique Christophe Bécavin. La charge virale dépend notamment “de la quantité de virus que vous avez en vous, or nous sommes tous différents par rapport à cette maladie”, ajoute François Renaud.

La gouttelette du postillon commence à retomber par terre “au bout d’un à deux mètres, en moyenne, du fait de la gravité”, observe Christophe Bécavin. D’où les mesures de distanciation sociale.

Le virus peut-il survivre dans l’air ?

Mais une grande inconnue demeure: le virus peut-il survivre en aérosol, dans des gouttes plus petites (moins de 5 micromètres), voire quand l’eau s’est évaporée ? Et donc rester actif en suspension dans l’air, comme c’est le cas notamment de la rougeole ? Auquel cas on ne serait plus protégé par la gravité, et on pourrait se contaminer rien qu’en passant dans une pièce où un malade a toussé quelques heures avant.

Certaines études américaines et canadiennes montrent que oui, mais, pour Christophe Bécavin, “on ne sait pas en revanche s’il était encore infectieux”. Cette question de la présence du virus dans les aérosols est primordiale, cela voudrait dire qu’il flotterait dans l’air et sortirait même par le nez; il faut attendre d’autres études scientifiques pour le savoir“, souligne-t-il.

Par précaution, de nombreux médecins, ainsi que l’Académie de médecine,  recommandent le port généralisé du masque couvrant la bouche et le nez.

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Source: Coronavirus : le postillon, vecteur principal de transmission

En parlant, on peut transmettre le coronavirus

En parlant, on peut transmettre le coronavirus

De minuscules mais redoutables missiles : les postillons sont le vecteur privilégié de transmission d’homme à homme du coronavirus, virus qui se contracte par voie aérienne mais pour lequel plusieurs inconnues demeurent, notamment sa capacité à rester en suspension dans l’air.

Voilà ce que l’on sait à ce jour.

La transmission du coronavirus

Chaque virus a ses propres caractéristiques de transmission, qu’on peut diviser en trois grandes catégories, rappelle François Renaud, biologiste de l’évolution des maladies infectieuses:

– la transmission vectorielle, qui a besoin d’un vecteur, comme le moustique pour infecter (chikungunya, zika…),

– la transmission par contact avec fluides humains, comme le VIH ou Ebola,

– la transmission par voie aérienne et postillons, comme la rougeole, la grippe, les rhumes et le SARS-CoV-2, le virus responsable de la maladie Covid 19.

Cette dernière catégorie est «la plus difficile à contrôler», souligne ce chercheur CNRS au laboratoire des maladies infectieuses de Montpellier.

Lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, elle «expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs des virions conçus au sein du système respiratoire», explique le biologiste.

Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide (mucus) de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons – en moindre quantité mais potentiellement contagieux aussi, précise Christophe Bécavin, spécialiste des mécanismes d’entrée du virus dans l’organisme. Une personne saine va donc s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé.

«La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale, ce sont les muqueuses de la bouche et du nez», résume Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France. Il peut aussi pénétrer par les yeux.

Le Covid-19 peut également se contracter par «manuportage»: lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, «elle y laisse une charge virale un certain temps», précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses.

Un seul postillon peut-il suffire à infecter ?

«On ne sait pas, car on ignore encore quelle est la charge minimum pour attraper le Covid-19», développe Christophe Bécavin, chercheur du CNRS à l’Institut de pharmacologie moléculaire.

De même si un postillon atterrit sur une surface, celle-ci sera infectée plus ou moins longtemps en fonction du matériau car la «qualité» du virus contenu dans la gouttelette diminue avec le temps.

La charge virale dépend notamment «de la quantité de virus que vous avez en vous, or nous sommes tous différents par rapport à cette maladie», ajoute François Renaud.

Le Covid-19 peut donc également se contracter par «manuportage»: lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, «elle y laisse une charge virale un certain temps», précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses.

La durée de vie du virus dans un postillon

Un postillon est de l’eau qui reste, grâce à la tension superficielle de l’eau, dans son état de goutte, à l’intérieur de laquelle le virus est piégé. La gouttelette commence à retomber par terre «au bout d’un à deux mètres, en moyenne, du fait de la gravité», observe Christophe Bécavin. D’où les mesures de distanciation sociale.

Mais une grande inconnue demeure: le virus peut-il survivre en aérosol, dans des gouttes plus petites (moins de 5 micromètres), voire quand l’eau s’est évaporée ? Et donc rester actif en suspension dans l’air, comme c’est le cas notamment de la rougeole ? Auquel cas on ne serait plus protégés par la gravité, et on pourrait se contaminer rien qu’en passant dans une pièce « où un malade a toussé quelques heures avant… »

Les Académies américaines des sciences ont récemment fait part d’informations faisant pencher la balance en faveur d’une transmission du virus par des bioaérosols, et non plus seulement par les gouttelettes projetées directement sur le visage ou des surfaces.

Dans une étude, des chercheurs de l’université du Nebraska ont notamment retrouvé des portions du code génétique du virus dans l’air expulsé par des malades Covid-19. « Ils ont trouvé des traces du virus au bout de deux heures. On ne sait pas en revanche s’il était encore infectieux. Cette question de la présence du virus dans les aérosols est primordiale, cela voudrait dire qu’il flotterait dans l’air et sortirait même par le nez; il faut attendre d’autres études scientifiques pour le savoir », souligne Christophe Bécavin.

Principe de précaution

Par précaution, de nombreux médecins, ainsi que l’Académie de médecine, recommandent le port généralisé du masque couvrant la bouche et le nez.

« Il faut partir de l’hypothèse la plus défavorable », plaide le Dr Rochoy, co-initiateur du collectif « Stop postillons ». « Car même confinés, les gens sortent faire leurs courses, ils se parlent et il ne leur est pas toujours possible de respecter les distances. Les écrans anti-postillons (masques et visières) permettent de retenir les gouttelettes; le virus va rester à l’intérieur et protéger les autres », explique ce généraliste.

« Si tout le monde en porte, c’est un effet de masse qui crée un système barrière pour couper les missiles que nous envoie ce virus », contre lequel il n’existe ni traitement ni vaccin, conclut François Renaud.

Source: En parlant, on peut transmettre le coronavirus

Coronavirus. Ce que l’on sait sur le postillon, redoutable vecteur de la maladie

Une personne saine peut s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé. Quelle distance faut-il respecter ? Le virus peut-il rester en suspension dans l’air ? Les masques nous protègent-ils ? Eléments de réponses issus des premières études scientifiques.

Un atelier de fabrication de masques en tissu (photo d'illustration).
Un atelier de fabrication de masques en tissu (photo d’illustration). | AFP / MEHDI FEDOUACH

De minuscules mais redoutables missiles : les postillons sont le vecteur privilégié de transmission d’homme à homme du SARS-CoV-2, un coronavirus responsable du Covid-19 qui se contracte par voie aérienne, comme la grippe, mais pour lequel plusieurs inconnues demeurent, notamment sa capacité à rester en suspension dans l’air.

Transmission

Chaque virus a ses propres caractéristiques de transmission, qu’on peut diviser en trois grandes catégories, rappelle François Renaud, biologiste de l’évolution des maladies infectieuses : la transmission vectorielle, qui a besoin d’un vecteur, comme le moustique pour infecter (chikungunya, zika…), par contact avec fluides humains, comme le VIH ou Ebola, et par voie aérienne et postillons, comme la rougeole, la grippe, les rhumes et le SARS-CoV-2, le virus responsable de la maladie Covid 19. Cette dernière catégorie est la plus difficile à contrôler, souligne ce chercheur CNRS au laboratoire des maladies infectieuses de Montpellier.

Le SARS-CoV-2 est un filament d’ARN encapsulé qui rentre dans une cellule pour s’y reproduire, et en contaminer d’autres. Il vient ensuite coloniser les cellules des voies respiratoires, sa cible privilégiée, au sein desquelles il produit des virions, particules virales infectieuses.

Lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, elle expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs des virions conçus au sein du système respiratoire, explique le biologiste.

Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide (mucus) de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons – en moindre quantité mais potentiellement contagieux aussi, précise Christophe Bécavin, spécialiste des mécanismes d’entrée du virus dans l’organisme.

Une personne saine va donc s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé.

La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale, ce sont les muqueuses de la bouche et du nez, résume Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France. Il peut aussi pénétrer par les yeux.

Le Covid-19 peut également se contracter par manuportage : lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, elle y laisse une charge virale un certain temps, précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses.

Charge virale

Un seul postillon peut-il suffire à infecter ? On ne sait pas, car on ignore encore quelle est la charge minimum pour attraper le Covid-19, développe Christophe Bécavin, chercheur du CNRS à l’Institut de pharmacologie moléculaire.

De même si un postillon atterrit sur une surface, celle-ci sera infectée plus ou moins longtemps en fonction du matériau car la qualité du virus contenu dans la gouttelette diminue avec le temps.

La charge virale dépend notamment de la quantité de virus que vous avez en vous, or nous sommes tous différents par rapport à cette maladie, ajoute François Renaud.

Durée de vie

Un postillon est de l’eau qui reste, grâce à la tension superficielle de l’eau, dans son état de goutte, à l’intérieur de laquelle le virus est piégé. La gouttelette commence à retomber par terre au bout d’un à deux mètres, en moyenne, du fait de la gravité, observe Christophe Bécavin. D’où la nécessité de respecter les mesures de distanciation sociale.

Mais une grande inconnue demeure : le virus peut-il survivre dans l’air, dans des gouttes plus petites (moins de 5 micromètres), voire quand l’eau s’est évaporée ? Et donc rester actif en suspension, comme c’est le cas notamment de la rougeole ? Auquel cas on ne serait plus protégés par la gravité, et on pourrait se contaminer rien qu’en passant dans une pièce où un malade a toussé quelques heures avant…

Les Académies américaines des sciences ont récemment fait part d’informations faisant pencher la balance en faveur d’une transmission du virus par des bioaérosols, et non plus seulement par les gouttelettes projetées directement sur le visage ou des surfaces.

Dans une étude, des chercheurs de l’université du Nebraska ont notamment retrouvé des portions du code génétique du virus dans l’air expulsé par des malades Covid-19. Ils ont trouvé de l’ARN de virus au bout de deux heures. On ne sait pas en revanche s’il était encore infectieux. Cette question de la présence du virus dans les aérosols est primordiale, cela voudrait dire qu’il flotterait dans l’air et sortirait même par le nez ; il faut attendre d’autres études scientifiques pour le savoir, souligne Christophe Bécavin.

Boucliers

Par précaution, de nombreux médecins, ainsi que l’Académie de médecine, recommandent le port généralisé du masque couvrant la bouche et le nez. Il faut partir de l’hypothèse la plus défavorable, plaide le Dr Rochoy, co-initiateur du collectif « Stop postillons ». Car même confinés, les gens sortent faire leurs courses, ils se parlent et il ne leur est pas toujours possible de respecter les distances. Les écrans anti-postillons (masques et visières) permettent de retenir les gouttelettes ; le virus va rester à l’intérieur et protéger les autres, explique ce généraliste.

Si tout le monde en porte, c’est un effet de masse qui crée un système barrière pour couper les missiles que nous envoie ce virus, contre lequel il n’existe ni traitement ni vaccin, conclut François Renaud.

Un médecin outrelois milite pour rendre le port du masque systématique

Un médecin outrelois milite pour rendre le port du masque systématique

Si vous ne possédez pas de masque, une écharpe ou encore un cache-col peuvent faire offrir d’écrans anti-postillons.

Si vous ne possédez pas de masque, une écharpe ou encore un cache-col peuvent faire offrir d’écrans anti-postillons.

Les faits

😷 17 mars Depuis le début du confinement, Michaël Rochoy, médecin généraliste à Outreau, partage sur les réseaux sociaux toutes les initiatives lancées pour confectionner ses propres masques, convaincu que leur port est essentiel pour endiguer la pandémie….

Article

Source: Un médecin outrelois milite pour rendre le port du masque systématique

4 médecins nordistes incitent au port généralisé du masque et lancent un site Internet – Horizon radio

Des médecins de la région réagissent

4 médecins nordistes ont décidé de créer le site Internet stop-postillons.fr pour inciter la population à se protéger. Ainsi, ils conseillent aux habitants de porter un masque dans les lieux publics, même des masques de fabrication comme « un masque alternatif anti-projection, à visée collective, fait maison, avec du tissu, du papier, du plastique » peut-on lire sur le site. Ces médecins estiment qu’il s’agit d’un geste barrière de plus. Depuis son lancement le 22 mars, le site totalise 620 000 vues. Plusieurs onglets reviennent sur l’importance du port du masque tandis que d’autres montrent des tutoriels afin de créer son propre masque.

 Source: 4 médecins nordistes incitent au port généralisé du masque et lancent un site Internet – Horizon radio

Coronavirus : ne pas recommander le port du masque, “une erreur de communication majeure” selon un médecin qui veut développer les protections faites maison

 

Coronavirus : ne pas recommander le port du masque, “une erreur de communication majeure” selon un médecin qui veut développer les protections faites maison

Co-fondateur du site stop postillon.fr, le docteur Michael Rochoy milite pour la généralisation des écrans anti-postillons : masque en tissu, écharpe ou encore cache-col.

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Si le président de la République ne recommandait pas le port généralisé du masque dans son allocution prévue lundi 13 avril, ce serait “une erreur de communication majeure”, estime Michael Rochoy, médecin généraliste à Outreau et cofondateur avec trois autres praticiens de stop-postillons.fr, un site internet qui propose des conseils pour fabriquer ses propres masques. Interrogé par franceinfo samedi 11 avril, il explique pourquoi le port du masque est selon lui essentiel pour freiner l’épidémie de Covid-19 en France.

>> Coronavirus : suivez en direct toutes les informations liées à la pandémie de Covid-19

franceinfo : Espérez-vous que le président de la République se positionne lundi sur le port du masque ?

Michael Rochoy : Ce serait vraiment une erreur de communication majeure de ne pas le recommander lundi, dans le sens où tous les pays le recommandent au fur et à mesure, avec des arguments scientifiques. Ce serait incompréhensible que le président, le 13 avril, ne recommande pas ce que l’Europe recommande le 8 avril. On a vraiment beaucoup d’arguments pour le port généralisé de ce qu’on appelle des écrans anti-postillons. Il faut bien faire comprendre que les masques sont réservés aux soignants, aux professionnels de santé et aux personnes les plus exposées et que par contre, pour le grand public, il faut porter quelque chose. Ce quelque chose ça peut être vraiment n’importe quoi, pourvu que ça fasse écran, ça peut être une écharpe, un cache-col ou autre-chose.

Justement, quels tissus protègent du virus ?

Ce qui nous importe dans les écrans anti-postillons ce n’est pas tellement de se protéger soi-même mais de protéger les autres. On sait que c’est un virus aérien qui circule dans les gouttelettes que l’on projette, peut-être par aérosol mais ce n’est pas certain. Ça peut se transmettre alors qu’on est asymptomatique. On peut croiser des personnes dans la rue et leur transmettre le virus. Le principe des écrans anti-postillons va être surtout d’éviter cette transmission, et évidemment si tout le monde en porte tout le monde limite la transmission. Donc, il y a moins de contagion. Il y a au moins trois mécanismes. Le premier, c’est que si vous portez un écran dans la rue, les gens vont moins s’arrêter et moins vous approcher puisque vous semblez malade. Le deuxième mécanisme, c’est que vous allez moins porter la main à la bouche. Et la troisième chose, c’est qu’il y a évidemment un pouvoir filtrant variable qui est étudié dès 2013 pour savoir si, en cas de pandémie et de pénurie de masques, il faut quand même que tout le monde porte un écran ou un masque fait maison avec un filtre qui sera plus ou moins efficace pour se protéger soi-même.

Êtes-vous favorable à l’élévation du plafond de paiement sans contact pour éviter les contacts avec les terminaux de paiement ?

Ce qu’on veut favoriser c’est le développement des mesures barrière, dont le port du masque fait partie. Favoriser le sans contact plutôt que de toucher l’appareil c’est forcément bon à prendre. Toute nouvelle mesure sera forcément meilleure que de ne rien faire.

 Source: Coronavirus : ne pas recommander le port du masque, “une erreur de communication majeure” selon un médecin qui veut développer les protections faites maison

Coronavirus : quatre médecins nordistes lancent le site “Stop postillons” pour inciter au port généralisé des masques

Coronavirus : quatre médecins nordistes lancent le site “Stop postillons” pour inciter au port généralisé des masques

Écharpe, masque, bandana, visière de sécurité… Pour quatre médecins nordistes, il faut se couvrir le visage dans l’espace public, pour protéger les autres. Ils le font savoir sur le site Internet stop-postillons.fr. Parmi eux, Michaël Rochoy, généraliste à Outreau, déçu par le discours d’hier.


© MaxPPP

Depuis quelques semaines, le docteur Michaël Rochoy, généraliste à Outreau (Pas-de-Calais), privilégie la téléconsultation. “Ça peut se faire en vidéoconsultation via Doctolib, par Facetime ou WhatsApp. Et pour les personnes qui n’ont pas d’accès Internet, des gens de plus de 70 ans ou en affection longue durée, ça peut se faire par téléphone et un remboursement est possible.“À chacun de ses patients, Michaël conseille de porter un masque, même de fortune, dans les lieux publics. “Le port généralisé du masque devrait être la sixième mesure barrière. Ça peut être ce qu’on veut, tant que ça couvre le nez et la bouche. Une écharpe, un cache-col, une visière en plastique…” Plutôt que de masques, il préfère d’ailleurs parler d'”écrans anti-postillons“.

Porter un écran, ça sert à protéger les autres. Si tout le monde porte un écran, tout le monde se protège.

Les masques certifiés ayant été réquisitionnés pour les soignants, comment se protéger ? “Il faut bien comprendre, martèle Michaël Rochoy, que le but est d’éviter de contaminer les autres. Pour beaucoup, les masques servent à se protéger. C’est le cas pour les FFP2 et FFP3. Ça ne l’est pas pour les masques chirurgicaux.”

Et d’appuyer : “Quand un chirurgien porte un masque pour opérer, ce n’est pas pour se protéger, mais bien pour ne pas contaminer le bloc opératoire. Porter un écran, ça sert à protéger les autres. Si tout le monde porte un écran, tout le monde se protège.

C’est la théorie qu’il défend sur “Stop postillons“, le site qu’il a créé avec trois confrères : le docteur Jonathan Favre, généraliste à Villeneuve-d’Ascq (Nord), le docteur Thibault Puszkarek, généraliste en Bretagne et le docteur Antoine Hutt, radiologue spécialisé dans l’imagerie du thorax à Lille (Nord).

Ces quatre amis sont tous d’anciens étudiants de l’université de Lille, tous anciens chefs de clinique des universités de Lille. Leur devise : “Mon écran te protège, ton écran me protège…

620.000 vues totalisées en 3 semaines

Le site totalise 620.000 vues depuis son lancement le 22 mars et c’est bien son objectif : sensibiliser le plus de monde possible.

Bien sûr, on n’a pas de preuve scientifique sur le Covid lui-même, mais de fortes présomptions. Et de plus en plus d’arguments. Je suis très déçu par l’annonce d’hier d’Emmanuel Macron, déçu qu’il n’ait pas préconisé le port systématique du masque dans l’espace public.”

“Le président de la République parle de masques à recevoir d’ici au 11 mai, mais on n’en aura jamais assez. Il ne fait pas assez confiance au bon sens des Français, qui sont capables de se faire des protections maison. Certains masques cousus avec des filtres d’aspirateurs sont quasiment aussi efficaces que des masques chirurgicaux.

ITW Dr Rochoy dans le JT de F3 HDF le 10/04/20



©France 3

Des tutoriels pour fabriquer des protections maison

Le site propose d’ailleurs une trentaine de tutoriels, catégorisés par “niveau de difficulté”, et classés en fonction du matériel que vous avez à la maison : avec ou sans coutures, en tissu, en papier ou encore en plastique. On retrouve également des patrons créés à l’initiative de CHU de Lille, comme ceux de “Des Masques en Nord“.

Le site indique aussi comment le mettre, comment l’enlever, comment le désinfecter. Il est bien sûr conseillé de laver régulièrement la protection,  en la passant “en machine à 60 degrés pendant trente minutes, ou même au four si la protection le permet“.

On a tout à gagner à porter un écran anti-postillons

Autres avantages du port du masque, ça évite de se toucher le visage, et “on n’a pas de preuve, mais on peut supposer que les gens fuieront en vous voyant si vous portez un masque, et qu’ils ne viendront pas discuter avec vous“.

Encore une fois, insiste le docteur Rochoy, on est dans l’idée de protéger les autres. L’argument selon lequel le masque ne sert à rien s’il est mal porté ne me semble pas valable. Si vous contaminez votre écharpe parce que vous êtes malade, il vous suffit de ne pas la prêter ensuite.”

“Et si elle est contaminée par des postillons, renchérit-il, elle a fait son office, votre visage n’a pas reçu les postillons en question. Si vous vous contaminez vous-même ensuite avec l’écharpe, la charge virale sera moins forte, donc on a vraiment tout à gagner à porter un écran anti-postillons.”

Perdre la face politiquement, c’est beaucoup moins grave que de perdre des vies…

Le gouvernement a beaucoup répété qu’il ne servait à rien de porter des masques… Mais c’est parce qu’on n’en avait pas. On était tellement ric-rac qu’on a préféré dire que ça ne servait à rien, pour éviter que les gens se ruent sur les masques et qu’on n’en ait plus du tout pour les soignants.”

“Aujourd’hui, notre pays persiste dans cette mauvaise communication,

regrette le médecin, pour ne pas perdre la face. Mais franchement, perdre la face politiquement, c’est beaucoup moins grave que de perdre des vies…

© Stop Postillons

Le site liste sur sa page d’accueil les pays qui préconisent le port d’un masque. “Ils sont de plus en plus nombreux. République Tchèque, Autriche, Slovénie, États-Unis, Canada, Luxembourg… Le centre européen de prévention et de contrôle des maladies le recommande également.”

“Sans parler de la Lombardie en Italie et de la Slovaquie,

renchérit-il, où c’est obligatoire. Alors quand j’entends Sibeth Ndiaye dire que la question des masques ne se pose pas parce qu’on est confinés… C’est relativement idiot. Il y a des gens qui travaillent, qui font leurs courses, des millions chaque jour.

Michaël Rochoy, lui, attend impatiemment que la France se décide à prendre “la bonne décision“.

 

ARGUMENTAIRE SCIENTIFIQUE

De nombreuses études publiées invalident un peu ces idées de « ça ne sert à rien », « ça fait pire que mieux », « il ne faut pas en porter… »“, explique Michaël Rochoy.

1 – Ainsi, une étude de l’Académie des Sciences des USA de 2007 est en faveur de mesures précoces.

La conclusion la plus importante de ce travail, peut-on lire, est que le calendrier des interventions de santé publique (y compris la fermeture des écoles et des églises, l’interdiction des rassemblements de masse, le port obligatoire du masque, l’isolement des cas et les mesures de désinfection / hygiène) a eu une profonde influence sur le schéma de la vague d’automne de la pandémie de 1918 dans différentes villes. Les villes qui ont introduit des mesures au début de leurs épidémies ont enregistré des réductions modérées mais significatives de la mortalité globale.”

2 – une étude dans PLoS One de 2008 s’intitule “Les masques professionnels et faits maison réduisent l’exposition aux infections respiratoires parmi la population générale”

Le titre parle de lui-même…  Et dans le texte : “Bien que cela puisse impliquer que les sujets individuels ne soient pas toujours protégés de manière optimale, du point de vue de la santé publique, tout type d’utilisation générale de masque facial peut toujours diminuer la transmission virale..”

Ou encore : “Il est également clair que les masques faits maison tels que les torchons peuvent encore conférer un degré de protection important.”

3 – une étude dans Disaster Medicine and Public Health Prepareness :  “Tester l’efficacité des masques faits maison: protégeraient-ils en cas de pandémie de grippe ?”

La conclusion est sans appel : “Nos résultats suggèrent qu’un masque fait maison ne devrait être considéré qu’en dernier recours pour empêcher la transmission de gouttelettes par des personnes infectées, mais ce serait mieux que pas de protection.”

Nous sommes dans ce contexte de pénurie de masques”, affirme le docteur Rochoy. Et le 28 mars, il a repéré un éditorial dans le JAMA, l’une des plus grosses revues médicales. Il est en faveur du port généralisé de masques maison en cas de pénurie : “Lorsque les masques faciaux sont totalement indisponibles, le CDC recommande (…) l’utilisation de masques faits maison, peut-être avec des bandanas ou des foulards si nécessaire.

Enfin, un article de Jérémy Howard a beaucoup tourné et affirme qu'”il existe des preuves en laboratoire et en vie réelle qui indiquent que le port d’un masque réduit la transmissibilité par contact en réduisant la transmission de gouttelettes infectées. Le port du masque en public est plus efficace lorsqu’il est généralisé. La diminution de la transmissibilité pourrait réduire considérablement le nombre de décès et l’impact économique alors que le coût de cette mesure barrière est faible.”

“Ainsi, nous recommandons l’adoption du port du masque en tissu par le public, en tant que forme efficace de contrôle de l’épidémie, en conjonction avec les stratégies existantes d’hygiène, d’éloignement et de recherche des contacts. Nous recommandons que les gouvernements encourageant fortement le port généralisé de masques faciaux dans l’espace public, y compris en utilisant une réglementation appropriée.”

Selon le fondateur de “Stop postillons“, nous sommes en France exactement dans ce cas, et il est “absurde” de ne pas conseiller en France le port de masques, même artisanaux.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets

 Source: Coronavirus : quatre médecins nordistes lancent le site “Stop postillons” pour inciter au port généralisé des masques

Coronavirus : tout ce qu’il faut savoir sur ces postillons qui nous infectent


Coronavirus : tout ce qu’il faut savoir sur ces postillons qui nous infectent

Le port d’un masque est vivement recommandé afin de ne pas disperser des postillons, potentiellement infectieux, autour de soi. PHOTO ILLUSTRATION AFP

Le port d’un masque est vivement recommandé afin de ne pas disperser des postillons, potentiellement infectieux, autour de soi. PHOTO ILLUSTRATION AFP – AFP

Le SARS-CoV-2 est un filament d’ARN encapsulé qui rentre dans une cellule pour s’y reproduire, et en contaminer d’autres. Il vient ensuite coloniser les cellules des voies respiratoires, sa cible privilégiée, au sein desquelles il produit des virions, particules virales infectieuses. Lorsqu’une personne malade tousse ou éternue, elle «
expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs des virions conçus au sein du système respiratoire
 », explique le biologiste.

Postillons et gouttelettes

Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide (mucus) de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons – en moindre quantité mais potentiellement contagieux aussi, précise Christophe Bécavin, spécialiste des mécanismes d’entrée du virus dans l’organisme.

Une personne saine va donc s’infecter par inhalation des gouttelettes émises par quelqu’un de contaminé. «
La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale, ce sont les muqueuses de la bouche et du nez
 », résume Michaël Rochoy, médecin généraliste dans le nord de la France. Il peut aussi pénétrer par les yeux.

Sur les surfaces

Le Covid-19 peut également se contracter par «
manuportage
 » : lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, «
elle y laisse une charge virale un certain temps
 », précise le Dr Rochoy. On s’infecte alors via la main si on la porte au niveau de nos muqueuses.

Quelle quantité pour être infecté ?

Un seul postillon peut-il suffire à infecter ? «
On ne sait pas, car on ignore encore quelle est la charge minimum pour attraper le Covid-19
 », développe Christophe Bécavin, chercheur du CNRS à l’Institut de pharmacologie moléculaire. De même si un postillon atterrit sur une surface, celle-ci sera infectée plus ou moins longtemps en fonction du matériau car la «
qualité
 » du virus contenu dans la gouttelette diminue avec le temps. La charge virale dépend notamment «
de la quantité de virus que vous avez en vous, or nous sommes tous différents par rapport à cette maladie
 », ajoute François Renaud.

Une durée de vie incertaine

Un postillon est de l’eau qui reste, grâce à la tension superficielle de l’eau, dans son état de goutte, à l’intérieur de laquelle le virus est piégé. La gouttelette commence à retomber par terre «
au bout d’un à deux mètres, en moyenne, du fait de la gravité
 », observe Christophe Bécavin. D’où les mesures de distanciation sociale. Mais une grande inconnue demeure : le virus peut-il survivre en aérosol, dans des gouttes plus petites (moins de 5 micromètres), voire quand l’eau s’est évaporée ? Et donc rester actif en suspension dans l’air, comme c’est le cas notamment de la rougeole ? Auquel cas on ne serait plus protégés par la gravité, et on pourrait se contaminer rien qu’en passant dans une pièce où un malade a toussé quelques heures avant… Les Académies américaines des sciences ont récemment fait part d’informations faisant pencher la balance en faveur d’une transmission du virus par des bioaérosols, et non plus seulement par les gouttelettes projetées directement sur le visage ou des surfaces.

Des masques pour stopper la diffusion

Par précaution, de nombreux médecins, ainsi que l’Académie de médecine, recommandent « le port généralisé du masque couvrant la bouche et le nez. « Il faut partir de l’hypothèse la plus défavorable », plaide le Dr Rochoy, co-initiateur du collectif Stop postillons.

« Si tout le monde en porte, c’est un effet de masse qui crée un système barrière pour couper les missiles que nous envoie ce virus
», contre lequel il n’existe ni traitement ni vaccin, conclut François Renaud.



Source: Coronavirus : tout ce qu’il faut savoir sur ces postillons qui nous infectent